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Full text of "Dictionnaire des inventions et découvertes anciennes et modernes; publ. par l'abbé Migne: les ..."

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NOUVELLE 



ENCYCLOPEDIE 

THËOLOGIQCE , 

OU IfOUTEUrK 

risa Di Di(nno]iiAiaE8 sur toutis les parties de la scibsce reuaibuse , 

m 

orrmAMTy ■« rmiL«çAis mr wmm oedeb aiiFhabéti9ub, 

LA PLUS CLAIRE, LA PLUS FACILE, LA PLUS COMMODE, LA PLUS VARIÉE 

ET LA PLUS COMPLÈTE DES THÉOLOGIES. 

'CBS DlCnOHHAIRES SONT CEUI : 

K8 LinUES APOCRYPHES, — DES DÉCRETS DBS CONGRÉGATIONS ROMAINES, — DE PATROLOGIE, 

— DE MOGRAPUB CHRÉTIENNE ET ANTI-CHRÉTIEHNE , — DES CONFRÉRIES, — D*HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE, 

-7 DES CROISADES, — DES MISSIONS, — D*ANECD0TE8 CHRÉTIENNES, — * 
D^ASCÉTISME ET DES INVOCATIONS A LA TIERCE, — DES INDULGENCES, — DES PROPHÉTIES ET DES MIRACLES, 

— DE STATISTIQUE CHRÉ11ENNB, — D^ONOMIE CHARITABLE , 
— DES PERSÉCUTIONS, — DES ERREURS SOCIALES , 
— iC PWLOSOPHIE CATHOLIQUE, — DE PHTSIOLOGIE SPIRITUALI8TB, — D*ANTIPHILOSOPBISME, — 

DES APOLOGISTES IMYOLONTAIRES, — 

d'Éloquence chrétienne, — de littérature îd., — d*archéologib id.^ 

— »*ARCHITECTURB, DE PEINTURE ET DE SCULPTURE td., — DE NUMISMATIQUE f(/., — D^ÉRALDIQUB td, 

— DE MUSIQUE id.y — DR PALÉONTOLOGIE td.» —DE BOTANIQUE td., — DE XOOLOGIB td., 
— DE MÉDECINE-PRATIQUE, — D'AGRI-MLTI-VITI-ET HORTICULTURE, ETC. 

PUBLIEE 

PAR M. L'ABBÉ MIGRE, 
ÉsxvauE sa la aiaLxovBÉ^ua uaivaataLfta au Oftaaa*. 

ou 
DBS covms conunri sur chaque brancub de la science ecclésiastique. 



IMI : 6 ra. LE fOL. POUR LE SOUSCRIPTEUR A LA COLLECTION ENTIÈRE, 7 PR., 8 FR., ET MÊME 10 FR. POUR LS 

S0U8CRIPTBUB A TEL OU TEL DICTIONNAIRE PARTICULIER. 



TOME TRENTIÈME. 



DICTIONNAIRE D'ÉPIGRAPHIE. 



TOHB PSBMIKB. 




S*IMPRIBfE ET SE VEND CHEZ J.-P. MI6NB , ÉDITEUR, 

AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMROISE, AU PETiT-MONTROUGB, 

BAKRJliKB D'BRFBB BB PABIS. 

1853 



07 i 11 



Imprimerie Mione, au PcUt-Monirouge. 



DICTIONNAIRE 



D'ÉPIGRAPHIE 



CHRÉTIENNE, 



UNE COLLECTION D'INSCRIPTIONS 

dmèrcnte pay» de la duréticBlé, dt^^Èm lea premieini temp» de notre érei 

SUIVI 

D'UNE CLASSIFICATION GÉOGRAPHIQUE DES mSCRIPTIONS, 

ET ADCMENTe 

DBPUNCHES, FAC-SIMILE, ET D'UNE LISTE D'ABRÉVIATIONS SERVANT A DECHIFFRER 

LES INSCRIPTIONS DES DIFFÉRENTS SIÈCLES. 



PUBLIÉ 

PAR M. I/ABBÊ MIGNE . 



DES GOVM OOMVUR0 SUR CBAQUB nAMGBB VB Là SCIENCE ECCLÉSUSTIQUE. 



TOME PREMIER. 



Deux toluhes. pbix : ih fbaiics. 




S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J.-P. MIGNE, EDITEUR . 

AUX ATELIERS CATHOUQUES, RUE D'AUBOISE, AU PETIT - MONTROUGE 

BiRHliSB d'BNFER DB PABIS. 

1852. 



A SON ÉMINENCE RÉTËRENIHSSUIE 



MONSEIGNEUR LE CIRDIIAL ANGELO M«ï. 



Émin 



ENCB 



Daignez me permettre de publier sous vos auspices et de vous offrir un choix d'ins- 
criptions chrétiennes formé en grande partie de Timportant Recueil que vous avez donné 
dans le tome Y* de la Nouvelle Colleetion éTaneiem écrivainê (1). 

Au nombre des difficultés qu'implique la réalisation du projet d-une Épigraphie générale 
chrétienne, celle de la limite chronologique qu'il faut choisir et è laquelle il convient de 
8'arrèter, n'est pas la moindre. 

Vous avez pris pour dernière époque chronologique la fin du x* siècle, et n'avez admis 
dans votre belle Collection que des inscriptions antérieures à l'an 1000 

Divers savants, en s'occupant plus particulièrement de préparer les plans d'une épi* 
graphie française, ont cru pouvoir étendre cette limite et recueillir les inscriptions 
concernant l'histoire de notre pays jusqu'au xvi* siècle. 

C'est la limite à laquelle je me suis aussi arrêté le plus souvent dans les additions nou- 
velles que j'ai jointes à votre Recueil, en le distribuant par ordre alphabétique et géogra- 
phique ; toutefois, je n'en ai pas fait une loi absolue, et l'on ne s'étonnera pas de trou- 
ver quelquefois dans ce Dictionnaire d^a inscriptions appartenant aux deux siècles 
suivants. 

Quelque incomplète que soit cette collection, quelques lacunes qu'elle présente, nous 
osons espérer qu'elle fournira des matériaux d'une étude intéressante au clergé et 
aux personnes désireuses de s'instruire de la science épigraphique 

Daignez l'accueillir avec indulgence, Ueaseigmiir le Gardinal, et daignez croire que je 
suis avec le plus profond respect, 

de Votre Éminence révérendissime, 

le très-humble et très-dévoué serviteur, 



X*** 



Paris, jaillet 1852. 



(I) Scriptorum velerum JSova CoUeelio e Vattcanii codicibui édita ab AngetoMal^ U\, Rouie, 1831, in-4*. 



DICTIONNAIRE 



DlPIlilliPHIl CHRlTIEOE. 



é^ 



A 



Acrostiches dans les Epltaphes. Voyex 
t>ijOff y et è la suite du mot chronographe. 

ADRIA, près de Rovigo, dans le royaume 
Lombarde-Vénitien, en Italie. 

Aux portes de Tédise délia Tomba; 

1. 

t Ad honore beat! iô& Bapû lob epc fieri curavit 

posl ind. i. 

Eèsirà-dire : Ad honore (sic) beati Johennit 
piiua (sic), Johannes epispopui fieri curavit 
poit iiuiictionem primam.)^ 

Cet évèque d'Adria, du nom de Jean, a été 
omis par Ùghelli dans Vltalia sacra. Mura- 
tori pense qu'il vivait au ix* siècle, et avant 
Léon qui siégeait en 860. 

{Cardinal Mai, pag. 101.) 

H. 

In noniine Domini 

Jesu Christi 

Temporibus 

domino Bono episco^k) (1) 

t 
et Romualdos 

Lupici presbyteri 
. . • Sanclo Johanni 

magister Julianus 

el Julianus Martinus 

per indiclionê XY renovala 

fons. 

[Cardinal Mai, 177,3.) 
AFF LIGHEM, ancienne abbave de Saint- 

(1) Apud Naraloriom, pag. 1895, 3 : Hinc dedu* 
àlur baptisterium ipsum fàbricatum vel renovalum 

!'ms$e indiclionê xv sub reaimine episcopali antitfiiit 
?Oftî, sacerdoiio illitu eccUsiœ fungenlious RomuaLdo 
etLupico, Operis hujus artifices fuere duo eodem 
nomine Juliani, et aller vocabulo Martinus, Quonam 
vero tempore flonieht Bonus iste episcopus, ex nullo 
alio anliquilatis monumeulo discimus. Is cerle cata- 
logo episcoporum Hadriensium apud Ugheiiium in 
luuia sacra est adjungendus. A. M (Les notes si- 
pUes de ces lettres sont de M. le cardinal Mai.) 

DlGTiO!«N. D*£PIGRAPHIE. I. 



Pierre et Saint-Paul au diocèse de MalineSt 
en Belgique. 

Epitaphe d'une fille de Philippe-Auguste 
roi de France^ et d'Agnès ae Méranie. 

Maria Phllippi Régis filia, quondam Pbilippi 
marcbionis Namurcensis, et poslea Henrici Bra- 
banliaeducis uxor, femiha omnium pulcherrima, 
bic petiit sepeliri anno mccixiyui Kal. Aug. 

(Labbe, Thés. Epist.y p. 615.) 

AGRIMONT£,enLucanie)ddns le royaume 
de Naples. 

Inscription dans la cathédrale. 

D. 0. H. IHP. H. FLAVIO VALER. CONSANT. 

{Deo eplimo maximo imper ante Marco Flavio 
Valerio Cons[i]antino.) 

[Cardinal Mai, p. 3 ; Dghelli, Ilalia sa-* 
cra, t. VII. p. M3.) 

AIGUESMORtËS. La ville d'Aiguesmortes, 
si intéressante par ses souvenirs, méritait 
bien d'être l'objet d'un travail spécial à une 
époque où les plus modestes ae nos cités 
trouvent des historiens, ou du moins des 
annalistes. L'ouvrage de M. di Pietro (1| se 
distingue entre toutes les histoires particu- 
lières de villes qui ont paru depuis quelques 
années,- par l'érudition des recherches et 
surtout ()ar ce talent, assez rare de nos jours, 
qui consiste à choisir avec discernement, et 
è raconter, dans un langage clair, sobre et 
élégant sans emphase, tous les faits locaux 
dignes de mémoire. Une première édition de 
ce livre avait paru en 1821, sous le titre de : 
Notice sur la ville d'Aiguesmortes. M. di Pie* 
tro a reconnu que ce travail était incom- 
plet; il s'est livré à de nouvelles inves- 
tigations ; il a compulsé les archives de la 
ville, et l'ouvrage qu'il a donné au public 
n'est plus une simple notice, mais une his- 
toire approfondie et développée de la cité de 
saint Louis. Après un premier chapitre, qui 

{{) Histoire' d'Aigue$mortes par F.-Em. di Pictro. 
Paris, impriment de Guyot el Scribe; librairies de 
Furne et Perrotin , et de Dumoulin. ln-8« de 504 
pages, avec une vignette et une carte. 

1 



Il 



AIG 



DICTlONrUIRE 



Ail 



12 



traite de Taspoct g^Snéral d*Aiguesmortes et 
fie son territoire, l'auteur s^occupe de i'ori- 
gine de la ville. Quelques écrivains, crovant 
qu*on devait chercher, sur le territoire d'Ai- 
guesmortes, remplacement des fosses Ma- 
rinnes creusées par Marins, attribuaient à ce 
général romain la fondation de cette ville. 
M. di Pietro, après D. Vaissète, se prononce 
contre cette opinion. 11 avoue qu'on ne peut 
faire que des conjectures sur lepociue où des 
habitations commencèrent à s'établir sur les 
bords de la grande Roubiue, canal dont 
Texistence a précédé sans doute celle de la 
ville, et qui a dû en être le principe. Tout ce 
qu'on sait, c'est que sur le sol actuel d'Ai- 
guesmortes s'éleva, à la fin du viii* siècle, la 
tour de Malifère, bAlie par Charlemagne, pour 
défendre la côte et protéger une réunion de 
colons, comme on le voit dans un diplôme 
daté du mois de juilltt 791, par lequel cet 
empereur donne à Corbilien, abbé de Psal- 
modi, et à ses successeurs, cette tour de Ma- 
tifèrn « qu'il avait fait construire. » Aigues- 
roortes n'a d'autre histoire, dans ces pre- 
miers temps, que celle du monastère de 
Psalmodi, dont elle était une dépendance. 
Bl. di Pietro, en traitant, dans le chapitre 3, 
des faits de cette époque reculée, se borne 
donc à suivre les annales de l'abbaye elle- 
même. La ville et son port commencèrent à 
être plus connus au xii* siècle. Un roman 
célèbre, composé en 1178, V Histoire de Pierre 
de Provence et de la belle Maguelone^ en fait 
mention. Mais c'est au siècle suivant qu'Ai- 
guesmortes acquit une véritable importance. 
Saint Louis acheta, en 12i8, de Raimond, 
abbé de Psalmodi , le territoire de la ville, 
accorda de nombreux privilèges aux habi- 
tants, y jeta les fondements d'une forteresse, 
la tour de Constance, et fit faire à son port 
des travaux considérables. L'histoire d'Ai- 
guesmortes prend dès lors un intérêt réel. 
Après avoir raconté l'embarquement de saint 
Louis dans ce port en 1248, Tauteur revient 
sur une question géologiaue très-controver- 
sée, qui se rattache naturellement au sujet de 
son livre, et q\x\\ avait déjà traitée dans sa 
première édition en 1821. Un grand nombre 
d'écrivains ont f rétendu que depuis le règne 
de saint Louis, la mer s'est retirée de tout 
l'espace qui sépare aujourd'hui Aiguesmort es 
du rivage. M. di Pietro prouve que cette as- 
sertion est erronée, et que la ville se trou- 
vait, au xiir siècle comme aujourd'hui, si- 
tuée à une lieue environ de la mer. Des dé- 
bris de sépultures du moyen âge découverts 
récemment entre la ville et le rivage, le dé- 
montrent évidemment. C'est là, près d'un 
lieu appelé les Tombes^ que s'élevait Tbôpi- 
tal que saint Louis fit bâtir pour les croisés 
et les pèlerins. « Ainsi, dit l'auteur, ces rui- 
nes sont demeurées pour nous rappeler la 
piété de ce monarque et pour nous désij^ner 
en même temps la place où deux fois il 

Îuitta le sol de la 'France. » Non loin des 
'ombes, la direction du Canal-Vieil et la 
tradition indiquent l'emplacement du grau 
Louisy dont le nom subsiste encore, et en 
face duquel s'ouvre sur la côte le large bas- 



sin où mouillèrent les vaisseaux de saint 
Louis. Nous regrettons de ne pouvoir suivre 
plus loin M. di Pietro dans les développe- 
ments de son savant et curieux travail. Le 
récit des faits historiques proprement dits 
est suivi de la description d'Aiguesmortes e* 
de ses monuments, parmi lesquels l'auteur 
n'a pas oublié la statue de saint Louis inau- 
gurée récemment sur la place de rhôtel de 
ville. On lit également avec plaisir et avec 
fruit des notices biographiques sur les hom- 
mes célèbres qu'Aiguesmortes a vus naître, 
et de judicieuses réflexions sur le climat, 
l'industrie et le commerce de cette ville. Des 
pièces justificatives terminent le volume. 
Nous y avoiiS remarqué particulièrement 
les lettres de privilège accordées par saint 
Louis aux habitants d*Aiguesmortes eu 
12i5 et 12i8. 

AIX en Provence, département des Bou- 
ches-du-Rhône, en France. 

L 

Inscription du iv* au v* siècle, 

FpiUphium praefccti cojosdjm et (sic) (1) elhn*GO ClirU 

sUaoi (acU. 

Stemmate praecipaam trabeatis fascibus orlam 

1d cdium leti hic sopor allus babet 
Qui po&l Patricia praeclarus Cimjola reeiur (2) 

Subjecit Chrisii colla subactu jogo (3) 
Postponens ultra mundi protendere pompas 

Et nolens domeno (4) solvere vola malens 

[sic] (5). 
Sic gemens (6) Follx perfunclus munere gaudel 

Egregius mundo placelus (7) et Domeno 
Hoc tomolo ciijus tantum nam membra quiescuni 

Laelatur pairia mens, paradise, tua. 
(Inscript, en vers, par M. Rouard, Aix, 1839.) 

M. Rouard» au 2* vers, n'hésite pas à 
changer m odium en Evodium, correction 
heureuse par laquelle il s'agirait ici d'Evo- 
dius, consul en 386 avecUonorius, et préfet 
du prétoire des Gaules. C'est d'Ëvodius que 
Sulpice-Sévère a dit : Consul Evodius , vir 
quo nihil unquam justius fuit, 

[Mémoire de la Soc. arch. du Midi , 
tom. IV,pag. 239.) 

IL 

.. .. Oiar 

Basilio episcopo 

Anno XXIII 

* vni die. ii t 

... no oclobris 

Turcio Asterio consule 

Trouvée par le président de Saint-Vin- 
cent, dans le cimetière de Saint-Laurent le 

(1) Peui-étrc pour ex (?) 

(2) rector. 

(3) subactajugo. 

(4) domino. 
(5)malo(?) 

(6) gemino. 

(7) piacilus'inuudo. 



îi 



AIX 



DEPIGRAPIHE 



AIX 



14 



premier établi à Ait par les chrétiens, cette 
épitaphe prouve que Basile était éféque 
dAix sous le consulat de Turcius, RuQus, 
Apronianus, Asterius (hQh)^ ce qui, iusou'ici, 
était douteux. Papon croit que le cniffre 
XXIll indique Tannée de répiscopat de 
Basile. Il peut aussi se rapfiorter à Tage du 
mort 9 d'autant gue ce qui suit : YllI die 
[huit jours), serait une mention tout è fait 
mutile s'il s'asissail de Tépiscopat de Basile. 
Ce Basile est déjà cité comme prêtre en ^9, 
mais cela ne prouve rien c{uant à Tépoquo 
de son élection au rang épiscopal. 

(Mém. de la Soc. orch. du Midif tom. IV, 
pag. 257.) 



m. 

Châsse dans la sacristie de la cathédrale. 

Hic ossa Scorum Menelfall episcopi, 

N€C non Arroeutarii ab ecclesia beati Laurentll 

Transvecta posila sont. 

Transitas Meneifali X Cal. Mail 

Armenlarii yero Non. Oclob. 

On croit qu'Armentaire succéda à Lazare, 
évèque d'Aix, vers 420, et que Menelfale le 
remplaça. Ni Tun ni Tautre n*est cité dans 
le CkUlia Christiana au nombre des évêques 
d^Aix. 

(Mém. de la Soc. arch. duMidij tom. IV, 
pag. 268.) 

IV. 

il Véglise Saint-Sauveur avant la Révolution. 

Hic in pace rcquiescet Adjutor , ,Qiii post ac- 
ceptam poeniteniiam migravit ad Dominum, 
ann.'LXT. mcnses vu. dies xv. depositus S. D. 
(sob die) viiii Kalendas JunuariasAnaslasio V. G. 
(vire clarissinio) consule. 

(Voyage dans le Midi du Mxllin; Mém. de 
laSoe.arch.du Midiy tom. H, pag. 196: 
Labbe, Thés, epit., pag. hSù.) 

V. 

Autrefois chez M. de Saint-Vincens. 

D. M. S. defunctus est Capreolas vixit an- 
nos nu. menses n dies ni horas un. paier ± 
fecil. 

Les siglesD. M. S. pourraient s'expliquer, 
Dits manibus sacrum ^ si le monogramme 
n'indiquait pas une tombe chrétienne et ne 
donnait la signification : Deo maximo sa- 
tfum. 

[Mém. de la Soc. arch. duMidij tom. II, 
pag. 181.) 

* . 

VI. 
12T7. — .4 la cathédrale. 

ADnoDominomillesimocccxxvn xxi (1) octobris, 
hic tumuUta sunl inteslina et cèlera viscera 

(1) X. XI pour X KL. 



Jon. (1) Aiani Cislericen. Epi. qui reliquid (2) 
pro anniversarlo suo xxx soldes bic annuali (d). 
Super domu. suam. Orale pro eo. 

Jean Alanus, compté quelquefois par er- 
reur au nombre des archevêques d'Aix, mou- 
rut en 1277 évèque de Sisteron. 
Voy. Gallia Christiana, 1838. 
'Mém. de la Soc. archéol. du Midi^ t. IV, 
p. 299.) 

VII. 

Epitaphe de Peiresc^ par Honoré Bouche. 

TErlla LYXqVa se GanCro faX eXlYIlorbls, 

Pel resCVm seXlis ConiVMVLAVU aqVls. 
Obijl Aquis Sextiis die Jouis 23 Junij, an. 1657. 

M. CCCC. LL. L. XX. XX. VV. VV. VV. VV. niH. II. 

(Labbe , Thés. Epitaph.y p. 135.) 

VIII. 

(Lieu incertain.) 
Epithaphe de Pierre Pilhou. 

Si dlVas LYgere pLaCci, LVgele CaMœnae : 
PlihœVs Vesler PilhlYs oCCVbYll. 

M. CCCC. LL. L. VV. VV. W. VV. Illll. I. 

(Labbe, p. 136.) 
Voy. au mot Cbronogbaphes de notre DiC" 
tionnairey d*autres épitaphes analogues aux 
deux dernières. 

AIX-LA-CHAPELLE, en Prussi 

I 

Vers sur Charlemagne^ attribués à Paul ou à 

Alcuin. 

De Carolo magno rersas éâS magistri in ault. * 

Hanc libi, praecursor Dni, Fradclfus opiinam 
Condidil ornalam divinis cullibus aulam ; 
Yota libi reddens supplex quae voveral olim, 
Exilii priinum cœpildum nosse laborem. 
Anouii bis Carolds dictis pulcberrimus beros, 
Quem placidum voluil vesiris sibi reddere Cbris^us 
Pro merilis famulum magnis el bonoribus auxll. 
Nunc sibi soivendi voli est concessa poleslas. 

[Cardinal Mai, pag. 102 ; Duchesme, Script. 
Rer. Francic.f tom. II, pag. 645.) 

II. 

Epitaphe de Charlemagne^ à la basilique de 
Sainte-Marie^ diaprés Eginhard. 

SVb boc condilorio silum esl corpus Karoli, 
MngnialqueOrlbodoxilmperatoris, qui Eegnum 
Francorum nobililer ainpfiauil, el per annos 47. 
feliciler rexil. Decessil seplua^enarius anno ab 
Incarnaliorie Domini 814. Indiclione 7. quinio 
Kaleudas Februarias. 



III. 

Autre épitaphe de Vempereur^ diaprés Ago- 
bard^ archevêque de Lyon^ et diaprés un mor 
nuscrit de La Novalaise. 

KArolvs Rex Francorum aique.Imperalor el 
Pairicius Romanorum poslquam 7*6. annis vilae 

i\\ Joannis. 

(2) rcliquil. 

(3) annualim. ' 



15 



ALA 



DICTIONNAIRE 



ALB 



16 



vixerat in saeculo migrauit ex orbe quiiilo. Kal. 
Februarij. Nam régna tenens ipsa qiiadraginla 
et sex annîs féliciter, jam ab Incarnaiione Do- 
mini anul euolati octocentics et quatuordecim» 
Sic enim in suo Epilaphio legitur : 

Aiirea cœlonim postquam de Virginc Ghristos 
Sumpseral apla sibiroundi pro criminejnembra, 
lam decimus quartus post cenlies octo volabat 
Annus fluctiuagi meniit quo feruida secli 
iEthereî, Càrolus, Francorum gloria gentis, 
iEquora transire et placidum côprendere porlû 
Qui deciesque quater per sex féliciter annos 
Sceptra tenês regni et reftio Rex régna rejûgês 
Febro migrauit quinto-ari-ex orbe Kalendas, 
Septuaginta sex yïtx qui terminât annos. 
Quapropier flagito precibus si flecteris vilis 
Quique buius reiegis versus epigrâmata Lecior , 
Astriferam Caroli teneat, die, spiritus arceni. 

IV. 

Autre épitaphe. 

Tutor opum, Tindex scelerum, largitor honorum, 
CiEOLOsorbis honor, orbis et ipse dolor. 



V. 
Autre dans CiacconiuSf Vit. Pontificum Rom. 

Magni CaroU Régis Gbristianissiroi Romanorum- 
que knperatoris corpus hoc sepulcro conditum 
jacet. 

(LiBBBy Thés, epit.^ pag. 569.) 

VI. 

Defiarolo M, versus domini magistri in aula^ 
sive is Paultts diac. sive Alcuinus fuit. 

Culuiîna cementi lectori litlera promo 

Fardulfus Garcrio condidit ista suo. 
Quem quondam proprisp fuerat dum sceptra secutus 

Gentis in adversas fata tulere vias. 
Attamen hic fidei dominis servaWt honorem, 

His regni quamvis ultima meta foret. 
Tandem victoris Garoli felicibus armis 

Gessit, et in melius fors sibi cessit iter. 
Unie quoque dum Adei salvaret munera régi» 

Rex sibi pnecelsus pi uni ma dona dédit. 
Intcr quae sancti Dionysi rector<ut aulae 

Fieret induisit pacificus Garolus. 
Hanc benefactori construxit providus sedem, 

In qua cum famulis gaudeat ipse suis. 
Ipse 8ni% servis ûdei quos vincula nectunt 

Lxtiiiam princeps prxbeat armipotens. 
More taroen veterum consurgere iussit avorum 

Gulmina, praefulgeiit régis honore domus. 
Ut quoties regni païclara palatia lustrât, 

Fardulû famuli sit memor ille sui. 

{Cardinal Mai, pag. 276.) 

ALADJA, sur la route de Cararaan à Sc- 
lefkeh, en Asie MiDeure, ou Turquie d'Asie. 

H. le comte de Labordc, dont tout le 
monde connaît les grands voyages et les sa- 
vantes publications, a découvert, au milieu 
des ruines de Tantique église d*Alacya, une 
inscription chrétienne qu'il a fait connaître 
dans la Revue archéologique de 18W, t. IV, 
pag. 175. 

L'inscription est gravée sur le rocher qui 
supporte régiise et le couvent d'Aladja, et 
dans les flancs desquels ont été creusés de 



nombreux tombeaui. En voici la lecture 
et la traduction d'après M. de Laborde s 

*Ey9â9c xarénttirat 

TafiéuTioç, iiç ytvofirifoç 

repiffSxntpoç xai itapayiOitâpio^ 

irocooixqaoc cv rû tottu 

rovrta iato vnartiaç TaSa- 

Xotinrou, cv^cxTtfiiivoc. cd'. itiÇ ht^txx'iMtùi 

vTTotxiiaç ÇiqoIkc rà 



Ttocnct, tm. 



Traduction. 

Ici repote Taratitu^ deux fois prêtre (de cette 
église) ei desservant (sacristain) ayant exerce 
les fonctions sacerdotales en ce lieu depuis le 
consulat de Gadalapus, la \A^ indiction^ jusqu^à 
la.,,, indiction tous le contulat de,... il a vécu en 
tout...., ans. 

Le Tra/sa^cvâficoc ost le titre olficiel de l'ec- 
clésiastique cnargé de la carde d'un édifice 
religieux; il répond à celui de mansionarius 
ou custos de rÈglise latine. La IV indiction 
correspond à l'année 461, qui eut pour con^ 
suis Dagalaxphus et Severinus; seulement, 
et ce point est di^ne de remarque, le nom 
de ce consul, écrit par un contemporain, 
est ici Gadalaippus. « Que ce fait serve d'en- 
seignement aux voyageurs, ajoute avec rai- 
son M. de Laborde, et leur apprenne à ne 
dédaigner aucun monument. Qui se serait 
attendu à trouver, dans la modeste épitaphe 
d'un pauvre prêtre grec, au milieu des rui- 
nes d un couvent du Taurus, une rectifica- 
tion aux fastes consulaires de l'empire ro- 
main? » 

ALAIS, département du Gard, en France* 

Inscription de Pan 1250 à la cathédrale. 

Anno incamati Verbi MGGL.... Septembris, 
obiit Oragist Sacerdos. 

(Mémoire de la Soc, archéoL du Midi^ 
tome III, pag. 198.) 

ALBA, dans le Montferrat, dans le royaume 
de Piémont, l'ancienne Alha Pompeia. 

Imp. Gsesari. FI. Val. 

Conslantino pio fel. 

invicto aug. 

divi G<mst(anlii) pii aug. 

filio civiias Albae 

Pompeiae bono reip. nato. 

^Cardinal Mai, 2M), 3; Vernazza, ilf on. 
Alb. Pomp.y pag. 56.) 

ALBENGA, en Piémont. 

Autrefois au palais Costa^ aujourd'hui au pa- 

lais Balestrini, 

Gonstanli virtus studium Victoria nomen 

Gum recipit Gallos, constituit Ligures. 
Mœnibus ipse locum dixit duxitq. rccenti 

Fundamenta solo, iuraq. parla dédit. 
Givcs tecta forum porlus commercia portas 

Gonditor exslruclis %dibus iiisliluit. 
Dumque refert orbem, roc primnm prolulit urbci&. 

Nec ronuit titulo limina noslri loqui. 
Et rabidos contra fluctus genlesq. nefandas 

Gonstanti murum nomiiiis opposuit. 

{Cardinal Mai, p. 327 ; Mur., p. 692, 
3; BuRMAN., Anthol.y 1. 1, p. kTÀ.) 



17 



ÂLB 



DEP1GRAPH1E. 



ÂI^ 



IS^ 



ALBI, cheMieu du déparlemcnt du Tarn, 
en France. 

La description de Sainte-Cécile d'Albi par 
M. Crozes renferme un grand nombre d'ins- 
criptions conserTées dans cette église. A 
défont de cet ouTrage assez récent et que 
nous n*ayons pu trouver à la Bibliothèque 
nationale, nous donnerons le compte rendu 
qu*eD a lu H. le baron de Guilhermy, dans 
bsein du comité des arts et monuments (1). 

Kapport fait au Comili des artsei montunents 
par M, de Guilhermy^ membre du comité, 
sur ta monographie de la cathédrale d*Albi, 
pubtiée par M. H, Crozes, 

Vous m*ayez chargé de vous faire un rap- 
port sur la Monographie de ta cathédrate 
fAlbi^ par M. Hippoiyle Crozes. C'est d'a- 
près la demande de l'auteur que le comité 
a confié l'examen de cet ouvrage à l'un de 
ses membres. Dans une lettre écrite à notre 
président, le 19 janvier dernier, M. Crozes 
déclarait qu'avant de modiQer et d'étendre 
son travail primitif, comme il en avait formé 
le projet, il recevrait avec reconnaissance 
les observations et les conseils que le co- 
mité voudrait bien lui adresser. 

Deux éditions de la Monographie de la ca- 
thédrale dAlhi ont déjà paru. La seconde, 
Îubliée en 1850, présente, comparativement 
la première, de nombreuses et très-nota« 
blés améliorations. L'ouvrage se divise en 
quatre parties : notice, appendice, notes. et 
explications, biographie. La première coui- 
tient Ijne description sommaire de Tédifice. 
Dans la seconde, l'auteur expose ses idées 
sur le symbolisme de l'architecture et de 
l'ornementation, soit peinte , soit sculptée, 
de l'église de Sainte--Cécile. La troisième 
est consacrée à une description particulière 
et plus détaillée des peintures, des sculp- 
hires et des monuments funéraires. Enfin , 
l'histoire de l'Eglise d*Abi, et dos prélats 
qui l'ont gouvernée depuis saint Clair au m' 
siècle, jusqu'à l'archevèqueauiourd'hui placé 
à la tète de cet illustre diocèse, remplit la 
quatrième et dernière partie. Nous croyons 
que, dans la nouvelle édition qu'il préparc, 
M. Crozes ferait bien de fondre ensemble le^ 
trois premières parties, qui n'en doivent 
former réeHement qu'une seule. IL trouve- 
rait dans ce système l'avantage de grouper 
des faits oui se servent mutuellement de 
preuves. La division que je viens de vous 
faire connaître. Messieurs, résulte d'ailleurs 
hien moins d'un plan arrêté d'avance, que 
de retouches successives laites au premier 
travail. 

La notice est un discours élégant, facile, 
agréable à lire, sur les beautés de la cathé- 
drale. Ce serait plutôt un euide pour les 
gens du monde qu'un travail véritaolement 
archéologique. L'auteur a craint évidemment 
d'effaroucher ses lecteurs en leur pré- 
sentant une trop grande abondance de dé- 
tails techniques et de recherches minutieu- 
ses. Nous sommes persuadé, d'après VQ\d.- 

{\)Buneiindet Comités, nov. 1851, p. 204. 



men auquel nous nous sommes livré, que 
M. Crozes aurait pu, sans rien sacrifier de 
l'élégance de son style, traiter avec plus de- 
développement les importantes questions 
d'esthétique, d'iconographie sacrée et d'at- 
chéologie qui ressorlaient naturellement de, 
son sujet. La forme n'y aurait pas perdu, 
et le fond y aurait beaucoup gagné. Au- 
jourd'hui d'ailleurs, les personnes qui sem-* 
blent les plus étrangères aux études sérieu- 
ses, trouvent un singulier plaisir à être ini- 
tiées aux mystères les plus secrets.de nos 
vieux monuments. Nous prierons donc 
M. Crozes de nous donner prochainement 
un inventaire aussi complet que possible de 
toutes les richesses de sa belle cathédrale. 
Nous lui demanderons surtout de nous dire 
tout ce qu'il aura pu savoir des artistes qui 
ont couvert de si magnifiques peintures la 
grande voûte et les chapelles de Sainte-Cé- 
cile. Un seul nom ancien se trouve cité dans 
la Monographie^ celui de Jean-François Do- 
neja , peintre d'Italie, qui se lit en latin, 
avec la date 1513, sur une cartouche de la 
voûte. Mais il n'est pas possible d'admettre 
qu'une œuvre aussi considérable ait été en- 
treprise et conduite à sa perfection par la 
môme main. Nousavonsia conviction qu'une 
colonie entière de peintres et d'ornemen- 
tistes a travaillé aux peintures de Sainte^Hé* 
e:le, et nous ne nous résignerons pas facile^ 
ment à croire qu'il ne soit resté dans les 
archives locales aucune trace de son passage. 
L'artiste qui a dirigé l'œuvre, peut-être ce- 
lui dont nous venons de rappeler le nom« 
n'était pas un de ces hommes vulgaires qui 
abandonnent leur patrie sans v laisser un 
souvenir. Peut-être faudrait-il aller chercher 
jusqu'en Italie des renseignements précis 
sur la vie et sur la réputation des pemtres 
de Sainte-Cécile, sur leurs ouvrages an- 
térieurs et sur les causes qui ont déterminé 
leur émigration en France. Quelle était aussi 
cette Lucrèce Cantora de Bologne, dont le 
nom se trouve dans une chapelle de la ckr 
thédrale et dans les galeries, au milieu d'en)- 
blêmes et de devises? Noujs rappellerons à 
ce aujet à M. Crozes les nombreuses iosccip- 
tions recueillies sur les peintures d'Albi, et 
communiquées à notre comité par M. Clé- 
ment Compayré, correspondant (Bulletin ar- 
chéologique^ t. II, p. 15, et t. m, p. 401). 
Les peintures de la chapelle de l'hOtel do 
Cluny à Paris, exécutées par les soins de 
Jacçiuesd'Amboise, offrent la plus grande ana- 
logie avec celles que le cardinal Louis d'Am- 
boise fit faire dans sa cathédrale. En recher- 
chant l'origine des unes, M. Crozes pourrait 
découvrir aussi celledes autres. Cette illus- 
tre maison d'Amboise, dont la noble magni- 
ficence est encore attestée par tant de monu- 
ments, et qui a laissé dans l'histoire un si 
glorieux renom, serait bien digue d'avoir 
un chapitre consacré à sa mémoire dans la 
prochaine édition de la Monographie de 
Sainte-Cécile. M. Crozes nous ajpprendrait 

auelle influence ont exercée sur le& progrès 
es arts, dans la période qui a immédiate- 
ment précédé la renaissaace en France, des 



19 



ALB 



DIGTIONiNÂIUE 



AI^ 



20 



monumonls comme ceux que la maison 
d'Amboise a laissés à Rouen, à Gailion, à 
Paris, à Glermont et dans le diocèse d'Albi.' 
Jamais famille ne s*est montrée plus éclairée 
et plus généreuse dans sa protection accor- 
dée à tous les genres de mérite. 

C'est dans l'appendice que M.^Crozes 
s'est occupé de la question du symbolisme. 
Je suis, pour ma part, tout à fait disposé à 
accepter Texplicalion donnée par l'auteur 
d.u système suivi dans l'arrangement des 
peintures de la voûte. Les deux Testaments 
sont en présence. Les personnages de l'an- 
cienne loi représentent la génération tem- 
porelle du Sauveur, les promesses, les figu- 
res, les prophéties. A mesure qu'on appro- 
che de Jésus-Christ, placé dans l'abside, les 
figures deviennent plus claires, les prophé- 
ties plus nombreuses et plus positives. Puis 
enfin apparaît le fils de Dieu , le type des 
figures oibliques, le désiré des patriarches 
et des prophètes, entouré d'un merveilleux 
cortège d'apôtres, de martyrs, de docteurs, 
de confesseurs. Au milieu de cette impo- 
sante assemblée, une place d'honneur a été 
donnée, en mémoire de sainte Cécile, aux 
vierges chrétiennes et aux saints personna- 
ges qui se sont particulièrement voués à 
célébrer les louanges de Dieu , soit par le 
chant, soit avec le secours des instruments. 
Nous demanderons seulement à M. Crozes 
de rendre son ex[)licalion plus sensible et 
plus évidente en lui donnant pour accompa- 
gnement un plan indicateur de la place oc- 
cupée par chaque personnage. 

Nous n'avons pas été aussi frappé que 
M. Crozes des intentions symboliques qui se 
manifesteraient dans le plan de la cathédrale 
d'Albi. Nous avons peine à croire qu'on puisse 
retrouver la figure du corps du Christ expi- 
rant dans un édifice oui, comme celui-ci, n'a 
pas même la forme d'une croix. Le clocher, 
placé au bout de la nef à l'ouest, représen- 
terait la tète, et le chœur la partie infé- 
rieure du corps. Ce serait le contraire de ce 
qui arrive ordinairement dans les grandes 
églises cruciformes. D'ailleurs , en suppo- 
sant le corps du Christ ainsi placé sur la 
croix, il regarderait l'Orient, ce aui est 
contredit par toutes les traditions, suivant 
la croyance constante des saints Pères, le 
Christ sur le Calvaire avait le visage tourné 
vers les nations occidentales, comme pour 
les appeler d'une manière particulière à la 
grÂce de la rédemption. 

La lecture de la partie du livre de M. Cro- 
zes réservée aux notes nous a confirmé dans 
les regrets que nous avons déjà exprimés. 
Nous continuerons à réclamer une plus 
grande abondance de détails de toute es- 
pèce , et h prier l'auteur de n'épargner dans 
sa prochaine édition aucune de ces descrip- 
tions d'attributs, de costumes, de mise en 
scène pour ainsi dire, qui peuvent don- 
ner la clef du système suivi dans la déco- 
ration générale de l'édifice. Dans la multi- 
tude de saints personnages qui couvrent 
les voûtes, une ligure de saint Louis nous 
9 paru digne d'un inlérôt tout spécial. Elle 



date des premières années du xvr siècle. 
Peut-on croire Qu'elle ait été peinte d'après 
quelques-unes des nombreuses représenta 
lions authentiques de ce grand roi qui sub- 
sistaient encore à cette epoaue, et qui de- 
puis ont été complètement détruites? Nous 
signalons cette question aux études de M. 
Crozes. Les inscriptions funéraires remplis- 
sent tout un chapitre. Une description do 
plusieurs monuments sur lesquels elles sont 
gravées, semblerait nécessaire. 

M. Crozes a rassemblé dans la biographie 
une foule de renseignements tout à fait cu- 
rieux sur l'église d'Albi, sur les saints lo- 
caux, sur les droits et les prérogatives des 
évoques, sur certaines cérémonies particu- 
lières h la cathédrale ou au diocèse. Il nous 
indigue la date précise de la fondation de 
plusieurs villes importantes, telles que Cas- 
tres, Gaillac, Lombers, etc. Il fait 1 histoire 
de la cathédrale, en écrivant celle des pré- 
lats qui l'ont construite et embellie, et en 
rappelant les faits mémorables qui se sont 
passés autour de ce monument. 

Nous engagerons, en terminant, M. Cro- 
zes à revoir la terminologie dont il a fait 
usa^e dans les parties les plus anciennes de 
sou travail , et qui s'est modifiée depuis à 
mesure que la langue de l'archéologie chré- 
tienne a pris plus d'assurance et de netteté. 
Nous avons cru remaraucr aussi quelques 
légères erreurs dans des indications d'ar^ 
moiries , et dans la traduction en français 
des noms latins de quelques diocèses ou 
monastères. L'auteur reconnaîtra facilement 
ce que nos doutes pourraient avoir de fondé. 

Nous n'avons pas besoin d'mouler que les 
principes professés dans la monographie de 
Sainte-Cécile sur les mutilations et les res- 
taurations de nos monuments du moyea 
Age, sont ceux aue le comité a constam- 
ment cherché à répandre par la publication 
de son Bulletin. 

Que l'excellente notice dont je viens, 
Messieurs, de vous faire connaître bien 
sommairement la valeur, se transforme 
donc en un grand et beau livre. La cathé- 
drale d'Albi est digne assurément d'un pa- 
reil honneur, et M. Crozes a prouvé qu'il 
réunit toutes les conditions nécessaires pour 
mener à bonne fin une œuvre aussi impor- 
tante. 

Nous ferons suivre le rapport de M. do 
Guilhermy par l'extrait d'une notice inté- 
ressante, sur la cathédrale d'Albi due à M. 
S. Dauriac, de la Bibliothèque nationale, en 
faisant toutes nos réserves sur les questions 
diverses que touche l'auteur. Sa notice , 
publiée chez Dumoulin, en 1851, a pour titre : 
Preuves de l'existence de deux églises dédiées 
a sainte Cécile dans r Albigeois , au x* siècle. 

L'origine de la première cathédrale d'Albi, 
dit M. Dauriac , est assez incertaine. Cette 
église n'est point signalée dans les histo- 
riens anciens; et nos écrivains modernes 
n'hésistent pas à en faire remonter la con- 
struction aux premiers temps du christia- 
nisme dans l'Albigeois. Mais celle opinion 
ne repose sur aucune preuve, et, quoiqu'ello 



SI 



ALB 



DEPIGRAPHIE. 



ALB 



IS 



soit généralement acceptée, nous pensons 

3u*on ne doit pas lui accorder plus de con- 
ance qu*à celle qui reconnaît saint Clair 
pour premier évoque de ce pajs. 

Malgré Tantique légende qui veut que 
saint Firmin, disciple de saint Honest et de 
saint Honorât, deuxième évoque de Tou- 
louse 9 ait fait connaître les vérités de la re- 
ligion chrétienne aux peuples de TAlbi- 
ris (1), une tradition plus accréditée dans 
pays en attribue la gloire à saint Clair, 
dont on ne connaît pas bien Torigine, et 
que Ton nomme tantôt évèque , apôtre , 

Î)rètre ou simple laïque (2). Les auteurs de 
a vie de ce saint le font venir d'Afrique à 
Rome, et ils disent qu'envoyé dcns les Gau- 
les pour y porter la lumière de l'Evangile , 
il convertit les peuples de la Narbonnaise 
avant d'entrer dans TAlbigeois. On affirme 
encore, d*après ses actes, qu'il ne horna pas 
là sa mission, et on pense que, toujours 
poussé par l'esprit do Dieu, il parcourut 
successivement les villes de Bourges, Li- 
moges, Périgueux, Bordeaux, Auch et Lec- 
toure où il trouva enfin le martyre (3), 

l>oît-on croire qu'un même saint ait prê* 
ché dans tous ces lieux ? C'est une question 
assez difficile h résoudre. Les Bollandistes 
et Le Nain de Tillemont avouent qu'il n'y 
a rien de certain dans la vie de saint Clair, 
et nous pouvons ajouter qu'on ne trouve 
aucun document qui justifie les prétentions 
de réalise d'Albi à le considérer comme son 
premier évêque. Cependant on peut croire 

Sue cette église eut pour fondateur quelque 
lèTB de saint Saturnin ou de ses disciples. 
Saint Firmin, qui avait été instruit par saint 
Honest, se fil probablement accompagner 
de saint Clair, qui avait drjà commencé ses 
prédications à Cologne , pet te ville à quel- 
ques lieues de Toulouse; puis il dut le lais* 
ser à Albi pour y continuer son œuvre. Si 
maintenant on admet que ce saint, ne re- 
nonçant pas à SCS courses apostoliques, 
ait été chercher le martyre a Lfîcloure , 
nous pensons qu'il doit être regardé moins 
comme le premier évoque d'Albi que comme 
l'apôtre de l'Aquitaine. 

Kous venons de dire que l'on ignorait Té- 
poque précise de la fondation de Sainte- 
Cécile. En effet, on ne trouve pas un mot 
dans les historiens anciens qui puisse gui- 
der dans une semblable recherche. Mais si 
l'origine de cette première cathédrale reste 
couverte d'un voile, rem|)lacement qu'elle 
occupait in declivi ripœ Tarni (4), n'a pu 
échapper aux recherches d'un savant pour 
lequel le midi de la France n'a peut-être 
plus rien de caché. M. du Mége a uécouveri 
les substructions de cet édifice auprès de 
l'évèché, dans le jardin des Frères de la doc- 
trine chrétienne; il a retrouvé quelques 

(1) Histoire Uuéraire de France, l. I, p. 307. 
(i) Baillet. Vies des Saints, Nouv. cdit. p. 1759, 
t. Vil, p. 535. 

(3) Tillemont. 31 ém, pour servir à r histoire eccU- 
siasiigue, U IV, page 506. — du sal-ssay, Martyr. 
Ca//tca RU ni, pag. 1 1 2i. 

(4) GalUa Christ, nova, 1. 1, pag. 22. 



arcs de l'ancien cloître dans une maison 
particulière : ces arcs sont à plein cintre. 
Enfin, guidé par des traces certaines qui lui 
ont permis de constater qu'une porte laté- 
rale s'ouvrait au nord-est, et par des colon- 
nes extérieures qui devaient servir à la dé- 
coration des contreforts, cet infatigable anti- 
quaire a pu lever le plan de l'ancienne ca- 
thédrale. Ce monument avait environ cin- 
quante-sept mètres de longueur, et il était 
situé entre l'ancien palais des comtes d'Albi 
et la métropole actuelle (1). Avant la décou- 
verte de M. du Mége, un écrivain albigeois 
avait reconnu quelques-unes de ces ruines, 
mais il leur attribua une autre origine. Il 
crut y retrouver les vestiges d'un château- 
fort qui commandait à la rivière du Tarn et 
défendait la commune de Castelviel, actuelle- 
ment réunie à la ville d'Albi (2). Aujour- 
d'hui l'opinion de l'archéologue toulousain 
a prévalu, et personne ne doute qu'il ait re- 
tracé les fondations de la première cathé^ 
drale d'Albi. 

La position qu'occupait cette église étant 
établie, nous pouvons indiquer quelques-uns 
des lieux qui l'entouraient au xir siècle. Et 
d'abord, on travaillait encore aux construc- 
tions du cloître en 1079, et les chanoines 
n'étaient point forcés d'y vivre en commua : 
aussi l'évéque Frotard ne pouvait-il les 
soumettre à son obéissance (3). Devant ce 
même cloître s'étendaient des pâturages ap- 
partenant à Arnaud d'Alaman et à Aimar, 
son frère, qui en firent don au chapitre 
entre les mains de l'évoque Humberl vers 
l'an 1130 (k) ; une rue venait vers l'église, 
dans la partie opposée à la rivière, et elle se 
continuait jusqu à un ruisseau sortant du 
jardin des chanoines ; enfin ce ruisseau, dit 
de la Barreira, une nouvelle rue et un fossé- 
formaient la clôture de la cathédrale du côté 
du Caslelnau (5). Un traité conclu entre Guil- 
laume Pétri et ses chanoines, en 1209, nous 
apprend qu'à cette époque l'évéque avait 
toutes les terres ou prés de la Torreta, de- 
puis les murs do la ville jusqu'à ceux du 
chapitre, auprès de l'église de Saiole-Cécile. 
11 les céda aux chanoines qui lui donnèrent 
alors en échange les prés de las Bacconas^ 
qui étaient entre le ruisseau de la Barreira 
et le château de l'évéque (6). 

Cependant Massol est tombé dans une er- 
reur très-f^F^nde sur le nom de cette an- 
cienne église, en alfirmant qu'elle avait été 
placée sous l'invocafion do la Sainte-Croix. 
Cet historien pensait sans doute que l'an- 
cienne vénération du peuple albigeois pour 

(I) Vues pittoresques de la cathédrale d^Albi^ par 
Cbapuy, avec un icxie historique par Alex, du 
Mége, p. 4829. 

(z) MAS80L. Denription du département du Tarn« 
suivie de Vllistoire de l'ancien pays d'AltfigeoU et ùe 
la ville d'Albi. Albi, 4818. 

(3) Archives de Vévéché d'Albi. Fonds IVoal., 
n» 105, fol. 26. 

(4) Archives de Vétéché d'Albi, Fonds Doal.. 
Il» 105, fol. 44. 

(5) Archives de Nvêché d'Albi. fol. 89. 

(6) id. fol. 171 



23 



ALB 



DICTIONNAIRE 



ALB 



U 



la croix suffisait pour justifier cette origine, 
et il écrivit, en parlant du cardinal-évêque 
Jouffroy : « Venant «de Rome, où il avait vu 
que sainte Cécile, vierge et martyre du 
m* siècle, attirait une dévotion extraordi-r 
naire et pour ainsi dire à la mode, Jean Jou- 
froy apporta en France de belles reliques de 
cette sainte ; il les plaça solennellement dans 
sa nouvelle cathédrale, et dès lors t7 en chan- 
gea la dédicace, puisqu'elle ne fut plus con- 
nue que sous le titre de Sainte-Cécile, 
tandis que Vancienne église avait été dédiée 
de temps immémorial à la croix (1). » 

Depuis la publication de cet ouvrage, il 
ii*est personne» voulant écrire sur la cathé- 
drale d*Albj, qui n'ait accepté cette version, 
et elle s*est ainsi propagée sans examen 
comme sans preuve. L Histoire de rancien 
pays d'Albigeois est le premier ouvrage spé- 
cial écrit sur cette province et sur la ville 
d'Albi. Quoique le cadre en soit restreint, 
on y trouve neaucoup de faits nouveaux ; 
mais leur addition n'est justifiée par. aucune 
preuve, et l'on reconnaît que l'auteur eut 
rarement recours aux textes originaux. Aussi 
est-il difScile de comprendre sur quels do- 
cuments il s'est appuyé pour donner le nom 
de Sainte-Croix à la catnédrale. Quoi au'ij 
en soit, nous ne craignons pas de le aire, 
Massol s*est étrangement trompé en affirmant 
ce fait, et nous croyons qu'il est dé notre 
devoir de le rectifier. 

Frappé de l'assertion de cet écrivain, nous 
9vons voulu remonter aux sources, et bien- 
tôt nous avons acquis la certitude que la ca- 
thédrale d'Albi n'avait jamais été dédiée à la 
sainte Croix. 

Mais avant de donner aucune' preuve de 
ce que nous avançons, qu'on nous permette 
d'émettre ici une pensée sur l'origine de- 
cette église. Si, comme nous allons le dé- 
montrer, ce monument fut d'abord dédié à 
sainte Cécile, il est impossible d'en faire re- 
monter la construction avant le vi* siècle. 
Sans nous attacher à la vie de Cécile, dont 
on ne peut préciser avec certitude l'époque 
du martyre, il nous suffit de faire remar- 
quer que son nom n'est pas encore men- 
tionné dans le calendrier romain dressé, 
sous le pape Libère, vers le milieu du 
IV* siècle (2). Plus tard, vers Tan 500, nous 
voyons qu'il existait à Rome une église pla- 
cée sous l'invocation de sainte Cécile. Dans 
le concile qui y fut tenu par le pape Sym- 
maque, cette église est signalée comme Tune 
des stations des fidèles pour le carôme (3) ; 
mais il ne parait pas qu elle contint le corps 
de la sainte, car Anastase nous apprend que 
ses restes furent retrouvés, par Pascal i", 
dans le cimetière de Prétextât» près de la 

Ï>oi-te Appienne, et transférés, l'an 821, dans 
a nouvelle église que ce pape venait de faire 
construire (*). 

(i) Hisl, de rancien patfi d* Albigeois, pag. 380. 

(i\ Baillet , Vief de% Saints, t.'VUl, p. 150. 

(5) J. Fronto, Kalendarium romanum, p. 45 ei 
150. 

(4) Baromus, Annale» ecclcsias., au. 8ÎI. — Sige- 
fSkRTi Chronicon.f an. 8i4 



Le culte de cette sainte, qui est devenue 
très-célèbre en Occident, ne commença à se 
répandre en France que longtemps après 
Rome. Cependant sainte Cécile parait avoir 
été honorée en Aquitaine dès le commence- 
ment du vil* siècle, car Ion trouve un grand 
office de sa fête dans le Sacramentaire de la 
liturgie gallicane qui fut en usage parmi ces 
peunles depuis cette éjooque jusgu au temps 
de (^harlemagne (l). On pourrait donc con- 
clure, d'après cet indice, qu'une église fut 
élevée à AIbi en l'honneur de sainte Cécile, 
dès le vil* siècle ; mais cette hypothèse ne 
repose sur aucune preuve, et nous devons 
avouer que les documents qui parlent de 
sainte Cécile ne sont pas antérieurs au 
X' siècle. Nous verrons bientôt qu'il existait 
à cette dernière époque deux églises de ce 
nom dans l'Albigeois. 

Parmi, les pièces qui peuvent appuyer 
notre opinion sur le nom de la catnédrale 
d'Albi, nous citerons en première ligne un 
document déjà connu : le testament de Ray- 
mond I", comte de Rouergue et marouis de 
Gothie, fait au commencement de l'an 961 (2), 
et par lequel, dit H. Roger, « Raymond donna 
« plusieurs alleus, châteaux ou domaines à 
c Véglise de Sainte-Croix (3). » Dans cet acte, 
il n'v a pas une église un peu considérable 
de la province à laquelle Raymond n'ait 
laissé des marques de sa piété et de sa mu-r 
nificence, et nous avons pu nous convaincre, 
par une lecture attentive de ce document, 
qu'il n'y est fait mention d'aucune église du 
nom de Sainte-Croix. 

Nous sommes donc porté à croire que rau<^ 
teur des Archives historiques de VAlbigeois 
a adopté, sans la vérifier, 1 erreur de Hassol; 
il a de plus cité un texte au'il n'avait pas 
sous les yeux, et, nous le repétons, rien ne 
justifie les paroles de l'ancien bibliothécaire 
d'Albi que l'on reproduit beaucoup trop fa- 
cilement aujourd'hui 

Si, malgré ces preuves et beaucoup d'au- 
tres que nous omettons à dessein, on per- 
sistait à croire que le nom de la sainte Croix 
s'appliquait à la cathédrale d'Albi, il serait 
Impossible de l'admettre seul, et l'on devrait 
supposer que cette église ayant été dédiée 
tout à la fois à sainte Cécile et à la sainte 
Croix, elle fut plus généralement connue 
sous le premier cie ces deux noms. Hais cette 
hypothèse n'est pas admissible , puisqu'il 
existe des actes en tête desquels on trouve 
le nom de Marie à côté de celui de sainte 
Cécile. Pourquoi donc n'a-t-on pas dit alors 
que fa cathéarale avait été dédiée à la sainte 
Vierge ? Lès doci^ments qui la mentionnent 
donneraient assurément autant de valeur à 
cette opinion qu'à celle que nous venons de 
combattre. En efl'et, on voit dans le cartu- 
laire d'Albi, qu'au mois de juillet 1211, Bor- 

(1) Mabillon, De liiurgia gallicana,\ib. m. Ifû- 
taie gothicum, pag. 21 6. 

(î) Histoire générale de Languedoc, 1. 11, pag. 95. 
Pr., pag. 108. 

(5) P. Roger. Archives historiques de l'Albigeois^ 
et du pays Castrais, 



25 



ALB 



t)*EPlGRAPIUE. 



AL 



26 



nard Juvenis et Bcguo* sa femme, donnèrent 
la chapelle d'Ambuet Domino Deo et beatw 
Mariœ et sanctœ Ceciliœ (i). Trois ans aupa- 
rarant, Pierre, abbé de Ôastres, et les reli- 

S'eux de ce monastère, avaient fait à la ca- 
édrale une donation commençant par ces 
mots : Dfsanus et concedimus in perpetuum Do- 
mino Deo et beatœ Mariœ, et beatœ Ceciliœ et 
tibi Guillelmo prœposilo ecclesiœ sanctœ Ce- 
ciliœ Albiensis seais (2). Après cette pièce, 
émanée d'une abbaye du diocèse, on peut 
encore citer un acte du mois de mars 12O89 
dans lequel Tévèque d'Albi lui-même ins- 
criTait le nom de la Vierge avant celui de 
sainte Cécile. C'est un échange fait entre 
Guillaume Pétri et Ifss chanoines de la ca- 
thédrale ; ce prélat y dit : Ego Guillelmus 
Petri^ Albiensis episcopus^ per me et per stic- 
eessores meos dono et concedo Deo, et beatœ 
iiariœ^ et beatœ Ceciliœ virgini, et matri^ et 
omnibus clericis Albiensis sedis(3). 

Faudra-t-il admettre, d'après ces titres, la 
dédicace de l'église à la sainte Vierge? On 
ne le pense pas, car on doit considérer les 
diverses formules employées par les dona- 
taires comme autant d'invocations différen- 
tes. Une dernière preuve, puisée dans une 
charte antérieure d'un siècle à celles qu on 
vient de lire, justiGera notre assertion. C'est 
une donation faite en 1106 par Aimard , 
Pierre, Ravmond et Arnaud d'Alaman frères, 
par laquelle ils cèdent tous leurs droits sur 
une chapelle de Nofre-Dame qu'ils avaient 
dans le château de Castehiel, à Dieu, à la 
Croix victorieuse, à la sainte Vierge et à la 
cathédrale d'Albi : Domino Deo, ejusque vie- 
toriosissimœ Çrucin et beatœ Yirgini, et matri 
Albiensi ecclesiœ {h). 

Que devrons-nous donc conclure de ce qui 
précède? Que la cathédrale d'Albi fut de 
tout temps consacrée à sainte Cécile; que le 
nom de la sainte Croix, ])lacé en tête de plu- 
sieurs actes, doit être considéré comme un 
gage de la foi du donateur; enfm, que si 
Ton remarque un changement dans la for- 
mule des chartes vers le xu* siècle, c'est 
qu'à cette époque on n'invo(|uait pas seule- 
meut le nom du Seigneur, ainsi que la croix 
de souffrance de son divin Fils, mais on 
commençait encore à se mettre sous la pro« 
tection de la mère du Christ. 

Après avoir constaté et réfuté une première 
inexactitudeconstammentadmise auxix' siè- 
cle par tous les écrivains, depuis le biblio- 
thécaire Massol jusqu'à M. l'abbé Bourassé, 
iluous reste à relever une erreur non moins 
grande qui a été como^ise au sujet de la ca- 
thédrale d'Albi.... 

II est démontré qu'il y avait deux 

éjglises de Sainte-Cécile , parfaitement dis- 
tinctes, Tune appelée tantôt ecclesia , tantôt 
tapeUa^ située m villa quœ dicitur Avanis 
ou Avanes, in pago Albiensi , in ministerio 
Montaniense: l'autre nommée cathédrale, ma-r 

(I) Arckire9 de Véglhe cathédrale d'Albi, fol. i81. 
it) id. fol. 174. 

(S) id. fol. 172. 

(4) id. fol. 40. 



ter ecclesia, construite dans les murs de la 
ville d'Albi, infra muros Albiœ civitatis. 11 
suffirait' d'insister sur h différence qui 
existe entre lepaûruset lactrtïa», pour qu'il 
ne restât aucun doute sur l'existence d'une 
église de Sainte-Cécile autre que la cathé- 
dralj. Cependant nous avons cru devoir 
pousser nos investigations plus loin et ap- 
porter , s'il était possible , une dernière 
preuve matérielle établissant l'eiistence si- 
multanée des deux Sainte-Cécile. 

Toutes nos recherches pour découvrir un 
district du nom de Montagnac, dans l'ancien 
pays albigeois, ont été infructueuses; mais 
nous pensons qu'on peut, sans se tromper, 
appliquer les mots Ministerium Montaniense 
à la commune do Montans, sur le territoire 
de laquelle on trouve un grand nombre d'an- 
tiauités qui semblent prouver qu'il exista 
jadis en cet endroit une ville assez puis- 
sante. Constatons égaleraient que, auprès do 
Montans, et sur la rive droite du Tarn, il 
existait un bourg, nommé Aveins, qui pos- 
sédait un château dans lequel, selon D. Vais- 
sète, Charles le Chauve s'arrêta, vers l'an 
84-3, et où il signa une charte en faveur de 
l'église de Toulouse. « Charles le Chauve, 
dit aussi Massol, aimait beaucoup le peuple 
d'Albigeois, où il avait une maison royale 
qu'on nommait Aveins, sur les bords du 
Tarn, entre Gaillac et Lisie (1). » 

Si maintenant on adoiet avec nous que, 
au IX* siècle, Aveins faisait partie du terri- 
toire de Montans, enclavé aujourd'hui dans 
l'arrondissement de Gaillao, et situé à six 
lieues environ d'Albi, il faudra traduire ainsi 
le passage que nous avons rapporté plus 
haut dans le pays d'Albigeois, au terri- 
toire de Montans, dans le bourg nommé Aveins, 
où est élevée une église en l'honneur de sainte 
Cécile. Ajoutons encore que l'on voit de nos 
jours, au lieu que nous mentionnons, une 
ancienne église connue sous le nom do 
Sainte-Cécile d'A veins, et l'on sera convaincu 
que cet édifice religieux ne peut être que la 
chapelle plusieurs fois nommée dans la 
charte de Benebert. 

En signalant le premier ici l'existence de 
la petite église d'A veins à une époque aussi 
reculée, nous pensons rendre service aux 
historiens, et nous espérons que les archéo- 
logues ne négligeront plus un monument 
dont Tantiquité leur est si clairement dé- 
montrée. Et maintenant, à quelle époque 
remonte la construction de ce monument? 
Quelles sont les parties qui ont été ajoutées 
ou détruites, et, s'il y a eu quelques recons- 
tructions, dans quels tem[)s furent-elles fai- 
tes? Enfin, après les changements qui peu- 
vent être survenus à cet édiûce, quelle est 
sa position actuelle? Telles sont les ques- 
tions que l'on doit se faire tout d'abord, et 
que nous nous proposons d'étudier très-pro- 
chainement. Mais, actuellement, nous ne 
pouvons que prouver l'antiquité de Sainte- 
Cécile d'Aveins à l'aide du document que 
nous avons sous les yeux, et notre seul dé- 

(!) Uiitoire de la ville d'Albi, page 312. 



«7 



ALE 



DICT103i3(AIRE 



sir est d*apjielt'r r<i(len(ion sur celte petite 
église, oubliée jusqu'à ce jour. 

ALCALA DE HENARÈS, ville et éréché 
sufTragant de Tolède en Espaçne. 

Dans les environs de la ville se trouve le 
monastère de San-Pedro de Montes , où se 
voit cette ancienne inscription : 



Aeccle. 


1 

sce. 


a 

crucis. 


In. honore, sce. 


• 

13 




crucis. sce. 


[g 




Marie, soi. Ins. 
Baple. sci. la. 


i 




cobi. sci. Matei. 


• 




sci. Clcine- 






mis. 





L*inscription marginale ERE 913, Kalen^ 
des de décembre , répond à Tannée 875 de Jé- 
sus-Christ. 

{Cardinal Maï , p. 93 ; Florez , Spana 
sagrada, t. XVI, pag. 137.) 

Au monastère de Saint- Pierre des Monts. 

Insigne meritjs bcalus Fracluosas 
posiquam cooiplotcnse coudidil 
Cœnobium iiomine Saocii Pelri 
brevi opère in boc loco fecil ora- 
torium. Post quem non iwpar roeri- 
lis Valerios sanctus opère ecclesi- 
ae dilalavil. Novissime Gennadius 
prcsbyler cum duodecim fralribus 
rcsuuravit, era DCCCCXXXIil. pon 
ttfei cffeclus, a fundamcnlis mi- 
ritice, ut cernitur, dcnuo ereiil, 
non oppressione vulgi, sed largila- 
le prelii, el sndore fmtrum huius 
monaslerii. Consccratum est boc 
templuiii ab episcopis quatuor Gen- 
iiadio asloricense, Sabarico du- 
niiense, Frunimio legiouense, el 
Dulcidio salinalicense , sub era 
novies cenlena decies quina ter- 
ua cl quatema, nono kal. nov. (1). 

(Cardinal Mai, [lag. 165, 166.) 

ALEK , près de Cara-hissar en Asie Mi- 
neure ou Turquie d'Asie (2). 

(I) Flores, 1/fsp. «acr., i. XVI, p. 13i, ubi de 
S. Gennadio. Vide él p. 529. Tuai Morales, lib. 
xif, cap. 55 el xv, 4; ei lot cincu libros, p. 19^, 
cum biscë varielalibus iub nomina^ opus ecclesiœ. 
Sabario Fruminio^ decies quatema, Poslreiuam par- 
lem habel Florcsius, t. II, p. 86, ex Morales ; spcc- 
tilque ad annum :ene bisp. 944 ; aflerlurque ab eo 
ul probei consecrationes ecciesiaruin fieri soiitas 
die dominico ; super qua re P. Lazzerius ia Pan- 
iheone, 

(i) Marin a copie celle inscription Irès-allérée 
ilans Pocock> cl Vu r upporléc à i'auncc 331 de Jésus- 
Christ. 



ALE 23 

Iprier 

a dvilas, 
GmstaaliDOpoli 
imp. Cxs. ConsUDlinus 
NaiiBos Golli. viclor ac Iriamp- 
kalor aof . el Fbvia CoostaDlina. 
abmana et Fbviift Conslanlios NN BB 
Caess. saluiem dicnot 
ordini civil. OrcisUnonim. 
Aclom esl indulgenline nos- 
irje roanere... s vobis civita« 
lis lribaloiD...OD... o remo- 
lere ol nbertalis eliam privl- 
legium coseiNfife ilaque n 
dienomm iniariam ultra iu- 
dulgeoiis noslra .bénéficia 
perdu ranlein praesenti 
scriplione removemns ; iclqoe 
oralis vesiris peliiîooique 
deferiroos ol pcconbm quaiii 
proculeis... iesolebalis in- 
ferre, minime deinceps dépend > 
lis boc ill... ituna viram perfe- 
ctifesimom rationalem asia- 
lue diceceseos lenitas noslra 
perscribsit, qui seculus for- 
mam indulgenlix concessae 
vobis pecuniam deinceps pro 
supradida specie expeli a vo- 
bis postularique probibebil. 
Beiie vakre vos copimos. 
Tasso el Abiabio cens. (I). 

ALEXANDRIE, en Egypte. 

Sur une pierre trouvée en 1746. 

Piissimo el felicissiuio 
D. N. FI. Val. Consianlino 

P. F. inviclo Auguslo 

Val. Epifanius V. P. niag. 

privai, a^. ei lib. 

D. N. M. 2. ejiis. 

{Cardinal Haï, 2V5, 2; Do.nat., Ii8, 8; 
BoNADA, cl. XI, n' 17.) 



Autre pierre trouvée à la même époque. 

Defensori quielis publicae 
dn humanissimo 
inviclissiinoque 
Consianlino 

(i^ Le cardinal Maï ajoute en note : 

€ In allero lapidis lalere sequunuir legum alia. 
fragmenta, qu£ versus 48 explenl; verum adeo 
prodigiosis in scheda erroribus scalenl, ul ea salins 
silomillere,ne quidridiculum el inutile lecloribus 
cxbibcam. Inler cetera perspicue legilur Hâve 
abiabi carissime nobis ; qux salulalio consonal cum 
leguni coftsiauiiniaiiaruni el M. Aurelii epislolarum 
a me ediiarum formuiis. 

{Cardinal Mai, pag. 317, 3I8.J 



S9 



ALG 



DEriGRAPIIlE. 



Aix; 



50 



aelerno auguslo 

Arrius Diolimus Y. P. 

nat. aeg. N. M. Q. eius 

dicatissiinus. 

{Card. Mm, p. 2kl; Bonada, cl. XI, 16; 

DONAT., p. IW, 7.) 

Autre pierre, 

Dominî nosiri inviclissinii et 

vcnerabiles ac perpelui augu- 

sti Tbeodosius el Arcadius 

toio orbe victores 

Hatcrno Cynegio omnium virtu- 

tiim viro cl ad iiisignem laudein 

gloriamque progenilo, pcr oni- 

lies bonorum gradus meriiorum 

coiitemplalionc provecto, 

praefeclo pnelorio per orien- 

lem, slatuam civiii bahitu ad peli- 

tura primorum nobiliiim Alexan- 

drinae urbis în eadem spleiidida 

urbe ad perpeluitalis Tamara loco 

celebcrrirao couslilui collocari- 

que iusserunt pcr clarissimos 

Alexandrinac civilalis. 

{Card. Mai, p. 285 ; Gruter., p. 1098 ; 
Fabretti, p. 10.) 

ALGARVE, province méridionale du Por- 
tugal dont le chel-lieu est Tavira. 

Epitaphe de Jéro me Osorio , évêque des A Igarves. 

IHeronymus Osorîus Algnribus Episcopus vere 
plus ; Divinae gloriae valde sludiosus, Chrislianae 
rcUgioiiis propiignalor insignis, excellens Theolo- 
gus, in «!eteris disciplinis non mediocritei eruili- 
itis, post Tullium Romanx eloquentix Princeps, 
palriae suœ decus, cujus utililatem suis rebug 
semper pnelulU, veritalis amator, tirooris et am- 
bitionis omnino expers, verxquc gloriae cupidus, 
sepluagesimo quarto xtatis sux anno salutis 
huraanx 1580. Augusti mensis die 20. obiit. 

(Labbe, Thes.Epit.y p. 525.) 

ALGER , chef-lieu et centre administratif 
de l'Afrique française. 

Les antiquités de l'ancienne régence, sou- 
mises aujourd'hui à une étude suivie, four- 
niront incontestablement des matériaux 
précieux à l'histoire de l'église d'Afrique. 
On trouvera quelques inscriptions chrétien- 
nes du pays dans notre dictionnaire, aux 
noms d'ANNOLNAH, Bone, Orléanstille , 
Sétif, etc. [Voy. aussi Carthage.) 

La rareté momentanée des inscriptions pu-, 
renaent chrétiennes de notre colonie nous 
engage à faire une exception à la règle que 
nous avons sévèrement suivie, et à donner 
quelques-unes des inscriptions antiques, si 
nombreuses et si intéressantes, qui existent 
encore sur son sol. 

Le musée d'Alger, formé par les soins 
éclairés de M. Berbrugger, ancien élève de 
TEcolc des chartes, on renferme déjà un 
grand nombre. 



Nous reproduirons trois de ces inscriptions. 
Les deux premières sont de ces résumés de 
la carrière administrative d'un fonctionnaire 
public, dont quelque parent ou ami consta- 
tait sur la pierre ce qu'on appelait le cursu$ 
honorum. L'une fait mention d'une cohorte 
impériale, qui empruntait son nom à la ville 
de Bragance en Portugal, ce qui peut aug- 
menter d'une dénomination la liste connue 
des surnoms divers des corps de la milice ro- 
maine. En voici le texte, où nous indiquons 
la séparation des lignes par des tirets. 

P. Aelîo. P. fil. Palaii — na. Marciano — praef. 

cob. I. Avgvstac — Bracarvm — praeposito. al. II- 

lyricorvm — trib. cob. Ael. Expeditae — ^praep. 

al. Avg. II. Tbracvm — praeposito. al. gemin. 

— Sebasian. — praeposito. classis — Syriacae. ei. 

Avgvstae. — praef. classis. Moesiaticae — C. 

Ciesivs. Marcellvs — veter. ex. dec. — al. ii. 

Tbracvm. 

Ce qui doit se lire ainsi : 

Publio jElio, Publ'n filio , Palalina , Marciano ; 

prœfecto cohoriU primœ Augustœ - Brccarum ; 

prœponUo alœ iUyricorum ; tribuno cohorlu 

jElice-Expeditcr; prœpaito alœ Atigustœ se- 

cundœ Thracum; prœposito alœ geminœ Sebn- 

iianœ; prœposilo classis Stjriacœ et Augustœt 

prœfecto classis Mœsiaticœ : CaiusCœsius Marcel- 

lus veteranus, ex-decurio alœ secundœ Thracum, 

C'est-à-dire : 
A Piibiius JEVius Marcianus, fils de Publius, d*) 
la tribu Palatina, commandant de la première 
coborte des Braganlins, clicr de Pescadron des 
lllyrîens, tribun de la coborte i£lia légère, cbef 
du deuxième escadron impérial des Tbraces , 
cbef de Fescadron lyonnais bis, cbef de la flotte 
Impériale de Syrie, commandant de la flotle de 
Mcsie , 

Caïus Cxsius Marcellus, vétéran, ex-décurîon 
du deuxième escadron des Tbraces. 

L'autre énumération de ce genre est con- 
signée sur une inscription trouvée à Plii- 
lippeville, et qui fait mention de l'ancienne 
ville de Rusicada, dont Philippeville paraît 
occuper à peu près l'emplacement : 
C. Caecilivs.Q. f. Ga|. Gallvs. bab— eqvvm. puo. 
aed. hab. ivr. die. q. pro— praet. praef. pro. ui. 
viniii praef. fabr. cos— net. praet. ii. hab. orn. 
qvinq. d. d. ex. v. decvrîis — dec. m qvinqven- 
nalis. praef. i. d. Rvsicadi.— flam. Divi. Ivli. 
Caius CœcUius, Quinli filius, Galeria, Gallus ha- 
buii equum publicum œdilis ; habuit juri dicundo ; 
quœstor pro prœtore ; prœfeclus pro iriumviro 
quartum; prœfeclus [abrum; consul bis; et prœ- 
lor bis; habuit ornamenta quinquennalia decreto 
decurionum ex quique decuriis; decurio ter quin- 
quennalis ; prœfecto juri dicundo Rusicadi ; ftamen 

Divi Juin. 

Caïus Cxcilius Gallus, fils de Quintus , de la 
tribu Galeria, a été bonorc d'un cbeval aux frais 
du public pondant son cdilitécl pendant sesfonc- 



SI 



ÂMA 



DICTIONNAIRE 



AMI 



3i 



fions judiciaires ; a été inicii lanl du préleur et 
quatre fois olticier des triumvirs, préfet des ou- 
vriers, deux fois consul et deux fois préleur; il 
a été décoré des disltuciions quinquennales par 
décret des décurionsdans cinq décuries; a rempli 
trois fois la charge de décurion quinquennal , 
cello de chef du tribunal de Uusicada et a été 
prêtre du divin Jules. 

La dernière de ces inscriptions, qui offre 
un inlérôl tout à fait historique, a été trou- 
vée àCherchell, et fait mention d*une razzia 
exécutée au iv* siècle par les troupes ro- 
maines contre une tribu d'indigènes afri- 
cains et avec un plein succès : 

lovi.opiira.maxim. — ceterisqve.Diis — inimortali^ 
bvs— gratvm. referens — qvod. erasis. fvoditvs — 
barbaris Transiagnen — sibvs. secvnda praeda — 
facla. salvvs. ei. incolvniis — cvni. omnibvs. 
mililibvs — d. d. nn. Diocletiani. et. Maximiani. 
Avgg. — regressus, Avrcl. Litva. v. p. p. p. U. 
C. — votvm. libens. posvi. 
Jovi optimo maximo cœterisque Dis immortali- 
buSt gratum referens quod, erasis fundUus barba- 
ris TraiislagcnsibuSf secunda prœda facla, saivus 
et incolumis, cum omnibus militibus dominorum 
nostrorum Diocleliani et Maximiani Augustorum, 
regressus , Aurelius Litua, vir perfectissimus^ 
prœter provinciœ Maurilaniœ Cœsariensis^ volum 
libens posui, 
C'esl-à-dire : 
A Jupiter, très-excellent, très-grand, et aux au- 
tres dieux immortels, en action de gr&ce pour 
rentier anéantissement des barbares d'au delà 
du lac, pour les dépouilles gagnées sans aucune 
perle , et pour son heureux retour avec toutes 
les troupes de nos seigneurs Dioclélien et Maxi- 
mien, Augusles ; 

Aurelius Lilua, de la classe des v'ri perfeciissimi, 
président do la province de la MauriUnie-Césa- 
rienne, a accompli volontairement ce vœu. 

Les mots vir perreclissimus,\uA'n]ués par 
deux abréviations (le ravant-dernièrc ligne, 
désignent, malgré leur suprême emphase, 
le titre bonoriOque de la quatrième clnsse 
à la cour des empereurs romains de cette 
époque, où les trois premières classes étaient 
Jllustrissimus , spectabilis et clarissimus, 
Voy. Lambèsb et TuévESTE. 

ALÏINO , dans le royaume Lo iibardo- 
Vénitien, près les lagunes de Venise 

Dn. imp. Caesari 

FI. Gonstantino maxim. 

PI. F. viclori aug. 

pou. max. Iri. V, XXHI. 

iiiip. XXII. cons. Yll. 

PP. pro cons. 

bumanarum reruin 

optimo principi 

divi Constanti lilio 

bono HP. nato. 

{Cardinal AI aï, p. 2^ï^; Grutur, p. 283.3.) 



AMALFI, au royaume de Naples. 

ffOxTiipcov TO 
xvpQÇ OOâpou [M] 
vou Tov ôcyrwTaTOu 
Tcav iroXcuf. p.nvi ox- 

(Cardinal Mai, p. 194.) 
. AMfiËRG , ville de Bavière. 

D. M. 0. S. 
D. D. JonANNi Ingelstetero, Medico Arcbi-Palat. 
pra'stanlissimo, Philosophe acutissimo, Tbeo- 
logo sincère, marito et Parertli desideralissimo, 
Yidua et Liberi mœstissimi monumentum hoc 
p. p. Yixil annos lvi. Obiit anno m.dc.xix. 
mens Febr. d. xv. 

( Gros, appendix aux épitaphes de Bâie^ 
pag. Wl . ) 

AMIENS, en France, chef-lieu du départ, 
de la Somme. 

Inscription du Labyrinthe qui existe à la 

cathédrale. 

Mcmore quand Teuvre de Tegle. 
De chéens fu commenchié et fine 
11 est escript el moilou de le 
Maison de Dalus (1) : 
En Tan de grâce m ne (sic) 
Et XX fu Teuvre de chcens 
Premièrement encommenchiee 
Adont yert de clieste evesquié 
Evrart evesque bénis, 
Et roy de France Loys, 
Qui fu fils Phelipe le Sag^, 
Cbil qui maistre y est de Tœuvre 
Maistre Robert eloit només 
Et de Luzarches surnomés ; 
Maistre Thomas fu après luy 
' De Corniont et après son fils 
Maistre Rcgnault, qui mestre 
Fit à chest point cbi cheisto leilre 
Que rincamalion valoit 
XIII* çans (2) moins xii en falloit. 

Cette inscription est citée par M. Doublet 
do Boisthibault , dans une notice sur le la- 
byrinthe de la cathédrale de Chartres. 
(Revue archéoUgique, octobre 1851, p. 
UO.) ' 

Extrait d'un Mémoire de iL. /. G armer ^ 
sur les monuments du département de la 
Somme (3). 

L'égnse cathédrale d'Amiens réunit, plus 
que toute autre du même âge, toutes les 
perfections du genre vulgairement appelé 
gothiaue. La hardiesse de sa construclion, 
la belle simplicité el Tiinité de sa décoration 
intérieure, en font l'édiûce le plus complot 

(i) Dédale. 

(2) Date douteuse. Probablement xuii çans. 

(3) Amiens, 1839, in-8«. 



S3 



AMI 



DEPIGRAPHIE. 



AMI 



Si 



que Tart catholique ait laissé sur notre sol. 

La cathédrale , commencée en 1220, par* 
Robert de Luzarches, sous Tévèque Evrard, 
fut continuée par Thomas de Cormont, et 
achevée par Renault son fils, en 1288. 

Rivoire,en 1806(1), M. Dusevel,enl830(2), 
et M. Gilbert, en 1833 (3), en ont publié des 
descriptions. 

Avant notre première révolution, des 
sommes considérables étaient consacrées 
chaque année, tant à Tentrelien qu*à Tem- 
belhssement intérieur de la cathédrale. A 
partir de cette époque, pendant près de 
trente années, elle fut négligée. Aussi s*est- 
elle ressentie de cet abandon, auquel on peut 
attribuer en partie Tallération des parties 
architecturées les plus délicates de Vexté- 
rieur. 

Après la cathédrale, TédiGce religieux le 
plus régulier que possède Amiens est Saint- 
Germain. Cest un ioli vaisseau de stjle 
ogival flambojrant, d une architecture assez 
délicate et qui date du commencement du 
XV' siècle. £lle fut, jusau*en 1526, sous le 
vocable de Saint-Blaise (4). 

L*église des Cordeliers, aujourd'hui Saint- 
Rémi, existait avant 1420, où Isabelle de 
Saint-Fuscien la faisait restaurer (5). Elle 
renferme le tombeau de Nicolas de Lannoy, 
connétable héréditaire du Boulonnais et gou- 
verneur du comté d'£u, et de Madeleine Ma- 
turel, son épouse. Il fut exécuté en 1632 par 
le sculpteur Blasset (6). Ce monument, de 
marbre blanc, noir et jaspé, égale en magni- 
ficence ceux de nos rois. 

Il se compose d*un grand soubassement 
quadrangulaire adossé contre le mur. Dans 
la niche pratiquée au-dessous, sont cou- 
chées à côté Tune de Tautre les statues nues 
des deux époux, en marbre blanc et de gran- 
deur naturelle. Celle de la femme est très- 
bien conservée; Tautre a les pieds brisés. 
Une tête d*ange en marbre blanc parait sou- 
tenir cette nicne, au fond de laquelle on aper- 
çoit un bas-relief représentant la résurrec- 
tion de Lazare. 

Sur les côtés du tombeau sont représen- 
tées en marbre blanc la Tempérance ^ la 
Justice^ la Force^ la Prudence avec leurs 
attributs. Au-dessus de ces allégories sont 
gravées sur des tablettes noires qu^rtre ins- 
criptions latines, composées chacune de trois 
distiques, dont le texte général est la mort, 
sans un seul root qui désigne les person- 
nages ou quelque circonstance de leur vie. 

Sur la plinthe reparaissent en costume de 
Tépoque, à genoux sur des coussins, la face 

(1) Description de Nglise cathédrale d'Amiem, par 
Maurice Uivoîre; Amiens, Marielle, i806, in-8». 

(2) Notice historique et descriptive de réglise ca- 
thédrale d'AmienSf par Dusevel; Amiens, i850, 
io-8o. 

(3) Description de ta cathédrale d'AmienSf par Gil- 
bert ; Amiens, Caron-Viiet, 1855, in-8^ 

(4) Daire, Histoire d'Amiens, (om. 11, pag. 215. 

(5) Daire, tom. Il, pag. S8i. 

(6) Voyage pittoresque à Amiens, par Devermont 
'aine; in-1t^, Amiens, 1785, png. 40. 



tournée vers lautel, le comte et la comtesse. 
Au milieu, un ange debout, tient de la main 
droite une trompette renversée et de l'autre 
reçu des Lannoy, échiqueté d'or et d'azur 
de 25 pièces. 

Le revêtement du mur contre lequel s'ap- 
puie le mausolée est divisé en trois compar- 
timents par quatre colonnes qui soutiennent 
la frise. Au centre, est un médaillon repré- 
sentant la résurrection; à droite, les armes 
du défunt ; à gauche, celles de son épouse. 
Le couronnement est surmonté d'un écu 
aux armes des Lannoy, soutenu par deux 
lions. Il ne reste plus que les épées du tro- 
phée d'armes qui était au-dessous. 

A trois lieues d'Amiens est l'église de Cor- 
bie, reste de la célèbre abbaye du même 
nom, commencée sous l'abbé d'Ostrel, en 
1501 (1), et terminée à la fin du xyu' siècle. 
Négligée depuis la suppression de l'abbaye, 
elle se trouvait dans un tel état de ruino, 
que, pour en sauver une partie, on fit le sa- 
crifice de Tautre. Il y a une vingtaine d'an- 
nées que l'on a démoli tout le bras de croix 
et le chœur, pour conserver la nef qui a été 
convenablement restaurée. 

La partie la plus remarquable est le por- 
tail, qui se compose de deux tours dans le 
style ogival. Le porche principal et les deux 
portes latérales, avec leur tympan de forme 
sphérique, sont de style bâtard. Les arabes- 
ques qui en décorent les faces sont habile- 
ment sculptées. C'est un mélange d'ogives 
anciennes et de rosaces modernes. Les nom- 
breux souvenirs qui se rattachent à l'abbaye 
de Corbie intéressent à la conservation de 
cet édifice, et les ressources de la commune 
ne sont pas suffisantes pour l'assurer. 

Je passe à Airaines. L'église, bâtie au 
XIII* siècle , était d'abo^d une chapelle des 
Templiers, qui avaient une maison dans 
cette commune. Elle est ensuite passée aux 
chevaliers de Malte. Elle n'offre rien de re- 
marquable que des vitraux peints, dont les 
inscriptions sont interrompues par des la- 
cunes et des bouleversements et qu'une 
main habile pourrait facilement réparer si 
quelques fonds étaient alloués à cet effet. 

A 1 extrémité de ce bourg et vis-à-vis les 
ruines de l'ancien château, est la chapelle 
de l'abbaye, desservie autrefois par un prêtre 
relevant de Clleaux. Celle chapelle, connue 
sous le nom de Notre-Dame, est enterrée 
jusqu'au toit. Elle présente les caractères 
d'un monument fort ancien, et parait re- 
monter au IX' ou X' siècle. Elle se compose 
d'une nef, de deux bas-côtés terminés cir- 
culairement par le chœur et d'un transept. 
Des piliers bas, peu ornés et rongés par le 
temps, supportent les arcades plein cintre 
qui soutiennent l'entablement. Il n'y a point 
de voûte; une simple charpente reçoit une 
toiture en tuiles. Les murs latéraux et ceux 
du chœur sont percés de petites fenêtres cin- 
trées, étroites et profondes. Le portail ne 
présente qu un simple pignon triangulaire 
en pierres et en briques avec une seule porle 

({)GaHia Christiana^ iom, X, pag. 1286. 



55 



AMI 



DlCTlONiNAlUE 



ANA 



56 



au ceutre. Sous la première arcaJe on voit 
des fonts baptismaux en pieire fort curieux. 
C'est une gronde cuve carrée, décorée de 
petites colonnes et de figures grotesques 
avec les bras enlacés. On éprouve un senti- 
ment pénible en voyant le mauvais état des 
lieux et Tamas de décombres qui s*entassent 
dans une pelite trésorerie adossée ^contre le • 
mur latéral de droite. On dit cependant en- 
core la messe dans cette chapelle, à la porte 
de laquelle est attaché un bénitier de cuivre 
donne en l'an 1000, comme l'indique l'ins- 
cription de cette époque gravée tout autour. 
Je terminerai la revue des églises par 
celle de Picquigny. Elle fut fondée.en 1066(1) 

ÇarEuslachedePicquigny. En 1197, Tévêque 
hibault loue Enguerrand de Picauigny d'y 
avoir fondé deux chapelles (2). Elle a subi 
depuis de nombreux changements, et le ca- 
talogue des reliques qualiQe de patron et 
fondateur Charles d'Ailly, gouverneur de 
Bretagne qui, en 1668, rapporte de Rome, 
où il était ambassadeur extraordinaire, le 
corps de saint Gaudence. 

La maison des Vergeaux, rue des Ver- 
geaux, à Amiens, a un titre h notre intérêt, 
c'est là, dit-on, que naquit Du Cange, en 
1610. 

Il ne reste plus dans l'arrondissement 
(TAmiens de ces châteaux où la puissance 
féodale s'était réfugiée. Las Anglais, les 
Bourguignons, les Ligueurs, les Espagnols 
les ont successivement ruinés, et la révolu- 
tion a achevé d'en faire disparaître les der- 
niers débris. 

Les châteaux d'Argucl , d'Airaines , de 
Poix, de Conty, de Lœuilly, de Boves, n'of- 
frent plus que quelques fondations, quelques 
restes de mur ou de tourelles ruinées, de- 
bout sur les hauteurs ou ils étaient bâtis. 
Un seul, celui de Picquigny, théâtre de tant 
et de si mémorables événements, a échappé 
en partie à la destruction. Les ruines occu- 
pent une éminence qui s'élève perpendicu- 
lairement dans la vallée de Somme , en 
face d'un ancien camp romain. Elles présen- 
tent de ce côté un point de vue très-pilio- 
resque. Entre deux hautes murailles bien 
conservées est la porte principale. Au sud, 
la porte d'entrée au-dessus de laquelle on 



lisait sur un marbre noir la fiùre devise des 
barons : 

Me Deus et virtui^ $ummi genuere parentety 
Qui caret hi$ ei me, nobilitate caret. 

Les hautes murailles qui s'élèvent de ce 
côté, et dont les croisées ont conservé leurs 
grilles, de fer, annoncent la puissance des 
maîtres du lieu. 

Guillaume Longue-Epée est assassiné à 
Picquigny, le 11 décembre 94-2, par Arnol- 
phe de Flandre. 

En 1307, le vidame Régnauld de Picqui- 
gny, sur Tordre du roi Philippe, arrête* les 
Templiers dans le bailliage d Amiens; et les 
souterrains de son château leur servent de 
prison (i). 

En 1*70 , dit une inscription des tours, 
Louis XI régnantf le comte de Charolais Pin-- 
quigny a prtnt. 

En 1475, une conférence a lieu entre 
Louis XI et Edouard d'Angleterre. On y 
conclut le fameux traité de Picquigny, par 
lequel Louis XI s'engage à payer tous les ans 
50,000 écus à TAnglais. 

Bientôt ces restes disparaîtront aussi. Tous 
les jours on en détache quelques pierres, et 
Ton cherchera vainement les traces d'un 
lieu si fécond eu souvenirs historiques. 

AMPURIAS , au diocèse de Girone, en Ca- 
talogne (Espagne). 

Athdessus de la porte de Véglise Saint-Mar- 

tin de Ampurias. 
Vers Taa 928. 
Aula jacc'bat hec longis neglecia riiinis 

Momine Marlini dudum sacrala beati. 
Cum ter Irecenlos bis denos 1er quoqui inos (i) 

Corporeos IHS annos XPS baberet. 
Cœpcratannis terquinis indicio volvi, 

Blve (3) quaier dénis Karolus regoabat in annis. 
Tune conies banc Gaumbertus ovans acres renova\ il 

S. nerii (4) proies Ermengardis de maire nalus. 
ScpUambris id. pridie fine bealo quievit. 

Ilunc paler et natus parit quoctsalmui (5) 
Ignoscat delicla, requiem delqiie beatam. Am. 

{Cardinal Maï, 138, 2; Florbz, Spana 
sagrada, t. XXVIII, pages U, 75, 76.) 

ANAGNI, dans les États de l'Église. 



Inscription gravée dans la cathédrale. 



po 
le. 



• . . Di genitrix Maria qui dignasti abere ta- 

• • • maidu eps parba parabimus intra vre ecclesia 
cum . • . olibaru cot nos plantabimus seu me do . • « 

taeum qui N. YI. kasalis positi sunt quos D N. Léo PP. intra . • • auk 
abit et nos det . • • tibi donis cumparabimus domina mea 
uncias II. et in fund. orti diacononim uncias duas cum lasa 
suas seu mediu fund. Pelegrioi uncias II. 

\) DusEVEL, Histoire d'Amiens^ tom. F, pag. 2^8. 

2) Ter quoque quinos. 

3) Bisque ou sive. 

4) Su nerii. 
(5) Parilcr quoque spirilus almus. 



({) Gallia Christiana, tom. X, pag 290. 
(2) Delahorlière, Recueil des tl lustres maisons de 
Picardie, pag. 11. 



ANC D^EPIGRAPHIE. ANC 28 

• . vinea iii ipso fund. quod Eubarbarika ciim 
. . dicilur al balncu seu met. vinea qui es Suico gc- 
. . . in fund. Qiioriiano quantum Odo ibi (encre dibclur 

• . . iussione dïTi N. aposlolici. Recolissim fund. Macérai a in 

• • ' • do Simprinianuro uncias nobe, et in fund. Ilariano unciain 

• • • ani uncia III de fund. Balnearea uncias sex seu met. fund. 
• lolegro cum casis et bineis silbis terris et in ipso kasali 

sta Di genitrix el binea 

{Cardinal Mai, p. 235; fiiAifCHiNi, Préf, a Anastas.y t. I, n. 50.) 

, — annos plus minus 

llll bene usque. 
{ici une femme en prière les mains életées.) 

{Cardinal Mai, WO, 5.) 



II 



Egïiie des Saints-Côme-et-Damien. 

Dorolheo ± filio diiU 
cissiroo qui viiit M. VI. 
D. XX. or. nu. in pace 

!Card. Mai, 375, 1 ; Murât., p. 1860, 2.) 

m. 

Même église. 

Clemes. qui Tixit. 
anos. XXYUIl. M. YlIU. dep. 
\ini. Elianus fralri in pace. 

{Cardinal Mai, p. 370.) 

IV 

Même église. 
Tirée du cimetière de Thrasoo de Berne 

Quintu Idus Ma- 

ias inclusa est 

Macrina que Jov- 

ina defuncta est a- 

nnorum sex nov, 

mesis XXI 

diem. 

{Cardinal Mai, M9, 9.) 

V. 

Eglise des Vierges. 

Avec 1^ corps de U martyre Auféoie trouvé au cimetière 

de Thrtsoa. 

Anima dulcis Aufenia Yirgo 
benedJcta que vixit an. XXX. 
dormit in pace. 
(Card. Mai, W9,7; Murât., p. 1833, 11.) 
ANCONE, dans les États de TÉglise. 

Inseriptions et reliques venant du cimetière 
de Prétextât de Rome^ aujourd'hui dans la 
chapelle de la famille Mancinfortia^ à An^ 

I. 

Maria bona ferai- 

na que bene bixit 

cum cojugem suum 



11. 

Manille Marullas^ grec. 

SIanilio Marcllo, patria Constantioopol. vêtu- 

stiss. Mamllorum génère nato, qui ex D. D. 

Gordianis MaruUis Rom. Imp. originem ducunt, 

omnibus virtutibus bonestisq ; moribus pnediio : 

à Turcis, forlunis ampliss. spolia to, patriaq ; 

ejecto : summis Magistralibus, legationibus va- 

riis, terra marique, laboribus, vita denique Idib. 

Novemb. Anconi defuncto, Pbilippus, Theodo- 

rnsq; fliii parenti pientiss. qui vixit annos 

LxxxxT. pos. Anno Sal. h. ccccc. 

(Gros, Supplém. aux Epitaphes de Bàle^ 
p. 327.) 

Les inscriptions suivantes sont extraites 
de Galletti, Inscriptiones Bononienses. 

III. 

Eglise cathédrale. 

Cliapelle débiter du ctiœur, au-dessous de l*adorailoD des 

maget. 

Cônes Petrvs Ercvles Faba accad. Clemeniinvs 
Bononiensis fccit anno Dili 1729. ac eiïïo Lam- 
bertîoo eivs prolectori mvniflcentiss. d. d. d. 

IV. 

Autour du sarcophage de saint Autoioe. 

Corpvs beat! Antonii de Fatalis episcopi, et pa- 
tritii Ancooiiani instavratvm liberalilate cini, 
et eiÏÏi card. de Lambertinis epi a. d. hdccxxx. 



Sur la route qui conduit à Saint-Cyriaque 
devant Téglise des Carmélites. 

Has vias 

per qvas coliis ascenditur 

et qvas incvria, cl xtas turpe devaslaverani 

propriis svroptibvs 

ad tvtiorem, et pvlcriorcm Tormam redegit 

etîîvs, et riTivs cardinals 

Prosper de Lambertinis 

Epvs Anconi lanvs 

a. D. MDCcxxx. 



A5C 



MCnONNilKE 



AIID 
X. 



M 



VI. 



à b cour do cncnr de U estbéJrale. 

Prosper S. R. E. cardioalis de Lirobertinis 
episeopTS Aoconx alure et chomn renorafit 
amio Domini skciixi. 

TIL 

Socs no ubleao de U Résorrection dans la néme 

calbédralA. 

Cornes Peinrs ErcTles Faba accaderoicTS Cle- 
mentinvs Bonon. fecil anno DiiflT^i. ac emi- 
nentiss. Lambortino cîts protectori niToificen- 
Ufsimo; Bonoo. arcbiepîsc. et prin. d. d. d. 

VIII. 

Salle du palais de la ville. Sous le buste 
de Benoît XI V. 

Benediclo XIV. ponliflci inaiimo Aneonitanae. 

vrbis. olim* sacrorvin. antisliti. ac. parenti. 

opliino 

ob 

egregîaiD. tvnc. navatam. operam 

in relig. cvUt. ac. div. nom. honore, aroplilicandis 

in. pvblicis. popvli. commodis. cvrandis 

mYniiis. eo. aYctore. viis 

TÎcorvmq. asperitale. leni. acclÎTitaie. emollila 

locYpletatis. commercii. reslitytione. civib?8 

portvq. eivs. slvdio. imvnitate. donalo 

8. p. q. a; 

mvaiflcerilis. princ. novis. benefic. cetera, cvmvlanli 

in. grali. animi. argvm 

m. p. d. 

cvraniibTS 

Natale, de. Nappis. co. loseph. Bonomini. 

i. T. d. io. franco, nembrini gonzaga. march. 

loseph. slorani. prêfo. et franco, q. barth. 
irîonfi. 

▼. Tiris. pvblicis. negoc. CYrat. 

anno Dûi mdccilve 

IX, 

Cathédrale. 

ÀQ grand Aotel, ï droite, sons le buste de Benoit IIV. 

Benedicto XIV. pont. max. 

quod 

Anconitanam ecclesiam sanctissimis rexerit legibus 

innocentia, et svavitate morvm ornaverit 

praeclaris mTneribvs aYxerit 

et 

qvain animis Anconilanorvm altissime impressam 

mTuiûcentisslmi principis memoriam 

nvlla delebit oblivio 

ut ipsa etiam eivs imago perpctvo renovaret 

Nicolavs Mancinforte episcopvs 

anno C13I3CCXLVIII. p. 



A gaocbe. Piédesul d*uD ange. 

Benediclo XIV. pont. max. 

cvivs liberalitate 

Senogaliensero primvm ecdesiam consecrtos 

deinde ad Anconitanam advectos 

svmmis et îmmortalibvs beneOciis 

indvigentissimo principî 

sentiens in perpetvvm se esse devinctTooi 

Nicolavs Manciforte episcopvs 

sempitemvm eivs erga se roeritorvm testem 

hoc moDvmentvro posvit anno cdioccxltiii. 



Xi. 

Sur la porte de Sainte-Marie de Platea. 

Benedicto XIV. p. o. m. 

ecclesiae restavralori 

s. p. q. a. 

m. p. 

anno Ddi hdcclh. 



XII. 

Au port, 

Benedictvs XIV. p. m. 

ad tvtam navivm stationem 

prodvclo vitra hvnc lapidem aggere 

et iacta mole 
in altilvdînem maris pedvm fere XLé 

opvs 

a Clémente XII. decessore svo 

inchoatvm 

perfici ivssit 

cvrànte 

Nicolao Perellio 

apostoUci iEraril praefecto 

an. MDCCLvi. 

ANDELOT, dans la Haute-Marne, en 
France. 

L*église de cette localité renferme une 
dalle tumulaire qui offre un beau spécimen 
de paléographie lapidaire du xiil* siècle ; 
nous en donnons le fac-similé dans nos 
planches, et nous allons transcrire ici la lecture 
de ses inscriptions : 

Au cenire : 
Guillaume dit Lonbart. 

Autour, 

t Cit-git Guill. dit Lonbart. 
Que Dame. Deu traia à sa part* 
Mil. douz cens septante et sept. 
11 dévia si con Deu sait. 
Proiez celui qui tout a fait 
Que de soue ayme marci ait 
Si avrail par sa douçour 



il 



AMN 



DICTIONNAIRE 



ANV 



42 



I 



' 



Que tout dona pour soue amour 
Ans abbaiesy aus ibbeis 
Et si randi autrui chateiz 
Tu qui ci Tas la bouche douze 
Garde loa cors qui ci repouse. 
Teis dim tu eis, et je jà fui 
Et tu seras teis cum je suis. 

{Bulletin du Comilé des arts, 18<h9, n* 7.) 

A'NDUJAR , ea Catalogne (Espagne), Tan- 
cien Ililurgo. 

Inscription de Van 627. 

Ihesu Christo. Dno. oostro. 

regn A + ^ ante 
ooDStruaum. Era dclxv. 
anno yii régis Suinqhile. 

{Cardinal Haï, p. 87; Florez, uvana 
sagrada, t. O, p. 307, et t. XII, p. 366.) 

ANNECY, au rojaume de Piémont. 

Epitaphe de saint François de Sales à l'église 

deN.'D* d* Annecy, 

Qfisquis ad hune tumulum prostas, Sia, At- 
tende, Yenerare, Mirare, Profice. Sta, ad no- 
bile monumentum palmis, oleis, iaurisinum- 
bratom. Attende ad Antistitis nostri omnium 
sensibus, vocibus, lacrymis, praeconijs vere 
Magni Francisci De Sales depositum diues : 
qoem immatura morte raptum, alienis erep- 
tom, suis redditura, caelo reddendum, hic mœ- 
renies filij colunt. Yenerare in hoc deposito 
prsdarum Ecdesix lumen, Fidei columen, 
Pnesulum paradigma, Patrum supparem, Doc- 
toram arlHtrum, Deuotionis Magisirum, Praeco- 
nem Apostolicum , Scriptorum Philotheum , 
Theoiimum, nouatorum nouatorem, nutantium 
§nnat«>rem, virtutum spéculum, Principum de- 
lidas, popoli amores. Mirare tôt omamentis 
hominem de caelo lapsum, Angelum apotro- 
paeam, domesticum Deum, omnium luctu, om- 
niom solatio subductum. Profice, si caelum co- 
gitas, cogita tanio iumine praekistrem. Intérim 
hrtheniis ^us ossibus et cœlestes spirantibus 
odores, sparge lilia et rosas. Obdormivit in 
Domino, Lugdoni, die 26 mensis decembris, 

aDDO 1622. 

(Labbb, Thés, epit.f 513.) 

ANNODNAH, en Algérie, entre Constan- 
tine et Ghelma. 

Cette localité renferme de nombreuses 
antiquités romaines et puniques, et les ves- 
tiges encore remarquâmes du temps où le 
christianisme florissait en Afrique. On y 
Toîl notamment, les restes des aqueducs, 
des arcs de triomphe et d'une église chré- 
tienne en forme de petite basilique romaine. 
Cette petite église était divisée en trois nefs 
par des colonnes. 

Sur la clef de voûte d'une porte, se trouve 

icore une croix latine avec !'« et 4 «. 



Les anciens chrétiens habitants de TAI- 
gérie, dit M. de La Mare, dans une notice 
d'où nous extrayons ces détails (1), parais- 
sent avoir fait simultanément usage des 
croix latines ou grecques accompagnées 

auelquefois des lettres sacramentelles. Dn 
es nombreux exemples de la croix latine 
seule, se voit sur une pierre envoyée de 
Bone à Paris, en 1833, et qui est incrustée 
aujourd'hui dans le mur du vestibule qui 
conduit au département des livres imprimés . 
à la Bibliothèque nationale. 

On trouve encore parmi les ruines d'An- 
nonnah.des fragments antiques sur lesquels 
sont grossièrement gravées au trait des figu- 
res de personnages qui tiennent ou qu'en- 
tourent des palmes, dfes poissons, des cadu- 
cées ou des ancres. H. de La Mare avait vu 
dans ces monuments des tombeaux d'anciens 
chrétiens de la Numidie, se fondant sur la 
similitude de ces emblèmes avec ceux qui 
décorent les tombeaux chrétiens des cata- 
combes; mais un hal>ile antiouaire, H. Al- 
fred Maury , a très-justement lait remarquer 
que ces emblèmes se retrouvaient sur des 
monuments puniques ou phéniciens, et que, 

f»ar conséquent, il était très-probable que les 
ragments où ils se trouvent à Announah 
ont appartenu à des tombeaux païens. 
ANTIBES, département du Var, en France. 

Sur ta porte de Vancienne basilique. 

Imp. Gces. Val. Gonstantino aug. 

{Cardinal Mai, 2*^1, 2 ; Gruter, 284, 3.) 

ANTIOGHE, en Syrie. 

Sur un ancien tombeau de porphyre. 

Margarita hic est ter quinis martyr m annis 
Yirgineam cœlo reddfdit ipsam animam. 
{Card. Mai, p. kkO; Boldetti, p. 374.) 

ANVERS, en Belgique (2). 
Epitaphes de Véglise de Notre-Dame. 



Christophoro Plantino, Turonensi civi et An- 
tuerprie incolœ architypographo regio, pieiate, 
prudentia, acrimonia ingenii magna, constant 
lia ac labore maximo ; cuius industria alquc 
opéra, vetera, noua, magoo et huius et futuri 
seculi bono in lucem prodierunt : loanna 
Riuiera coniux et liberi beredesque ilia oplimo 
viro, hi parenli roœsii posuerunl. Tu qui 
transis et hase legis, bonis manibus precare. 
Vixit annos lxxv desijt hic viuere Kalendîs 
Quinclilibus anno Christi ii. d. xxcix. 

(Labbe, Thésaurus Epitaph., p. 505.) 



encore 



DlCTlONN. D'EPIGRAPBIE. I 



(i) Revue archéologique, i849, t. YI, p. 20. 
h) Voy. en outre une épigraphe d'Anvers à Yat* 
ticle Bemtbeiii. 

3 



05 



âMV 

II. 

Jean Momt. 



DEPlGRAPHiE. 



AM? 



44 



V. 



CmtTO BiSTBCKHTi Sacriui loawti Harao Anr 
tiÊêtrpumd^ oiagni fi^mim geiaro» emdon w- 
tDtiMi atque arlÎMB Labaru . et CêMUuK^ Iw- 
Ptdi : qnete joaento seneteeniem Moeinn jonlt 
Tîtà Amctain mipenles çxpressit : publiée oti- 
UttimaSy piiaaiim benigous, passim inodesias, 
probu^, prudeps, ommum booorum elogîo 
booitt. Yixit, pnodamm saU baia$U exenH 
ploM» araûft Lxvn. Meoset iv. ûb^i îMig mb 
ÎB Desm pieuten tesutot 10. Kal. Oct. m. ».gi. 
Jf«itliM IHmitma optimo marito cnm lacrymis 
opUmè apprecata sibi ei posteris mortalitatis 
memar F, G. 

LXX. 

(Laub, TktMowrm EpUopk.y p. S3S.) 



lU. 

D. O. H. 

Lsenimis Torrentins Patria GandensU lileris et 
legalionibus domi (kw^^ue speclaUis, ex Archî- 
diacono et PrinctpU Eccksiae Leodîepais Yv* 
cario Geucrali D. AstuerpieDsis Ep. IH. Macli* 
nienslQM Ardi. desîgnatas, Coltegif S. I. apiid 
LoaaDienses fundaior, ad rerum status BeJgici 
GoDsiliom adscUus duni praecipiiantem rempu- 
blicam fraetus virttoa animo iofracto Consilijs 
susteoio BruxeUae decessi 6. Kal. Maij 1595. 
Vixi aniios 70. mensem vnum, dies 18. 

^LiBBBt D. 585.; 

IV. 

Eglise de Saint-Michel. 

Abraham Ortblius. 

Abeahami Ortelii, quem urbs urbium Antverpia 
edidit : Rex Regam Pbilippiis Geegraphum 
babuit, roonumentuni btc vides : brevis terra 
eum capit, qui ipse orbem terrarum cepit ; stilo 
et tabulis illustniTit ; sed nente conteiBiit, qui 
cxénm et aha suspexit : eonstans adTersan apea 
aut metus r amiciti» cullor, eandare. flde, ofB- 
ciis : quietfs cultor, sine lite, uxore, proie : ti- 
lam habuit : quate alius voium ; ul Niuie quoqve 
«terna ei quies ait : Votis fave Leclor. Obiit 5. 
loi. an. cb b xciix. \ixit annos lxxi. mena. ^ 
dies lixx. GoMî ex sorore Nepoies b. m. poss. 

Lipsiofl fecit. 

Pis memoriae Sacr. 

Abraiiamo Ortelio Aniverp. Géographe Regio 
Ihitri charissimo Anna Ortelia, cœlebs cœllbi 
h. m. p. anno 1598. 

Uœc meta laoorum. 

(Labbe, p. tô^; Gros, Epitaph. urbis 

BasiL, Appendix, p. 589.) 



Eglise de Saint- Jacques. 



UCttBI€flBRTU ML 

In D. imeôèi Ântuerjnœ. 

Hospes qood dico paullain est asta ac perlege. 
BoDis probatttSy osus sam nuflam probnim. 
L^gum periluSf juris ac oionini scIbr, 
Stilo atque Yoce creperis adsui reîs» 
Dum Jforla, quoi praescribier non est quîtuin, 
Jiihi supremam dîxît, et dnxit domani. 
Sic ego deoatus, heîc quîesco, heic aum silus, 
Manens beoignam iodicis senteotiam 
Quod Ti poteotî prouoces ii Numioa 
Ore adlabora, ac Manibus meis beae 
Precare Tantom est Hicet. Muiem Taie. 
Hospes Mânes meos ne lœdê, muus lœsi neminem, 

(Labbb, p. 398.) 

VI. 

ALVARO NONIO LVD. F. 

Nato an lx Denalo t. Id DecenO». m rciii. Pbik^ 
sophoet Arcbiatro doctrina etvirtute clarû, 
Priodpibus caro, pioliià in oiDoes eomitale : 
cui in vit4 nibil earius, quam alijs eam dare, 
Bîbil in marte iucuudius quam ad meliorem 
tnmalre. Vxor mariio, libori parenti m. m. ii. p. 
Àmimerfnœ in D. lëcobi templo. 

(LJiBBBy p. kfn.) 

VII. 

DUQtfCI WENI PVERI. 

Anlnwrjfim %n D. I^eoki. 

Inboc aepulcro hand pulcfo p«icbfilltts inftins 
dormit Henricns Benrici VVeni magnî Gon- 
silij Senatoris filius : quem puerum mox cradells 
Parea fedt senem, nuiliôlque soperis quam bo- 
minibHS diu iongi. Pranoit ille, leetor, ego to- 
que sequimur : morulitalls vitare legem nullus 
qui Tiuit polest. Ergo faue Leclor, et innoooe 
àoic aiiiBMe bene féliciter apprecare. Deuixii an- 
nos IX. Ob$t anno à Virginia partu b. dciy 
léiboa Iimij Uenricus Vuenus, Senalor ordine 
naiurae turbato ûlio pientissîmo mœrens P. sub- 
scribente altero filio Géorgie S. P. Q. A. à Se- 
cretis, 

(Labbb, p. 526.) 

VIII. 
Epitaphes et inscripti<ms diverses. 

lOAlOflS FLEBINGI. 

Antnerpiœ referenU fr. Svssrlio m ins^rjpêij^, 
bus ei Mmmnmiis Brabantwt. 

Hoc quis sub lumuio cnbet, Viaior 
Hue illuc oculos agens requiris, 



tô ANV MCnONMAlllE 

Qai rem te doceat Doceoo. Quis tu ? 

Qui tecum loqaor, Vmbra. Qux? Poétae. 

Ybi? Post labulam. Qatd ergo dicis? 

Hoc quod tu loqueris. Quod illud? fpsum 

Quod nescis. Maneas, Inepte ; necdum 

Scis, quod nescieras. Flemîngus ille, 

Omnes quem poteranl aroare praui, 

Omnes debueranl amare sani, 

Hic iacet : nihil addo, nec necesse. 

Noait caetera mundus yniuersus. 
Etuêdem libri pagina 227. habes hngiuulum 
ÂHoereonlicum Dialogum in honorem îoannis 
Coitery auct. lacobo Latomo, 

(LabbBi p. 148.) 



AîfV 



40 



XI. 



IX. 



GORRBIO IILUNO DVFLiBO. 



Gonslantis laboris et perennis induslri» lau- 
de onato et amato viro. L. aoois Plantinianae 
tjpofpraphiae correctorem gessit» quam fideliier, 
perité, doclè ipsos rogale libros elegantiâ, ni- 
lore, famà aeternae artis prlmos. Nec semper 
alienoslractauit, cum et snos reliqnerît; Latioâ 
oratiooe disertns, versiftcalu felix» Patriam quo- 
qoe doquentiam excoluit, cultumque eius et 
proprietatem reuocauit. Obijt selate operibqsque 
grauis «. dgyii. ipso Pascbali festo. 
Beferlinier Antuerpiensia Fr. Severuu$ pag. 99. 

(Labbb, p. 508. 

X. 

EpUaphe de Juste Lipse. 

Quis hic sifBltBS, quaeris? ipae ediMeraiB. 
Nuper locutuset stilo, et Uiiguà fui; 
Muuc alteri licebit. ego soin Lipsius» 
Cui literae dant nomen, et tMS favor . 
Sed nomen : îpse abivi : abibit Imm quoque. 
Et nibil hoc orbis, quod pereimet^ possîëet. 
?is altîore voce me tecum loqmï 
Humana cuncta fumo», urobra, Tanitas^ 
Et scenae imago, et vetbo ut absolvam; Mihil. 

Extremum hoe te alloquor : 
iEtemum ut gaudeam, tu apprecare. 

Ftxft Qxmn 58. men$. 5. Obnl amto 1606. 10 K<A, ÀpriL 
Sibi ipse fedt Meanlo aote ebilMii. 

Sarcophago marmoreo nœc épigraphe addita 

est. 

lUSTl LlPSlb 

quod daudi poluil, 

hk j^u:e|^ 

S. P. Q. AntrevpiaBft. 

indyli \\ià 

famae orbî nolaa. 

Tirtuii ccelo rei^ptae 

H. IL P. 

(Gros, |). 395.} 



Genuine sincerus ex Bertoldi generatus 
Est hic Waltuei de Bbrchbh sublumulalus, 
Militix Rector, manibus forlissimus Hector. 
Defensor juris durissirous ut Léo durus, 
Paciflcus, roitis, ut inos solet esse peritis. 
Audax, formosus, sapiens fuit et generosus. 
Pollebal verbo dulci, non corde superbo, 
Quem Rex Christe bone oœli conjuge corooae. 

Âé eapM : 
Ter Idos sexto jam qaater L. quoque lexto. 



L. cum milleoo decessi One sereno. 

(Gros, p. 326.) 

XU. 

Baetholobj(o Tochcr, ex Norica iUa gente, 
quae ab Henrici IV. Aug. teroporibus, continua 
Majorum série Reipubl. suae praeesl, Anno 1542. 
die 26 Oclob. defuncto : Herbetœ Deus ejus 
uxori Anno 1557. die 29. Mart. posieris omnib. 
et conjugibus eorum, in spe resurrectionis heic. 
quiescentibvs. 

(Gros, p. Shk.) 

xin. 

Gnuui Frisu. 

Quis lapis hic? GiBMiB.Gemmam lapis an tegit fhiquis. 

At condi in gemma debuerat potius. 
Non ita. nam quxTis minor iHà gemma futseet. 

Et posita a Gemma fit iste lapis. 

Antverp. obiit anno 1555. 

(Gros, p.^357,) 

XIV. 

M. Petro à Wesenbecke, primum Secretario , 
defnde praeclarae hujus urbis (Antverp.) Sena- 
tori, ac D. BARBAEiB KiELS, ejus conjugi suatiss. 
quorum hxc cùm Tixisset annos lxiii. obiit f 9. 
Octob. M. D. LU. ille vero annos lxxv. decessit 
18. die Feb. Anno à Christo nato u. n. lxii. 
chariss. parentib. è regione sepultis Imc mon. 
liberi dolentes pos. Iconoclasiae tempore muii- 
latum, iEgidius Gerardi iËgidii f. Consul Urba- 
nus A?o, ATisequc matemis R. G* 

(GnoSt p. 363.) 

XV. 

D. 0. M. 

D. Philippo 11. Catholico , 

Hispp. Indiarumq; Regî, 

totius Orbis Monarchge potentiss. 

qui maximis rébus terra manque geetîs, 

împerio ampliss. Lusilani» regnis aucto, 

ac Belgicis Provinciis IsabellaB Û\m in dotem 



47 



ANV 



D*EPfGRAPBIE 



ANV 



41 



rum Alberto Austriaco datls, 

aeUtift Lxxi. inler iri? of esse desiii 

Idib, Sept. cbl3fic. 

S. P. Q. Antverp. celeliratis bie hooorilEcé 

eseq. piae ac aeteriue memorâ 

couiecraTîl. 

TGros, I). 3G7.) 

XVI. 

Hooorabili Domino 

GviucLao RECI5ALDO, aliàs Rossaeo, 

pio exoll Angio» 

viro doctiss. et bojos Ecclés. (Aji/p.) minislro. 

Obiil 

xxiY. AogasL AoDO cb b xcit. 

In te Domine tperavL 

(GioSt Appendix aux Epiiaphes de Bdle 
p. 387.) 

xvu. 

Epitaphes de FiglUe de Saint-Michel. 

GEEAEOI DE LIEA ÀBBATIS. 

In ÂbbaUà D. Michaèlit Ordimt Prœmon$traien$is 
Anluerjriœ referente Suuertio. 

Me quern petra tegit Gerardum lira creamt. 
Et qui cuocta regii^ btc me Rex exanimauU. 
Viaens dictas eram praesentis paslor ouHis. 
Mon «un qui fueram^ sed f;aex, potredoque vHi$. 
Qaod som, Lector em, tempos traiTsit, gemc, plora; 
Noleos me uqneri$. Dominum pro me precor, ora. 
Me tumtUant an. Do, mil. ducem. quinquag. octo, 

XVIU. 

MAATnil LOTS XXII. ABBATIS. 

STb petra iacet h&c tetrà Martinus humatus 
Lofft éictui super affictm inopum miuratuê^ etc. 

(Labbe» p. 177.) 

A la suite de ces épitaphes en vers léonius, 
Labbe donne comme exemple de cette poésie 
rimée Tbymne sur la Trinité, que composa 
Hildebert, évéque du Mans, archevêque de 
Tours. Nous reproduisons aussi ce curieux 
document littéraire du xii* siècle. 



Alpba et a, magne Dem 
Eli, EU, Deus meut. 
Culus virtus, totum pos$e; 
Cuius sensus totum noue: 
Cuius esse, summum bonum ; 
Cuius opus quidquid bonum : 
Subter cuncta, super cuncia ; 
Extra cuncta, inlra cuncia: 
lotra cuocla, nec inclusus; 
Extra cuncta, nec exciusus : 
Super cuncta, nec elatut ; 
8ubter cuncta, nec subit ratus. 



Saper Uitas^ prtnidtnâo; 
Sakler toCBS, t»ii«fw<o : 
Extra lolaB, eomple et enào ; 
latra lotas es mfieaâo : 
Intra, — sqiiam eomramriê; 
Exln Dosquam dilmUris ' 
Sabler, doUo fmiqaris ; 
Soper, Dollo susiemtaris : 
Mondaio rnooeos, dod wumeriê; 
Locom tenens, non teneris : 
Tempos mataos non wtmtmriê; 
Taga firmans, non rëgaris : 
Yis extema. Tel nect$u^ 
Non alternat toum «sse. 
Heri nostnim, cras, et prtaem^ 
Semper tOrâ nonc et idem : 
Tuom Dens hodlemum^ 
IndÎTÎsom Sempitemmm. 
In boc lotom prœridiui^ 
Totom simol perfecisti : 
Ad exemplar snnmix mentis, 
Formam praestans eiementis. 

Nate Patri coœquâlit, 
Patri eonsnkUanlialiê, 
Patris q^lendor et /S^vrà, 
Factor ùctas ereatura^ 
Camem nostram induitti, 
Causam nostram iuscepiui 
Sempitemas temporalis, 
Morîturus immortalis : 
Vems home, veras Dtut ; 
Impermixtus Homo-Deus. 
Non conuersos bic îo camem, 
Nec minutus propter camem : 
Hic assumptos est in Demm, 
Nec consumptus propter Denm. 
Patri compar Deitate, 
Minor camis veritate : 
Deus pater tanlom Dei 
\irgo mater sed et Dei. 
In tam noua ligatura 
Sic utraqoe stat natura : 
Ut conseruet quidquid erat, 
Facta quiddam quod non erêU 
Noster iste mediator, 
Iste noster Ugislator; 
Circumcisus, baptizatus, 
GrucifixoSy tumulatus, 
Obdormivit et descendit, 
Resurrexit et ascendit : 
Sic ad cados elevatuê, 
ludicabit iudieatus. 

Paracletus inereatus, 
Neque factus, neque natui 
Patri compar Fidoque, 
Sic procedit ab utroque; 
Ne sit minor potestate 
Vel discrelus qualitate. 
Quanti iJli, lantus iste; 
Qtiales illi) talisti/e; 



49 ANV 

Ex qiio iili, ex lune fs/e, 
Semper ille, semper itte. 
Pater alter, sed gignendo ; 
Natos alter, sed nascendo ; 
Flamen, ab las procedendo : 
Très sunt anum $ubsisîendo. 
Quisque Irium plenus Deus : 
Non ires tamen dii, sed Deus; 
In hoc Deo iino vero^ 
Très et anum astevero ; 
Dans usiae unitatem 
El personis Trinilalem, 
In personis nulla prior, 
Nnlla maior, nulla minor . 
Unaquaeque semper ipsa^ 
Sic est constans atquc fixa ; 
Ut nec in se variétur, 
Nec in ullam tratumutetur. 
Raec est Fides orthodoxa ; 
Non hic error, sive noxa : 
Sicntdico, sic et credo; 
Nec in pravam partein cedo. 
Iode venit, boue Deu$^ 
Ne desperem, quainuis rem : 
Reos iDorlis non despero ; 
Sed in morte vitam quœro, 
Qao te placem nil prœtendo, 
Nisi fidem quam defendo, 
Fidem vides, bac imploro; 
Leva fascem, quo laboro : 
Per hoc sacrum cataplasma^ 
Cooualescat ȣprum pla$ma, 

Oratio ad domincm. 

Extra portam iam delatum, 
lam fœtentem tumulatum, 
YitU ligat, lapis urgei; 
Sed si iubes, hic resurget. 
lobe, lapis revolMCtur ; 
lobe, viita ditrumpetur : 
Exitums nescit moras^ 
Postquam clamas; Exi fora$. 
In hoc salo mea ratit^ 
Infestalura piraii$: 
Hinc assullus, inde fiuetut; 
Uinc et inde mors et luetus. 
Sed tu bone nauta vem : 
Preme Tentos, mare Uni; 
Fac abecedant hi piratœ^ 
Doc ad portom salua rate. 
Infœcmuda mea ficus, 
Càius ramus ramas siccus, 
Incidetur, incendetur; 
Si promalgas quod iubetur. 
Sed hoc anno dtmiuaiur^ 
Sterooretor, fodiatur. 
Qaod si necdum rapondebil^ 
Flens hoc loquor, tune ardebU 
Venu hosUs in me furit, 
A^ois mersal, ^nii3 uHf ; 



DIGTIONNAIRe 



ANV 

Inde languens et afflicfuê, 
Tibi soli sum relictut, . 
Ut bic bostis evaneseat. 
Ut infirmus convale$eai; 
Tu Tirtutem ieiunandi 
Des infirme, des orandi; 
Per baec duo, Ghristo ieUê 
Liberabor ab bac peste. 
Ab bac peste solui mentemp 
Fac devotum pœnitentem : 
Da timorem, quo proieeto^ 
De salute nil coniecto. 
Da spem, Fidem, Charitatem 
Da discretam pietatem : 
Da contemptum terrenorum^ 
Appetitum supernorum. 
Totum Deus in te spero ; 
Deus ex te lotum quœro : 
Tu laus mea, meum bonum' 
Mea cuncta, tau m donum. 
Tu solamen in labore^ 
Medicamen in ianguore : 
Tu in luctu mea lyra. 
Tu Icnimen es in ira. 
Tu in arcto iiberatory 
Tu in lapsu retevalor : 
Mctum prxslas in provectu, 
Spem conseruas in defectu. 
Si quis laedit lu rependis ; 
Si nûnatur, tu défendis : 
Quod est anceps tu dissoluis; 
Quôd tegendum tu tituo/uM, 
Tu intrare me non nnas 
Infernales officinas : 
Vbi mœror, vbi tnetus^ 
Vbi fœtor, vbi fîetus; 
Vbi probra deteguntur, 
Vbi rei confunduntur ; 
Vbi iOTiOT semper cœdens, 
Vbi vermis semper edens ; 
Vbi totum hoc perenne. 
Quia perpes mors gehennœ. 
Me receptet Sion t7/a, 
Sion Dauid vrbs iranquilta : 
Cuius faber auctor lucis^ 
Cuius portaelignum Crucis 
Cuius claues lingua Pe/rt, 
Cuius ciues semper lœtt^ 
Cuius mûri lapis viuus, 
Caius custos Rex festinus. 
In bac vrbe lux soiennis, 
Ver aeternum, pax perennis : 
In bac odor implens cœlos^ 
In bac semper festum mêlas. 
Non est ibi corruptela. 
Non defectus, non querela : 
Non minuti, non déformes ; 
Omnes Christo sunt conformes^ 
Vrbs caelestis, vrbs beata, 
ISupra petran) collocata ; 



r/i 



^5 
'Il 



Yrbs in |)ortu bâtis itito, 
De lougingao te saltUo ; 
Te sa1uto> te sutpiro^ 
Te affecte, te requiro. 
Quantum lui gratuUntur, 
Quam festiue conuiuentur ; 
Quis affectus eos $trim/aty 
Aut quac gemma luuros pinyat^ 
' Quis Ghalcedoo» quis 'tacirahu$ ; 
Norunt illi qui sunt inius. 
In plateis huius vrbi$ 
Sociatus pijs turbiê^ 
Gum Moyse et Elia^ 
Pium cauiem Alléluia, 

AOSTE, ville des Etats-Sardes, dans la 
vallée d'Aoste. 

Inscription du v* siècle. 
Hic requiescit in pace beatae mémorise Euse- 
bia. Sacra, dîîo puella. cujus. probabilis vita 
instar sapienliun^ puellarum sponsum emeruit 
babere XPM eu m quo... 

(Mém. de la Soc. arch. du Midiy t. H, 
p. 187; et Maffei.) 

AQUILÉE (1) en lllyrie, gouvernement de 
Trieste. 

I. 

Baptistère de Saint^ean. 

Quos regat trinitas vera f Ex aqaa et Spu 

renatus fuerit nisi testante vitam 6nô quis non 

vîdebit aeternam. Mysticum baptismate sacrabit 

veniens XPS hoc in Jordane. Nitens pîorum 

patuit regnum. TeguYium Cernîtes vibrante 

marmorum scema quod CalisU beati omabit 

M. Uil. LXIII. rehedifieatnm hoc Baptisterium. 

( Cardinal Mii , 170 , 2 ;' Huratori 
p. 18ih9, 3.) 

II. ^ 

Eglise Saint-Félix. 

Gonstanlios 
et Theodora 
et Théo... 
runi... 
concor 
dian US 



D*EPIGRAPHIE. 



ARG 



m. 



Malchus 

et Eufeniia 

cum suis 

de donis 

dd votum 

solveruBt. 
{Cardinal Mai, 196, 4 ; Bartoli, ^n^i^ut- 
tates Aquil.y p. 3M, 3U; Muratori, 
p. 1906, k.) 

{{) Voyez de nombreuses inscriptions chrétiennes 
dans les Antiquités dWquilée de Bartoli. 



Sur une pierre trouvée en 1731 dans le 
verger d'un couvent de religieuses. 

Deo 
seterno 
pro salute 
1. comat. 
Dionysi 
Glodia 
chrisa. 
V. s. 1. m. 

Bartoli, Antiquités d'Aauilée, p. 3S9 ; 
RATORi, p. cvi, 7 ; Cardinal Mai, p. 3.) 

ARCI, au pays des Sabius, Etats-Pontifi- 
caux, près de Remplacement de Cures. 

I. 

Pierre trouvée en 1765, aujourd'hui au Muses 
du Vatican à Rome. 

Imp. Gaesari 

Gaio Flavio 

Gonstantio pfo 

felici auguste . . 

do Guriuu. sabino 

rum 

D. N. M. Q. E. 

[Cardinal ^uai, p. 242.) 

II. 

Cippe déterré en 1776. 

Imp. Gaes. 
Gaio Flavio . . . 
Gonstantio P. . . . 
Felici auguste . . . 
Po. Gurium 8abi(no) 

rum 

D. N. M. Q. E. 

[Cardinal Maï, 359, 3.) 

ARGENTEUIL, près Paris, en France. 

Sur le mur de l'église, du côté soplen- 
trional, derrière le banc de l'œuvre, on lit 
cette inscription, qui est en caractères go- 
thiques : 

La mort toujours présente aux périlleux faits d^armés, 
Yoyant de Ghambellan le laurier sur le front, 
Gombatlre vaillamment aux plaines de Piedmoni, 
Sous le grand roi François entre ses preux Gens-d'anncs 
Le sauva des hasards courus en faits d\ilhrmes ; 
Par-tO!it à main hardie, et le courage pront 
Pour n*estranger ses os qui à jamais seront 
Honorez en ce lieu de copieuses larmes : 
Car lu sçais, Argenteuil, jqo'ayant fait de son corf « 
Un boulevert pour toi, et dedans et dehors, 
Il a fondé les murs dont Taccint t'environne. 
Pourtant garde ici son tombeau de nies chef. 
Gomme assure là haut il porte sur le chef 
Des Anges bienheureux Fimmortel couronne. 



ARG DHineilNAlRE 

David Chambellan , écnyer ci-gissanl , décède 
le dernier jour de décemlMre 1545; et damoiselle 
Marguerite de BreHe , m fefliilie , gissante au 
même lieu, décéda Tan 1559. 

Frère Jérôme de Chambellan^ leur fiis, grand- 
prieur de Saint-Denis en France, leur a consa- 
cré ce monument. 

(HuRTAUT et Magnt, Dtct. deê etittroiu 
de Paris.) 

ARGOSy dans le royaume de Grèce. 

à Argoê, 

A>cxfluvc96« ô Ocibc xaî «ràvTcjxoc ttoÀç outoc tnç 
xhnptcyiai/S teorôxov deà ^OLitccmç tûv TifuwTirruv 
àp^^GVTuv TQC roXiTKtaç "Apyooç xui irtr/ro^ toû 

Traduction, 

Ce temple divin et honoré de la très-sainte niere 
de Dieu a été reconstruit aux frais des très-res- 
pectables chefs du gouvernement d'Argos et de 
toute la population chrétienne, comme un monu- 
ment durable de leur piété et pour le salut de 
leors Ames. 

L*an 1669. 

'ÂMXftmffOn el4x Px9^v Tyct/Bt OU àxiytc/ai, dOTlt 

on voit d'autres exemples, sont des expres- 
sions coasacrées, surtout chez les Byzantins, 
pour indiquer les reconstructions. 



ARG 



H 



II. 



ARIANO, près de Ferrare, royaume Lom 
bardo-Vénitien. 

Pierre trouvée en 1784, au lieu dit Feudo di 

S, ELEUTÊftIO. 

... P. Cœsar 
divin . . . voe f. 

Nerva Trajtinus 

Aug. (Germanie.) dacic. 

front, max. trib. pot. 

Xill imp. VI. Cos. V. 

P 

viam a Benevento 
Brundusium pecun. 

sua . . * . . 
D. D. D. . • . Theodoa. 
Arcadi et Honor. 

{Cardinal Mai, 33!^, 1.) 

ARLES, département des Bottehes^u- 
Rhône, en France. 

On lisait sur le manteau d*une ancienne 
statue de saint Tropbime l'inscriplion sui* 
vante : 

I. 

Cemitur eximius vir Ghritt?discipiilorum 

De numéro Trophimus hic septuaginta dnorum. 

(PismBB Sanic, Hist. pontif. Arelat. p. 1 ; 
Card. Mai, p. 86.) 



Au sanctuaire de la, grande égAse. 
Sur une cloche de graad modèle. 

Mentem sanctam spontaneam voluniatem et 
patriae liberationem. 

Amalricus Archiepiscopus me fecU fieri anuo 

millésime. 

{Cardinal JAkU 208, 1 ; PicaHESAXi^fli»!. 
pontif. Arelat.f p. 196.^ 

ni. 

Imp. Ca&s. FI. Yal. Gonstantino 
P. F. aug. resiituiori. 

{Cardinal Mai, 2<k0, 5 ; Muratobi, p. 
258, 7.) 

IV. 

A rhôpital. 

Imp. Gœs. 
Fi. Val 
Gonstan- 
tino 
P. F. Aug. 
divi 
Gonstan- 
ti aug. 
pu 
fillo. 



Cardinal Maï, â5T, 1 ; Mur., 260, 3, et 
258, 8 ; DoNAT., p. 151, 9.) 



V. 

Sur une cotonnCf dans une maison partieun 

Hère. 

Salvis DD. NN. 
Theodosio et 
Valentiniano 
P. F. \. ac tnum.. 
semper aug XV 
cens. vir. inl... • 
^ Auxiliaris prae.,. 

praclo. Gallia... 
de A relaie ma... 
niiliaria poui s... 
M. P. I. 

{Cardinal Mai, p. 270.) 

VI. 

U.9. — Bpitaphe de saint Hilaire. 

3acro sanctae legis Antestis Bilarlas hic (itrieddt. 
Autistes domini qui, paupertalis amoretn 
Praeponens auro rapuit cœlestia régna 
Hilarius cui palma obitus et vivere XPS. 
Gontemnens fragilem terreni corporis usuiu» 
Ific carnis spolium liquit ad astra voians 



55 ARL 

Sprevit opes dum quaeril opes, morlaiia mutans 
Perpetuis, cœlum donis ierrestribus émit. 
Gemma sacerdoturo plebisque orbisque roagister. 
Rustica quin etiam pro XPO munia saroens 
Senrile obsequium non dedîgnatas adiré 
Oilicio vixit minimus, et culmine surorous. 
I4ec minim aï post haec meruit tua limina, XPE« 
ÂDgelicaaque domos intravit et aurea régna ; 
DÎTitias, paradise, tuas ! flagrantia semper 
Gramina ; et balantes divinis floribus hortos, 
Subjectasque Tidet nubes el sidéra cœli. 

{Mém, de la Soc. arch. du Midi^ t. II, 
D 183.^ 

VII. 

Cinquième siècle. 

\ir Agripinensis Noie Geminus hic Jacet qui 
post dignilatem prsesidiatus administrator ra- 
tionum novem provinciarum dignus est habiius 
hic post annos xxxviii m. ii d. vi (i) fidelis in 
ùta ooncessit cujus insignem gloriam cives sui 
sepulchri gratia adornaver...* (2) 

Tombeau de marbre blanc orné de trois 
figures ; celle du milieu représente Jésus- 
Christ, qui d'une main présente l*£vangile 
h Geminus Paulus ; et de Tautre, lui donne 
sa bénédiction. 

. {Mém. de la Soc. areh. du Midi, t. II, 
p. 188.) 

VUI. 

Neuvième siècle (883). 

EESTAIJEAGIO 8BPULCRI 8ANCTI CES^ail. 

Gemitur hic varîo renovatum marmore tectum 

Patri Gesario (3), pontificique sacro 
Quod scelerata cohors rabie destruxit acerba (4) 

Hanc virlute Dei sorbuit ira maris 
Presule Rostagno (5) ac Arelati sede locato 

Gemuus id Paulus strenue compsit opus 
Gui Ghrisius tribuat cœlestis premia vite 

Getibus angelicis oonsocietur ovans 
El nobis venerande Pater miserere precando 

Diluât ut nosQsr crimina cuncta Deus. 
Anno domini dccclxxxhi indictione xv Remigaudo 

magistro. 

(Mém. de la Soc. arch. du Midi. t. IL 
p. 219.) 

li) Menses ii, dies vi. 
(ij Adomaverunt. 

(5) Saint Gésaire, premier évéque d'Arles, élu en 
5(n, mort en 542. 

(4) Allusion à une expédition malheureuse des 
Sarrasins en 850. Ils étaient remontés depuis Tem- 
bouchure du Rhône jnsqu'h Arles, en pillant les deux 
rives du fleuve, quand une tempête les fit échouer 
sur les côtes, où les habitants massacrèrent tous 
ceux aui avaient échappé au naufrage. (Papon.) 

(5) RosUng !•% archevêque d*Arîes en 870, mort 
en 913. 



D*EPiGBAPHIE. 



ARL 



M 



IX. 

Dixième siècle. 

Trophimus hic colitur Arelatis presul avitas 

Gallia quem primum sensit apostolicum 
En hanc Ambrosium proceres fudere nitorem 

Glaviger ipse Petrus Paulus et egregius 
Omnis de cujus suscepit Gallia fonte 

Gara saluiiferae dogmala lune fidei 
Hune constanler evans cervicem Gallia flectit 

Et matri (1) dignum prcbuit obsequium 
Insignisque dus prestanti gloria semper 

Gaudet apostolicas (2) se meruisse vices. 

(Mém. de la Soc. arch. du Midij t. II, 

p. 222.) 

X. 

1155. — Eglise de Saint-Trophime. 

XV Kalendas Mail obiit dominus Raymondus 
de Monterotundo bonae memori» Arelatensis 
episcopus, anno dominic» incamacfonis MGLV. 
Orale proeo. 

R. de Montrond, d'abord évèque d'Agde, 
fut vicaire de l'Empire et évèque d'Arles en 
IIM, sous Conrad III, roi d'Arles et empe- 
reur. C'est pendant l'épiscopat de Montrond 
et apparemment par lui que fut composée la 
charte du consulat d'Arles. R. de Montrond 
mourut en 1155. 

(Mém. de la Soc. arch. du jftdt, t. III, 
p. 102.) 

XI. 
1196. — Saint Trophime. 

Secundo nonas Augusti obiit Raimundus de la 
Youeta miles et canonicos Sancti Trophimi. 
Anno domini MGXGVI. Orate pro eo. 

C'est, selon M. de Castellane, le premier 
exemple de la réunion de ces deux mots 
miles et canonicus. 

(Mém. de la Soe. arch. du âftdt, t. lY, 

p. 28fc.) 

XU. 

1183. — Mime lieu. 
Anno domini MGLXXXm obiit Pondus Re- 
hoUi, sacerdos et canonicus regularis et opéra- 
rius ecclesie Sancti Trophimi. Orate pro eo. 

On a écrit que P. Ainard (Papon l'appelle 
Isnard), archevêque d'Arles, fit embrasser la 
règle de Saint-Augustin à son chapitre (Mo- 
réri place ce fait en 1180). L'inscription 

(i) Vers Tan 450, dix-neuf évéques des Gaules 
réclamèrent auprès du pape saint Léon pour la pri- 
ma tie du siège d*Arles, que leurs églises considéraient 
comme leur mère. 

(2) Saint Trophime, au v« siècle, passait ppor en- 
voyé par les apôircs mêmes et pour fondateur de la 
religion chrétienne en Gaule. 11 fut 1^ premier évéque 
d*Arles vers 150. ^ ' 



57 



ARL 



DICTIONNAIRE 



ARL 



M 



prouve» Ainard ayant été élu en IISS, Tannée 
luème de la mort de son prédécesseur, et 
ReboUi étant mort aussi en 1183 (26 décem- 
bre)! que cette réforme fut opérée par le 
iiouTel éyéque aussitôt après son installa- 
tion. 

[Mém. de la Soc. arch. du Midij t. IV. 
p. 285.) 

XIII. 
IWO. — Saint Trophtme. 

Omnîa sont tenui hominnm pendeoiia filo 
Et subito casu quae valuere ruuot. 
Unde sicut deo placuit anno milleoo quater 
œoteno corn quinque deno, lace vero sexta 
meDSÎs Septembris décima, bonae memoriae re- 
yerendus in Cbristo Pater et dominas Ladovi- 
eus sacrosanctae Romanae Ecclesîae titalî S. 
Caedlîae presbiter cardinalls, Arelatensis valgo 
noncnpatoSySacrae bujusce basilicae administra- 
tor, bene méritas princeps Tilae laudabilis et 
conversationis bonestae ad majus vocalus tri- 
buDsd, dévote Tîtam est nniversae camis et ca- 
tbdlcae (ne) ingressus, orate pro eo ui anima 
«ios reqaiescat in pace. 

Né vers 1390, Louis Alamand, chanoine 
deLvon, puis précenteur de Valence, évoque 
de Maguelone, archevêque d'Arles (1^23). 
tut nommé cardinal par Martin V (1«30). 11 
se mêla beaucoup du schisme sous Félix. V, 
et fut privé de son siège, que Nicolas V lui 
rendit. Il mourut en 1^50. 

(Mém. de la Soc. arch. du Midij t. III« 
p. 280.) 

XIV. 

Eglise de Saint-Julien. 

La Notice hittoriaue sur les reliques de saint 
Antoine^ publiée récemment par un membre 
de la Société archéologique d'Arles, a pour 
objet Texamen d'une question de faits ana- 
logue à celle que M. 'Letronne a résolue 
avec tant d'érudition, dans son Mémoire sur 
le tombeau de saint Eutrope à Saintes. On 
sait que vers la un du xvi* siècle, une dis- 
pute fSajneuse s'éleva entre les reli^eux du 
couvent de Saint-Antoine de Viennois et les 
Bénédictins de l'abbaye de Mont-'Majour 
d'Arles, sur la possession des reliques de 
saint Antoine du désert. Le pape Inno- 
cent VIII se montra favorable aux prétentions 
des Antonins ; mais les moines de Mont- 
Majour ne se tinrent pas pour battus ; ils 
répétaient à leurs concitoyens : 

Yîri Arelatenses, 
QQidquid dicant Yiennenses, 
HabetisAntoniam. 

Avec l'appui de rarcbevèque d'Arles et de 
députés spéciaux nommés par les Etats de 
mvence, ils réclamèrent énergiquement 
auprès du Saint-Siège, et, par une bulle du 
31 décembre ik9Sf le pape Alexandre VI» 



successeur d'Innocent VIII, leur donna défi- 
nitivement gain de cause. Il fut dès lors re^ 
connu que les ossements de saint Antoine 
reposaient dans l'église de Saint-Julien d'Ar-i 
lesydépendant du monastère de Mont-Mai our. 
La reine Claude de France, femme de Fran- 
çois I", vint les visiter en 1515, et deux ans 
plus tard, le pape Léon X envoya demander 
aux consuls a'Arles une parcelle de ces res-' 
tes vénérés qui, depuis cette époque jus-' 
qu'en 1789, continuèrent d'être 1 objet de la 
dévotion des fidèles. En 1839, l'autorité dio- 
césaine ayant fait procéder à la vérification 
des reliques déposées dans l'église de Saint- 
Julien d Arles, une commission nommée par 
l'archevêque reconnut l'identité des osse- 
ments de saint Antoine avec ceux qui étaient 
conservés sous ce nom avant 1789. Mais le 
curé de la paroisse déclara qu'il avait des 
raisons graves pour douter de l'authenticité 
des ossements réputés jusque-là être ceux 
du patriarche des cénobites; il fit suspendre 
les opérations de la commission et, sans at- 
tendre une décision supérieure, il fit descen- 
dre secrètement ces restes dans les caveaux 
de son église, et livra aux flammes, comme 
objets de nulle valeur, les parchemins qui 
en attestaient l'origine et les antiques enve- 
loppes q[ui les recouvraient. L'auteur de la 
Notice ajoute qii'en 18i5, le maire et le con- 
seil municipal a'Arles, émus de la disparition 
d'un trésor confié depuis un temps immé- 
morial à la garde des administrateurs de la 
citéy ont fait exhumer les reliques enfouies 
par le curé de Saint-Julien. Cette exhumation, 
faite en présence d'un médecin, constate que 
la tète et huit autres fragments du corps ont 
été reconnus conformes h un procès-veri)al 
de visite de la chAsse de saint Antoine, daté 
du S6 mai 1609, dont une expédition est dé- 

f)Oséedans les archives de la ville. Tels sont 
es principaux faits exposés dans la Notice 
sur les reliques de saint Antoine. L'auteur 
demande que les ossements exhumés par 
ordre de 1 autorité municipale de la ville 
d'Arles soient rendus à la vénération pu- 
blique. C'est une question qu'il ne nous 
appartient pas d'examiner ; mais nous croyons 

f)Ouvoir dire qu'au point de vue historique, 
a Notice nous parait établir solidement la 
proposition suivante : Le corps réputé être 
celui de saint Antoine fut apporté à Mont- 
M^gour en l'année 1290, quand les Bénédic- 
tins de cette abbaye quittèrent le prieuré do 
la Motte-Saint-Didier, et fut transféré, le 9 

envier iik90, de l'église abbatiale de Mont- 
ajour dans celle de Saint-Julien d'Arles, où 
il a toujours reposé depuis cette époque (1). 

ARLES en Roussillon ou Arles-sur-Tech, 
département des Pyrénées-Orientales, en 
France. 

Inscription du dixième siècle. 
Pulvere coDcretos jacet hic ia pulvere velus 
Araulfas Christi (2) venerandus aluainus 

(1) Bulletin de la Société de riiistpire de FraiiC^. 
— Nov. 1850, pag. 346. 

(2) Il manque un mol, . 



M 



AEL 



D*EPI6RAPH1E. 



ÀRL 



Hic Pater egrefpus, vivens semper sludiosus 
Mystico davidioo deproinere carcoina nablo (1) 
ï%essit moDachis Bcnedicti dogmata Patris. 
Ule quidem saoctas Romanis veiil ab oris 
SancU relliquias Senneii mariiris el Abdon. 
Cœlica Guneiipotens iili da scandere régna 
Agmina florigeris retinent ubi fulgida secils (t) 
Ergo Kalendaram nono cum pace Ifotembrîs 
Spiritus illîns seculo migravit ab isto. 
Carpe viator iter : supplex die : parce Redemplor. 

On ne sait à quelle époque se fit eelte 
irâoslatioD des saints Sennen éi Abdon : les 
uns la fixent au x' siècle, d'autres remoa- 
ienl jusqu'au règne de Cbarlemagne. 

[Mémoires de la Société arch, du Midi^ 
t. II, p. 326). 

M. de Portalon a publié dans le Butietin 
du Comité de$ artSf la note suivante sur IV- 
ffûe d'Arles-iur'Tech et ses antiquités (S). 

L'église paroissiale d'Arles-sur-Tech ap* 
partenait à une abbaye de Bénédictins fon- 
dée vers la fin du yiii' siècle, et enrichie par 
les pieuses libéralités de Cbarlemagne et de 
lei successeurs. 

L'édifice, divisé en trois nefs, a reçu, pos- 
térieurement à sa construction, une voûte 
3m m'a paru b&tie en briques. Quelques 
étails de son ordonnance intérieure, ro- 
mane dans son essence, ont été modifiés à 
diverses fois. 

Ses chapelles sontornées de retables, d'une 

Îrande richesse pour la plupart, et repro- 
uisant les uns par des bas-reliefs enlumi- 
nés, les autres par la peinture seule, des 
scènes de TËcriture sainte, des épisodes de 
la vie des saints martyrs Abdon et Sennen, 
patrons de la ville, ou des faits historiques 
relatifs à l'aDcienne abbaye. Quelques bla- 
sons d'abbés se voient encore sur les clefs 
de voûte. 

J'ai remarqué, dans une chapelle, une 
chaire portative, dont une délicieuse pein- 
ture du XVI* siècle et de l'école italienne 
décore un panneau latéral. C'est une figure 
de sainte, aux traits calmes et purs, entourée 
d'emblèmes divers. 

Le clocher, de forme carrée, construit en 

Sierres de petit appareil irrégulier, est it>ercé 
e baies à plein cintre accolées par trois ou 
par quatre. 

La façade, bitie en petit appareil égale- 
ment irrégulier, a sa porte couronnée crune 
archivolte romane dont le bandeau en mar- 
bre blanc est orné de palmettes. De chaque 
côté, une figure de louve ou de lion (l'état 
un peu fruste des sculptures ne permet pas 
de bien déterminer la nature du sujet) 
étreiut dans ses griffes un autre animal , 
qu'il a terrassé. La corniche qui les sup- 
porte à son extrémité se prolonge de droite 
et de gauche sur toute la longueur du 
mur. 



(i) Pour nablio. 

(2) Peut-être pour Sertis. 

rS) Bulletin, l. Il, p. 147. 



Dans l'axe de la porte est une petite fenê- 
tre romane, entourée d'un large cadre de 
marbre blanc à rinceaux et rosaces, avec un 
aspic à la base entrelacé dans des feuillages* 
Ces sculptures sont traitées avec une grande 

Kureté de goût et beaucoup de délicatesse. 
les fenêtres géminées semi-circulaires, à 
colonnettes et chapiteaux romans, sont pra- 
tiquées sous les remparts du sommet de la 
façade. Tout ce travail d'architecture et de 
sculpture est l'expression de l'art aux xi* 
et xir siècles. 

On a incrusté dans ce mur des tables de 
marbre blanc portant des inscriptions que 
je n'ai pas eu le temps de déchiffrer, que je 
crois néanmoins appartenir au xin* siècle. 
Au-dessus de la porte, se trouve enchâssé 
un bas-relief en marbre blanc de la coupe 
d'une croix grecque ; dans chaque bras est 
inscrit un médaillon portant un des sigaes 
figuratifs des évangélites : l'aigle au sommet, 
l'ange à gauche, le lion à droite, le bœuf 
dans le médaillon inférieur. Chacun de ces 
attributs est nimbé et ailé. Le bœuf seul 
m'a paru dépourvu de nimbe. Les médail- 
lons, bordés d'un cadre à boudin dans un 
double filet, se rattachent par une petite 
rosace à un ovale aigu inscrit au centre de 
la croix avec un cadre de même profil. 

Dans cet ovale, Dieu le Fils est représenté 
assis, nimbé et légèrement barbu ; il bénit 
de sa main droite, à moitié fermée. Un ob- 
jet dont la nature me paraîtrait problémati- 
tique, si ce n'était un livre fermé, repose 
sur le genou gauche. Le Christ est vêtu dé 
la tunique et du manteau ; la saillie des jam- 
bes est rigoureusement indiquée sous la 
draperie ; les pieds sont nus. Ce sujet a été 
conçu et exécuté dans le xi* siècle. 

Sous un angle entaillé au-dessous est un 
demi-cercleavecunecroix, placé au milieu de 
Valpha et de Voméga. 

A côté et en retour de la façade, se trouve 
une enceinte fermée par une grille en fer et 
se reliant h une chapelle ouverte, protégée 
seulement par une grille. Un sarcophage en 
marbre blanc, dont Je couvercle a quatre 
versants a été solidement scellé avec des 
crampons en fer, est posé au milieu de l'en- 
ceinte sur deux pierres qui l'isolent de tous 
les côtés. La face intérieure, bordée de lé- 
gers filets en saillie formant encadrement, 
EDrte un médaillon avec le monogramme du 
hrist, entouré d'un cordon d'oves. 

Ce sarcophage, qui appartient évidem- 
ment aux premiers siècles de l'ère chré- 
tienne, est en grande vénération dans toute 
la contrée. D'après la tradition, et les traces 
de cette tradition se trouvent dans des ma- 
nuscrits du XV' siècle, il aurait contenu lea 
ossements des saint Abdon ot Sennen, prin- 
ces persans, martyrs pendant les persécu- 
tions de Dioclétien. Ces ossements, exhu- 
més des catacombes de Rome dans le viir 
siècle, furent accordés h la pieuse sollicita- 
tion des moines de l'abbaye et des habitants 
d'Arles, dans le but d'éloigner les fléaux 
qui désolaient le pays. Ces reliques véné- 
rées furent mystérieusement portées dans 



• « 



9i 



ARL 



MGTIONNAIRE 



ARS 



cette Tille, cachées daos des barils pleins 
d*eau et conservés dans le sarcophage avec 
Teau qui les recouvrait (1). Depuis cette 
époçiue» celui-ci est devenu une source qui 
D*a jamais tari, quelle que soit la quantité 
d'eau qu'en retire la dévotion populaire (2). 

Par quelle voie Feau s*introduit-elle dans 
le tombeau ? 

£xiste-t-il quelque tuyau souterrain ? 

Le tombeau, posé sur deux pierres de pe- 
. tite dimension, est isolé d*une manière pres- 
que complète. Il a, d'ailleurs, été renversé 
en 1793, et nul tube secret ne fût mis à dé- 
couvert è cette époque, où la moindre super- 
cherie émanée du fanatisme religieux eût été 
signalée à *la risée ou à l'animad version pu- 
blique. En outre, il a été déplacé, il y a peu 
d'années, pour recevoir quelques ré[)a rations, 
et, parmi les nombreux témoins qui Tont vu 
dans cet état, aucun d'eux n'a pu constater 
une ouverture secrète. 

Introduirait-on cette eau par le petit ofBce 
latéral ? 

Le tombeau est placé hors de Téglise, sur 
une place ouverte à tous les regards, et une 
pareille manœuvre, souvent répétée, n'aurait 

?u être tenue assez secrète pour ne pas 
veiller 1 attention de quelques témoins, 
heureux de se faire les échos de cette dé- 
couverte. 11 faudrait supposer d'ailleurs aue, 
parmi les hommes qui se sont succéaés, 
nombreux dans l'administration de la pa- 
roisse , nul ne s'est rencontré assez éclairé , 
assez ennemi du mensonge pour refuser de 
se prêter secrètement à une action odieuse, 
si elle n'était ridicule. L'ancien curé cons- 
titutionnel lui-même, qu'on ne peut raison- 
nablement soupçonner coupable de fona- 
tisme^ a déclaré qu'il ne reconnaissait dans 
ce fait extraordinaire aucune trace de mau- 
vaise foi. 

La pierre, enfin, serait-elle d'une nature 
assez poreuse pour absorber l'humidité at- 
mosphérique et la laisser transpirer intérieu- 
rement? Mais c'est un marbre qui, par sa na- 
ture^ ne peut laisser admettre une pareille 
supposition. D'ailleurs cette tran$8udalion 
oe pourrait évidemment fournir une aussi 
grande Quantité d'eau. 

Jusquici aucune explication n'a satisfait 
moji désir d'éclairer l'obscurité de ce fait. 

Des bas-reliefs en mjirbre blanc, assem- 
blés en forme de croix latine, sont incrustés 
dans le mur en face du sarcophage. Le plus , 
grand représente un personnage debout, 
vêtu d'une tunique et d un manteau, les bras 
croisés sur la poitrine. Les plis des draperies, 
très-peu fouillés et em|>reints d'une raideur 
uniforme, serrant le corps comme le feraient 
des bandelettes. Le visage est barbu et enca* 

Ji) Ils reposent aujourcTîiul sur Tautel qui leur a 
consacré dans une des Chapelles de Tëglise. 
{%) Le cnré de la paroisse iira dit qu*à certains 
jours de Tannée il a relire jusqu'à 50 litres de cette 
esn, sans ravoir jamais épuisée. 

Les prêtres attachés an service de la paroië^e iiH 
troduisent un linge dans un petit orilice latéral, et 
recueillent dans des fioles Teau dont ce linge est im- 

bftHÎ. 



dré dans une coiffure retombant de chaque 
côté sur les épaules. 

Le personnage affecte, dans les lignes et 
la nature de sa coiffure, les formes de la sta- 
tuaire égyptienne, ou mieux encore des mo- 
mies de la vieille Egypte. Le nez, indiqué 
par une cavité triangulaire, a fait attribuer 
oe portrait à un homme qui, atteint d'un 
ulcère dans cette partie du visage, se trouva 
guéri par l'usage de l'eau miraculeuse. A mes 
yeux ce doit être plutôt la pierre tumulaire 
d'un abbé ou d'un dignitaire quelconque de 
l'abbaye, velu de l'aube, de la chappe, et 
couvert du capuchon monacal, que le sculp- 
teur, dans l'ignorance de son art, aura rendu 
avec peu de précision et de vérité. 

Au-dessus, se trouve un bas-relief repré- 
sentant une croix pectorale portant une 
main divine, bénissant à la manière des La- 
tins. De chaque côté et au point de jonction 
des deux sculptures, de manière à figurer les 
bras d'une croix, deux autres bas-reliefs re- 
présentent deux anges en adoration. Ces 
deux figures, par la roideur des lignes et 
Tabseiico des proportions, appartiennent è 
l'enfance de l'art. 

Ces quatre si^gets étaient-ils destinés à se 
trouver réunis et à affecter la combinaison 
actuelle ? A considérer la nature du calcaire, 
la dimension des parties, le peu de saillie 
des reliefs et l'ensemble de leur style, qui 
m'a paru être celui des xr et %\V siècles, on 
pourrait répondre affirmativement. 

ARQUA TO, dans le royaume Lombarde- 
Vénitien, près de Padoue. 

Au tombeau de Pétrarque. 

Frigida Francisa lapis hîc lenet ossa Petrarchœ, 
Suscipe Virgo parens animam , sate Virgine parce^ 
Fessaque jam terris oœli reqniescat in arce. 

Ob. XIX. lulii M. GOC. LXtlV. 

(Labbb, Thés. epit(tph.j p. 195.) 

ARRAS, chef-lieu du département du Pas- 
de Calais, en France. 

Ancienne abbaye de Sainl-Waast. 

£pitaphe du roi Thierry I"'. 

Rex Tlieodoricus ditans vt venis amiciis 
Nos ope muïlmoda jacel hic cum conjuge Doda. 
Régis larga manus et prxsul Vinéicianus, 
Nobis Regaley dant et lus pontificaCe. 
In decies nono cum quinqtiagtes àaodeno 
Anno defunctum ndel bute qui quatoOr ^ôdet, 
Qoa legis haec /rora, Dominum pic RegOms om, 
Muneribus quorum stat vita Dei fainulorKm, 

(Labbe, Thés, epitaph.^ p. 625.) 

Cette épitaphe est dans le goût de celles 
des XI' et xii* siècles. Voyez-en de semUa*- 
blés, en vers léonins, à Tarticle Clvny. 

ARSOLI, dans les Etats de l'Eglise. 

Sur un autel près de Véglise de la Sainte^ 

Vierge. 

Salvis DD. N . . . 



DICPIGRAPHIE. 



65 ATH 

perpet . . 
formam. . . (i) 

(Cardinal Mai. p. 3fc9) 

ASCOLI dans les Etats de TEglise (Italie). 

I. 

Dixième siècle, — Sanctuaire de Vigliie 

principale. 

IIîc jacet hamatas in terris amie. ..s 
Régi aeterne Aaguslinus sess. cum ienit 
Suos pro XP.... ae coronalus cui 
P.P. corpus Elle)... episcopas ex dlbersis 
A. moris bac pictor... circumdedît 
decoris in qua modo propter angelorum 
decoris consortes animae bona illi qui pro 
XPi amore suo aniro circum fluxit honorem. 

(Cardinal Mai, 149; 5 ; Ughelu » 1. 1 . 

p. W2.) 

II. 

inscription au faubourg de la ville. 

Propagatori romani 
imperii D. N. FI. \alen- 
tinfano aug. sem- 
per victori or- 
do dévolus H ... 
mes P. C. Auc... ' 
D. D. 
{Cardinal Haï, p. 260; Murât., p. 264. 2.) 

ASTORGA, en Espagne. 

Sur une ancienne châsse en argent renfermant 

des reliques. 

Alfonsus rex. 
Xemen regina. 

(Morales» los otros cinco libros, eic.j 
p. 180 ; Mai, p. 50.) 

ASTYPALIA,île de rArchipel,au royaume 
de Grèce. 

On lit sur la muraille intérieure d'un châ- 
teau fran 



A13B 



M 



» • 



-^ Johannes + Quirinus 
cornes t Aslineas (?) 
qui eo duxit 

accolas an no 
M» CCCC- XÏU- die 

XXX<> Marcii 
transla. S. Quirini 

(BuGHON, Atlas des nouv, recherches de 
la MoréCf planche xlii, n* 2.) 

ATHENES, capitale de la Grèce. 
M. Ross a publié, dans la Revue archéolo- 
gique de 1845, p. 434, différentes inscriptions 
Grecques récemment découvertes en Grèce, 
laus le nombre se trouve l'inscription chré- 
tienne oue nous reproduisons ici. 

(i) Fabreu. de aquaeaucl. p. i09 ; Cassius T. |. 
p. 9^4, 



KOlMHTh 
PIONSEO 

AOÏAOÏK 

COZOME 

NHG. 



SLOlfOtTÔpiW 

8cou douXoD x[a21 

S^ulture de Tbeodoulos et de Sozomène. 

{Armures franques au Musée d* Athènes. 
Voy. Chalcis.) 

AUBERVILLIERS, près Pans, en France. 

L'église d'Aubervilliers, quoique dédiée 
anciennement sous l'invocation de saint 
Christophe, est beaucoup plus connue de- 
puis longtemps sous le nom de Notre-Dame 
dés Vertus: c'est-à-dire, des Miracles^ à 
cause des prodiges étonnants que l'on dit 
qui s'y sont opérés par l'intercession de la 
sainte Vierge. On peut consulter à ce sujet 
les Antiquité deParis^ par Jacques Dubreul, 
religieux de Saint-Germain des Prés, qui 
rapporte différentes pièces de vers compo- 
sées à l'occasion des miracles les plus frap- 
pants. Le premier est de 1338; le second, Je 
troisième et le quatrième, sont sans date; 
le cinquième est de 1582. Il en ajoute un 
sixième arrivé le 23 septembre 1598, et il le 
constate par une inscription que l'on voyait 
de son temps sur un tableau placé dans la 
chapelle de la Vierge. 

Dubreul et autres antiquaires rapportent 
qu'en 1529, sous le règne de François I", 
toutes les paroisses de Paris s'assemblèrent 
dans l'église cathédrale, et delà allèrent en 
procession à Notre-Dame des Vertus à la 
clarté d'un si grand nombre de flambeaux, 
que ceux qui étaient sur les hauteur de 
Montlhéry, crurent gue le feu était dans 
Paris. Cette procession avait pour objet 
de demander à Dieu la destruction do 
l'hérésie. 

Ce fut sous le règne de Henri Ii que i on 
travailla à la façade de l'église d'Aubervil- 
liers» et que l'on bfltit le grand clocher, dont 
la tour parait d'une assez bonne construc- 
.♦'on. 

On lit dans ceiie même egnse i epiiapne 
d'an Pierre de Montholon^ fils du dernier 
garde des sceaux de ce nom. 11 était docteur 
et professeur en Sorbonne, et chanoine de 
Laon. S'étant retiré dans ce village, dont il 
était seigneur, pour éviter la peste qui ra- 
vageait Paris en 1596, il ne put, quoique 
éloigné, échapper à ce fléau. U donna, en 
mourant, à l'église d'Aubervilliers quelques 
droits qui lui appartenaient comme sei- 

gieur. Il fut inhumé à c6té de l'autel de 
otre-Dame. Son épitaphe est énoncée en 
ces termes : 

Avili hiyus terrlloni ac vivarii Domimis; 
•ed maj^e cirrus ^uod |Aire et nvo y\c^^^- 



€5 



AUT 



DICTHWNAIRE 



AUT 



66 



cellariis Cnnclae iiatus; dum fugit labem 
anno iSISff, Lutetiam populaDtem, ipsemet con- 
fidtar uoe, prius Ecciesi» huic legatis decimis 
qoas în feodum habebat. 

Charles-François de Hontholon, premier 
président du parlement de Toulouse» mou- 
rut en 1703, dans sa terre d'Aubervilliers. 

Le célèbre Isaac de la Peyrère, de Bor- 
deaux» auteur du Livre des Priadamitesj a 
demeuré à Aubervilliers : il y resta dix ans 
en pension chez les Pères de TOratoire* et 
y mourut le 31 janvier 1676» flgé de auatre- 
Yingt-deux ans. 

(HuRTAUT et Magnt» Dici. de Paris et de 
ses environs.) 

ACGH» département du Gers» en France. 
1398. — CloUre de Saint-Orens, 
Anno Domini MGCXGVUI quarto Kalendas 
AogosU, obiil magister B. de Savesio qui lega- 
viu... orientioquinque solides morlanos, annua- 
tim. Orale. 

IMém. de la Soc. archéol. du Midi, t. 111» 
p. 293.) 

AULENDORFF» ville du royaume de Wur- 
temberg» en Allemagne. 

A réçlise principale, on conserve des re- 
liques de saint Sébastien» martyr, avec cette 
inscription originale tracée sur la oierre ve- 
nant des catacombes de Rome. 

Edoneconjugi Sabiniano in pace. 

i 
{Cardinal Maï, p. &02; Gbrbert» iler 
manie, j p. (^32.) 

ADTEUIL, villaee près Paris. 

Son église est dédiée sous le titre de la 
Sainte-Vierge» et tous les ans» le jour de 
TAssomption^ il s'y fait un grand concours 
de peuple qui y vient de Paris et des envi- 
rons. Le portail» dit M. l'abbé Lebœuf» parait 
être un ouvrage du un* siècle» aussi bien 
que la tour du clocher» gui est terminée en 
pyramide octogone de pierre. 

O^ns le chœur est inhumé Antoine-Nicolas 
Nicolai» premier président de la chambre des 
comptes de Paris» mort à Auteuil le 15 juin 
1731. 

Dans la chapelle à côté du chœur» est atta- 
chée sur le mur une plaque d'airain» sur la- 
quelle on lit répitaphe suivante» qui est du 
célèbre M. Lebeau» secrétaire perpétuel de 
FAcadémie royale des inscriptions et belles- 
lettres. 

D. 0. M 

Hic dtas est Clandius Desbàis Gendron, Fa- 
coltails MoBspelieDsis doctor, et Philippi Aure- 
lianeDsium ducis» regni moderatoris, medlcus 
ordinarius : Vir in saDandis morbis peritug et 
efficax : ingenio magno rectoque ; antiqua reli- 
gicae, virtute ac fide ; affabilior egeno quam 
divili» cùm et aegriuidioes simul et pauperlem 
depeUeret. Gonlemplor opum el grali» ; lamae 
pcrtaesus iDgeniis, qus vd lovidia vel secessu se- 
enta est. Ibi nequlequam latens» ipso noroine 
proditus ; quautiun potuit taaten subducere se 
es oculb » aetenHUDB hnuen coofemplans obtutu 



irretorlo; et opns niitarae et samini artiflcis 
manum, praevia religionis face, assidue rlmatus, 
vitam et sibi et aliis utiiem explevit cœlo matu- 
rus senex. \ixit annos lxxxvu. Obiit die 3 s^- 
tembris 1750. 

REQUIESGAT IN PACB. 

Claude Deshais Gendron était d'une illus- 
tre famille de Beauce. Il fit d'excellentes étu- 
des» après lesquelles il se livra tout entier à 
celle de la médecine. Après avoir été reçu/ 
docteur dans la Faculté de Montpellier, il' 
fut successivement médecin de Monsieur» 
frère unique du roi Louis XIV» et de M. le 
duc d'Orléans, son fils. Il pratiqua la méde-' 
cine à Paris avec le plus grand succès» et se 
fit des amis de la plus haute considération. 
11 eut des liaisons habituelles avec les plus 
grands esprits de son temps» et entre autres» 
avec l'illustre Boiieau Despréaux, qu'il ve- 
nait souvent voira Auteuil. Après la mort do 
ce fameux poëte» il acheta sa maison» et y 
vécut dans la plus grande retraite» ne s'oc- 
cupant que de la grande affaire de son salut» 
et ne se communiquant au dehors que pour 
le service des pauvres, auxquels il donnait 
abondamment des secours de toutes espè- 
ces ; il V mourut en 1750, âgé de 87 ans. 

En 1735» fut inhumée» dans le cimetière de 
cette paroisse , madame Anne Le Febvre 
d'Ormesson, femme de Henri-François d'A- 
guesseau» chancelier de France, un des plus 
grands hommes que la ii]n:^istratureait ja^ 
mais eus. Madame la chancelière étant morte 
à Auteuil» et ayant demandé d'être enterrée 
dans le cimetière» au milieu des pauvres» 
on obéit h sa volonté, et on couvrit sa sépul- 
ture d'une tombe d'airain» inscrite en bosse» 
et fermée d'un grillage. 

L'épitaphe qu'on lit sur la tombe de cette 
dame est l'ouvragé de M. le chancelier. Ce 
grand magistrat mourut à Paris, le 9 février 
1751 ; et, ayant ordonné qu'on l'inhumât au- 
près de sa chère épouse, son corps fut porté 
a Auteuil le 11 du même mois, et enterré 
dans le cimetière. On éleva sur l'endroit de 
sa sépulture, une tombe semblable à celle do 
madame la chancelière, avec une épitaphe. 
Deux ans après (en 1753) MM. d'Aguesseau 
firent transporter plus loin de l'église» et 
proche rentrée occidentale du cimetière» 
ces deux tombeaux, à la tête desquels ils 
ont fait ériger, sur une magnifique nase de 
marbre noir, une haute pyramide d'un marbre 
différent» qui supporte un gioble au-dessus 
duquel est une croix de cuivre doré. C'est le 
roi qui a donné les marbres qui entrent dans 
la composition de ce monument. 

Sur les pieds de la pyramide» sont des ins- 
criptions en lettres d or» dont on fera men- 
tion après avoir rapporté les épitaphes de 
monsieur et de madame d'Aguesseau. Pour 
suivre l'ordre des temps , on commencera 
par celle de madame la chancelière, morte 
en 1735. 

Hic Jagit 

Anna Le Febvre d'Ormesson, Hennci-Fran- 
ciêci d'hevEhSEAv, Galliarum tanceUaril» Begio- 



01 



AUT 



D'EPIGhAPHlE. 



AUT 



68 



rum Ordinum Commendatoris uxor. PeliciUte 
indolis, morum leni graviiale, fidei et religionis 
simpliciiate, tam bene comparata, at ad omne 
▼irtutis el ofQcii genus nata poilus qaàm instt- 
tuta videretur. Mulier chrisUane forlis, min- 
quant oliosa, semper quieta, non elaia prospe- 
ris, non adversis fracia, graves et longos corpo- 
ris cruciatus tnlit patienter et placide, mortem 
etîam libenter obiit anno setatls 58. Kal. Decemb. 
an. I7$S. 

Qu« io lerri^ velut ho^pes vi^erat, (ac in 
villa, divina ita disponente Providentia, tan- 
quam in hospitio moriua est, et inter pauperum 
cineres» pauper ipsa spiritu, et pauperum mater, 
beatam resurrectionem expectare maluit, quàm 
inter divitum sepulcra. Maritus mœren^ et me» 
rentes uberi doloris simul et venerationis monu- 
mentum pmuese , sic in benedictione memoria 
illius, et 08sa ejns pullulent de loeo suo. 

Hic Jacet 
Henricuê-^Franciscus d*Agdesseau , Galliarum 
Ganœllariu^, Regiorum Ordinum Gommenda- 
tor. Vtr, eloquio cseteris, ratione sibimet impe- 
rana : ingenii matura gravitate venerandus juve- 
nis, «emper iorenti lepore ^mabilis senex, toto 
Ttt« tenore aequabilis. Gapaci mente et im- 
mensa memoria bumanas omnes doctrinas corn- 
plexus, sacris in litteris praecipue conquiescens : 
res secundas in patrix commoda, infaustas sibi 
in fnigem vertit. Gvis, conjux, parens optimus ; 
leguB egregius interpres, custos, conditor ; eru- 
ditis, etiam exteris, lux et patroiius : egentium 
tutor et pater ; ad consilium, ad praesidium, pa- 
tens omnibus : prodesse singulis, non praestare 
expetens ; quantum prodesset, unus non senlie- 
bat« SoUas sapientlae cupidus, et illam, et ea 
quae non petierat, adeptus, primam in regno dî- 
gttilatem, ultro delatam, accepit, ad xxxit an- 
nos splendide gessit, sponie abdicavit. Terre- 
nonim immemor^ superna sitiens, clayis dolo- 
rum confixus cruci, obiit v idus februarii m. o. 
GG^ u. anno asiatis lxxxiu ioeunie desideratis- 
sÛB» eoEJugi , ut in omnibus, sic et Gbristiana 
bumiKtate ooncors in boc cœmelerio jungi vo* 
luit, liberi lugentes. 

P. ?. 

Inscriptions sur le piédestal de la croix du 
cimetière d'Auteuity au pied duquel sont les 
tombeaux de M. le chancelier et de madame 
la chancelière d'ÀQuesseau. 

Sur une Ues laces du plédestai : 
Gbristo servatori spei credentium , in quo 
crediderunt el speravemnt Uenricus-Franciscus 
4'A6i)E&6EAii) Galliarum Ganceliarius, et Atma Le 
FeavRS ft'Oiui£s%[>|f, ^u% coi^ia, eorum liberi, 
juxta utriusque pareutis exuvias, banc erucem 
dedicavere anno repai:at^ sakitis m. d. ce. lui. 

Sur Taulre face : 

Sdbrie, juste et pic, conversa ti in boc saecuk), 



expeetant beatam spem et adventiim glofiae «Sla- 
gni Del el Salvatoris nostri Jesu Christi, qui 
dédit semetipsum pro nobis in cruce, ut no9 n^ 
dimeret ei mundaret sibi populum acceptabl- 
lem, sectatorem bonorum operum. Ora pro ciB, 
Stator. 

(Hi}RTAUT et M46NT, Z>tc^ de Paris H de 

ses environs.) 

ADTDN, en France. 

On a découvert en 1829 à Autun, dans le 
vieux cimetière de la ville, une inscription 
grecque sur marbre d*une haute importance, 
qui depuis lors, étudiée et interprétée par 
les savants les plus éminents de la France 
et de ritalie, M. Raoul Rochette, M. Le- 
tronne, M. Lenormant et le savant Jésuite 
Secchi, a pris place parmi le^ antiquités 
chrétiennes de premier ordre. Cette inscnp- 
tion appartient au m* siècle de notre ère. 
Elle offre cela de particulier, qu'elle est com- 
posée de beaux vers hexamètres et penta- 
mètres à facture homérique, tandis que jus- 
qu'ici on n'avait trouvé, parmi les monu- 
ments chrétiens, que des inscriptions en gé- 
néral d'un style commun et barbare. La pré- 
cieuse inscription d'Autun rappelle et con- 
firme les principales croyances de TEglise 
catholique, apostolique et romaine ; la atvi- 
nité du Verbe, le sacré cœur du Chrisi^ Fin- 
carnation du Verbe, qui s'y trouve désigné 
sous le nom mystérieux du Poisson^ comme 
dans les inscriptions des catacombes de 
Rome, la justification du baptême^ VEucharis-' 
tie, le baptême du martyre: entia la prière 
pour les morts. Les protestants de bonne foi 
ouvriront-ils les yeux à la lumière d'un si 
antique, si vénérable el si authenliqiiemouu- 
ment? 

L'inscription d'Autun a été signalée d'a- 
bord par le savant domPitra, alors professeii^ 
au séminaire d'Autun, dans les Annales 4e 
Philosophie chrétienne de M. Bonnetty, tom. 
XIX, juillet — déc. 1839, pag. Id5. Elle a 
formé ensuite la matière de six dissertations 
du môme auteur insérées dans le m^mo re- 



cueil des Annales (3* série, t^ XXX. fk 197 ; 

L p. 
et 85; tom. V. p. 165.); d*une notice' de 



3* série, t. L p. 165; tom. II, p. 7 



IX. p,1 

; t. m. 



p.7 



M. Rara> prêtre, Ànmales de philosophie (3* sé- 
rie), t. VU, p. â32; et d'un mémoire du 
P. Secchi, intitulé : Epigramma greco-ihris- 
tiano de^primi secoli trovato non ha guari 

Îresso rantica Augustoduno, oggi Autun» in 
VanciaySuplito dove era d'uopo e commentato 
dalP. Giam-Pietro Secchi, délia Compagnia 
di Gesu ; Rome. 18V0. 

Le texte grec de rinscriptiou a été publié 
en fac-similé et en lecture courante dans les 
Annales de Philosophie au tome XIX, p. 197 
de la 3' série, et au tome Ili^ p* 10 de la 
3* série. -^ Nous ne le reproduirons pas, 
nMiis. nous en donneroos une traduction en 
extrayant qudques fragments des disser- 
tations de Dom Pilra. Nous regrettons de ne 
pouvoir faire connaître en totaKto l'examen 
que le docte Bénédictin a fait de l'inscription 
d'Autun sous tes- rapports religieux, dogma^ 
tique, liturgique et pnih)sof)faique. 



69 



kxn 



MimONNAIRE 



AUT 



70 



c L'étude des marbres d*Autun touche à sa 
fin, dit dom Pitra dans son troisième arti- 
cle (1) ; les travaux partout entrepris, avec 
un concours digne de l'importance du monu- 
menU sont comme achevés ; les difficultés 
s'aplanissent, la lumière se fait, ces vénéra- 
bles pierres parlent; et, grâces au ciel, ce 
langage sacre n'a pas été abandonné aux dis- 
putes d'une science .incrédule et défiante. La 
loi a recueilli les saintes paroles de la foi des 
anciens jours; et voici que, du sein de 
Rome, une voii qui a puissance, planant des 
hauteurs de la science et de la théologie, 

[promulgue ce symbole de quinze siècles, le 
ivre avec confiance aux savants qui l'admi- 
reront, le présente avec autorité aux sectai- 
res qu'il confondra, et félicite de cette dé- 
couverte l'Eglise d'Autun, la cité éduenne, la 
France entière, qui doit au christianisme ses 
meilleures gloires. 

« La doctrine catholique, dit encore le R 
V. Secchi , dont nous abrégeons à regret les 
paroles, n'a pas seulement pour preuve la 
possession permanente de la prescription, 
l'infaillible enseignement de fa chaire de 
Pierre, l'autorité des conciles généraux , la 
tradition légitime des Pères, la pratique des 
dogmes continuellement vivante dans les 
liturgies de VOrient et de TOccident; le con- 
sentement même des hérétiques, plus op- 
posés entre eux qu'avec nous, et, enfin, cette 
m/biM génération de manuscrits et d'impri- 
més, ou on pourrait appeler la Bibliothèque 
cKuaUnime de l'Eglise. Elle a pour elle en- 
core, grâces à Dieu, un autre trésor d'invin- 
cibles ai^uments, non pas négligés par nos 
pères , mais moins emplové$, par excès de 
richesses, monuments a demi enfouis sous 
ten^, di^es de former le vénérable mmée 
du christianisme... Y a-t-il un genre depreu- 
Yes qui démontre mieux le consentement de 
toute l'Eglise en une même foi , que l'im- 
mense trésor de l'antiquité chrétienne ? 
« Déjà par le passé , remarque le savant 
jésuite, et de nos jours encore, il n'a pas 
été trèâr-rare qu'au moment où les sectai- 
res attaquaient avec arrogance une vérité 
catholique, une pierre apparaissait pour 
la défendre. Ce sont des arguments, il est 
vrai, dont on peut se passer; car ce n'est 
pas là la pierre sur laquelle est bâtie TE- 
glisede Jésus-Christ*, mais il est bien, tou- 
leloi^ <}ue les pierres mêmes crient contre 
lesoh^liés mensonges des protestants. Et, 
voyez la Providence 1 au temps où l'édifiant 
et apostolique clergé de France se plaint 
amèrement aue les émissaires des sociétés 
bibliques , aans les derniers soupirs de 
rikéresie agonisante, cherchent à propager 
en France leurs erreurs ; au moment où 
dao^ l'Angleterre, sérieusement prête à se 
détromper du passé, Ils attaquent le dogme 
catholique de l'eucharistie , et soutiennent 
de leur mieux la machine croulante de 
Calvin, voici en France un antiqtie marbre 
grec qui réfute à lui seul la plus grande 
partie des accusations qui ont fait aban- 

(t) Annaleê, janvier 1841, 5* série, t. III, o. 7. 



« donner le sein oc l'Eglise aux orgueilleux 
« sectaires du xvi* siècle. 

« Nous (jouterons, avec le P. Secchi, en 
développant sa pensée : La Providence a 
Toulu qu'un pieux évêque allant, au jour de 
fête de l'un de ses plus anciens prédéces- 
seurs, visiter. l'antique Polyandre, où furent 
déposés les corps des apôtres, des martyrs 
et des premiers évêques de l'église d'Autun, 
sauvât ces tronçons de marbre au moment 
où ils sortaient de terre pour être brisés de 
nouveau, au moment où le zélé prélat, gé- 
missant de l'obstination des momiers à in- 
fester son diocèse , signalait dans ses man- 
dements l'erreur des sacramentaires, et forti*- 
fiait la foi des fidèles en la divine eucharis- 
tie (1). 

<c Mais, avant tout, rapporteur inconnu des 
travaux a'autrui, nous devons décliner les 
autorités, exhiber les titres sur lesquels re- 
poseront nos dernières assertions. 

<c Dabord, nous invoquerons les marbres 
eux-mêmes, étudiés sur place; nous en pré- 
sentons sous les yeux du lecteur la copie la 
plus fidèle qui ait encore été publiée. Cette 
copie est prise sur te portrait de grandeur 
naturelle déposé à la Bibliothèque royale. 
L'habile et patient auteur de ce dessin, M. de 
Saint-Géran , s'est attaché , sans préoccupa- 
tion d'aucun système d'interprétation , à re- 
produire, non-seulement les caractères sai- 
sissables, mais jusqu'aux taches et aux pi- 
qûres du marbre qui peuvent accuser quel- 
ques linéaments de lettres. 

« Nous traduirons dans ses plus importan- 
tes parties le mémoire lu par JeR. P. Secchi 
à l'Académie pontificale romaine d'antiquité, 
inséré dans se^ Actes , et digne de prendre 
place à côté des beaux travaux du savant épi- 
graphiste, sur le texte grec du Nouveau-Tes- 
tament et sur les inscriptions restituées de 
l'ile Ruad et des monuments d'Italie. 

a Au premier coup d'œil jeté sur ces frag- 
ments rongés de vétusté, la légèreté et la 
maigreur des traits, la forme élancée, expé- 
diée de certaines lettres, l'exiguité de quel- 
3ues-unes, les aspect^ divers et multipliés 
e la plupart, l'inégal espace qu'elles occu- 
pent, Tallure incertaine et tremblante de$ 
traits, la barre horizontale placée comme 
dans les manuscrits grecs sur les noms pro- 
pres, tout accuse une écriture presque cur- 
sive, tracée par une main plus exercée à 
écrire sur le papyrus qu'à graver sur le 
marbre. 

« On aperçoit des dystiques jusqu'au 
sixième vers, à partir duquel, malgré 1 iné^ 
galité des lignes, suivent des hexamètres. 
Les deux parties sont très-différemmeat con- 
servées : la première plus importante et plus 
riche, est à peu près sauvée et lisible d'un 
bout à l'autre; la seconde, où l'on entrevoit 
d'obscurs détails de famille, est très-mutilée 
et à demi-perdue. » 

Après une analyse détaillée de tous les 

(i) Voir les niandemenis de Monseigneur Kévéque 
d*Autun pour le carême de 485$, i&9, 4840, sur 
Peucharislie, le saint sacrifice de la niesse, le saccr 
doce 



71 



ALT 



D^EPIGRAPHIE 



A1IT 



ft 



élémeDls paléographiques de TinscriptiMi , 
I>oni Pitra en donna le teite restitué par ses 
soins et les soins du P. Secchi. Puis Tient 
rinlerprétatiOD latine suirante : 

Tratadioa blîM de FiMUieUoo dréOeaoe crAiftn. 

h' iiuiqiu. IX0TC. Pâtre Deo Deos , isBMftalia 
Mortales inler corde locolos ait : [sancto 

II. Riie sacris aaima sepeiitor, amice, sob aodis, 

Difes ab aeternis iBente redîbis aqois. 
IH. Same dbnn, sasctis quein dal senralor aleodis ; 
Mande» bibe, ampleclens ixeTS olraqoe maoo. 
IV. Orba Tiro mater GaJibw pisce, redemptor, 
Cemere te prece me petiit, lui lace caientom. 
Ascaodee paier» Tita mibi cador ipaa. 
Ta com maire mea, nalo lacrjmaDlet plains 
Pecloriif paler, îpse toi memor eslo precaotis. 

TraducUoo fraBçaise. 

I. Le céleste ixeTC fils de Dieu do fond de son 

[cœur sacré 
A rendu des oracles et pris au milieu des mortels 

[une immortelle vie 

II. Amf, rajeunis ton àme dans les eaui dÎTines» 
Aoi MHirces intarissables de la sagesse, prodigue en 

[trésors 
m. Prends Taliment doux comme le miel du Sau- 

[Teur des saints 
Prends, mange et bois ! IChtts est dans tes mains 
IV. Veuille Ichius répandre ses grâces, c'est mon 

[ardent désir, 6 maître SauTeor ! 
Que ma mère le contemple dana la joie; nous t*en 
[prions tous deux, ô lumière des morts. ^ 
Ascandius, père bien-aimé de mon cceor. 
Et vous, très-douce mère, et vous, mes frères. 
Dans la paix du Sauveur souvenez-vous de Pecto- 

[rius! 

c Quelles que soient les restitutions ado- 
ptées, on reconnaîtra toujours dans le monu- 
ment d'Autun ce parfum de poésie oui ca- 
ractérise les inscriptions grecques cie nos 
contrées, ce mélange de grandeur et de grâce 

S|ue l'on a remarqué dès le principe, et qui 
ail de ce petit poëme, selon le P. Secchi, la 
plos suave composition de la poésie grecque 
asiatique. Nous n'hésitons pa^ à croire avec 
lui que l'auteur de cette inscription est 
Pectorius lui-même, et nous ajouterons 
que lui-fflôroe probablement , ne trou- 
vant pas d'artiste dans une ville toute 
païenne, grava sans art et comme à la bâte 
sa ravissante poésie, comme il l'eût jetée sur 
des tablettes de cire. 

« On a dès longtemps désigné le lu* siècle 
comme l'époque probable de ce monument ; 
on plaçait sa date entre Tintroduction du 
christianisme è Autun et son triomphe sous 
Constantin ; depuis , resserrant l'espace , 
nous avons indiqué la période qui sépare 
la persécution de Sévère de celle de Valé- 
rien, de l'an 202 à 257. — Le R. P. Secchi 
s'arrête à Tan 255^ et toutes ses preuves forti- 



fient les inductions que nous avions k tirer 
des études précédentes. 

« Voici, continue Dom Piîra, une ces paus 
curieuses observations du P. Secchi. Nous 
la livrons textuellement à l'attention des 
érudits. 

« Cette inscription est surtout curieuse 
pour la fameuse Question des rers sibjliins. 
Il est très-probable oue Tacrosticbe des pre- 
miers Tcrs y fait allusion. Or, établissons 
d'alx)rd, en cette matière difficile, quelc][ues 
points de critique inattaquable ; les voici : 
1* c'est une vérité de fait historique que 
dîrers oracles rrais ou faux existaient sons 
le nom d'oracles sibyllins avant la venue de 
Jésus-Christ. 2* C'est encore une vérité bis- 
torique, s'il en faut croire Yarron, Cicéron, 
Denys d^alicarnasse, que ces vers, au moins 
dans quelques oracles, étaient acrostiches, 
et de telle sorte que toutes les lettres de 
chaque mot du premier vers servaient d'ini- 
tiales è tous les vers suivants. 3* C'est pa- 
reillement une vérité de fait que plusieurs 
de ces oracles sibyllins étaient applicables 
au Sauveur ; car, sans citer les applications 
faites par saint Clément de Rome, saint Jus- 
tin, le martyr, Eusèbe et d'autres pères, le 
Pollion de Vireile , oit ce poète chante le 
dernier âge prédit par les oracles de Cumes, 
fut appliqué par Tempereur Constantin à la 
naissance de Jésus-Christ et Ton peut faire 
encore ce rapprochement. V Enfin c'est un 
fait, ce semble, appuyé de bonnes autorités, 
que, si les chrétiens n'ont pas emprunté aux 
anciens oracles des sibylles le symbole du 
poisson, ils ont du moins pris le grand usage 
du mot ixerc dans cinq vers sibyllins ap- 
plicables au Sauveur, où ce mot se lisait en 
acrostiche. Lors donc que la plus grande 
partie de ces oracles seraient interpolés et 
apocryphes, toujours sera-t-il vrai qu'an u* 
siècle, un poëte chrétien aura voulu, k 
l'exemple des juifs et des païens, faire i)reuve 
de bel-esprit en ce genre de poésie hiérati- 
que ; et bien que plusieurs écrivains du m* 
siècle se soient trom{)és en ne discernant 
pas les oracles authentiques des apocryphes, 
puisqu'il y a parfaite ressemblance entre les 
acrostiches et les cina premiers vers de notre 
inscription oit se lit te mot ixerc, il faut 
en conclure que cette inscription est pour 
le moins antérieure au nr* siècle, et que 
c'est l'unique monument qui reproduise fi- 
dèlement imitée l'antique forme acrostiche 
des vers sibyllins. 

Le moment précis de notre inscription est 
évidemment celui oit les derniers apAtres 
venus de l'Orient et repoussés de Lvon 
évangélisaient les contrées éduennes, ou le 
gnosticisme oriental cherchait à altérer dans 
nos églises les notions chrétiennes sur Jésus, 
le baptême, l'eucharistie; oit saint Irénéo 
et ses disciples combattaient ces erreurs par 
des écrits et des poésies grecques populaires. 
Un siècle plus tard , l'arianisme remplace le 
gnosticisme qui a disparu; son dernier théâ- 
tre a été la Gaule éduenne; % il a reçu de 
la main dlrénée le dernier coup, et notre 



75 



AUT 



DEPIGRÂPniE. 



AUT 



74 



inscription est comme un chant triomphal 
qui proclame sa défaite. 

« Que celle inscription , dit le R. P. Sec- 
chi, soit pleinement orthodoxe et donne à 
J'Eglise romaine un témoignage authentique 
de la perpétuité de la croyance aux mômes 
dogmes, c'est un fait palpable pour qui veut 
s*eD enquérir. » 

Le savant jésuite énumère ensuile distique 
par distique toutes les croyances catholiques 
qui se trouvent rapiieiées par les marbres 
d*Âutun. 

!•' dvstiqne. — La divinité de Noire Sei- 
gneur Jésus-Christy ses litres et ses noms de 
Sauveur t de Christ y de Jésus, cachés sous 
le symbole ixerx, — la prédication des ora- 
eles évangéliques 9 — Vincarnation, — une 
mention spéciale du cœur sacré de Jésus, 
c Notre poète aflirme, dit le P. Secchi, que 
Ja poitrine sacrée d^ixerz est un sanctuaire 
d'amour d*où partent des oracles ; or cette 
expression iQTOjBc o^cfxvûainsi entendue est assu- 
rément remarquable pour une époque aussi 
reculée, et renferme en germe , ce semble, 
toute la dévotion au sacré cœur, dont Tobjet 
moral est l'amour du Sauveur pour les hom- 
mes, et l'objet matériel, son cœur divin, n 
2* dystîque. — Vantiquiié du baptême ^ 
son efficacité divine, les grâces qu'il con.fère, 
et que donne la sagesse, ou l'Esprit Saint, 
comme parle quelque part saint Iréiiée. 

3* dystique. — L'eucharistie , nourriture 
des saints, sacrement des vivants. — L'anti- 
quité et l'authenticité des paroles sacramen- 
telles, — la présence réelle de Noire Seigneur 
donné substantiellement aux sainis, — Tan- 
\ tique usage de recevoir Veucharistie sur les 
fnatfM, — la communion sous une seule es- 
pèce, « J'avertis, dit le P. Secchi, que le 
dogme catholique de l'eucharistie surabonde 
de preuves, et que celle-ci n'est qu'une pe- 
tite goutte surajoutée au fleuve inépuisable 
de la tradition. Toute faible qu'elle soit, re- 
cueillons-la, d'autant qu'elle démontre évi- 
demment que la foi de l'auteur de Tinscrip- 
tioû et de l'antique Eglise qui la lisait, ne 
s'arrêtait pas aux espèces du sacrement , 
mais voyait dans le pain et le vin seul ixbtz, 
Jésus, Fils de Dieu. » 

Dernière partie. — L'effusion de la grâce 
nar la prière, — la prière pour les morts, — 
la prière des morts retenus en purgatoire, — 
la vision béatifique pour les justes, — rinier^ 
cession des saints pour leurs frères vivants 
eu terre, et tous ces liens amoureux et di- 
vins qui resserrent dans l'Eglise la douce 
communion des saints ; — c'en est assez pour 
aftirmer qu'il y a, dans les vénérables mar- 
bres d'Autun, tout un symbole catholique de 
seize cents ans. 

• Ainsi, dans le sein de l'Eglise rien n'est 
nouveau , rien n'est isolé ; tout se perpé- 
tue et s'étend par une génération graduée 
dont les premiers germes sont déposés dans 
J'Evangile et dans les traditions apostoliques: 
Le Christ est aujourd'hui ce qu'il fut hier, et 
ce quHl sera toujours. El quand une institu- 
tion en apparence nouvelle est bénie et pro- 
pagée par l'Eglise, regardez de près, vous 

DiCTIONN. D*EPIGRAPniE I. 



verrez ses racines plonger loin dans le passé. 
Ainsi, entre autres nouveautés prétendues, 
la dévotion au Sacré-Cœur n'est pas d'hier; 
remontez d'âge en âge, et du cœur divin vous 
arriverez justju'à la croix par une chaîne de 
traditions d'amour, nulle part plus visible 
que dans l'Eglise éduenne et lyonnaise, où 
prièrent, non loin de la vénérable vierge do 
Faray, Bossuet et saint Irénée, saint Bernard 
et saint Rhétice , deux commentateurs du 
Cantique des cantiques. C'est sur la poitrine 
du disciple bien-aimé que les compagnons 
de saint Polycarpe puisèrent la foi aimante 
et vivante de Lyon. C'est à Smyrne, c'est à 
Ephèse qu'lrénéc recueillit lun des plus an- 
ciens hommages à M^rie, avocate et seconde 
Eve, seconde mère des hommes. Ce sont les 

f)remiers apôtres de Lyon qui ont inspiré 
e culte de la Vierge dont les plus anciens 
sanctuaires dans la Gaule sont h Autun,dont 
Fourvière est encore le pèlerinage le plus 
fréquenté, et dont la dernière manifestation, 
la fête qui semble être maintenant le dernier 
etlort de la grâce pour toucher et ramener 
les pécheurs, la fête du Cœur saint et imma- 
cule de Marie, est due à la piété d'un évoque 
d'Autun. — Ce sont nos premiers apôtres 
qui ont déposé sur les marbres d'Autun, 
avec tant d autres inestimables paroles, le 
premier mot d'une dévotion touchante, long- 
temps cachée dans le dogme eucharistique, 
dégagée plus tard et révélée dans l'œuvre 
providentielle de Beizunce. Ce sont eux enGn 
qui laissèrent, fortement imprimés sur la 
pierre, ces éclatants témoignages sur l'eu- 
charistie et la prière des morts, qui repor- 
tent la pensée parmi les vieux bénédictins 
de Clunv, fondateurs de la commémoration 
solennelle des morts, renommés par leur 
foi ingénieuse et délicate envers le sacrement 
de Tautel. 

« Et maintenant, lecteurs chrétiens, amis 
et frères, recueillons-nous avec gratitude 
et disons pieusement avec le vénérable P. 
Secchi : « Veuille donc le Seigneur que les 
« descendantsdes premiers réformateurs exa- 
« minent avec un peu de leur sang-froid nro- 
« verbial, au moins avec une franche volon- 
« té de s'instruire, ce monument et tant 
« d'autres qui attestent la vieillesse toujours 
« verte de l'Eglise catholique ; puissent-ils 
« et reconnaître et détester l'orgueil de ces 
« coryphées superbes qui \qs ont arrachés 
« du sein de leur antique mère. Retournant 
« avec bonheur dans ses bras, eux-mômes 
« admireraient l'immutabilité de ses dogmes 
<c sous le choc des âges et parmi les tempe- 
« tes des passions. S'ils sont sincères, ils 
a confesseront qu'au milieu des vicissitudes 
a continuelles des choses humaines, une im- 
« mutabilité si prodigieuse, si divine, ne 
« peut venir que de l'invincible force de ce- 
« lui qui, selon la vaste pensée de saint Paul, 
« est le Dieu éternellement immuable par 
« nature : Chrisius heri et hodie, ipse et in sa^ 
« cula, » 



Une nouvelle édition de l'inscription d'Au< 



75 



ALT 



DICTIONNAIRE 



AIT 



W 



liin vient de pnralire dans le premier volume 
do Spiciléqede Solesme^ savant recueil publié 
par les soins de Dom Pitra, bénédictin de 
Soiesmes et de ses collaborateurs. 

Le Spiciiegium SoUnmente complétera di- 
gnemrrnl les six grandes collections d'au- 
teurs inédits données dans les deux derniers 
siècles par les religieux du môme ordre, 
savoir le SpiciWge de d'Achery (1655-1677), 
\çsAnnlecta tétera ùe Mahiilrm (1675-1689), 
les Annlecla grœca de Monîfaucon (1688), le 
Thesanrux anecdotornm (1717), et lAmplis^ 
sima coUrctio !'I72V-I733j do DD. Marlène et 
Durand, et le Tlicêaurux miecdotorum novis- 
ximun de Bernard Pcz (1721 -1729). Ce recueil 
comprendra des ouvrages inédits des saints 
Pères et des écrivains ecclésiastiques latins, 
grecs et orientaux, depuis le i" siècle jusqu'à 
la fin du \\V siècle. Le premier volume est 
principalement consacré aux écrivains an- 
térieurs au V siècle. II est divisé en deux 
parties, dont la première comprend les œu- 
vres originales, les traités spéciaux ; la se- 
conde partie renferme les extraits ou les 
commentaires écrits à une époque posté- 
rieure, mais d'après des sources anciennes. 
Los auteurs compris dans la première partie 
sont au nombre de dix, disposés dans Tor- 
dre suivant: L Papias, disciple de l'apôtre 
saint Jean, de inlerpretatxone dominicorum 
oraculorum^ libri IV, fragmentum a RR. PP. 
Âtecharistis latine donatum, texte syriaque et 
traduction latine. IL Saint Irénée, martyr, 
évêquc de Lyo'i : Fragmentum syriacum de 
llesurrectione Domini ; fi agmentum armenia- 
cum ejusdem argumenti ; fragmentum s^ria- 
cum de Chrinlo Deo in homine ; ad libros 
contra Ilœrcses prologus, auctore, ut videlur, 
Floro Lugdunensi. UL De solemnitatibus^ 
$nbbalin et neomcniis, par un auteur anonyme. 
IV'. Mnrinns, d'Alexandrie, fragmentum ho- 
miliaî de Pascha. V. Saint Denys, d'Alexan- 
drie, Fpistoia ad Ccnonerriy analecla e corn- 
mentario anonymi in Ecclesiasten. VL Com- 
modianus, évoque d'Afrique, Carmen apolo- 
geticum. VIL Saint Hilaire, évêque de Poi- 
tiers, Tractatus in epistolam ad GalataSy in 
epistolas ad Philippcnses, ad Colossenses, ad 
Thessalonicos, ad Timotheum, ad Tituniy ad 
Philemonem ; fragmentum commentarii in 
Gen'esim ; fragmentum commentarii in Psal- 
moSf Hilario perperam ascripti ; carmen ei- 
dem aut alteri tribuendum Hilario. VllL 
Saint Rheticius, évéque d'Autun, fragmen- 
tum commentarii in Lantica canticorum. IX. 
Caius Vetlius Aquiiius Juvencus ; fragmen- 
tum meiri in Genesim, metrum in Exodum, 
in canticum Moysis, in librum Josue: selecta 
fragmenta ; glo^sœ theotiscœ ad Historiam 
evangelicam Juvenci. X. Godfridi S. Swen- 
Ihuni Vintoniensis versiculi. On trouve dans 
la seconde parlie des œuvres inédites de 
saint Victor, évêque de Capoue, de Jean, 
diacre de l'Ëglise romaine, de saint Nice- 
phore, patriarche de Constantinople. L'ap- 
pendice renferme trois documents impor- 
tants : 1* le texte arménien et la traduction 
latine d'une homélie attribuée à saint Irénée ; 
1* des fragments de la version copte du livre 



synodal du premier concile de Nicée, avec 
des corrections, une version latine et des 
notes, par M. Ch. Lenormant ; 3* le texte de 
la célèbre inscription grecque chrétienne 
d'Autun, accompagné de notes et de disser- 
tations de divers auteurs. Le volume est 
précédé de savants prolégomènes contenant 
une notice historique et littéraire sur chaque 
auteur et Tindicalion des manuscrits dont 
s'est servi l'éditeur. 11 est terminé par plu- 
sieurs tables rédigées avec soin et accompa- 
gné d'une planche de fac-similé. 

Le Spicilége de Soiesmes sera divisé en 
deux séries fermant chacune cinq volumes. 
La première série est réservée aux auteurs 
des neuf premiers siècles et aux pièces se 
rapportant à cette époque par leur argument 
principal. La seconde séné contiendra les 
auteurs et les monuments des x% xi* et xir 
siècles. Le second volume, dont la publica- 
tion prochaine e^l annoncée, renfermera un 
ouvrage de saint Méliton, évêque de Sardes 
au IV siècle de notre ère, intitulé Claris. Cet 
ouvrage, mentionné par Eusèbeet saint Jé- 
rôme, est le plus ancien formulaire connu 
du symbolisme chrétien et de l'allégorisrae 
biblique. Le texte latin, seul conservé, est 
antérieur à saint Jérôme et à la Vulgale. H 
sera collationné sur sept manuscrils et illus- 
tré par un choix de scoliastes et de glossai- 
res symboliques, également inédits, de di- 
verses époques, jusqu'au xii* siècle. Les pro- 
légomènes éclairciront les origines et le dé- 
veloppement du symbolisme chrétien. L'édi- 
teur fait connaître dès à présent les noms 
des principaux auteurs ou monuments qui 
entreront dans le volume suivant. La pre- 
mière série com[)rendra, après l'ouvrage de 
S. Mélilm,dont nous venons de parler, des 
écrits d'Anatole de Laodicée, de saint Denys 
Taréopagite, de saint Epiphane, de saint Au- 
gustin, (le Philon rhistorien, de saint Jean 
Chrysostome, de Philiponus, de saint P<i- 
trice, de Verecundus, évoque d'Afrique, de 
saint Maxime, de saint Germain de Constan- 
tinople, de Tétradius, du vénérable Bède, 
d'Egbert d'Yorck, d'Ingelramn de Metz, de 
saint Nicéphorede Constantinople, de Char- 
lemagne, d'Alcuin, de saint Théodore Stu- 
dite, de Photius, de Jean Scot, de Frédé- 
gise, de Dungale, d'Eginhard, de Claude de 
Turin, d'Alvarez de Cordoiie, de Florus de 
Lyon, d'Hincmar de Reims, deRabanMaur, 
de Réginon, de Sédulius, de Gildas, d'Anas- 
tase le bibliothécaire, de Walafrid Strabon ; 
les annales de saint Waast, le carlulaire 
fïbirde saint Florent de Saumur, etc. On 
trouvera dans la seconde série diverses œu- 
vres des écrivains dont voici la liste : Milon 
et Hucbald de saint Armand, saint Abbon de 
Fleury-sur-Loire, Micon de saint Riquier, 
Notger, Walon, Éraclede Liège, Higramnus 
de Trêves, Héréfride, le B. Richard de Ver- 
dun, Herman Contract, Radbode et Adel- 
bolde d'Utrechl, Gerbert, Rémi d'Auxerre, 
saint Odilon, saint Mayeul, saint Hugues et 
Pierre le Vénérable de Cluny, Guillaume de 
Champeaux, Hildebert du Mans, Marbode de 
Rennes, Pierre de Celles, saint Bernard, 



n AVI 

Raoul de Saint-Tron, Hervé de Déols, Alain 
de Lille, Guibert de Nogeol, Abailard, Yves 
de Chartres, Clarembault d'Arras, Sigebert 
et Anselme do Gembloux, Pierre de Riga» 
Richard, Robert, Adam de Saint-Victor, 
Tabbesse Herrade, sainte Hildegarde. 

AVIGNON (1), chef-iieudu dé{>artement de 
Vaucluse, en France. 

I. 
Ancienne inscription trouvée dans une étable. 
t Laugerius • psul . iac . 
urbis • et « eccle . s . • 



ergo . 


Dei . 


i . . lu . SI 






qui . 


ben . 


• . vod . • 






idibus 


. iul 


. bina . • 










{Cardinat Mai, 


P- 


i95.) 



H. 

Uaù. — Ancienne Eglise des Célestins, plus 
tard Hôtel des Invalides. 



Hic jacet vjiïbiis vir dîTs Oliverius Daria liceiial» 
ÎA legib* et bacheTari* in dcctis canoic" PlTien" 
ei Archidiâôni" biierrën csiliari* régis Fracie, 
ac magisler reqslar bospicii ej" [qui obiit] 
dte XX m^* februarii âîîô a naûvâie bui 
no cccc* xxxvi** cûj* acâ reqescat in pace. Ameo. 

Cette épitaphe est rernarquable par la 
qua:iiité d'abréviations qui s'y trouvent. 

La seule qui puisse omirau premier abord 
quelque difficulté est reqsiar pour requesta- 
mm. 

(Mém. de la Soc. archéol. du Midi^ t. III, 
D. 276.) 

III. 

1U9. — Trouvée en 1730 à V église de Saint- 
Antoine. 
E|iiUpbe d'Alain Chartier, mort ^ 50 ans. 
Hic jacet virtutibus insignis, scieutia, eloqueniia 
daras Alanos Cbartier ex Bajocis in Normania 
nalos, Parisiensis Archidiaconus, et conciliarius 
regio jussu, ad imperatorem muliosque reges 
ambascialor transmissus, qui libres varies stylo 
eiegantissinio composait, et tandem ob dormivit 
io bac Avenionensi civitate anno Doinini 1449. 

(Mém, de la Soc. archéol. du Midi y i. IV, 
p. 316}. 



IV. 
1^64. — Eglise des Frères Mineurs. 

Epiiapbe da cardinal de Folx. 
Sab hoc humiii jacet loco Petrus de Faxo, crea- 
108 cardinalis anno aRtatis suîe vigesimo secundo, 
qui in concilie conslantiensi , ium cardinalibus 
et in Hispania legatns scbisina delevit et duos 
liispaniae reges confederavit tiaram B. Silvestri 

(1) Vaw. répitaphe du cardinal Nicolas du Prat, 
inbnmé a Avignon, parmi les épiinphes en vers 
léonins diëes à rarticle Cldmv. 



D'EPIGRAPIIHS. AVI 78 

bteranensi ecclesise restituit Avenionem et di- 
versas provincias ut pater palrix annis xxxii 
rexit. JacolH et Salome Marias alla locavit 
roense decembri animam cœlo reddidit quam 
sancta suscepil de Terra Lucia Paul! pontiûcis 
maximi anno primo. 

Nous donnons plus loin d'autres leçons de 
cette épitaphe. 

Pierre cardinal de Foix était fils d'Archam- 
baud Captai de Buch et d'Elisabeth com- 
tesse de Foix. D'abord franciscain , puis car- 
dinal à vingt deux ans (1^08) , il devint ar- 
chevêque d Arles IWO, ut bâtir à Toulouse le 
collège de Foix pour vingt-cinq jeunes gens 

f)auvres, et mourut à Avignon dont il était 
égat en U6&, à soixante-dix-huit ans, avec 
la réputation d*un bon négociateur. 

[Mém. de la Soc. archéol. du Midi. t. III, 
p. 283.) 

Le musée Calvct, musée de la ville d'Avi- 
gnon, confié toujours à des hommes de goût 
et des hommes savants, s'enrichit peu à peu 
des vieux débris que Ton recueille aux en- 
virons de la ville ou dans les anciens monu- 
ments de rintérieur. On a réuni depuis peu 
au musée les inscriptions tumulaires de quel- 
ques-uns des cardinaux qui furent inhumés, 
soit à Avignon soit h Villeneuve-lèz-Avignon, 
à répoque où la Cour apostolique résidait 
dans le Comtat. Si nous sommes bien infor- 
més c'est en partie aux soins, de M. le comte 
de Blégier et du savant archiviste du dépar- 
tement de Vaucluse, M. Amédée Achard, 
(|u'est due la conservation de ces monu- 
ments. \ 

Une copie des épitaphes se trouvait déjà 
dans le Ms. 662, de la collection Dupuy à la 
Bibliothèque royale à Paris; nous donnons 
ce texte en même temps que le texte nouveau 
conféré sur les dalles originales, et quelques 
variantes de Barjavel et de Ciaconius. | 

Les notes oui sont jointes aux épitaphes 
sont dues à 11. A. Achard ; les dernières, 
relatives à Tépitaphe de Raymond de Tu- 
renne, sont de M. le comte de Blégier. 



V. 

Epiiaphe du cardinal de Foix. 
{Voyez ci'desstti, année U64.) 

« Pierre de Foix, fils de Gaston, comte de 
Foix, de Tordre des Cordeliers, archevêque 
de Tholose, crée presbyter cardinalis tiiuli 
S. Stephani in Cœlio monte par Beuedict xiij 
antipape, et en après faict episcopus cardi^ 
nalis Albanus par Eugène un*, l'an 1409, 
troisiesme légat en Avignon oui a fondé et 
édifié une somptueuse chapelle aux Céles- 
tins, où se voient encores le ncm et armes 
de ses frères, faict rebastir la plate forme 
devant Nostre Dame de Doms [cathédrale 
d*Avignon] et la façade des Cordeliers, mou- 
rut en Avignon, la première année du pon- 
tificat de Paul ij, l'an U69 (1), gist aux Cor- 
deliers, au devant du grand autel, soubz 

(i) Barjavel dit que le 43 décembre 1464, il fui 
enseveli niu Cordeliers, dans un tombeau de inarbrt 



■» 



AVI 



DICTIONNAIRE 



AVI 



W 



une lame de bronze^ autour de laquelle se 
lit cest escriteauy en lettre romaine. » 

Sob hoc hamili jacet loco R. P. de Fuxo créa- 
tns cardinal, an. sux xlatis xxii. qf. î. concilie 
coDSUii. cum R. cardinalib* el in Hispania le- 
gatus schisma dele?it et duos Hispanis reges 
coiifederavit ryaram LÏTsylVrl laleranensis ecce 
restituit, Aviniôô. ac di?ersus proTincias ut 
palcr pâîr. an. xxxu<' rexil Jacobi et Salo Ma- 
rias alto loca?il. Tandê m. cccc. ixini. de Mense 
decembr. aiaiu celo reddidil quem scâsuscepit 
de terris Lucia. Paulo pon. luax. anop. 

(Dlpuy, vol. 662, folio 95./ 

Le cardinal de Foix fut appelé le bon lé- 
gat d'Avignon. Comme Henri IV, son petit 
neveu, il fit la conquête des pays commis à 
son gouvernement. 



VI. 

Epiiaphe da cardinal de La Grange. 

Jehan de La Grange, évesques d'Amiens, 
crée presbyter cardinalis tituli sancti Mar- 
celli par Grégoire XI, et en après faict épis- 
copus Tusculanus par Clément VI mourut 
en Avignon Tan l'^02 (Ij, et gist dans [Vé- 

sur lequel il fut représenté agenouillé. Cet auteur 
De donne pas son épilapbe. 

L^abbé de Yéras dit formellemenl : c Immédiale- 
inenl après les marches du sanctuaire on voit à terre 
une grande tombe de cuivre tout autour de laquelle 
sont ces mots : Sub hoc hutnili loco jacet F. F. Pe- 
trus de Fujo Creatus Cardin. annoAel. $ uœ i l. 
qui in concilia Constanciensi cum Rdumii Cardlib^ 
el in hi$pania legaïus ichiima delevil^el duoi Ui$pu^ 
niœ Reges confœderavtl. 

Tàiaram B'^ Silvestri Laleranenti eceUœ restiiuii 
Avenionem ac diversas provincias ut palriœ pater 
viginti auatluor anno$ rexit. 

Jacooi et Salomé Marias, in alto coUocavil. 

Tandem anno 1464 mense dec. animnm cœlo reddi- 
dil quam S* suscepil de terris iMcia Paulo. 2. Pon- 
tifice Maxime, anno primo. 

Ce cardinal est représenté en b.ibil pontiGcal, 4a 
mitre sur la tète, et ses armes à ses pieds avec 
cette devise : Servire deo regnare esl. 

Il était archevêque d*Aries de Bourdeaux, et évc- 
que d'Alhano, éiait de Tordre des FF. Mineurs et 
mourut âgé de 7iî ans, à Avignon dont il avait été 
légat a latere. 

(\\ Baijavel ajoute : en avril. Il ajoute que ce car- 
dinal s*était fait de son vivant élever un tombeau à 
Amiens où il voulait être inhumé dans le cas où il ne 
mourrait pas à Avignon ou a une journée de dis- 
tance de c^tte dernière ville. Diaprés les ordres du 
défunt les os durent être secrètement transportés à 
Amiens par les ordres de ses neveux. Il avait là 
aussi une épitaphc que reproduit Giberti dans son 
histoire, H. S. de Pernés (a). Le mausolée d'Avi- 
gnon, renfermant le cœur, les chairs et les entrailles, 
était, dit le même aue\:ur, en marbre blanc et en 
albi^tre de Gcnes : il s^élevait du pavé jusqu'à la 
voûte, à dioite du grand autel de l église des Béné- 
dictins ( ordre auquel avait d'abord appartenu le 
f;prdinal). On y voyait, entre plusieurs statues esti- 
\9ées des connaisseurs, des bas reliefs représentant 

(a) r>ihi»rti l'a puisée dans Aubéry, Histoire générnle 
dcè carà.naux, pttg. 569. 



glise du collège Saint-Martial] à costé droid 
du grand autel, où est son effigie relevée en 
marbre, au-dessus de laquelle il y a cinq 
estages représentant la vie de Nostre Dame 
et au dessoubz une mort avec ce dicton em 
lettre antique, le tout de marbre : 

Spectacnhim facti sumns monde at majores et 
minores ! nôb. clare ppendant ad quem sialam 
redigâur nemine excipiendo cujusvis statoi 
sexus vel xtatis ergo misereare super bis 
cinis es et in cadâûm fetidum cibum el 
vermium ac ciuerem sic ut nos reverteris. 

(Dlpuy, v. 662, p. 98, r.) 

les mystères du Christ et de la Vierge; on y renir- 
quait notamment un chef d'oeuvre tle l'art, conna éa 
peuple sous le nom du Transi ; c'était un squelette 
couché sur le côté droit, placé au-dessous de TeA- 

Î[ie scidptée du défunt, et entre ces deux figures, oa 
isait cette inscription en lettres gothiques : SpecUh 
culum facti sumus mundo, ut majores et minorée im 
nobis'clare pervideant ad quem siatum redigentmr^ af- 
minem excipiendo cujusvis status sexus vel œtuàs. 
Ergo miser cur superbis? fium cinis es, et in emltf- 
ver fettdum cibum et escam vermium ae cinermm ticui 
el nos reverleris. 

En décembre 1829, en déchargeant le sol de Tah* 
cienne église de Saint-Martial, on découvrit la 
pierre qui porte le Transi et son inscription ; eUe 
fut placée avec hoimeur au musée Calvet. Oo dit 
qu^elle avait été enfouie à dessein, en 1791. Je vais 
la voir, la décrire comme je pourrtii et copier fidèle* 
ment rinscriptioti. Voici très exactement Tinscrip- 
tion ; elle est sur une banderole qui est censée flot- 
ter au-dessus du Transi et sur deux lignes seulement: 

Soectaculum facti sum* mudo ul maioVÊA bt mIm* 
tes i noS clare pvideat ad que statu redigetur n 
EJ.cipiendo cujusvis status, Sexus vel etatis. Ergo 
ser cur superbis^ Nam cinis es. et in cadau feUau âbu 
et escam vermiu ac cinere sic et nos reverterit. 

Les parties en petites majuscules ne sont plus str 
la pierre à cause des mutilations qu*elle a subies. 

Véras, page 217, dit : c Joignant le grand aulei 
de Saint-Martial et à la droite on voit un mausolée, 
tout en marbre blanc el albâtre où sont représen- 
tés les principaux mystères de Noire-Seigneur et de 
la très-sainte Vierge, depuis la voûie jusqu'au pavé* 
Selon les voyageurs et les curieux c*est un des piss 
superbes monuments qu'il y ait en France. On lit «s 
plus bas rang, entre la statue du cardinal de la 
Grange, et du squelette appelle vulgairement le 
Transi, qui est un chef d'œuvre dans son genre» 
rinscription suivante eu lettres gothiques, trè^d&lfi* 
ciles à déchiffrer : 

c Spectaculum facti sumus mundo^ «I majores ei 
minores in nobis clare pervidcant ad quem statum rf- 
digentur, neminem excipiendo cujusvis status, sexus^ 
vel œtatis. Ergo miser cur superbis ? nam dms es d 
in cadaver fœiidum, cibum et escam Vermium ae Ch 
nerein sicut et nos reverteris. 

c Ensuite on voit sur un petit cadre contre la 
muraille, répitaphe suivanjle écrite à la main : 

f Ilic jacet Russmus in Xo Pater dnus Dans fraUr 
Joannes de Grangia gallus, monachus Cluniacemm 
Decretorum doctor, abbas Fiscauensis, deindeepiscO' 
pus Ambianemis, postremo vero S. R. E^ardui T»- 
sculanus //« S ^ Marcelli, qui obiit an. Dni M.ccccuv 
diex\i\ aprils. 

c Orale deum pro eo ul requiescat in pace. Amen* • 

La statue du Transi n*est point un squelette mais 
un cadavre hideux. La reproduction du squelette et 
<tu cadavre était fréquente à Aviguon. Dans Téglise 
Saint-Agricol il y avait ua cadavre au tombeau de 



81 



hXl 



DXPIGRAPHIE. 



AYI 



82 



VII. 

Epliaplie da cardinal d*Âigrefeuill6. 
GaiPaume de Aigrefeuille crée ^re^yfer 
eardinalis tituli sancti SUphani in Cœlio 
monte par Urbain V, et eo après faict episco* 
pus Sabinus par Benedict XllI» mourut en 
Avignon Tan ÎM5, et gist dans [i'égjise du 
collège Sainct-Martiai] h la chapelle Sainct- 
Estieane soubz son tombeau sur lequel est 
son effigie relevée eu marbre avec cesi es- 
criteau au dessoubs : 

Hic jacel revcrendissimus ki chrislo paler dns 
Gtiilhelinus de Agrirolio decretorum doctor car- 
dioalis qui obiil die anno noce v ciijus anima re- 
quiescat in pace. Amen. 

(H*» pas d*anide dans le Diciîoooak'e biographique 



(DupuT, V. 662, fol. 99.) 

L'abbé de Veras di^, p. 220 : « Le cardinal 
d'Aigrefeuil enseveli dans la dernière cha- 
pelle de Téglise en entrant, sur la droite/ 
elle est au milieu de son mausolée, en go- 
thique et presque illisible : 

Hic jacet R^mus in xô Pater dnûs Guilelmus 
de Agrifolîo Decretoriim Doctor UluH S^ Sle- 
phani in cœlio monte S. R. Ë. presbyter car- 
dûs qui obîU die 13 mensis Januarii, an. a nat* 
DÂiUOi 
ÂuT cjus in pace requlescat amen. 

Pompée Caliliiia dont on a fait disparaître les der- 
niers resles lors 'fune reslauralion très-mal enlen- 
diw que celle église a subie vers 183i. Un sqiielelle 
était à b métropole sur le tombeau d*Hyacinte de 
Uielli arcbevètiue d* Avignon, il n*en reste égale- 
ment plus de traces. Le bloc qui porte le Transi et 
son inscription n'est point en marbre comme on Ta 
Al, mais en pierre tiiie des carrières de Saint-Di- 
dier (Yaucluse), d'où on a tiré presque tontes les 
découfiores gotbiques qui se sont faites à Avignon 
et aux environs. Il est couclié sur le cdté droit, le 
bout des pieds, le nez, le bras gaucbe et plusieurs 
doigts de la main droite manquent. Plusieurs écus- 
sons plaoés entre le cadavre et Tinscriplion oui été 
olevéB pendant la révolution, comme emblèmes féo- 
daux : c est là tout le mal qu'elle a fait à. ce monu- 
Beat que beaucoup de contemporains ont vu et dont 
tOQS s'accordent à vanter la belle ordonnance et la 
riebesse d'ornementation. 

En l'an VIU, M. Puy, alors maire de la ville d*A- 
▼ignon, établit dans L'ancienne église de Saint-Mar- 
tial one école publique de dessin : c'est alors qu'on 
cxtiaossa le sol eique les énergumènes sortis de l'é- 
cole de David firent, en renversant de fond en comr 
bte ce monument, une œuvre digne des iconoclastes. 
Le Transi fui noyé dans les décombres qui servirent 
i exhausser le sol. Les dentelles sculptées furent mi- 
sei en poussière et les centaines de statuettes de 
marbre, d'albâtre ou de pierre de Saint- Didier qui 
peuplaient les clochetons devinrent la proie des ma- 
çons et des manœuvres qui comprirenl, mieux que 
ceux qni dirigeaient leurs travatix , que tout ceUi 
valait la peine d'être conservé. M. Requien en a de 
pos jours acheté autant qu'on a voulu lui en vendre; 
il en a réuni une douzaine,^ représentant pour la 

Ëjrt des apôtres. Le Transi était vraiment popu- 
j à Avignon. De nos jours encore, quand on 
parle de qneiqu^un d'exténué, on dit, parmi les gens 
dt^ peuple: Semblou lou Trami deSan-Martiaou, 



Et le cardinal Pierre de Crosio-^ mort h 
Avignon le 16 novembre 1388, et enseveli 
dans Téglise de Saint-Martial où, du temps 
de Véras, on voyait sa statue sépulcrale et 
ses armes au-dessus des stalles du chœur. 
— Voir son épitaphe dans la Gallia cAm- 
tiana de Dom Deuis de Sainle-Marthe, 1715; 
Tiuscription était sur une plaque do bvowiti 
que cachait la boiserie du chœur. 

VIIL 

Epitaphe du cardlual Berlrind de Qiaoac. 

{ïnseriplioii presque entièrement semblable dam Ciacomus. 

tom. Il, |)ag 65i.) 

Bertrand de Canaco , natif de Limoges, 
crée presbiter cardinalis se Potentianœ tituli 
Castoris par Clément VII, et eu après faict 
episcopus cardinalis Sabinus par Béné- 
dict XlII, mourut en Avignon, 1 an iW* et 
gist aux Jacobins, a costé droict du grand 
autel, où est son effigie relevée en marbre 
sur un toaibeau, où se lit en lettre antique : 

Bic jacetTë"* in x» pF. diîs Bertrâd* de chanaco 
LemoviceiT dioc~genê nobilis utriusque juris 
doctor et arcbieps Bituriceu. postmôd patriar- 
cba eccUa Nicieîî extitit et deinde ! scâ romlîn 
ecclia tt. ste Potentiana pbum cardinalem as- 
sumptus et demum sabincïî eps eflectus obdor- 
mivit î dïïb die \x an» dni m.cccc.iv cujus 
aia requiescal in pace. Amen. 

(Dlpuy, v. 662, f. 99, r.) 

( N'i pas d*ariicle dans le diclionoaire biographique de 
Barjavef.) 

L*abbé de Véras, p. 124, dit : Il y a aussi 
dans le chœur deux autres cardinaux qui y 
sont inhumés, à sçavoir le cardinal de Cha- 
nac. Voici Tépitapne qui est tout autour de 
sa pierre sépulcrale : 

llicjacel Rdlsmus inlco pater D. Bertrandus de 
Chanaco Lemovicensis. dkecesis génère nobilis. 
J, V. IK Archiepiscopus f . Bilurricensh postmo- 
dum palriarcha J^rosolimiiauHS, et adminislra" 
tor ecleœ AbricensiSt deinde in S. R^ E, Cardi- 
nalem presbiterum assnmptus et denuum Sabi- 

nensîs ecleœ epcus e/fcctus, 

Obdormivit in domina die 21. maii U04. 



IX. 

Epitaphe du cardinal de Neufchàleau. 

iinseriptian tota à. fait différente dans Ciacomus, tom. If, 

col. 680.) 

Frère Jehan de Neufchasleau, de Tordre 
des Jacobins, parent de Clément VH, crée 
presbyter cardinalis tituli sanctorum 1111 
coronatorum , et en après episc/jpus os- 
tiensis et veliternus par Clémen't VII anli 
pape, mourut en Avignon Tan 1398, et gisl 
dans la chartreuse do Villeneufve a costé 
droict du chœur sous une pierre de manire 
tout autour de laquelle se lit r/est escriteau 
en lettre antique : 



S3 



AVI 



DICTIONNAIRE 



AVI 



SI 



Ific jacet reverendissimiis xro pater domînus 
Joannes miseratione diviiia episcopus Tulten. 

sacie romane ecclesie carJinalis de Novo Castro 
nuncupatus qui obiil die prima mensis novem- 
bris anno millesimo lercenlesimo nonagesiroo 
oclavo cujus anima rcquiescal in pace. Amen. 

{DupuY, V. 662, f. 102, W) 

Par erreur. Du Chesne indique celle épi- 
taphe comme eiistanl à Bonpas. 

(N*a pas d'article dans le dicttonaaire biographique de 
Barjavei.) 

11 ne resle plus rien h Bonpas el Tabbé 
de Véras ne s'en esl pas occupé* 



X. 

Epiiapbe du cardinal Blavf. 

Pierre Blavi, nalif de Gévaudan, crée dia- 
eonus cardinalis sancli Angeli par Bi^né^^ 
dicl XII dicl XIII , mourut en Avignon 
)'an 1W9 el gist dans l'abbaye Sainl Aîîdré 
lèz Avignon, au milan du chœur, où est son 
efllgie relevée en marbre sur un lumbeau 
toul autour duquel se lit en lellre anlique : 

Hic jacet revercndus in Trô pater et dns dlîi 
Petrns Biavi naone Gaballitan. ex ulroqtie pëiê 
de militari geoere procreatus ac de propinqiio 
génère felicis recordationis urbani papœ V de- 
cretor doclor cgregius Sancli Aogeli diaconus 
card. qui obiit anno dTîF si^ccccix el die xu 
decembris cujus aia requiescal in pace. 

(DtPLY, V. 662, f. 103.) 

A fa suite esl une pièce de vers en l'hon- 
neur de Pierre do Blavi. 

( N'a pas dVlicle dans le diaionnaire biographiqoe de 
Barjavel.) 

11 ne reste plus rien de celle épitaphe à 
Saint-André-de-Villeneuve. 



XI. 

EpUaphe da cardinal Martin de Paropelone. 

Martin de Salve, nalif el évesque de Pam- 
pelonne crée presbyler cardinalis liluli 
sancli Laurenlii in Lucina par Clément VII 
antipape, mourut en Avignon Tan 1W3, et 

Î;ist è la chartreuse de Bonpas, au milan de 
a chapelle qui est à coslé gauche du grand 
autel où est son effigie relevée ^n marbre 
sur un lumbeau de mcsme, tout autour du- 
quel se lit en lellre anlique : 

Hic requiescit revercndissimus î xro "pî dus 
dus Martinus de Salva niïcbne uavarrus de civi- 
tate Pamp. oriund» ïmïîTo decrelorum doctor 
postiuôd refercdar* p uin Ggbriû ppam xT°. 
Jiîde eps Pampilon. fT cTdcmumïTsïrLauren- 
tii î Lucia pbr. Canlil p dîîni clémente "ppam 
Tii" assumptusqui obiit die xxvij mensis oclo- 

bris ann. ôûi moccccui. cujus*aïirrequiescat in 
paee. Amen. 

(Di'PUT, V. 662, f. lOV.). 



Autre leçon 

Martinus de Salva natione Navarrus de civitate 

pmp. oriitnd. primo decrelorum doctor postmo- 

duro referendarius per dïïin ggoriuro papam xi 

deinde eps pampiionensis. 

Celte partie de rinscription est à terre» c* 
qui suit est contre le mur. 

Hic jacet R. P. D. Martinus de Salva civis et 
Episcopus pampilon. decrelorum doetor R. car- 
dinalis prsb. t. S. Laurentii in lucina obiit aven. 
VI. cal. novembris mcdui. 

(D'après le manuscrit de l'abbé de Massif 
lian, bibliot. publique, salle Requieo, cx>l« 
Section Moutte.) 

.( N*a pas d'article dans le dieUoonaire biographique de 
earjafel.) 

Xlï. 

Epitapbe du cardinal Micbel de Paropehnie. 

Michel de Salve, nalif el évesque de Panï- 
pelonecrée Diaconus cardinalis sancti Geor- 
gii ad vellus (sic) aureum, ncfiveu de Mar- 
tin de Salve, gist à la charlreuse de Bonpas, 
en la raesme chapelle contre la muraille, 
■soubs un lumbeau, sur lequel esl son efligie 
relevée en marbre avec cesl escritcaa au 
dessoubs, en lettre anlique : 

Hic reverendissimus pater Michael de Salva 
legQ doclor naliôe Navarrus sii Georgii ad veld 
aureum diacon* card. obiit npud [Monachum] 

Nicien diûc. die xvi men<%is augusti anno duî 

M.cccGvi et fuit nepos dTïî Martini cardinalis 
Pampilon. vulgarit. nuncupati in bac c.*pella se* 
pulti quorum anime requiescaiu in pace. Amen. 

(DuPLY, V. 662, f. 104, V.) 

Aalre leçon. 

f Hic reverendissimus pater Micbaél de Salva 
legum doctor, natione navarrus S*t Georgii ad 
vélum aureum Diaconus cardinalis obiit apud 
Avêneho Tricien. dioc. die xvi mensis Augusti 
anno duT mcccvi et fuit nepos JÏÏi Cardinalis 
pampelouensis vulgariter nuncupati. 

(M. de Blégier, d*après le manuscrit 
de Tabbé de Massiiiao.) 

(N'a pas d'article dans ie dictionnaire biographique de 
Barjavel.l 

XUI. 

Epitaphe de cardinal de CabassoUe. 

Philippe de Cabassole évesque de Cavail- 
lon, nalif d'Avignon (1), crée presbyler car- 

(1) On le croit généralement natif de Cavaillon, 
et Giberti (Jfs. de la bibliothèque de Carpentras), le 
fait naiire à Pernes où on trouve encore des desccn- 
danls de celte famille. II fut compris dans la promo- 
tion du ^ septembre 1568;, sous le litre de cardi- 
nal prêlrc de Saint-Marcellin et de SainlT Pierre^ 
pourvu le 31 mai 1370 de révôcbé de Sabine; il en 
prit le titre de cardinal de Sainte-Sabine (Voir, ré- 
pitaphe). 



85 



AVI 



DEPIGRAPIUË. 



AVI 



86 



dinalis tituli S. SàbiiKB et en après faict 
episcopus cardinalis Sabinos par Urbaio V, 
iQOurut à Pérouse le 27 août 1372 et gist à 
la cbartreuse de Boupas a costé droict du 
grand autel soubs uii tumbeau sur lequel 
«2>t son eiligie relevée en marbre avec cest 
escrileau au dessus en lettre romaiue : 

ilic jacet r"«* in xro p. dïïi PliiUppus de Ca- 
bassole dm TsDardî mililis filitis qui primo fuit 
êps cavalliôiii. deiude pairiarclia Uierosoliuiitao* 
post. S. R. E. pbr. Cardinal. TT. SS. Murcellini 
et potri inox cps sabiiiên deniuin legaliis iiiisi>os 
a due Gregorio papa xi Âveuioiie bcdeule in 
llaliam ad gubernandas ecdesiaî rôlû terras et 
obiît Penisii vi calendr. septeiubr. an. dol 
BCcxLXXii. cujas corpus ad hoc monasteriaiu 
Uiartusie boui pass* delalum» ibidem sepultum 
fuit cura dui Argidii Aycellini de Monte Acuto 
epi. card. Tusculaiii et alioriuu executorum tes- 
tainenti ejus. 

(DiPLY, V. 662, f. lOi, V 105.) 

Par suite de la démolition de Tancienne 
Cbartreuse de Bunpas , les osson)(^nts du 
cardinal avaient été déposés, en 1816, dans 
le caveau funéraire d une cliapeile dite des 
Templiers^ dépendant du niônie couvent. Le 
M août 1833 on lus Iranslera solennelle- 
iiieiit dans l'église paroissiale do Caumont. 
La petite caisse qui contenait ces ossements 
fîil alors ouverte. On remarque que les deux 
niAclioires avaient toutes leurs dents; on 
s'assura à la dimension des os longs que ce 
cardinal n'avait guère que cino pieds un 
pouce de taille. (Echo de Vaucluse du 29 
août 1833.) 

BarjaveU dans son Dictionnaire biographie 
fuf, donne ainsi Tépitapbe de Cabassol. 

Hic jacet U<** in X^<> P.ilor D"* Pbilippus de 
Caba^sola, 0*^^ Isuardi niililis lilius, qui primo 
fuit ep. Cabcli., deinde pairiarcba Uierosolyiui- 
tanus, post S. R. E. Cardinalis pbr lit. SS. 
llarcellini el PtAri, niox cp. Sabinensis. demum 
legatus missus a Do** Gregorio papa XI'', Ave- 
nione sedente, in llaliam ab Gubcrnandum S. 
R. Ecdesie terras. Obiit Perusii Yl* Kal. 
septembris, anno mccc. lxxu; cujus corpus ad 
lioc moaaslcrium Cbartusiensium Bonipusiiis 
delatum, ibidem scpulliim fuit cura domiui 
Aegidii Aycelini de Monle-Aculo, episcopi card. 
Tiisculani, et aliurum executorum Teslamenii 
ejus. 

XIV. 

EpiUpbe du cardinal de Langhan. 

Le cardinal de Langhan fut enterré dans 
Téglise de Bonpas qu'il avait fait rebâtir. 

Ilic jacet dominus Simon de Langhan de Anglia 
qnocidara Archiepiscopus Gantuarcensis S. R. 
E. PrenesUneosepiSvOpus Gardinaiis, qui istam 
ecdesiaro de novo coiishuxit et obiil xxii mensis 
julii anno dom. 137G. Orale pro co. 



XV. 

Epiiaphe du cardiual de Braacis. 

Brancas (Nicolas), archevôaue de Cosenza 
(Etals de Naples), évoque d'Albano, protec- 
teur de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, 
cardinal sous Clément VU; passa en Frat>ce 
avec son frère Bulilie, et lit bAlir à Avig'ion 
une cliapulle dans Téglise des P. P. Prô- 
cbeurs, sous Tinvocatiou de saint Nicolas ; 
il y fut inhumé le 29 juin U12. C'e^t lui 
qui, en HOO, donna la bénédiction nuptiale 
au roi Louis II d*Anjou, et à la reine Yolande 
d'Aragon. 

Les débris de son monument, dont Barja- 
vel nindique pas la destinée, furent trans- 
portés des Dominicains , alors atelier de 
ibnderies, au mu^ée d'Avignon» où il vient 
d'être remonté avec soin sous la direction 
intelligente de M. Rcquien. 

Véras, page 126 : « Dans la chapelle de 
sainte Buse, qui est la troisième du cùlé da 
celle de Notre-Dame du Rosaire, et qui ap- 
partient à Tillustre et ancienne maison de 
brancas, est un très-beau mausolée eu mar- 
bre et en albâtre. 

« C'est là où sont ensevelis les cardinaux 
Nicolas de Brancas, qui fit bÂâr cette clia« 

Selle en 1V02 et mourut en iH'l^ et Pierre 
icolas de Brancas. » L'auteur ne rapporte 
aucune inscription , et le monument lui- 
môme, tel qu'il est aujourd'hui n'en révé- 
lant aucun débris, il est probable qu'il n'y 
en avait pas. 

XVI 

Epiuphede RayuionJ de Ueaatort ou de Tureniie, ait mu- 

née d'Avigiiua. 

Hic jacet magnifie* ac puions virq[ illustris dus 
Kayiimndus de Belloforti qdam cornes Bellifor- 
tis ac vice comes Valezne qui d~m mcccc\x<> 
diciii suuin cluusii exlreminn sciiicct XXI die 
mciisis maii cujus aïârequiescal iii pace. Amen. 

« L*a(imini$tration du musée Calvet a fait 
retirer de l'ancienne église des Bénédictins 
(Saint-Marlial) , la pierre tumulaire de ce 
Baymond de Turennu qui, il y a plus de 

auatre cents ans, porta le fer et la Gamme 
ans la Provence et le Comlal, et dont les 
ruines de quantité de îjhàleaux et de villages 
attestent encore aujourd'hui et les ravages 
et les fureurs (1). 

« Cette pierre était enchâssée dans la mu- 
raille, à la chapelle de messieurs de Canil- 
lac, qui était située près le cloître. Elle re- 
présente un guerrier revêtu d'une cotte 
d'armes armoiriée, la tête nue, les mains 
jointes sur la poitrine. Cette figure, qui est 
droite et non à genoux, comme l'a uit Ho 
noré Bouche (2j, est [)lacée sous une espèce 
de portique {gothique fleuri) également gravé 
sur la pierre. On a,»er(;oit encore le reste 
d'un mastic colorié, dont on avait rempli 

(1) Vou, ce qu'en disent les historiens dp Pro- 
vnnciî, à la dale *le 1589 et années suivantes. 
(2} Hist, de Provence, t. II, p. 425. 



87 



ÀVI 



DICTIONiNAIRE 



AVI 



.88 



le creux, plus ou moins prononcé, des li- 
gnes formant ce dessin. Ce dernier fait ex- 
pliçiue peut-être pourçiuoi Honoré Bouche, 
qui avait vu cette pierre sépulcrale, il y a 
plus de deux cents ans, l'appelle une vieille 
peinture. Deux écussons, aux armes de la 
maison de Roger de Beaufort, sont au-des- 
sus de la tête de Turenne. 

« Quant aux traits et à la physionomie de 
cet homme cruel, ils répondent parfaite- 
ment à ce que nous en apprend César Nos- 
tradamus qui en avait vu un portrait au 
château des Baux : « Ce fléau ae la pro- 
« vence, dit-il (1), ce Got et cruel Altile,es- 
« toit de taille pleine et quarrée, plutôt 
« grand que petit, avait les membres forts 
« et robustes, la tête grosse et ronde, le vi- 
« sage plein et gros, le teint de couleur de 
« miel et tirant sur le bazané : avoit le poil 
« crespe et noir, les sourcils et les yeux de 
« mesme, à l'entre deux des sourcils ayant 
« la chair surenflée, ce qui causait deux 
« plis qu'il faisait en se renfroignant ( ce 
« dernier trait est parfaitement indiqué sur 
« notre pierre), avait le nez tirant sur Pa- 
« quilin, les lèvres grosses et rouges, avec 
« un peu de moustache noire, et ravallée 
« sur les deux gonds ou bouts de Tare de la 
« bouche; le reste du visage et le menton 
« sans poil : au demeurant ayant l'aspect 
« assez fier et agréable tout ensemble, res- 
« sentant à son homme de bonne et haute 
« maison, et qui, facilement, ne supportait 
« une injure. » 

« Autour de la figure du vicomte de Tu- 
renne règne l'inscription suivante en lettres 
gothiques. 

Hic jacet magnificas et potens virque illiistris 
diius RaymuDilus debelloforli quondam cornes 
belloforlis et vicecomes valerne , qui anno 
Oui Mccccxx dicni suum clausit extremum, scili- 
cet die xii<* maii. ejus anima requiescat in 
pace. Amen. 

« Tous les historiens provençeaux ont 
connu 12) cette inscription; qiielques-uns 
même la rapportent, et cependant ils ont 
persisté à dire que le vicomte de Turenne 
s'était noyé en 1399, dans le Rhône, vis-à- 
vis Tarascon, en fuyant le prince de Tarente 
qui le poursuivait avec des forces supé- 
rieures aux siennes. 

« Parmi les historiens, le seul père Pa- 
nin (3), tout en le faisant mourir dans le 
Rhône, à Tarascon, reculerait de deux ans 

(1) HUtoire et chronique de Provence . Lyon , 
Degoud i6i4, p. 5??i. 

(2) César de nostre-dame, lieu cité. — Saxi pon- 
tificium arelatense ; Xqu'is scxlis, 16i9, p. 584. — 
Honoré Bouche, //û/. de Provence; Avignon, 1644, 
l. il, D. 425. — Gaufridi, Uhl. de Provence, l. I, 
p. 270. — Teyssier, Hisl. des papes qui ont siégé 
à Avignon; Avignon, 1774, p. 4i9. — Bouché le- 
JEUNE, Essai sur CHist, de Provence; Marseille, 
1785, t. I, p. 595. Lemodlb de la Lalrière, Abrégé 
chronologique de l' H lit, d'Arles; Arles, i808,p. 261. 

(V\ fiist. générale de Provence; Paris, 1784, l. UI, 
p. 2^0. 



l'époque ae cet événement tragique, arrifë, 
selon lui, en 1401. 

« Cependant il paraît que Raimond de 
Turenne vivait encore en 1W)8 (1), puisque 
celte année-là, il fut absous, par Pantipape 
Btnoit XIII, de toutes les censures qu*il 
avait encourues. Mais la date de 1420 que 
rinscriplion susdite assigne à sa mort, n en 
est pas plus exacte pour cela, puisque Tu- 
renne avait déjà cessé de vivre en 1417, si 
l'on en croit 1 Art de vérifier les dates (2). 
En effet Eléonore, sa sœur et son héritière, 
rendit hommage au roi Charles VI, des ter- 
res qu'avait possédées son frère, le 5 juil- 
let 1417. » 

XVil. 

£; iia|ibe el biographie abrégée du cardiml d*Aigpe- 

fouille. 

{ExtraH du Us. de la BibL Royale. Suppl [ranc., d« 891.) 

a Guillaume d'Aigrefeuille, Lymosin, doc- 
teur en décretz, notaire du pape Urbain V 
fut crée prebstre cardinal au litre de S. Es- 
tienne du mont Cœlius à la seconde création 
qu'il fit à Marseille le douziesme may 1367, 
où il fut crée seul. 11 fust à Tesleclion de 
Grégoire W en Avignon et à celle d'Urbain 
VI à Rome ef à celle de Clément VU à Fon- 
dy, en la campagne de Rome, lequel l'en- 
voya légat en Allemagne au commencement 
de son [)ontificat pour persuader à l'empe- 
reur Charles qnatriesme et aux primas du-* 
dicl pays que ledit Clément estoit le vray el 
légitime pape et partant que Urbain Vi es- 
tait à rejecler; desquels toutefois il ne fust 
receu, ains rejecté et suy virent ledit Urbain. 
Il fust depuis crée evesque cardinal Sabin 
(titre) que souloil avoir son oncle, par Be- 
noist XIII. Et lors il estoit archi prebstre de 
la sainte église Romaine el doyen des cardi- 
naux. Soubzle pontiticat duquel il mourust 
en Avignon, et là enlerré, en Tesglise du 
collège deS. Martial, congrégation deClunv, 
assavoir, en l'an 1405, le xi* liudictpontiliccà, 
avant sa première abrogation au concile de 
Pis.e, assemblé pour oster le schisme causé 
par ledit pape Cléuïent, en France el inno- 
cent sepliesmo à Rome. 

« L'auteur du manuscrit de St-Victordit 
qu'il estoit vicaire du S. Siège lorsqu'il fut 
faict cardinal et plusieurs s'esmcrveilioient 
comme estant si jeusne il avait esté promeu 
au cardinalat el d'aullanl qu'il n'availencore 
atteint l'Age de vingl-huicl ans et n'espiToil- 
on point lorsqu'il y deusl estre advancé, 
mais on disait que lé pape avoit esté meu à le 
faire en considération de Guillaume d'Aigre- , 
feuille prebstre cardinal au litre de Sainte- 
Marie au delà le Tybre, duquel lepapea.voil 
esté compagnon etlamilior lors de sa petite 
fortune, lei^uel, après Dieu disait avoir esté 
1eprincif)al promoteur et auteur de son es- 
lection à la papaulté duquel Guillaume estait 
nepveu, cesluy, portant meismes nom, sur- 
nom et armes, lequel, comme le dit susdit 

(1) Baluze, Hist.pap. Avenio.; t. H, p. 1156. 
(i) An de vérifier les dates, 5* éilil., Paris, iï&4, 
t. il. p. iOô. 



» 



BAI 



n^EPlGRAPttlE. 



BAI 



90 



auteur dès le temps de ses estuae et jeu- 
nesse jusquesa!ors(fut)de bonne renommée, 
de Tie louable et conversation honneste. Et 
disoit-on qu'entre ceulx de son aaze il estoit 
assez suffisant. Il estoit fort beau deTisatge, 
de belle stature et autrement disposé à tout 
bien. 

c Ce cardinal fust du nombre de ceulx de 
sa robbe que Grégoire XI commit pour vérif- 
ier les escriptz touchant les révélations de 
Saincte Brigitte, vcfve dTIphus d*Ulphase, 
prince de Néricie, diocèse de Licope , au 
rojauDie de Suetie» Inquelle estoit décédée à 
Rome Tan 3* du pontilicat dudict pape *en 
r/lge de soixante et dix ans et enterrée h St- 
Laurent de Panisperna, puis transfferée en 
son pajs. Lesquelles révélations traduittes 
de son langage.... en latin auroient esté pré- 
sentées audict pape par la tille de sainte 
Brigitte qui avoit nom Catherine et par le 
confesseur de la deffunte et ce aux fins de 
procéder après i la canonisation ; laquelle 
toutefTois ne fut faite que soubz le pontifi- 
cal de Boniface neufviesme, lequel entre 
autres cardinaux députa Martin Salva, doc- 
teur ès-droitz, évesque de Pampelune et 
référendaire du pape Clément septiesme, 
séant, en son obédience en Avignon pour 



voir le recueil aesdites révélations gu*avaiC 
faictPtinm^f de Turrecremata qui fust de- 
puis cardinal, et ce par Eugène IV*, suc- 
cesseur immédiat de Martin V, lequel ap- 
prouvra la canonisation que ledict Boniface 
avait faict. Clément, le constitua en Pan 
premier de son pontificat légal à (Litomitz^) 
au royaume de Boesmc et aux provinces de 
Trieveset autres situées en Allemagne. Lors 
de laquelle légation il exécuta et confirma 
les lettres de chartre d*Ademarius, evesque 
de Metz, touchant Texceiilion et privilège de 
Tabbaye de St-Arnoul, stctuéc audict lieu. 
Le susdit ms. porte que icelluy Clément 
ayant esté esleu, entre les plus capables, 
il renvoya à Tempereur pour faire entendre 
sa justice. 

« Le tombeau duquel cardinal est presque 
tout ruyné, et ne peut on lire que bien peu 
de molz en son épitaphe : 

Hicjacet reverendissimus dominus Guilielmus 

t Ailleurs on trouve cecy : 

Guilielmus de Agrifolio decrelorum doclor 
presbyter cardinalis Sii Siepliani in Cœlio 
monte qui obiit Avenione sub Benediclo XIU. i 



B 



BAGNACAVALLI, dans les Etals de TE- 
glise. 

I. 

Eglise de Saint-Pierre insilvis. 

Fragiii€ol de ciboire en marbre de Paros, sur i'aulel 6ga- 
lemeDl eu marbi e de P^ros. 

flVedonisFi et sci Pelrl apostoli icmpori- 

btts Dn. Deusdedit Joaiinis umilis ûbépc 

pr fecil per iud. v. 

[Cardinal Maï, p. 185.) 

Il 

lieu incertain.— Cathédrale de Saint-Léon, 
peut-être à iiagnacavalli. 

Sv on ciboire de marlire placé aujourd'hui aux foots 

bapttsiiiaiix. 

t Ad honoré dni lir xFl et scô Di ienilricis 
sempcrque virginis Marie ego quidem Ursus 
peccalor dux fieri jussii. Rogo vos qui hune 
legilis orale pro me Temporibus domno luh. 
PP. et Karoli terlioimp. iud. KV. 

(Card. Maï, 185, 3 ; Muratori, 1962,1.) 

BAILLAY ou Baillet, anciennement Bail- 
LF1L, village î six lieues de Paris. 

Son étatise est déJiée sous le titre de S. 
Martin. 

Au pilier du chœur, on lit cette in$cri))tion : 

Cï-GiST 
Haolèl puissant seigneur messire Charles d'O (1), 
descendu en première origine de la maison de 

(I) Ce nom singulier, composé d*une seule lettre, 
Tient d^m vilkige du diocèse deSeez, en Normandie, 
faire Sécz et Âi|[entan. 



Bretagne, en son vivant chevalier de Tordre da 
roi, gentilhomme de la chambre et capitaine de 
cinquante hommes de ses ordonnances, sei- 
gneur châtelain des ch.Mellenies, terres et sei- 
gneuries de Frauconviile-au-Bois, Buillel en 
France, Bazemont, Avenues, Moliens, Yillers, 
la Muette de Fresne, Loconville, Thibivilliers, 
Moutmorin, Laillcraut, Vecquemont et de Me- 
zelan en partie, tils de très- haut et puissant 
seigneur messire Jacques d*0, qui fut tué en la 
bataille de Pavie, eu son vivant chevalier de 
Tordre du roi, gentilhomme ordinaire de fta 
chambre , et enseigne de cent gentilshommes 
de sa maison ; et de haute et puissante dame 
Louise de Villiers-TIsle-Adam, lequel mesure 
Charles d*0 trépassa en sa maison de la Muette 
de Fresne, le 7 mai 1584, âgé de 65 ans. 
Et haute et puissante dameMagdeleine de TOs- 
piial-Yitry, dame de Galetas, descendue en pre- 
mière origine des ducs de Milan et de Nnples, 
en son vivant femme dudit messire Charles d^O^ 
laquelle trépassa en ce lieu de Baillet, le 22 mai 
i597, âgée de 73 ans. 

Ils sont tous les deux flgurés sur une 
tombe. 

Au soncluairerst une représentation en 
pierre d'un chevalier à genoux avec sa fem- 
me, sur deux pilastres d'ordre corinthien. 
L'inscription marque que c'est Jacques d'O, 
chevalier, gentilhomme ordinaire de la cham- 
bre du roi^ seigneur de Baillet, Franconville^ 
Martin-Ravenel et Vienne sous l'Eglantier ; 
et Dame Anne huilier son épouse; lequel a 
fondéf audit Franconville^ le premier couvent 



91 BAL 

de la réforme du Tiers Ordre de Saint-Fran-' 
çois. Il mourut le 3 janvier 1613, âgé do 56 
ans, et elle le 30 avril 1628, Âgée deâi ans. 
Au bas se ht en latin, nue c^esi Jacques d^Of 
marquis de Franconvilfe, Seigneur de Baii- 
let, (lui a fait ériger ce monument en IGi^. 
iHuRTAUT et Magnt, Dictionnaire de Pa 
ris et de ses environs.) 

BALDOCH, en Angleterre. 

Epitaphe de Reynaud d'Argentan. 
Duos régtise de KalUock. 
Reynaud : de : Argentan : ci : gist : 
[Geste ?] Chapelle : fère : fisl : 
Fu : cliivaler : seynl (e M;irie ?) 
'^•x)doni : lii : pur : Talme : prie. 

(Sainte-Marthe, t. I'% cxvii ) 
BALE, en Suisse (1). 

Ancienne cathédrale. 

1. 

Georgius ab Andlo primus Rector Acad. Basil. Addo 

Doniini 1460. 
Nnbile gemma milii pro avis abavis<|ue décorum. 

Quorum virtutem Tcutona terra stupet. 
Conjunxi doctas clara cum stirpe Camœnas 

Omatu hoc plncuit condecoraia genus. 
Posi, primuftgcssi regalis scepira Lycaîi, 

Jsla quod visum est condere in urbe Deo. 
Nunc niea mens sese cœlesti obleclat in aula; 
Ast hoc in tumulo rooiliter ossa cubant. 

II. 

Aa-dessons. 
Hic jacet insiguis virtnlc insignior omni 
Georgius de Andlo, nohili vir sanguine clarus, 
rraelalorum decus cunctis gratissimus uiius, 
Fulserat hoc Teniplo pariter, et in Leuteiibaco, 
Fgregius ambannn Pru'posilus Ecclesianmi 
Alque in hoc primus Ûoruit dignissimus urbe 
Siudii Rector almi, nunc sine nomine pulvis. 
Sic spes, sic gaudium, sic transit gloria Mimdi. 
Omnibus stat brève et irrccuperabiie tenipus. 

III. 
A gauche. 

D. 0. M. S. 

GATBAEiNiE, IIuLORicHi Comît. Tliierslcinl, 

e 
Rodoin Marchionis Ilachhurgens. 

Landgravii Brisgo.'e, 

primi ex ea faïuilia Rœielx Domini 

Conjugi, 

(1) Les épitaphes que nous donnons ici sont ex- 
Iraiies de Touvrage iiililulé : 

Urbis BoêiL epUaphia et in$criptione$ omnium 
lemplorum curiœ, academ, et atiar. œdium public, 
lat, et german, quitus reliauarum orbis urbium mo- 
numenta et inscriptiones seteclihê. et elegantUs, acces- 
serunt. De quorum usu in prœfatiotie disêeri «r, cura 
et tabore M. JonA!<f?ris Grossi , pastoris Ecctes. Lf^o- 
nard. f6tr/., cum indice nominum et rerum; un vol. 



DICTIONIUIRE BAL 

RoBOLFi Matri, 

WiLHELHi Avke, 

RoDOLFi Proaviae, 

Pbilippi (in quo stirps mascula desiit) A 

multarum ejus sa^culi caUimiUU 

spectatrici, 

Anno post exequias ccxii. 

virtutis ergo 

S. P. Q. Basil. Tcmpliini inslaurti 

ullimi leuiporis 

Anno M D m c. 

M. H. L. p. 



IV. 

Au-dessous de son porirs't. 

Anno Domini m. cr.c. lxxxv. 

xu. Kal. April. 

obiit 

Nobilis Domina 

Katbarina de Tliierstein, etc. 

V. 

Près de la crypte. 

Anno Domini u. cccc. xxvi. 

IV. Non. Martii 

obi il 

Dn. Johannes de Hohenstbip 

Decaniis hiijus Ec- 

clcsi;e : 

Ejus anima requicscat .n pace. 

VI. 

Dans la nef, !li droite. 

Anno M. ccc. lxvii. 

ux. Idus Octobr. 

obiit 

GONRADVS SCALARIVS, 

Archipresbyler hujus Le- 
clesix. 

VU. 

Obiil Strenuus Vir 
Werkuardus de Rotberg Miles. . . 
Anno Domini 1470. 

Vlll. 

Laudibus seternum Pra;sul cclebrandus in s 
Anioldus jacet hic, queni stirps clarissima 
Edidit, et clara vexit ad asthera virtus. 
Lux Praesulum aima, dccens et régula cler 
Canonum eximius floruit et ipse Doctor. 
Arduuni impcnderat paci ubicunciue labore 
Et ndus Patria: scmper zelator erat. 
Cunctis, pius animo, ceu aiter amore parei 
Fato rapttis lugubri annis florentibus héros. 
Obiit et totam replevit Incrymis urbem. 

Auno Domini ii. cccr.. lxux. die 7 me 

IX. 
Anno M. ccc. lxvii. 
X. Kul. Febr. obiil 



>5 BAL 

ThimiiiGcs de Ramstein 

PraeposilQS liojus Eccle»ix : 

^uju8 anima requiescat in pace. 

X, 

Anno Domini m. ce. lxxit. 

Idib. Septembr. ohiit 

llenricus de Nuvvenburc, 

hiijus Ecclesi» Episcopiis : 

Cujas anima requiescal in pace. 

XI. 

Ânno Domini m. ccc. xit. 

XVI. Kal. Aprii. 

obiit 

Gerbaruos de Wipiiice!!, 

hujiis Lccleslae Episcopiis : 

Cuj:is anima requiescal in pace. Amea 

XII. 

Anno Domini v. ccc. lxxxiii. 

111. Kal. Jiinii, obiit 

Dn. BcRKUÀnDus de Màsmu!(Stcr, 

Miles. 

XIU. 

Anno Domini m. cccc. xxxiii. 

obiil 

Arckiepiscopus Mcdiolauensis. 



rEPlGRAPHlE. 



XIV, 

Anno M. cccc. xli. 

lerlia Idus Jauuarii 

ol)iit 

OcFRiOâ de RoFLETO, M^uriensis 

Episcopiis ex Allobrogibus. 

XV. 

Anno M. cccc. li. 

postrid. Epipban. 

. obiit 

RcTer. Dn. Fridericos ze Kbbui, 

Episcopus Babil., etc. . 

XVI. 

Anno Domini m. ce. xc. 
T. die mens. Septcmb. 

obiit 

Reverendns Dominus 

Petrus Rïcii de Richehstew 

Fpi'copns Basiliens. 

Ciijiis aninta requiescat in p .ce. 

XVII. 

Anno M. cccc. xxxvi. 
in profeslo S. Tliom;c. 

obiil 
Reverendiis Dominus 

D. i0HA.^!CE$ de FLEr.KE.^STEl!>(, 



BAL i4 

Episcopns Basiliensis. 
ijus anima requiescat in pace. 

XVIII. 

Anno Ddmini u. ccc. xcti» 
circa festum Quadrag. 

obiit 

Rodolpbus Monacbus, 

Decanus hiijus Ecclesiae 

« 

XIX. 

droite de l^aulel. 

Cbristo ScrvatoriS. 
Des. ERASMO roterodamo , viro omnibTS modis 
maximo, cvivgjncompambileni inomni discipli- 
narvm génère ervditionem pari coiivinclam prv- 
dcntla posteri et admirabvnivr et praedicabvnl , 
Boiiifacivs Amerbacbivs , Hier. Frobeiiivs , 
Nie. Episcopivs, baeredes, et nvncvpaii STpremae 
svx volvntatis vindices» patrono optimo, non 
memori», qvam imm'ortalem sibi editis Ivcv- 
brationibvs comparavit, iis tantisper, dvm or- 
bis terrarvm stabil» super fvtvro acervditis ubi- 
qve geiitivm coUoqvvtvro, sed corporis mortalis, 
qvo recouditvm sit, ergo » boc saxvm posvere. 
Morlvvs est iv. eidvs Ivl. 

iain seplvagenarivs 

An. a Cbrisio na to 

M. 0. XXXVI. 

Dis. Eras. RonnooAUf m amici svb boc saxo oo.^KBAirr. 

XX. 

Devaat le cbœar. 

Anno Domini m. c. lxvii. 

XV. Kal. Seplemb. 

obiit 

Rêver. Dn. Ortliervs de Yrobvbg 

Episcopus Basiliensis, etc. (I). 

XXÎ. 

Chapelle de Saiot-Gail. 
Anno Domini m. c. lxxvii. 

obiit 
Rêver. Hvco de Hasenbvrg 

Episcopus Basiliensis. 

XXII. 

Devant la sainte table. 
Hic sepuHus est 

JOBANNES de YeNNINOEN 

Episcopus bu jus Ecclesise 
Anno M. cccc. lxxviii. 

XXII. Decembr. 
Ciijus anima requiescat 
in pace. 
• Voealur Frincepi pfudenê 

XXIII. 

G. S. 

S.MOIf SVLCERVS 

(I) Epitapbe de 1167, retrource en 1381. 



95 BAL 

TbeologTS 

«dis hvivsce ann. xxxiiu 

vervs vigilaiisq; 

aatisles, 

▼traa. manv vincain Domink 

8vi excoWit, 

Schokin Tbeologicam erexit 

alq ; rexil : 

ûda doeendî adsidvitate 

svspiciendvs, 

viue sanctimonia ei 

Drol}is mortbvs 

imUandvs» 

VixU annos Lxxvn* 

6. An. Sal. cb b xacT* 

XII. Ivni* 

XXIV. 

Dans h nef, k gauene. 

Anno M. ccc. lxt. ult. lonît 
obiit 

I0H4NXES SeMN de MuNSlIfCEN 

bujus Ecclesiae Episcoptis. 

Ejus anima re<|uiescat in pace. 

Honortficse mémorise 

Rêver, el Clariss. Yiri 

D. loH Beatî Helii Bas. 

Qui ciim X. An. Oral. Profess. 

elxxx. An. Gymnasiarcb. 

Ingeniis quaniplijt*ini. 

Virlutis ei Uonor. œdes 

singulari cum dexieriiale aperuissel» 

in cœlest. beaiit. sacrarium 

11. An. et Yi. mens, septuagenario roinor 

sine doloris indicio Cal. Jan. 

Anno M. m:, xx. placide Iranslalus, 

bum. morlalilalis exuvias 

bic ubi sacris interfuil^ 

dcposuit. 

XXV. 

Anno M. cccc. Lxxr. 
▼I. Dec. t)biit venerab. Dii. 

JOHANMKS de SCHELLENBERG 

Canonicus bujus Ecclesiae. 

Anno Domini m. cccc. lxxxth. 

m. mens. Juli obiit 

Hcnncvs de Oberkirch 

Canonicus bujns Ecclesiae. 

Quorum animae r<Hiuiescuui in pace. 

Orate pro iis : 

Quia multum valet precatiojusti assidu.i. 

XXVI 

Obiit 
JoH/u«NES David Capellanus, 
fuudator perpetu;», et 4!iet. 



MCTIONNAIRE 



BAL. 

Missae fratemitatis beatae Mariae». 
bujus Ecclesiae. 

XXVII. 

Iohannes Rodolphds de HALvvLf 

bujus Ecclesiae Canonicus 

et Custos» 

PrxbloFum Ganonicoruroque 

religione et integrilate 

nulle inferior, 

Anno M. D. xxvii. xii. Fc!:r. 

magno multorum bictu 

[^Itciler decessit. 

XXVIIK 

lebovae S. 

JoHANifi ab Vlii 

Wellenberg., etc. Dora. 

Viro 

Vere nohili el stren. 

ptelat. humilii. candore. 

prudent, speciatiss. 

nhistr. Marchio.n. Badensis. 

et Uacbberg. 

Schopfenbeim. An. iv. Prœfecto» 

Badenvvil. An. xii. Satrapae, 

Rœiel. An. xx. Arcbipnes. 

et Annis x. 

Consilîario emerito, 

pie, placide defuncto» 

Filii Par. desîderatiss. 

c. L. p. 

B. ann. lxiu. m. 2. d. 9 

e. ann. cb b cxiix» 

m. iul. d. 5. 



XXIX. 

Deo Exercituum a. 

VDOLPHvs Baro Salicvu de Salis 

quem Avi Rodolphi, Patris Herculis 

avita virtus ad militaris gloriae spem etexit: 

cum xvk xtal. anno in Galliis Dux 

Heurici II. munificentia 

inter auratos Equités altectus esset: 

Venetuni militen» 
Archîsiraiegus prudenter rexisset : 

Divis Caesaribvs 

Maximiliano II. Armamentarit Tribun. 

RoooLPHO U. CbiUarchus ordinar. 

in Senatu, in Castris» 

fidem, prudent, fortit. sum. com probasset : 

Ylriusoue favore auralus Eques; 

Hujus insuper 

Liberi Baronis iilustri tit. œcoratas, 

fessa tand. aetate 

solalîo div. verltatls» puraeque relig. 

Basileae gmio sibi bospit. perfmitus 

In cœleslem stationera septuagenar. proxiia 



96 



BAL 

lento decedit aslbniate. 

Clavma Comivnx 

ei aniiq. Griniellor, Equit. prosap. 

oriunda marito desideraliss. 

M. c. L. parent. 

^. an. Cbr. cl3 lac. Maiii. vit. 

XXX. 

Qoadriennio post, 

Haritiiin desideratiss. secuta 

Clavdia Griiiella> 

Heroina 

Corporis animîqne dotili. 

supra sexuni speciatias. 

aslat. Lxiik 

Gbron. languere exhaastal 

TeraB fidd 

palinam , in Cbrislo Iriumphans, 

obtinuit» 

xxiT. April. M. DC. !▼• 

XXXI. 

Sl€ISMVtfDO A PnRT* 

qftm pvrioris religion, proressio 
ab Ecclesiae Basil, praep. 

arcere non potvit, 

YIro Dobîliss. bistorianrm 

periliss. mecbanicanrm 

art. stvdîosiss. 

¥xor roœrenscTm 

lib. p. 

B. ann. xxciii. 

6. An. Cbrisli mdlxxit* 

Kl. Febr. 

XXXII. 

Anno Dn. m. ccc. lxxxt. 

Kal. Aiigust. 

RoDOLPHos Frowblart 

Presbyter , TbesaHrarius, 

et Canonicus bujns Ecclesi», 

Aliaris civium supern« hujus Gapel- 

lae dotalor» 

cujus anima requiescat 

•in pace. 

XXXIII. 

Bernard v8 Brand Basil. 

armis pariter, togaque clarus 

polit, lillerarixqiie Reipubl. 

omaroentum, 

post Jnris utriiisque licentiam, 

Aquila in Gallias la la, 

Tribunitiae dignitati, ad quam 

Redax ascenderat, 

otii se lilerarii amore subtrahens 

Yarnspurgens. Gomitatul 

per aliquot anno^ praeflcitur : 

Trépidant! înde Reipubl, statut 



DXPIGRAPHIE. 



BAL 

duobus yix, tribusve annts reddît. 

sepiuagenario major 

pestilenti sopore occombit. 

Heu patriae, 

heu uxori , liberisque roopstlss. 

Anno cb. lo xcihi. yi. IJ. Juli 

XXXIV. 

Fermants £sdra8 heic 

Straboq ; conditvr. 

Si pWra qvaeris, audtes : 

Sebast. MTnstenrs IngeHi. 

Tbeolog. et Cosmogr. 

in ter prinu» svmmys, 

Soiennem Asoensionis mem. 

anno sal. hdlii. 

ougor sexag. morie pia 

illrstraviu 

XXXV, 

iEtemitati, 
iOHANNES OPORINYS 

Bas. TfpographTs, 

doctes, operesvs, elegans 

libris innYmeris 

irirlTtTm baerede ex it. 

eooiTge Tnico 

reliclo, 

pvblicis lacryniis, pri?. 

pietate,, 

sexagenar. maior 

Helc cond. 

XXXVI. 

Operosvs OpoRimrs 

beie sitTS est. 

ergo requiescit Arion ! 

dixisse plvra fas nefasl. 

an. sal. imlxiix. 

pr. eid. ivl. 

aet. Lx. 



XXXVII. 

Heus quisquis es. 

Qui claror. Tiror. memoriam colis, 

adesto: 

Et Acad. hujus incl. immo Reip. liter 

îceni doleio. 

Qua 

Samtele Grtneo J. G. Celebbr. 

(Magni iiiius Simouis Filio) 

orbata 

squalore languet. 

At quo Tiro? 

Jus Komanor. annos p. m. xxx. 

magna dexteritate docuit : 

Juris consultor. Infulîs (qiiod mirere) 

'ultra trecenlos etscxaginta 
Quorum magna pars ad Reip. clavuw 



n 



BAL 

Tariii îit lucjg sedet. 



Palriani consUio, manu, llSigua 

prudciiier juf it : 

Hamanitaiem erga omn. peregrinos maiime 

bonorum plaiisn excrcuil. 

Homo (ut niulla paucis) omnium horar. 

H«c si le moveut Vialor, 

lloc unum-saltem', ut, qux iMipersuni, Acad. luinina 

diu vivant, lecum igise precator. 

Amict coliimna )iac et solatio 

privati 

Exig. boc magnai devotimis HoDamenl. 

tnœsii 



p.p. 



1. Ann. Lixiii. e. ann. cb. b. le. 


i-iilPI 


i 
§ 

■^ 

3 


^îîilIlilHlîijî 

i 


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1 


i 

"liJèliÉifsji 

*fs:ris-hl.ilif 

|-'3l. 5iii.ï=îîf 

Hsl-nUum 


1 
! 
1 



XXXIX. 

D. HwKON CEMVSi£( 

Hed.eL Philos. 

et POLVCAKPI OUÏ f 

TTpograpbi : 

ille ixu. Un. M. iil. 
sai. MDxuT. 



AUtE BAL 

bic rero Ht. Hart. d. xiiit. 
■ai. HDuciit. 
pie decessit. 

XL. 

Ch. S. 

Iacobo Sigishvkik) 

E iiobili Trurhsessiorom de Rbeinfelden 

familia oriundo, 

eu m post 

eiactam forliler in mililia 

juvenlutem 

dômes L quieli se dedisset, 

frequentibus Podagrx dororibus 

- exercilalos , 

affiscii corpom languorem 

spiritualis grattx incremento abunde 

resarcivisset : 

tandem 

Cardiaise tyranntde 

eneclo, 

Habia Cleopme Bhenneu 

mariio desideraiiss. 

bumame peregrinat. consorti detideratiss. 



B. AnnnsiT. m. xi, 
o. Anno cla b ctit. Uaii xix. 

xu. 

En libi Vialor, 
UcoBi Meiebi Tbeologi inculpât! 

humaiias relliquiag :* 

Qui Pronvo Henrico Senatore : 

Avo Jacobo Console : 

Paire Itodolplio Senatore. Depot. Acad. 

Annbcb. b. sivi. Basilex nalus, 

a Simone Grynxo e 5. fonte sascepbis, 

rcnascenlis pietalis castra, 

Di ici bu s es ira lis, 
Osvraldo Mjcowa Basilese^ 

Woir. Fabric. CapiLone, 

Hart. Bucero , Argentin» , 

Pbii. Melanlh. Wiltebergie 

provide seculus, 

Posteaquam Ecclesiae Dei domi Torisque, 

aniiisplus minus tL. 

conciaiiando, consolandoque, 

erga pauperes liberalis, ei^a xgrolo* 

oISciosus, 

pari promtitndiiie, deilcrilate, 

constaniia miiitstraBsel : 

ocluagenario p roi i mu s 

e Tuncbri suggegtn apoplexix turbine_ 

non pneler spem v»tumque abreptus 

coclesLîs consolaiLonis gaudia 

fldeiis vigilansqoc «ervus ingressut est : 

Agne Conjuge 

Capiioiiis Glja, Buceri privigna. 

eitius mater Wtbrandis a Rvsenblaii, 



101 



BAL 



DEPIGRAPIIIE. 



Oecoiampadio, primo roariu impu fiierai, 

ciiin sena proie 

manio, pralique pienliss. 

M. c. L. par. 

obiit Anno 1604. 27. Nov. 

Positom a D. Jacobo Zfingero 

XLH. 

- C. S. 

lOBANNI RaHTI?IO 

Ainbi^^o 
Clinico elcgaïUi, Cbirvrgo 

felici 

XL. ann. tst alq. frrctT 

Civit. Rasil. 

qvam sîncerae pielat, stvdio 

ann. sel. xxxii. 

primvin incolere ceperat, 

graliose adeplo : 

qvnc menses vix xi. aed 

ocieniiio minor, 
«vpervixil : 

Tt ihori et peregrînat. sic beati 

qvoqve reditvs soci» 

fidiss. 

lohannea et Gaspanrs F. F. 

Nejicictiii irib. sororib. 

earvniq. maritis 

mœsltas. 

Parenlîbvs desideralîss. 

P. 

Ob. paler xxiii. ian. nat. 

d. barbtoloin. 

Ob. mater xxx. dec. 

M. D XXCII. 

TifpbMi Domino ?i?iis, niiiir fimore fandiiSy 
VîTo magià DouiiuOp diairo>quc eipecio ?ie|JOies. 

XLllI. 

Rie Jacel in cespite Canoiiicus et Scholasticus isie, 
De I>omo nalus moribus et a ne probatus, 
Qui fiiii binominis dicliis Ioanties Ulricus, 

Anno niillesimo cccc. quadnigesiino quarto, 

ni. Januarii roense obiil, quarto die 

Cfii s'a propiiius Deus qui est triiius et unus. 

XLIV. 

flic jacel arte Plato, Cato vi^, Tvllivs ore; 

Verines corpvs alit : sp'.ritvs astra tenet. 
Anno salvt. m. ce. lxxxii. 

XLV. 

es. 

lOH. ^RIII. MeXXIXGCRO, 

Vîro Clariss. 
Qui Senatus Patriae Serin. 
Subinde Reipubl. Arcliivo 

Aiin. XXXI. 
FIde bona, iamaq ; intégra 

pnefuit ; 
Ael. ans, lxit. ex paralysi 



BAL 

apoplectico, 

mœsia Lihb. pieUa 

Par. incompar. 

P. 

M. D. \XC1V. VI. VlIiE. 

XLVI. 

Barra RiE Nicolai 

fœ]nin;e pudiriss, 

Qn;e Guil. Gralarul. M. D. 

Cliristi causa exuleni 

Conjugal! fide comitala, 

Patria Bergamo, ann. xx. 

spouie caruit, 

El ut eundem cœlcsti donatum 

ci vi la te, 

posl. iL an. 

niortalis Exilii 

sequcretur, 

aeternac rcaiituta est pairiaR. 

ËLISARETn GrATAROLA 

aniital. b. m. m. cum 1. 
cb b Lxix. 



XLVII. 

D. 0. y. 

Gtlielxo Gratarolo 

Bergameusi, 

ariium ac medic. Doclori, 

Me<lîciq; filio, 

in Medicorum Basil. Colieg. cooplaU>, 

ob Kclig. exuli, 

coiijugi cariss. 

Barrara Nicolai 

f. c. 

Obiit aeiat. sux ann. ui. 

Cbristi mdlxviii. 

d. 16. April. 

XLVllI. 

Anno M. ccc. lxxvi. 

xviii. Febr. Obiit. 

Ctnradvs de Sogre. 

Capellanus S. Pauli, vit» dcvotissimae. 

XLIX. 

HVLDRICHI ISELII I.-V. D. 

Cultor Jusliiiie fui severus, 

El ver» Pielatis indagator : 

Vtramq ; ad Superos comes secutus, 

Hoc Naios moneo ac seros nepotes» 

Discant Jusiilix*, ac Deo parère. 

0!)iil, Ann. Clir. m. d. lxiv. 

L. 

Epitaphe a* un anonyme, 
Vila abit, morsvenit. 
Fac ci 10, qvod voles. 
Fac bcne, qvod ooiea. 



lot 



103 



BAL 



DlCTlONiNAlRE 



BAL 



104 



LI. 

Anno Boiniiii m. cccc. l. 
quinU posl fesiiim S. Bartholomaci 

obiit 
Veneralnlis et egreglus Yir 

Dn. loUANMEsWlLER, 

Doctor Decreloruni, 

el hujus Ecclesix Decaiius. 

Fjus aiiinia requiescal in pace. Amen. 

LIL 

Anno Domini m. cccc. xxit. 

vigiiia Sancli MallUxi» 

obiil 

Tenerabilis Dominus 

NlCOLAVS SWNER dC 

Lin. 

Epitaphe (THotroan. 
Trinuno S. 
Franciscts HOTM^miTS 
ex an t. el nob. 
OUnannor. famil. ap. Siles. Germ. Pop. 
Lulei. Paris, nalus, 
plus, iuiegerq ; Juris justiliaeq ; 
Anlistes , 
Jus C. Rom. scrip. illustr. 
Valent. Cavarr. el Avarici Bilur. 
ann. mullos docull : 
De 8um. Reipub. consullus 
sap. resp. 
Légat. German. 
Bub. Karol. IX. Franc. Keg. 
prospère gcss. 
Patriam ob civil, bell. sponte lînq, 
In German. ceu Pair. allr. 
conccss. 
Priucipib. cb scient, et prob. 
acceptis. 
Basileœ Rauracor. 
publ. damno luctaque 

plac. fato funct. 
b. An. Lxv. m. 5. d. 20. 
lob. F. amicique Basileai 

P. 

Francisci Hotomani J C. 

roorlales exuvias tantisper 

asservandas» 

du m 

Chrislo jal)enie immorulcs 

exsurgani , 

amici bub boc saxo 

deposuere ; 

loco bonoris ergo ab Acdis 

Curatorib liberaliter 

concesso 

\ixil An. Lxiii. mens. 5. d. iO. 

Obiit prid. eid. 'Febr. 

An. cl3 b xc. 



Gallia progenult : serval Ba^lea sepolimi : 
luieriius eipers ncmeo ubique vigel. 



LIV. 

CàSPARI D'anglvex 

BuNAcvRTii Barouis 

Chastellartii, mortales 

reliqvise. 

LV. 

WVNEBALDVS HeIDELBECK 

Episcopal. Canceliarius, 

obiit 6. Kal. Jan. 
Anno M. cccc. lxxxiii. 



LVÎ. 

D. 0. 

lOAMHES IaCOBVS GrINAVS 

Tlieolog. Celeber. 
Basil. Eccles. quarlvs Anlisies» 
el Acad. Professer : 
Posleaqvam in lviu. annos, 
Roeielx in Marcbion. Bad. 
el Heidelbergae in Palatinalv : 
irOliss. vero Basile» Ravracorvm 
sinipliciiaie cordis, 
sincerilale doclrinae, 
vilxq; inlegritate, 
Gonscienliam Deo 
probasset, 
cvris, laboribvs, senio, 
doloribvs coUcis 
confeclvs, 
tandem lenia febre extinclTS, 
morulitaii avream 
imposvil coronid. 
el in boc Templi 
Xysto 
aelern. beaiii. coronam 

pnesiolalvr. 

m. cal. sept. ann. xyii. 

decimi sept, a Cbrislo nato secvli 

aelai. climacl. viidecimo, 

hoc monum. pro mvnere exiremo» 

gêner, filia, nepotes» 

cvm laciym. p. 



LVII, 

Vialoris S. 

MlCHAELI ISINGRIMO, 

Civi Basil, egregio, acpio» 

Typographo 

industrio, doclissimo, 

Anno 11. i>. LVii Mari. m. iEtal. sus LTU. 

ELIZABETHiE LiNDERiB 

Conjiigi Icctis. 



I«S 



aàL 



d*epk;raphie. 



AnnôM. D. Lxxnx. 7. Cal. Not. st. lut. 

£em fuBClis 
Parenlibas .optimis: 

TDOMiE GOÀEUIO 

Belgae 

Tomco Pallia, obpîeutem 

pTofug<s 

marito dilecUssimo, 

fido aitis Soceri imilaiori, 

aetenueqoe felicit. illius invido 

ànno M. D. xcii. 6. Maji xUt. suae liiil 

e teiiebrîs, in lucem xternam 

migranti, 

Elisabetha Isingrina m. f. 

Coi^ugalis fidei ac sortis 

•bsenrantiss. mœsUss. 

P. C. 

LVIII. 

HiERONtm Ctbionis 

luTen. florenliss. 

lUastriss. Principi Màtritio 

Uassis Landgravio, etc. 

a consiliis intimis : 

et 

Cbrislianiss. Gallorum Regii 

noper designati Gapitaneit 

"ex 

ipso terren. mllit. apparalo, 

in cœlesiero, 

die T. Nartii Ann. Sal. m. k. im 

* »tat. xxxT. 

diev propere rapli 

eorpos 

in terrenam bocce 

Angcljb, CoBLiiB, Felicis, 

c. s. c. Filiarum 

Virg. nobiliss. et casiiss. 

greniium 

deponi coraTii 

Flaminia MaralU, 

mater mœstiss» 

GoMiliîsiiiiictos, I.egalM ad ardas Catto 
Deliciae fueram, l'riDCiplbiis plaçai. 

Prindpibos tilacsisM virts, laos maxin* eerte » 
Sed placnfase Deo, Isos mihi prima fuit. 

LIX. 

Lboni Gtrioni 

Gœliî Sec. F. 

Religionis pnrioris causa 

euro Parenlib. exuii, 

Dobili, ÎDiegro, sincero, 

peregrinalionib. caplivil. laboribus 

attrilo 

jiDiio Cbristi m. dc. i. Oclob. ti. 

aetat. sux ann. lxv. 

extinclo 

Gonjunx el Liberi 

amoris et pieiaiis ergo 

b. m. p. 

DiCTiONN. d^Epigr^phib. I. 



BAL 

LX. 

Simon GariiiTs 
vixi, 
Gbristo nunc 
vere vivo 
Heidelberga îTvenem 
excepit, 
TirL el enrd. 
insirvxit, 
Matbemau pvb. doceutem, 
morbos CYrautem 
fovit ; 
Concordi cedentem Diseord. 
Acad. Basil. 
MorTm Pbilosopbiae 
praefecit. 
Sed Tinrm ebev 
incorop. 
Clara Simelbecbia ro. ctto L 
extvlit 
m. Mon. Septembris 
M. D. xxcii. 

LXI. 

D. 0. M. S. 

AlINJS AoGVSTiB 

Barcardi Gomitis Hobenburgens. 

Filiae 

Rodolfi I. Imp. Aug. Gomit. Habsb. 

Gonjngi 

et foecundae Parenti 

Austriae Principum Sereniss. 

Alberii I. Imperat. 

Matri 

una cum Garolo filio 

Ann. Dn. u. ce. lxxxi. xix. Martii 

beic sepulue, 

S. P. Q. B. 

quû S. banc iEdem nilori sao prist. 

restiiuendam curaret, 

boooris ergo, oirciter cccxyi. 

post exequias, 

b. m. 1. p. 

LXII. 

Anno M. CG. xxxviii. 

obiit 

Reverendus 

in Gbristo Pater 

Henricus de Thon, 

Episcopus Basiliensis. 

Ejiis anima requiescat in pace. 

LXIII. 

Eglise de Saint^Pierre. 

Anno M. cccc. lxx**** 
obiii 



iOi 



tm BAL 

Dm. Petrvs Rot, 
Coosul bujas Urbis* 
Hierosolyuûlanus Eques, etc. (i). 

LXIV. 

Daniel DTHOWSiif 

NobiU PolODUS, 
postquam Basilea» 
Sept. Die Oct. 
Add. Gh. M. DC. XI. 
Anima m Immortal. 
Creator. Reddidis^ 
Exnvias mortales ^ 

beic deposuit» 

LXV, 

Anno 
M. cccc. xxxiiii. XIX. Aag. 

obiii 

Kev. Pater et Domious, 

HoGO Archiepisçopus Rotomagensis 



DICTIONNAIRE 



BAL 

Fraicciscys de Insylâ» 

Nobil.Ligar. 

qui 

postquam sub Patruo suc, 

lob. Baptisu de Insula, Arcbistratego, 

militaris scientix fundam. 

Aquilifer In ItaU 

jecisset : 

in Germania demnm 

Garol. y. Imp. invictisa. 

bellorum Commissarium, 

supremumque annonx miiitaris Prxfeclain 

egisset : 

▼erae tandem Rdig. lumine 

accensns, 

Ghristo militare, 

ejusq ; nomine exulare, 

quam patriis ImhiIs et bononbus, 

in superstitione perfrai 

maluit : 

Obiit XVI. Dec. An. m. d. lxxxi. 

Tixlt An. LYi. m. ▼• 



m 



LXVI. 

Cbr. Sait. S. 
Gvàrnerio- Castillioiieo» 
Nob. Insubri. 
Tiro de mult&s bene merîto : 

qui 

postquam in exUio voluntar. 

quo 

patria» honoribus, opibus 

carere» 
quam impiis superstitionibus 

inaenrire maluit» 

ano. p. m. L. anhni quietus 

Tixisset : 

BOlUt RoNCiJS conjug. Innopentiss. 

cum qua sinejurgio 

annos xlyi. 

Tixit: 

EsTBERjt item Isarelubq. 

filian pnedefunct. solatio 

orbatus, 

mortales exuvlas cum cœlesti 

stola 

commutavit : 

lob. Franciscus Castillioneus, 

Parent, sororumque 

ope 
memoriae mœrens 

P- 
b. annos lxxix. 

LXVIl. 

G. S. 
Sub boc condilur lapide 

(I) n commandait 800 Râlois au combat deGran- 
son» et un corps trés-considérable à Moral. 



LXVIII. 

Trinvno S. 

Theodorys Zymcerys 

Basiliensis, 

CTm 

ex pbilosoptiîa tenebras » 

es arte med. bvmanas miserias 

deprehendisset» 

STinmi boni cognoscendi 

potivndiq. desiderio 

accensvs , 

cbristiano philosopho 

dign. mortis commentationem 

insiitvit, 

vivensqve mortVYS est» 

vt mortYTS Yîveret, 

b. annos lit. v. vii. d. iix. 

* 6 tnn. cbr. cb b xtic. 

vi. eid. mart. 

Aima Fides àbiit, Spes iodobitaU rêcesslt : 
Perfruor, intueor. Soins Amorreaunet. 

LXIX. 

Cbristo (S. 
Gyilielmvs Arragosits, 

Nat. Gallus, 

in Gœl. Patria oriundus» 

in matern. terne Tolosan» tenebr. 

educatus , 

Caes. ac Regius Medicus, 

plur. corp. et animas bostes longo certamina 

expugnavit : 

sed cum ex tali pugna 

bumanis mentis 

Sal. xtcm» Victoria potiri non posset» 

sola Cbristi gratia 



' io cflriestem Patriam revocatas est 
• Ano. ChrisU do b ex. xiii. Maji. 



LXX. 

Lomiimin datori S. 

Non Hennés heic Trismegistus, 

sed acolus Philosophas, elegans Medicos, 

sineerus Theologns, 

Heîdelhergeiis. Acad. Colnmeo, 

Basiiiensis Lomeo « 

eai imCricia sua libéral, rependit » 

docUspiisq; amabilis, 

et 4|MdâdPatritt splendorem facial, 

Helvet Aqoensis 

Thomas EaiSTTS sexagenarins 

oondic 

An. Sal. cid b xxciii. Prid. Kal« lar 



LXXI. 

JEterniiati. 
Ltd. Deioliiio RoscHEroRTio Blesati GaDo 

qp\ 

Vrbis hiijas literar« seceatom 

aulico s^endori Inbens 

anteposiiU 

tîiaeque satur, 

aeiai. an. Lvnu 

X. Mart. 

spiriiiun virtote ac enid. nobilem 

misericordl Patri, 

reliqoias corposcnli 

magns Matri 

redd* 

Tbeod. Zoingerus 

extr. boece 

non mttluum amoris moUii mun. 

b« m. p. 

cl3 b XXCli. 

LXXU. 

Anne Domini 1466. d. 14. Deoemb * 

obUt 

lUostris Dr. loHAjacBS d. Linenfir 

Praepositus Aquen. 



Lxxin. 

Eglise de Samt-Léanard. 

Anno 1459. xi. Kal. Jul. 

obiit 

Du. loHàmiBS de Schwàktzenberc« 

SdiolasUcos Ecdesiae Treverensis. 

CuJQS anima reqniescai 

in pace. 



D^EPiGRAPHlE. 



BAL |I0 

LXXIV- 

Anno Domini m. ccg. lxxxu. 

xuji. Kal. August. 
obiit 
Dn. bAHiiBs EscumiR, 
Presbyler bojus MonasL ^ 

LXXV. 

Eglise de Saint-Marttn» 

Anno M. CCG. lxxx*** 

obiit 

Pyliântts de Eptingeii» 

Eques auratus, consul, etc. 

LXXVL 

Akmo M. ccc. LXX'*- 

obUt 

Strenaus Du* Pktrcs de LAum». 

TribonQs plebis. 



LXXVIL 

Anno 1423. hebdom. ante Martini festoro, 

fatali somno conclus 

obiit 

ComuDTS Hblli^ de Lauffen 

SchafOiuf. 

Decretorum Doctor, 

Acialis primum Gonstantiens. 

pMea Archidiac. Basil. 

LXXVIIL 

NiCOLATS IrMITS 

Sen. Bas. 

belli pacîsque artib. 

danis, 

elvtliorum sub Henrico U. Gall. Rege 

ex foed Archislrategus, 

cum 

et fidem suam sodis, 

et fortitndinem hoslibus 

remm gestar* gloria 

probassel, 

armis invictus 

morbo tandem exiinclas est, 

et patri» quid. ingens sui desid. 

exempkir virtotum civib. 

Lib. deniq; moesUss. 

extremae pietaiis argumentum 

reliquit» 

Anno Christi m. d. lu. 

XY1. Gai. April. 

aetatis suae xliiii. 

LXXIX. 

Eglise de Saint-François. 

Anno Sal. m. d.xxv. 

obiit 

Adàmvs Pétri 

Typographus Basil. 



I" BAL 

LXXX. 

Egliie de Saint^Dominique. 

Ânno M. cccc. lxxit. 
^ obiil 

Gaspard Maiœr Theol. Magisler, 
I^otninicanus. 

LXXXI. 

Obiit frater Hex^ricvs Rtm, 
Magister Tbeol. Anno UM. 

LXXXII. 

Obiil frater Iobànnes Stockler 
de Slndkardia, confr. Anglicac porta 
bic sepultus Anno 1500. 

LXXXIII. 

AnnoM. D« iT. 

obiit 

Frater loBANNBs Wilbelmts 

Lector et Supprior hajus Gonvent. 

LXXXIV. 

Anno Domlni m. cccc. xxxiii. 

obiit 

Frater Hbiiricts de Rtnfelou, 

Magister in Theologia. 

LXXXV. 

Hic obiil lOHANflES WlIfSZIIR, 

die Sabbalhi posl Egidii, Anno 1439. 
sac Gondl. Basiiien. duran. 

LXXXVI. 

Sepuicnim Pétri Diyitis de Ober***'pt. 
et Mezzitij: sororis suae, matris **r** 
lobannis et Pétri P. Sept. An. 1541. 

LXXXVII. 

Obiil frater Dominicvs Gockerli 

Prier Ratisbonen. Ânno 1515. 

18 Septemb. 

LXXXVIII. 

BALTHAS4R Brynjcer, Sacerdos, 

Anno 1516. 22. Febr. 

obiit. 

LXXXIX. 

Anno.M. cccc. lxxi. 

obiit 

Dominus Iohan^es Bvrck4rdi 

Capellanus S. Aiitonii. 



DICTIONNAIRE 



BAL IIS 

XC. 

• 

Anno M. cccc. lxxtiii. 

obiil 

D. NIC0L4Y8 MàNBR de Rynfeldia» 

Capelianiis Ecclesi» Galhedraliâ Basil. 

Requiescal in pace. 



XCL 

OOOARDTS BiSETTB 

ex Trojàna nobilitaie ortue 
singulari ingenio, virtate, Laiinis, Graecisq; liter 

exomalaSy 

dum 

militarem sub Henr. II. Gallor. Rege 

qineslaram exercet, 

quod ingenio, et arte invenire non poterat, 

fide a Cbrisio gratis accepit : 

ac 

bnmanis miseriis exulus 

corporisquc viiiculis solutus 

patriam cœlestem repetens 

cum Uno per Unum nnnc in vila beala 

quiescit, ' 

vitsR curriculum explevit 

annis lxxyi. Basileœ 

zviii. Gai. Aug. 

cb b Yic. 

UNI 

HrEMONI 
TPISATIÛ 

XCIL 

Anoo M. cccc. xviii. die 13. Marlii 

obiil 

Glâra Ritterin, 

liater Rev. Palris Dn. Georgii Episcopi D*** irions. 

Ordinis Praedical. 

XCIII. 

M. 9* 

Quem Gallia omnis, boniq; omnes 

exUncium lugent : 

ciijus pietalem, erudiu yar. 

facund. sing. prud. 

judicii dexteriutem graTÎss. 

Eccles. polit. negoL 

comprob. 

praedicanl omnes «t admiranlar : 

Iacobvs GoTETTê Parlsicns. 

Tlieolog. sincer. 

fidus Ghrisli Minisiër et exal 

gêner, et ingenio nobiliss. 

a 

roullis Principib. vocalns 

summi tandem imperatoris Ttkô^ti 

respondil» 

An. Dn. m. dc. viu. xtiu* Jan. 

xtat. Lxii. 

Parenti optaliss* 



IIS BAL 

Lib. moesliss. 

pieut. exirem. h. m. 

P. 



XCIV. 

Eglise de Saini^Jean de Jéruialem. 

Anno Domini m. d. iy. 

die ait. Mens. Jun. 

obiit 

Yenerabîlis frater Bero de Melchingen, 

Coromendator bujus domus. 

Cujus anima requieseal in pace. 

XCV. 

Anno M. D. T. 

obiit 

Fr. Pbtrts Hygonis, Ordinis S. Johannis. 

Cujus anima requiescal in pace. 

XCVI. 

Dans te cbœar. 

Anno Domini m. cccc. xi. 

in festo S. Jacobi Apostoli. 

obiit. 

Frater HBRMAimrs dietns ze Rin, 

Magisler generalis per totam Almaniam 

Ordinis S. lobannis. 

Orate pro eo. 

XCVII. 

Anno Dn. m. ccc. lxxxt.. • 
T. Non. Junii 
obiit 
Frater Webnhbrts dictus de EPTUiciif» 

Miles. 

Cnjus anima reqniescat in pace. 

Orate pro eo. 

XCVIII. 

Anno Do. m. cccc. lxxxiii. 

obiit 

Talidys Erytints Losel 

et 

PbtROIŒLLA SCHENCKllI.**** 

XCIX. 

Anno Dn. Hé cccc. LX;i 

viu. dfe April. 

obiit 

Tenerabilis frater Iohaunis Losel, 

Magister generalis pêm Airoanise» 

Ordinis S. lobannis. 

Orate pro eo. 

C. 

Egliee des Chartreux^ 

Kombreuses ioicriptiODS de personnages du coodle de 

pftie. 

l'OVU POUTAlfO» nOTOMOTAlRB DU SlINT-SlÉGE. 



DISPIGRAPHIE. 



BAL 



iU 



Vers en son booneor faits par iEaeu Sjrl? lus, plus tard 

pape Pie II. 

Si mille an ttottdem rapuisses nsque Yirorum 

Peslis, adhuc poteram parcere sseva tibi. 
Yivens quo nusquam fuerat praestaniior alter, 

Extinctum potius reddis iniqua lues. 
Quem flelis Leges, quem iletis jura, sacriq; 

Nanc Canones : obiit, quem coluislis, herus. 
Hic vos ornarat, vestras, ubicunque fuerunl, 

Solverat ambages : nunc sine voce jacet. 
Heu voees, beu verba Yiri divina, memovq. 

Ingenium« quo vis nunc tua multa loco est 1 
Heu Romane jaces, quo non Romanior uUus 

Ante fuit, quo nec forte futurus erit ! 
Te pater et cbarus retur modo vivere frater, 

Heu quantos gemitus ille vel ille dabit! 
Te RoMA atq. omnis plorabit Etruria, tcq. 

Tota petetlacrymis Itala terra piis! 
Te nunc Goucilium, te nunc nlulatibus unum 

Ipsa quoq. extinctum quaeritat Ecclesia! 
Heu vanas bominum mentes, beu peetora ca^ca ! 

Cuiq. dies certum est fata dédisse suos. 
Et nos, cum superi statuent, veniemus ad illos : 

Nemo parvm vixit, cvl bona vita fuit. 

Ob. ex pestil. 5. Id. Jul. lempore Coodl. Basil. 

Cl. 

Sur son tombesa est gravé^ : 
Anno Domini m. cccc. xxxix. obiit révérend vs 
in Christo pater dn. Lvdovicvs Pontauvs de Ro- 
ma, vtrivsq. ivris doctor egregivs, s. sedis apo- 
stolicae protoootarivs, cvivs anima reqviescat in 
pace. Amen. 

Cil. 

Anno Domini m. cccc. xxxiii. 

prima Septemb. 

obiit 

Reverendus in Cbristo Pater acf Dominus, 

Dn. Thomas Polton, 

Dei gratia Epîscopus Yigoruiens. 

in Anglia, 

bic sepultus, 

tempore peslis, 

generalis Concilii Basil. 

CIU. 

Hic requiescit corpus 
Révérend, in Cbristo Patris, 

Dr. Iohannis Langdon 
quondam Episcopi Roffens. 

de Anglia, 

ac Sacras paginas Professer : 

qui obiit 

die sancti leronymi, 

Anno Domini m. cccc. xxxiin. 

CIV. 

Anno Domini m. cccc. xxxnr 
quiuto Idus Septemb* 



i 



«^ BAL 

oUit 

RevereDdos In Chrislo Pâter 

Db. FftMicuart Eg^sicopas Comanns^ 

(génère Cornes de Bonis, 

Doctor olriosq ; Jor. 

Cojns anims requescal' 

inpaee. 

CV. 

Anno Domini h. eccc. xxxii». 
22* d. mens. Seplemb. 

obiit 

Re?. in Qiristo Paler, 

Dn. SvEKETS de Gtlenborcsv 

Bei gntia Episcopus Tngeclens. 

Cujus anima requiescai 

inpaee. Amen. 

• 

GVI. 

Anno Bn» h^ gcgc. zxxnr. 

T. Kal. MarUi 

ebiit 

Reveiendiss. in Gbristo Pater 

Bd. ALroNSvs de Gvrillo» 

^ Gardîoalis S. EusUchii. 

CVII. 

Anno Dn. it. cccc. xxxix* 

die Mercur. xix. Aug* 

obUt 

ReTorendiss. în Cbristo Pater, 

Illustrisskutts Prineeps ac Bominas, 

Bn. Ltboiticvs, Patriarcba Aquilegiens*. 

et Primas baliae^Buxq.; de BeclL^ etc.. 



CVHI. 

Anno Bn. m. ccee. xiiii; 
tertia die mens. Martii 

obiU 

Venerabilis Bominiis 

UcoBVS Ztml, CKvis Basil. 

Fandator bujus Monasterii et Tribunus pleK 

Requiescat inpaee. 



BICTiONIlAIRK 



BAL 

Bn. GANGnuoTS, 

Abbas sancti Benedieti Urinens. 

Becretonim Boelor. 

Hie sepuitos 

lempcnesacri generalis Basil GoncilB^ 

Orale pro eo. 

CXI. 

Anno Bn. m. ccgc. Lxxt* 

die 28. mens. Ang.. 

obik 

Tenerabills vîr» 

in Artibas et Medic. egregias Magistet, 

Bif. Hsioiievs Ah 

Gifitat. BasiL Pbysicos 

et stadii llontispessalan. multis annis. 

Oiïiinarias» 

R. I. P. Amen. 



cxn. 

Anno Bomini h. ccgc. xxxTf.. 
..«.. Septemb. 

obiit Venerabilis Bfagisier 

RoBERTvs Galion de Anglia, 

Becrelorum Boctor» 

Cancellarius Episcq^i *"'*^ idi, hic sq^ullus;. 

Orate pro eo. 

exiit. 

Sepultara 
Bomin» Grkdiânjs de Layffen» 
nxiMis quondam Bomieelli Anionii de Eptingi 

qoae obiit 

Anno Bomini n. cccc. lxu. 

die xxux» AugustL 

CXIV. 

Anno Bomini n. cccc. xxxiz. 

d. 22. mens. Junii 

obiit 

lOBANNES PrESGH de ZUCHTEL» 

Ganonicas Coloniens. Biosces. 



CIX. 

Anno Bn. m. cgcc. xxxiii.. 

prima die mens. Aag. 

obiU 

BOVICELLTS BVRCàRBYS ZtEOL, 

fllios fundatoris bujus Monasierii. 
Requieseat in pace. 



cxv. 

Anno Bomini m. cccc. xxxnn. 

xr. Gafc lulii 

obiit 

loHAzmBs Gâtraib de Medioiaiio 

bie sq[»ultus 

Secretarius Bn. GardinaKs Bononiens. 

Gujus anima requiescat in pace. 



ex. 

Anno Bn. m. cccc. xxxti. 

penult. die meus. Mariii 

obiit 

Venerabilis Pater 



CXVI. 

Hic jacet 
qiiondam vererabilis Vir 

10R4!f5ES LE GALOIE 



ilT BAL 

Sacr. Tbeolog. Professer Parisiens. 
Decanas de Salceya 

et Ganoiiicus» ac Prociirator Ecclesûe 

Rolhomagens. 

qui obiit xv. die Maji 

Anno M. cccc. xxxv. 

CXVII. 

Aimo Dbmini m. cccc. xxxir*** 

die Yeneris, ténia mens. Jul. 

obiîi 

Yenerabilis Yir 

Do. Pbtrus de Arsseu , 

Praepositas et Archidiaconus 

Ambeimens. 

Anima ejus requiescat in pace. 

Amen. 

CXVIII. 

Obiit 

Gencrosus Yir» 

Dn. loBAif. de Sancto Cléments 

natione Calhalonns 

Décréter. Doctor egreglus 

Orgellens. Archidiaconus et Canon. 

Anno M. cccc. xxxix* 

XXI. JuL 

CXIX. 

Anno M. cccc. xxxinu 
xxz. mens. Aug. 

obiit 
Yenerabilis Yir 

WlDENLERS de nAMMOEfE, 

Canonicus Eccies. Coloniens* 

Requiescat in pace. 

Amen. 

cxx. 

'Anno M. cccc. xxxru^» 

XV. Januar. 

obiit 

Yenerabilis Yir, 

Dn. Alfonsys Conchensis. 

Hic sepultus 

lempore generalis Concil. Basile 

Orate pro eo. 

CXXI. 

Hîc jacet 

Dn. Peteys MoNERif. 

Canonicus Lausanens. 

Caoellanus et Confesser 

Révérend, in Chrisle Patris 

D. LVDOYICl'SCilsCECILIJS 

(^rdinâlli Xreiatens 

qui oblin. April. 
Anno m. cccc. xluii. 

Concil. Basil, xiv. 



irmGRAPHIE. 



BAL 

CXXII. 

Hic jacet 

Dn. Henricys de Boni» 

Rev. Patris 

Dn. LvDovici Cardinal. Arelatens. 

CapeUanus. 

Qui obiit Anno Dn. m. cccc. xxxix. 

d. XXI. Jul. 

CXXIII. 

Hicjacet 

Magister Ioéannes Antonits 

Pinam. 

Secretarius D. Cardlnalis Arelatens. 

qui obiit Anno m. cccc. xxxix. 

d. IX. mens. Sept. 

tempère S. Ceneilii Basiliens. 

Clericus Rothomagensis. 



CXXIV. 

Hic Jacet 

Càrolvs de YiLiERt 

anonieus Cenomanensis, 

Cobicularius 

S.«i Dn. LvDOYiGi U Se» Cecilise 

Presbyteri 

Cardinal. Arelatens. 

Yice-Cancdlarii Sacr. Basil. Concil 

qui obiit ▼. Aug. m. cccc. xliu. 

cxxv. 

Henricts Arnoldi Saxo 

Prier Monasierii Carthusiens. 

NoUrius Concil. Basil. 

obiit 

Anno Sal. m. cccc. Lxxxnr. 

CXXVL 

Anno Domini m. cccc. xxxit. 

prid. Id. Sept. 

obiit 

DomcELLYS Stoene de Barslape 

Anglicus. 

Ciijus anima per misericordiam Dci 

recuiescat In sancta pace. 

Amen. 



cxxvir. 

Anne Domini m. cccc. xxxyiii. 

xnr. Kal. Septemb. 

obiit 

Yenerabilis CnRiSf iunnys Ioncier, 

Nelarius in S. gênerai. Bi.«il. Concil. 

Ci\[us anima requiescat in pace. 



Il» 



I iO BAL 

cxxvni. 

Anno Domini m. cccc. xlit. 

die Lunae xx. mens. April. 

obiit Honorabilis Yir 

Dn. Ernestvs Stoltzenberg de Elburga 

Presbyier Warmiens. Dîœces. 

Requlescat in pace. 



CXXIX. 

An. M. cccc. XLViii. Sept. xx. obiit Honestus 
Magister BàRTHOLOMiEvs Zimmbrman de Bus- 
choten, S. Concil. BasiL Apostolicar. literar. 
Scriptor et Abbreviator. Resquiescat in pace. 

cxxx. 

Anno M. cccc. xxxiv. 

X. die«April. 

obiit 

Tenerabilis frater 

Magister Generalalus Lesch, 

Commendator domus InRûdikei" 

Ordinis S. lohannis. 

exxxi. 

EgUêe de Vordre teutonique.. 

Anno Sal. m. cccc. lxxx. 

m die S. Laurentii 

obiit 

Fr. Andréas Schmid, 

Commendator huxus 

domus. 

Cujus anima requiescat in pace* 

CXXXJl. 

Arma R. P. D. Ludovici Albmandi, 

S. Scae Ecdesiae Romanae Cardinalis» 

Archi-Episcopi Arelatensis, 

Epîscopi Manguelon. etc. 

Anno Domini m. cccc. xxxfjii* 

CXXXIII. 

Cimetière du coitvent de Saint-Alban,, 
Rina R. P. et Dni. Dni 
Burckhardi, Dei gralia episcopi 
Basiliensis, nati Baronis de 
Hasenburg, Amdatoris hujlis 
Monasterii. A. D. m. lxxxuu 

(Anno Domiui 1085.) 

Renovatum anno m . d . xct. 

Ancien couvent de Sainte-Marie-Madeleme. 

CHRISTOPHORUS 

Dei et Apostolicse sedis gralia 

Episcopus Basil. 

Spei mea crux Ghristi, ^rad'am, non opera^ quaro» 

Anno 1522. 

BALIGNA y à deux milles d^Aquilée , ea 
lllyrie. 

Inscription sur •e c ocner. 
Stiuiim'i sunie boiiû Ds banc tiirrîm accipe donû 
Atisfredi patria quem tuus a propria 



DIGTlOMNAllUEr 



BAR iîO 

Egit amor. Merces sitei, qulcuncta coerces. 
Pax Bit, amena quies, perpetuosque dies. 

{Cardinal Mai, 207, 3.) 

Muratori, p. 1828,2, au lieu de hanc turrim^ 
donne : Deus £. . . « accipe donum. 

BALSHAM (comté de Cambridge), en An- 
gleterre. 

Epitaphe de John Sleford^ 

Evèqoe selon le FordhanCt regUter^ page 686 et présenté 
ici corame recteur et patron^ de Berkkme, mort e» 
1401. 

Johanner Sleford dictus rector, roundoqne relidos 

Bursa non strictus, jacet bic sub roarmore pictos- 

Fautor justorum constans, ultor viciorum, 

Quem Rex Edwardus dilexeral, ad mala tardus, 

Gardrobam rexit illius dum bene vixit 

Ecclesiam struxit banc : nunquam poslea loxiu 

Haec fecit stalla, large fundensque métal la 

Canonicus primo Weliens : Rippon fuit Imo- 

Edwardi festo decessit fine modeste 

Régis et anglonim qui detnlit acta reorum. 

Anno milleno quadrîngeno qiioque pleno- 

Huic addens priraum corpus deducilur ad imomv 

clemens cbriste celos precor intret ut iste 

Nil babeat triste quia pretulit omnibus iste 

{Sépulcral monuments, II, 9-10.) 

BALZIBAL,en Afrigue (cégence de Tunis),, 
à un mille de la localité ainsi nommée (PrK 
mo lapide a loco Baizibal in Africa). 

Se trouvent les inscriptions suivantes ^ 

I. 

• D. NN. Flavio 

Valentiniano et 

Valenti augg. 

muni. Mizado 

Teren • • 

{Card. Màï, p. 263 ; Maffbi, Mtuée d^ 
Véroncy p. 460, 3; Donàt, p. 151, 8.) 

IL 

Salvis et propiliis DDD. NNN. Gratia- 

no Valentiniano Theodosio inviclissimis princi* 

pibus de pa... ex more condit décret. • 

{Card. Mil, 339, 2; Miffbi, Mus! Tér.\ 
MO, 6;DonâT, 222, 5.) 

BANNOS^ district de Valladolid, en Espa- 
gne. 

Eglise de Saint- Jean-Baptiste. 

Praecursor Domini martyr Baptista Johannes 
Posside constructam in aeterno munere sedem, 
Quam devotus ego rex Reccesuintbus amator 
Nominis ipse tui proprio de juredicavi, 
Tercio post decimum regni cornes iiiclytus anno 
Sexcentum decies era nonagesima novem 

[Card. Màï , 102, 1 ; Morales, lib. xn, 
cap. 32; Burmann, Anthologie^ t. II , 
p. 4; Raban Maur, t. VI, p. 219,230; 
Paciauoi, de S. Joh. Bapt.y p. 35; Ba- 
ronius, t. XI, p. 526.) 

BAR^ arrondissement de Grasse, départe. 



ni 



BAR 



D^PIGRAPHIE. 



BAR 



lit 



ment du Var. M. Henry, correspondant du 
ministère de rinstruction publique, a donné 
la notice suirante sur un tableau et une ins- 
cription conservés dans Téglise paroissiale 
de celte ville (1). 

Le tableau en bois sur lequel se trouve la 
peinture a i mètre 75 centimètres de hau- 
teur* sur une largeur de 85 centimètres* Le 
dessin ne prend qu'un peu moins du tiers de 
celle hauteur; le reste est occupé par une ins- 
cription en trente-trois vers monorimes, tra- 
cés en beaux caractères gothiques, en deux 
colonnes. Le style de cette inscription et les 
mots qui la composent attestent la dégéné- 
ration la plus complète delà langue romane 
en Provence à Tépoque où elle a été écrite, 
et ne permettent pas de la faire remonter plus 
haut que la première moitié du xvr siècle. 
Je joins au oessin la copie de cette inscrip- 
tion» telle qu'elle m'a été envoyée par M. Sé- 
séquier, de Grasse, membre du conseil géné- 
ral du département et amateur de (teinture, 
de musique, d'archéologie, comme il seqiia- 
liGe lui-même dans la lettre qu'il m'a fait 
l'honneur de m'écrire en me faisant cette 
intéressante communication. 

Le sujet du tableau est une danse exécutée 
au son du galoubet et du tambourin par des 
hommes et des femmes. Un petit diable peint 
en noir gambade au-dessus de la tôle de tous 
ceux qui prennent part à cet amusement. 
La Mort, armée d'un arc, décoche ses flèches 
sar les danseurs. Ceux qu'elle atteint tom- 
bent à la renverse, et le diable qui les pos- 
sède, figuré par ceux qui gambadent sur leur 
tète, accourt aussitôt à leur bouche pour 
saisir au passage l'âme dont ils se sont rendus 
maîtres. Chacun d'eux place TAnGe devenue 
sa proie dans l'un des bassins de la balance 
que tient l'archange saint Michel, laquelle 
a pour contre-poids, dans l'autre bassin, le 
livre de vie. De peur que l'acte de la danse 
ne soit pas assez fort pour amener la con- 
damnation, un autre démon s'allonge pour 
peser sur le bassin où est l'âme, avec une 
«agnette qu'il tient à la main. Un autre esprit 
malin s'empare deTAme reconnue coupable, 
et la précipite dans la géhenne, figurée par 
une gueule de Lévialhan, d'où s'élèvent des 
flammes. 

M. Sénéquier et le professeur de philoso- 
phie du collège de Grasse ayant eu avis, il 
y a plusieurs années , de l'existence de ce 
tableau, se rendirent à Bar pour le voir« 
« Nous trouvâmes , m'écrit le premier, ce 
tableau placé dans une tribune occupant le 
fond de réglise, et b&ti contre un des murs 
latéraux. Nous en primes l'inscription en 
cwactères ordinaires, et, perché sur une 
échelle, j'en copiai, avec beaucoup de peine, 
les figures; ce n'était qu'en ravivant les cou- 
leurs au moyen d'un linge humide, que je 
parvins à en découvrir les lignes. 

c Nous traduisîmes l'inscription, continue 
M. Sénéquier, et quelques mois, quelques 
vers nous ayant présenté des incertitudes, 

(I) Bulletins da comités du minittère^ février 18ol, 
f. SO. 



des difficultés , mon ami soumit le tout à 
M. Honorât , de Digne , homme versé dans 
les écritures anciennes, et auteur d'un grand 
dictionnaire provençal fort remarquable et 
très-estimé. M. Honorât releva des fautes, 

aue nous reconnûmes et rectifiâmes en face 
u tableau. Cette fois nous calquâmes plu- 
sieurs mots douteux. Nous fîmes plus : mu- 
nis de feuilles de papier-calque, nous mouil- 
lâmes la peinture; nous passâmes de la craie 
sur les contours, et nous en obtînmes la co- 
pie au moyen de laquelle je complétai mon 
dessin primitif. 

« Jusqu'alors, dans le pays, on avait con- 
sidéré cette inscription comme écrite en ca- 
ractères hébreux ou allemands; personne 
n'eu avait jamais lu un seul mot, et depuis 
longtemps ce tableau était oublié. Nous lui 
redonnâmes de la vie, à tel point que, dans 
une réparation de cette église, il a été net- 
toyé, mais sans ménagement et sans précau- 
tion, et avec la saleté on a enlevé une partie 
de la couleur, d 

L'inscription patoise qui suit est accom- 
pagnée d une traduction la plus littérale 
f)Ossible, afin de conserver le sentiment et 
a manière de l'auteur, en faisant remarquer 
que la très-grande difficulté à laquelle cet au- 
teur s'est astreint, en donnant à ses trente- 
trois vers une rime unique, l'a contraint plu- 
sieurs fois de défigurer les mots, poifr leur 
donner cette terminaison forcée. 

* Première colonne. 
paures pecadours haias grât recordâsa 
Que vos mourres làtost non hi fassas doutâsa ; 
E vous ballas souvêl e menas folla dansa, 
E Cases autres mais âbe grant seguransa. 
En vô cargat forment de mortala grevàsa, 
E nô doutas en rë de far grât rebellansa 
Al giât rey iesu* crisl que souslé vrâ slâsa : 
Longamêt a sperat la vostra melhuransa. 
Si vô mourias êsin ses haver reparansa, 
Sensa doute aleû liaurias malahuransa. 
Pesas hi ben souvent, non fassas demouransa 
De vos levar ben prest de tât grada pesansa ; 
Quar si vous enlendias la terribla veniâsa 
Que fara Dieu après la dura separansa 
De vrâ ama doulêt, quât sera en balansa, 
Meravilha séria si nô sentîas treinblansa 
En vostre paure cor e mais en vrâ pansa. 

Seconde colonne. 

Haias grâda paonr, quar cascu jour savansa 
La fin e vostra mort de mala sabouransa ; 
Si ella vous férias en souta deyssoutansa 
Vous tôbarias de tout en grât desesperâsa ; 
E pueis vous ballarias en la terribla dasa 
La quai sapella ben perpétuai cremensa. 
En fasêt plours e crils e grâda bUstemàsa 
De Dieu e mai de vô ses mais hayer cessisa ; 
Aras tât que vives c baves la poyssansa, 
Fuges tât grât perilh e tât giât trabucâea ; 
Quar si vô intrares una fes en tal dansa, 
\ô en repêtires, mas tart s^s pronfictâsa.. 



Iâ5 



BAR 



DICTIONNAIRE 



BEA 



124 



Pregui nre senbour voû donc lai poyssaiisa 
Que aquistes lo ben que dura ses mâcansa 
Ques tout lêps lauses Dieu âbe grât alegrâsa 
Dôt io prîce défera baia grât douleansa. 

Amen. 

TRADUCTION. 

Première colonne. 
pauvres pécheurs, ayez grande souvenance 
Que vous mourrez'bieniôt; n*en ayez pas de doute : 
fit TOUS dansez souvent et menez folle danse, 
Et TOUS faites d*autres maux avec grande assu- 

[rance. 
En TOUS chargeant fortement d*une mortelle gré' 

[vance^ 
Et TOUS n^bésilez en rien de faire grande révolte 
Contre le grand roi Jésus-Christ qui soutient vo- 

[tre être 1 
Longuement il a espéré votre amélioration ; 
Si TOUS mouriez ainsi sans avoir fait réparation. 
Sans aucun doute vous auriez du malheur. 
Pensez-y bien souvent, ne différez pas 
De vous alléger bientôt d*un si grand poids ; 
Car si vous entendiez la terrible vengeance 
Que fera Dieu après la dure séparation 
De votre àme dolente, quand elle sera en per- 

I [plexité, 
Ce serait merveiOe si vous n'éprouviez un trem- 

[blement 
En votre pauvre corps et plus dans vos entrailles. 

Seconde' colonne. 
Ayez grand peur, car chaque jour s'avance 
La (in, et votre mort, de mauvaise saveur, 
Si elle vous frappait, par une soudaine cessation 

[des sauts 
Vous tomberiez entièrement en grand désespoir. 
Et puis vous danseriez en la terrible danse. 
Laquelle se nomme bien perpétuelle combustion 
En faisant pleurs et cris et grands blasphèmes 
De Dieu et de vous, sans jamais avoir de cesse. 
A présent, tant que vous vivez, et en avez la puis- 

[sance,* 
Fuyez si grand péril et si grande chute (trébuche- 

[ment) • 
Car si vous, entrez une fois en telle danse. 
Vous vous en repentirez, mais tard et sans profit. 
Je prie Notre-Seigneur qu'il vous donne telle puis- 

[sance 
Que voâs acquériez le bien qui dure sans cesse. 
Qu'en tout temps vous louiez Dieu avec grande 

[allégresse 
Dont le prince d'enfer ait grande douleur. 

Amen. 

BARBARANO, dans les États de TÉgHse, 
diocèse de Vilerbe. 

D. 0. M. 

Vetvstiori collapso templo 

In honorem beatae Mari» Virginis 

In cœlvm assvmptx 

Dco dicato 



Et novo 

In avgvsiiorem>hanc formam 

Pvbilco aère, popvliqve svffragiis 

Sedente 

Bénédicte XIY. pont. max. benemerita 

lacobo S. R. E. card. Oddi episc 
A. C. marchionibvs 
Francisco sacrati Giraldi 
Alexandre eqvite Vettori 
Gaspare de Terres 
Almae vrbis conservatoribvs 
Terra; Barbarani patronis 
Mariano Aloysio Bemini C. R. vrfo. priore 

Excitato, ornatoqTe, et 
Marco Antonio Grassi . 
Co. Horatio Mariscotti i D. Trb. cons. 
Io. Pavlo de Cinqve ) 
Marcb. Yincentio Origo C. R. vrb. prioie 

Expleto 
Marmor positvm anno sa!, mdccliu. 

BARCELONE, en Espagne. 

Pierre trouvée à la cathédrale^ 

Daos une urae où l'ôvéque Frodoîoas t? ait but meiire le 
corps de sainte Euialie, en 877. 

(Hic) requiescit beata Eulalia mar- 

tiris XPl qui passa est in civita- 

te Barchinona sub Daciano 

préside II. ids. fbas. et fuit inventa 

A Frodoino êpô cum sue clero in 

. . domussi^Mariae[V]Kl. Dotr. Deogras.. 

(Card. Maï, 429,3; Florez Spana lo- 
grada, t. XXIX, p. 31*. 

BAUBIGNY. Village situé à une demi-lieue 
au delà de Pantin et à une lieue et demie de 
Paris, sous le titre de Saint- André, apôtre. 
Quelques anciennes tombes prouvent la vé- 
tusté du bâtiment. Le prieur de Saint-Hartin 
est nominateur de la cure. Voici Tépitaphe 
d*un curé deBaubigny. Le style simple et naïf 
des vers qui la composent mérite -d'être vu. 

Ci -dessous gist de Dieu le léal serviteur, 
Jehan Bruneau^ Prêtre, de Bobigny Curé, 
Clerc de la Chambre, Chapelain de Monsikb, 
Servans à tous tant comme il a duré : 
Par dard mortel fust le corps séparé, 
De avec Tàme Tan mil cinq cent et quatre. 
Le jour treizième de juillet mal paré ; 
Dieu par sa grâce veille ses maulx rabattre. 

Ce curé exerçait à Paris la fonction de 
greffier de la chambre ecclésiastique, et celle 
de chapelain d'Etienne de Poncher, évèque 
de Pans. Il fut assassiné entre Paris et Bau 
bigny. 

(HuRTAUT et MAomr.) 

BEAUNE, q,\x département de la Côto- 
d'Or, en France. 

VîS3. — Eglise Notre-Dame. 
Ci-git-Mons-Jehan-Rfossin, 
jadis-cardinal cvêqueDostun, 



125 



DTPiGRAPHlE. 



BEM 



426 



GC>cccainxx-el-tieit. 
pries-IHei^poor-lai. 

(Ifîâii. de la Soc. arehéol. du Midiy t. IV, 
p. 319.) 

BEC-HELLOUDi, département de l'Epre , 
eo France. 

On a découvert en 1846, dans les ruines 
de FabiMije bénédictine de Beo-Hellouin, en 
Normandie» une t>otto de plomb renfermant 
quelques ossements, et des fragments de ga- 
lons d'argent, et l'inscription suivante : 

Ossa illostrisMinae D. D. Mathildis imperatricis 

iofira majore altare rqierta 2 marii. 1684, in 

eodem looo ooUoeata, eodem mense et anno. 

Cette botte renferme, comnie l'on voit, les 
ossements de l'impératrice Hathilde, ûlle 
d'fleori !•*, roi d'Angleterre et duc de Nor- 
mandie, Teuye d'Henri y, empereur d*Alle- 
magoe, et mère d'Henri II, roi d'Angleterre. 
C'était la petite-fille de Hatbilde, femme de 
Guillaume le Conquérant. Elle mourut à 
Rouen, en 1167, et fut inhumée dans l'é- 
glise du prieuré de Notre-Dame-du-Pré, 
aujourd'hui Bonne-Nouvelle. Ses restes fu- 
rent ensuite transférés de Notre-Dame-du- 
Pré à rabbaje du Bec-Hellouin, comme le 
constate la chronique de l'abbaye. 

{Revue archéologiquef III, p. 690.) 

BEDFORD , au comté de ce nom, en An- 
gleterre. 

EpUaphe de Simon de Èeauchamp comte de 

Bedfordf 

Mort le 9 Juin 1106 devant le matire-aotel de l'église 
de Sftial-PMil à Bedford. 

De BeUo campo jacet hic snb marmore Simon 
Aindator de Newenbam. 



(Sainte-Harthe, t. I,^p. CI.) 

BÊJA, dans la province de l'Alentejo, en 
Portugal. 

Musée ipiscopal. 

liicrlptioB ebréiieBoe da ti* siècle. 

Deposi 

tk). Pav 
U. Famu 

las. Dei. 

Yixsit. 

annos. L. E. 

T. une. requi 

evit. in pace. 

D. m. idus. M. 

arlias. Er 
a. DLXXXU. 

I Tradue^m. 

Ci gtl Paul, le senriteor de Dieu, qui vécut 5! 
ans. Il moanit en paii le 5« jour des ides de 
mars de Tére 562. 

Tannée 582 de l'ère d'Espagne, employée 
dans cette inscription, répond à l'année 54^, 
de J.-C. 

(MuapHT, Voy. en Portugal ^ pi. xiv, n® D. 
et page 335.) 

BhPSM, monastère royal sur le Tage, à 



cinq milles au sud-ouest de Lisbonne, en 
Portugal. 

Ce magnifique monastère a été fondé pour 
les moines de l'ordre de Saint- Jérôme par le 
roi Emmanuel, en 1490, et terminé par le 
roi Jean III, son fils. Au-dessus de la porte 
d'entrée on lit l'inscription suivante compo- 
sée par le célèbre André de la Résende. 

YasU mole sacrum divinae in littore inatri. 

Rex posait regum maximus Emmanuel. 
Âuxit opus haeres regni, et pietatis uterque 

Structura certant, religione pares. 

TraducUonm 

Le roi de$ roh, le grand Emmanuel, fonda sur 
les bords, ce vaste édifice, et le consacra à la mère 
de Dieu. Héritier de sa gloire et de sa puissance, 
sou fils Tacheva. Egaux en piété, ils le furent aussi 
en magnificence. 

(MuEPHT, Voy. en Portugal^ p. 195.) 

BEMFICA, près de Lisbonne, en Portugal. 

Epitaphe du célèbre don Juan de Castro. 

D. Joannes de Castro 

XX pro religione in u traque 

Mauritania stipendiis faclis : 

Navata strenue opéra Thunetano 

beUo 

Mari rubro felicibus armis penetrato 

Debeliatis inter Euphratem et Indum 

naiionibus. 

Gedrosico rege, Persis, Turcis 

une praelio fusis : 

Servato Dio, imo reipubl. reddito : 

dormit in magnam diem : 

non sibi. sed Deo triumphator : 

Publicis lacrymis compositus,' 

publico sumpttt prae paupertate 

funeratus. 

Obiit oct. id jun. anno m.d.xlvui. 

^tatis XLvin. 

TraducUon. 

Don Jean de Castro, 

après avoir exposé sa vie en vingt combats 

dans les deux Mauritanies. 

pour défendre la religion, 

et 8*étre distingue sur mer dans la guerre 

contre Tunis, 

après avoir pénétré en vainqueur , 

dans la mer Rouge, 

dispersé les nations placées entre TEuphrate 

et rindus 

défait, en un seul combat, le roi Gédrosicus, 

les Persans et les Turcs, 

et conservé ou plutôt reconquis Din 

^ à la république, 

repose ici dans Tattente du grand jour» 

plein de confiance en celui 

auquel seul il rapporta ses triomphes. 

il mourut le 8 des ides de juin 

de Tannée 1548, 

^gé de 48 aus^ 



iî7 BEN DICTIONNAIRE BEN i9S 

et honoré des regrets de la nation entière. et Honorii. 

Il fui enterré aux frais du trésor public 4 

YQ son extrême pauvreté. Domino nostro 

(MuRPHY, Voyage en Portugal^ p. 302 FI. Theodoslo 

303.) augusio 

BENA ou Bagienna, en Piémont. . Faltonius Probus 

Oolimo Alypius V.C. praef. urb. 

Fhvio Valeriô ^^''''^' **^ » P- ^^ ^ ^^^^^^^^ P- ^86, 6.) 

Gonstantino nobilissimo Gaesari 

Âugustales Baggieun. ^^* 

ex voio. Socle trouve dans les ruines du Cetpitole ù$ 

{Cardinal Mai, 2i8, 1 ; Durand, Pedem, Bénévenf. 

cisp,, p. 175.) ANICI BASSI 

BÉNÉVENT, au royaume de Naples. Anicîo Anchenio fiasseo V. C. 

Socle trouvé dans les fondations de V église des proconsuK Campani» 

Frères des écoles pies. ^»<« sacia judicanti 

I. • • 

ANICI. BASSI. ,; ; ' ' : ' f®^^*\"' 

A ---^ A u • D V /> ^^"» patria lam inde * 

Anicio Auchenio Basso V. 0. «k ^^il.i^^ 

^ n . j *" origine patrono, qui 

procons. Camp. sup. jud. . ^.^ -u • . 

^ I I- • • omnibus m commun! 

praes an issimo viro. ; est decori Benevent. plebs. (!) 

. . . nomini (ej) us si (ngu) lan .^ ,; , _// ___ 

eximium munus et peculia- {Cardinal Mai, p. 283.| 

re pneter alteros hono- 
res Insigne regio exquili- ^' 
na recte factorum omni- ^^^^ ^^^ boutique devant la grande église. 
um memor Ioc:ivlt. '^' Antonio Marcellîno 
{Cardinal Mai, 278, 1 ; Pratilli, Consul, ^' ^- <^o"»- Camp, patra 
p. 86; Cf. pALÊSTitiNA, pierre trouvée "<> dignissimo ab insig- 
en 1778.) nia bénéficia quibus 

— longa |>opuli tae- 
II. dia sedavit universa 

Devant Véglise, aujourd'hui détruite^ du plebs BenevenU- 

Saint'Esprit. na censuit po- 

nendam. 

justitia admirabili castiiaie conspicuo {Cardinal Mai, p. 283.) 

... asori fori pro. . parle conlapsi în min. 

conditori mœnium, restitutori regionis, y. 

viae novœ repara tori, thermarum commodia- 

nanim restitutori, coUegiorum reparatori, ^^^ ***** muraille de l'église détruite de Saint-- 

porticus Dianœ reparatori, basilic» Lon- "^^^ ^* Fraola. 

gini actotiuspropecivitatis ADELFI 

hostile îiicendiuin conditori Clodio Celsino 

insignia ejus in omuem pro.... in. . . insigni et G. Y. praestanti 

pnecipua que in se et patriam.... mérita benivolentia auctoritate iustitia 

populus Benevent. <^rr. regionum duarum memo- 

ad xlemani memoriam ^bil> ^^ praeteritonim iudicum 
statuam coUocavit. exempla virtutibus omnibus supergresso 

{Cardinal Mai, 293, 3 ; Borgia, 1. 1, p. 145 ; ^^"^^ splendidissimus BenevenUnae 

Db Vita, t. I, p. 271, n. 26.) civitatis patrono dignissimo. (2) 

De Vita a publié en outre une dissertation {Cardinal Maï^ p. 284.) 

sur cette inscription, dans le journal de Pise — 

Diario di Pisa, t. XVI, p. 287. - y,I 

— .... mvictissimw 
111^ Theodosii 

Sur une colonne pris de la maison Lucarelli. H) De Vita, p. xxiu, n. 27; Pratilli., Consul.^ 

DW NNN Thco- **'(2) Mur., p. 1032, 5 : De Vm, p. xxiii, n.22; 

dosii Arcadii Pratilli, Co/isk/., p, 106. 



M) BEM DEPIGRAPIIIË. BES 

ayiniano ioRCius cubai sepulcro lioc SoHNiud, 

dus RuGnus Vir docius, integer, modesuis, ei pius« 

• • . • . errimi ord. Constansque veritalis assertor, scbolis 

slaluam In inclytis, Marpurgiana et allera 

in abditis lo- Nostra bac, Deo Musisque grala, liberûm 

cis reperlara ad privatum Senûm pater, lum nasciluri poslhumi. 

et publicum (loco) celeber- Quanto dolore conjugis mœstissimae 

rimo consiitnendam Lapis sit iste postus, ipsa noverit. 

caravit insislaule YL. firmo. Partum ante quse parem maritum amiserit, 

[Cardinal Haï, 336, 1 ; Donat.,223, 1 ; Db In copia teneliul» prolis pari, 
ViTAy Antiq. Benev.f p. XIX, a. 10.} Obiit aoao 589 m. April. d. 25 set. 58. 



130 



VIII. 
Sous le pont Lépreux^ grande pierre. 

Taieniis et Gratiani auguslor. 
(Mur., 711, 5 ; Cardinal Mai, 336, 6.) 

IX. 

Chœur de Varcheviché. 

Clodius 

Oclavianus 

y. G. de proprio 

Ornatui dédit. 

(Gritt., 193, 2; Cardinal Mai, 336, 8.) 

BENTHEIM,dansle royaume de Hanovre, 
CD Allemagne. 

I. 

S. Gbristo S. 
JoANHES WiERus, nobiU Zelandiae inundat» b- 
niDia ortas, pietaie in Deum, probitate erga 
qoosyis, eruditione eximia^ Medicin», rerumque 
politicanim scientia, usu, felicitate, publicis 
iageDii monumenlis, Imperatorum Caroli Y. 
minislerio, Ferdinandi, Maiimilianî et Rodol- 
pbl singulari gratia, magnorumque per Germa- 
oiam, exterasqkie nationes virorum amicitia et 
testimoniis clarissimus : lUuslrissimi Gliviae et 
Joli» Dttcis Guilielmi Arcbiater; Deo, Principi, 
et Patriae fide, consilio et opéra ad vitas suse 
fioem devotissimus. Quum illustrem Dominum 
Arooldum Gomitem in Bentem; et Teckeien- 
borch sammo gralificâdi studio inviseret, bujus 
Kculi satur, invicu in Gbristum flducia, pla- 
cide animam Deo reddidit, corpus btc ad diem 
oniTersalis resurrectionls déposait, et mœslis- 
fiimam soi desiderium superslilibus ûliis, Tbeo- 
' dorico, Heinrico, Galeno, et Joanni Wieris re- 
liquit, Anne nati Ghristi 1588. meus. Feb. d. 
Si. aiiDO aetatis suae 72. 

Vtv«, ut vwa$. 
(Gros, Supplément aux évitaphes de Bâle^ 
p. 383.) 
A la suite de cette épitaphe. Gros en rap- 
porte deux autres que nous insérons ici. La 
première est sans indication de provenance, 
la seconde appartient à Anvers et doit être 
ajoutée à celles que nous avons données 
précédemment. 



II. 

Epiiaphe de Louis Guicciardini^ neteu de 
François Cruicciardini. 

Magni Lodovici Guic. Pairitii Florent. 

vere magni Francisci Guicciard. Nep. 

quem gemma orbis Belgica 

et urbium urbs Antverpîa 

sortita est Hisloriograpbum, 

temporaneum monumentum hic habes 

Yiator, 

quod Franciscus Suvertius f. 

Yiri de posleritate b. m. pos. 

donec oobil. Fiorentina natio, 

dignom cive, 

roarmoreum et aelemum erigai epitapbium. 

Obiit XI. Kl. April. cb b lxxxix. 

xtat. sa» Lxvi. 

BERGAME , dans le royaume Lombardo- 
Yénitien, en Italie. 

Colonne apportée du bourg de ferdelle au 

Musée de la ville. 



Yalenliniano 

et FI. Yalenti 

devinis fratribus 

ei semper augustia 

devoia Yenetia 

conlocavii. 

'Cardinal Mai, 264, 4; Maffbi, Mus. 
Ver on., 379, 4.) 

BERG-OP-ZOM, en Hollande. 

Eglise de Sainte-Gertrude. 

Epitaphe de Jean Beyerliock. 

Yiator adsia, et quae in rem tuam fient, vide. 

Joannes Beyerlinck ciuis et hurus urbis patri- 

cius, in quà non unum munus cum laude obiui, 

te hic expecto. Fui, praeiui, nunc es, praeibis 

quoque alios. Sic omnes cogimur. Abi, et mihi 

id adprecare, quod optaueris tibi. Obijt anno 

sal. hum. MD. L. Id. Martij Anna de Bie conjnx 

et liberi mœsti posuere. Yiue pius, moriere 

pius. 

(Labbe, Thés, epit.y p. 533.) 

BESSAUCOURT, ou Bessangourt, près 
Paris, dans la plaine de Pierre-Laye. 

L'église est une des plus grandes et des 
mieux bâties de ces cantons-là. Elle a deux 
ailes et une croisée, mais cependant sans 



m 



DiCnONNAlRE 



BEZ 



ta 



qn^OD puisse faire le tour de .*au(el et saos 
grieries. Le chœur est certainement un ou- 
Trtge du xiu* siècle. La nef n*est que de 
deux à trois cents ans; le bras méndional 
de la croisée est aussi du xiii* siècle; Tautre 
ii*esl que du xv* ou du xn*. A rentrée de 
celte église, à main' gauche, est bâtie une 
belle four. Les inscriptions qui s'y remar- 
quent dénotent assez le temps de sa cons- 
truction. Sous Tun des piliers qui la sup 
portent, est une sentence en langue grecque 
écrite en caractères latins, sur une bande 
soutenue par deux anges, et au commence- 
ment se lit. Mil y* xx?ii. On voit aussi au 
portail, sous les pieds d*une image de la 
sainte Vierge, en lettres grecques capitales 
et dentelée, le reste d'une sentence qui 
exprimait ce que nous rendons en latin par 
ces mots : O Mater Dei^ mémento met. Cette 
église est dédiée sous Tinvocation de saint 
Crervais et de saint Protais. On y montre une 
châsse de bois, qui contient des ossements 
de Quelqu'une des compagnes de sainte 
Ursule* lesquelles ont été données par une 
abbesse de Maubuisson. Ces reliaues ve- 
nues de Cologne, ont été fort répandues 
dans Tordre de Ctteaux, dont est ce monas- 
tère. Les vitrages du sanctuaire sont de 
verre très-épais , chargé de quelques cou- 
ches de peinture grise, ainsi que les statuts 
de cet ordre voulaient qu'on en mtt dans 
les ^lises des monastères. Ces sortes de 
vitrages, en forme de grisailles, étaient fort 
en usage aux xn* et xui* siècles. On y voit 
prêtre, représenté à genoux, lequel a fait 
présent de ce vitrage, et son nom au-des- 
sous en capitales gothiques , Mestre Robert 
de Berceueort... Clumoine de Paris. Au-des- 
sous est un panneau ajouté, qui représente 
une abbesse de Maubuisson à genoux, dont 
les armes sont : d'azur parti de sable à la 
face d'argent, chargée de trois merleltes de 
sable. Ce Rooert de Berceucourt était offi- 
ciai de Paris en 1S70, et mourut doyen de 
Baveux. 

Il y a dans le chœur de Bessancourt deux 
tombes ou épitaphes, assez dignes d'être 
remarquées. La première est de Thomas 
Cloûet, prêtre natif de cette paroisse, en son 
vivant procureur au parlement. Chanoine 
de Saint-Hilaire le Grand de Poitiers et de 
Saint-Martin de Montmorency, curé de So- 
rel au diocèse de Chartres, mort le 6 juillet 
15(6. Ou lit rinscription suivante au côté 
droit du chœur : 

C^ giiieBt véaénUes et discrettes personnes, 
WÊemut Pierre de Grooeanx, Etienne Charton 
et pyyppe MenUon, prêtres, curés de cette 
paroine de Bessancourt, qui ont été Pespace de 
plas de trob siédes de nevea en neveu. 

flest ensuite marqué que jnessire Jean- 
Louis Mention, en son vivant, prêire, cha- 
noine de l'église cathédrale de Wissembourg, 
en Allanagne; honorable homme Jean 
Meoticm, commissaire de Police de Pontoise, 
ont lait des fondations dans celte église, 
l'âD 1705. (Hlrtai-t et Magî^y.) 



BETHLÉEM, en Syrie, près de Jérusalem. 

Dans la chapelle de la Nativité, sur une 
étoile d'argent, est cette inscription véné- 
rable : 

HIC 
DE V1RG1!IB MARIA 
lESOS CHRISTUS 
NATOS EST* 

Voyez, sur les monuments chrétiens de 
Bethléem, des extraits des Mémoires de MM. 
de Villeneuve, de Mas-Latrie et Batissier, que 
nous donnons à l'article général de Jéeusa* 

LEM» 

BEYROUTH, en Syrie. 
Inscription tmeimne nonloi* de la vUU. 
T^ xupûi ÔTCft» GYANOIG 

Au Seigneur saint, plein de reconnaissance, 

dédia. 
(Lmi, Noiit.j ann. 1768, p. lX)6; Mai, 

p.âo.) 

Voyez ce qui est dit des monuments de 
Beyrouth, dans les rapports insérés à l'article 
général de JéRusALBM. 

BÉZIERS, dans le département de l'Hé- 
rault, en France. 

I. 

Vers composés par saint Paulin de Nole^ 

Ki eDToyés il 800 ami Solpice Séfère pour être écrits aa- 
deasus des peintures da iMpUstère qa« âalpice Séf ère 
atait fait ooustniire près de réglise de rriiiwififl 
localité qui était près de Bétiers, mais dont oa œ 
natt i>as la situation précise. Dans ces pelntaros 
goraieia saint Martin et aaint Paalia (i). 

Abluitisquicumque animas et membra lavacris, 
Cemite proposilas ad bMia facia vlas. 

Adslal perfeclae Martinus régula viiae, 
PauUnus veniam quo mereare doeet. 

Hune peccatores, illum spectate'beati : 
Exemplar sancUs iUe sit, iste rêls. 

U. 

Dives opum Qirisio, pauper sibi, pnlchra Sevens 

Culmina sacratis fontibus instiuilt. 
El quia caelestes aulam condebat in actos, 

Qua renovarenlur fonte Deoqne homlnes ; 
Digna sacrameniis gemina sub imagùM pinxit, 

Discerel ut vitae dona renatnsbomo. 
Martînuro veneranda virom testatur Imago, 

Altéra Paulinuro forma refert bomilem. 
111e fidem exemplis et dictis fortUms annal. 

Ut menti palmas intemerata ferau 
Isie docet fusis redimens sua crimina nomis 

ViUor ut sit res quam sua cuique salus. 



(1) Ex e^stola xn sancti Paulini ad SnlpicUns 
Severum. Mdesis éd. Veron., p. 195; Hem Rskor- 
Di!i, t. 1, p. 407; L D. p. 146; ALAHAic.,-par. laier. 
p. 81; BoiXAND., t. Vn, Jun., p. 89, 90, 156, 
137, i58, 139, Ui; Baro:«., vrœf. ad Uartffet.^ 
cap. 3. — Mr. 



m 



BEZ 



DEPIGRAPHIE 



BEZ 



f^ï 



UI. 



IHi baptistère. 
Hic lepanuidamm generator fons animanim 

ViTum divino luniine flumen agit. 
SanclDs in himc caelo descendit spiritus amoem» 

Caelestique sacras fonte maritat aqnas. 
CoDcipii anda deum, sanctamque liquoribos almis 

Edii ab aeterno semine progeniem. 
Mira Dei pietas ! peccator mergitur undis ; 

Moz eadem emergit iusUficatus aqua. 
Sic homo eloccasu feiid functus et ortu 

Toreois moritur, perpetuis orilur. 
Culpa pcril, sed viu redit ; i^tus interit Adam» 

El noTus aeternis nasciiar imperiis. 

IV. 

Aox peintures de Tégllse. 
Corpore mente fide casiissimus Incola Ghristi 

Gondidit ista Deo templa Severus ovans. 
Totus et ipse Dei templum ^iget bospite Ghristo 
GaodeDtemque bumiii corde gerit dominum. 
Eece velot trino colit nnam nomine roentem, 

Sic trinum sancta mole sacravit opus. 
Aaplt dédit populo geminis fasligia teciis» 

Ugtbos ot sacris congrueret numenis. 
hoï qaia latorem duo tesiamenta per unum 

Pacta Deom in Cbristo copulat nna ûdes ; 
Isle dnas inter diversi culminis aulas 

Tnrrilo fontemltegmine constitnii. 
Lieta noTOS geminis at mater ecclesia partus 

Exciplat sinibos qoos aqua protulerit. 
Anh duplex teclis, ut ecclesîa testamentis 

Una, sed ambobus gratia fontis adest. 
Lex antiqua novam firmat, veterem nova complet 

In Ycteri spes est, in novitate ûdes.. 
Sedietos atque wmm coninngit gratia GbrisU, 

Propterea medio fons datus est spatio. 
Isde parens sacro ducit de fonte sacerdos 

lofantes nhreos corpore corde babitu. 
Grcomdansque rudes festis altaribus agnos 

Crada salutiferis Imbult ora cibis. 
fiioc senior sociae congaudet turba catervae, 

Âllelnia novis balat ovlle cboris. 



V. 

Du bois de la vraie croix et des reliques. 

IMTionm veneranda tegunt altaria foedus, 

Composîtis sacra cnm cruce martyribus. 
€on€ta salutlferi coeunt martyria Cbristi, 

Grux, corpus» sanguis martyris, ipse Deus. 
Namque Deus semper vobis sua munera servat» 

Âlqne ubi Ghrislus» ibi Spiritus et Pater est. 
Sic obicrux» et martyr ibi ; quia martyris et crux 

Xartyrîi sanctis quae pia causa fuit. 
DiatibQmTitae mortalibus» illacoronas, 

Qoie Domino famulos participant, peperit. 
la cruce fixa caro est aua pascor, de cruce sanguis 



llle fluit, vitam quo bibo, corde la?o. 
Ghriste too coeant simul baec tua doua Sevcro, 

Portilor et tesUs sit crucis iste tuae. 
Garne tua vivat, tuus ilii pocula sanguis 

Praebeat, in verbo vivat agatque tuo. 
Quaque tuum socio Marlinum ascendere daro 

Vidit» et ipse tuo munere iunaus eat. 

VI. 

Des reliques. 

Pignora sanctorum divinae gloria mensae 

Velat apestolicis édita corporibus. 
Spiritus et Domini medicis vîrtulibus instans 

Per documenta sacrés viva probat cineres. 
Sic geminau piis aspirât gratia votis, 

liifra martyribus» desuper acta sacris. 
Vota sacerdotis viventum et commoda parvo 

Pulvere sanctorum mors pretiosa lavât. 

{Cardinal Mai, p. 171.) 



VU. 

1123. — Sainte-Aphrodùe à Bézien. 

Praesulis hic almi sunt condita membra Geraldi 
Hic vir honestatis et mirae simplicitatis 
Moribus omatus fuit et flos lUtemeratus. 
Hune meruit florem Cacianus babere priorem. 
Hic spéculum terris, fit praesul in urbe biterris 
Eximitur membris quinla sub luce novembris 
Quo Deus in pannis jacuit vergentibus annis 
Bis quingenlis centum tribus et duo dénis 

Géraud» évèque de Béziers, abbé de Cas- 
san avant 1106, où il fonâa un hôpital et une 
belle église. Né en 1070 il mourut e^ 11^3 
6t fut mis au rang des saints. 

(Mém. de la Soc. archéoL du Midiy 1. 111^ 
p. 105.) 



VIII. 

ti87. — Eglise Sainte-Aphrodiie à Béziers. 

Moribus omatus abbas jacet bic tumulatus 
Vir bonus et gratus, Petrus fuit iste vocatus, 
Largus, discretus, omni bonitate repletus. 
Ut decuit letus agnus, leo morte quietus 
Ut deus adàit ei, summe quoque flos speciei 
Mater virgo Dei, die : miserere mei. 

Addo domini MCaXXXVII, YIII idus Jonii obiit discretus 
dominus-Petrus Veziani abbas bujus ecdesie. 

Qui tumulum cemis, cur non mortalia spernis, 
Tali namque domo clauditur omnis homo. 

Die : pater noster. 

L'élection de P. de Vézian (1265) occa- 
sionna un conflit entre le chapitre de Sainte- 
Aphrodise et l'évêque de Béziers, qui se 
plaignait qu'eflle eût été faite sans sa partiel^ 
nation ; elfe fut cassée, et Vézian réélu avec 
l'assentiment de Tévêque. 



1S5 BOG 

DUcrettês dominus est un titre peu usité 
pour un abbé. 

IMém. de la Soc. arckéol. du Midi^ t. III» 
p. 215.) 
BISOGNËouPisoGNB, au diocèse de Trente, 
dans le Tyrol, Empire d'Autriche. 

Sur la muraille de V église. 

Ad honore Dl et scT Zenonis lôE* pbf* hune or' 

edificavl. 
f loh pbr aedificator titu- 
li hic optât reqiiiescere 
tûïblo. DS ilH donet secum requi- 
em. Félix sil ilii mansio. 

'Cardinal Mai, p. 166; Tartarottus, Me- 
mor. anliq. É{oboret.^ p. 66, qui legit 
sanctam requiem; Muratorivs, pag. 
1889, % seu requiem. Idem existimat 
pertinere inscnplionem ad médium 
œvum, quo tempore vocabulum titu- 
lus designare consuevit templum ali- 
quod, semper fere parochiale.) 

BOCJNO, l'ancienne Volceia^ en Lucanie. 
royaume de Naples. 

Fragment d'inscription trouvé récemment^ 

. • Sacro d(!. nn. Constantini maximi veneren- 

dissimorumque Caesarum 
Yulceianae ciTiialis Acilio severo et YettioRaflno 

cens. Peturci 

. . Paco. . . ana. M. D. CGCCXCI. 
. . XL. F. Macerianus. M. L\l. 

• . X. F. Marcellianus. M. LVL 

• • X. F. Mlcerianas. M. XY. 

• . YI. F. Casinianus. M. X. 
. . YUI. K. Oppiana. M. XI. 

. • XY. K. Poslumia. M. 1... 
. . LXX. Jag. quinquaginta. M. III. 
. . XVm. Paco. Forensi. M. D. CGC. YlII. 
• . . XI. F. Pubiicianus. P. M. XI. 
. . XVI. F. Pescenianus. P. M. XIII. 
. . Illi. F. Pupianus. P. M. YIU. 
. . . YI. F. Agelfus. M. Yllll. 
K. YeUiana ... M. XYUI. 
F. Fuflcianus. G. sal. 
F. Gurianus. M. XVllL 
F. Furianus. M. XL. 
F. Agellus. P. M. X. 
F. Agellus. inf. nob. M.. X. 
F. Medanus. M. XYI. 
F. P. . •'nianus . . . XLYII. 
Paco. Naraoo. M oo G. LXXXUI. 



an 



Pr. Sicînianus. G. P. M. GXX. 
F. Yisupianus. M. XX. 

K » V. . • • • US ...... aAAU. 

FF. . . vanus. M. XL Y, 
P. Ferocianus. M. XII. 
F. Gastra. . . . M. XXIIII. 
F. Fornianus. M. XXYI. 
F. Modianus. M. XYIII. 
K. Gorviana. M. XII. 



DIGTIONNAIRE BOL W 

F. Pecuriaria. G. Per. XXYIII. 

F. Glodianus. M. XXYI. 

F. Spetianus. M. XI. 

F. Yenerianus. M. XXIHI. 

F. Auricius. M. XXYUI. 

F. Gampus. Nar. XXXX. . • 

F. Giceralis. M. XXX. . . 

Paco. Aporiana. • • • 

F. Muscinianus. M. .. . 

F. Luporianus. M. '. • 

F. Geronianus. M. • . 

F. Oppianus. M. . . 

Paco. Trasim. • MDG. . »^ 

K. Gedriana. M. X. . . 

F. Gesiuianus. M. X. . 

F. Yivianus. M. X. . 

Fab. Augustaliana. M. X. . . 

F. Yiscileianus. M. LX. 

F. Paterianus. M. XX. . 

F. Vene • . . nus. M. X. . • 

F. Gecîn .... M. X. • 

F cisus. M. X. . 

F. . . Ulpi. . . • 
(Cardinal Haï. 232, i ;tiRUTER, p. 209, 
2.) 
BOLOGNE, dans Jes Etats de TEglise, en 
Italie. 

I. 



f Ghristus f rex 

f venii t in f pace 

t et f Deus t homo 

t fatus t est f 

(Hardouin, Opéra selecta^ p. 648; Blar* 
coLiNi, Ecîes. vtre.f t. III, p. 199; 
Mai, p. 6.) 

II. 

Eglise de Sainf-Etienne. Dans la cour. 

(ïD)* siècle.) 
[Ab] umilibus vota suscipe dominis nostrîs Linl^ 
pranl et Ilprant regibus, et D. N. Barbata 
episc. sanctae eccl. Bonnss. hic ihl saa 
praecepta obtulerunt, unde hune vas in- 
plealur in cenam domini Salvatoris. 
Et si qua muiia G. mînuerit DS. RQ. 

{Cardinal Mai, p. 192; Muratori, p. 
1840; Marillon, Iter Italie. ^ 1. 1, pag. 
198; Ughblli, t. Il, p. 112.) 

III. 

A un mille de la ville^ au lieu dii La Bbrta- 
LIA, sur une colonne. 

DN- FI- Yalerio Go- 
nstantio pio feli- 
ci invicto augu. 
Fi. Yalerio Constant! d- 

ivi augusli pi! filio 
Bono LXXYII. reip. nato. 

DD* NN* Magno Maximo 



IS7 BOL 

et FI- Yictorî piîs 
felieibus perpeUiis 

semper aug. 
boBO R. P. natis. 

{Cardinal Mai, p. 254; HAFnu» Mu$. 
Veron.j p. 106.) 



IV. 

Hors la ville. 

Benemerenti 

martyrie filie 

qast vixit ann. XIID. 

dies Tl. defuDcta est 

im Kal. jimias in pace. 

{Cardinal Mai, hk% 5.) 

V. 

Grana mUel des PP. Chartreux 
Cantabria 

Serena 

Gonslaotia 

bona femina 

qae Tixit ann. xxxTini. 

M. m dies yn. 

{Cardinal ](f ai, 422, 9.) 
Voyez <f autres inscriptioDS de Bologne, 

article Roux, chap. YII et VIII, Epitaphes 

ia tnartyrt. 
On lisait autrefois sur rancieune porte 

Sainte-Marie de Bologue : 

VI. 

SitilHINikrt domns, si splendiaa'mensa ; quid inde? 
Si spedes aori, argenti quoqiie massa ; quid inde? 
Si libi sponsa decens, si sît generosa ; qaid inde? 
Si tibi sint nati, si pranlia roagna ; quid inde ? 
Si foeris pulcer, fortis, divesve; quid inde? 
Si ioogus senronim inserviat ordo ; quid inde? 
Si doœas alios in qualil>et arte ; quid inde? 
Si fa?eat mundus, si prospéra cuucta ; quid inde? 
Si Prier, aot Abbas, si Rex, si Papa ; quid inde? 
Si rot» fortunae le toilat ad astra ; quid inde? 
Si felix annos règnes per mille ; quid inde ? 
Tam cito tam cito prœtereunt hxc, ut nihil inde. 
Sola manet virtus, qua gloriflcabimur inde. 
Ergo Deo serTÎ, quia toi tibi provenit inde, 
QaoïXecisseJKOles-ia iempore que moriecis, 
Hoc facias juvenis, dum corpore sanus haberis. 

(Gros» Supplém. aux inscripl. de Bâle 

p. 489.) 

VII. 

biSC&IPTIOllS Uf L*H0iaiEUR DU VhX% BsifOIT XIV, D*A 

Boa» CAïAiiiAL PaosPER Lambertini (1) 

(i) Ces inscriptions sont extraites de Touvrage du 
laTant Galletti, Inseriptiones Bononienus ; Rome , 
1759, in-i«. Nous donnerons,. à Tarticle Rome, les 
inscriptions concernant les papes, les cardinaux et 
lesévéques qu'a donnés la ville de Bologne, inscrip- 
tioos qui forment la majeure partie du recueil de 
GalletU. 

DlGTIONlf. D*£PI6RAPHIB. I. 



D^EPIGRAPHIB. BOL 151 

Chapelle de Sainte-Marie de Craliera. 

Sur le mur. 

Or^torivm hoc 

Deiparae in coehm assvmptae 

et S. S. 

Philippe Nerio et Barbarae V. M. 

Dicatvm 

ab em. et rêver, domino 

cardinale prospère Laml^ertino 

Bononiae archiepiscopo 

solemni benedictione 

inavgvratvm fvit 

die décima tertia avgvsti 

anno domini m. d. ce. xxxiii. 



VIII. 

Eglise cathédrale. 



A gauche. 

Bononiae 
archiepiscopvs 
et S. R. 1. priaceps 

A. D. MDGCXXUY. 



QnùAe chapelle à droite. 

Sacellvm hoc 
magniûce resta vrari 
et elegantivs 

oruari ivssit 

An milieu. 

Prosper 

T. S. Crvcis in lervsalem 

cardinaiis 

de Lambertinis. 

IX. 

Eglise des Saints-Jacques et Philippe, pris d$ 

la Savenne. 

Sur le mur. 

D. 0. M. 

Ecclesia haec divis lacobo et 

Philippe apostolis dicata 

cnn ab antiqvo, cvivs initii memoria 

non exlat popvlo hvic tanqvam 

parochialis inservierit svmma benignitate 

emi Prosperi cardinaiis 

Lamberiini Bononiae archiepiscopl 

fvit ad archipresbyteralis ecclesix pleb. 

honorem, et characierein evecta 

et bapiisterio donata svo décrète 

svb die xxii. decembris hdccxxxv emanàto 

vti leslanivr tabulae ser Antonii 

Manni notant actvarii fori arcbiep. 

ad.m R. D. Anionivs M.» Franceschelli 

primvs hvivs ecclesiae archipresbyter 

m grati animi svi tesseram erga tantvm 

k>eneractorem aetemvm dédit hoc 
•monvmentvm die xxii. martii mdccxxxvk 

X. 

A l'église cathédrale. 

Par terre, dans la chapelle de la Saiote Eucharistie. 

Prosper card. Laml)ertinvs 
arcbiep. Bonon. et S. R. 1. pceps 

5 



IM BOL 

post eredam are svo arâm 

divo ignatio hoc sibi 

et faniiliae vivens posyit 

Étmo diii. H. ». Gc. xxxTii. 



XI. 

Au collège Montalto. 

Sixii V. ponU opt. max. 
niTnificent q?ani animo svo aieiisvs est, 

fvndatoris • 

si qvid desideralMilvr, accessit 

totivs coUegii commodvm, ornatvs, reparatio 

svb avspkiis Emorvm, ac Revînorvm D. D. 

Annibalis Âlbaiii cardiis tit. S. démentis 

episcopi Sabinen. sacrae R. E. camerarii 

magni ex Clémente XL, ex se maximi 

protecloris 

ac Prosperi Lambertini cardîis tit. S. crvclSln mlïlfeiii 

S. R. Imp. [)rincipis, et arcbiepiscopi BèvMMiien., 

sibt vni aeqviparandi 

ab £mo proiectore del^fi 

visitatoris 

lUmo, ac RnTo D. Lactatizio Felice Sega 

sac. tbeol. doct. colieg. metropHe praeposito 

viceprotectore sfectaliaiiifM) 

anno doRiini hdccxxxyii. 

KU. 

Eglise de Sainte-Marie-Madeleine de Galiera. 

Mur de la sacristie. 

Aedem. hanc 
in. qva. B. Imelda. ex. Lambertina. familia 

qviescit 

A. fyndamentis. in. splendidiorem. formam. redactam 

X. kal. decemb. an. rep. sal. é. ». ce. xxxix. 

solemnS. fit?, sacravit 

Prosper. S. R. E. Cardinalis. LaiâMfIfnys 

Bononiae. arcliiepiscop?!( 

nono. deinde. Mehfie 

svmmvs. poniifex. etèetas 

Beoedicti. XIY. noftntnef. stmfM» 

rempvbiicam. chrlstiMiâtii 

solicita. proYideiiiia. et eàriliie 

moderatvr 

XIII. 

Salle de Voratoire de la congrigaiion de 
Sainte-Marie de la Mort. 

Sor le mur. 

D. 0. M. 

Qvod 

Einvm et ttmvm B. Prospervm cardînalem 

Larobertinvm 

patritivm et archiepiscopvm Bononiensem 

ad svmmytn pontificatym 'etexerit 

confratres S. Mariae de Morte 

de tanta tanti eorvro confratris dignitalo 

sîbimet pne gavdio plavdoDle^ 



BKTHKOiAIRB 



BOL 

débitas gratiai 
persolvvnt 



141 



xrii. 

Hôpital délia ^ta. 

Sur lé mur. 

D. 6. M. 

Benedictvs. xiy. pont max. 

chinrrgicas operationes 

in BonoDieosîbvs atchinospcomiis 

qyotaimis pvblice demonstrari ivssil 

ectissimam ferramentorym sypellectilem 

perpetyo bic asservandam 

adiccit 

demonstran^î nivnvs 

annYO constitvto s^ipendio primym 

Peiro Pavlo koilh(?nR) 

pbil. med. dbcf. ebllcgialo 

chir. profes. prb. demandavit 

aniib iniccxtji. 



IktV. 

D(vi^ ili riff (^* Jfa/coiUefi<f . 

Autour. 

Q. 0. M. 
a S. Pio Y. 

catechvmenis paratam 

Benedictvs XIV. P. M. 

hvc transterri ivssit 

aoQO Dm i|iK:ciMi. 

XV. 

A régiis0 çmbédralê. 

A U (ilMe MllSt#uttê pÉr le tUttimi 

a. 0. M. 

BèMeàibif^ i\y. p. k. 

pM èxlitihi sSrà in pàtriatn bènefféentiÉ 

Véii. càpyt S. Petroirii 

èx iede S. Stephani edfctvtii 

hvfc avgysi» molfè teinplo 

fù tionorem éyi qtondam episoopi 

a bonontensibvs exdt^lb 

pérpetTo habendmi addixît 

pompclvs card. aldroyandys 

oro sva in commvnem yrbis patrontÉi 

religione 

sacro pignori honoriûce cvstodiendo 

b'cellvm extrvxit éniiiif^i 

éi ihuxo ceràr dotà'Hl 

tvoivlo ibidem sîbi 

Mf éwiiië ticis omnibys oonsUM» 

an. rep. sal. 

UWXXLIU 



u 



141 

XVI. 

A rhâpital éUla fita. 

Sur le OHir. 

La S. di N. S. Beoedelto XIY. felic. regn. 

ha voila a qvesio spédale di S. Maria Délia Vila 

L* eredila del Q. Âlfonso Cesari 

destinata i{ia per fondare vn nvovo 

ndla parrocchia di s. mar. roascharella 

obligando nel «to ehirographo u. Wg. mdccxlti. 

maiilenere sei leiU per gf infernii di detta parnî 

far cekbrare in yna délie infermarie 

la messa ogni giorno per 1* anima del testre 

pagare lire qvindici a detla parroccbia 

<)er la mvsica ogni prima doroenica del mese 

e tenere ne sabati lampade accesa 

aïiir \ma^ne di Mâr. Yêrg. che era nel porlico Cesari. 

come oegli atli di sig. Gaspare SacchetU nôt. arcivês. 

XVII. 

Egliêe eaihédrale, 

Porle iatérieore. 

D. 0. M. 

BenediclTs XIV. 

Font. Max. 

Boooni» arcbiepisc. 

melropolit. hoc lemplum 

teriia ferme parte 

ampliavit 

atqve inlvs et foris 

magnifiée exornatum 

preliosa svpeliectili 

Gopiose avxit 

anuo domini 

MDCCXLYII 

XVIU. 
SaUe au palai$ LamberHni. 

Sons an portrail de BenoU XIV. 

Prospero 

de Lanibertinis 

Marcelli fiUo 

AwnrAi 8?avitaie ingenif splendoire 

sacror. can. péri lia 

plvrib. svounis pootificib. 

accepiisalmo 

a Benediclo XUl. 

caid. tilvli S. Cnrcig in lenisalem 

et Ancooae episcopo 

ere^lo 

a Clémente Xll. opu max. 

Bonon. in arcbiep* reDvntiato 

ik irero xvii. augus. poniifici creata 

anno m. dcgxl. nomine Benedicli XIV 

Eganv» 

loan. sénat. Illivs sénat. Bononien. 

patnro beiiemerenii 

M. P. 

anno. mdccxlvii. 



BOL 



141 



XIX. 

Oratoire Sainte-Marie du Saint-Amour ^ dan$ 

a rue Saint-Félix. 

Sur le mur. 

Aposlolicas missiones 

Ylillime ad Jvnivm an. mdccslvii. habenie 

P. Leonardo a Poriv Mavrilio 

ex minoribus obsenranlibvs reformatis 

Romx demym piissime svblato 

qvx ipso ivnc promoveule inavgvrala fvit 

congregaiio B. M. Y. Del Santo A more nvncvpala 

die XXV. maii udcclii. canonice iiide firmala 

eadem comparalo svo acre ad diem xi v nov. mdgcxlvii 

boc loco ibi qvoqve propriis impensis 

sacellvm boc a fuiidamenlis excilavit 

Deoqve opiimo maximo 

in bonorem eivsdem 

inlaclx Virginis Deiparse 

svb lavdalo lilvlo dicalvin 

solemni Penlecosiis die secvnda Ivnii mdccilviii. 

Benediclo XIY. Lamberiini P. 0. M. régnante 

effusa gralvlalioue apervil. 

XX. 

Au palaii dei Magistrats S0us un buste de 

BenoU XIV. 

MDCGL. 

Adroite. À gauche. 

Nibiicarius, Kihiï negat 

Benediclo XIY. Pont, inaximo 

qvod annva pnegrandi pconia 

monli Iviio solvenda civilaleni liûeraverit 

idicis aliorvniqve torreniivm alveos 

ad calainilosissiinas exvudaliones 

lollendas arceodasqve 

xre svo maximo fodi ivsseril 

medicinam el Gauzanigvm 

svb Bononieusium ivra redsgeril 

aliaqve innvmerabiiia 

in senaivm in scientiarvm iuslilvtvm 

in palriam vniversam bénéficia cimlvleril 

S. P. Q. B. 

XXI. 

Hors de »a villef auxjûortiques qui conduisent 
à l'église des (Jarmes éUchaussés. 

D. 0. M. 

Benedicli. XIY. P. 0. M. 

liberalissima. largilate 

ultro. exhibiu eu peramanier. impensa 

Carmelitse. Discaiceari 

svpremo. henefaciori. siemvm. devinctl 

qvolqvou exlant. proprii. ivris. portievs 

bellorvro. ac. lemporvm. inivria. deformalaa 

pvblico* inlenU. comœodo 

reformandas. cvrarvnt 

anno. reparaiœ. salvlis. cidijcc. li. 

pontificalvs. vcro. SiDiiclissiini. palris. xi. 



149 



BOL 



XXII. 



DICTIONMÂIRK 



A Véglise des Mineurs conventuels. 
Chapelle de Salnl-Françoii. 

D. 0. M. 

hoc secvndvm aliare 
omnipolenti deo in bon. S. Francisci ereclum 

privilégie 
in die omnivm fidelivm defvnct. acper eonimoctayam 

et in qvolibet sabbalo 

pro iisdem defvnciis ad qvoscvmq. sacerdotes 

' cvm nvmero qvalvordecim mille inissarvin 

qvoiannis in bac ecclesia celebrandanrm 

a Benedicio PP. XIV. dte x. hlii mdccli. decoratum 

ac vigorebrevis eivsdem Bened. PP. XIY. die iy 

OClOb. MDCCLI. 

in perpel. gênerai, confirroaivm atq. de novo 

concessvm. 

XXIII. 

Même lieu. 

D. 0. M. 

altare hoc 
omnipotenli deo in bon. SS. Crvdfixi 

erectvm 

privilegio qvoUdiano perpelvo ac libero 

pro OGiiiJb. defvnciis ad qvoscvmq. sacerdotes 

per Greg. XUl. ûïcsu. î^epieoîbris mdlixvh. 

insignitvm 
ac vigorebrevis Bened. PP. XIV. die iv. oclob. hdcoli. 
generaliier de novo fvit confirmat?m 



h. 



r 



XXIV. 

Au Séminaire. 
Premier escalier. 

Benedicio XIV. 

qvi boc collegivm 

addicUe sacris ivvenlvli 

mvllo ante resera tvm 

sqvalidvro angvslvmqve 

et laiivs et ornalivs eicilavit 

cvmqve 

ad pontificat maximum 

evectus esset 

et Bonon. rem sacram moderari pergeret 

redditibvs avxit 

nova aedium accessione 

ampliticavit 

beneficiis innvmeris 

cvmvlavit 

un viri eidem administrande 

praefecti 

pontifici opiimo maximo 

P.P. 

A. MDCCLII. 



BOL lU 

XXV. 

Second escalier. 

Bénédicte XIV. 

P. 0. M. 

qvod hoc coUegiym 

vt pietas litteraeq?e 

et res domestica 

procvrarentvr 

congrégation! S. PavUi 

moderandvm tradiderit 

tresqve bonorarias catbedras 

qvibvs ob domesticvm mniTS 

scientiarum roagistri 

in pvblico gymnasio 

decorarentvr 

Bononîensis S'G 

decerni mandaverit 

eivsdem ordinis sacerdotes 

beneficii bonorisqve 

memores 

D. D. 



XXVI. 

Salle de la maison Aldobrandi. 

Bénédicte Xim. P. M. 

qvod testamenli tabulis 

qvas pro magnitodine animi ac pietate. 

Pompeivs card. Aldrovandus 

asse ampliores condiderat 

s£mma xueqvjiate etsapicntia moderatis 

praecisisqve matvre litibvs 

loDgam civivm et serani posterorym expectationes 

antevertens 

piae conditoris volvntati satisfecerit 

alqve intégra familiae ivra servaYerit 

Raynerivs Aldrovandvs com. et seo* 

principi beneficentissimc 

M. P. 

anno mdccliii. 

XXVII. 
Au couvent des PP. Mineurs Conventuels. 

D. 0. M. 

Benediclvs XIV. 

hvivs bospitii 

nm P. magistri Garoli Antonii Galvi Bononienais 

ord. min. S. Franc, cody. 

ex-gencralis ministri 

bcneficentia et svmpiibvs 

refecli, copieseqve instrvcti 

svpellectilem 

bine extrabentes, vel extrabeatîYm participes 

anathematis 
ac privationis vtrivsque vocis» et officil 

pœnis 
ee ipso mvlctatos velvit 
diplomale édite vu. ivlii ndccly 



Ui lOL 

XXVIH. 

Salle de la Société des Lombaras. 

Benedicto XIIII 

|Yod inter roax. symmi ponlif. cvras 

MagislratTiD Societ. Lombardor. mililaris 

qvi eidem anno mdccliy. sortiio obligerat 

neqTaqraro dedignatvs 

rem soc. sartara teclam serrant 

aedem carnrent. svis svmpL reslavrarit 

itlam ineyndis consilîis novam pararit 

et STbselliis item novis instrvxerit 

SodiLombardi 

patri opt. mvnif. priocipi 

tf . P. 
anno a part? virg. mdcclv. 

XXIX. 

Eglise cathédrale, 

Sor le mur. 

Metropoliticam S. Pelri 

apostolorvm principis aedem 

qvam 

Benedictvs XIV. pont. max. 

fravissimis cvris probibentibvs 

Deodicare 

qTod ipsi optatissimvm erai 

non pot?it 

TioeeQtîfs M. S. R. E. card. MaWelifs 

ab eo pvrpvra dooatvs 

Ipdqre in Bononiensi archiepiscopatT 

STCcessor 

Tfcarivs et mvneri delegatvs 

solemni rity consecravit 

xruu kalendas septembris mdcglti 

cl fldelibvs religiose ad ecclesiam 

accedeuiibvs S. S. die 

Indvigentiam plenariam 

amiiyersaria vero celebritate recyrrente 

Mptem annor. et totidem qyadragen. yeniam 

i¥mmi pontificis aylhoritate 

perpetvo concessit 

iyssyqye eiys 

M. R. C. 

XXX. 

Institut scientifique. 

A la biUîoUièqiie. 

Benedicto. XIV. pont. max. PP. 
qvod. praeter. oonlata. in. omnes. ordinea. ingentla. 

bénéficia 
icietttianrm. iihfttityto. roaximis. ti, innymerif, 

largîttonibys 
•▼do. aiFYO, omato. post. iegatam. ipso, syadente* 

a. pbiiippo 
iDiria . S. E. E. card. de . montibys . bibliothecam* 

syam . eiiam ; libronrm 
€opia el • delecty . praestantissimam mynifice • 

donayerit 



D*Cn«RAPHl£. 

senatores 



BON 144 

. instiiyto . praefecti . g rato . iybento 
senatv . P. P. A. ndccly!. 



XXXI. 

Eglise cathédrale, 
Sor le mur. 

Benedicto XIV. P. M. 

qvod 

aygysti teropli aedificationem 

cvm omni cvlty 

perfecerit 

Imiymera et pretiosissima 

donaria 

. mynifice obtvierit 

atqve in solenmi dedicatione 

card. ^incentivm Malvelium 

sibi in arcbiepiscopaiY sYccessorem 

vices svas 

svppiere ivsserit 

digniias et canonici 

ob tanta aliaqve pivrima 

inordinem svvm 

colla ta bénéficia 

patri opiimo et beneficentissiroo 

G. A. M. 

PP. 

A. D. CD. 19. ccxyii. 

> ONAL, dans les montagnes de la pro« 
Tincede Léon, en Espagne. 

A Véglise de Saint-Jean de Bonal 

(Année 920 do J.C.) 

(k)nsecratum est templum àb 

Episcopis Frunimio Gixila et Fortl 

Era DccccLyiii. iv. idus oct. 

{Cardinal Mai, p. 161 ; Florbz, Spana 
sagrada, l. XVI, p. 148.) 

BONE, l'ancienne Hippone, en A.çene. 

Saint Augustin ayait fait grayer Tinscrip- 
âon suiyante sur sa table à manger : 
Qalsqoîs amat dictis absentum rodere yltam 
Hanc mensam indignam noverit esse sibi. 

^SiRMOND. opera^ t. Il, o. 1061 ; Cardinal 

Mai, p. 75.) 

On lira ayec intérêt la dissertation sui- 
yante sur les atfributs iconographiques du 
grand saint d*Hippone, communiquée aux 
comités du ministère de Tlnstruction publi- 

Îue par M. Tabbé Barraud, du clergé de 
eauyais. 

Kotice iconographique sur saint Augiutin (1). 

Au nom de saint Augustin, on se rappelle 
DaturelUment les noms de Tagaste, de Mo- 
nique et d'Hippone : de Taçaste qui yit naî- 
tre, au milieu du iv' siècle, le plus beau 
génie de TAfrique; de Monique, cette pieuse 
mère, qui se confond dans la mémoire des 
hommes ayec Tenfant de ses larmes, comme 

(1) BuUeUn des CQmUés, février 1851, p. 57. 



M? 



BDM 



DICTIONNAIRE 



BON 



dans notre fouvenir le nom de Blanche se 
mêle au nom mille fois béni de Louis IX; 
et d'HippO!ie, enlin, qui sYnlilia longtemps 
des vertus épiscopales d'Augustin. Augustin 
avait reçu avec la vie tous ks dons d'une 
heureuse nature. L'esprit et le cœur se dé- 
veloppaient en lui dans une pnrfa»le harmo- 
nie, et sans piéjudice do l'un à l'autre. Mais 
vinrent les passi<»ns cjui brouillèrent l'intel- 
ligence et la sensibilité d'Au^uslin. L'esprit 
eut la I art que st*s exigences forçaient le 
jeune homme de lui faire; mais le cœur fut 
satisfait outre mesure, et il en vint à diriger 
tyranniquement toute la conduite du fils de 
Monique. De le» ses chutes à Tagaste, à Car- 
thage, à Rome et à Milan où il trônait, pour 
ainsi dire, dans sa cliairede professeur. Au- 
gustin, maître d'éloquence dans la seconde 
ville de l'Italie, quel succès, ou plutôt quelle 

[permission de laProviJence ! C'est là qu'elle 
'attend. La réputation d'Ambroise attire Au- 
gustin dans l'église où le saint évèque ex- 
plique la parole de Dieu. Déjà son mani- 
chéisme était bien alTiiibli. Ambroise Té- 
branle encore davanta;4e. De son côté, Mo- 
nique presse de ses larmes l'œuvre tardive 
de la grâce; enfin, la grâce, l'emporte, et' le 
cœur d'Augustin est vaincu dans ce jardin 
où se passa entre Alype la scène qu'il a 
rendue d'une manière si dramatique dans 
ses Confessions. Augustin n'a plus qu'une 
pensée, celle d'étudier à fond la religion des 
chrétiens, et il va à Cassiacum se livrer avec 
i|tielques amis à de doctes entretiens, comme 
ceux d'où sortirent les Tusculanes de Gicé- 
ron. Bientôt il reçoit le baptême des mains 
du saint évècrue de Milan : il paratt qu'alors 
Ambroise s'écria : Te Deum laudamus^ et 
qu'Augustin répondit : Te Dominum confite^ 
mur, de sorte que, se répondant ainsi, ils 
composèrent ensemble ce beau cantique de 
l'Eglise. Une fois baptisé, le nouveau chré- 
tien veut reprendre le chemin de l'Afrique : 
mais il perd sa mère à Ostie, et fiasse un an 
entier à pleurer celle qui lui avait appris à 
prononcer le doux nom de Jésus. L'année 
suivante, il se retire près de Tagaste, dans 
une espèce de solitude d'où il se rend 4 
Hippone, qu'il crojait plus propre à le déli-* 
vrer des assiduités importunes de ses amis. 
Vain espoir! l'évoque d'Hiopone, Valère, 
avait besoin d'un prêtre auxiliaire pour l'ai- 
der dans l'administration de son diocèse. 
C'est Augustin qu'il choisit, et il l'ordonne 
prêtre à celte fin, sur le stiffrage du peu- 

Ïle, qui le lui désigne comme l'élu de la 
roridence. Plus tard, du vivant même de 
Valère, Augustin échange son titre de coad** 
juteur contre celui d'évêqued'Hippone. Voilk 
saint Augustin, voilà l'homme tel qu'il faut 
le connaître, avant de le considérer sous le 
rapport iconographique : voyons maintenant 
les différents symboles avec lesquels l'art 
religieux Ta conçu. 

Le premier emblème de saint Augustini 
et le plus usité peut-être de tous ceux qu'on 
lui attribue, c'est le cœur tantôt simple, tan- 
tôt percé de fièches, avec leuuel il nous ap- 
paraît dans les tableaux qui le représentent. 



Ce cœur, quand il est simple (comme la 
cathédrale de Beauvais le reproduit sur l'un 
des panneaux du portail nord) , exprime 
l'hommage que le saint fit h Dieu de ses af- 
feclionsles plus vives, et la pieuse direction 
qu'il sut imprfmerà son amour après l'avoir 
arrêté trop longtem))S sur les créatures. Cette 
pa.oje : « Mon fils, donne-rAoi ton cœur, b 
avait |)lu à la sensibilité d'Augustin. Il la ré- 
pétait souvent à ceux qu'il était chargé d'i- 
nitier à la vertu, et mieux encore, il prècliait 
d'exemple ce beau précepte d'un Dieu ai- 
mant qui impose à ceux qu'il chérit l'obli- 
gation de 1 aimer à leur tour. Le cœur est 
donc, par excellence, l'emblème de saint 
Augustin. Mais que dire du cœur percé de 
flèches que l'on substitue parfois au ccBur 
simple, tel que nous venons de renvisa{;erf 
Il faut y voir la même pensée symbolique 

3ue dans l'autre, mais la même pensée tra- 
uite avec plus d'énergie et d'exnr ssioo, 
sous la forme un peu tragique qu'elle affecte. 
Bien des fois on a comparé l'amour de Dieu 
à des traits ou à des flèches, imprimant dans 
l'âme chrétienne leurs profondes blessures. 
C'est aussi le sens de notre emblème, dV 
près saint Augustin lui-même, qui l'expli- 
que de cette manière au ix' livre de ses 
Confessions. Ce symbole est pris de la na- 
ture elle-même : car on l'a souvent em(>lojé 
pour signifier un amour vivement senti, oa 
cruellement éprouvé, comme celui de la 
Mère des sept douleurs. Telle est l'iuferpré- 
tation commune du cœur, soit simple» sdt 
percé de flèches, que l'art religieux a bit 
entrer dans les images d'Augustin.' Chet^ 
chons maintenant celle qu'il faut donner aa 
second de ses emblèmes, c'est-à-dire à l'en* 
faut que Ton représente quelquefois à o6té 
du docteur. Pourquoi cet enfant qui s'efforea 
de vider la mer dans un réservoir presque 
imperceptible qu'il a creusé de ses débiles 
mains? Pourquoi cette scène, qui ne doit 
son intérêt qu'à la naïve simplicité de son 
tout jeune acteur, a-t-elle trouvé place au- 
près d'un personnage aussi grave qu'Augos* 
tin? 11 fallait une raison, et il y eti a une en 
eifet. Cet enfant, ce n'est point un enfant de 
la torre : il en a la figure, mais il tient aa 
ciel par des liens invisibles; c'est un ange 
ou un saint que Dieu envoie au fils de Mo- 
nique, pour arrêter en lui la témérité de la 
science et les hardiesses du génie. Augustin 
voulait comprendre un mystère et saisir» 
dans son essence impénétrable, le Dieu un 
et trois que la foi seul nous révèle. Tout oc- 
cupé de ce difficile problème» il aperçoit 
un ange sous la forme d'un petit enfant, qiiL 
prétendait sérieusement transvaser rOcéarr^ 
en le versant goutte à goutte dans un trou 
peu profond. Augustin rinlerrôge, et, sur sA 
réponse, s'efforce de lui faire comprendre 

Îu'il ne réussira jp'uais dans son 9utreprisa. 
lors, l'enfant en qui Dieu avait mis sa sa- 
gesse confondit le docteur |)ar sespropre§ 
paroles : « J'aurai plus tôt fini, lui cnt-il, dé 
verser les eaux de la mer dans ce bassin, que 
vous de comprendre le mystère de la sainte 
Trinité. » Augustin vit la lumièrCi non pa^ 



VEHCBAPUIE. 



BOR 



150 



i*H dierchait, mais une autre qui lui 
i contenir son intelligence, qui était 
de Dieu comme le bassin de Tenfant à 
I étendue des mers» comme uu atome 
lensité; ou bien, à ce que porte une 
ersion» saint Augustin s^efTorçait de 
ndre le bonheur des justes dans le 
*8que saint Jérôme, le jour mémo de 
natif vint se présenter à ses yeux 
I traits d'un enfant et Tcihorter à at- 
jusqu'au jour des divines récompeo- 
jr comprendn* , en les goûtant* le^ 
dont l)ieu fait le partage de ses 
Cette interprétation vient d'une 
on peu suspecte, et parait moins 
m que la première. L'eniant nous est 
cpliqué, et avec lui le second de se^ 



Honori Augusii sext.» posuii 
Pater Maurusius ci Ursia mater.... 



lie dernier, qui consiste dans le sce? 
ùm capuchon noir des moines Aur 

H y a controverse au ^yjet de cet 
6. Les uns prétendent qu^Augustint 
ir de Tordre qui porte son nom, 
li-même Thabit des religieux de sa 
)*autres soutiennent le contraire, et 
leur opinion, qui paraît assez ap- 
la représentation de saint Augustin 
pocnlle ou ca[>ucbon noir reposerait 
ait problématique, pour ne rien dire 

C est un rapf)ort de circonstance^ 
lui hommes qui en eurent de biev 
ml étroits, et do bien plus honorer 
même temi», saint Augustin et s^int 

l^'avanl-ilernier emblème de saint 

àon habit de cardinal, s'explique 
la euculle de saint Augustin, par ua 
donne matière à controverse, liai^ 

I deux cas, les emblèmes êe comr 
É. Car« (K)ur ne parler que de celui 

Augustin, on s'explique la cucull^ 
Imal que le saint a fondé un ordrp 
OTie, et il n'est pas nécessaire pour 
lYoir Qu'il ait revêtu lui-même cette 
te iiTree de la nénitence. 
Mftîcularité reinarquttble dans l'ico- 
ie de l'évêque d'Hippone, c'est que 
ilèmes sont l'expression fidèle de sk 
\s reflètent dans ses nuances les plus 
» et les plus vives. La euculle mar- 
rie régBiière et mortifiée, dès qu'il 
les premiers pas dans la voie de la 
»; renfant rappelle la science émi- 

II docteur, aspirant même à conoal- 
secrets qui n'appartiennent qu'à 

e cœur entiu, le plus beau des em- 
l*Augustin, exprime cette puissance 
' qai fit du saint docteur le modèle 
anté, et, dès lors, il est pour noire 
I plus beau de tous les hommages ; 
gré de l'estime publique, Télément 
r est le dernier trait qui achève les 
lommes. 

^EADX, chef-lieu du département de 
idcy en France. 

I. 

An ik05. — Au musée, 
Mo Adelfi Annonim 1. mens. Y. 
Mbo poftt coiisolatum domini noslri 



Cette épitaphe a été trouvée par M. Jouan* 
net entre Sninte-Croix-du-Mo'ïl et Violes 
^Gironde); elle est de 405, le sixième consu- 
lat d'Honorius étant de ^0^. 

(Mém. de la Soc. arch. du Midij t. II» 
p. 182.) 

11. 

643. — f^/ise de Sainte-Croix, 

Hic reqiiiecct boac reconlaiiones humlis Cbri- 
6ti.... Mommolenus qui vixit annus plus minus 
tQptuagenla, apud quem nullus fuil dolus mnlus, 
qui fuit Stfine irajocundushoc est, accepii irans- 
ilum suum diae vi*, idus Auguslas, ubi fecit 
AugusUis dics septem anrio v* regnum domni 
nostri Ghlodovci rogis. 

Epitaphe de saint 3Iaumou!in, ahbé de 
Fleury. — On y voil requiecet pour requi- 
escit; bone recordntiones pour bonœ recorda' 
tionis;humilis christi peut s'ex()liquer par 
humilii $ervus christi^ ou humilis christia- 
%ui ; êeptuagenta pour septuaginta; seine pour 
sine; annus |)Our annos; diae pour die; au- 
gusta pour augustus ; ubi fecit augustus septem 
atf« peutse traduire « quand le mois d^oût 
a fini sept jours. » Kn effet, les Ides d'août 
étant le 18, le 6 des ides est ie 7 de ce mms. 
îKegnupi |K)ur regni. — Ubi fecit ^ loquendi 
formula frequens in actis quinti et sexti 
sœculi pro diei ac mensis caractère. ( Du 
Càngb.) — La cinquième année de Clovis II 
répond à l'an 643. Ce ne peut être Clovis 1"; 
car il ne s'empara de Bordeaux que la vin^t- 
sixième année de son règne, a|)rès la défaite 
d'Alariû, roi desVisigoths (507j. 

(Mém. de la Soc. Arch. du Midi^ t. \h 

p. a»i.) 



III 

îHxiime siècle. — Au musée. 

Hic jacet Arnaldus noster saiictissimus abbas. 
Voverat boc aliare Petro et prope jussil huiuari, 
Veste senectutis cum despoliaius abiret 
Langoida membramea bicmibi reddidii illico sana, 
Tune ego Wesj^nus Prior, hoc regale sepulcbroui 
Nunc abbas liiulum feci semper que rogabo 
m. TTT TTT Ul 

{Académie de Bordeaux f M. Jouinnet, 
1833.) 

C'est répitaphe d'Arnault, abbé de Saint- 
Pierre-de-Lille en Médoc. M. Jounnnet (loc. 
cit.) la rapporte, dV)rùs la l'orme des lettres, 
au X* siècle ou au comiiicncement du xi' 
siècle. 

Les six I et les six T de la dernière ligne 
renferment, selon lui, ou une formule reli- 
gieuse, infinitam trinitatemy par exemple, 
ou la date. Dans cette dernière hypothèse, 
les trois premiers I annulant les trois der- 
niers, il ne resterait que six T dont chacua 



151 



BOR 



DICTIONNAIRE 



BOR 



iSt 



vaut 160. T quoque centenos et sexagtnta ^e- 
nebit (vers cilé par V Encyclopédie). Ce qui 
donnerait , pour la date de rinscriolion, 
160 X 6 = 960. 

(Mém. de la'Soc, archéol, du Midij t. II, 
D. 224, 223.) 

IV. 

Eglise souterraine de Saint-Emilion. 

VII. idus deccmbris 

Dedicalio * 

Sancti Emilionîs * 

Acad. de Bordeaux, 1820; Mém, de la 
Soc» arckéol. du Midi^ t. II, p. 225.) 

V. 

1591. — Eglise Saint- André. 

Yitac bene actae mors beaia. 
mortaiis incola cœliluum colonus fio 
non est vivere vila, sed mori : 
viTere desine, vivere desinam. 

Epitaphe d'Antoine Prévôt de Sansac, mort 
en 1591, après avoir été quarante-sept ans 
archevêque de Bordeaux. 

[Mém, delà Soc. archéol. duMidij t. III, 
p. 302.) 

Extrait du compte rendu des travaux de la 
commission des monuments historiques du 
département de la Gironde^ pendantT année 
18tô-46. 

Rapport présenté au préfet de la Gironde par MM. Baba- 
nis, président, et L. de Lamothe. secrétaire. Bordeaai, 
1840, 10-8^ 

Antique tombeau chrétien au musée de 
Bordeaux. — En marbre et muni de son cou- 
vercle, oBrant un évasement sensible depuis 
sa base jusqu'à son ouverture, et présentant 
sur sa face apparente trois compartiments 
divisés par dej pilastres canelés. Sur le pan- 
neau principal, le monogramme du Cnrist 
encadré dans une colonne à trois rangs d*or- 
nemenls, puis- des guirlandes avec des 
fruits, des vases, etc.; sur les panneaux 
extrêmes, deux rangs de c^nelures en zig- 
zag, séparées par une bordure. 

Couvercle en retrait sur le cercueil, pris- 
matique et à bouts rabattus, et divisé en 
compartiments, otfrant une décoration ana- 
logue à celle de la face principale. 

Eglise Saint- Seurin. — Baptistère. — 
Corps offrant un évasement depuis la base 
jusqu'à l'ouverture, et dont la grande face 
apparente est divisée par des pilastres en 
huit compartiments; les quatre du centre 
plus petits que les deux de choque extré- 
mité ; dans chacun de ces compartiments, 
des fruits et des feuillages. 

Crypte do Saint-Seurin. — Deux tombeaux 
de mômb formo que le précéJoiU, ol munis 
de leur couvercle à toits inclinés et à bouts 
rabattus. 

La grande face du premier, décorée do 
feuilles de vignes placées dans des enroule- 



ments;*au milieu un fer de lance; dans la 
partie inférieure, quelques grappes de rai- 
sins. Sur les faces latérales, an>res avec 
larges feuilles disposées symétriquement. 

Sur le couvercle, d*un côté des feuilles de 
palmiers, et au centre l'a et Tu, le X et leP; 
de l'autre côté, des imbrications à recouvre- 
ment. 

Sur le second tombeau, monogramme da 
Christ , sur la face principale, renfermé 
dans une couronne que tient une main sor- 
tant de draperies. 

De chaque côté, cadre contenant un yaao 
d'où s'élèvent des grappes de raisins que 
des oiseaux becquètent. Aux angles du tom- 
beau, colonnes engagées dont les chapiteaux 
sont décorés de feuilles de vignes. 

Tombeau connu sous le nom de tombeam 4$ 
saint Fort. — Formé de deux parties : 
1* Partie ancienne et probablement de ménM 
date que les pierres qui précèdent, consis- 
tant en une pierre brute, haute de 0^»n» 
large de 0^65, longue de 2",33; S* partie 
superposée à la précédente et datant delà 
i^enaissance ; formé de six petites colonnes 
accouplées et posées sur ce premier touh* 
beau ; au-dessus^ caisse ornée de Qlets siiiH 
pies. Couvercle arrondi en voûte à côtes ds 
melon et décorée de trois rinceaux. Aux 
extrémités, d'un côté la RésurrecliOD, ds 
l'autre deux anges tenant une table dlo- 
scription. 

Les hagiographes ont été embarrassés pour 
déterminer la réalité du personnelle dassM 
Fort. 11 paraît gu'à Bordeaux Thistoire ci 
la légenae relative à ce saint n*a pas es 
d'autre fondement que l'usage qui yéisft 
suivi, comme dans beaucoup d'aulresloet- 
lités, relativement au serment judiciaii% 
lequel se prétait ordinairement sur des rs* 
liques ou des objets ayant appartenu à dl 
samts personnages. Nos * anciennes eontu- 
mes attestent que le serment se prêtait msfm 
forte sancti Severini^ c'est-à-dire sur le mt 
de Saint-Seurin; mais qu'était-ce qpie te 
fort? Quelques érudits rapprck^baut téU$ 
expression de celle de fierté usitée dans il 
Nord, et qui parait venir du latin fereinmt 
ont cru que c était le cercueil même ou toal 
au moins une châsse renfermant quelqiM 
parties du corps. D'autres ont expliqué le 
terme forte par celui de virga^ c*est4-dire de 
crosse, et cette explication était autorisés 
par quelques titres anciens, relatifs aux cou- 
tumes. Ce qui n'est pas douteux, c'est quCi 
dès le XI' siècle, l'abbaye Saint-Seurin pos- 
sédait une verge ou bftton pastoral , objet 
d'une ancienne vénération. Nous l'appre- 
nons de Turpin, qui nous dit que là était la 
sainte verge que notre Seigneur avait donnée 
à saint Pierre^ et saint Pierre à Martial. Avec 
cette verge, sainte Bénédicte avait chassé le 
diable d'une tour de la ville ^ et guéri Phili- 
bert qui était duc de Bordeaux. Turfân ajoute 
(juc toutes les reliques données à cette 
e^^lise par Bénédicte avait été mises sur le 
tombeau de saint Séverin, près de Tautel de 
saint Amand, en une cropte sousterre^de 
|.eur du roi maure Ai^oland• Ces dâtiails 



i 

•s 

i 



BOR 



D^EHGAAPHIE. 



BOR 



^H 



formellement d*accord avec toutes les 
liions postérieures relatives au forte 
a virga sur laquelle on orétait sér- 



ia tradition relative à saint Fort eût 
i au moment de la publication de la 
"d chronique de Turpir), le fabuleux 
tear en eût certainement fait mention. 
donc rignorance des populations qui 
isformé une châsse ou un bâton épis- 
proTcnant de saint Seurin, en un saint 
aurait quelque peine maintenant à 
lu calendrier. 

iieau à Tabanac. — En marbre blanc ; 
dans le cimetière de cette commune. 
ircle casséy et dont les débris ont été 
^jés à des réparations dans l'église. 
, du tombeau, en polyèdre diminué 
ta base. Une grande face et les deux 
dtaf ornées de feuilles de vignes , de 
» d'autres feuillages; cannelures aux 

u 

wkmu dans VéglUe de Pujols (canton). 
marbre gris; les faces ornées de sculp- 
el bas-reliefs. Sur la grande face ap- 
te, le monogramme du Christ au mi- 
Tune couronne; et de chaque côté de 
rouronne» des strigiles (ornements en 
de S); colonnes aux angles. 
iX>UTercle à pans coupés présente des 
1res en torsade sur les angles et une 
cation sur les faces. 
résumé, ce tombeau offre nne grande 
Dblance avec celui du musée de Bor- 
; et ceux de Saint-Seurin de cette ville; 
le un de ceux de cette église, il a été 
iMiné en cuve baptismale. La tradition 

re ce tombeau a été celui d'un Dur- 
oe serait pas impossible qu*en rai- 
[es hautes fonctions remplies à Bor- 

rir ces seigneurs, dont un était 
de Guyenne en HIO, ce tombeau 
ë un don de la ville de Bordeaux, ou 
bbaye de Saint-Seurin, et eût été trans- 
de Bordeaux h Pujols. 
i$e Saintt'Eulalie à Bordeaux. — Des 
s graphiques ont été accomplies avec 
ioup de soin par MM. Courau et Du- 
I, architectes. La notice sur ce monn- 
ayant été publiée par l'auteur (1), nous 
kes dispensés d'eu présenter ici une 



dUer Pey-Berland à Bordeaux. — 
Paul et Léo Courau ont procédé à des 
Sa accomplis avec un soin qui a mérité 
les éloges de la commis^on ; les plus 
détails ont été mesurés i)ar eux avec 
ittention minutieuse, et la délicatesse 
HT dessin a exprimé toujours avec vê- 
les ornements les plus légers. Ce mo- 
iût a été décrit trop souvent, pour que 
ayons à reproduire ici une analyse de 
tice qui a été rédigée par un membre 
société. 

ipc//e du collège royal à Bordeaux. — 
irectiun cul lieu au conimencement du 

CkPiX det types les plus remarquables de Car-- 
\mre a¥ moyen âge dans le dépnriement de la Ci- 
, Iii4olîo; planches cl icxte; Bordeaux, 1846. 



XVII* siècle et fut l'œuvre des Feuillants; 
dont le monastère occupait les bâtiments 
contigus. Cette chapelle remplaça la célèbre 
église de Saint- Antoine, dans laquelle se 
trouvait Tun des autels privilégiés on Ton 
prétait les serments judiciaires, comme.sur 
ceux de Saint-Martial ou de Saint-Seurin» 
et qui relevait au xv« siècle du Qef de Po- 
thon de Xaintrailles. Le mur de façade de 
Téglise actuelle était un ancien mur de cette 
première église; l'inscription suivante at- 
teste en effet que cette face est antérieure 
au reste du corps de la chapelle : 

Dos Petrus deo chai psïir (presbyler). 

Insiitail unâ visitationê 

Perpétua p {propter) pceptorë (preceptorem) 

Et donatos hic colidie p [frês (fratreê) 

Magnà missam solepiiiter 

Fieodâ qui obiit qûtl di 

Meusis Mail aiino Dïni 

M cccc X L nu. 

Rectangle se rétrécissant à 1 ouest, et se 
terminant de ce côté pr un chevet à trois 
pans coupés, profond ae 5 met.; longueur 
de la nef 20 met. 70 cent., largeur 10 met. 
50 cent.; nef portée par cinq piliers à sec- 
tion rectangulaire entre lesquels ouvrent de 
chaque côté trois chapelles de h met. 80 
cent, de profondeur, dirigées perpendiculai- 
rement à l'axe de Téglise ; autreiois quatre 
chapelles, la construction de la tribuue avant 
Traisemblablement fait disparaître les ueux 
extrêmes. 

Au-dessus de ces chapelles, galerie pre- 
nant jour dans la nef par des fenêtres cor- 
respondantes par couple aux arcatures des 
chapelles inférieures; entre chaque couple 
de renétres,*des armoiries; au-dessus, rang 
de fenêtres géminées avec œil supérieur. 

Les armoiries qui décorent les parements 
des chapelles et leurs clefs de voûtes annon- 
cent que des familles avaient leurs sépultu- 
res dans ces sanctuaires. L'histoire de ce 
monastère donne, en effet , les noms sui- 
vants : 

Première chapelle à gauche. — Tombeau 
en pierre de Michel de Montaigne ; il est re- 
présenté en costume guerrier, étendu sur le 
mausolée. 

Les armes de Michel de Montaigne sculp- 
tées sur son tombeau ; d'azur semé de trè- 
fles d'or, à une patte de lion du même armé 
de gueules, mise en fasce. 

Sur les faces de ce mausolée, deux ins- 
criptions que dom Devienne a reproduites 
dans son Histoire de Bordeaux. Restauration 
en 1803. 

Sur le pilier qui sépare cette chapelle de 
la suivante : 

Virtvli et mémorise 
Martini de Hovdan Domnii 
Des Landes avorvm gencreclac^ 
Oh vitœ prol>italeni, niorvm 
Affabilitatem, ûdci inlegritatero 
Animiq. roagnitvdiuem 



ia BOR DICTIONNAIRE 

Francisco S. (sanetœ) R. ^{romanœ) E. 

[(Fxcletiœ) cardinaii 
De Sovrdis aqvii priin. prx 
Caîleris svis aviicis vuKIè sibi 
Cari qvi lioc monvmenlvm 
P. C^* piorvin precibvs Deo 
Anima illivs coiiiniendetvr 
Tixil an. 50 obiit 16 seplcmb 
An. 1618 in palalio 
llWsl.*»* car.i»«qvi cos 
Die anniv.ptrp. fvnd. 

Deuxième chapelle à gauche. — Conces- 
sion à inessire Alphonse u'Ornano, maréchal 
de France et lieulenanl du roi ; el, après la 
renoncialion de celui-ci, nouvelle conces- 
sion à la famille Le Blanc 

Troisième chapelle. — Première conces- 
sion à Antoine de Roqueiaure, chevalier de 
deux ordres du roi, et poslérieurement à 
Léon Guitard de Lescure, conseiller au par- 
lement de Bordeeiui. 

Quatrième chapelle. — Concession au 
baron de La Tre>ne et au sieur de Beyssac. 

Première chapelle à droite. — Concession 
faite à Paul Leclerc, avocat au parlement de 
Bordeaux. 

Deuxième chapelle à la suite. — Conces- 
sion faite à Jean de Briet, conseiller au par- 
lement de Bordeaux. 

Troisième chapelle. — Concession faite à 
la dame Jeanne Darrerac, veuve d*Antoine 
Dusoiier, avocat au parlement. 

Quatrième chapelle. — Concession faite à 
la dame de Briand, veuve Lestonnac Du- 
parc. 

Eglise de Lalandtj canton de Fronsac. — 
Le corps du bâtiment, de st^ le roman ; bas- 
cAté, à gauche, du xt* siècle; abside à 
sept pans coupés, décorés a'at*catures qui 
descendent jusqu'au pied ; crénelée au xt* 
siècle. 

Portail. — Quatre arcades en retraif, por- 
tées sur des colonnes, et dont les archivoltes 
iont décorées d'entrelacs, de chevrons, d'oi- 
seaux, de personnages et de feuillages en- 
lacés, de musiciens, de personnages tenant 
des livres. 

Sur le tympan, le Christ, les bras étendus; 
au-dessus de sa main droite, sept étoiles 
dans un médaillon circulaire ; au-dessous de 
sa main gauche, restes des sept chandeliers 
d'or; épée à deux tranchants sortant de son 
oreille droite; à gauche, saint Jean tourné 
vers le Christ tenant un livre de la main 
gauche; à la droite de ce personnage, sept 
arcatures plein cintre, quatre en bas, trois 
en haut; le tout surmonté d'une croix, el fi- 
gurant les sept éi^lises. 

Inscription autour de ce tympan : 

f. lobés. VII. eccliis. qve-sviil. in If. 

... . 1er. VII,. cnniielabra. avrea. 

Au-dessous du tympan : 

Principiv.... fine. 

Porche militaire. 

i^lother qu idrilalère sur l'entrer^ du chœur. 

A imtérie^n- ue Téglise, voûte du xiv* 



fiOR iM 

siècle à tores arrondis au-dessus de la pre^ 
mière travée et du clocher; maître autel 
orné de tableaux remarquables, représentant! 
l'un saint Paul, l'autre saint Pierre, el le 
troisième, au milieu, le Christ sur la croix, 
entouré de la Vierge, de saint Jean et de la 
Magdeleine. Dans la partie suiiérieuredti re- 
table, beau tableau représentant le Père 
éternel. 
Inscription relative à ces tableaux : 

Dono (lederunt inagislri P. Cbameyrac 
Arvernus rector el Ba"<i Faugcre prier saocti 
Pétri de Lalande 1642. 

Le prieuré en face do l'église sert d'école. 

Chapelle de Condaly près Liboume, — Cemo^ 
Duiiient, sur lequel M. (je Lamolhe avait ap* 
pelé, en mai 184^2, l'attention de la commissioa 
des monuments historiques, fut classé d*aprèl 
la description qu'il mit sous les yeuxde la so* 
ciété, et, dès lors, des étudesgraphiques furent 
demandées à des artij^tes. Mais diverses cil»» 
constances empêchèrent les personnes dési- 
gnées en premier lieu de se livrer à ce travail 
et ce n'est que tout récemment que, sur là 
demande de M. Habanis. MM. LéoCouraufll 
Salomon ont adressé des dessins géomë* 
traux et pittoresques qui complètent les éto» 
des sur ce monument. 

Une seule nef, orientée; 32 mètres sur 7 
environ; abside à cinq pans coupés; eiof 
travéts, divisées par des arcs doubleauxet 
ogive, et décorées de nombreuses rosaces, 
dont quelques-unes en poteries. 

Preluière travée; chœur. — Douze nerfii*. 
res partant de la clef centrale, six marquait 
les grands compartiments de la voûte, it 
descendant en colonnettes dans les ao^aA 
et six liernes terminées par des fleuroH 
d'où partent des tiercerets. 

Sur la clef centrale, les armes de France) 
sur les autres, ornements, divers feuillagel 
contournés et flamboyants ; armoiries ; Ut 
doubleau qui termine le chœur découpé et 
trente-deux lobes, dont chaque extréfllMf 
porte un ornement différent ; au sommet, un 
ange tenant une banderolle. 

Deuxième travée. — Quatre nerrures sè 
croisant h la clef centrale, qui porte les al^ 
mes de France avec une couronne ducaM^ 
supportée par deux animaux. Au sommet d| 
l'arc doubleau qui sépare cette travée delii 
suivante, un ange tenant sur la poitrine Técqi 
de France. 

Troisième travée. — Ménae nombre A 
nervures se croisant au centre ; la clef ce»^ 
traie entouré(^ de quatre rosaces satelliteik 
Au centre, la Vierge et l'enfant Jésus ; sot 
les côtés, enroulements; fleurs de lis, deitt 
personnages. 

Quatrième travée. — Môme nombre de 
nervures, môme nombre de clefe qu'à \^ 
lravé(î précédente. Au centre, un évèque; 
sur les côtés, enroulements ; puis deux grou- 
pes de deux personnages ; un ange à chaque 
grouj'e. 

CiiKpiième travée. — La constructioo 
d'une cage d'escalier dans l'angle ûord-ouest 
donne à cet esnace une disposition irrégii* 



\ 



BOR 



D^EPIGRAPHIE 



BOR 



451 



ini semble avoir motivé la forme bi- 
le la voûle de cette travée. Clef cen- 
î'où partent >e|)t norvun^s, dont cinq 
ent à cinq clefs secondaires; (|ualre 
dernières clefs devenant cliaiune le 
de quatre nervures, et une cinquième 
it de réunion de cit:q nervures. Au 
, agneau niinhé, la croix avec pavillon 
; contre la face sud, Adam et Kve 
ant le fruit déOmdu; euroulemonts 
; deux inscriptions. 
qtie tout cet ensemble appartienne 
ement à la période du gothique tbm- 
t cependant des différences de profil 
iS nervures, d.ms le style des bases 
iers, des dillerences de niveau, des 
mal ajustées i'idi(juent d'une manière 
le des rc^prises dans la coistrutiion. 
labinis, après avoir visité cette cha- 
Ml 18i5, a chorclié à préciser la date 
ionslructions qu'elle a subies et des 
mis qu*elle présente encore. Il est 
lable que le Pri ice Noir, auquel ap- 
lil le château de Condat, a contribué 
f aucun autre h rembelli>sement de 
larquable édifice. La profusion de 
re qu'on retuaniue aux nervures et 
fs des voûtes indique sullisainment 
lîlice fut traité aveo u'ie muiiiiicence 
)yale- Lare triomphal du chœur dé- 
m lobes, commo ceux ((ue Ton ren- 
ii fréquemment dans les églises d'£s- 
semblerait même i'idii]urr Téjmque 
de ces embellissemenls. Ce serait 
on retour de Castille, que le duc de 
e aurait voulu probablement renro* 
lans sa résidence favorite quelque 
lu style et de la richesse des églises 
Péninsule. Dans tous les cas, après 
»on des Anglais, les ornements qui 
ient leur séjour fureit soigneusement 
; et lorsque, un siècle «près, le Prince 
harlesde Guienne, frère de J^ouis XI, 
I à son tour le manoir, on substitua 
is fleurs de lys aux armes d*Angle- 
lans les écussons de la voûte. 
e de Mauriac. — Sur la proposition 
labanis, la commission a mis à Té- 
tte curieuse é^^lise, dont elle avait 
n 18^2, un cnxiuis dressé par M. de 
), corres[)ondant. 

sensiblemeiU en croix grecque ; bran- 
ncipale de la croix 21 mètres ; lon- 
lu transsept 15 mètres; trois absides 
irculaires; les deux absides secon- 
luvrant sur le bras transversal de la 
ces trois absidi'S voûtées en cul de 
l'interseclio:! des bras delà croix, 
Qcement de coupole à ouverture cir- 
mais dont les angles se prononcent 
ivant, et portée sur des arcades légè- 
ogivales. 
on Toûlée. 

itérieur, chapiteaux historiés ; corni- 
échiquier ; guérite à inaohico ilis sur 
; wintures. Celle é.^lise afiparlenait 
I révolution à Tordre d«' Mailo. 
e de Labrède, — l'Ian piiiuihf •n croix 
ibside à cinq paus coU|>éSy et accom- 



pagnée sans doute primitivement de deux 
ab?»ides secondaires posées ^ur les bras de 
la croix, et dont une seule, celle de gauche, 
subsiste. A droite, bUiment carré en place 
de cette abside*. Décoration de l'abside prin- 
cipale, deux rangs d'arcatures figurées por- 
tées sur u'i soubassement. 

ïrnnssepl remanié, sinon reconstruit, au 
xvr siècle. 

Nefs latérales et voûtes de la grande nef 
modernes. 

Longueur totale 28 mètres environ ; lar- 
geur totale 16 mètres environ. 

A Touesl deux parties; une centrale, ro- 
mane et fort remruvjuahie ; les parties cor- 
res|)ondanles aux bas côtés modernes comme 
ceux-ci. 

La façade romane divisée en trois étages : 
1® porlail ouvrant sous trois arcatures en 
retrait, entre deux niches pratiquées sur des 
murs en retrait; 2* rangée de trois fenêtres 
feintes, dont uue au ceitre d fi.^iirée et trans- 
formée en une ouverlure circulaire, le tout 
reposant sur un cordon porté par neuf con- 
soles ; 3* nouvelle ouverture. Resserrement 
de la largeur de cette façade à la hauteur du 
troisième étage ; couronnement en pignon. 

Chapiteaux, cous des historiés. A I inté- 
rieur, Samson à cheval sur le lion dont il 
déchire la gueule. 

Eglise de Sainte-Croix du Mont. — Un 
dessin du portail de c^'tte église, remis par 
M. Léo Drouyn, est venu couipléter une no- 
tice avec croquis envoyée, il y a plusieurs 
années par M. Itié, ainsi que des notes adres- 
sées par M. Dubroca. 

Plan primitif, rectangle delC mètres 60 cen- 
timètres de long sur 6 mètres 50 centimètres 
de largeur, style roman. Chevet formé de 
deux faces planes se joignant sous un angle 
de 129'; xv* siècle. 

Chapelle contre la face latérale sud , érigée 
à la tin du xW siècle par Gérard de Tasle, 
seigneur de Sainte-Croix du Mont , sous 
rinvocation de Notre-Dame de la Piété; 
7 mètres 53 cenlimètres de long sur h mè- 
tres 30 centimètres de large, servant aujour- 
d'hui de sacristie ; en 1789, démolition du 
tombeau do la famille de Léon ; il ne resté 
plus aujourd'hui que Tinscription suivante , 
gravée sur une pierre lumulare : 

Si gist noble François de Léon sinor de 
Sain le f i| irespasa le desrien (dernier) jours de 
oust Mii V« X" X heures de mui«. 

Vers le milieu du xv siècle, construction 
de la voûte de l'abside à cinq pans et addi- 
tion dune nouvelle chapelle dédiée à saint 
Rojh contre la face latérale nord ; 8 mètre» 
9d centimètres de long sur 5 mètres 10 cen- 
timètres de large. Agrandissement vers Test 
au comme icement du xvi* siècle; ce qui 
porte la dime ision de 8 mèlres 90 cenlimè- 
tres h li mèlres 62 centimôlres ; elen 1700, 
recul à l'ouest do 9 mètres 63 centimètres; 
ce qui transforme celte chapelle on bas-cAté. 

La tagade o lest a été <lé;igurétî en 1740; 
autrefois ou voya;t au-.lessus du portail trois 

feuèlres avec colonnes aux angles, celle du 



m 



BOR 



DICTIONNAIRE 



BOR 



160 



centre posée sur un cordon ; les aeux au- 
tres placées h un niveau supérieur^ et, au 
milieu du fronton, doux arcades pour les 
cloches. Aujourd'hui Ja décoration romane 
du porlail est seule digne d'inlérêt ; cinq 
bandeaux en retraite offrent pour ornemen- 
tation des chevrons brisés, des dents de scie, 
des entrelacs et une rangée de personnages 
tirant une corde, comme à Sainle-Ooix de 
Bordeaux, à Haux , à Saint-Genès de Lom- 
baud, etc.; ceux-ci, afin de rendre l'effort 
plus puissant, appuient un pied contre le 
dos de leur voisin supérieur. 

Eglise de Cars. — Corps de l'ensemble de 
forme rectangulaire de 15 mètres de long sur 
16 de large, terminé à Test par une abside 
centrale de 7 mètres de long et de k mètres 
60 centimètres de large ; abside secondaire 
au sud, de 2 mètres 66 centimètres de long 
sur 2 mètres 16 centimètres de large; du 
côté nord, pièce carrée avant plus tard rem- 
placé une abside semblable à celle du sud. 

Les deux absides voûtées en berceau ; la 
travée qui occupait autrefois 1^ centre de la 
croix voûtée en voûte d'arête h nervures ogi- 
vales saillantes ; extrémité sud du transsept 
voûtée en berceau ; extrémité nord couverte 
en coupole sur laquelle s'élève un clocher 
rectangulaire h quatre étages : 1* soubasse- 
mertt ; 2^ galerie d'arcades tigurées et portées 
sur des colonnes ; 3* vaste fenêtre à nom- 
breux cordons ; iSh* enQn étage sans style et 
postérieur. 

Le plan primitif de cette église a été de- 
formé par 1 addition des bas-côtés établis en 
prolongement des absides latérales. 

Eglise de Pellegrue. — Plan en croix latine; 
abside plus resserrée que le chœur et termi- 
née en demi-cercle ; longueur totale 32 mè- 
tres, sur laquelle 3 mètres 50 centimètres 
pour l'abside, 5 mètres pour le chœur, 7 mè- 
tres 50 centimètres pour le transsept, et 16 
mètres pour la net, cette dernière dimension 
égale à la somme des autres parties ; lon- 
gueur du transsept, 16 mètres 30 centimè- 
tres. 

Abside et transsept voûtés ; au point d'in- 
tersection des bras de la croix, coupole avec 
bordure en échiquier assez délicate. 

Dans la nef, traces de remaniements pos- 
térieurs à la construction primitive 

Portail ouvrant sous quatre arcalures prin- 
cipales portées sur des colonnes à chapi- 
teaux à crochets, à pommes de pin. 

Clocher sur la façade postérieur au por- 
tail ; une fenêtre ogivale formant la baie de 
la cloche. 

Eglise d'Izon. —Eglise formée primitive- 
ment d'une nef de 27 mètres 50 centimètres 
environ sur 5 mètres 50 centimètres, voûtée 
en berceau ogival ; addition, au xv* siècle, 
de chapelles qui changent ce plan en croix 
latine; prolongement ultérieur à l'ouest de 
ces chapelles ; ce qui les transforme en bas- 
côtés de 17 mètres environ de longueur. La 
différence d'appareil et la forme , comme la 
position des contreforts, rendent ce prolon- 
gement évident. 

A l'intérieur, ornements romans des cha- 



piteaux , semblables a ceux d'Angleterre et 
du nord de la France. 

Abside c^ cinq pans coupés séparés par des 
faisceaux de quatre colonnes, éclairée par 
des fenêtres dont les archivoltes à tête de 
clous reposent sur de lourdes colonnes à 
chapiteaux ornés d'oiseaux, dé lions, etc. 

Clocher quadrilatère sur la façade : dirisé 
en quatre parties par trois cordons ; le pre- 
mier étage, au-dessus du portail, offrant cinq 
arcatures cintrées portées sur des colonnes 
séparées par un pilastre ; le deuxième perte 
d'ouvertures ogivales de transition posté- 
rieures aux parties inférieures ; le troisidoie 
sans caractères. 

Eglise Saint-Georges, ^Vhw en croix latino 
terminée à Test par une abside demi-circn* 
laire moins large que la nef; longiieor de 
la nef 21 mètres, largeur 6 mètres oO centi- 
mètres; largeur du chœur 5 mètres, profon- 
deurprimitive 6 mètres, réduite à 5 mètres 
par la construction d'un mur qui s'insèft 
dans le demi-cylindre du fond. 

Sur le bras nord de la croix, clocher haut 
de 22 met. 50 cent., divisé en cinq parties: 
8 met. 20 cent, pour le soubassement ; îmèL 
50 cent, pour le deuxième étage, percé d*!im 
ienêtre avec colonnes aux angles sur chaqui 
face ; 3 met. 80 cent, pour le troisième étage 
percé d'une fenêtre semblable aux précéden- 
tes, mais dépourvue de colonnes auxangles; 
3 met. 30 cent, pour le quatrième étage, {me6 
d'une fenêtre géminée avec colonnes aax an- 
gles ; 2 met. 60 cent, pour la couverture. 

Les consoles historiées de l'abside sont di<i 
gnes d'intérêt, mais c'est surtout son clœhea. 
qui recommande cette église; il mérite d*é^ 
tre signalé comme un modèle aussi simple 
que correct pour les constructions sembla- 
bles à élever. 

Chapelle de Mons^ à Belin. — Nef romane 
terminée par une abside demi-circulaire* Il 
met. 50 cent, sur 5 met. 62 cent. ; bas cOli 
nord ogival de 18 met. 38 cent., sur h met N 
cent., terminé à l'est par une dépeudaneei 
sans <iouto autrefois la sacristie. < 

Sur les chapiteaux, personnages, enroole- 
ments, quadrupèdes, oiseaux, damiers, etcr 
fenêtres meurtrières. 

Croix de Saint-Pey d'Armens. — Dans le < 
cimetière et près de l'église de cette oostàf / 
mune, hauteur totale, h met. 25 cent.), depuis a 
le niveau supérieur d'un palier formé de 4 5^ 
marches jusqu'au sommet. k 

Etablie sur une base carrée avec colon-' 
nettes cannelées aux angles. 

Le fût arrondi et décoré de deux rangs de 
statues séparées horizontalement par des cor- 
dons et verticalement par des pilastres car- 
rés. 

A l'étage inférieur, quatre statuettes d*ap6- 
très, saint Paul avec Tépée, satnl Pierre avec 
les clefs, saint Jean tenant de la main gauche 
un calice qu*il bénit de la droite ; saint Jac- 
ques un bourdon à la main. 

A l'étage supérieur, quatre statuettes, un 
évê îue et trois femmes ; l'une d'elles tient 
une épée; h ses pieds est une tête. 

Les parties qui viennent d'être décriteif 



fiOR 



D'EPIGRAPHIE. 



fiOR 



i(ft 



ixvr siècle; la croix proprement dite, 
•vue d'ornementation, est probable- 
loderne. 

lapart des monuments érigés à Tépo- 
a moyen âge, sinon tous, étaient 
i rintérieur, mais la peinture n'é- 
8 uniforme; les nefs et les. grandes 
des églises étaient, comme on le 
Dore dans Téglise monolithe de Saint- 
n, el dans d*autres localités, divisées 
» sens de la hauteur par des lignes fi- 
rfes assises de pierre, les alignements 
divisés en carrés ou cartons dans les- 
ft trouvaient des lozanges, des arabes- 
ite. D*autres parties étaient réservées 
leevoirde véritables peintures ou plu- 
tableaux représentant les scènes de 
n et du Nouveau Testament. C'est à 
Bier genre qu'appartiennent celles que 
lUoos décrire. Ces sortes de peintures 
temps a fait disparaître des monu- 
qD*eiles ornaient, ne présentent mal- 
seaient, là où on les rencontre, que 
pes vagues et incertaines. Elles ont 
aatant plus de valeur que laconserva- 
&i plus entière, attendu leur rareté. 
1 avons donc cru convenable de pré- 
ici une description sommaire des pein- 
es mieux conservées et que Ton trouve 
i^ise de Saint-Macaire, dans l'église 
iriac» dans la Tour de Veyrines à Mé- 
dans la chapelle de la Trinité à Saint- 
n. 

le de Saint-Macaire. — Les descrip- 
ubliées sur cette église n'ont accoraé 
I simple mention aux peintures mura- 
i décorent son abside et son transsept 
arrondis (1). M. Lapouyade, corres* 

• Titet a cm reconnaître un caractère by- 
aos Ja forme deséglises à transseplssemi-cir- 
. Il voit, dans le plan de ces églises, Texpres- 
ridée de la Trinité et de Tidée de la croix. 
i Mise de Saint-Saiiveur, à Saint Macaire, 
ODiier, lui suggère les observations suivantes : 
ae remontant à Tépoque romane et construit 
lent à plein cintre, ce monument est de date 
p plus récente que les deux autres. L'église 
-Sauveur doit avoir éié conslruile vers lu fm 
îèele, et peut-être mémo au commencement 
Le plan en est admirablement pur ; il est 
lie de mieux réaliser Tidée d'une église à 
I semi-circulaire. Les trois hémycicles ne sont 
iemeot parfaitement seml)1:ibles, mais leur 
esi ât peu près égale à leur profondeur ; et, 
oinls de jonction laissent apercevoir quelques 
BCtangulaires , ces accessoires n'ont pas plus 
ance que dans les églises de Cologne et n'ai- 
I rien la pureté du plan. Mais nous devons 
narquer un détail de construction qui ne s'est 
«ésenté dans aucun des plans que nous ve- 
laminer ; les hémicycles ne sont semi-circu- 
B*à l'intérieur ; extérieurement, leur forme 
pmale. Cette altération du type primitif sufPi- 
r indiquer que Téglise n'est pas d'une con- 
I très-ancienne. Ces absides polygonales sont 
leheminement vers le style à ogive, il parait 
"èce, où Ton voit aussi quelques églises, eu- 
es celles d'Âracbova et du Docharion, dont 
«eptssont ainsi arrondis en dedans et à pans 
"S, il est admis par la tradition (juc la con- 
I eo est postérieure à celle des églises dont 



pondant, a complété sous ce rapport ces no- 
tices, eh décrivant avec soin les sujets qui 
couvrent les voûtes de l'abside et du chœur 
et qu'il attribue au xiy* siècle; les peintu- 
res des extrémités des bras de la croix ont 
disparu sous les couches d'un épais badi- 
geon ; celles qui subsistent ont aussi été l'ob- 
jet d'une restauration fâcheuse ; cependant 
les contours das objets n'ont pas éprouvé 
de variation. 

Abside. — Trois auréoles elliptiques ; au 
centre» le Christ assis sur un trône, tenant 
de la main droite le globe du monde, de la 
gauche , deux clefs ; à sa bouche , un glaive 
transversal ; à son cou, un crucifix à quatre 
clous suspendu ; robe à manches larges re- 
couverte d'une tunique; sept chandeliers 
d'or au-dessus du siège du Cnrist, quatre à 
droite , trois à Kauche. 

Auréole portée par une large bande per- 
pendiculaire et fleuronnéCy de chaque côté 
de laquelle deux anges adossés et portés sur 
des nuages, puis le bœuf et le lion, emblè- 
mes de saint Luc et de saint Marc. 

Auréole à droite , chargée de quatre cir- 
conférences qui se pénètrent et donnent 
lieu à quinze compartiments, renfermant 
des bustes, des anges, des personnages di«- 
vers, une barque dans laquelle sont quatre 
personnages, etc. 

Auréole à gauche , présentant au centre 
un personnage, peut-être saint Jean, éle* 
vaut les bras vers un livre à sept attaches, 
ie livre des sept sceaux. Derrière ce person- 
nage, un ange sonnant de la trompette; 
agneau nimbé entre saint Jean et le livre 
des sept sceaux. 

Entre les auréoles , des anges. 

Arcs doubleaux divisés en caissons char* 
gés de divers personnages ; à l'est dix ca- 
dres, au nord six, au midi cinq; on recon- 
naît au nord saint Jean l'évangéliste ; au 
midi, saint Marc, saint Luc, des écus, etc. 

Intersection des bras de la croix. — Les 
nervures qui se croisent au centre de cette 
voûte la divisent en quatre compartiments. 

Compartiment oriental. — Deux scènes ; 
dans l'une, un château fort et de nombreux 
personnages; dans la seconde, le Christ 
assis, bénissant de la main droite , abais- 
sant la gauche vers saint Jean à genoux 
qui appuyé sa tête sur les genoux du Sau^ 
veur. De chaque côté, deux personnages, 
dont Tun tient un glaive, l'autre une clef. 

Compartiment occidental .-Deux tableaux ; 



les traussepts sont arrondis en dehors comnoe eo 
dedans, i 

L'un de nous avait déjà remarqué depuis longtemps 
que Tabside et les transsepts de Saint-Macaire pré- 
sentaient à Textérieur onze faces. 11 avait retrouvé le 
même nombre dans une des trois absides de Sainte- 
Croix à Bordeaux. Ajoutons ici que ces nombres il 
et 5 sout les facteurs premiers de 33, âge du Christ 
au moment de sa mort. Un rapprochement aurait-il 
existé dans Tidée de Tarcbitecie? Les vocables de ces 
égliÀCS seraient peut-élre la conlinnation de cette 
hypothèse, qui, du reste, a besoin, pour être admise 
à titre définitif, d'être vérifiée sqr un grand oombre 
de monuments. 



m 



BGR 



DICTIONNAIRE 



BOR 



dans te premier, une tour et des person- 
nages, les uns dans la tour, les aulros au- 
dehors; dans l'autre, le Christ assis ; une 
femme nimbée d'un disque, Jes pieds sur 
le croissant ; deux anges. 

Compartiment méridional. — Au premier 
tableau, personnage plongé à mi-corps dans 
une chaudière , soldat , personnages ; au 
haut du tableau , la main da rEternel. Au- 
dessous, on lit : 

Christop... T8, (Christophorus) erosas 

« Au deuxième tableau, divers personna* 
ges; l'un d'eux prolongé dans une cuve, 
recevant le baptême des mains d'un autre 
personnage. 

Compartiment septentrional. — Sur le pre- 
mier tableau, château composé de nom- 
breuses tours ; trois évêques portant le nal- 
Hum ; personnages divers. Au deuxième 
tableau, personnage étendu sur un lit ou 
dans un tombeau. 

« Il eût été intéressant, dit M. Lapouyade, 
en terminant le travail très-délailié auquel 
il s'est livré sur ces peintures, il eût été 
intéressant de donner l'explication des su- 
jets représentés ; mais il valait mieux y re- 
noncer que de s'exposer à tomber, à chaque 
instant, dans de graves erreurs ». 

a En 1825, écrivait récemment M. Ferbos 
fils, correspondant à Saint-Macaire, lorsque- 
la commune de Sainl-Hacaire fit restaurer 
son église , en voyait à la voûte du chœur, 
et notamment au-dessus du sanctuaire, des 
restes assez bien conservés d'anciennes pein- 
tures qu'on supposait être à fresque. La plu- 
{)art des sujets étaient tirés des visions de 
'Apocalypse : c'étaient les vierges folles, 
les sept sceaux, les visions dt; saints Jean. 
Quelques-uns réprésentaient des traits du 
martyrologe, tels que les supplices des Ma- 
cbabées,la décollation desaint Jean-Baptiste. 
D'autres portaient le cachet d'une époque où. 
l'imagination des pieux artistes, guidée par 
une foi naïve, aimait h personnifier les mys- 
tères et à les mettre en scène. Les démons y 
apparaissaient sous toutes les formes : ainsi 
Lucifer et le purgatoire y trouvaient place ; 
je crois aussi , le pèsement des âmes. Quel- 

3ues médaillons représentaient, ce semble, 
es rois de Juda. Ces créaliotjs étaient 
bizarres et d'un ensemble étrange et in- 
correct, mais elles avaient une véritable 
valeur pour l'histoire de l'art au moyen 
4ge. 

« La restauration qu'on en fit fut telle 
qu'on suivit à peu près les types primitifs , 
f&als qu'on prodigua l'ocre et le rouge dé- 
layés a l'eau pure. 

« Une vérification que ie fis, dans le temps, 
sur l'invitation de M. F. Leroy, me conduisit 
à constater que jamais il n'y avait existé de 
fresques, comme on l'avait supposé ». 

Eglise de Mauriac. — Ces peintures déco- 
corent la chapelle qui forme l'abside secon- 
daire de droite, et re[)résentent les douze 
apôtres, caractérisés par les instruments de 
ieur supplice ou par les autres signes que la 
tradition a attribués à chacun d'eux. 



M. Rabanis, après avoir visité ce monu- 
ment, signala ces 'peintures comme un des 
restes les pins curieux de l'art du xiv* siè- 
cle. Elles sont remarquables par la largeur 
et l'aisance du style ; les physionomies oui 
de l'expression et do la dignité ; les détails 
sont traités avec le soin minutieux que les 
peintres de celte époque ap(>ortaient à leur 
composition, et elles reproduisent, en grand, 
l'effet de ces délicates miniatures , dont las 
livres d'église du moyen âge sont ornés. 

Tour de Veyrines à Mérignnc. — Cette tour 
recouvrait sans doute auti-efois le passage 
d'entrée du château qui a été détruit ; lai 
arrachements sont apparents contre les la- 
ces. Au XIV* siècle, une autre entrée fut 
donnée h la forteresse, et le rez-de-cbaosséa 
de cette tour devint une chapelle ; tes pein- 
tures que nous allons décrire, et qui en dé- 
corent les quatre faces et ta voûte en ber* 
eeau, appartiennent à cette époque. 

Première face, vis-à-vis la porte d'eoCrée. 
— Sous un arc surbaissé (ancienne porte) la 
Christ sur la croix ; trois personnages nioi- 
bés de chaque cô;é, parmi lesquels la Viergf 
et saint Jean. Sous la voûte de ces arcs, uocT 
tête de Christ nimbée du nimbe crucifère, et 
sur les pieds-droits deux personnages niiÂ-: 
bés, portant l'un un livre, l'autre une mitif. 

Au-dessus de cette pénétration, sooi Ii[ 
cintre de la voûte, le Père éternel tenant 
sur ses genoux le Christ sur la croix; 4^ 
chaque côté, un personnage agenouillé pire* 
sente par un autre personnage debout; À\ 
droite et à gauche , deux anges. 

De cha(]ue côté de cette scène, un p«i$j 
sonnage niiiibé ; celui de la gauche dansu 
jardin, celui de droite recevant une appari» 
tion du Christ, peul-être saint Fraugoil 
d'Assises. 

Deuxième face, l gauche. — Huit scèotf, 
relatives à la. vie du lihrist. ^ 

Rang supérieur : [premier compartiment^ 
gauche , le Christ portant sa croix et con- 
duit au supplice par quatre personnages; 
un d'eux vôtu d'une couleur sombre et son- 
nant de la trompette. — Deuxième ccimpar^ 
timent : le Christ sur la croix entre hî' 
deux larrons, un serpent sur la tète du m 
vais lai ron ; deux personnages montés 
des échelles ; au pied de la croix, la Vii 
et saint Jean, personnage à cheval, pei 
pluie figurée par les hachures. — Troii 
compartiment : le Christ au tomt^eau ; lilt 
trois Maries, saint Joseph d'Arimatbie, W 
codème et un sixième personnage. — Qo^ 
trièine compartiment : la résurrection ; 1k 
Christ sortant, du tombeau cinq gardes élP 
dormis. 

Rang inférieur : Premier compartiment I 
gauche : le Christ tenté par le démon, -r 
Deuxième compartiment : apparition à Mat^ 
deleine de Jésus sous la forme d'un jardi> 
nier. — Troisième compartiment ; appari* 
tion du Christ à ses apôtres au nombre ds 
onze ; le Christ tenant la boule du monde; 
dans l'angle supérieur du compartiment» 
tète ailée, l'Ësprit-Saint. — Quatrième com^ 




a 



BOR 



D^EPIGRAPHIE. 



Dent : le Christ dans uno aurdole ( t au 
u de nuages, TAsccnsion. 
»sième face, à droite. — Premier com- 
oent à gauche : rAnnonciation. — Deu- 
) compartiment : la Fuile en Egypte. — 
ième compartiment : saint Georges à 
1 terrassant )e dragon; personnage qui 
itemple. — Quatrième compartiment : 
Christophe portant le Christ sur ses 
es. et se soutenant de la main gauche 

itnème face, celle d'entrée. — Dans le 
in de la TOûte , Jésus devant Caïpbe. 
rist a les yeux bandés, et le soldat qui 
mande : Christ, distionêqui fa frappé? 
M9 la main sur Dieu le Fils. Derrière, 
Iftoité du tableau , Simon Pif^rrc et 
JbTmcipIe qui ont suivi le Christ, 
mBàés. A gaucho de Pilale , le grand 
îrisnnant à Judas le prix do sa trahison, 
diable entre eux; en tout onze per- 



aess 



IjBSSOUS de cette scène, et à gauche de 
le' d^eolriée, la flagellation ; cinq per- 

le. — Au centre, dans une auréole en 
liv posée sur un qûatre-fuuille , dont 
.es débordent le quadrilatère, le Christ 
(or Tarc-en-ciei tenant la boule du 
ïy et bénissant de la main droite ; dans 
bM du quatre-feuille , les animaux 
iliqrues des évangélistes. 
iuohe, les anges jouant de divers in- 
Mita, parmi lesquels on remarque la 
Ilie, aes bagnettos qui frappent sur 
M méconnaissable , le tympanum 
de tambour de basque), Torganistrum 
de guitare) , le cythre en forme de 
le rectangle, dont Thypothènuse est 
de cercle (uno harpe renversée). 
roile, sept anges parmi lesquels des 
lios, et jouant tous do divers inslru- 
» la flûte, la mandoline, la basse, le 
, la trompette, la ilûte double, 
"emarque, au milieu des débris qui 
ni le sol de cette tour, une moitié de 
une table d'autel et quelques restes 
reaux émaillés. 

ie//e de la Trinité à Saint-Emilion. — 
leur de l'abside de ce monument 
te sept pans coupés, aux angles des- 
ODtaes nervures qui divisent la voûte 
|Dt de compartiments, et chacune de 
es a été décorée de peintures , qui , 
> celles de la tour de Veyrines , ne 
is postéiieures au xiv' siècle. 
lier compartiment à gauche. — Per- 
le l>éiiissant et tenant un livre, porté 
épaules d'un autre personnage; peut- 
lus sur saint Christophe. 
dème compartiment. — Deux per- 
jee à droite, une femme debout pré- 
. un personnage agenouillé h un autre 
gauche. Au-dessus de cette scène, 
Eiage de pure décoration, les bras éle- 

sèème compartiment. — Saint Jean 
, télu d'une longue ruhc , ayant sur 
ine l'agneau avec la croix en pal , ce 



symbole dans une auréole; au^^essous, (été 
de femme. 

Quatrième compartiment. — Le Christ te- 
nant la boule du monde, et entouré des ani- 
maux symboliques des évangélistes. 

Cinquième compartiment. — La Vierge 
tenant l'enfant Jésus. 

Sixième compartiment. — Le Christ sur 
la croix entre la Vierge et saint-Jean ; au- 
dessous, tètes d'anges. 

Septième compartiment. — Méconnaissa- 
ble. 

Eglise Saint-Michel , d Bordeaux. — Les 
quatre inscriptions snivanles sont peintes 
sur les arêtes des voûtes; les plus ancien- 
nes uppartienr:ent à la Qn du xv' siècle. 

1* fias côté droit : 

Aqiieste boate aa feyl far los xleaitors de 
Joan de Belero qiie Dms pdo (Dieu pardonne) 

après lo deces de los efeins (enfants) Tan 

lo mes de novembre. 

2r Bas côté gauche, vis-à-vis la chapelle de 
Saint-Joseph. 

Aqucste voûte an fer far los excecutors de 
Johan de Belle après lo deces de los enfans que 
Dus pdo 

3* Même bas-côté, ris-à-Tis la chapelle du 
Sacré-Cœur, autrefois chapelle Saint-Marc : 
Aqiieste boute an fey far los excecutorsi Be- 
nonictine Belle après Jo deces de lou efens que 
Diu p<lo.... 

k'' Dans la nef centrale : 
Aqueste voule en far fa los excecutors de 
Johan de Bellem après lou deces de lous enfans 
ian M UlU G et..... 

Deux inscriptions semblables ont été ef- 
facées. La première, tirée des archives de 
l'église, élait au-devant de Tabsidc centrale, 
et portait : 

Aquesla boula a fcyt far Vital de la Combelie 

qui la fit far (ecu ?) 

La seconde, communiquée par M. Pelau- 

3 ne, secrétaire général de la commission 
es hospices, était peinte sur le mur de la 
chapelle de Saint-Louis de Gonzague et de 
Saint-Stanislas de Rotska. 

L^am mil fit far aquesla boula Johan deu 

Bo3C marchant demeurant sur los fossals* 

La galerie qui couronne extérieurement 
la chapelle de Saint-Joseph offre en carac- 
tères évidés dans la pierre. 

Henry de Valois, ray. 

Inscription qui n'est pas sans doute une 
simple oate, mais qui indique aussi vrai- 
semblablement que cette splendide chapelle 
est au moins en partie Tœuvre de la mu- 
niflcenee royale. 

Eglise de Gaillan. — Dans le bas-côté , à 
droite, on lit : 

Hic : jacet : Dns : Pelrus 
de Taunac : hius : eccHiê. 
recior : q roulta : bona 
dédit eidê : eccGê : obiit 



167 BOR 

nltlma : die : mensis 
Januarii : anno : 

M« CCCC® L XXX ¥«. 

Eglise de Bèghs.-- Les deux textes sui- 
vants rectifient ceux déjà publiés par Bau- 
rein et Jouannet. 1"* Inscriotion contre un 
contrefort de Taside : 

L*an MIL ccc<> nonite et y 
fut fait le cap de glUe posa 
la pmire piere roos^ Emeric de 
Segur chevalier et S' De Francs, 
estant obrier Joliam Garic 
et mos Esteve Celis vicari. 

2* Contre le mur méridional » près d'une 
petite porte aujourd'hui murée : 

L'an MIL Y«« xxxvii le xvii* 

jour de may fut fondée la 

pnte chapele et poosa la p 

miere pierbe Jehan de Segur 

écuyer S^ de Francs estant 

ouvriers M'' Estiene de 

Gazen et Jehan de Lacrou. 
Eglise de Sainl-Aubin, canton de Blanqui^ 

fort. 

Ci gist Lancelot 

de Feirron escvier 

seignevr des ma^sôs 

nobles de Ferro de 

S^ Avbin de Copian 

de firigaile et avlre 

Uevx et maisôs noble 

Dv U« aovst 1583. 

Eglise dePujols. -— Inscription gravée sur 
un contrefort placé au sud de cette église 

cesle église 
ou suis 
Laurês 
1535. 



DICTIONNAIRE BOR 168 

Le même terme se trouve reproduit $ir 
l'inscription suivante à l'extérieur de l'aln 
side : 

a an. ce grâce, h. cccgc 

xxxvni a. este, ediffie. le 
presët. cheur. p. maistre. 
Marsault. Roux. Masso 
Estant, comptz. maistre 



L*an M y^ 
du bas voul 
mise sindiç 



XXX V fut achevé 
pet pilles mesaides 
csPeydeMôberolet 

de Tallarel 

E^ lise de CadillaCy sur Dordogne, 
Aqsta voûta flt far lo 
honble home mestre Pey 
den Bosqiial Tan mil 
nii<: XXVII a honor de 
Diu et de la glosa 
YgesMietdeS 
George Amen. 

Eglise de Créon. — inscription gravée sur 
le portail : 

Mil iiii un XX et X 

fut fait ce portail issi 
esloit de céans Mauvoisi 
conte et Benoit Pichanu 

Nous devons faire observer qu'il serait 
possible que le mot comte ne fût pas un nom 
propre, mais la qualification donnée pen- 
dant le moyen âge aux syndics des commu- 
nautés rurales qui étaient nommés en géné- 
ral comtes ou mandes. 



Eglise de Langoiran. — Inscription plaete 
sur un pilier de la chapelle de la Vierge : 

L*an de grâce mdcxli. a 
estee. ediûée. la. pre 
santé, chapelle, par 
les. meigns. de Mrêt. Marda 

L. Rovs. et po. les. bits (kMtmâ^ 

[deUgeifO. 

Eglise de Targon. — Au-dessus d'une fc- 
nôtre du clocher, on lit : 

M. J. Courtes, notaire royai, syndic de régtiaa 

de Targon, a fait achever le clocher d^ais fat 

dernière plelnthe en haut par AvineU c. L v. 

m. 1673. 

Eglise de Lalande , canton de Fromao. — • 
Inscriptions de cloches. 

Diedier dobble machie mi in iahr m. cgcg XLfn. 

Cette cloche, fondue par un Allemand pen- 
dant Toccupation anglaise, semble donner 
l'indice que dans notre province, comme 
dans la plupart des autres, les cloches des 
campagnes étaient fondues par des ouvrieif 
ambulants qui étaient en général des Aile» 
mands. On sait qu'il n'eSt pas rare de re* 
trouver dans les paroisses rurales d'ancieni 
fours à cloches qui ont été pris très-soo» 
vent pour des restes d'antiquités ondes vei» 
tiges d'incendies. 

Eglise de Notre-Dame de Flouais. 
Sancla Maria, ora pro nobis 17$5. 
Messire Charles Antoine dv Pis chevalier Si' de 
Pvybarban Basa»» conseigneur de La Mothe et 
de Serres P. M*' M Rollet épouse de Messke 
Nicolas de Meslon O^ Sb' de la Gavterie €*«• ce 
la grand chambre D^ P.«'it 
Cette cloche a été refondve par les soins de F. Momii 

Eglise de Sainte-Croix de Loupiac {La RioU^ 

Parrain sievr Jean Darman grand owrier el 
sindic dépvté par le roi ; marraine dame Marthe 

de Lovpe vevve de messire delajvrisdictioo 

de La Reolle. Pierre Yincens de Chavmds che- 
valier président, trésorier général. M' M« Piene 
Dvmolin curé 1751. 

Eglise de Saint-Saturnin de Blagnae. 

Je fus iaicie Tan mtL y x un pour S Martin de 
Monphelix furent mes 'peyrins Raymond Dan* 
glade. Marie de Sansaric 

Eglise de Romagne. 
Jésus Salvator hominum. Maria. l*àn m v* 
L ni je fu fecte pour seignur Bfbieu de Romagae 



109 



BOR 



D*EP1GRAPHIE. 



60R 



i70 



et fure mes pasrios Charles et Zuzanne de Gas- 
tetia, seigneurs de Saubannac. 

Eglise de Brannens. 
J. H. S. M. (Jésus hominum salvator, Blaria) 
Tan un. T« XI fat fet pour sent Suplicii de Bra- 
oeois. 

Eglise de Croignon. 

Geste présente cloche a esté faicte refondre 
par M Yves Boismartel, pbrê curé de Grognon et 
par Goillen Âudeiau fabriqueur et ouvrier par- 
rain noble homme Jacques Philippe Darrenges 
ecoler sie?r da dict lieu de la maison noble de 
LiBfiiissan marraine noble vertuerluze damois- 
adle Isabeaa de Gères de Gamarsac le 24 

Eglise de Louptac. 
M. Plan Bovan archipretre; M. Nicolas de 
Gorababessonse doyen du parlement de Bor- 
deanx parrain ; Marguerite de Gombabessouse, 
^MNise de M Montaigne marraine, i749 ; Jean 
Caxeam oavrier; vital Bechade sindic. 

Eglise de Monségur. 

IHS. M. la. pnte. est. pour. 

servir, en. 

la. grand, église 

de. Nre. Dame, de Montsegur en 

Baxadodys. Tan. 

MIL GGCCC Ll VII. 

Eglise du PeM-Palais. 

nS. Maria je este faite povr labbeye de Feixe 
n» 19i4 ; abbe Ramon Martin prieur Lacroix 
Baonzie Tilenvfve Dvxac Ferris p (parrain) Dv- 
pnt m (wsarrmne) Jane Fevereav F P Lalay m 
(•'•)f(/at«) 

Eglise de Neuffons. 

IHS. ft. M. Y«. 1. ii. H. Groleut. nous. 
fidct. tous. deux. pour. S. Martin, de. Torignat. 

dict. de. Neuffons. I. de. L. R. 

Porte et tours de YHÔtel de Ville de Bor- 
itaux. — Suivant un document déposé aux 
irebiTes départementales, ces tours étaient 
précédées yers Test de deux couples de 
tomrs semblables, le couple du centre moins 
déreloppé. Il fallait donc franchir deux por- 
tas, avant d^arriver à celle qui donnait ac- 
cès dans la ville. 

La base seule de la porte actuelle remonte 
l l'époque du mur de clôture ; en Ibtô, ces 
tmsrs fiêreni élevées jusqu'au haui^ dit De* 
lorbe ; en 1548, elles furent découronnées 
par ordre du connétable de Montmorency, 
et leur démolition fut même prescrite ; ce- 
pendant cette décision fut révoquée, et une 
toiture fut placée en 1SS6. En 1757, ces tours 
ont été réparées de nouveau et le mode de 
leur couverture a encore été modifié. 

Voûte ogivale se noyant dans un massif 
ftrroDdi aux angles, et percé dans sa partie 
Bopérieure, au-dessus d un premier cordon, 
d'une vaste ouverture ogivale qui a regu la 

Digtiokh. ii*Epi6haphir. 



cloche de ville. Vers le sommet, cordon 
donnant naissance à un encorbellement. 
Dimensions de la base du massif, 14 mètres 
sur 5 mètres, cette dernière dimension ex- 
primant la longueur du passage sous la 
r^rte. Hauteur totale, ki mètres, sur laquelle 
mètres jusqu'à la clef de voûte de la porte 
(le sol a été considérablement exhaussé] ; 13 
mètres depuis cette clef jusqu'au premier 
cordon ; 10 mètres de ce point à l'encorbel- 
lement ; 3 mètres jusqu'au sommet ; 9 mè- 
tres ])0ur la couverture. 
Sur la cloche, on lit l'inscription suivante : 

Cette cloche a été faite par iean-Jacques Tur- 
meau fils atné, et aidé de Jean Turmeau son 
frère, sous la conduite de Jacques Turmeau 
père, fondeur de la ville, le 25 juin 1775. 

ConvocolSipol Note |Gompello|Goncino| Ploro 
arma. | dies.| horas.| numla. | lœta. | rogos 

Cette cloche est ornée des armes du roi , 
de la ville, de M. le maréchal duc de Riche- 
lieu, de M""* la duchesse d'Aiguillon, et de 
H. le maréchal duc de Mouchy. 

Fort Louis à Bordeaux. — Situé sur la ri- 
vière, à l'angle sud-ouest de la ville, c'est- 
à-dire à l'angle opposé à celui occupé par le 
fort Trompette, ériçé par ordre de Louis XIV 
en 1676, à la suite des troubles de la Gabelle; 
deux bastions, avec contrescarpe et chemin 
couvert, du côté de la ville ; demi-lune et 
fossés du côté de la campagne. Démoli com- 

Elétement vers 1828 pour faire place à l'a- 
attoir général. 

On a déposé au musée 'des antiques de 
Bordeaux un bas-relief qui était situé sur la 
porte de VEsi^ et qui représente les armes 
de France unies à celles de la ville, et sou- 
tenues par des griffons. Au-dessus de la 
porte d'entrée, était une inscription gravée 
sur une plaque de marbre noir que Ton 
cherche vainement au Musée de la ville. 
H. Arnaud d'Etcheverry, correspondant, a 
bien voulu communiquer le texte de cette 
inscription : 

Régnante Ludovico 

decimo quarto 
invictissimo Galliarum rege 
sub administralione Goesaris Phœbi d*Albret 
pro régis Aquitanise curis Guillelmi de Sève 
niissi dominicî arx ista tribus mensibus erecta est 
annoDomioi millesimo sexcentesimo septuagesimo 

[sexto. 

Porte d'Aloret. — Du nom du gouverneur 
de la province, sous lequel elle fut ouverte 
dans la deuxième moitié du xviii* siècle. 

Armes de la Ville. "— De gueules à la porté 
de ville, dite tour de la Grosse Cloche, d'a- 
zur, ûanquée de deux tours fuyantes du 
même ; le massif de celte tour percé au- 
dessus de la porte d'une deuxième ouver- 
ture pour la cloche d'argent pavillonnée du 
même, et supportant un lion de haute gran- 
deur et du même ; au chef d'azur, chargé de 
fleurs de lis d'or, et portant en pointe un 
croissant tourné d'argent. 

6 



171 



BOR 



bI€TIOlNNÂlRE 



BOft 



m 



Sxtraiti d'une notice mr les Grands Carmes 

de Bordeaux. 
VarM.L. LaiDotiie(t}. 

Lé couvent des Grands-Carmes n'h laissé 
afacûnè trace; mais les anciens plans de 
Bordeani indiquent qu'il occupait l'espace 
guadràngulaire compns entre les rues Éou- 
Ëanty Labirat, des Carmes et les fossés de 
raôtel-de-Ville : plus tard, la rue Figuières 
a traversé ce terrain. Ainsi ce couvent se 
trouvait placé entre le premier et le deuxième 
accroissement de l'enceinte de cette ville; 
mais sa fondation était antérieure à ces lignes 
murales. Une tradition adoptée par tous les 
auteurs l'attribue à la fiimitle noble de La^ 
lande; mais sur la date de cette fondation 
naissent des doutes, et les auteurs sont loin 
d'être d'accord. 

On ne saurait prêter la moindre attention 
à une inscription rapportée par les cbroni- 
qaest et qu'on lisait dans l'église de ce mo- 
nastère, a cdté d'un pilier du chœur, contre 
lequel était fixé un grand collier de fer avec 
une lance. Nous la rapportons néanmoins, 
puisqu'elle se trouvait dans l'église de ce 
monastère. 

L*aD de grâce environ mille cent 
Fonda premier un seigneur de Lalande 
Âm Carmes Tîeils cette église et couvent 
Pour ce qu'en Dieu obtînt TÎctoire grande 
Contre un géant qui conduisait la bande 
Des Espagnols po'urBordeaux assaillir 
Ci-dessus dit, lui fit payer Tamende 
Car il hii fit la tête à bas saiUir. 

L*an onze cent avec six vinpt moins trois 
Mettire Gaillard de Lalande seigneur, 
L*édifia pour la seconde fois. 
Tout de nouTeau Ait réédificateur 
En ce lieu d, outre il fût fondateur 
De la mesae qu*on dit de Notre-Dame 
Un chacun jour prions le Créateur 
Qu*ii TeuiUe avoir en paradis son &me. 

Et tiercement la très-sage et bénigne 
De droite ligne et propagation 
De Lalande madame Catherine 
Oofrit tes yeux de la vraie compassion 
Mille quatre cents de rincarnation 
Et de einq croix la nouante-septième 
Fit de nouveau cette fondation 
Dedans iuiilet le jour vingt-deuxième. 

Cette église avait, d*après d^ancions plans, 
deux nefs d*inégale longueur : celle du sud, 
de 57 met. de longueur totale à Tintérieur; 
'celle du nord, de 55 met. 50, terminées cha- 
cune par une abside à trois pans coupés; la 
nef septentrionale bordée au nord par quatre 
pièces, dont la suite pouvait être considérée 
comme formant une troisième nef. Ces cha- 
pelles bordaient immédiatement les fossés 
deraôtel-de-Ville; et les deux pièces du 
centre étaient percées de portes ouvrant sur 

(I) BuUêîin des ComUés, juin 1851, p. 169. 



ces fosses et mettant ainsi l'église en rela- 
tion avec le public. 

Contre la race méridionale était le cloître 
entouré de galeries; et, à Test de celn-oi, 
une vaste pièce, sans doute le réfectoire ou 
la sacristie. 

Les bâtiments d'habitation étaient à l'ouest 
de Téglise et du cloître. Le jardin , au sud 
du 'Cloître et séparé de celui-ci |>ar d'autres 
constructions, bordait la rue Labirat, qui ne 
se prolongeait pas alors au delà de ui rue 
des Carmes. 

Le procès-verbal des dégradations stiUre- 
nues en 1657 a déjà appris que l'Oise ren- 
fermait des autels placés sons le TO<MMe de 
^aint Simon Stock, de saint Rodi, etc. 

La chapelle de Saint-Simon ^ock reafi»>- 
mait les reliques de ce saint; et on âevine 
facilement qu*elle devait être l'objet d*aDe 
dévotion particulière : tout le monde Ait 
que c*est à ce saint que remonte la tradition 
qui a donné naissance à la dévotion du aei- 
pulaire. 

Il avait été enterré à la porte de réi^in. 
selon ses volontés dernières, « voulant, M 
fait dire un de ses hagiogr^phes, être sani 
cesse foulé aux pieds des.passanta, en oom- 
pensation des fautes qu'il croit aVoir com- 
mises en présidant à la conduite de ses 
frères. » 

A peine fut-il enterré qu'une lumière écla- 
tante, raconte le même auteur, jaillit pen- 
dant plusieurs jours au-dessus de son tom- 
beau. L'archevêque Pierre Roscidival, témoii 
de ce prodige , ht sortir le 'éorps de tMVB, 
trois jours après sa mort (souvenir évkM \ 
de la résurrection du Chhst : on sait éÛÊh " 
bien les allusions de ce senre sont fréqdmii 
dans les vies des saints}; il'Ie fit éxposiArte 
l'autel à la dévotion des fidèle, et wûffi ' 
pelle fut érigée l'année suivante sur l'Mb 
cernent de la chambre qu'il avait oocaj^... 
Les religues v furent transportées en pomM 
et il fut immédiatement invoqué obnum saut 
dans toute l'étendue du diocèse, privilégeqri 
fut confirmé en 1S76 par le pap»Nieolas UL ^ 

Sa réputation de sainteté lui faisait Mri- | 
buer, en effet, de nombreux miracles^ et, i 
jusqu'en 1595, on venait à Bordeaux.de 4XMh L 
trées fort éloignées, du nord de la FraiMsa; '< 
d'Espagne, pour invoquer sa médiation. Mab 
à cette époque le nombre des pèlerins dini* 
nua, des fragments de ces reliques ayant êâ 
envoyés en plusieurs endroits, et notamoMÉl » 
à Salamanque et à Orléans. Le pape Paul t % 
(1605-1621] accorda une indulgence pléniifl i 
pour l'église des Carmes de Bordeaux, le .; 
jour de la fête de saint Simon Stock; et h ^ 
pape Innocent IX rendit, en faveur du pèflia 1 
couvent, deux bulles : la première, du li ^ 
mai 1680 , qui institue une confrérie: Il .g 
deuxième, du S7 du même mois, qui étwil | 
un autel privilégié dans la chapelle de €6 | 
saint. ^ 

En 1617, on ouvrit de nouveau soptom- f 
beau pour détacher un fragment de reUÎnM \ 
qui fut transmis au couvent des Carmélites ; 
à Paris; et les parties conservées à Bordeaux 
furent renfermées dans une chAsse en bois 



Bcm 



D^EMMéPfflE. 



BOO 



iU 



iris. Afin d*en augmenter l'éclat, od 
Torner de la représentation peinte du 
Hais 9 dit Tauteur d'une instruction 
a confrérie du Saint-Scapulaire , on 
t la léffèreté de s'adresser à un héré- 
qni s^amusa h donner à la figure du 
ne expression grotesque. A 1 instant 
ition du ciel se fit sentir; sa main 
le se desséoba. Cependant» touché de 
r, et étant venu au tombeau du saint 
iplorer le pardon de sa faute, il obtint 
uoDi et la peinture put être accom- 
p lui. Touché alors d une vive recou- 

t, il se convertit. 

I. par ordre du R. P. général Jé- 
lyyles reliques furent mises dans des 
BOUTeaux, le reste du corps dans 
i4*argent orné de pierreries et 
„jmges de goût , le chef dans un 
iplpd'argent, une des mâchoires dans 
ne d'argent. 

châsse est placée sur l'autel, dans la 
a de notre saint, dont l'ouvrage est 
horcfaé et très-curieux en sculptures 
MS peintures de goût et de très-belles 
\ : tout y est précieux, et les ome- 
nerreilleusement variés et prodigués 
it avec beaucoup de vivacité et d'a- 
t««x yeux des spectateurs des objets 
s qui nous rappellent une partie des 
• que saint dimon Stock a opérés 
sa vie et après sa mort. On expose 
a 4e saint Simon Stock à la vénéra- 
8 fidèles aux jours les plus solennels, 
IM anlel de l'église; la boite d'ar- 
iil è tm ée dans un des reli(}uaires du 
4Vitel est destinée à satisfaire la piété 
nuance des malades de la ville de 
OXf chez qui on la porte, lorsqu'ils en 
e&t le désir. Autrefois cet usage était 
tt; ces précieux reliquaires et cette 
iqae chapelle sont en partie le fruit 
mlUMs de cette ville ; ce qui prouve 
4Uii alors leur vénération et leur 
ee envers saint Simon Stock, leur 
i reconnaissance pour les secours 
els et temporels qu ils ont retirés de 
tsante protection, et le zèle pour son 
lui semble oublié et presque entière- 
peidu de vue dans le temps où nous 
, dans ces jours malheureux où la foi 
tare. Aussi ne soyons pas surpris si 
racles ont presque entièrement cessé; 
18 en prenons qu'à notre tiédeur dans 
ÎM de Dieu et à notre peu de con- 
flfff in les miracles et l'intercession des 

QipeUe de Saint-Roch contenait aussi 
mi que Ton croyait avoir appartenu à 
It et qui était l'objet d'une vénération 
iSère. En 1774, rarchevéque de Bor- 
II eesser un scandaleux abus qui s'é- 
iséà ce siqet. Des bouchers, tanneurs, 
lers prenaient ce bâton en ferme chez 
eur se préserver des dangers résul- 
la mauvaise odeur de leurs marchan- 
Ce marché, qui se passait le lende- 
lordeaax, Jeau- Baptiste Séiogrmé ; 1799, 



main deiafôte du saint, devant le procureur 
du roi ou sénéchal, s'éleva une lois à cin- 
quante ^eos. Les Carmes allaient déposer et 
retirer processionnellement ce reliquaire 
chez celui qui en était fermier 

Lorsque le gouvernement fit fermer les 

couvents, celui des Carmes contenait vingt- 

^ six religieux, dont les pensions furent fixées 

' de 300 francs à 1,000 francs ; en totalité, à 

16,600 francs. 

En 1792, le district de Bordeaux et le di- 
rectoire du département approuvèrent la 
mise en vente et le plan de aistribution des 
terrains occupés par ce monastère. Un grand 
nombre de ventes furent en conséquence 
consenties; le principal acquéreur fut le sieur 
Peixosto. 

Vers la fin de 1T9%, la rue Figuères était 
ouverte sur ce terrain, et lé théâtre Mayeur 
s'élevait sur une partie de l'emplacement de 
l'église. 

BOTTESFORD, comté de Leicester, en 
Angleterre. 

Joh*n Fremau G*his jacet bic foeaa iuimilatiis 
Bector hajas ftindi qui sprevit gaudia mundi 
Este tibi Xriste judex prias et miserere 
Matemit precibus ipsum sioe fine tuere 
Aofelicîaque choris instei de' oiunibus boris 
Mon ioler re plKM maneat qui pavii egenaa. 

{Sépulcral monummU^ IL coxcix..) 

BOTTESHAM, comté de Cambridge, en 
Angleterre. 

Elioê de Bekingham^ mort aprèê 1299. 

Hic jacet Elias de Bekingham quondam justi- 

dariusdomiui régis AngUe ciyus Anime lin|pi- 

lietur Deos. 

{SepulcnU $non¥m$iUêf 1, 78.) 

BOUGIE, en Algérie. 

On lit sur la porte de la Casbah l'insorip- 
tion suivante qui se rapporte au temps de 
Charles-Quint. 

Ferdiuandus 

V. rex Hispa- 

ni^e. inclitus 

vi arroonim 

pedldis Âga- 

renis (i)|lianc 

asbtulil ur- 

bem anno 

MDvnu. 

Quam. mûris 

castellisq. mo- 

nivît imp. Ka- 

relus Y Âfrican- 

us Ferdinan- 

di memorati 
«nepos et ba- 

eres aoli Dec 

honor et glorla 

anno 1515. 

(1) Filt d*Agar, les Arabes ou Saratina* 



175 



BOU 



DICTIONNAIRE 



fiRE 



176 



Deux ans après que celte inscription fut 
placée, le gouverneur de Bougie, vain- 
queur des Arabes révoltés, fit incruster sur 
les murs de la Casbah les têtes de sept 
chefs Kabiles tués dans un combat. On voit 
encore les excavations où étaient les têtes. 
Au-dessous, sur une plaque de marbre, on 
lit l'inscription suivante : 

Ecce testes victorie oblinle 
in Epipbania propreside Seba- 
stiano de Gastillo pro Ludovico 
de Peralta generali. 1545. 

C'est ce même Louis de Peralta oui fut 
décapité à Badajoz en 1548, accusé d'avoir 
traite avec les Algériens. 

{Revue d'archéologie^ décembre 1851, 
vm* année, p. 576.) 

BOUGIVAL, village à trois lieues de Pa- 
ris, vers le couchant, et à une lieue de Saintr 
Germain-en-Laye, L'église est sous le titre 
de la Sainte-Vierge ; l'Assomption est la fête 
principale : mais comme cette fête est con- 
mune à tous les autres lieux, les habitants 
ont pris saint Avertin pour second patron, et 
ils en chôment la fête le 5 mai. 

Cette église désigne, par sa construction 
antique, que quelque abbaye a contribué à 
son élévation ; et en ce cas, ce ne peut être 
que celle de Saint-Florent de Saumur. A la 
vérité, elle est petite, mais très-solidement 
bâtie : le chœur pàvati être de la fin du xu' 
siècle. Il est étroit, ainsi qu'on les bâtissait 
alors ; mais voûté, aussi i)ien que le sanc- 
tuaire, au-dessus duquel est élevée une 
basse pyramide de pierres taillées en écail- 
les. Les arcs sont en demi-cercle sans pointe, 
et quatre petits pavillons de pierre en or- 
nent les quatre coins. La nef, quoique seu- 
lement lambrissée, a des galeries bouchées, 
et des colonnades qui sont au plus tard du 
XIII* siècle. L'église a aussi deux ailes, ter- 
minées par des chapelles bâties également 
dans le même siècle. Dans le bout occidental 
de l'aile méridionale, est une épitaphe sur 
du marbre blanc, laquelle porte ces mots : 

Cy gissent honorables personnes sieurRenne- 
quin Sualenif seul inventeur de la niacbinc de 
Marly, décédé le 29 juillet 1708, âgé de 64 ans : 
et dame Marie Nouelle^ son épouse, décodée le 
4 mai 17i4, âgée de 84 ans. 

Au portail, du côté du midi, est la statue 
d'un saint évêque, laquelle paraît du xu* 
siècle, ou même du xi% et qui a un nimbe 
derrière la tête. De la main gauche, il tient 
Tin livre ; le bras droit a été cassé, et on n'y 
voit point de crosse. Il n'est pas aisé d'indi- 
quer le nom de ce saint évêque. 

La chapelle de Saint-Avertm, que Ion in- 
voque contre les maux de tête, est dans le 
fond du même côté, et l'on y voit son buste 
de bois doré, élevé au-dessus du retable, 
avec une capsule de reliques sous ce 
buste, dont la principale est un morceau de 
son chef, placé sous un cristal. 

(Uurtàut et Magny, Dict. des Environs 
de Paris.) 



BOUILLAS, ancienne abbaye en France 
département de Tarn-et-Garonne. 

Inscription de 1264. 

Anno Domini mcclx quarto xviii kaleodas Fe- 

bruarii obiit Willelmus de Montelacduoo domi- 

cellus fiiius Amoldi de Montelucduno qui dkî- 

tur Pelages. 

{Mém. de la Soc. archéol. du Midi. t. IV, 
p. 293.) 

BOUTENAC, anciennement du diocèse de 
Narbonne, département de l'Aude, eo 
France. 

Année 1133. 
XVII kalendas Januarii. Simeoa episcopos fH 
monacbus apud Boltenacum in pace qaievil, 
qui post multa tempera a bonis vlris xvi kftte- 
das Septembris inventus euro maguo gaadiod 
honore hoc in ioco conditus est, anno 
ab incarnatione Domini. 

Cette inscription a été retrouvée et 
avec les reliques en 1604> par Louis de Y«- 
vins, archevêque de Narbonne, à BouteM 
même. Le nom de de Siméon n*est pas sv 
la liste des évêques ou archevêques deNv* 
bonne* 

{Mém. delà Soc. archéol. du Midi, UIBL 
p. 80.) 
BREDËNBERG, dans le Jutland, auroyaii- 

me de Danemarck. 

Epitaphe de Henri de Ranizau. 

Svbsiste, Viator, et Henrico Ranzouio triim 
Daniae Regum inDucaUbus Yicario, vlro optiiM^ 
patri mœstissimo pro pielale tua condolelo^ 
Hic conditur Caius ex noMIssima ei antiquii- 
sima Ranzouioum gente apud Gimbros orioh 
dus : spes patris et patriae, solameo, oobiiiiei < 
famiii», qui Revefendissi. Bremensis Ardiî* 
episcopi HolsaUae Ducis loannis Adolfi Gooalia* 
rius et arcis Gottorpiœ Praefectus, in medii 
vit» cursu, cum hebdomaiico quarto complelo 
vixisset, annos octo et viginti menses ocio^ 
diesque vndecim, pro thalamo, quem cogitabal, 
lumulum adit A. G. md. ici. xx. Aprilis. 

Pater hoc stlfi paraoU morlalilalis memor. 

h\ hoc Sarcophage conditus est Henricos Ras- 

zouius loannis Equilis aurati fiiius, Henrid D^ 

pos, Bredonis pronepos, Gaij abnepos, Regii 

DaniaeGhristiani III, Friderici U et GhrisUarnlV 

olim vices in Ducalibus Slesvuicensi, Ilolsttîx 

et Ditmarsix gerens, Pi^sefectus ards Segebo^ 

gensis, Dominus in Bredenberg, Ranioa, Ban- 

zouistrotus, Nustchoou, Melbeck, etc. Vixil an- 

nos mortuus anno. 

Bt ego tcio Redemplùrem ,mewn vivere : eiiê 

ms e fmkfere exdlabU. 

Viuus lapideum hune mihi paraui lecUiloin, 

hi que iacerem*mortuu8. 
Noii obsecro me mortuum lacessere 

Qui vivus obfui nemini. 
Hcnricus ille manque sum Ransottiu 



177 BRE 

Régis Dani vîcarius. 
Ooem plarimam plures amarant principes, 

Soiqae passim subditi. 
Qoeni docii honeslarunt viri, cumque improbis 

Laude cumulaueront probi. 
Nonc, hospeSy ecqais sim, aut mage fuerim, tenes : 

Temmumen qoi tu sies, 
NiMi cogniUim est mihi : Igitur vt teipsum bene 
lioscas, rogo His longuro Vale. 
Ploca iuee ex quampluribus quae Vir ille illu- 
flris Ttque eruditus singulari libroipublicaait 
qooniBi maximam parlem transtulit in suas Va- 
in Europa iUoenim Delicias Nathan 



D^EPIGRÂPUIE. 



(Labbe, Thés. Epii.y p. k9k.) 
Foyrx ConNHAGCE. 
BgÛkHEf Tille libre d'Allemagne. 

Aneiemu inscription à VHÔpital des 
Sourds'Mueis. 

, Reipiililicae, post Deuro, nullo roonimento tu- 
Ikires snnl, quam Tirtnte civium. Civis vero is 
est, qui sincère patriam diligit, ac bonos omnes 
mItos incolomesque desiderat/ 

(Gmos» Supplém. aux Inscript, de Bâle^ 
p, 493.) 

BBSNDOLA, bourg près de Vicence» au 
loyaume Lombardo-VéDitien. 

Imp. Cces. D. N. 

(Sic) 

Talenti pio fœlicis»« 

Semper augusto 

Vicent ciWt. 

(Cordino/HAÏ, 264,2 ; Mdratori, 1094, 5.) 

nUBSGIAy dans le royaume Lombardo- 
TénitieD. 

I. 

Ancienne inscription d'autel. 

Fauslino et lovitae niartyribus 

Victor Maurus ex voto 
Posuit mensam civibus suis. 

(Cardinal Màïy p. 76; Fletwood, p. 405; 
Bollàndistes, avril, t. II, p. 48 ; Du 
Gange, au mot Mensa.) 

II. 

A»Baptistirevulgairement nomméla Rotonde. 

Domina nostra Flavia Tbeudolin^a 
cdificare fecit hoc baptisterium 
▼ivente domino nostro Flavio Âgilulpho. 
Domina nostra Flavia Theudolinda 
coosecrare fecit hoc baptisterium 
▼irente domino nostro Flavio Adelvaddo 
salutis saeculo ccccccxvii. 
(Cardinal Mai, 170, 3; Frisi, Memor 

Modoet. , diss. ii, p. 79. — Voy . Thesaur 

diplom.j t. II, p. 207.) 



BRE 178 

III. 

Dans réglise de Bottonagoy campagne de 

Brescia. 

Sur uoe colonne. 

D.D. N.N. D.D.D.D. N.N.N.N. 

Magno ... FI. Gonstaniino max. 

• • . tori semper augusto et 

• . • . tori invicto 

. . . et perpetuis 

aug. FI. Gonslanlio nob. Gaes. 

. . . tis R. P. N. 

UIllI 

(Cardinal Mai, p. 255; Muratori, p. 
463,8.) 

IV. 

Au lieu de Bidicciolaf campagne de 
Brescia^ près de Chiesx. 

DD. NN. Fi. ValenUniano 

et FL Valenti divinis 

fratribus et semper 

anguslis devola Venetia 

conlocavit. 

Voyez une inscriplion semblable àBer- 
game, inscription du Musée. 

(Cardinal Mai, p. 263.) 

V. 

Cor. Gauden 
tius V. P. cornet. 
Gorruen. et 
llist. curavit, 

(Cardinal Maï, 336, 7 ; Mafp, Ter. ill., 
t. IV, n'47; t. I, p. 340; Gruter, 356, 
3 ; Muratori, 694, 1.) 

En 820, révoque de Brescia, Ramperl, fit 
placer au haut du clocher de la cathédrale 
un coq en bronze, avec cette inscription : 

DoMiNvs Rampertvs episcop. Brixianus galium 
hunciieri pwecepit an. D. N. YHV. XPI. R. M. 
octogentesimo vigesimo, indictione xiii, anno 
translat. SS. decimo quarto, sui episcooatus vero 
sexto (i). ^ '^ *^ 

Traduction. 

Le seigneur Rampert, évêque de Brescia, a fait 
faire ce coq Tan de Noire-Seigneur Jésus-Christ, 
Rédempteur du monde, 820, indiclion 15« Tan 
de la translation du saint, 14«, de son pontifi- 
cat le 6*. 

M. l'abbé Barraud a rappelé cette inscrip- 
lion dans une notice sur les coqs des égfi- 
ses, communiquée au Comité des arts (2), 
et dont nous reproduirons quelques ex- 
traits. 

\? Andeonelé des coqs de nos églises. 
Andronic de Cyrrhes, au rapport oe Vi- 
truve, fit bâtir, à Athènes, une tour octo- 
gone en marbre, et graver sur chacune de 
ses faces les figures des huit vents priiici- 
paux, en regard des points du ciel d\)ù ils 

m UgheUi, Italia sacra, t. IV, p. 535, éd. i719, 

\?L*'**'^*" ^^ coimtif*, novembre-décembre 1850. 
p. 268. ' 



179 



BKE 



DICTIONNAIRE 



BRE 



m 



soufflent. Au-dessus de cette tour, u plaça 
une pyramide en marbre et, sur la pyra- 
mide, un triton de bronze ayant dans la 
main droite une baguette. Ce triton était 
tellement disposé, au'au moindre change- 
ment il tournait sur lui-même pour venir se 
présenter au vent qui soufflait alors et en in- 
diquer la figure avec sa baguette (1). Le 
monument aAndronic, connu sous le nom 
de Tour des vents, existe encore. Il sert au- 
jourd'hui de mosquée à des derviches. 
Comme il est construit en gros blocs de 
marbre, il n'a pas éprouvé de grandes dé- 
gradations, et le couronnement, seul eu est 
détruit. On juge, par le style déjà corrompu 
de cette construction, et par la médiocrité 
des bas-reliefs, qu'elle est postérieure au 
siècle de Périclès (2). 

D'après l'auteur anonyme d'un ouvrage 
ayant pour titre : De Arte architectonica^ 
auteur que cite Bu Cange dans son Glos- 
saire^ au mot Yeniihgium, un triton de cui- 
vre, semblable à celui d'Andronic, aurait 
été placé à Rome sur le temple d'An- 
drogëe. 

Ces faits, qu'il m'a paru utile de consigner 
ici, prouvent évidemment que l'invention 
des girouettes ou anémoscopes est anté- 
rieure à notre ère. Il n'est donc pas impos- 
sible qu'on ait placé des machines de ce 
genre sur les premiers temples chrétiens, 
et qu'on leur ait même donné, dès lors, la 
disposition qu'elles présentent aujourd'hui ; 
rien ne prouve, toutefois, qu'il en ait été 
ainsi. L'époque de l'adoption de celte forme, 
que l'on a dans la suite invariablement con- 
servée, ne saurait être indiquée d'une ma- 
nière précise : il en est de cela comme de 
tant d^autres choses dont l'origine est abso- 
lument inconnue. Ce que nous pouvons 
dire, c'est qu'au xi*, au x% et môme au 
commencement du ix* siècle, époque déjà 
fort reculée, il y avait des coqs placés au- 
dessus des églises. Les témoignages de plu* 
sieurs auteurs qui ont écrit dans ces 
trois siècles, ou qui rapportent des faits 
arrivés dans le même temps, ne permettent 
pas d'élever, à ce sujet, le moindre doute. 

Le premier passage que je citerai est tiré 
de l'ouvrage où Guibert de Nogent fait sa 
propre histoire. Avant de devenir abbé du 
monastère qui lui a donné son nom, ce qui 
eut lieu vers l'an llOi, ce pieux et savant 
écrivain avait longtemps demeuré comme 

(1) c Sed qui diligentius perquisiveruDt, iradide- 
nint eos (ventes) esse octo, maxime quitiem An- 
dronicus Cyrrhestes. Qui eliam exemplnm collocavit 
Albenis iurrim marmoream octogonon, cl in singu- 
lis iateribus oclogoiii, singulonun venlorum imagi- 
nes exsculptas, conlra sues cujus^ueflalus desigiiavit. 
Supraque eam iurrim marmoream metaui perfecit, 
et insuper Iriloncm xreuiii collocavit, dextra manu 
virgam porrigenicm, cl ila est machinatus, uti vento 
clrcumagerelur, et semper contra flalum consisteiet, 
sdpraque imaginem flantis venti indicem virgam te- 
neret. • (Vitrdv., De Architectural lib. i, cap. 6, 
p. 4iderédiiiondei657). 

(2) Span, Weier, J. D. Lerov et Sluart ont parlé 
Itec détails de ce monument singulier. 



simple religieux dans l'abbaye de Saint* 
Germer, et il se plaît, dans le livre de st 
vie, à raconter les moindres événements 
qui y étaient arrivés pendant son séjour. 
Voici comment il décrit en particulier des 
désastres occasionnés par la foudre dans 
l'église de ce couvent : 

« C'était la veille des saints martyrs Ger- 
vais et Protais. Des nuages orageux ét«iêiit 
amoncelés, l'on entendait de faibles coups 
de tonnerre, et de rares éclairs sillonnaient 
le ciel. Nous venions de nous lever, car il y 
avait peu d'instants que l'on avait donné la 
signal de prime. Nous nous rendons à l'é- 
glise avec une vitesse inaccoutumée, puis, 
après une courte prière, nous entonnons fe 
Deus in adjutorium meum intende. Nous al- 
lions contmuer, mais tout à coup un brait 
violent se fait entendre et la foudre pénè- 
tre dans l'église. Elle fond d'abord on ren- 
verse le coq placé au-dessus de la tour, ainsi 
que la croix et son support; elle ébranle 
la nièce de bois à laquelle ces objets étaient 
flxés ; elle arrache, en les brûlant à moitié, 
les lattes de la couverture, malgré les doos 
qui les retiennent, et s'introduit par la fe- 
nêtre occidentale dans la tour. Bientôt elle 
atteint le crucifix placé au-dessous et elle 
le brise en faisant sauter la tête et le cdté 
droit. Elle ne brûle pas toutefois ces par- 
ties, mais elle consume tellement le oras 
droit de la croix et du Christ, qu'on ne pal 
retrouver que le pouce etc., etc. (1). » 

Le Livre Noir de Coutances, indique par 
M. Bouet, dans le Bulletin de la Soetéti 
française, contient aussi la relation d'uo 
orage. Pendant cet orage, arrivé en 1091, It 
foudre renversa plusieurs parties de la ca- 
thédrale de Coutances et détruisit, en parti- 
culier, le coq qui se trouvait au-dessus de 
la grande tour. Le rétablissement de ce coq 
est rapporté de la sorte : 

« L'évéque sentant sa mort approcher et 
gémissant des désastres oui étaient arrivés 
à l'église, envoya en Angleterre chercher le 
))loiiJbier Brisonel. 11 Bt boucher toutes les 
l'entes de la tour de plomb, réparer les tours 
et le chevet, refaire et replacer sur la grande 
tour le coq doré que la loudre avait détruit. 
Quand on lui eut appris que le coq, tout 

(1) f Yix paucae hebdoroades emens» fuerant, 
cnm esset vigilia martyruni Gervasii et ProtasH, 
parvo emergenie lonitruo, nec crebrescente corusco, 
tempesluosi aeris iiubilus eminebal. Mane ergo nobU 
surgentibus parvo admodum spalio primas bÎDrae ai- 
gniini insontierat. Ad ecclesiam insolila celerilale 
convenimus; post brevissimam orationem, Den$M 
adjutorium meum intende dixeramus ; sed cuni vel- 
lemus aggredi sequenlia, ictu ruciile grandisouo ful- 
niiiiis, lioc Hiodo peneiralur ccclesia. Gallum, qui 
super lurris erai crucem. columque aul dispergit aul 
cremal; irabem cui haec insidebant debiliial , et 
sciiuiulas clavis afûxas semiureudo, convelleas per 
occidcnlalûm lurris viiream inlrat. Crucifixi Douiiui 
imaginem subler sianlem, illiso usque ad niînam 
capile, fixoque lalere dexiro, frangit, non ustiilat; 
dexlrum vero brachium et crucis et iniaginis sic urii 
et Iruncal, ut prêter manus pollicem de tolo bra- 
chio (|uidpiam nemo reperiat. » (Guibert, De Vita 
$ua^ lib. I, cap. ^^2, p. 483 de rédition de 1631.) 



181 



BRE 



DEPIGRAPHIE. 



BRE 



482 



éclatant de dorure, était rétabli et replacé h 
l*eadroit qu*il occupait auparavant, il or- 
donna qu'en le soulevant avec les deux bras 
et les deux mains, on le mit sur son séant. 
Assis de la sorte dans son lit, il pria et ren- 
dit grâces à Dieu; puis s*étant recouché : 
c J'aurais craint, dit-il, si ma mort était 
fl arrivée plus tôt, que ce coq ou un autre 
« semblable ne fût jamais remonté en cet 
c endroit (1). » 

Dans le livre de la Vie de saint Switin, 
Wolstan, auteurdu x' siècle, parle en termes 
pompeux du coq placé au haut de Téglise 
que révAque Eiiége avait fait bAtir à Win- 
chester : 

« Un coq d'une forme élégante, dit-il, et 
tout resplendissant de l'éclat de Tor occupe 
le somnwt de la tour ;. il regarde la terre de 
haut; il donine toute la campagne. Devant 
lui se jsrteotent et les brillantes étoiles du 
nord aC les nombreuses constellations du 
xodiaque. Sous ses pieds superbes, il tient 
le sceptre du commandement et il voit au- 
dessous de lui tout le peuple de Winches- 
ter. Les autres cogs sont les humbles sujets 
de celui qu'ils voient ainsi planant au mi- 
lieu des airs et commandant avec fierté à 
tout l'Occident. Il affronle les vents qui 

Eenl la pluie et, en se retournant* sur 
[nèmey if leur présente audacieusement 
Il tète. Les efforts terribles de la tempête 
DO rébranlent point ; il reçoit a^vec courage 
et la neige elles coups de Touragan; seul, 
il aperçoit le soleil, à la fin de sa course, se 
précipitant dans l'Océan, et c'est à lui qu'il 
est donné de saluer les premiers rayons de 
r^urore. Le voyageur qui Taperçoit de loin 
6xct sur lui ses regards, sans penser au che- 
min qu'il a encore à faire : il oublie ses fa- 
tigues; il s'avance avec une nouvelle ar- 
deur. Quoiqu'il soit encore en réalité assez 
lûii( du terme» ses veux lui persuadent ou'il 
r touche (2). » 

(1) c Cemens aatem beaiae memoriae praesol, mor^ 
teoi sibi imminere, et condolens casihus ecclesiai^ 
nsîtio ÂDgiiani et vocavii ad se Brisonetuin pkiin- 
bsrium, fecitque omnes discissiones cooperirc turris 
^mbe» et insuper lurres et capitia redintcgrarc , 
ma eiSam dêëuralum gallum quem pnedtciuin (\ilgiir 
telniierat, sludiose reslaurari m^joriquc liirri 

ϔinpoui. Ut ergo uuntiatuin esl ei quia gallus 
ot resliUitus esset, et superimposiius siio loco, 
jMHÎt se manibut ambabus et brachiis in sessuni 
nniai erigi, ticque sedens in lecto, Deo(iuc grali^s 
igeas, oravit; et quum postmodum repausasset : 
f Tinebam, inquit, quod, si meus obilus pncvonis- 
fl let, aouquam gallus ille, vel illi consimilis, illuc 
I ollariw aseendisset. » (Bulletin monumental de 
M. de Gaumont, t. XV, p. 552.) 
(2) Additur ad spécimen stal ei quod verticc gallus 

Aureus omatu, grandis et intuilu. 
Despicltomne solum, cuuctis supereminet arvis, 

Signiferi et Boreae sidéra pulchra videus. 
Imperii scâ^nim pedibus lenet ille superbis, 

mat super et cunctum Wintoniae populum. 
Imperat et cunctis evectus in aéra gallis. 

Et régit occiduum nobills imperium. 
Implger imbriferos qui suscipit undique ventes 

Seque rotando suam praebet eis faciem. 
Tnrliinis horrisonos sufferlque viriliter ictus 
lotrepidus perstans; flabra, nivestoleraus. 



Enfin Ughelli, dans son ïtalia sacra, nous 
apprend que, de son tem[)s (en 1670), on 
voyait encore è Brescia, ville du royaume 
lombard-vénitien, un cog en bronze que 
l'évéque Rampert, la sixième année de son 
épiscopat (ci) 820), fit fondre et placer au 
haut du clocher, el sur lequel était gravée 
l'inscription dont nous donnons le texte ci- 
dessus, col. 178, commençant par ces mots : 
DoMiNvs Rampertvs, etc 

S* Symbolisme do coq des égUses. 

L'exactitude avec laquelle le coq marçjue 
les heures de la nuit en chantant ordinaire- 
ment par trois fois différentes, à minuit, à 
deux heures et au point du jour, l'a fisiit 
considérer, par les anciens, comme l'em- 
blème de lactivité et de la vigilance, et 
leurs mvlhologues rapportent qu'Alectryon, 
favori de Mars, fut métamorphosé en cet 
oiseau, parce qu'il s'était enaormi au lieu 
de veiller à la porte du palais de Vénus, 
comme il en avait été chargé 

Les Grecs et les Romains aimaient beau- 
coup les combats do coqs. Témoins de l'a- 
charnement avec lequel ces animaux s'atta- 
quaient et se di/fendaient dans ces sortes de 
luttes, ils les placèrent encore sur leurs 
monuments el leurs médailles, pour figurer 
l'intrépidité et la valeur guerrière (1). 

Comme les idées symboliques que les 

Saïens avaient attachées au coq étaient fon- 
ées sur ses mœurs, sur ses habitudes, sur 
Theure à laquelle il fait entendre son chant 
pendant la nuit, et qu'elles ne renfermaient 
rien d'idolâtri(j[ue ni de sui)erstitieux, les 
chrétiens ne firent aucune difficulté de les 
adopter en les appliquant à la religion. 
Plusieurs tableaux des catacombes de Rome 
représentent l'oiseau qui annonce le lever du 
soleil; et si, dans quelques-uns* placé à 
côté de saint Pierre, il rappelle le renie- 
ment de l'apôtre, dans la plupart des autres, 
il est le symbole do la vigilance chrétieQne ^ 
et du zèle pour le service de Dieu et le sa- 
lut des flmes (2). 

Des raisons analogues à celles qui avaient 
fixé la signification générale du coq le tirent 

E rendre encore dans l'Eglise comme l'em- 
lème particulier des ministres de la reli- 
gion, et surtout des prédicateurs, qui, pu- 

Oceano solem solus vidit ipse ruentem : 
AuroRB primum cernit et hic radium. 

A lonçe adveniens oculo vicinus adhaeret, 
Figit et adspectum dissociante loco. 

Quo fessus rauitur visu mirante viator. 
Et pede disjunctis luminc juncius acle>t. 

(Acta tanctorum ordinis tancti Bénédicité saec. v, 
pag. 631.) 

(1) Voir MiLUN, Dictionnaire de$ beaux-artê, U I, 
p. 560. 

(î) Bosio, Borna êotterranea, lib. iv, cap. 41.: 
Delgallo, p. 67i de rëdiliuo de 1650. —Raoul Ro- 
chelte, Jranoire iurlet pierres sépulcrales des cata- 
combes chrétiennes de Bome, dans le tome Xlil des . 
Mémoires de CAcadémie des inscriptions et belles- 
lettres, p. SOS et i06. 



185 



BRE 



DICTIONNAIRE 



BRE 



484 



vriers infatigables de l'Evangile, doivent 
travailler avec une ardeur incessante au sa- 
lut de leurs frères, leur montrer les écueils 
qu'il leur importe d'éviter, leur rappeler la 
\ie future et combattre courageusement, par 
leur parole éloquente et forte, les ennemis 
de la religion. « Sous le nom de coq, 'dit, 
dans son traité des Formules spirituelles, 
saint Eucher, qui mourut vers l'an 454, 
sont désignés les saints prédicateurs, parce 

au'au milieu des ténèbres de la vie présente, 
s s'appliquent à annoncer par leur prédi- 
cation, comme par un chant sacré, la lu- 
mière de l'éternité ; ils disent : a La nuit 
disparaît, le jour approche, etc. (1). 

Le coq ayant été ainsi choisi, dès les 

f crémiers siècles, pour figurer la vigilance, 
'intrépidité du chrétien et le prédicateuir 
zélé, il ne nous serait guère permis de dou- 
ter, lors môme que nous n'aurions d'ailleurs 
aucun témoignage positif, qu'en le plaçant 
au-dessus des églises, l'on n'ait voulu rap- 
peler l'un de ces sens mystérieux et symboli- 
ques ; mais les auteurs liturgiques du moyen 
Age s'expriment à ce sijyet de la manière 
la plus lormelle : nous en citerons quel- 
ques-uns. 

Bans son traité liturgique intitulé De 
gemma anirncBy Honoré le Solitaire, écolâtre 
de l'église d'Autun, qui écrivait vers l'an 
1120, dit que, par le coq du clocher, le 

Srôtre, coq de Dieu, est averti d'appeler à 
latines ceux qui dorment (2). 

Roinerus, religieux de l'ordre des Frères- 
Prôcheurs, auteur du xin* siècle, dans son 
livre contre les Vaudois, reprochant aux 
pauvres de Lyon de ne vouloir reconnaître 
aucun sens mystique dans la sainte Ecri- 
ture et dans les paroles et les rites de l'E- 
glise, cite, comme exemple d'une interpré- 
tation de ce genre au'on doit admettre, l'i- 
dée de docteur attacnée au coq placé sur le 
clocher des églises (3). 

Mais aucun auteur n'est entré dans plus 
de détails sur la signiQcation mystique du 
coq des églises que Guillaume Durand, 
évêque de Mende, mort en 1296. Voici com- 
ment il s'exprime dans son Raiionale dirtno- 
rum officiorumy liv. i, chap. 1, nombre 22 : 

<x Le coq placé au-dessus de l'église dési- 
gne les prédicateurs. L'animal qu'il repré- 
sente veillant toujours, divise par son cnant 
les heures des nuits profondes, il éveille 
ceux qui dorment, il annonce Je retour du 

(1) c GaUinominedesignanturpraedicatoressanctl 
qui, inter tenebras viue j^rsesenlis, student venturam 
lucem praedicando, quasi cantando nuntiare. Dicunt 
enim : Nox prxcessii, dles autem appropinquavit, etc. » 
(S. EucBER, de Spiritual, form. c. 5.) 

(i) < Per galluro admoiielur presbyter, gallus Del, 
ut per campanam dorinienfes ad malutinas exeitel. > 
(HoNORiDS AuGOST., de Gemma animœ^ lib. i, p. 145.) 

j[3) c Item inysticum seiisum in divinis Scripturis 
réfutant prsecipue in diclis et actis ab Ecclesia tra- 
diiis, ut quod gallus super campanile signîilcat doc- 
torein. i (Reiherus, lib. contra Valdennsy cap. v, 
in Magna Bibliotheca veterum Patrum^ a Margarino 
(ie la Signe collecta, t. Xlll, p. 30i, col. 1. A.) 



jour ; mais auparavant il s'excite lui-même 
à chanter en se battant les flancs de ses ai- 
les. Chacune de ces circonstances a son ap- 
plication. La nuit est le siècle au milieu du- 
quel nous vivons ; ceux qui dorment sont 
les enfants de cette nuit, plongés dans le 
sommeil du péché. Dans le coq, il faut re- 
connaître les prédicateurs qui prêchent avec 
force, excitent ceux qui dorment à rejeter 
les œuvres de ténèbres en leur criant : Mal- 
heur à ceux qui sont ensevelis dans le som- 
meil ; réveillez-vous , vous qui dormez. Ces 
ministres de la parole sainte chantent le jour 
qui va paraître, lorsqu'ils annoncent le ju- 
gement de Dieu et la gloire éternelle. Avant 
de prêcher aux autres les vertus chrétien- 
nes, ils repoussent eux-mêmes prudem- 
ment le sommeil du çéché en chitiant leur 
corps, comme le faisait l'Apdtre, qui s^é- 
criait : <c Je traite rudement ma chair et je 
<K la réduis en servitude. » Les prédicateurs, 
enfin, comme le coq, se tournent contre la 
vent, quand, en s'élevant contre les rebellai 
et les reprenant, ils leur résistent fortemeDl, 
afin qu'on ne leur reproche pas d'avoir fin 
à l'approche du loup. 

L'auteur du Rational ne s'arrête pas là; 
il yajusqu*à indiquer la signification de la 
tige qui supporte le coq, et la position 
même de cette ti^e au sommet db l'é- 
4iGce. 

a La verge de fer est l'emblème de k 
droiture des paroles du ministre de l^Evan- 
gile, qui jamais ne doit se laisser conduira 
par des motifs humains, mais parler toiH 
jours d'après les inspirations de Dieu, ail» 
qu'il est écrit : « Si quelqu'un parle, qu'il 
« paraisse que Dieu parle par sa bouche, i 
{I Peir. ly, 11.) Quant à la position de cette 
verge de fer au-dessus de la croix ou du ftlte 
de l'église, elle indique que les paroles de 
la sainte Ecriture ont été accomphes etoop- 
sommées, et c'est pour cela que Jésus-Christ 
sur la croix s'est écrié : Tout est con- 
sommé (1). )» 

(i) f Gallus supra ecclesiam posiUis praedicftioici 
désignât. Gallus enim profundae noctis pervigil bem 
suc cantu dividit : liormienles excitai , diem appi^ 
pinquantem prsecinit , sed prius seipsum aUm 
verbere ad cantandum excitai. Hascsiogula mysuri» 
non carenl. Nox enim est hoc saecaium : dormieBiei 
sunl filii hiijus noctis in peccaiis jaceotes. Gilte 
pnedicatores qui distincte prsBdicanl et dormienlM 
excitant, ut abjiciant opéra tenebramm damantes : 
vae dormientibvs. Ëxsurge qui dormis. Lucem venta- 
ram praenunliant, dum diem judlcii et futnram glo- 
riam praedicant : et prudenter antequam aliis virta- 
tem praedicent se a somno peccati excitantes : oorpiii 
suum casligant. Idem tesialur Âpostolus, aude ca- 
stigo corpus meum, etc. Ili etiam, sicut et gaUns, 
contra ventum se veriunt, quando Incrqpando et 
arguendo contra rebelles fortiter resistunt : ne lopo 
ve;)iente fugisse arguanlur. Yirga ferrea io qoa gal- 
lus sedet, rectum repraesentatpràedicanUssermoiieiii» 
ut non loquatur ex spirilu hominis, sed Dei : iuxu 

illud : si quis loquiiur quasi sermones Dei Qood 

vero, virga ipsa est supra crucem, seo summitatem 
ecclesiae posita innuil sermonem Scriplurarum coii« 
summaium esse et confirmatum. Unde Dominus în 
passione ail : c Gonsiwiiiiatttm est. » (GuiUelm. 



185 



BRE 



D*EP1GRAPHIE. 



RRE 



186 



S* Fome det ooqs. — Matière a? ee laquelle on les a 
fabriqués , place qii*OQ leur a assignée sur les 
égUses^ete. 

Il est impossible de dire quelque chose de 
précis sur la forme qu*on a donnée autrefois 
aux coqs des églises. Il n'existe guère main 
tenant» soit dans les musées soit au haut des 
édiGcessacrés, de monuments de ce genre qui 
aient une certaine ancienneté ; et les représen 
tations qu*on trouve sur les tapisseries, sur 
lesTÛmettes des manuscrits, sur les'vitraux, 
sont Tune trop petite dimension et trop im- 
parfaites pour aonner une idée exacte de 
Fcdgel quelles retracent. On aura cherché, 
sans doute, à se rapprocher autant que pos- 
sible de la nature, et on l'aura imitée davan- 
tage aux époques où l'art était le plus en 
progrès. Si l'on devait rencontrer des coqs 
apparfeDant au moyen Age, ce serait d'après 
J^aCal de la sculpture et de la ciselure aux 
diffi^nts siècles de cette période , qu'on 
pourrait leur assigner une date plus ou moins 
eertaine. 

Maintenant, les coqs de nos églises ont 
ordinairement les ailes baissées, et sont 
dans la position d'un oiseau qui marche ou 
se tient perché. C'était là l'attitude qu'on 
avait coutume de leur donner autrefois. Ce- 
pendant» celui qu'on observe dans la tapis- 
serie de Bayeux, au-dessus de l'église de 
Westminster, parait avoir les ailes éplo^rées. 
Cette figure est peut-être la plus ancienne 
représentation du monument qui nous oc- 
cupe. On sait que la tapisserie de Bayeux 
date au moins du xii* siècle. 

11 y a tout lieu de croire qu'on s'est tou- 
jours servi de cuivre pour la fabrication des 
coqs, comme on s'en sert encore ainour- 
(fhui. Ce métal a Tavantage de ne pas s^oxy- 
der profondément comme le fer, et l'pn 
peut, en le réduisant à une certaine épais- 
seur, donner aux objets pour lesqruels on 
remploie toute la légèreté désirable, sans 
nuire à la solidité, ce qu'on n'obtiendrait 
pas avec le plomb. Il était, du reste, d'un 
usage ordinaire pour les reliquaires, les sta- 
tuettes, les vases et les instruments em- 
ployés dans la décoration des églises et les 
eéremonies du culte. Lis coq de Brescia, fa- 
briqué au IX* siècle était de cuivre. 

ITaprès le témoignage de plusieurs écri- 
vains ecclésiastic^ues, u parait qu'assez sou- 
fent Ton enrichissait les coqs de dorures. 
La description de Wolstan et le Livre Noir 
nous apprennent que ceux de Coutances et 
de Wincnester avaient été dorés, et Eck- 
hard, auteur du x* siècle, dans son livre 
de Coiibuê sancti Galli^ parle d'un coq que 
deux voleurs avaient voulu dérober, parce 
qu'ils s'étaient imaginé qu'il était d'or mas- 
sif. Cette dorure, en préservant de l'oxyda- 
tion le mét^ avec lequel on les avait formés, 
leur donnait un brillant éclat, et en faisait 
un riche ornement, capable de couronner 
dimement le sommet du temple chrétien. 
Cétaient surtout les tours, parties des 

DrauKD, Baîionale div. offic.» lib. i, cap. 1, n» 22; 
1. 1, p. 7, edit. an. 1574.) 



églises plus élevées que les autres, qui su])- 
portaient ces anémoscopes, mais on en or- 
nait quelquefois encore le haut des combles, 
au-dessus du chevet. Leurs tiges étaient tan- 
tôt placées sur une croix de fer, et tantôt, 
quoique moins fréquemment, elles étaient 
immédiatement fixées sur la toiture. Les 
tapisseries de la cathédrale de Beauvais, qui 
ont été exécutées dans la première partie du 
xvr siècle et qui représentent les villes de 
Paris, de Reims etde Beauvais, montrent par- 
tout des croix. Sur celle de Bayeux , on 
ne voit qu'une verge simple et sans traverse. 
Tels sont les documents que j'ai pu me 

Erocurer par mes recherches. Ils sont 
ien insuffisants. D'autres, j'ose l'espérer, 
les compléteront, et, après avoir donné des 
notions précises sur l'architecture de nos 
églises, sur les différents objets d'art qu'elles 
renferment, on parviendra, sans doute aussi, 
è tracer d'une manière satisfaisante l'his- 
toire du monument qui les surmonte. 

BRESLAU, en Silésie, au royaume de 
Prusse 

EpUaphes diverses données par Gros, au Sup- 
plément des inscriptions ^de Bâle^ p. Jfli 
385,39*. ^ 

Johannes Graio a Crafftelm 

hoc sibi fecit Epitapbiiun. 

Saucius iuvidiae morsu : sed vulnere sanus, 

Ghriste, luo, jacet hic in requlele Grato. 

'GoDscia mens recti, Ghristo considère docla, 

Omuia fert, ferat ut, scire Deum, salis est. 

Yralislavlae, anno 1S85. 9 Nov. »Ul 76. 

Triwn imneratorum tomliarius fuit ferdinandi MaxnnUiaÊH 
et RùdolphL nempe vatris, fuH et nepotis : id quod ipu 
dmnœgratiœ atque feOeitati acceptum reiuHl, et Mêjsr- 
tibm dectaramt^ qws paulo ante otritum incutetidoêm 
œ$ curavU, quod effigiem ipiius eoruimnt. 

Osaribus placuisse iribas, dod vltima laus est : 
Me pater hac ornanl, filius atque nepos. 

GoDsiliis osum reetis mens coascia gaudei : 
TeaUs ei ars Medica ; leslis ei Invidla. 

D. 0. M. S. 

Pétri Monavii, Yralislaviensis, patricia familia 
nati, S. Gaes. Majest. Medici, viri Irium lingua- 
rum et bonarum omnium disciplinarum cogni- 
tione cum singulari pietate conjuncta, claris. 
memor. Obiit anno m. d. lxxxvui. xu. Ifi^ji» 

setat. xxxvu. 

Du même. 
Monavius placide cubât hac Jacobus in orna; 

Nosse satis fuit hoc fors : sed et isU lege ; 
Dives erat virtute, fide integer, impiger arte, 

Gonsilio felix, Relligione potens. 
His quia surripuil morli se dolibus, ipsa in 

Morte suae famae nomine vivit adhuc 

Eteostichon ou Chronographe. 

Contenant rannée, le mois et le jour de la mort. 

Trlêtl orItCeLio LVX uXta oCtobrlsabaXe^ 

MonaVIdiVt CeLerIs itat ne CI$ hora plo. 

Erat îs Patritius Yratialaviens. et ConsilUrlua Ligio-Berg. 
de cajos obita acripalt Epinolam D. 1. 1. Grynsus. 



«7 



BBE 



DIGT10:«NAmE 



BRI 



188 



Jusiificantet muUo$ ut steiiœ in iempiterna ucuia 

erunt. 
ioluinni Aurifiibro Vraiislav. S. Th. D. el Ec- 
oles. bujas( Vratiêl ) Paslori : Acad. Witemberg. 
et Rofticb. quoadam Professorî : ante rediliun 
yero in Ratriam Samlandiae Pomessianae que in 
Borissia per plures annos Pnesidi : viro pune 
Reiîgionis gludio et totius Philosophie, inprimis 
Ycro Matbes. ac lingg. pnecipp. cogullione cL 
vita in bis terris an. 5i. m. 7. d. 17. boneste 
el laudabililer acta : Anno vero 1568. d. mens. 
Octobris. 17. supersUie conjuge Sara, loan. 
Helsi Tbeol. D. filia : quse quadrienno post re- 
lictis quatuor Ûliis et duabus ftliabus diem suum 
oI>iit , féliciter et saacle morluo : Laurenlios 
Scbollilus Vralisi. Phil. et Med. D. socero ei 
soenii apt. hîc conditis, officios» pietalis ergo 
p. Anno 1590. 

In memoria œtema eritjustus. 

BRETIGNT, en France. 

En 1706, des ouvriers qui construisaient 
un caveau pour le comte ue Fontaine-Martel 
dans le chœur de Saint-Pierre-de-Brétignj, 
ouvrirent une voûte sous laquelle ils trou- 
vèrent deux cercueils de plomb, l'un du 
mari, l'autre delà femme, nommée Anne de 
Saint-Bertevin : celui du mari avait éprouvé 
Teffet ordinaire du temps , il ne reniermait 
que de la cendre ; celui de la femme parut 
plus pesant lorsqu'on le remua ; les ouvriers 
se hâtèrent de l'ouvrir, croyant y trouver des 
richesses ; ils y virent un corps dans son 
entier, sans la moindre corruption, et qui 
même avait une certaine fraîcheur et aes 
couleurs vermeilles ; les bras étaient flexi- 
bles ; le temps avait épargné jusqu'aux ru- 
bans qui étaient autour de la tête ; le linceul 
était un peu roux, mais du reste il était 

f)resque entier. On remarqua seulement que 
a défunte avait le bout du nez un peu noir, 
comme s'il eOt été meurtri ; ce que l'on at- 
tribua à quelques coups que l'on avait peut- 
être donné à son cercueil, en voulant l'ou- 
vrir: on exposa ce corps dans l'église à vi- 
sage découvert; le peuple y accourut de 
toutes parts pendant trois jours ; les couleurs 
commencèrent alors à perdre un peu de leur 
vivacité, et les chairs ne conservèrent pas 
long-temps la même consistance, mais Mgr 
l'archevêque de Paris, le cardinal de Noailles, 
ne donna pas le temps à l'air de déployer 
tout son effet sur ce cadavre qui eût été bien- 
tôt réduit en poussière ; il ordonna q^ue l'on 
remit cette femme dans le caveau qui l'avait 
si bien conservée tout un siècle. On avait 
fait poser au-dessus de ce caveau une pierre 
carrée, sur laouelle est gravée cette ins- 
cription : 

Ci gtt Anne de Berthevin, aame verlueuse de ce 
lieu, décédée l'an 1587, et trouvée entière et $an$ 
corruption le 30 avril 1706; 

Mais M. de Yinlimille, archevêque, l'a fait 
ôter. 

(HuRTAUT et Magnv, Dict. de Paris et aes 
environs.) 



BRIE-COMTE-ROBEBT,au diocèse de Pa- 
ris, en France. 

Cette ville a produit quelques personnages 
distingués. 

Nicolas» deBraya, dont le nom doit être tra- 
duit par Nicolas de Braye, est celui qui a 
écrit en vers hexamètres au xui* siècle, la 
vie et les actions de Louis YIII, père de 
Saint-Louis, qu'il dédia à son évêque Guil- 
laume d'Auxerre, qui fut assis sur le siège 
épiscopal de Paris, en 1SS8. Son ouvrage est 
imprimé dans le cinquième volume de Du- 
chesne. 

Nicolas de Braye, différent du précédeoli 
fut chanoine de Chartres sous Philippe le 
Bel, par lequel il fut chargé de la levéq de 
la subvention en la sénéchau^ée de Cacças- 
sonne, Tan 1314. 

Thierry de Braye fut doyen de la métro- 
politaine de Sens sous le règne de Phi|imie 
de Valois. Sou épitaphe qui est daii$ cfiTle 
église, commence ainsi : Eio Thierrycm as 
Broya Comitis Roberti Paris. Diœee$h. B 
mourut en 1349. 

Henri de la Motbe, curé des Saipts-Inpp- 
cents il Paris, sous le règne de Louis X|. 
voici son épitaphe gravée sur la pierre» 1 99 
pilier contre Téglise :* 

Cy-devant contre ce pilier 

Gisi avee d'autres un laîHier, 

MeuH de èa Motke^ jadis 

Préire, à qui Dieu doint Pani^ 

Natif de la ville de Braye, 

Contre Robert, c'est chose vraie; 

fiénéûcier en TEglise 

Saint-Benoit k Paris assise^ 

El Chapelain en cette cuie: 

Lequel fut mis en sépulture, 

L*aa mille quatre cent quatre-vingt, 

Le vingtième octobre comprins. 

U Index (uneretês des célèbres cbii^arglm^ 
de Paris fait mention, à Tan 1715, de ChaqfM 
Gilles, natif de Brie-Comte-Roberl, quia 9M 
la première dignité de leur collège, et dor^t 
l'habileté avait été connue dans les hôpitaa^ 
de Flandre et d'Italie, " 

(HuRTAUT et Mioir «) 
BRINDES, au royaume de Naples. 
Colonne de la Tour de Saint-Basile. 
Illustris pius aclibus atque refulgens 
proto spalha Lupus urbem banc struxlt at> ûo'^ 
quam imperatores magnlficique beoigni 

{Card. Mai, 828,3 ; Muratori 1905, U 

BRIOUDE, en France. 

On conservait autrefois dans l'église d 
couvent de Saint-Julien une ancienne croi 
ornée de lames d'argent et de pierreries, 0: 
y lisait cette inscription du xi* siècle : 

In Chrisli nomine et in honore sancti luUani 
roarlyris banc crucem Berna rdus cornes el Uut- 
gardis coniux fleri insserunt. 

(Mabillon, AnnaL Bénéd.^ t. III, p. 264; 
Gallia Christ. , Saihtb-M artbb , t. (1, 



» 



BRU 



p. Wl; Balczb, HiH. de la maison 
d'Auvergne 9 t. I, p. 5 : Cardinal MkU 

p.».) 
BRISACH, dans le Haut-Rhin, en France. 

Au château. 

Ifonc Dm Bercbtoldds portaro strnxisse do- 

[talur]. 
A quo pro fraude Bargundîa depopulatur. 

Circa Anoum Chrlsti m. c. 
(Gnos^suppl. aux inscr. deBàle^ p. 494.) 
BRISTOL, en Angleterre. 

f>ilafiA< découverte à Bristol (17V9) dans la 

Meeting-House des Quakers: 
Eefoald. Tolde : gisl : ici : deu : de - sa : aline 

ëimercL 

[Sepukral Monuments^ t. 1, p. cix, 10.) 

BRUGES, en Flandre, Belgique. 

I. 
Epiimphe de Charles^ duc de Bourgogne. 
Cf gisl tresliaolt irespuissaiit el magnanime 
MoceCharies Duc de Bourgoigne, (te Lothryck, 
ée LymlMorg, Lyxcmbourg etc. Malines, lequel 
calaet grandement doue de force, constance et 
nagDanioûté, prospéra long temps en haultes 
e&treprinses batailles et victoires tant à Mont- 
kberi, en Normandie, en Artois, en Liège que 
«ritre part, juaques à ce que fortune luy tour- 
mni le dos, Toppressa la nuict des Roys 1476. 
deruit Nancy, le corps duquel deposité audict 
Nancy fust despuis, par le treshault irespuissant 
et tresvictorieux Prince Charles empereur des 
Bminins, 5« de ce nom son petit neufe héritier 
de son nom, Ticioires et Seigneuries, transporté 
à Bmget, ou le Roy Phiiipp de Gasiilla, Léon, 
Anfon, Navarre etc. (ils dudici Empereur 
(Mes la faiei mettre en ce tombeau du costé de 
a lUe el unique héritière Marie femme et 
eipavie de treshault et trespuissant Prince Ma- 
naitian Archiduc dAuslriche, depuis Roy et 
Enperear des dicts Romains. Prions Dieu pour 
Mn ame. Amen, 
(Gros, app. aux Epit. de Bdle^ p. 323.) 

II. 

Epitaphe de Jean Hulsden. 
Dvm multis annîs vixisset hic gradmtus 
Tandem Prœlatus htiius lenipli bcnc gratus, 
ViUm/Tnitif/, et régna supcrna peliujty 
Anno milleno Domini D. qiialer quoque deno, 
Bis mensiis Februi : sis niemor, Alpha, sut. 

(Labbe, Thés, epit.^ p. 404.) 

III. 

Epitaphe de Jean Vischer^ 



en son Eglise de Saint-Donatien, 
^^e graiium ; hens Vialor, et quid mundus est, 
A^^i ' Tbeatrum, in quo peragitur fabula. 



D*EP1GRAPH1E. BRU 190 

Personal vbi nu ne vna, nu ne est altéra. 
Abi. loannei Vi$cher hoc dixi. Yale. 

Labbb, p. 405.) 

BRUNDISCH, comté de Suffolk, od Angle- 
terre. 

Epitaphe d'Edmond de Brundisck (en habit 

de prôtre). 

Sire Esmounde de Brundisch jadis persone Del 

Eglise de Castre gist icy. Dieu de Salme est 

mercy. 

{Sépulcral Monuments ^ 1, 218.) 

BRUNOY, département de Seine-et-Oise» 
on France. 

L'antiquité de ce lieu est très-constante 
par les monuments de Tabbaye de Saint-De- 
nia, où il en est fait mention dès le vu* siècle 
de Jésus^hrist. Le livre des Gestes du roi 
Dagobertj composé par un moine de ce mo- 
nastère, après avoir parlé du testament de 
ce prince, dont on place la mort à J'an 638, 
dit qa*il n'oublia pas son patron particulier 
saint Denis, et qu'il lui légua vt7/am nomine 
Brannadum ; et dans ce testament, cette terre 
est désignée située dans la Brie, villam 
Brannate in Briegio. 

Le bâtiment de l'église de ce lieu est de 
différents temps. Le chœur est du xiii* siè- 
cle, comme le désignent quelques piliera.Fll 
est voûté et finit en demi-cercle. La nef n'est 
ni aussi ancienne ni aussi solide. Sa la tour, 
qui Qnit en pignons, est une inscription qui 
commence par ces mots : 

L*an mil v. c. xsxix le su mo. de lang fat possé 

la première pierre par noble DameFrançoise de 

Rouy, veuve de défunt Messire sieur deLannay 

en son vivant. 

A l'un des piliers du bas de cette tour par 
le dehors, se voit un écusson* penché avec 
huit coquilles, el la barre du petit écu est 
en bosse ; et à l'autre pilier de la tour est un 
autre écu droit. 

L'église est sous le litre de Saint Médard, 
évêque de Noyon. La cure est à la pleine 
collation de l'Ordinaire, et le curé est gros 
décimaleur. 

Tout le monde sait les dépenses considé- 
rables que M. le marquis de Brunoia faites 
dans cette paroisse, après la mort de M. de 
Monlmartel, son père. Ce jeune seigneur n'a 
rien ménagé pour la magnificence des so- 
lennités des grandes fêtes, qui se célèbrent 
dans l'église catholique, et il serait difficile 
de faire l'énumération de toutes les œuvres 
pies qu'il v a faites. L'église de Brunoi lui 
est redevable d'une infinité de beaux orne- 
ments d'étoffes riches, d'un dais de fer; chef- 
d'œuvre de serrurerie, sorti de la main du 
sieur Girard, et que Ton estime valoir 
30,000 liv. sans la dorure ; d'un soleil de 
grand prix, pour exposer le saint-sacrement, 
et d'autres effets sans nombre. Il n'a pas 
moins enrichi le village par la magnifique 
procession du Saint-Sacrement, qui s'y e.st 
faite pondant plusieurs années consécutives 
le jour de la Fêle-Dieu, pour laquelle il fai- 
sait venir de Paris jusqucs à trois cents ecclé- 
siastiques, dont le (>lu6 fpàM nombre 4tai( 



i91 



fiRU 



DICTIONNAIRE 



BRU 



1« 



revêtu de chasubles et de ehappes plus belles 
les unes que les autres, et au'il louait à grands 
frais. On pourrait dire quil n'y a point do 
seigneur qui ait fait tant de bien à sa paroisse, 
qu'en a fait M. de Brunoi à la sienne. 

.A quelaue distance de Brunoi, et dans 
la forêt de Sénart , est un monastère de 
religieux camaldules, oui se consacrent 
à la vie hérémitiaue. Ils lurent institués au 
commencement au xi' siècle, par saint Ro- 
muald, et furent appelés Romualdins ; dans 
la suite, on les nomma Camaldules, de Camal- 
doli, en Toscane, où ils furent d'abord établis, 
et qui est encore le chef-lieu de cet ordre. 

En 1634, Louis Xill leur accorda des lettres 
patentes, pour leur permettre de demeurer 
en France ; et en 1640, ils vinrent au nom- 
bre de quatre ou cinq s'établir dans la Brie, 
et se placèrent sur une montagne appelée 
Hont-Ety, qui est du diocèse de Paris, dans 
l'archidiaconé de Brie. Ce fut le ducd'Angou- 
lême, alors seigneur de Grosbois et d'autres 
lieux circonvoisins, qui leur accorda cette 
retraite. Ils n'y restèrent qu'environ un an, 
et passèrent ensuite sur le territoire de la pa- 
roisse d'Hière, où ils sont encore aujourd'hui. 
Cette retraite est dans la forêt de Bouron. 

On voit par quelques monuments que 
différentes personnes de considération, ani- 
mées de l'esprit de retraite, se sont retirées 
dans cett^ solitude, pour s'y édiQer par la 
vie exemplaire de ces saints religieux. 

En 1691, M. de Fieubet, conseiller d'Etat, 
et chancelier de Marie-Thérèse d'Autri^e, 
femme de Louis XIY, se retira dans une 
maison de l'enclos des Camaldules^ et y 
mourut en 1694. Voici son épitaphe : elle est 
du célèbre abbé Anselme,prédicateur du roi* 

JusUlias Judicanti. 

A. û. ' 

Exspeclat hic donec ventât immutatio sua illu- 
strlsslmus vir DD. Gaspard de Fieubei, conslsto- 
rianus Cornes Theresi» Auslriaca, Ludovic! 
Magni conjugis Cancellarius , quo non habuit 
palria cariorcm civem, toga prxclarius lumen, 
saeculum pnestanlius ingenium, opUmus quis- 
que paratiorem amicum qui natus in magnis 
diviliis, Yagatus per varia oblectamenta erectua 
ad mullos honores , dum in Republica magna 
obtineret, maxima sperare posset, dixil : va- 
nîtas vanitatum et omnia vaniias, utque vera 
post vana quaereret, banc in solitudinem , ubi 
Veritas loquitiir ad cor sumpUs eolumbae pennis 
advolavit, ibique piorum Ascetarum exemplis 
excitalus, turniîs pauperum quos liberis carens, 
pro liberis habuit cinctus, per multos labores 
doloresque bajulans sibi cnicem in studio pœni- 
tenliae giganteo passu cucurrit. Quo cursu con- 
Bummato bravium accepturus, obiit iv idus 
septembris , anno saluiis m. d. g. xciv , aetatis 
Lxvifi. Manus arnica publicis votis , non mo- 
deslissimi viri volunlati obsequens, id enim ve- 
taerat, po$uiL 

H. Bachelier, gentilhomme attaché au 



roi de Pologne Sobieski, et employé par a 
prince dans différentes affaires, tant politi 

2ues que militaires, choisit le couvent àm 
amaldules pour sa retraite, et y moiirol 
en 1707, après 14 ans passés dans les exer 
cices de la pénitence la plus austère. Soi 
épitaphe est énoncée en ces termes : 

iETERNAE MEMORIJ:. 

Lucœ Bachelier^ Equitis 
Domini in Clotomont JoannU 
SobieAi, Polonorum Régis, 
Bellicis expeditionibus Cornes 
Assiduus, et ab ipso ad summum 
Pontificcm Innocentium undecimam, 

Et adRepubllcam YeneUm 
Extra ordinem Legatus ; Undem 

Hune in Eremum iransfugic. 
In quo cum quatuordecim annis 
Quasi unus ex solilariis vixisset, 

Etiam voluit tumulari. 
Obiit die 28 Aprilis, anno salotis 17<I7* 

M. de la Bourdonnaye, magistrat distin- 
gué par sa naissance, son mérite, et les em- 
plois de confiance dont il fut honoré par la 
roi, voulut aussi terminer ses jours daDs 
cette sainte retraite, où il mourut le 27 août 
de l'année 17â6. On lit sur sa tombe, lépi-- 
taobe suivante : 

HiG 

Quicquid habuit mortale , deponi volait Tit- 

Maria de la Bourdonnaye, 

Gente salus apud Ârmoricos anliqua nobHiUle 

Ecdesi», Militiae, Togae honoribus decorata, 

magni vir Ingenii, majoris animi, quem nec spes 

unquam nec metus inflexit primum in Annonça 

Curia cum Pâtre Senator; deinde LibeUoraoi 

supplicum Magister ad Piclones, ad Normanos 

Superiores, ad Aquitanos , ad Aurelianenses 

Missus Dominicus Réglas rationes sic convit, 

ut Régi et Plebi satisfaceret, egenomro pater, 

vexatorum hostis, sui desiderium discedens obi- 

que reliquit, nii retulit pneter populonim amo» 

rem et vota. Denique Consistorianus Cornes 

postquam cum familiis justitiae inclilis, Qnnesso- 

uibus, Talonibus affinitates oputas conlraxisset, 

sibi et Deo in hoc secessu unice vacans , fldd 

quam illabatam retinuerai, pietalis a qua nec 

inter saeculi iliecebras unquam recesserat, pa- 

tientiae, visu déficiente, exercitœ praemium ob- 

tinuit, felicem ad Deum iransitum anno mille- 

simo septingentesimo vigesimo sexto, die vige- 

sima seplima mensis augusti. Anno natas septua- 

ginta très de la Bourdonnaye ^ Libellomm sop- 

plicium Magister , filius. D'Ormeuon , Cotnes 

Consistorianus, et rei aerariae, Praefcctus, gêner, 

parenti opiimo mœrentes posuere. 

On voit dans le cimetière de cette com^ 
munauté, un monument élevé h la mémoire 
de François-Léopold de Bagotski, prince d^ 
Transilvanie. 

Le nom de Ragotski s*est rendu redouta^ 
ble eu Allemagne, par les mouvements quop 



193 



BRU 



D^EPIGRAPHIE. 



BRU 



i9i 



les princes de cette maison excitèrent en 
Hongrie dans le xyii* siècle. La crainte que 
]*on eut que le prince dont il s'agit ici ne 
suivit les traces de ses ancêtres, détermitaa 
Tempereur k le faire arrêter. 

Il fût mis en prison à Neustad, en 1701 : 
on l'accusait alors d^avoir voulu soulever la 
Hongrie contre l'empereur. 11 se sauva de 
prison quelques mois après, et se'retira d'a- 
bord en Pologne, d'où il alla se mettre à la 
tête des mécontents de Hongrie. Cette dé- 
marche lui attira de nouveau l'indignation de 
l'empereur, qui lui fit faire son procès : par 
un jugement prononcé par le conseil im]^ 
riai, du mois d'avril 1703, Ragotski fut con- 
damné à avoir la tête tranchée, et en même 
temps déclaré déchu de tous ses litres, et 
privé de ses biens. 

Ragoldd, loin de paraître s'inquiéter de 
ce rigoureux jugement, continua ses hostili- 
tés contre l'empereur, et lui fit la guerre 
avec quelques succès. Les Hongrois, pour 
reconnaître ses services , le proclamèrent 
protecteur de la Hongrie et prince de Tran- 
silvanie. Cela se passa en 1704 : ces mêmes 
titres lui furent confirmés de nouveau par 
les Etats de Hongrie, en 1707. 

Quelaues années après, les afi'aires chan- 
gèrent de face. Les Hongrois s'étant accom* 
modes avec l'empereur, le prince Ragotski se 
réfugia en France, sous le nom de comte de 
Saaron, et eut l'honneur de saluer Louis XIY, 
le 13 février 1713. Ce fut alors qu'il se 
mit en retraite aux Camaldules , où il 
passa quelques années dans une profonde 
retraite, paraissant ne s'occuper gue de la 
grande affaire de son salut : mais dans le 
temps qu'on le regardait comme un homme 
absolument détaché de toute idée de fortune, 
il partit subitement et se rendit à Marseille, 
où il s'embarqua le ik septembre 1717. 11 
alla mouiller aux îles d'Hières, où il avait 
un rendez -vous avec l'ambassadeur du 
Grand-Seigneur. Il mit à la voile dès le len- 
demain de son arrivée, et se rendit à Galli- 
poli, où il arriva le 10 octobre : il fut reçu 
partout en prince souverain, par ordre du 
Grand-Seigneur, et fit une entrée solennelle 
à Andrinople, le 18 du même mois. Il mé- 
ditait sans doute encore quelques çrands 
projets ; mais les conjonctures ne lui per^ 
mettant pas de les exécuter, il se retira à 
Rodoste, ville située sur les bords de la mer 
de Marmora^ entre les Dardanelles et Cons- 
antinople, et y vécut paisiblement pendant 
plusieurs années, estimé généralement de 
tous ceux qui avaient occasion de le prati- 
quer. Il mourut le 8 avril 1735, flgé d'envi- 
ron 56 ans. 

Ce prince, quoiqu'éloigné de France pen- 
dant plusieurs années, se ressouvenait tou- 
jours avec plaisir du séjour qu'il avait fait 
dans la maison des Camalaules, et il en 
donna des preuves, en ordonnant que son 
cœur leur fût envoyé, pour y être inhumé 
dans le cimetière de ces saints religieux. 
Ses ordres furent exécutés, et ce gage de son 
amitié fut remis entre les mains de Dom 
Uachaire Pen, majeur ou général de cet or- 



dre. Il l'était déjà dans le temps que le prince 
avait demeuré aux Camaldules, et ils s'é- 
taient liés ensemble de l'amitié la plus ten- 
dre, fondée sur l'estime réciproque qu'ils 
avaient l'un pour l'autre. Le pieux solitaire 
avait eu dessein dès lors de faire élever 
une espèce de monument , pour conserver à 
la postérité la mémoire du séjour que le 
prince avait fait dans cette retraite, et de la 
conduite édifiante qu'il y avait tenue ; mais 
ce prince s'y opposa fortement , et il fallut 
renoncer à ce projet. La mort de Ragotski 
leva, dans la suite, cet obstacle ; et lorsque 
son cœur eut été déposé aux Camaldules, 
Dom Machaire eut la liberté de donner des 
preuves solennelles et permanentes de son 
attachement pour cet illustre ami. Il fit donc 
élever le monument que l'on voit dans le 
cimetière de cette maison» et il y fit graver 
l'inscription suivante : 

In hiùuscœnobiicœmeterio jacet cor sanctissîmi 
Francisi IL D. G, Sa, Rom, Imp, et Transilva- 
nlae Principis Ragotski , Paiium Regni Htin- 
gariae Domini , Siculorumque Comitis, etc. Qui 
miro divinae Providentiae ordine, per varia vilae 
discrimina ductus, in Domino requievit Rodostii 
ad Proponiidem, anno salutis mundi 1735, die 
8 mensis aprilis, aetatis suae'59. Pro grati animl 
monumento, ipsi, dum viveret nolenli serenis- 
simo, repugnanlique prae modestia Pnncipi, post 
mortem R, P, Macariuê Pen , Camaldulensium 
Major, Eremique hiijus Prior, hune posait lapi- 
dem. Anno Domini millésime septingeniesimo 
trigesimo septimo. 

(HuRTADT et Magnt, Dict. de Paris et des 

environs,) 

BRUXELLES, en Belgique. 

Epitaphe d'Alix et d'Henri III de Lorraine 

son mari. 

' Cette epitaphe se trouve dans le cloître 
des Dominicaines d'Onderghem près de 
Bruxelles, ou, suivant d'autres, dans l'église 
des Dominicains de Louvain. 

Hic subtus jacet Dominus HeitncM hujusnominis 

Terlius, Princeps iliustris, Dux Lolharingiae et 

Brabantiae sextus , hujus Clauslri fundator, ac 

tolius fundi dalor, qui obilt anno 1260. ullima 

die Febriiarii. 

Hic jacel Domina Aleidi» de Burgundia Pucissa 

ejus nxor, illius clauslri d'Oudergbeem pia fun- 

datrix, necnon Ordinis Prxdicaloruro benigna 

amalrix, quae bbiit anno Domini 4273 , die 25. 

Octobris. 

(Labbe, Thés. Epit.^ p. 562.) 

BDCHWORTH, en Angleterre. 

Epitaphe trouvée à Buchworth (peut être d'un 

ancien recteur). 

Vous qui par ici passés pour Talme à Grâce ver- 
rose merci lui praes. 

{Sépulcral monuments t. I, pi. iv* p. 
cix, 7.) 

BULLIFORD; abbaye en Irlande. 



i95 



BUL 



DlCnONNAIRE 



BUR 



m 



Pbelip de h chapele ghit ioi. Deu 
de sa aime eyig merci Pale [r noster]. 

(Transact, phloêophique$y abrégé, trad. 

Franc., Ànt. beaux artSy t. I, 1789; 

Mém. de la Soc. archéol. du Midi t. III, 

p. 2W.) 

M. Tabbé Texier, dans son savant Jlfa- 

nuel d'épigraphie^ a consacré à Tinscription 

précédente cette dissertation. 

« En 1700 un aniiquaire anglais J. Hicks 
trouva dans Tabba^e de Bullifort, en Irlande, 
une inscription en vieux langage français. 
Cette inscription curieuse fut publiée dans 
les Transactions philosophiques (t. I, pi. 1 
p. ik3 de l'abrégé français) ; la voici : 



raELip 


• 
• 


DE 


: LA i 


CHAPELE 


: GHIT 


• 
• 


ICI : ] 


M 


DE 


• 
• 


ftà 


ALMC 


: ETIT : 


MERCI 


• 

• 
• 


PATE 


• 
• 



« Comme on le Voit, chaque mot est se- 
par'é du précédent par trois points. 

« Dans l'impossibilité d'expliquer le der- 
nier mot, les Transactions lisent ainsi ; 

Philip de In Chapele ghut ter, Deu de sa aima eyit 



MERCIPTE. 



« Nous ne relevons pas toutes les fautes 
d'orthographe de cette copie ; nous consta- 
tons seulement la fusion de deux mots bien 
distincts et la supression d'un a, fusion et 
suppression auxquelles nous devons le mot 
mercipte, gui n'exista jamais et dont l'intro- 
duction détruit la rime. 

« Un savant antiquaire moderne, M. de 
Castellane (Mém. des aniiq.du Midiy III, 275), 
lit en rectifiant la version anglaise ; 

Pbelip de la Chapele ghit ici Deu 

de sa aime eyiG merci, pace 

« Il avoue ne rien comprendre à ce der- 
nier mot. Grâce à la gravure anglaise, il est 
facile de reconnaître que les deux lettres 
dont M. de Castellane fait des G sont simple- 
ment des T, et, ceci noté, nous lisons sans 
ambages, sans difficulté : 

Phelip de la Chapele ghit ici, Deu 
de sa aime eyit merci Pâte [r noslerj. 

« Vingt inscriptions du xiir et du xiv* 
siècle, contemporaines de celle-ci et publiées 
par nous, se terminent par la môme formule. 

« On nous permettra une autre rectifica- 
tion. En 18b6, M. Jules Courtet, sous-préfet 
de Die, découvrit dans le pinacle de l'église 
de Saumanes une cloche portant la date de 
910. Cette découverte était fort intéressante ; 
mais M. Didron, secrétaire du comité des 
arts, exprima des doutes bien légitimes sur 
l'authenticité de cette date. Sur sa demande 
un dessin accompagné d'un estampage mon- 
tre bien : 

BEX : VEIT : (venit) i : (in) pace : 
DED8 : HO : (homo) factcs : est : 

A : D (?) CCGC X 

« Mais lés caractères sont du xiv* siècle. 
Reste à expliquer la date apparente 910, fon- 
due en caractères du xiv* siècle ; nous 
croyons être sur la voie de l'explication vérita- 
ble. Nous remarquons d'abord que ces carac- 
tères ont été obtenus par le procédé moderne ; 
l'identité des mêmes lettres prouve que le 



fondeur s'est servi de lettres coulées en cire 
qui, placées sur la chemise, ont fondu ao 
feu, et fait place plus tard au métal*. Pour 
ajuster ces types, le fondeur , afin d'obtenir 
des lignes exactement parallèles, a couché 
sur le flanc les caractères qui n'auraient pas 
continué la ligne horizontale; dès le second 
mot, nous trouvons une lettre ainsi dispo- 
sée : c'est le T du mol venit^ Le prétendu B 
de la date n'est donc qu'une M en gothique 
arrondi, posée sur le côté droit (1). » 

BURES, département de Seine-et-Oise, en 
France. 

Dans le côté droit du chœur de l'église de 
ce village, entre les deux premiers piliers, 
est un mausolée sur lequel sont représentés 
à genoux, en pierres, et de Ja hauteur natu- 
relle, Antoine de Chaulnes, seigneur de Bu- 
res, et Françoise Arnault, sa femme, à sa 
gauche ; et au bas dans les deux côtés, se li- 
sent deux inscriptions, que l'on assure avoir 
été com()osées par le cardinal Duperron. 

On voit sur un marbre noir, au-dessous de 
la femme, les lignes suivantes : 

Consorie vit», imo vlta ipsamet mea. .... 



Francisca sumÂrnalta Avarice Biiurigum orion- 
da, qu» Parisiis ultlma falo concessi amiosUlis 
37 primi ipensis 1585. 

Au-dessous du mari : 

Deo Maximo. 
Aotonio de Chaulnes ^JEtutu bellici abstioentis- 
simo et Censori aeqaissimo, plurimarum aliarun 
dignitatum tractaiione clarissimo, viro civique 
optimo, qui talem potius esse quam dkit ant 
videri semper tenuissime studuit, uxore castis- 
sima, VII ingenuis liberis , amiconim multitu- 
dine, et re benc parta felicissimo , ipsi libcri 
propter orbitatem infelicissimi PP. ob'iii xx 
ociobris 1593, pr^eteriens annos lv. 

En face est attachée au pilier du chœur 
une plaque de cuivre contenant seize vers 
français, composés par Jean Aniault, frère 
de la défunte, ainsi qu'il est marqué au bas. 
Cet AntoinedeChaulnes était natif d'Auxerre. 
L'épitaphe de ses ancêtres s'y lit encore sur 
le vitrage d'une chapelle de la paroisse de 
Saint-Eusèbe (Hurtaut et Magny). 

.BURGOS, en Espagne. 

Monastère San Pedro da Cardenas^ au dio- 

cêse de Burgos. 

Era DcccLxxii. un. F. \in idus ag. adlisa 

est Karadigna 
et inferfecti simt ibi per regeoi Zepbaiii 

ce. monacbi 

(fe grege Domini in die SS.martyrum 

Jusli et Pasioris. 

Cardinal Maï y 387,1; Florkz, Spona 
Sagradaj i. xxvii, p. 223.) 

(1) Manuel d'Epiaraohie de M. Tabbé Texisa, 
page 17. 



ïfl 



CAb 



DllPlCftAPHtE. 



CAG 



m 



SDTRI» château près de Bologne, Etats 

Romains. 

S^me croix de bronze^ dans V église SainU- 

Julienne. 

Inscription de l'aDoée 887. 

[o. n. Siful nri. iht* xpi. leinpore. (RTn. Hlu» 
davvicos. eufllourias. élus, -filio. an. imperii. 



eoitim. xpo. iuyante. quarto, decimo et sexto, 
die octavo. me. novemb. per. ind. sexta (1) 
Pelnis. presbiier. fieri. roga. 

{Cardinal Mai, p. 4; Moratori, Inscrive 
fions, p, IWfc. 7; Antiquités d'ItaRe^ 
t. V, p. 554.) 



c 



CABASSE, près de Brignoiles, dépane- 
méat du Var, en France. 

'fhtr ¥fliefp\erre'mUiair^ 

Inp. Goes. 
•»*'l. Val. 
GoBetaniino 

P. F. A. 



nepoli 

divi GoDSlanti 

aug. pii 

filio. 

xxxin 



(CardinM Vaï, 2S0, 1; Mur., 463,7; 
BouRQUBLOT, InseripUons antiques de 
JHnj deCimiez et de quelques lieux 
environnants. Paris, IKiO, p. 102.) 

CABRA, près de Cordoue en Espagne. 

A» àsnetière de l' église Saint- Jean , sur un 

autel carré. 

t 
Ara 



mi 

+ 
•Oonseerata est 

'iHiselica liaec 

'Seae Marrnc 

11. kl. iiinias 

*E. DCXXXVIII. 

DedicatU 
iianc aedem 

fi M S 
Bacàada 

ëps cpsT 

t 

Farïdavit earo 

àUissimiis 

oer Eulaliani. 

et filhim cius 

'Paulnm mo- 

nachum. 

iParitnal Mai, p. 162 ; Fr.OREZ, Spana 
Sagrada, p. 33,34, t. Vil.) 



CAEN, département du Calvados i, en 
France. 

Epitaphe de Mahaud ou Mathilâe , femme ide 
G. le Conquérant, enterrée à Caen, au mo' 
nastère de la Sainte-Trinité^ 1086. 

En fen Monins. 

Egregie pulchri tegit hsoc structura sepulchri 
Moribus Insîgnem, germeo regale, Matliildem. 
Dux Flandrita pater buic extitit badala mater, 
Francorum gentis Roberti filia régis 
Et soror Henrici regali sede poiiii 
Régi magnifico Wlllermo juncta marito, 
Praesentem sedem, pnesentem fecit et aedem, 
Tarn multis terris quam multis rébus boneslit, 
A se dltatam, se procurante dicatam. 
Haec consola irix miseruin, pietatis lamatrix. 
Bonis dispersia pauper sibi dives egenis. 
Sic infinitae petiit consortia Tilde, 
In prima mensis post primamhicenovembris. 

{Sépulcral Monuments of the Greaê^Bri* 
tain^ t. 1, p. 13.) 

CAGLIARI, en Sardaigne. 

I. 

Crypte de Véglise de Saint-Antiochus^ dans 

l'île Sulco. 

t Auia mlcai obi corpus beatisandi 

Antîoci quiebit in gloria. 
Virtùtis opus r^arante ministre. 
Pontificts XPI. Sic decet esse domum 
Quam Petnis autistes cultus splendore 
Renobabit marmoribus titulis 
Mobilitate fidei dedieaturus 

XII. k. Februs (sic). 

(Cardinal Mai, p, 95;Muratori, p. 18.29, 
6; BoNFANTi, p. 154; EsQUiVEL, p. 106,; 
BoLLANDisTBs, t. Y, mars, p. ^.) 



IL 

Chez les PP. Mineurs, au bourg de Stam^ 

pace. 

SS. DD. NN. 
Claudi us ..... us 

(I) Indiciione sexla répond à rannée 887» 



199 



CAN. 



DIGTI(»(NÀmE 



CAP 



prudenli modo 
conlocavit. 
{CardimlMkU Sd8,k; Muràtori, 266, 2.) 
CAMBRAI. 

Epitaphe de Pierre d'Ailly^ cardinal de 

Cambrai. 

Mors rapuit Peirum, petram subijt putre corpus, 

Sed Pelram Christum spiritus ipse petit. 
Quisquis ades precibus fer opem, semperque me- 

[mento, 
Quod praeter mores omnia morte cadunt. 
Nam quid amor Regum, quid opes , quid gloria du- 

[rent, 
Aspicis, hadc aderant Dunc mihi, nuuc abeunt. 

(Làbbe, Thés. Epilaph., p. 116.) 
CAMBRIDGE, ea Angleterre. . 

Hic situs est Doctor Whitakerus, Regius olim 
Scripturae interpres : queni ornabat gratia linguae' 
Judiciique acies, et lucidus ordo : memorque 
Pectus , et invictus labor, et sanctissima vita. 
Una sed enltuit virtus rarissiroa tanlas 
Ingenii inter opes submissio candida mentis, 
Hujus Gymnasii super annos octo magister 
Providus, et recii defensor, et ultor iniqui. 

Obiit anno Sal. 1595. 4 Decemb. «lat. 47. 

(Gros, Suppl. auxEpU. deBdlCy p. 387.) 

::AMP0, Portugal. 

D. N. 

Imperatorî 

semper aug. 

Maximo 

Magoeotio 

terra mariq. 

victori Prov. 

dedicaverit. 

{Cardinal Mai, 257, k ; Muratori, 1995, 
3; Masdeu, Hist. Hisp.y t. II, p. y, 
p. 330.) 

CANGAS, bourg de la Galice, en Espagne. 

Ancienne inscription dans Véglise de Sainte- 

Croix. 

Resurgit a preceptis divinis haec macina sacra 

Opère suo comptum fidelibus votis. 

Perspicue clareat hoc templum obtutubus sacris 

Demonstrans iigulariter signaculura aime crucis. 

Sit christo placens bec aula ob crucis trophée 

[sacrataj 

Quam famulus Tafila sic condidit fide provata, 

Gum Troiliuba coi^uge ac suorum proiium pignera 

[nata.] 

Quibus, Chrisle, tuis muneribus sit gracia plena, 

Acpost hujus vite decirrsum pervcniat niiseri- 

[cordia longa,] 

Hic valeas Kirio sacralas ut allaria Glirislo 

Dieijrevolutis teroporis aonis ccc. 

Seculi etate porrecla per ordinem sexia. 

{Cardinal Mai, p. 89 ; Morales, Hb. xiii, 
cap« 9.) 



CANOSA, dans la terre de Bari,au roj 
de Naples. 

ji. 

On lit des deux côtés, sur une coloim« 
loin de la ville 

Yalerio Gonstaotino 
pio fel. invictoaug 
Cens, in imp. VU. P.P. 
procos. 

(Cardinal Mai, 250, h; Chaupt, 
p. W9.) 

II. 

Devant la porte de la mll$. 

A gauche. 

DDD. NNN. FFF. 

Theodosio 

Arcadio 

et Honorio 

oono rei public» 

natis. 

A droite. 

Vorlurono sacrum 

P. Gurlius P. F. Salaxus 

P. Pitius L. F. UU vir 

de muncre gladiatorio 

ex S. G. 

(Cardinal Mai, 269, 6 ; MuratorIi 
12, 13.) 

III. 

Sur un arc au milieu de la plocf 

Incliie venerunde- 

que memorie viro 

Flavio Theodosio 

genilori domini 

nostri inviciissimi 

perennisque priocipis 

Theodosii perpetui aug 

cuius virtute félicita ' 

te iusiitia et priocipa- 

lu terrarum orbis 

retentus.. slatuam 

cquestrem subaura- 

tam Apuli et Galabri 

pro voio et devotiona 

posuerunt 

curante ac perficien- 

te Flavio Sexione 

viro perfcctissimo 

correctore Apuliae 

et Galabriae 

[Cardinal Mai, p. 270; Bamâs, et 
62 ; Pratilli, p. 522 ; Chaupt, 
p. 504.) 

CAPO DISTRIA, en Illyrie, empire 
triche. 






r,t 



Ami 







SOI ' GAP 

EglUe de 

Snt on tOBibeia de marbre. 
Hmepatriam serra Nazari saocte gaberna 
fjfà paler et reccor iostini diceris urbis. 

(Cardinal Miiy 39kf 5; Ughelli, t. Y» 
p. 381.) 

CAPOUE9 au royaume de Naples. 

L 
Véglùe 



D^ËPIGRAPHIE 



CAR 



V. 



de Sonia Maria délia £0- 
reeca. 

Ego Jouannes imperialis 
paU'ilius filius UdÎ • 
Bocivili ypala i fan 
damenlis edificavi. 

Sur (a iewr du clocher de la petite église. 

Bec edificium feci ego Jobannes 

iflifterialia paU'icius filius domini 

DocîTili, qui in traiecto 

HniniDe post dissipalionem 

Agarenonin) reaedificavi banc 

▼eoendiilem indîtaiu domum , 

Elîâindio (!) turrem diiecto fiiio 

DocifUi ypala donavi 

Maï, p. 9kf 95 ; GssNiLD , na 
affa, p. m.) 

U. 

Au grand temple à la porte au nord. 

Hoc pins anlistes deri lux osso para vit 

Ecdesiaeqiie pater resmores amplilicavit. 

[Cardinal Haï, 85, i; voyez CiAXPniiy 
Yetera monum.^ t. II , p. 167 ; Muha- 
TOEiy Antiq. ItaHœ^ t. 111| p. 701.) 

III. 

Végliee détruite de Saint - Jean des 
Nobles-Hommes. 

MeûïÀf Jobannes XPI precursor Idulfus, 
jHjjns ecdesiae sacer ci arcbipreviter aiiie 
Ofero: tu dneres serva, lu criininis umbias 
Terge, nt ab allilono venîaro merar : miserere 
Ix oeli lucem post ignem leiiebrarum. Amen. 

{Cardinal Haï, 102, 2 ; Pratill.« Hist 
princip. Longob.f t. 111, p. 324.) 



IV. 

ton pris de la basiliqtêe Conr 
stantinienne. 



ecius alb 

n. cons • 

ilicaru . < 

, barba . 

.ionib . . 



•*) 



{Cardinal M Alt V- 1^« Paatill., Con- 
sol. délia Camp.y p. 117.) 

ine du mol vulgaire Eziandto, 

DlGTIOBiM. D*EpiGRÂPHin. 1. 



Eglise de Saint-Yineeni. 
FI. Anldo Basse V. €. cons. Camp. 
viro iniegerrimo indulgenlissimoq. 

qui lil)eraliiaie summa forum 

tbermas et portic. sac. basil. column. 

. . . sua impensa . . curav. 

ordo et populus capuensis. 

{Cardinal Mai, 280, 2 ; Pratilla, p. 99.) 

VI. 

Socle trouvé entre Capoul et Sinuessa^ pris du 
YoUomoj dans le pays dit Majorité. Lettres 
grossières. 

AETEV. 

Miimcio Aeierio 

fabenle majestate 

Dei tracialum mensil)- 

us noslris erit mérita cjus 

omnibus oaoribus gestis patrie 

noslre eiiam et in urbe sacra admi- 

nislrationem adminislravit digne pa- 

Irono cenlo auri slaiuam 

sed .... ponend .... cens ' 

e \I Idus maias Lupidno et 

VI . . . VV. . . 

{Cardinal Mai, 285, 1 ; Pratill., t. A.. 

p. 253.) 

; VII. 

Eglise Saint-Barthélemy. 
G. Minucio Aeserio Sen. Induslrio vire cunctns 
populus civilalisForopopiliensium lal)oribus tais 
patri» nostrae genclalis indicat majorem bono- 
rem dignus curise et populi palronus fiiios pri- 
mes in ordine nepotes diem magistratuos juri 
veniam accepisti sibi digiio palrono unitus po- 
pulus una cum liheris noslris slaiuam leco 
celeberrimo palriae noslne pouendam censue- 
runt . . dcd . .a., n. .o. .i. .os. .m 

m 
• ••••••••••• 

Cardinal. Maï, 286, 2; Pratilla, p 
254. ; Peregrin., Annales. ^ Cap.p X. I, 
p. 476.) 

CARCASSONNE, chef-lieu du département 
de TAude, eu France. 

I. 

1266. — Eglise Cathédrale de Saini^Na^ 

zaire. 

Tilulus roonumenii venerabilis patris GalUdmi 

Radulphi, Dei gratia Carcassonensis episoopl 

qui praeseniem capellam conslruxit et in ea 

sacerdolem insliiuit. Scdil aulem in episco- 

palu annis XI, diebus XXV, et defidens obiit 

in seneclule bona el misericordia uberi, anno 

Domini MCCLXVI, VI Feria, kal. oclobris bora 

vesperlina. 

7. 



t05 



CàR 



DICTIONNAIRE 



CAR 



On avait toujours ignoré la date de la 
mort de cet évêque, lorsque Tinscription fut 
découverte en juin 1839. 

IMém. de la Soc. ÀrchéoL duMidL t. IV, 
p. 2d8.) 

II. 

Treizième siède. -r- Sous le Porche de IV- 
glisede SainhVinçent. 

BenodiçUini sii aomen demi ni noslri Deî iesu 
€hristi et sancle virginis matris cjiis amen. 
Hic est Tiimulus Barlholomei Ëudrardi el Giiil- 
lelnii Ëudrardi fratrum nolarioruni carcasso 
oeDSum, quoniDi anime per Dei luisericordiaiB 
requiescani in pace. Amen. 

{Mém, de la Soc. ÀrchéoL du Midi^ t. IV, 
p. 300.) 

Nous voudrions pouvoir donner ici en en- 
tier le Précis de$ monuments de Carcassonne 
au'a publié M. Cros-Mayrevieille, président 
e la Société des arts de Carcassonne. Pour la 
clarté, la concision el la scit/nce, ce précis est 
un modèle i arfail. Nous ne pouvons qu'eu dé- 
tacher quelques {uiragraphes rdalifis aux 
monuments religieux de Carcassûnfte^ 

VILLE-HAUTS. 

Viglise Saint-Nazaire et Saint-Celse. 

L'église Sttint-Nazaire et Bainl-Cetse est 
située dans la partie méridionale de la Cité ; 
elle était la cathédrale du diocèse de Carcas- 
sonne avant le réiablissement du culte en 
îrance. L'édifice que nous allons décrire a 
été construit sur la place où était la pre- 
mière éi^lise bâtie daiis la Cité, et qui fut 
déihOiiepi^ndanl le xii' siècle. Ce monument 
a aujourd'hui la forme d'une croix latine, 
dont le sommet e5>t tourné du cdté de Test ; 
sa longueur, depuis l'abside jusqu'à Teitré- 
mité des nefs, est de 59 mètres ; la largeur 
des trois nefs réunies est de 16 mètres, la 
longueur des transsepis de 36 mètres. Deux 
tours octogones, remartiuables de léj^èreté 
et do ^ce, flanquent i absidf , surmontée 
d'une balustrade, el ornée de modillo<^shis- 
tories, dispositions fort rares dans les mo- 
numents (le cette époque; deux portes prin- 
cipales s*ouvrent au nord, l'une atioutissant 
aux nefs, Taulre aux transsepis ; une petite 
porte à plein cintre au !bnd de Téglise où 
s'élève un clocher de construction moderne : 
tel est l'ensemble de l'extérieur. 

On entre par la [)orte principale, qui est 
à plein cintre, avec des colonneltès et des 
chapiteaux historiés dans le style roman du 
XII' siècle, sauf deui c^lonnetl'es et les cha- 
piteaux de marbre qui les décorent, lesquels 
proviennent d'ua aifttire rnoomnaot. £b en- 
trant dans ré^i2«e on est frappé par la diffé- 
rence que présentent deux genres bien 
tranchés d'architecture. La grande nef et les 
deux nefs latérales sont soutenues par des 
piliers ronds ou carrés avec colonnes enga- 

Sées, surmontées de modillons, de damiers, 
e palmettes,. d oiseaux, etc. La nef et Ws 
bas-cotés étaient terminés par trois absides 



semi -circulaires avant la construction du 
chœur actuel. L'édifice avait autrefois It 
forme d'une basilique : il fut consacré par 
le pape Urbain II, lors 'de son passaga à 
Carcassonne, au mois de juin lOW* Aprii 
les premières croisades l'imagiQatîoD des 

f)euples ayant été exaltée par le spectacle do 
'Orient, les églises romanes parurent tris- 
tes et sombras. Saint Louis, sensible aiix 
Yœux du chapitre et de la population, ocm- 
eéda gratuitement un espace ue terrain pour 
agrandirl'église.Onfonda alors les traBss6|ill 
et le chœur, qui ne furent terminés que sous 
répisco()at de Pierre et de Rochefort (lau- 
1321). 

On admire l'abside légère et ornée de vi- 
traux peints, avec des transsents divisés cha* 
cun en trois parties. A l'extrémité du traos- 
sept nord'se trouve une porte en ogive rifih» 
ment décorée à l'extérieur, désignée sous le 
nom de Porte-des-Morts, et au-dessus de la- 
quelle brille une rose oui a son pendant vis- 
à-vis. En entcant dausl'abaide on a à droite 
et à gauche deux sacraires construits en ma- 
gnifique pierre, et ornés de sculptures. L'ab- 
side est tellement légère qu'elle aeftibie p«^ 
cée à jour ; on a cependant placée auprès des . 
piliers qui séparent les lanceMeo les staliMS 
du Christ, de ki ViergOy dee date apôCf«% 
du painMA del'<^gliae et du tottërtu» da. 
sanctuaire ; ce sont là aytMl de flbfSSVBU» ' 
yre de la sculpture du xiv* siècIeTTout le 
chevet est aussi construit en pierre de taiUe 
et enrichi de |)lusieurs morceaux de scu]|h 
ture remarquâmes. 

Après ce coup dœil général, nous allcw ,j 
pat courir les d»a{»elles en fmftfeafier. tar* 
procéder avec ordre, nous ooqraieDeemi 
par la première chapelle qui ê(k iioov^ k 
gauche en entrant par la graïKde porte I 
plein cintre, et nous suivroni le i^urtov 
intérieur du monument. 

Chapelle Saini-Aodré, aujourd'hui Stiot-AotoiBe. 

Cette chapelle, dont l'arcbitectureraiml 
le commencement du xvi' siècle, tire* M. 
non) de son fondateur : Andrft Caivières,ii> 
che préhendé de la oaihéilMÉei ^igÊ^ bs 
sommes oécasaarires poer sa ronslnictieii si 
sou entreli^D. L'autel était eu tr^MBêOVMi 
ét^t en 175S^, époque de la visite paatoiêh^ 
faite par l'évègue de Besons; cepeudilit «Ha 
avait alors sa forme primftite* AVjOurÂoi 
elle est diTisée en deux parties, m AJsiBl 
disparaître les mortiers et les piflifts dont 
on a recouvert les deux colonnes torses da 
rentrée» on dégagerait une gracieuse cha» 
pelle bAUe, il est vrai, postérieureoieat à k 
porte ogivale de l'église, et un peu tropiM 
de la porte romane, mais avec un certaiL 
goût et de manière à oe pas masquer les vi* 
traux de la cnapelle Saint-Jean. 

CliapeUeSaiDl-Pierre.Stlol*Pi«iTeeiSiiBl-PaoLa«iow> S 

d^hoi StiakrJeaa. ^^^ 5 

Après avoir fait quelques pas, on eutre à f 
gauche dans une chapelle, bâtie en 1321, où ' 
se trouve le tombeau de Kerre de Itoebeforf, \ 
évoque de Carc^issonne, le conslrurtou; du ^ 
chevet. Cette chapelle a été. |^laON MQft TiiH 



CAR 



irEncftAPHiE 



CAR 



M* 



ion de Saint-Pierre et Saint-Paul. On y 
a statue de Rocheforl, doboul, acrmn- 
\ (le deux diacres. Les st.iliioUes qui 
osent le sarcophase plnité au-dussous 
remarquables par leur exécution et la 
té des Têtements sact-rdotaux qu'elles 
nient. 

in«l le cheTet gothique eut été cons- 
les trois nefs qui formaient Tancienne 
que contrastèrent fortement avecichaut 
glise» dont Tabsidc nuancée do mille 
ars était seule admirée des fidèles. C'est 
pplaudissements de la foule nue le mur 
18 côté du nord fut alta jué. A mesure 
1 brèche s'aj^randissait, la vieille basi- 
était moins sombre et [)erdait de son 
tère; les murs de la chapelle furent 
A de deux fenêtres aussi .légères que 
ide. Leurs tympans sont ornes de trè- 
el de quatre feuilles sur (rois ran^s : au- 
Mis de ces ornements (]ui formofit une 
d'imposte, on voit trois compartiments 
lés garnis de vitraux. Cette chapelle 
flstruiteaux frais de Tévùque Roche- 

sl fâcheux que plusieurs couches de 
e chaux cachent une partie des reliefs 
ioorent le tombeau. On peut remarquer 
a cbape dont, révoque est revêtu le- 
ixt exactement le roc d*échiquier placé 
M de Toûte de Tabside, et qui est la 
s la plus significative des armes de Ro- 
irt. Le s<4 de la chapelle présente en- 
mais à demi effacée, la pierre qui cou- 
1 tombe de ce prélat. Le nom de Roche- 
f était lisible du temps dt> Gérard de 
M07), auteur de la Chronique des évé- 
de Carcassonne, 

r suite de réparations mal entendues , 
partie de la chapelie de Pierre de Ro- 
irt fut sacrifiée. Oi peut admirer en- 
aujourd'hui \i'S belles fenêtres qui la 
raient, mais il ne reste presifu; rien des 
>tores de Tautel. En 1765, 1 évoque de 
issoniie y fit placer le retable de la cha- 
• de Sainte-Anne ; bientôt le chapitre ac- 
» l'olfre du chanoine de No^!e, (pii fit 
d*UDe grille en fer dont on voit liîs tra- 
;ar les piliers. En 1770 ei 1771, du riou- 
8 donations perm ire it d'achever cette 
mdue restauration. Il est j)robahle que 
ieas- petits baldaquins qui sunnantcit 
[eux statues que l'on voit encore dans 
i chapelle, faisaient partie, comme les 
lea elles-mêmes, de la décoration primi- 
: celle de saint Paul est d'une exécu- 
remarquable. 

1 procès-verbal de visite do Tévèque de 
ms nous apprend que cette cha[>elle 
i interdite en 175^; celte mesure fut 
a à la suite d*un horrible crime commis 
e Heu : le sonneur de la cathédrale fut 
*gé sur les marches mêmes de Tautel. 
[His avons fa*.t rétablir, le 21 octobre 
^ sur le pilier de lu chapelle et à la 
e où elle était autrefois, uie dalle de 
bre blanc destinée à perpétuer le souve- 
d*une fondation piousi', l'aile par l'évô- 
Martin- de -Saint -André. Cotte dalle 



était employée comme pavé dans la granue 
nef. 

Chjpene Saioi-Vioeenl, He ton^ les Saints, aojoaidliQi 

Saiule-'Aone. 

Cette chapelle est la première du transsent 
nord, du côté gauche. Cnlel, d.ms ses mé- 
moires sur Vhistoire du Languedoc^ nous ap- 
prend qu'il existait une verrière, au-dessus 
de l'autel, où éiait inscrit le nom de Petrus 
deAuxilione II paraît que Pierre d'Auxillon, 
évépie de Carcassonne, de 1497 à 1512, 
avait fait restaurer h ses frais la chapelle 
dédiée auiourd*hui à Sainte-Anne. C'est à 
cause de l'existence de l'ancien faubourg de 
Saint-Vincent que l'autel fut primitivement 
dédié à la mémoire du martyr de ce nom. 
L'autel de Saint-Vincent fut placé au nord 
et celui de Saint-Michel au midi ; de même 
que les églises de Saint-Vincent et de Saint- 
Michel, dont le chapitre de Saint-Nazaire 
était le curé perpétuel, avaient été bAtie^, la 
première au nord, la seconde au midi de la 
cité. 

Cbapt'lle Saint-Germain, Sainte- Anne, du Saint-Sacrment, 
l'aiiiel df" la Paruls^e en 175 1, aujourd'hui chapelle 
Siiul-Seroin. 

La confrérie de Sainte-Anne fut instituée 
le 26 mai 1397, par £lie, àhbé de Montolieu, 
sous l'épiscopat de Simon de Cramaud, et 
s'établit dans cette chapelle. L'évoque de 
Rochebonne fit de grands embellissements 
à l'auiel de Sainte-Anne (1723). C'est le 
sculpteur Parent qui en fut chargé. Cet ha- 
bile artiste, origin lire du diocèse de Carcas- 
sonne, connu par |i*s Iravaux^qu'il exécuta 
è Matirid et à i E curial, est Tauteur de pres- 
que tons les meilleurs ouvragos de sculpture 
surbcisque l'on voyait ii Carcassonne, dans 
le i^oût du t' mps, avant la révoiution de 
178i). L'évôjuede Bes'His éri,^ea en paroisse 
Tantel dédie alors à sainte Anne, et le cha- 
pitre plaça sous Tinvocation «ie la sainte, la 
chapelle acluillement dé<iiée à saint Roch, 
dont nous parlerons plus bas, pour en faire 
la paroisse, 

L'évô:|uv ChristOi^hedeTEstang etVitalis 
de lEstang, son neveu, qui fut d abord son 
coadjuteur et ensuite son successeur, ont été 
enterrés dans cette cha[)elle. Les deux écus 
en marbre blanc de la famille de l'Estang, 
qui tiguraient sur le toinb. au, ont survécu à 
sa démolition ; Tun a été placé, sans auaun 
motif raiso'uiable, sur la porte de Téglise 
Saint-Gimer, dans le faubourg de la Barba- 
cane ; Tautre, que nous avons découvert 
dans les fouilles nratiquées à l'église de 
Sainl-Nazaire, a été placé, sur notre indica- 
tion, à Tuu des piliers de la chapelle Saint- 
Sernin. 

Chapelle Moire-Dame 

Nous croyons que dans Téglise primitive 
ainsi que dans la basilique romane, qui n'a- 
vait que trois nefs sans transsepts, le maltre- 
autel était flantiué dedeux chapelles dont les 
noms étaient ks mêmes qu'aujourd'hui : 
Tune au nord, diMliéo à Notre-Dame ; l'autre 
au midi, dédiée à Sainte-Croix, comme l'in- 



S07 



CAR 



DICTIONNAIRE 



CAR 



dique le regislre de l'Ave-Maria, déposé à 
rérêché de Carcassonne. 

L'auteur de la Chronique des iviqutt dit 
que, en 1177, TévAquè Othoii consacra Tau- 
tel de la chapelle Noire-Dame. Il est question 
évidemment de Tune des chapelles de Té- 
glise qui se construisait encore à cette éi o- 
que ; car l'église, qui fut consacrée en 1096, 
n'était pas terminée, elle ne le fut que dans 
le courant du siècle suivant. La chapelle de 
Notre-Dame était moins avancée vers l'est 
qu'elle ne l'est anjoufd'hui , puisaue Tan- 
cienne basilique se terminait dans le trans- 
sept actuel ; mais du moins elle était dans 
une position analogue. 

En 1703, l'évoque de Grignan fl! opérer 
un grand nombre de changements dans l'é- 
glise de Saint-Nazaire ; c'est sans doute à 
cette époque que la pierre toinbaie de Pierre 
d'Auiiilon, uue nous savons avoir été en- 
terré devant le maître-autel de la cathédrale, 
fut placée dans la chapelle de Notre-Dame, 
On y lit rinscri[)tion suivante 

Hic jacei revcrendus paler dominus Petrus Auxi- 
Ijone, qui ohiit in Doinino anno ab Iiieamalione 
MDXH XXIV seplembris. Ëjus anima requiescal in 
pace. Amen. Factus prsesens lapis A. M. V. 



ixxiv. 



Cette inscription s'efface de jour en jour 
plus rapidement. 

Le matlre-autel. 

Le maître-autel élait piac^ autrefois aune 
très-petite dislance du mUr de l'abside. L'é- 
véque de Grisnan le fit avancer .vers la 
grande nef, et Te remplaça par un autel de 
marbre, dont l'exécution fut contiée à un 
sculpteur appelé Mazelli (1710). Les deux 
premières travées de la grande nef furtmt 
transformées en un grand sanctuaire où Ion 
entrait par trois portes. Tout cela fut fait 
aux frais de l'évéque de Grignan, dont les 
armes ornaient autrefois les grilles. Quels 
qu'aient été pour ce prélat Teolnousiasme et 
les applaudissements de ses contemporains, 
nous croyons que ses largesses envers l'é- 
glise Sairït-Nazaire furent une véritable cala- 
mité pour le monument. Le niveau du sol 
fut changé, les piliers de la nef lurent di'li- 
gurés, les transsepts furent divisés en plu- 
sieurs parties ; en résumé, cette restauration 
fut plus nuisible à la cathédrale Saiut-Nazaire 
que la première république. 

Le 20 février 1793 , un grand nombre 
d'habitants de la cité demandèrent au con- 
seil du district la permission de réparer l'é- 
glise. Le 18 mars suivant, les administra- 
teurs le permirent à condition que les répa- 
rations seraient payées au moyen du produit 
'ie la vente des grilles du chœur. Un procès- 
verbal de pesage, du 20 juillet 1793, constate 
qu'il fut extrait alors 109 quintaux de fer. 
Nous croyons que ce n'était là qu'une partie 
des grilles, et qu'on en laissait sur place une 
plus grande Quantité ; car le 4- septembre 1793, 
uo ordredudfistrict, donné au nomduComilé 
du salut public, enjoigni'l de livrer les gril- 
les de Saint-Nazaire pour fabriquer des af- 



fûts de canon. L'ingénieur Denovés fit 
un devis dans le but de rendre l'église ! 
Nazaire pro «re au service d'une par 
dénuée de chapitre. Il proposait de ch 
de place le maître-autel, de supprime 
stalles, de pratiquer l'exhaussement d 
rain.sur certains points, l'abaissemeD 
d'autres : ce projet ne fut exécuté qu'ei 
tie. 

Chapelle Saiaie-Croix. 

(Voir ce crue nous avons dit sur celt 
pelle en panant de celle de Notre-Daui 

On remarque au mur du transsept m^ 
nal une grande dalle représentant, at 
et en creux, un chevalier que Ton cro 
Simon de Montfort. Quoi qp'il en » 
cette conjecture, le héros de lacroisad 
tre les Âlbig( ois fut enseveli dans Tégl 
Saint-Nazaire, à l'extrémité (est) de 
latérale droite, à gnelques pas de la cl 
Sainte-Croix. Mais trois années aprt 
restes furent exhumés, et portés pars 
au monastère des Hautes-Bruyèro» 
Montfort-l'Amaury (département de 
et-Oise). N'éanmoins la comtesse de H< 
voulut qu'à perpétuité une lampe a 
fût entretenue devant Tautel de Sainte- 
en mémoire de son époux, et qu'une 
y fût quotidiennement célébrée pour 
pos de son âme. Cette fondation a 
dans les nécrolognos delà cathédraleJl 
la révolution de 1789. 

La dalle dite de Simon de Montfori 
placée dans l'église Saint-Nazaire, le S 
Jet 18^5. 

Chapelle Saiot-Jpao, da Saint-Stcremoat» StM 
aujourd'hui Saint-Roch. 

Nous avons fait connaître les change 
que l'évoque de Besons introduisit di 
service du culte. (Voir ce que nous avi 
sur la chapelle de Saint-Sernin.) La di 
du Saint-Sacrement fut placée sous I^ 
tion de Sainte-Anne en Vl^. Poatiti 
ment une société de secours mumeia 
ouvriers s'élant établie sous rin?ocati 
saint Koch, cette chapelle lui fut affec 

Chapelle Saiut-Micbel, aujoard*hui SaÎDt-JoM 

(Au sujet du nom de Saint-Michel, 
primitivement à cette chapelle, vpir c 
a été dit en parlant de la chapdie I 
Vincent.) 

L'évéque Louis de Nogaret fît» en 
une nouvelle dédicace de cette chape 
voulut que le supérieur de Saint-Li 
les-Paris en fût le patron. Arnaud de 
mels, doyen du chapitre, mort le 3 f 
1627, y fut enterré. On voyait encore « 
la première révolution, une eiligie ( 
lief avec une épitaphe gravée sui 
plaque de marbre tîoir, incrustée et 
mur. » Au pied des balustres de cett< 
neile est la tombe de Pierre d'Olivie 
lit sur la pierre tumulaire : 

cy gii le corps de mes ire Pierre d*Oilvier, 
sellier el magistral présidial à Carcassonne 
décéda le 17 aousl i02â. 



109 



CAR 



D*£PI6RÂPHIE. 



CAR 



SiO 



Od Toit deux portes à rextrémité dutrans- 
sept méridioDal ; l'une amène à la chapelle 
Radulph. Cet édifice ayant é.\é construit à 

S H et antérieurement au chevet de Saint- 
zaire, nous lui consacrerons un article 
particulier. 

La sacrlsUe. 

Là porte en ogive conduit à la sacristie que 

Ton appelait autrefois la grande sacristie'par 

opposition è la chapelle Radulph, désignée 

sous le nom de sacristie des Fcriesou (x.'tite 

sacristie. C*est un édifice en pierre de taille, 

TOÛté» de forme à peu près carrée, ayant 

trne longueur de 9 mètres et une largeur de 

1 mètres. Il a été bâti nostérienrement à la 

tDvdulranssept méridional, auprès diKiuol 

ll'ieM pbcé. Nous pensons qu'il renfermait 

autrefois Fan tel de la Très-sainte Trinité 

(SMeiistmm Trinitatis). <iont il est question 

dans le registre de TAve-Maria, et dans le 

proeès-vverbal de la visite que Pierre d*Auiil- 

mn fie dans son église cathédrale le 13 juin 



S«iaUBMlhéleiD:r, Saint-Erasme, Saint-Giincr, 
I - aujourd'hui Sainl-Laureni. 

*lba face de la chapelle Saint-Jean, c*est-h- 
Ijia k droite de la grande nef, on trouve 
liHdiapelle érigée par Tévèquc Pierre Ro- 
[ m; Ton des succcesseurs de Rochefort 
pBk); elle est digne de fixer ra.tent.on à 
tmse de Tampteur, de la légèielé ol de la 

ecede la fenêtre ogivale et des vitraux à 
d vert qui la décorent. La voûte de la 
diapeHe est formée de quatre nrcs (]ui s*en- 
Irmoiseot : les clefs présentent les mêmes 
inssoDS que les verrières ; ces armes appar- 
feiheiit au fondateur de la chapelle. Les fe- 
Bltras sont d*un beau style. Au c( ntre de 
rhnposte est un quatre-feuilles qui sert de 
' tœ k huit tr«Qngles dont les extrémités 
lovebant légèrement le cercle. Tous les côtés 
le rimposle sont garnis de trèfles. Le mur 
il couchant est plein, mais orné d'une rose 
ûnalée. 
Nous savons qu*en 1668 cette chapelle 
iTait déjà perdu le nom de Saint-Barthélémy, 
et portait celui de Saint-Erasme. En ITo^, 
lous l*épiscopat d'Armand de Besons, elle 
kt consacrée à saint (jimer. En voici les 
Boti&: révêque Pierre de Rochefort avait 
neneilli les reliques de saint Gimer ainsi 
que celles d'autres saints (de 1301 à 1320), et 
bavait déposées dans une châsse d'argent. 
Rerred'Auxillon voulut véritier les authen- 
tiques de Rochifort (1508). De son côté Ar- 
naud de Besons , sur la demande du chapi- 
tre, lit ouvrir la châsse, et Texposa à la 
vénération des fidèles sur Taulei de Saint- 
Erasme. Dès ce moment la chai^elle fut 
placée sous l'invocation de saint Gimer et la 
châsse y fut déposée^ elle a été fondue en 
1793; mais les reliques ont été recueillies 
et sont encore l'objet de la vénération des 
fidèles dans l'égliscî Saint-Nazaire. La tradi- 
tion raconte que l'évoque Gimer était ori- 
ginaire de Carcassonne, et que sa maison 
paternelle était dans le faubourg de la Bar- 



bacane, sur le lieu môme oîi a été élevée 
l'église qui lui est dédiée. 

On peut voir dans celte chapelle l'épita- 
phe (le Gérard de Vie, auteur do la Chronique 
des évoques de Carcassonne, et celle de l'é- 
voque de Grignan. On y reniaraue aussi un 
bas-relief qui représente une scène tragique 
du siège de Carcassonne en 12i0. 11 est du 
plus haut intérêt pour l'étude des armes et 
de l'art militaire» h cette époque. On le trouve 
cité dans h^s Instructions sur l'architecture 
militaire, rédig(''es par ordre du gouverne- 
ment (page 1(5). Nous l'avons fait placer, le 
7 octobre ISVV, dans la chapelle Saint-Lau- 
rent. II (tait auparavant employé comme re- 
vôtom.^'it , an bis d'un mur , dans une 
des parties les i lus obscures et les plus 
humides do Tégiise. 

CbaprUe de Notre-Dame de Ronoe Nouvelle, aujoord'hnl 

It^sfoois l>ap:is iiaux. 

Cette chapelle est dans h; style ogival croi- 
selé. On voit encastrée dans le mur voisin 
du côté de l'est la partie antérieure d'un 
sarcophage des premiers siècles, quo nous 
avoiïs trouvé an bas de la tour du clocher, 
au-dessous de la première marche de l'es- 
calier. 

Les vitraux de Saint-Nazarre méritent une 
mention particulière : les uns sont du xiv* 
siocle, les autres du xvi'. Aucune éslise du 
raidi de la France n'otfre d'aussi belles ver- 
rières. Nous signalerons : 1" celle de la cha- 
nelle Notre-Dame, où l'on voit représenté 
le jugement dernier et l'arbre de Jessé sur 
lequel on peut lire les mots <:e Roboam, Ezé- 
duel, etc. ; 2" la première verrière de l'abside 
du côté gaucho, où l'on voit représentés, 
dans une série de médaillons à fond bleu, 
la décollation de saint Paul, le crucifiement 
de saint Pierre et d'autres actes de leur vie; 
S'* la première verrière du côté droit de 
l'abside, où sont représentés la vie de saint 
Nazaire et celle de saint Ceisc; 4" la verrière 
de la chaf)elle Sainte-Croix, qui représente 
l'ancienne loi et la nouvelle, ou les textes de 
l'Ancien Testament rapprochés de l'Kvan- 
gile. On ne connaît pas de verrière qui offre 
un aussi grand nombre de lettres ; cest une 
page de verre unique en son genre. Nous 
avons déjh parlé des verrières de la chapelle 
de Saint-Vincent. 

Toute la partie ogivale de Saint-Nazaire 
est généralement regardée comme un des 
plus beaux modèles des constructions reli- 
gieuses du xiV siècle. Le caractère saillant 
et le type architectur/d offerts par cette 
église ont iixé sur elle l'attention particulière 
du gouvernement. Le 20 novembre 18W, en 
(jualité d'inspecteur des monuments hislori- 
qu»?s, nous avons adressé une monographie 
complète de Saint-Nazaire^'à M. le ministre 
de Tintérieur, en signalant cet édifice comme 
unique en son genre dans le midi de la 
France. Cet envoi était accompagné d'un 
ra[)port, dans lequel nous signalions le dé- 
plorable état du monument. Quelques allo- 
cations de fonds permirent alors de faire des 
réparations urgentes. Sur de nouveaux rap- 
ports le ministre de l'intérieur confia, en 



îii 



CÂB 



DICTlONiNAIRE 



CAR 



Mi 



• 

184^ , h M. Viollet-Leauc, architecte du 
gouvernemeni , la restauralion de Téglise 
Sainl-Nazaire : le chevet a été déjh en grande 
partie rétabli dans son état primitif; une 
somme de cent mille francs environ a été 
dépensée à cet objet. I/enlière restauration 
de ce monuraeni no s'élèvera pas à moins de 
quatre cent mille francs. C'est le budget des 
monuments historiques qui fournit à cette 
belle entreprise ; mais la commune de Car- 
cassonne, jalouse de posséder un édifice 
aussi remarquable, y contribue annuelle- 
ment autant que le permettent les ressources 
locales. 

La chapelle et le tomtieeo de Radolph. 

Pendant que nous préparions la monoera- 
phie deTéglise Saint-Nazaire, et que cna- 
cune des parties de ce monument devenait 
pour nous l'objet d'un examen particulier, 
nous reconnûmes qu'un édifice conligu, dé- 
signé sous le nom de Petite-Sacristie ou 
sacristie des Fériés avait subi des change- 
ments notables depuis sa conslruclion. Nous* 
jugeâmes alors convenable de faire Ojiérer 
quelques fouilles ; elles furent commencées 
le 18 juin 1839, et le même jour nous signa- 
lions à l'autorité une importante découverte 
pour l'étude de l'art chrétien au moyen 
âge. 

La chapelle Radulph forme à elle seule 
comme une petite église distincte ; elle a 
été bâtie avant le chevet actuel de Saint-Na- 
zaire auquel elte est contigîië. Sa longueur 
est de 13 mètres 50 c., sa largeur est de 5 
mètres 10 c. , les voûtes et les murs sont 
construits on grès calcaire, d'appareil rt^gu- 
lier. Le haut de la chapelle est en forme 
d'abside , laquelle est placée du côté du 
levant, et otlre une particularité remar- 
quable : c'est une fontaine ornée d'un mas- 
caron, qui coulait dans une auge de pierre. 

La chapelle date du xiii' siècle ainsi que 
le tombeau de l'évAque Radulph. On y voit 
l'évoque debout avec ses habits pontili(*aux, 
qui ditfèrent beaucoup de ceux qui sont en 
usage aujourd'hui; le manipule est très- 
étroit, la chasuble n'ost pas échancrée et se 
replie sur les bras ; Tétole , qui tombe jus- 
qu'aux pieds, est aussi étroite que le mani- 
pule ; révoque tient dans la main la crosse 
pastorale ornée d'une espèce de bandelette, 
il lient l'autre main à moitié ouverte, comme 
pour donner la bénédiction épiscopale. 

La statue se dresse sur une corniche élé^ 

gmtequi sert de couvercle h un sarcophage. 
n y voit de> feuilles (le chêne avec leurs 
glands, des feuilles de vigne avec leurs grap* 
pes, qui s'enruulent et s'entrelacent avec 
divers autres ornements ; sous la feuillêe» 
unchien esti» la j/bursuite d'un lièvre. Tous 
ces détails sont du meilleur goût. Au-des^- 
sous de la corniche on lit, sur trois lignes 
l'inscription suivante : 

f Tilulus inonunicnti venerabilis palris Gnillel- 
lui Radiilplii Dei gratia carcassoiiensis episcopi 
qui praesentein capell 
na constru&il et in ea sacerdolem instilult se- 



xxT el 



dit aulem in episcopalu annis xi 

deficieiis 

obiii iii senecluie ooua et roîsericordfa aberi 

anno doniini mcclxvi. vi feria kal. oclob. hora 

vespcrlina. 

La Chronique des évéques de Carcassofun 
nous apprend que Radulph avait construit 
une cha;;elle pour l'usage dr l'inûrmeriit del 
chanoines qui vivaient alors sous la rè^ 
de Saint-Augustin ; mais l'auteur de la CÀr#- 
nique i^orait quelle était cette chai^elle, 
L'inscription nous donne cette indicaliofL 
et nous apprend 'en outre que ce monamev 
est le tombeau du fondateur de la chapeljai 
et qu'il est mort en 1266, et non en tML 
comme l'ont supposé les auteurs dunouT^ 
Gailia christiana. 

Au-dessous de l'inscription est un sarefr 
phage oui représente une église , el im 
cloître lormé de douze arcades trîlobéeif 
Sous ces orcades sont sculptés des cbnnoiaii 
avec la chemise romaine, la tète rasée il 
portant l'aumusse. A l'arc du milieu on wH 
Radulph étendu mort, ayant autour de M 
l'évoque, les prêtres et les acolytes qui fiîal 
l'absoute ; l'flme de Radulph est portée &^ 
ciel par des anges. Ce monument de pîenf 
est d'une admirable conservation, qoT nf 
s'explique que parce qu'il est demeuré eun 
foui pendant un très-long espace de tempd 
Nous croyons que le comblement de la coif 
pelle date au moins de trois siècles. N 
avons exposé les motifs de notre opi 
dans la notice sur la chanelle et le tom 
de l'évèque Radulph, publiée en IMO. 

Le mérite de l'objet en lui-même n*a4 ''■ 
pas moins remarquable que sa conserfatia^ ] 
Les slntuos n'onr pas cette raideur et ecîii 
immobilité qui rendent di^Tormes les sei|f ^ 
plures du xiii* siècle : on y trouve du dopi 
sin, du mouvement et même une cerUMi 

?;râce. Les costumes religieux du temps dp,^ 
rent un sujet fécond d'études liturgiquMii 
Les personnages sont représentés presqJM* 
en ronde-bosse, la grande statue de I évéqil 
est seule d'un relief moindre. Il existe uni 
grande variété dans l'ornementation de l'fc 
glise figurée sur le sarcophage. Aucune d^ 
roses qui sont entre les petites eties grande 
ogives n*est l'imitation d'une autre ; tantt 
c'est un quatre-feuilles, tantôt un trèfle» m 
c'est une figure triangulaire, là une esfièai 
d'étoile, puis des entrelacs; mais tout vi 
fouillé avec la même patience et la mèqi| 
habileté. Les piliers sont tout à faitensailliéi 
ceui qui forment les angles sont même d$ 
tachés et ne tiennent au corps du monumeflit 
que par leurs socles et leurs chapiteaiUU 
Les caractères de l'inscription sont d'uQ| 
rare élégance et présentent une arête vivai 
qui témoigne de leur rare consenratioil* 
Toutes les parties de ce monument sodt 
traitées avec une si grande délicatesse qu'od^ 
n'exagère nas son mérite en le plaçant aK 
rang diis [)ius précieux morceaux que nom 
ait légués le moyen âge. 




CASL 

TILLE-BTASSB. 

M^numentê religieux. 



ITEMeftAPHIË 



CAH 



«U 



t Louis, en autorisant lea habitants 
liés d*hérésie à construire la Ville- 
leur avait imposé l'obligation de re- 
certaines églises qui faisaient partie 
ciens faubourgs ; ils se conformèrent 
lijoDelions, et de plus ils fondèrent 
Mpelles ou églises qui furent placées 
kDYOcation de saint Michel et de saint 
iC, en mémoire de celles qui existaient 
A anciens faubourgs ; elles furent mè- 
cées l'une au sud et Tautre au nord, 
-dire dans la position respective 
s occupaient autrefois. Lors(]ue le 
aU Ville-Basse fut tracé, la rue Mage, 
dln la Grand*R:ie, divisait la ville en 
aôriies. LVglisc dédiée à saint Michel 
eée au point central entre cette me 
ileau oQ est aujourd'hui situé le oi- 
s du Sud ; Péglise dédiée à saint Vin- 
t aussi placée à un point à peu prds 
, entre la rue Mage et le coteau de 
le. Mais lorsqu'on 1355 Tenceinte 4o 
) dut être réduite» la moitié de la 
1 cOté du nord étant d'une largeur 
•e que celle du midi, J'église Saint- 
t dut être comprise dans l'intérieur 
Ule, tandis que l'église S;iint-Michel 
Tant sur les limites de l'encelntè, son 
1 sod devint une partie de la fortifka* 
es deux églises demeurèrent debout 
ieu de la destruoliou générale de la 
asse, qui eut lieu en 1335. Avant les 
lions laites dans le cours du xviii* 
on y distinguait encore sur les mu- 
les traces de l'incendie allumé par le 
de Galles. Saint^Michel et Saint-Vin- 
ant regardées pendant les premiers 
comme les églises des anciens fau- 
I le chapitre de Saint-Nazaire les fai- 
sseftrir (»ar un prêtre qu*ll désignait. 
I9 là reine Marie d'Ai\|0Q, k s^on pas- 
Carcassoune, fit instituer à Sdint-Mi- 
I vicaire peri^élttel qui prit plus tard 
1 de curé« Quelques années après 
I Saint-Vincent obtint la même ftt^ 

L*églti€ Sainf-ntteM. 

ise Saint-Mfchet est fbmiée d^e 
itre les contfè^erft^ Ont été j>lacées 
1rs chapelles qui se trouvent aiAsi 
9 raturellement au nord et au sud; 
) est gracieuse et les arcs de la nef 
iDl de légères ogives ; au fond de la 
nie une rose ornée de vitraux do 
rs. Les deux princioales portes ont 
Kjuées : l'une, celle du côté du nord, 
massif de maçonnerie auquel est at- 
actuellenie?U la chaire à prêcher; 
parla cha[:elle du fond de réglise, 
e forme une espèce de norche. Ces 
ortes sont postérieures à la construc- 
îmitive; ca:-, sans parler des restau- 
Ciites sans inte'Iigeuce, et qui sont 
up plus modernes, Tégiise a été ornée 
lupart des sculptures (ju^oa y remar* 



que pendant It xv* et le xvi* siècio. Au 
nombre des morceaux de sculpture moderne, 
on doit cependant citer le tabernacle, en 
marbre blanc, qui représente le^groupe allé-* 
^orique des quatre évangélistes, placé au- 
jourd'hui sur 10 maitre-autel. 

Lors du rétablissement du culte en France, 
le cardinal légal Caprara, dans la bulle d*ins- 
titution canonique , prescrivit entre autres 
objets au nouvel évoque de Carcossoiuie de 
rétablir la cathédrale et le chapitre de so^i 
diocèse. Le 18mai 1803, M. do Laporto rendit 
une ordonnance par l.tquelle il statuait (|ue la 
cathédrale serait provisoirement placées dans 
l'église Saint -Michel do la Ville-Basse. 
Le iDêioe jour le nouveau chapitre y fut 
installé. Le saint-siége approuva l'ordon- 
nanoe épiscopale du 18 mai 1803; dès lors, 
comme on serait (enté de le croire, la cathé- 
drale du diocèse de Carcassoune n'a pas 
cessé d*être sous l'invocation de Sainl-Na* 
zaire el de Saint-Celse, mais l'ancienne ba- 
silique qui porte ce nom n'est |)lus le siège 
des cérémonies capitulaires. 

Dn incendie ajant, le 6 novembre 1849, 
considérablemeot détérioré le chœur de Té- 
giisf Saini^Mtchel, on songe non-seulement 
è réparer les ravages du feu, mais à restau- 
rer et à agraïKlir ce monument. 

V église et la tour de Saint-Vincent. — La 
pierre du méridien. 

L'église Saint-Vincent a une forme ana 0- 
gue à celle de Saint^Mkhel, mais la nef est 
pluâ vèsie^ elle mérite d'être remarquée à 
cause de sa belle largeur. Cet éditice devait 
avoir \^b plus grand nombre de travées; la 
réduction du projet dans sa longueur a don- 
né iin aspect a'ampteur aux arcs dé la voûte, 
qui f)o seraft pas aussi firappaat si l'édiâce 
eût été aehevé. 

La grande porte de l'église date du xv* 
sièek»« celle du sud et celle du nord ont été 
bfllies dans le cours du xiv* siècle ; les par- 
ties intérieures de ces deux dernières portes 
sont du yY'. On lit è la porte du sud, sur le 
mur latéral de l'ouest, l'inscription suivante, 
en catactères gothiques : 

iencdioiwii sît nomeii Donnai Nostri i>ei Jesu 
Ghrisii el ssndsi Virginis Matris €jui. Amen. 
Hic est taiDuIus Bariholomei Eudrardi et Guil- 
lelmi Eudrardi fraUiim noiarlorum Carcassonen- 
sium quorum anioiae per Dei mibcricordiam re- 
quiescaut in pace. Amen. 

Les panneaux élevés des vitraux de l'abside 
datent de la fln du xv* siècle ; on y distingue 
encore quelques caractères : sur les ver- 
rières qui sont au côté gauche de l'église, 
on lit quelques passages du symbole des 
apôtres ; sur celle de la partie droite on voit 
les noms des personnages qui y sont repré- 
sentés. II est à regietter que ces verrières 
aient subi de nombreux remaniements et dj 
plus nombreuses réparations : ainsi l'écu 
de la famille de l'Rstang et d'autres écus ont 
été re[»lacéssur les verrières, sans discerne- 
ment, longtemps après leur exécution pri-> 
mitive 



SIS 



CAR 



DlCTfONNAIRE 



La tour qui ser.1 de clocher à l'église Saint- 
Vincent n'est pas terminée ; elle est élégante 
et hardie ; si elle eût été continuée avec les 
proportions indiquées par sa base, elle aurait 
atteint une nauteur remarquable. Elle mé- 
rite aussi d'être citée à cause des iùapor- 
tantes observations géodésiques«qui y ont 
été faites. En 17W, Cassini y vérifiait ses 
calculs sur la mesure de la terre ; en 1760, 
ses fils y poursuivirent une épreuve de ce 
beau travail, dans le but de composer la 
grande carte de France, qui porte encore leur 
nom. A la fin du xvm* siècle, Méchain et 
Delambre se «servirent de ce point pour cal- 
culer larcdu méridien de Paris, d'où a été 
tinée l'unité de mesure qui a servi de base 
à notre système métrique. 

Le passage de la ligne méridienne fut alors 
fixé à 570 toises, ou 1111 mètres ouest de la 
tour Saint-Vincent. A cette occasion et sur 
ce point, voisin du pont d'iéna, a été placée 
une pierre monumentale, sur laquelle est 
gravée la direction du méridien, et cellade 
la perpendiculaire, qui part de la tour de 
Sairtt-Vincent. Il est à remarquer que la 
pierre du méridieil est à une distance de 
l'observatoire de Paris, égale à la 6*' partie 
de la circonférence de la terre. 

CARPENTRAS, département de Vauciose, 
en France. 

Epitaphe du cardinal Sadolet. 

D. 0. M. 

lacobo Sadoicto Episcopo Garpentoractis S. R. 
E. Presbytère Gardioali, Yiro morum graui- 
tate, prudeniiâ, et vîlae integritate praeslantis- 
simo, doctrina et eloquentia com ijs quos roi- 
rata est antiquitascoroparando.PanlusSadoletas 
Episcopus Garpentoractis et GamlUus Sadoletus 
Fratrum fliij mœstissimi mullis cum lacrymis 
Patruo B. M. pro tempore posaenint. Yixit 
année 70. roenses. 3. dies 6. 

(Labbe, Thés, Epitaph.^ p. 528.) 

CARTHAGE, en Afrique, près de Tunis.' 

L . 

Dans les Thermes Gargiliens, construits par 
Thransmundf roi des Vandales. 

Tranquille nymphje decurrite fluminis orta. 

Hic proba flagrant! succedit vimine flebo 

Rudibus excelsis ubi nunc fasUgia surgant, 

Aequaniurque polo tectis prsecelsa lavacra 

Sedibus bic magnis exardent marmora signis, . 

Ardua sublimes praevincunt culmina thermse 

Muneraque eximius tanli dat luminis auctor 

Uni conlinuse pr^noscens pnemia faroae. 

Non hic flamnia nocebo. Tandem discite carmen, 

Discile vcl quaiila vivat sub gurgile lympha. 

VaniJalicum liic rénovai clarum de scmine nomen, 

Subcujus liiulo merilis stal grulia facli. 

(Cardinal Mai, 3*j0, 2 ; Blrmann, i4n- 
thoLy t. I, {). /*79. — Il donne au vers 
1" Lumine-Pliœbi et vers 9. nocet Tan-^ 
(ummodo..,) 



eu 
IL 



Bains de Hilderic^ roi des Vandalei, 

Hildrici régis fulget mirtbile factam 
Ârie opère ingénie divitiis pretio. 

Hinc radios sol ipse capit quos huic dare p< 
Altéra marmoribus crediiur esse dies. 

Hic sine nube solum, nix jimcla et sparsa 

Dum steteris, credas mergere posse pedei 

{Cardinal Maï, 352, 1 ; Burxann« A 
t. I, p. 476.) 
Voy. Tunis. 

CARTHAGÈNE, en Espagne. 

Carthagenœ. 

t Quiquis ardua turrium miraris calmina 
vestibulumq. urbis duplici porta firmatun 
dextra levaq. binos positos arcos 
quib. saper imponitur caméra curia com 
Gomitiolus sic haec fieri iussit patrictiis 
i!)issus a Mauricio aug. contra hoste bail 
magnus virtuie magister mil. Spaniae. 
Sic semper Spania tali reclore laeietur 
dum poli rotantur dumq. sol circuit orbe 
Ann. YllI. aug. ind. YHI. (1) 

[Cardinal Maï, ( 

GARTAMA, en Andalousie; royai 
Grenade, près de Malaga, en ^pagiM 

D. N. 

Magno 

Decentio 

imp. nostro 

piissimo 

florentis- 

simo Gae- 

sari. 

[Cardinal Haï, 257, 5 ; Hurat, S 
Masdbu, Hist. Éisp.f t. II, p 
pag. 332.) 

CASATORRES en Espagne. 

Chapelle de Casatorres de la Garrige i 
tido de Granotters [Catalogne.] 

iDsrripUoa de Tan 945. 

Hic requiesci t bone memorie Gbiiiloni Dec < 
fllia Wifredi comitis, dimittat ei Deus à 
Quse obiit vin kalendas Martis, era dccccli 
Anne domini dccccxlv anno vini régnante 
dovico rege. 

(BOFARULU, 

Le Roi Louis dont il est question est 
d'Outremer, roi de France, n^onté sur 1( 
en 936 : par conséquent Tan 9^5 est I 
neuvième année de son règne. 

Lcre sans autre désignation est Ter 

(l) Floresils il s., t. V, p. 75. In aliis 
erai porticos non posilost in-4* curba non cm 
inilioii uienlio fit in ciiaria, sive capitula 
tribuiiur S. Gregorio M. ad Joh. defensoren 



M7 

fègBÊ iBtérieare de trente-huit ans à Tère 
chrétienne. 

IMém. de la Soe. arehéol. du Midi, t. IV, 
p. 274.) 
CASERTA, au royaume de Naples. 

I. 

Farius Âudentius 

Aiiiiianus v. c. 

camp. cons. 

fieri curavit. 

(Cardinal Haï, 336, 2.) 



II. 



Pierre trouvée à Naplee chez M. Daniel. 

m 

f Hoc opus bel 
ascensam 
qoam cerni 
lis Joli. diac. et 
Georgius raagister 
fecît. 

{Cardinal Mai, 354, 3.) 

CASTEL ou Castello SANT 'AGATHA 

èos les Etats-Pontiûcaux. 

Au cimetière. 

D. 0. M. 

coUegiatam hanc aDtiipissimam 

Bb., el RmT8 DD. Prosper card. archiep. de 

Lambertinis 

Palrke, et orbis Ivmen eximivm 

personali visitatione 

Atq. lolemni confirmationis, et ordinig administrât» 

insigoivit 

anDO domini miAiouxii. 

qTO tenopore 

iDTro hoc circvmqvaqfo constnrcto 

'colvinnam istam svis STinptibTS erigi 

leq. Tt Tnivs e vetystîs titvlis possessorem 

S. Agathe canonicTm inscribi volvit 

tanti principis 

mmificentiam pielaiem hvinilitatem 

' irmma cvm sapientia ac dignitaie coni?nctas 

aeterno scvipi cvravii in silice 

ffierooymvs de Ferris sac. ibeol. docl. Bonooien. 

archipraesbyier, el vie. for. 

(Gallbtti, Inscript. Bon,, p. 191.) 

CàSTEL-FRANCO, dans les £tats-Pontifi- 
cmx. 

A VEgliee de Saint-Joseph. 

D. 0. M. 

Bénédicte XIY. 

qyod nonnvllis confratribas 

aniio ivbilaei mdccl. 

Romani profeclis 

corpYS S. Prosperi ma ni ris 

hic condiivm donc dederit 

confrateriiilas vniversu in ;elernym 

grali aninii uionvmenivin p. 

GAusTTi, Inscriptiones Bonon»f p. 192.) 



0*EPIGRATHIE. CAS fM 

CASTEL-GANDOLFO, Etats-Pontificaux. 
Eglise Saint-Antoine. 

D. 0. M. 

Bcnediclo XIV, pontifie! maxime 

BonoDÎae archiepiscopo 

qvod 

hanc archipresbiteralem ecclesiam 

preliosa STpelleclîli 

îndTlgeniiis in perpetwm concessis 

sanclorvin reliqviis 

insigni mvnificcmia dilaverit 

Sigismvndvs Malvelivs 

Gastri Gvelfi ninrchio 

loannes losepn Zanini S. T. D. archipresbiter 

et parochiani 

posvenrnt 

idib. novemb. anno Sal. mdccxlviii. 

(Galletti, p. 193.) 

CASTEL SAN PIETRO, Etals-Pontiflcaux. 
Chapelle de Sainte-Marie du Rosaire. 

A droite. 

Bénédicte XIV. P. 0. M. 
qyi xu kalendas octobris» anni 

IIINICIL. 

SSi. Rosarii Casul S. Pétri sodalilîTm, 

amplissimo archicoatratemitatis honore decoravit ; 

oronesqve cIyb institvta observantes sodaiitates, 

sibi ipsi aggregare posse, 

insigni adeo benignitate concessit ; 

Lavrentivs Grafli, ac conivx Maria Catharina Cappi, 

eîarsdem praefectvram gerentes, 

in perenne grati animi argvmentvm, 

P. P. 

A gauche. 

Benedicti XIV. P. 0. M. 

mvnificentissimœ liberalitati, 

qvod VI. idvs ivlii, anni 

MDCCLVI. 

archiconfra terni lali SSi. Rosarii Gastris. Pétri, 

vexillvni vvlgo confalone nvncvpatvm, 

perpetvo in svpplicatioiiibvs déferre indvlserit, 

nec non id vnqvam prohiberi posse sanciverit; 

Lavrenlivs Grafli, pnefecti mvnere fvngens, 

seiernvm velvt graliarvm actionis 

monvmentvm, 

P. C. 



CASTILLO-DE-BA/NELA, bourg de la 
nouvelle Castille, en Espagne. 

f In nomine Dni. I^ocuberacsi indignas 
abba (ecit, et duos coros ic cons- 
tnixii, et sacrale suni scoruni 
Di eglesiae pridie idus ma xxviiii 
quarto regiio gloriosi dni. noslri Egicani. 

{Cardinal ^Wi, p. 163. noy. plor., ann. 
1753, p. 76.) 



Il 

Stptième siècle (après 675). — Anciennement 
sur le portail de Iranienne église de Saint- 
Benoit^ remplacé par un autre après 1317. 

Fausiinus lapsis a Mauri morte decem octo 

Lusiris ; bas sanclo benedicto dedical arns 

Impensisque suis loia e»! structura peracla, 

Aptaïaque suis humeris de more cucuUa 

Relligiouis amans cellis se devovet istis, 

Atque âblMs faclus mira pietate refuisit 

On Ht dans le Gallia Christiana (sic): 
« Paustinus abt>as G^strensis basilicam ma 
gnis eitruiit suoiptibus. » 
Saint Maur mourut en 585. 
(Mém, delà Soc. archéol. du Midi. t. IV, 
p. 264.) 

III. 

698. — Dans les ruines de V abbaye. 

Hic dormit in domino Celruinus, episcopus Al- 

biensis , quondam abbas Caslreusis , legatus 

episcopi Garcassonensis in concilio Toietano. 

Morituriethali morbo, m cal. junii annoDcicvuL 

(Gallia Christiana: Mém. de la Soc. ùr- 
çhéol. du Midi, t. IV. p. 265.) 

IV. 

Huitième siècle^ -rr- 4utrefois à la cathédrale 

ilic tumulatur prtn«ep9 Beru nepos Addonis ré- 
gis barchiiioneiisis, qui liorlationibus fratris 
Uelisacbar prions moiiaslerii de Casiris faisam 
deposoit religtonem et veram suscepit uno et 
eodem die bapiizatur moriiur et vivit in i£ler- 
num^ Anno imarnati verbi octingenie&imo idus 
Septembris 

(Voyage littéraire de deux Bénid). 

On dit que ce roi Addo et Beru son neveu 
étaient maures, et qu'étant venus, en 800 ,à 
Narbonne, ils y furent arrôlés, conduits à 
Castres et enfermés «iaiib la grosse tour de 
l'abbaye» appelée Ueraclia, où Beru mourut 



1252. 



Mt CAS OICTIONNAIIIS 

CASTRES» €léparteineat duTarn, en France. 

I. 

Sur le fronton de la grand'porte de Véglise 
Saint-Benoit. 

Faustinus lapsis a Mauri morte decem octo 

Lustris, bas sanclo Benedicto dedicat aras. 

Impensisque suis toi a est siniclura peracta : 

Aptavitque snis hiufieris de more ciicullam. 

Religionis amans eeilis se devovei istis, 

Atque abbas factus mira pietate refuisit. 

(Cardinal Mai, 120, 4- ; le cointe, Annal, 
francor.j t. ïll, p. 703; baluze, 5pt- 
ci7., p. 338; Mabillon, ActaS. Bened.^ 

t. I, |). XX.1II.) 

Le cardinal Mai pense que les vers ne sont 
pas aussi anciens qu'on Ta cru jusqu'ici; le 
savant éditeur ne les croit pas antérieurs 
au XII' siècle. 



dans les ti^is mois qui sirivirent Imt eapiit 
sonnement. Cette épitaphe parait «uaptili 
aux historiens du Languedoc. 

{Mém. de la Soc. archéol. du Midi, t. IL 
p. 209.) 



Aux Cordeliers oA cé tombeau fui Um 
truiten 1567. 



lîfçliw Saint-François. 
Armoise de Lanirec recluse 
De Saix dans cy caveau ot cluse 
YeuiHant le paradis aquerre 
A tois bobauts Hst aspre guerre 
Isabelie de Paris dainei 
Sur qui plore ma bien ùmAt 
Le monument en volter it 
de pardieu a tos vqa dis 
Que disiez ly de profundii 
L'an mil deui cens quarante et dix 
Armoise absconsa faits et dits : 
Dieu veuille enberguer li délits 
Et partier li paradis. 

Isabella illustrSssima soror Lodovid 
Francorum rcgis, suis impensis boc fecît 
Dumenium in pignus amoris erga Armoisefli de 
Lautrec anno domini 1252. 

Isabelle, sœur de saint LouiSfdont iljMtid 
uestion, mourut en i269 au monastère de 
Longchamp qu'elle avait fondé. 

(Mém. de la Soc. archéol. du Midi, \.% 
p. 228.) 

VI. 

1269.— Espital viel (Hépital Saint^acqm). 

Anno incarnacionis domini uccLiviiii bie reqoh 

escit corpus Pétri Derl qui hedîftcavîl tl con- 

stnixit isiud hospiiale ad honorea Dei e| knie 

Marie matris cjus et beali Jacobi K^mtiçfu 

Retrouvée en 1839 et portée au llûsée de 
Toulouse. 

(Mém. de la Soc. archéoL du Mliif t; % ] 
p. 210.) 

VII. 

Vers 1368. — Eglise Saint-^BeUpU. 

Ego Stephanus de '^Abavo, bwnHis ecefcM 
Gastrensis episcopus, boc conditas iumalo dth 
dormio In Domino. Scio qaod Cbristos a mor* 
tuis resurrexit, et cfedo q«od et resurrecturos 
sum in novissimo tfie; hane (sic) docui vivendo 
et mortuus banc ij^nt ^fttear. 

(Mém. de h Soc. archéoL du Midi. t. 0^ 

p. 264.) 

VIII. 
1382. 

Ego Martinus presbiter et disoipiilus. 
rendi ia Gbristo patrie Siepliaal oepiteépi 



i 



G4T 



DWGfUPHVk. 



m 



et fjfiê oonoessione hviic tninuluni 

B0pi el kic expeeio in pace resuiTectkNieoi, 

M «01:0.11» cal. aag. 

1 1366» il s*é1eya à Castres une hérésie * 
bopup dVcclésiastiques suivaient la doo; 
t aes Sadducéens, niant la résurrection 
fésus-Cbrist. C'est ce qui explique les 
^ioDS de foi cootenues dans ces Epi* 



tMAn. de la Soc. arebéol. du Midi, t. II 
p. 867.) 

IX. 

1 lit oans tes Annahê de Toulouse , par 
n. i. 11, p. 187 : 

) Sèint homme Allaripa, Hauierive^ mou- 
kCasIfts, d'où il était natif, et fut enterré 
Véi^iH des CurdelierSy où est cette épi- 

OfidieMi Aliaripa, prêlre recommandable 
rats homiliié, et pour le don de prophétie. 
HMnit le i5 mai dé Tao m.ccc.lxiix, âgé 
ans. Pries Dieu pour lui. 



I 1630 et 1633, Alphonse d'Elbène, évA-' 
d*AU)i , faisant démolir , par ordre du 
le9 fortiOcations de la ville de Castres , 
«▼I ii celte inscription, qu'on a conservée' 
ainsi : 



M. CCC. XXXVI. 

je faisois mes prières devant P Autel ^ 
< fÊfosetU les Reliques du bienheureux S, Vim* 
ws^je vis «s Lisre de Prophétie^ a» était écrit : 
due» Frère Jeaa, dans deux cents ans d'ici 
Mkilc ReligioQ de tes pères commencera k 
Irç profanée dans Castres. 11 s'élcvera des faux 
raphéies, qui n*annonceroni rien moins que la 
lî^ On ne verra alors (|ue guerres et brîganda- 
■1 fieste et famine ; les lonibeaui seront vio- 
aB^HMaements et ceux de les pères seront 
Wfknéè ; les Maisons de S. Dominique et de 
» françois de la ville de Castres seront sept 
es rainées, et six fois rebâties avant la con- 
nmation du siècle. Après cela, douleur, gé- 
lÎKemeus, oppressions des peuples, et désola* 
OD extrême* 
lATANEy en Sicile. 

I. 

Vonaslire Saini-Nicalas. 

Domioœ noslr» Flavin (sie^ 

Elene pisim» aug. gean- 

atrici D. N. Coiistanlini ma* 

ximi victori cfemeniisi- 

mi S. F. N. R. 

fford. Mai, 238, 1; /lucr. SicU.. p. 36.) 



tl. 



Pierre trouvée m 1769 
. . . Vernanlibus 

Httqriis DOD. NNN« 



genio splendid» nr- 

Biscatinaî 
Facundus Por fyrius 

Mimaliilius V. C. 

Cons. ejus dem. 

(NoT. Plor., a. 1770, p. 508'; Cardinal 
M AÏ, 337, 8.) 

CENTO, dans les Etats-PontiQcaux. 

I. 
Eglise de Sainl-Blaise. 

A droite. 

Bénédicte XIV. 
Svnnio christianâB legis Aatlaltll 

quod 
âran maxlmam eleganli talrvle 

omaverit, 

cberi svbeeliis pvicre refectis 

psallentium commode 

consvlverit 

coll. can. pont, mvnificentisi. 

P- 
Anne C]3i3GGXLrv. 

II. 

A gaodie. 

Bénédicte IIV. Pont. Max. 

qnod 

ad apostolicae maieslatis fastiginm 

nondvm provectvs 

in metropoli tanne Bonon. eccleafai 

procvratione 

sacram hanc aedem respexerlt 

vetvstate fatiscentem 

a rvîna vîndicaverit 

in hanc elegantlam 

restitverit 

coll. canon, principi beneâceatlas 

P. 

AUUO CIDI3CCXUV. 

III. 

Au palais arehiépiscopcU^ 

D. 0. M. 
Bçnedfctvs XIV. P. M. Bononiae arcbiepiscopti 

has aedes carceres horea promptvarla, 

coeieraqve adiacentia hvic archieptscefatt denvl 

vttlia, atqve necesstria 

sd vsvm, et commodvm eîvsdeM 

pecvliaribvB expensis provida liberalîtate 

adivnxit 

Philippvs M. de . Alazzis 1. V. D« 

RR. mensse, et SS. Pont, primarivs miniater 

talem^ac tantam Svmmi Pontifids 

mvnificentiam testatam volvit 

anno domini mdccxxxxv. 



88S 



GER 



DICTIONNAIRB 



CER 



IV 

AU palais public, 

Aa bas du buste du Pape. 

Benediclo XIV. 

Pontiûci Maximo patri optimo 

benefactori mviiificeDlissimo 

centenses. 
(Galetti, Inscrip. Bonon.j p. 201.) 

CEPHALONIE, île de TArchipel. 

On trouve encore en divers endroits de 
]*tle ainsi que dans l'Ile de Naxos, des armes 
des Tocco délie Onde, comtes de Céphalonie 
et de Leucade. L'écu est traversé de quatre 
rangées d*ondes. Au bas on lit : Si qua fata 
sinani, 

CEPRANO , bourg des Etats-Poatiûcaux, 
au sud-est de Frosinone. 

Eglise de Sainte-Marie-Majeure. 
le celuiii terris lunguniur et ima superiiis, 
Nexo reiaxantar; ic et non nexa ligantur 

(Cardinal Mai, p. 19.) 

CERCAMPS (abbaye de), en Artois, dé- 
partement du Pas-de-Calais, en France. 

M. d'Héricourt a signalé l'existence d'un 
recueil manuscrit d'épi laphes de cet an- 
cien monastère, dans une lettre adressée 
à M. le ministre de Tlnstruction publi- 

3ue, que nous reproduisons. Le recueil 
'épilaphcs a été dressé par un religieux 
de Cercamps, nommé Laderrière ; la ïellre 
de M. d'Héricourt a été publiée dans le 
Bulletin des comités novembre-décembre 
1850, p. 26^. 

« Dans diffi^rentes instructions adressées à 
vos correspondants, vous leur avez recom- 
mandé de ne point négliger les noms d'ar- 
tistes qu'ils pourraient découvrir, soit sur 
les monuments qu'ils ont élevés, soit dans 
les comptes des argentiers, soit dans toute 
autre source authentique. Vous avez couj- 
plété cette pensée, en confiant à M. le secré- 
taire du comité des arts et monuments le 
soin de coordonner les divers documents 
qui vous étaient adressés et d'en faire un 
travail dont i! est facile de juger l'impor- 
tance. J'aurai l'honneur très-prochaine- 
ment de vous adresser une liste complète 
des maîtres es-œuvres et artistes produits par 
la ville d'Arras, et sur lesquels il existe des 
documents dans les archives municipales 
de cette ville. Il y avait à Arras quatre 
magistrats inférieurs, qui prenaient le titre 
de commis aux ouvrages, et qui étaient 
chargés de la surveillance des divers tra- 
vaux entrepris au compte de la ville. Les 
registres sur lesquels ils inscrivaient leurs 
dépenses existent encore, et c'est le résultat 
de mes recherches que j'aurai l'honneur de 
vous adresser très-prochainement. 

« Aujourd'hui je me contenterai de vous 
signaler une note ajoutée à un Mémorial de 
l^ercamps, de laquuileilrésulteque,lel6mai 
1682, le clocher do Tabba ve a esté achevé de 
monter et fait par M' Michel Caulier^ duvillage 
deSartf et le 22' dudit mois dom Pierre UattCy 



sous-prieur de Cercamps^ a béni la c 
a esté montée ledit jour par ledii Ci 

« L'abbaye de Cercamps dépendai 
dre de Citeaux et relevait du dioo 
miens, quoique située dans la 
d'Artois ; elle avait été fondée par K 
Campdavaine, comte de Saint-PoU < 
Ce seigneur avait, à la tôte de ses 
marché contre Saint-Rîquier, ruiné 
et passé au Ql de Tépée tous les 1 
qui s'y étaient retirés. Le clergé lam 
lui l'analhème, et le comte, recon 
ses fautes, s'humilia, abdiqua sa 
et jeta les fondements d'une abbi 
enrichie par les libéralités des s 
voisins, devint l'un des plus puissa 
nastères du nord des (iaules. 

« Une église, consacrée en 1262, ft 
dans les guerres du xvi* siècle (1 
s'empressa de relever les murailli 
il paraît, d'après la note que nous 
de citer, que le clocher ne fut term 
la fin du XVII* siècle. 

Quant au mémorial d'où est extra 
cument, il mérite d'être sommaireii 
crit. On lit sur le premier feuillet 
Pierre de Laderrière , religieux dem 
Cercamps et prêtre indigne. Un peu ji 
Je prie celui de mes confrères qu% 
livret que 9 en mémoire de mes faute 
prêtre, me dise une messe après mo\ 
1591. Vers la tin de sa chronique, i 
nous apprend qu'il était prieur du 
tère : ce sont les sanls détails biogn 
que nous ayons sur cet homme, do 
s'écoula sans doute tranquille au rr 
cloître, et dont le temps fut parta( 
la prière et les devoirs de son minis 
date de sa mort ne nous est pas plus 
que l'époque de sa naissance. 

De Laderrière avait la prétentio 

Eoëte ; il était de cette école des 
adam, des Loys de Douai, que la i 
des bibliophiles serait impuissant 
de l'oubli, s'ils ne s'étaient attacha 
peler des faits historiques sur les( 
donnent des détails (|ue Ton clu 
vainement ailleurs. Le manuscrit d 
rière, conservé encore aujourd'h 
les archives du Pas-de-Calais, co 
3ar une pieuse invocation du comte < 
ol à la Vierge, qui lui répond : 

Ta prière tn'esl agréable 
Noble comle scace de vraye 
Soys conslans, feriiie cl slable 
El ton désir accompliray. 

« Viennent ensuite les titres d'hoi 
l'abbaye. De Laderrière a consacré 
train à la mémoire de tous les abl>< 
a été confiée l'administration du m 
de Cercamps. Une seule citation fe 
du peu de mérite de ce travail. Ai 
XXXIV, comparaissant devant le 
du poëte, rend ainsi compte des 
qu'il a accomplies : 

Boucqiicniaison jay acheté 
Aussy la croix près de la porte 
Le beau sepulclire forl bien paré 
Quy de soy devoiioii porte. 



g 



CER rEPlGRAPlIIE. CfliL tM 

Son successeur est encore moins bien seulement do Brie-Comte-Robert, sur le bord 

té, si faire se peut: do la ion.^iio pliiinc qui conduit à cettepetite 

En dis ans «pie inainiins ce lieu "'"''' ^' ;'•■"'« "" l'^YS '!« l''"' s l«bourables, 

Ung inolin a vent esicvav "^■^^ quil(pios pr.nnes et étangs, L église est 

Puh je rendis mon ame'a Dieu "" édifice (pii a niénlé l'alleulion du célèbre 

llarys qoe mieuls re proHuy. abbé Ciiaslelin, au moins quant au chœur. 

A ces quatrains succèdent les énilaphes La galerie oaraîl être du xiir siècle, et la 

SBDdaleurs de l'abbaye. On sait que les ^o*^'* "\^<5 les orneinenl| ne semblent être 

laphiers sont utiles surtout pour la chro- *!"« '{^ • «*«"» dernier. Sainte Colombe est 

ogie ei permettent de fixer d'une ma- '« patronne. La statue de cette sainte, avec 

«certaine les dates jusqu'alors con- "îl^T*?.^ ses pieds, est placée dans le 

<M. Celui de Laderrière est fait avec côté_ droit ou méridional, et celé de saint 

» de soin: il ne se contente pas, en Louw est de I autre côté. Elles ont été faites 

t, de mentionner les comtes de Saint- ^? *®5*' P*'' P»erre de Jroussy. A droite du 

qui ont eu leur sépulture dans l'abbaye, S''*?"^ "' '« "Paufol^e d un ancien seigneur, 

s il rapporte aussi les noms de ceui <*« 'f hauteur de trois meds, au-dessus du- 

, pu leur piété, ou leur libéralité, ont 9"«1 sont représentés 11 genoux le mari, la 

•on cet honneur, et il enregistre avec ^«ï»'?® «' '«« enfants, vêtus h 1 antique. Il 

a les donations dont l'abbaye a profité. ^"' «'"'«««l P»' '«« «o"»* ^u mari après la mort 

idoit à l'auteur de la reconnaissance d'à- i« »»" f}'^^^^' " enferme Marguerite de 

ir fnoscrit en quelque sorte pour son Herbert (IJ, femme de Jacques du Moullin, 

0» particulier cei documents perdus au- seigneur de Brus et .Servon en Brie, échan- 

Stiuî, et qui non-seulement peuvent jon ordinaire du roi Henri II, morte le 2* 

rir aux généalogiste», mais offrent des ^^*"«'" *?52, et Etienne, Pierre et Jacques 

leignemenls utiles à consulter. du Moullin, ses enfants. 

Mais l'ouvrage le plus important de La- „<?" ^ *9»» «»««». '^f épitaphes de Claude 

rière est un poème en l'honneur de l'abbé **«"'«••' seigneur de la Houssaye, Servoii. 

lachimont, et intitulé : S'ensuivent toutes g"^- ' ^« "«"''Jf ^e Lyonne, aussi seigneur de 

wrret que a fait Monseig' l'abbi de Bachi- ^c^V»' trésorier du prince de Condé. 

ily M de eheans, en 36 ans qu'il fut vi- (Hcrtaut et Mashy, Dtct. de Pans et des 

t en ladite preslature. Il suffira d'une . environs.) 

ition pour faire juger de la valeur de ce CÉSÈNE, dans les Etats-Pontificaux. 

»ment. ainsi que du mérite poétique de „. N. Imperatori Caesari 

oernère. L abbé de Bachiniont parle lui- _,, Il ... 

me ; il raconte qu'il a été élu au mois de ''' C«>««nt">o 

rrier 1512, qu'il a été béni aux Bernardins maximo 

Paris, puis ensuite : P> F> vici. aug. 

P»ar aux ouvrages commenchies .P""** ""^',_ 

De cbeans estans nécessaires 'ri**' P**- iXlD. 

Mostre gil)et je lis dresser imp. XXII. consuli VU 

Car le viel ne valloii gueres. p, p, proconsuli 

De cabinet êi galeries ' humanarura rerum 

Sjr fusi paré leiiict jurdin optiino priucipi 

& de painiiires l.ien jollles divj Constanli fil. 

roar eu esté boire 1)011 vin. ,. » •» _.,_ 

uono U. F. nato 

Affln davoir plus grande lumière M. P. XV. 

En ipotte cœur dessus lauiel (Cardinal uû, pag. 251; mubatobi, p. 

fefis faireeii lia.ili irois verrières 463. g. ^jh, à Pan 328-329; gruter, 

Ce qui ma semble bon et bel. ^ Ikq g ) 

La passion du rédempteur CHALCIS, dans le royaume de Grèce (île 

Au petit réfectoire fut paindre de NégrepODt). 

grru't^mSrS lÙŒare. ^'<-^^' *^?«" gothique d^Hagia Parascevt. 
Inscription sur le même. 

Su parlant des cloîtres : Hic jacet nobilis et egregius vir Dominus Petrus 

Ausquelz lî^ux Turent essachiez Lîpporoano nec non honorabilis consiliarius 

Des r^scriptures non vaillables 

Aussi de petite durée 

Et aux lisanspeu proufitables. (I) Suivant la tradition, Marguerite de Herbert, 

était taiile-d'Anne de Boulen, femme de Henri VHI, 

Dudit pepilre les iniaiges i*oi d'Anglelerre. Ainsi, il ne faut point chercher 

Par Jehan Ha furent composées ailleurs dans la Brie la terre où qnelques historiens 

Ung hurlan paiiitrc do village d'Angleterre assurent qu'Anne de Boulen fut élevf^e, 

Les a de painlui^s ornées. et qui appartenait à un gt^itilhomme. C'est à Cer- 

Eic, Ole, » von et non à Foiiienay on Brie, que celle fdie de 

>• ^ ' l'honias de Boulen, ainl)assadeur du roi Henri VIU 

- mRVON ou Sebvon, village (Moigné do en France, lit la résidence qu'ils disent. (L'abl)é Le- 

^ lieues de Paris, et d'une petite lieue beur, £^t«/. rfu rfjorèie rfij Par., tome XIV, page 78.) 



tl7 CHA 

Nigripontis a Yencloruni diicali Dominîs 
CofisUtulus qui ab hoc scciilo niigravit Domiiii 
8ubannis (salulis) 1598 die sepliino incnsis 
Sqilerobris.^x (pcnsis) suoruni hereiiuin. 

(Bl'GUO!!, Attas des nouvelles recherches 
historiques sur la Morée; descrii)tion 
de la pi. XL.) 

Des fouilles faites , il y a quelque leraps, 
ûaus les souterrains du fort de Chalcis, y 
ont fait découvrir une assez grande quantité 
d*armures du moyen âge , oui, d'après les 
ordres du roi Othon, ont elé ai»j>orlées à 
Athènes. M. Bucljon , auteur de plusieurs 
travaux sur rhisloirc de la Grèce pendant 
la domination des Francs , examina ces ar- 
mureSy et, à ce sujet, adressa à un journal 
d*Athènes la lettre suivante , qui jette une 
vive lamière sur leur origine. 

c Athèoes, 12 (ti) février i84i. 

« Monsieur, • 

c Je me fais un véritable plaisir de mettre 
I votre disposition tous les renseignements 
qu'il m'a été possible d'obtenir sur les ar- 
mures du moy»?n âge, trouvées récemment 
en grande quantité à Chalcis, et appoi tées à 
Athènes depuis peu de semaines. Sa Majesté 
a bien voulu m'autoriser à les examiner à 
mon aise en lis faisant transporter dans une 
des salles du palais neuf, et M. le général 
Schmalz a mis la plus parfaite obligeance à 
me faciliter cette étude. Ces armures re- 
montent à la Qn du xiii* et au commence- 
ment du XIV* siècle , et ce sont , je pense , 
celles des Catalans , des Turcopules et des 
Français, qui, en 1309, se sont disputé la 
possession du duché d'Athènes, l.i première 
des douze grandes haronnirs ou pairies de 
la principauté française de Morée. Mais pour 
mieux vous faire comprendre ce que sont 
ces armures, et comment, du grand champ 
de bataille sur les bords du lac Copaïs, elles 
ont pu être transportées 5 Chalcis et s'y 
retrouver aujourd nui, il est nécessaire que 
je dessine ici une légère esquisse des évé- 
nements de cetîe époque. Bien que ces faits 
soient i»ropreinenl une épisode des guerres 
étrangères de la France à la suite de la qua- 
trième croisade , ils appartiennent aussi à 
rhisloirc moderne de la Grèce, qui ne sau- 
rait [»as plus les rejeter de ses annales que 
nous ne pouvons nous-mêmes rejeter de 
notre histoire de France l'établissement de 
la' première et de la seconde race de nos 
souverains, bien qu'ils fussent des guerriers 
de race germanique , cantonnés sur le sol 
de France, au milieu des désordres qui sui- 
virent raffaiblissement de l'empire romain. 
Le tableau de ces éjioques de conquête et de 
lutte sera toujours une grave et féconde 
iDStruction pour les peuples, et l'histoire 
se compose aussi bien d>'S souffrances sup- 
portées en commun et avec courage, que 
des triomphes obtenus dans des temps plus 
heureux. Tout se lie dans la vie des nations, 
et le mal comme le bien du passé doivent 
porter leurs fruits dans le présent. 

« A la liu du xii* siècle^ l'empire de By- 



DICTIONNAIRE 



CHA 



zance avait perdu toute sa force et son res- 
sort. Les Turcoinnns d'Asie le pressaient et 
le mcnnç.û: nt déjh , ci Ws Turcomans Sel- 
joucides avaient fondé un empire puissant 
a sa |)orte et sur ses débris. En Europe, les 
Bulgares avaient reconçiuis leur înaé|>en- 
dance. Les provinces éloignées n'obéissaient 
déjà plus aux ordres venus de Constanti- 
nople. Chypre avait passé entre les mains 
de Richard <'œur-de-Lion, puis des Lusi- 
gnan de France. Candie était cédée GOinme 
dot au marquis de Mont-Ferrat. Le Péli^Hh ' 
nè^e (tait entre les mains de plusieurs p^li 
tyrans indigènes. La conquête de Constan- 
tmople par les Francs fut le dénoûmenl 
de ce drame de discord<*s intestines. Un 
empire franc fut fondé h Constantinople, mi 
royaume franc à Saionique; une prideipaolf 
franque dans l'Attique, la Morée et les lles^ 
depuis les Thermopyles jusqu'au cap Malfr* 

fan. L'empire franc de Constantinople dunf 
peine soixante ans ; le royaume franc àé 
Salonique eut une existence plus précaire 
encore ; mais la principauté francqae d*A-^ 
ehaïe se conserva plus ou moins puissanls,- 
plus ou moins compacte, pendant près êi 
trois siècles. 

a Le prince fr/inc d'Achaïe n'était que hf 
ehef féodal de dou/e grands vassaux, doM 
les plus puissants étaient le duc d'Athènes^ 
crée duc par sfiint Louis de France» en tKBf 
le duc des €y(;lades ou Dodécannèse i lé 
marquis de Budonitza en Locride, le eoiiil0« 

tialatin de Zante, Céphalonie, et autres fleff 
oniennes (moins Corfou, qui anpartentti 
aux rois de Nafiles], et les trois barons dri 
l'Eubée. De tous les grands vassaux éé 
princes français de Morée qui étaient de h 
faniiile Villehardoin, le duc d'Athènes élut 
incohtestal)l(Hi)ent le plus puissant. Ses pos- 
sessions s'étendaient le long de la cMe, 
depuis Armyro jusqu^au cap Sunium, etdu 
ca,) Sunibui aux portes de Coriuthe, englo- 
haut ainsi plusieurs autres feudataiies. U 
avait droit de haute et basse justice» droit 
de guerre privée, et faisait frapper monnaie 
comme les souverains. J'ai pubiié, dans mes 
Recherches sur la principauté fra np t it e ù 
MoréCf quatre monnaies de ces seigneurs et 
ducs (le la maison de la Roche^ et de It 
maison de Brienné, m nson qui se tentait 
d'avoir donné un roi à Jéru>alem, un em^te- 
reur à Conslaininople (Jean de Briennel.Le 
dernier duc d'Athènes de la maison ae U 
Koche avait à Athènes une cour des plus 
brillantes, et y donnait, en 13< 0» des fetes 
et des tournois célèbres dans toute la chré- 
tienté , et dont le soutenir s'est conserté 
dans les chroniques de l'époque conioie 
dans les poëmes po[)Ulaires de la Grèce elle- 
même. Sa cour et sa bourse étaient ouvertes 
à tous les chevalie. s qui venaient le visiter 
ou désiraient s'établir chez lui. Au noiubre 
de ces derniers se tiouvaient quelques Ara' 
gonnais (]ui , sous le commandement d'un 
noble [>ersonnage, Fernand Ximénès, lié 
par parenté avec les rois d'Aragon, s'étaieu^ 
détachés de la grande Compagnie calaient 
après ses guerres en Asie» et avaient pri^ 



1 



a 



CEk 



D*EPIGRAPHIE. 



GHA 



^ 



) parmi les chevaliers et les servants 
'S du duché d'Athènes. Cette gra^^do 
\gn\e avait quitté le service au moment 
laix vint terminer les louâmes t^uerres 
aient suivi les V<>|)res Sieiiiennes, et 
illée servir ]*empereur de Byzance 
lea Turcs d'Asie. Leur secours avait 
1 été utile à lempire, mais bientôt 
lioat d« leur chef par le (ils de Tem* 
Andronic« et» d*une autre part » leur 
pline et leurs excès .dlumèrent la dis- 
mtre eux et les Grecs. Sans s'arfôler 
irw lea forces d'un immense empire» 
alana envoj'èrent un des leurs délier 
rrar de Constantinople sur son trône 
il, et, pendant sept ans, ils portèrent 
ge jusqu'aux jmrtes do C<ms(antino- 
I de leurs chois, Ramon Muntaner» a 
avec chaleur l'histoire de ces sept 
1^ pendant lesquelles, dit-il, « les Ca- 
If ne semaient, ni ne labouraient, ni 
illaienl la vigne» et cependant recu^il- 
I chaque année autant de vin qu'il 
en fallait pour leur usage, et autant 
ovnent, et autant d'avoine, et vivaient 
s et dans toutes leurs aises. » Le ré- 
léceasaire de tant de désordres était 
soient total du pays, épuisement dont 
ilana eux-mêmes éprouvèrent les fu- 
conaéquences. 11 fallut songer à se 
aur des provinces uioins épuisées. 
\X la forteresse de Galliiiolis, (|ui était 
iiit de refuge, ils résolurent d*alier 
[uérir un étal séparé dans le voisi- 
es Francs du Pél(»ponèse. La récei»- 
le par Guy de la Hoche, duc d'Alhe- 
quelques-^uns d(?s leurs, après Tex- 
D en Asie , semblait leur promettre 
accueil; ils se mirent donc en route, 
èrent la presqu'fîe de Cassandria, 
Macédoine, puis la Tliessalie, et ar- 
it «nfin sur les contins de la Béotie. 
duché d'Aihùnos était échu depuis 
née à Gautier de B.ienne, comte do 
dans le royaume de Naplus, et neveu, 
mère Hélène, du dmiitr duc de Guy 
loche. C'était un Français , d'un ca- 
imf>étueu\ , d'ttn courage bouillant, 
prétléchi. Il refusa la demande des 
iS, et leur interdit môme l'entrée de 
ritoire. Ceux-ci, forcés par la néces- 
l'eurent plus d'autre parti à prendre 
t se faire iour les armes à la maiu , 
venaient de brûler leur ilolte , pour 
prouver aux Grecs leur intention 
e de ne plus se rembarquer pour la 
;ne. Ils se préparèrent donc au com- 
de son coté, ie duc d' Athènes niar- 
Bur rencontre. Ici, je laisserai parler 
ivain grec conteuiporain, Nicéphore 
as; il expose les laits avec netteté. » 
retour du prinlemns (de l'an 1309), 
icéphore Gréi^oras, les Catalans, ayant 
desThessaliens do grandes richej^ses 
s guides, franchissent les montagnes 
'étendent au delà de la Thes.<alie, et, 
Tsant les Thermo[)\ les, vii.'nnent pla- 
eur camp dans la Locride et sur les 
9 du Céphise. Ce grand tleuve découle 



« des cimes du Parnasse et dirige son cours 
« à rOrieni, ayant au nord les Locriens, au 
« sud el au sud-est to-ites les ijarlies médi- 
« terranéimnes dcî 1 Achaïo et de la fiéotie ; 
«r puis, sans se diviser el toujours considé- 
« rable, arrose les champs de la Livadie et 
« de THalinrle; nuis, se partageant en deux 
«f branches, change son nom en ceux d'Asope 
« et d'Ismène; enfin, sous le ncnn d*Asope, 
« coupe l'Atliqui* en doux pour aller se ner- 
« dre dans la mer, et, sons celui d'Ismène, 
« va se jeter dans la mer d'Eubée, tout nrès 
« d'Auhs , où autrefois , dit-on , dans leur 
« navigation vers Troie, abordèrent el s'ar- 
« rêtèrenl [K)ur la prennère fois les Grecs. 
« Aussitôt que le seigneur de Thèbes et 
« d'Athènes et de loutce territoire, nommé, 
« comme je l'ai dit, Mégas Kirios (Grand 
« Sire), jwr corruption du nom de Mégas 
« Primikorios nu'il portait autrefois , eut 
« appris l'arrivée des ennemis, il refusa, 
« malgré les vives instances des Catalans, 
« de leur <lonner passage sur ses terres , 
a nour aller se jeter de là où bon leur sem- 
« nierait; mais il leur parla au contraire 
« avec la plus grande hauteur, les poursui- 
« vit de SCS moqueries comme des gens 
« dont il ne prenait nul souci, et, pendant 
« tout Tautomne et l'hiver , s'occupa do 
« réunir ses forces pour le printemps sui- 
« vant. Au printemps (1310), les Catalans 
« passèrent le Céphi.se, et placèrent leur 
« camp non loin des rives du fleuve, sur lo 

^ • l.^,.. 1^.^ V 1 -._-ll_ 

« 

« 

« 



territoire béotien, décidés h livrer bataille 
en ce lieu. Les Catalans étaient au nombre 
de 3,500 hommes de cavalerie et de 3,000 
hommes d'infanterie , parmi lesquels se 
trouvaient plusieurs <le leurs prisonniers 
a Jmis dans leurs rangs à cause de leur 
habileté h tirer de l'aie. Dès qu'il leur fut 
annoncé que rennomi approchait, ils la- 
boulèrent tout ie terrain où ils avaient 
«'résolu de livrer bataille, cin'usôronl à l'en- 
« tour et y amenèrent des cours d'eau tirés 
« du fleuve, et arrogèrent copieusement cette 
(( plaine , de manière à la transformer nour 
« ainsi dire en un marais, et à faire crian- 
« celer les chevaux dans leur marche, par 
« la boue qui s'attacherait à leurs pieds, et 
« dont ils ne pourraient qu'avec peine se 
« dégager. Au milieu du printemps, le sei- 
gneur d'Athènes se présenta enOn, ame- 
nant avec lui une nombreuse armée com- 
posée de Thébains, d'Athéniens, et de 
toute l'élite des Locréens, des Phocidiens 
et des Mégariens. On y comptait 6,^00 
« hommes de cavalerie et plus de 8,000 hoiu- 
c mes d'infanterie. L'orgueil et l'arrogance 
« du seigneur d'Athènes dépassaient toutes 
« bornes convenables, car il se flattait non- 
ce seulement d'exterminer en un infant tous 
<K les Catalans, mais de s'emparer de tous 
« les pays et villes de l'empire jusqu'à By- 
« zance même ; mais il arriva tout le con>- 
«( traire de son espéran('o, car en plaçant 
« toute sa confiance en lui seul, et non dans 
a la main de Dieu, il devint bientôt la risée 
« de ses ennemis. £n voyant cette plaine 
« couverte d*uQ si beau vôtemeut de Ter-! 



« 
« 



831 



CIIA 



DICTIONNAIRE 



CHA 



« dure, et ne soupçonnant rien de ce qui 
« avait été fait, il pf^usse le cri de guerre, 
« excite !es siens, et, avec toute la cavalerie 
« qui l'entourait, s'avance contre l'ennemi, 
« qui, au delà de cette plaine, se tenait im- 
« mobile sur le terrain, attendant son atta- 
« que. Mais avant d'être parvenus au mi- 
« heu de cette plaine humide, les chevaux, 
« comme s'ils eussent été embarrassés par 
« de lourdes chaineb, et ne pouvant, sur ce 
« terrain glissant , poser leurs pi(^ds avec 
« fermeté , tantôt roulaient dans la boue 
« avec leurs cavaliers, tantôt, débarrassés 
« do leurs cavaliers, s'emportaient, et tan- 
te tôt, sentant leurs pieds s'enfoncer, res- 
te taient immobiles au même lieu avec leurs 
« maîtres , comme des statues équestres. 
« Les Catalans, encouragés par ce sjDectacle, 
« les accablèrent de leurs traits et les égor* 
« gèrent tous. Bientôt, se lançant avec leurs 
« chevaux sur la trace des fuyards, ils les 
« poursuivirent jusqu'à Thèbes et à Athè- 
« nés, et, attaquant ces villes à l'improviste, 
« s'en emparèrent avec facilité, ainsi que 
« do tous leurs trésors, de leurs femmes et 
« de leurs enfants. Ainsi , comme dans un 
« jeu de dés, la fortune ayant tout à coup 
« changé, les Catalans devinrent maîtres de 
« la seigneurie d'Athènes et mirent fin à 
« leurs longues courses vagabondes, et, jus- 
« qu'aujourd'hui, ils n'ont pas discontinué 
« a'étendre les limites de leur seigneurie. » 
« Ce fut, en effet, à partir de ce jour, que 
les Catalans obtinrent la possession du du- 
ché d'Athènes, et substituèrent leur seigneu- 
rie à celle des seigneurs français , qui con- 
tinuèrent à posséder le Pélononèse et plu- 
sieurs villes de l'Acarnanie, de l'EtoIie et de 
la Phocide. Le roi Frédéric de Sicile envoya 
à s.es Aragonnais de Grèce un de ses tils 
pour les gouverner, avec le titre de duc d'A- 
thènes et do Néopalras , et ce titre se con- 
serve encore aujourd'hui parmi ceux que 
portent les rois dTspagne, héritiers des rois 
d'Aragon et de Sicile. Mais écoutons main- 
tenant le récit d'un autre chroniqueur con- 
temporain , mais d'oriçine franque, le Cata- 
lan Ramon Muntaner, 1 un des chefs de cette 
grande Compagnie. 

« Le duc d'Athènes (Gautier de Brienne, 
« comtedeLecce,dansle royaume deNaples) 
« avait avec lui 200 hommes à cheval cata- 
« lans,et environ 300 hommes d'armes à pied, 
« et ceux-là il les avait uxis de sa maison, 
« leur avait donné franchement et quittement 
« des terres et possessions. Quant aux autres 
c Catalans, il leur ordonna de s'éloigner de 
« son duché, et en attendant il avait fait ve- 
« nir, soit de la terre du roi Robert de Naples, 
« soit delà principauté de Morée, 700 cava- 
« liers français. Quand il les eut réunis , il 
« rassembla également 2,k0i) Grecs, hommes 
« de pied de son duché, et alors , en bataille 
« rangée, il marcha sur la Compagnie; mais 
« ceux-ci qui le surent, sortirent avec leurs 
« femmes et leurs cnlants, et se rangèrent 
^ dans une belle plaine près de Thèbes. Dans 
^ ce lieu il y avait un marais, et de ce marais 
la Compagnie se lit comme un bouclier. 



« Mais quand les 200 hommes d^armes à che- 
« val catalans, et les 300 hommes d armes à 
<t pied virent que cela était sérieux» ils allé» 
a rent tous ensemble trouver Gautier de 
<c Brienne, et lui dirent : Seigneur, ici sont 
« nos frères, et nous voyons que vous voaiei 
« les détruire à tort et a grand péché ; cW 
« pourquoi nous voulons aller mourir avee 
« eux, et ainsi nous vous défions et noua nous 
<c dégageons envers vous. Et le duc leur dit 
« qu ils s'en allassent à la malo heure, et qae 
« cela était bon pour qu'ils mourussent aree 
« les autres. Alors tous réunis allèrent se COD- 
« fondre avec le reste de la Compagnie, et 
« ilsse disposèrent tous aucombat...QueTO!is 
« diraiHe?le duc en belle bataille ranxéet 
« avec 200 chevaliers français, tous aux epe- 
« rons d'or, avec beaucoup d'autres cava- 
«.'liers du pavs, et avec les gens de pied, 
« marcha sur les Catalfins; lui-même se plaça 
« à l'avant-garde avec ses bannières, et alla 
« férir sur la Compagnie, et la GoDQjMgDie 
« férit aussi sur lui. Que vous dirai-jefles 
<c chevaux du duc , aux cris aue poussèrent 
« les Almogavares (hommes ae pied des C^ 
«r talans), s'enfuirent du côté du marais, d 
« là le duc tomba avec sa bannière. Tons 
a ceux qui formaient l'avant-garde arrifè" 
« rent alors. Les Turcs et ïurcopu]eSi(aIIiés 
« des Catalans), voyant qjae l'affaire était se- 
« rieuse, brocnèrent à l'instant des éjferùDSp 
« et allèrent férir sur eux, et la bataille fiit 
« terrible; mais Dieu, qui en tout tempip 
<c aide au bon droit, aida si bien les Catalans 
« que de tous les 700 chevaliers français fl 
« ne s'en échappa que deux : tous les ao( 
« périrent, ainsi que le duc et les autres 
<K rons français de la principauté de Mou^ 
tf. qui étaient accourus pour anéantir la Gorih 
« pa^nie. De ces deux, l'un fut messire Be- 
« niiace de Véronne, seigneur de la tieraa 
<x partie de Négrepont, qui était fortprud'bom- 
« me et loyal, et avait touioursaimé laComi 
« pagnie; aussi, dès que les nôtres le reoCMl- 
c nurent sur le champ de bataille, ils le 

« sauvèrent Après la prise de possession 

« du champ, les Catalans pressèrent messire 
« Bonil'ace d'être leur chef, mais il refusa, 
« absolument. » 

a Considérez maintenant les faits, les 
hommes et les lieux, et , après cela , les in- 
ductions à tirer de ce récit vous paraitrent 
naturelles. Le champ de bataille est, vous 
le voyez, sur la rive droite du Céphise, en- 
tre le lac Copais et Thèbes, entre les petits 
lacs Likeri et Paralimni« et à bien peu de 
distance de Chalcis. Ce n'est pas en écriTaot 
à Athènes, et pour des Athéniens, qu*on a 
besoin d'entrer dans un plus long dé? elop» 
pement lopographique sur une semblable 
question : ici tous connaissent des lieux si 
voisins. Quant aux combattants, ce sont des 
chevaliers français, avec leurs troupes légè» 
res d*une part, et les Catalans et Turcopules 
de 1 autre. A C(;lte bataille livrée par les Fran- 
çais, survit un chevalier feudataire des prin- 
ces français de Morée, le seigneur de ChaJ- 
cis. Sauvé du champ de mort , il reçoit de 
ses vainqueurs roffre du commandement en 



CHA 



DT.PlGliAPlllE. 



CHA 



234 



chef, et il refuse. N'est-il pas tout naturel 
de supposer qu'après la grande bataille dans 
laquelle avaient succombé ses amis , le sei- 

Seur de Cbalcis» qui était en faveur auprès 
s Catalans , aura obtenu d'eux de remplir 
un deYOir pieux, auquelles ennemis les plus 
acharnés oe se refusaient jamais, celui d'en- 
terrer les morts? Les Catalans avaient Tu- 
Mg^» après une bataille, de lever le champ^ 
c'est-à-dire d'aller sur le champ de bataille 
dépouiller les morts de tout ce qu'ils possé- 
daient de précieux, et certes ils n'avaient 
pas manqué de s'emparer des éperons d'or 
et des armes de prix, aussi bien que des ar- 
mes oCrensives qui pouvaient leur servir. 
Les armes défensives , plus grossières ou 
trop endommagées, furent laissées sur la 
place au milieu des marais et des terres, et 
et sont ces armes, qiie, suivant mes conjec- 
tures» le seigneur de Chalcis, après avoir 
Ait sDlerrer ses amis , aura fait relever du 
ebamp de bataille et transporter dans son chû- 
teau de Chalcis, voisin de ce lieu. La forme des 
armures, leur grossier travail, les coups ter- 
ribles qui les ont toutes endommagées, tout 
atteste que ces armures n'étaient pas conser- 
vées dans un arsenal pour Tusage des hom- 
mes d*armeSf mais seulement comme un 
pieux souvenir et loin de tout regard ; et en 
effet, ce n'est que cinq cent trente ans après 
qa^on pan de muraille, en s'écroulant, a fait 
eonnaltre la salle voûtée et sèche dans la- 
(|aeUe elles étaient conservées. 

« Ces armures consistent en une centaine 
éb casques de fer de trois formes différeutes, 
adoD qu'ils appartenaient à des servants 
dteines français, catalans ou turcopules. Les 
eaaqoes turcopules sont plus légers et plus 
luttraités , et il y en a aussi beaucoup moins. 
Cest la même forme qui se conserve en- 
core aujourd'hui dans l'Asie Mineure et en 
Pêne. Puis, viennent des cuirasses ornées , 
m flénéral , de petits clous de cuivre, dont 
la tite est assez élégante ; puis des épau- 
lières, brassards , cuissards, genouillères , 
jambards ; puis un nombre considérable de 
plattes , c'est-àndire de plaques de fer de 
sonne concave, qui se plaçaient les unes près 
des autres, comme une sorte d'écaillesi atta- 
diéesau galiganou vêlement de lin supé- 
rieur, et couvraient tout le dos de l'homme 
d'armes^jusqu'à sa jonction avec sa cuirasse. 
L'an des galigans avec ses plattes, attachées 
de manière à envelopper tout le corps en 
passant sous les bras , est encore conservé 
en son entier ; plusieurs autres sont en lam- 
beaux, mais en lambeaux assez considérables 
rr indiquer leur place. Dans plusieurs 
casques sont les coitfes de lin et de cuir 
qoe l'on plaçait dessous le casque pour prê- 
ter la tête. A beaucoup de cuirasses sont 
tttadiées les courroies de cuir et les bou- 
des qui les réunissaient. Un casque des plus 
épais porte l'empreinte d'un coup de masse 
à armes , asséné alors d'une main si puis- 
sante, qu'il suffisait à faire jaillir la cervelle. 
Dans llntérieur d'une des* cuirasses est la 
marque du fondeur, des M gothiques d'une 
forme que l'on reconnaît aisément pour celle 

DiGTIONN* n'EPlGRiPHIB* L 



usitée au commencement du xiv*" siècle. Les 
plattes abondent en telle quantité, que j'ai 
été obligé de les faire placer dans une pièce 
du rez-de-chaussée, pour qu'elles ne fissent 
pas crouler les plafonds. Enfin, à tout cela 
ajoutez de ces pointes de javelots à quatre 
faces, que les Catalans frottaient sur les cail- 
loux pour les aiguiser , des pointes de flè- 
ches, des bouts de fer pour les épieux, dont 
une partie du bois subsiste, et un grand 
nombre d'étoiles de fer destinées à être je- 
tées sous les pieds des chevaux, dans les en- 
droits plus secs, pour les arrêter dans leur 
course et les blesser , et vous serez con- 
vaincu que les armures de Chalcis peuvent 
offrir un objet intéressant d'étude. Je rends 
grâce pour ma part à S. M. d'avoir bien 
voulu les faire venir à Athènes, où plus tard 
elles peuvent , avec les monnaies françaises 
de Constantinople, les monnaies françaises 
de la principauté de Morée , existant ici en 
grand nombre, et celles des ducs d'Athènes, 
et aussi avec tous les restes de blasons sculp- 
tés sur le marbre, et quelques-uns avec leurs 
devises , trouver place dans un établisse- 
ment public. Tous ces débris de l'histoire 
{cassée sont toujours des enseignements uti- 
es pour les peuples. Il ne saurait être in- 
différent à la Grèce de se reporter vers une 
époque où, pour la première fois, après son 
adyonction au grand empire de Rome, puis 
deByzance, elle a commencée ressaisir une 
existence qui lui fût propre, et à prendre sa 
place au rang des souverainetés qui ont un 
nom. Si pendant les trois cents ans qui s'é- 
coulèrent depuis la conquête de Constanti- 
nople par les Francs jusqu'à la conquête de 
la Morée par les Turcs, presque toutes les 
provincesquiforment aujourd'hui le royaume 
de la Grèce , furent régies par des hommes 
étrangers au pays, par des Français , dont 
les chroniques grecc^ues elles-mêmes pro- 
clament la bonne foi sans tache, la généro- 
sité chevaleresque et l'insouciante bravoure, 
du moins la Grèce put, par cette existence 
nouvelle, reprendre, dans le malheur même, 
des idées de fierté et d'indépendance, qui , 
«plus tard, devaient porter de si heurevix 
fruits. Et quand on a rhonneur d'appartenir 
aune nation qui, comme la France, a si no- 
blement et si puissamment contribué à laf- 
franchissement.actuelde la Grèce, et que soi- 
même on a donné à cette belle cause des se- 
cours non inefficaces, on peut, sans craindre 
de blesser une honorable susceptibilité natio- 
nale, aimer à se rappeler, et à rappeler aux 
autres , qu'avant d assurer à la Grèce d'au- 
jourd'hui cette nationalité que lui ont con- 
quise et méritée tant de sacrifices généreux, 
tant de malheurs , tant de courage enfin dé- 
ployé dans une lutte obstinée, les chevaliers 
français avaient été les premiers à lui con- 
quérir , sinon une existence nationale , du 
moins une individualité qui n'était ni sans 
fierté, ni sans gloire. » 

CHAHELIÈRES, ancienne abbaye de Béné- 
dictins au diocèse de Clermont, en»France. 

On conservait autrefois dans l'église du 
monastère le corps de Saintc-Tliccle. En 

8 



t35 



CHA 



DICTIONNAIRE 



€Iià 



1699, on découvrit dans la chftsse où repo- 
saient les reliques de la sainte, une lame de 
plomb sur laquelle était gravée Tinscription 
suifante : 

He sunt 

reliquie 

béate 

Tecle . vir . 

giois . que Uico- 

nie (1) oriunria 

' fait . dehinc ve 

ro a Paulo. âplo. 
conversa Se- 
Uiciam (2) requi- 
evit 

(Habullon, AnnaL Benedict., 1. 1, p. hk3; 
nouveau traité de Diplomatique y t. II, 
p. 594-60a ; Cardinal Mai, p. U.) 

CBAB^TES , lapidaires ou gravées sur 

Sierre, — Voyez Anagniy Civita-Castellana^ 
tilam^ Bavenncy Subiaco, Tivoli, Viterbe, le 
chapitre m* des Inscriptions de Rome dans 
notre Dictionnaire, et une dissertation au 
mot Pierre Latte. 

CHARTRES, chef-lieu du département 
d'Eure-et-Loire, en France. 

I. 

hMcriptiom placées sur les tombes de deux 
évéques de Chartres. 

GommoiiictjlkMi de M. Ctoubiet de BoisUiibaoIt,au comité 
def aru et m onoi en to, da miiiiitère de rlMtrueUoo 
pnbliqae (5). 

A un dami-myriamètre de Chartres existe 
l'hôpital des incurables, fondé par M. d'A- 
ligné, dans le même emplacement oi^ se trou- 
vait avant la révolution l'abbaye de Josa- 
£bat, construite près de la montagne dite de 
.èves, en 1180, par Geoffroy et Gosselin, 
son frère, évéques de Chartres. 

Plusieurs évéques de Chartres furent in- 
humés à Josaphat, entre autres Geoffroy et 
Gosselin de Lèves, Robert, Jean de Salisbu- 
ry. Celles et Regnauld de Mauçon. 

L'ancienne église n'existe plus. C'est donc 
chose fort difficile que de retrouver les in- 
scriptions qui étaient gravées sur les tombes. 
Je viens de découvrir celles relatives à Gos- 
selin de LèYQs et à Jean de Salisbury ; je 
m'empresse de les porter à la connaissance 
du comité. 

Première imeription. 
HicJacetDomnus Goslenus de Leugis, episco- 
pus Gsmotensis , nepos et successor Domni 
Gaufridis de Leugis, episcopl Carnoteiisis, fun- 
datoris abbati» B. M. de Josaphat, anno 1117, 
cujug lui abbaafuit D.Girardus,virpoiens opère et 
sennooe. Bona ejusdem monasterii ampliavit 
D. (poslenus et fundavit abbatiain S^i Ga- 
rauDi (A). OWit anno 1155. 

(1) Pour Iconii; Iconiuiu, aujourd^liui Kouieb, eo 
Asie Mineure. 

(2) Pour Seleuàtm, Séieucie, aujourd'hui Selef- 
Kieh. 

(3) Bulletin, septembre 1851, p. 227. 

(4) L\ibl>aye «le Saîiit-Chën>n, près Charïrcs. 



Seconde loscripUos. 

HicjacetDomnus Joannes Salisbumnsis, 
copus Garnotensis. Erat capellanus sancti Tho- 
nue, arcbiep. Gantuariensis, cum ipse maptjrâvn 
passus est apud Angles» cuyus capnilam dedîi 
abbatùe Sancti Pétri Garnotensis. Obîii 9^ 
Joannes anno 1180, cui soocessit in episoopili 
Domnus Petms GeUensis (i), abbas Sancti Be- 
mlgiilRbenjensIs, vir eximius. Jacei in dmo 
ubi epislola legitur. 



II. 

Inventaire des vêtements et des reliçpiu po^ 
sédés par la cathédrale de Chartres aii xvu* 
siècle, 

Commaoication de M. Doublet de Bolsiblbaok aa 
des arts et roonumeots (S). 

Dans la sacristie, en entrant à main gi». 
che, se trouvaient cinq coffres garnis chMM 
de cinq tiroirs. 

Premier eoflire. 

1. Une chasuble et deux tuniques^ S^^^W 
de deux étoles et de trois manipule^ ^ t^^ 
de velours i)]auc chargé de figures de. T^iiura 
de Jessé ; les manteaux et arbres sont d\)r 
couché à petite pointe, le reste des vête- 
ments à point de bouture de soie bien Que; 
les orfrois à fond de velours rouge chargé 
de figures d'anges d*or nué, enrichis de se- 
mence aux armes, en chef de Bourboo, et 
deux écussons ensuite portant écartelé»- « 

|>reiaier et dernier d'azur semé, de VrmpJ 
a bande de çueules chargée de trois USi 
d'argent, qui est Bourbon ; ajij, d^ux et^R^ 
sième d'argent, au chef de gueiJilés, 919. Iqa 
d'azur armé et lampassé d'or brochant sqr. 
le tout, qui est l'ancien Vendôme. 

Cet ornement, qui fut donné paj^ Unàs^ 
comte de Vendôme, était nommé. ](j9^Deti$ 
arbre de Jessé. ~ 

2. Dne chasuble et deux tuniques de ve- 
lours rouge, les orfrois fleuronnés de veçtt 
avec leurs deux étoles ; trois manîpalç^fii^' 
armes de Joyeuse, qui est écart^lé, àii, pp^- 
mier et quatrième paie d'or et d'azur, au 
chef de sueules chargé de trois hjdreis d*or« 
-'ui est Joveuse : au deuxième et troisième 

'azur au lion d'argent couronné dç même, 



3 




du roi, surmonté d'une couronne d'or enri- 
chie de diamants, rehaussée de flenroDS 
d'or et de perles, appelée de Joyeuse. 

3. Une cnasuble doublée d'un taflbta^ in- 
cârnadin et deux tuniques garnies de leurs 
étoles et manipules de drap d'or fleuronné 
de velours rouge, les orfrois brodés (Tc^, les 
figures à manteaux d'or couché, et le reste 
des vêtements de points de bQuture appelés 
de colonia, chargés d'armes qui sopC xèb 
écusson d'argent au chevroa de gùeufes» 
chargé ea.ppinte d'une étoile d'azur accQift- 



( 



i) Celles. 

4) Bii//e/tfi, janvier 1851, p. 13. 



CHA 



D*EPfGRAPHlE. 



CHA 



) de trois roses de gueule bouton- 
d*or, deux en chef, une eu pointe , 
r ornement de Tun est un bâton can- 
ne chasuble et deux tuniques garnies 
rs^étoles et trois manipules ; la chasu- 
>iii>Iée de taffetas» les étoles à fond 
ut fleuronné d'or, fermé de velours 
; les orfrois d*or nué» aux figures de 
iioD des rois, de Thistoire de la 
I» aux armes de France et de Lor- 

aé par Henri III. 

ne chasuble et deux tuniques garnies 
rs étoles et manipules à fond satiné 
. chargé de rosettes veloutées rouges 
:ées de lauriers d'or filé ; les orfrois 
aé oontenant Thistoire de la Passion, 
lea de FAncien Testament, appelé Tor- 
il des rosettes. 

; patr le chapitre et servant au Saint- 
aenU 

QA chasuble et deux tuniaues garnies 
li étoles et trois manipules de drap 
nt fleuronné d'or; les orfrois d'or nué 
ides armes de Louis Guillard, évéque 
irtres» qui sont de gueules, aux deux 
CMUS d*or posés en cnevrons, accompa- 
to trois rochers d'argent, deux en cnef 
on pointe. 

Drailtae ooflr«. 

Jk>e chasuble et deux tuniques garnies 
m étoles et manipules de taffetas blanc 
I de fleurs de lis d'or, entouré de lau- 
dfVir et de soie; les orfrois à figures de 
points représentant l'histoire de la 
e, aux armes, parti au premier de Je- 
»m ; ou deuxième semé de fleurs de lis, 
bordure de gueules, au lambel de 



Qne chasuble et deux tuniques garnies 

étole et de deux manipules de velours 
I semé de petits lis brodés d'argent ; 
irois brodés de soie verte avec auel- 

petits ornements d'or iilé, chargé de 
mrs armoiries en losanges, là pre- 
I d'Evreux, semée de France, è la ban- 
mponée d'argent et de gueules : la deu- 
), parti au premier de Navarre et au 
dme de France, la troisième de Bout- 
I ancien. 

[Tne chasuble et deux tuniques, garnies 
lars étoles et manipules toutes b jr- 
d'or et d argent et enlevées, le tout vi- 
oor, et dessous la broderie une toile 
sot trait ; les orfrois aussi bordés d'or 
tg/dnXf, semés de perles et semences où 

plusieurs croix Je Lorraine garnies de 
ticeset perles, auxarmes qui sont parti, 
emier coupé, eu chef de France, au bà- 
e gueules péri en bande, en pointe de 
se, à la bordure componée d argent et 
leules ; au deuxième de Lorraine, au 
al de gueules à trois pans, le tout sur- 
é d'one couronne de fleurs de lis, ap- 
Tomement de la duchesse de Lor- 
• 

Une chasuble et deux tuniques garnies 



de leurs étoles et manipules de velours 
rouge, les orfrois semés de flammes de bro- 
derie d'or et, au milieu de la chasuble, un 
grand Saint-Esprit en broderie d'argent en- 
vironné de rayons d'or avec les armes de 
France et de Navarre. Donné par le roi 
Louis XIII. 

11. Une chasuble et deux tuniques garnies 
de leurs étoles et manipules de drap d'ar- 
gent à fleurons d'argent pleins, garnis de 
passement plein d'or de Milan, aux armes 
de feu M. d'Etampes, évéque de Chartres, 

Îui sont eironnées d'or et d'azur, au chef 
'argent a trois couronnes ducales de 
gueules. 

Troisième coffre. 

12. Une chasuble et deux tuniques garnies 
de leurs étoles ; manipules de drap a fond 
d'or, fleuronnés d'or et d'areent, formés de 
velours rouge, et le bord de broderie guippé 
de Bouillon et clinquant formant les orfrois, 
aux armes de losanges, écartelé au premier 
et dernier d'azur, à six croix fichées d'or, 
trois en chef et trois en pointe, au croissant 
d'argent en cœur, aux deux et trois de 

Sueules, à la croix ancrée d*or; sur le tout 
cartelé, au premier et dernier d'or au dau- 
phin d'azur, auxdeux et trois de Champagne, 
appelé l'ornement de Sancerre. 

13. Une chasuble et deux tuniques garnies 
de leurs étoles et manipules en moire d'ar- 

Sent, l'orfroi brodé d'or de Milan, figure 
e l'arbre de Jessé d'or nué, qui est nareil- 
lement sur le fond de la chasuble et aes tu- 
niques, aux armes d'Uliers, qui sont écar- 
telés au premier,et dernier d'Uliers, d'or à six 
annelets de gueules, deux et un, au deuxiè- 
me paie d'or et de gueules de six pièces, 
oui est d'Amboise ; au troisième d'or au lion 
ue sable, qui est de Flandre, sur le tout de 
Vendôme ancien, le lion chargé d'une fleur 
de lis d'or sur l'épaule. Donné par Milon 
d'Uliers, évéque de Chartres. 

Armoires renfermiot des ehtpet. 

ik. Cinq chapes à fond de satin rouge, à 
rosettes de velours rouge entourées de lau- 
riers d'or filé, aux armes du chapitre sur la 
bille, qui sont une chemisette ; les orfrois 
d'or nué enrichis d'ovales où sont représen- 
tés la descente du Saint-Esprit, la gloire des 
saints, Tiustitution du Saint-Sacrement, le 
martyre de saint Pierre, l'histoire de Zacha- 
rie et de saint Jean-Baptiste. 

On l'appelle Tornement du Saint-Sacre- 
ment. 

15. Cinq autres chapes de drap d'or de 
grand ramage velouté de rouge,, les orfois 
brodés et les figures à manteaux coucliés 
d'or, le reste des vêtements à point de bou- 
ture; l'orfroi de celle de l'officiant, une bor- 
dure bordée et élevée d'or de trois doiy;ts de 
large, les fibres brodées d'or nué ; aui cha- 
peron est 1 histoire des Innocents, appelée 
colonia. 

16. Cinq autres chapes de drap d'iir^eul h 
fleurons aor et d'argent, ornées de velouti* 



t39 



GHA 



DICTIONNAIRE 



CHA 



S40 



rouge, les orfrois d'or nué chargés de l'his- 
toire de la Vierge. 
Don de Henri III. 

17. Une chape à fond d'or velouté» violet 
et à grands ramages, les orfrois de drap 
d'or, chargés de cercles où sont les figures 
des apôtres de points de bouture, ayant sur 
la bille une chemise de Chartres; le chape- 
ron chargé de l'histoire des Innocents, au- 
dessous duauel est un écusson écartelé au 
Kremier et dernier de deux chevrons dou- 
lés d'azur, posés en face, au deux «et trois 
d'argent à trois lézards de sinople *posés en 
pal. Don de M. le doyen NanXier et ser- 
vant à M. le doyen aux grands solennels 
d'hiver. 

iS. Una auHre chape brodée à fond d'or, 
tant les- orfrois que le corps de la chape ; les 
orfrois garnis de quantité de semence dis- 

1)0séeen compartiments en forme de feuil- 
age ; sur le corps de la chape est représenté 
un fleuve se croisant, rempli de dfilTérents 
poissons, et dans la croisière il y a de gran- 
des écrevisses. Au-dessous du chaperon de 
la chape, il y a un crucifix accompagné de 
saint Jean et de la Vierge, au bas de la chape 
une Vierge assise dans une chaire, et sur le 
corps de la chape sont les ''apôtres accompa- 
gnés de divers oiseaux. Sur le côté^ droit de 
l'orfroii il y a des armes : la première d'pr 
à trois' chevrons brisés de gueules, la deu- 
xième d'or à la fasce de gueules surmontée, 
en chef, d'un chevron de gueules brisé dont 
les extrémités joignent la fasce, et un che- 
vron brisé de même en pointe ; ensuite sont 
reproduits les mêmes écussons alternative- 
ment sur l'orfroi ; du côté gauche sont six 
autres écussons posés de même alternative- 
ment, le premier de gueules au lion d'or, le 
second ae gueules à trois lions passants 
d'or ; ladite cnape ayant un chaperon pointu 
à l'antique enrichi de deux anges qui encen- 
sent ; cette chape était réservée à l'évêque 
lors de son entrée. 

19. Une chape de velours blanc earnie de 
deux gi'os crochets d'argent à la bille, les 
orfrois à fond d'or gaufré, le tout chargé du 

f;rand arbre de Jessé, au bas de lac^^uelle se 
it en lettres brodées : Carolus d'Ilhers de^ 
canut Camotensis hoc me veste contexit 
1522 ; parcat illi Deus I Dans le chaperon est 
une Assomption et au-dessous sont les armes 
d'illiers en écusson carré, ornées d'une 
crosse, ayant au premier et dernier d'Illiers, 
au deuxième pale d'or et de gueules, au 
troisième d'or au lion de sable, et sur le tout 
de Vendôme ancien comme ci- dessus 
(voyez n* 1). 

90. Une chape à fond de velours blanc, 
chargé de figures de l'arbre de Jessé, dont 
les manteaux et arbres sont d'or couché à 
petit point, les orfrois à fond de velours 
rouge chargé de figures de chérubins d'E- 

zéchiel sur de aux armes de Louis 

de Bourbon, comte de Vendôme, qui sont 
semées de fleurs de lis d'or à la bande de 

Sueules, et autres écartelés au premier et 
eroier de Louis de Bourbon, au deuxième 



et troisième de Vendôme ancien ; le chape- 
ron représentant la Trinité. 

21. Cinq chapes de drap d'argent, à fleu- 
rons d'argent irété, garnies de passement 
d'or de Milan, avec armes de feu M. Léooor 
d'Estampes, évêqiie de Chartres. 

22. Une chape a fond de satin rouçe bro- 
dée à plein- d'or et d'argent couché, les or- 
frois de velours rouge brodés à plein d*or 
guipé, remplis de l'histoire d'Eue, donaée 
par M. Elle Fougère, doven de Ghartre», 
avec ses acme&, qui sonl a'aznr à deux che- 
vrons brisés d'argent, surmontés en chef dt 
deux étoiles d'or, au croissant d'argent ea 
pointe d'où sort une flamme de gueules en 
pal. La chape doublée de taffetas rouge et 
ayant deux grands crochets d'argent. 

• 23. Cinq chapes de velours rouée, les or- 
frois brodés et semés de flammes aor guipÂ, 
et, sur les chaperons, un gros Saint-Esprit 
d'argent entouré de flammes d'or arec lei 
armes de Louis XJII, servant à la Pentecôte 
et aux messes du Saint-Esprit. Les oifroii 
brodés d'une broderie d'argent semée de 
soie bleue. 

24*. Cinq chapes de brocart à fond d^argeol 
fleuronné d'or et d'argent, pour clôture dai 
chaperons et orfrois. Le tout doublé de taf- 
fetas isabelle avec les armes de Villeroy 
d'azur au chevron d'or à trois ancrées cb 
même, deux et une. 

25. Une chape de velours à fond vioM 
fleuronné à grands ramages d'or, les orfrois 
de broderie de feuillages et de chemises ds 
Chartres et le chaperon pareil, le tout %m* 
miné de galon de soie verte ; appelée b 
manteau du roi Jean , servant aux M» 
maines des dimanches de l'A vent et Ai 
Carême. 

26. Quatre chapes de velours rouge, les 
orfrois de brocart à fond d'or, arec fleurons 
d'or et d'argent frété, forme de velouté vert» 
aux armes de Joyeuse. 

27. Deux chapes de drap d'argent, fleu- 
ronnées d'or et d'argent frété, les orfrois 
d'or nué à figures représentant l'histoire de 
la Vierge ; aux armes de M. Guillard, évéqoe 
de Chartres sur ses billes. 

28. Quatre chapes à fond d'or, fleuron- 
nées de velouté rouçe, l'une ayant la des- 
cente du Saint-Esprit sur le chaperon et les 
orfrois de broderie avec figures ayant les 
manteaux d'or couché et le reste des vête- 
ments de pièces de bouture : la deuxième 
ayant même orfroi, de même broderie avec 
un chaperon où il y a apparence d'une Na- 
tivité ; la troisième, les orfrois pareils, et 
sur le chaperon une Cène ; la quatrième, les 
orfrois brodés d'or nué, avec figure de même 
et le chaperon de même représentant la Ré- 
surrection : laquelle chape porte sur la 
bille un écusson au champ d'argent, au 
chevron de sable ou d'azur surmonté de 
deux roses de même, une tête en pointe, 
appelée Sancerre. 

29. Deux chapes de damas rouge fleuronné 
d'or, les orfrois brodés d'or, d'arçent et de 
soie ; sur le chaperon de l'une, I apparition 
de l'ange aux Maries, et sur l'autre Noire- 



CHA 



D'EPIGRAPHIE. 



CHA 



2ii 



enr portant sa croiiL apparaissant à 
Pierre , aux armes de Guillard. 
Dein chapes de velours vert toutes 
08, histoires différentes ; garnies d'ao- 
loaot de divers instruments et semées 
taons aux armes de France. 
Une diape à fond d*or, ramagée de ve- 
▼erl etde petites fleurs en trèfle velouté 
; les orfrois brodés d*or et de figures 
es manteaux sont couchés d*or, et le 
la vêtement do point de bouture ; ayant 
chaperon une Trinité. 
Une chape de velours rouge remplie 
1res des douze apôtres ; les manteaux 
I el couchés d'or à petit point et le 
les TÔtements à petit point : au bas, 
rd de feuillage brodé, les orfrois par 
^dont Tun est de velours rouge chargé 
Mrs environné de lis, Tautre au fond 
e blanc trélissé d*ar^ent, avec un car- 
e à fond vert rempli d*uu cygne d'ar- 
•u troisième carrelés armes de Berrv, 
de France, à la bordure engreslée de 
», et ainsi en continuant pour le reste 
Très. 

Une chape de damas rouge, tout le ra* 
fermé d un cordonnet d*or de Milan, 
rfrois d'or violet brodé de feuillage 
re d'or et d'argent, avec des ronds rem- 
e figures : sur le chaperon, un saint 
e ayant un chanoine à ses pieds, et, au 
1 chaperon, un écusson d'or de trois 
if au chef de gueules à trois étoiles d'or, 
isce de sable, et en points d'or à' trois 
>ns de sinople. 

Une chape de damas rouge fleuronné 
les orfrois de brocart d'argent où est 
e Fhistoire de là manne. 
Une chape de damas ffiguré de grands 
us d*or, les orfrois brodés d'or et de 
sur le chaperon un saint Thomas met- 
1 main dans le côté de Notre-Seigneur. 
Une chape à fond d'or couché où il 
nsieurs ronds remplis du martyre de 
»ars saints, avec des anges qui encen- 
[dusieurs endroits ; les orfrois de bro- 
B de soie rouge et aurore. 
Une chape de damas rouge à fleurs d'or 
ompartiment; les orfrois brodés d'or 
les figures dont les manteaux sokit cou- 
for et le reste des vêtements brodés à 
loint sur le chaperon : en pointe, un com- 
ament de la vierge, et en bas un écus- 
teartelé porté par deux ançes, au pre- 
et dernier de France à trois fleurs de 
A deuxième et quatrième d'or à deux 
lins d'azur. 

Une chape de velours à fleurs rouge 
lisi; les orfrois de velours vert brodés 
fe avec des ronds où il y a partie des 
as: sur le chaperon, un samt Michel 
un chanoine à genoux auprès de lui, 
i bas du chaperon, un écusson d'azur à 
nrire d'argent au chef d'or à trois trèfles 
lople. 

Une chape de velours rouge brodée 
osienrs feuillages d'or formant un com- 
nentdans lequel sont représentés plu- 
I martyrs ou saints, dont les manteaux 



sont brodés d'or et le reste des vêtements 
brodés de soie à petit point avec de petits 
oiseaux semés en plusieurs endroits ; les or- 
frois brodés d'or avec figures brodées d*or 
sur les manteaux, et le reste de soie, à petit 

[)oint. Le chaperon en pointe sur lequel est 
e trépassement de la Vierge ; ladite chape 
appelée la chape des martyrs. 

&0. Une chape de velours rouse semée de 
croix d'or de masse ; les orfrois brodés aussi 
d*or de masse, avec plusieurs figures bro- 
dées de même. Appelée la chape de la croix. 
hi. Cinq chapes de velours noir, les orfrois 
de satin blanc bordés d'une gaufrure d'or de 
Milan, avec figures d'anges, et, sur l'un des 
chaperons, l'histoire de la résurrection du 
fils de la veuve de Naïm; sur le deuxième, la 
résurrection de sa fille,Piie//a, tibi dico^surge^ 
par Notre-Seigneur ; sur la troisième par Elie, 

et sur la cinquième la résurrection de 

avec ces paroles : Jlfu/ter, toile ûlium tuum : 
toutes lesquelles figures sont d'or nué sur 
satin blanc. 

III. 

Reliq}Aes, 

1. La première ch&sse en vermeil doré (sic) 
travaillée à jour, avait été donnée par Hen- 
ri IV, le jour de son sacre en l'église cathé- 
drale de Chartres, le 28 février 159b. 

2. Deux grands calices de vermeil avec 
leurs patènes, servant aux jours solennels : 
l'un donné en 1582 par Henri III ; l'autre, 
par l'amiral de Grœsville, est orné de ses 
armes, sous Charles YIII, en ik8i; l'un et 
l'autre de0'',325de haut. Le second, porté à 
Paris en 1563, afin d'y être vendu pour les 
besoins de l'État, fut estimé à 100 liv. (1) et 
rapporté. 

3. Deux grosses burettes de vermeil, ou- 
vrage antique de 0",162 de hauteur. 

4. Deux mstruments de paix, l'un d'argent, 
ayant 0",217 de hauteur et 0",135 de largeur ; 
l'autre de vermeil, donné en 1600 par M. 
Boeto, doyen, a 0",217 de hauteur et0*,i08 
de la^seur. 

5. Une croix de 0~,325 de hauteur, dont le 
pied de la colonne et le fût sont d'émeraudes ; 
le pied composé de trois tables triangulaires, 
dans le milieu desquelles il y a des onyx 
taillés. Ce pied est posé sur trois agates au- 
dessus desquelles est une colonne torse d'une 
seule émeraude ; le fût de la croix aussi d'é- 
meraudes en tables de 0"',027 de large ; le 
tout enchAssé d'or, enrichi de perles, (rubis 
et turauoises, donné par Henri UI, en 1582 ; 
estimée 30,000 livres. 

6. Une Vierge de vermeil doré portant son 

fils ayant Or^ikï de hauteur et pesant 

2 marcs 6 onces, donnée en 1256, par 
Alaïde, abbesse de Moutreuil, en Picardie. 

7. Une grande Vierge d'argent, de 0"',650 
de hauteur, pesant 10 marcs et demi, nom- 
mée Notre-Dame Blanche, ou de lacie. Au 
milieu du reliquaire est une petite boite d'or, 
dans laquelle il y a une petite fiole de cristal 
pleine de lait de la sainte Vierge. 

(i) F^e marc d^argent valait alors 15 liv. 15 a, 



U5 



CHA 



DiCTlONNAIRE 



CHA 



114 



8. Une autre Vierge d'ambre gris en demi- 
relief de O^yTGO en hauteur et largeur. Le 
▼isage et les mains de la Vierge et de Van- 
fant Jésus sont d'albâtre ; ils portent Tun et 
l*autre une couronne d'or, enrichie de perles; 
au bas du tableau sont è genoux deux anges 
d'or émaillé 

9. Présent fait par la république de Ve- 
nise à Henri III, qui le donna à l'église de 
Chartres le jour de la Chandeleur, en 1583. 
La république de Venise depuis a voulu le 
racheter, et en avait offert 10,(M)0 liv. 

jBenri III fit ce présent avec la croix d'é- 
iDeraudes et le calice de vermeil n^* 2 et S 
ci-dessus. 

10. Un saint Laurent de vermeil, ayant 
0*,515 en hauteur et pesant ik marcs, dans 
lequel est enchâssée une dent de ce saint 
martyr. 

11. Buste à mi-corps de vermeil doré, de 
sainte Ampionie, de la hauteur de Or^k&if 
po«é sur un grand pied aussi de vermeil, 
porté par quatre lions ; le tour du col bordé 
de rubis et d'émeraudes, dont celle du mi- 
lieu qui sert comme d'agrafe , est d'un 
prix considérable pour sa grandeur et sa 
beauté. Donné, en 1503, par la cardinal Per- 
rault, à qui MM. de Cologne ea avaient fait 
présent. 

12. Une Vierge d'or émaillé (hauteur 
0*,b60), ayant un grand manteau émaillé de 
bleu, et à cause de cela nommée Notre-Dame 
Bleue ; elle tient par la main gauche son fils 
debout è côté d'elle et qui est aussi en or. 
L*or et l'argent de cette figure pèsent en- 
semble 35 marcs. La Vierge est assise dans 

une chaise au pied de cette chaise est 

un reiiauayire contenant des cheveux de la 
sainte Vierge. Donnée en 138^, par le pape 
Clément Vil à Jean de France, duc de Berry, 
lequel en a depuis fait présent à Téglise, 
avec cette belle figure de la Vierge, comme 
SI parait par les registres de l'œuvre de l'an 
iwi. Les mêmes registres constatent encore 
qu'en 11^16, Jean Tarenne, changeur et bour- 
geois de Paris, donna le pied ou base de 
cette châsse, qui est d'argent doré, environ- 
né de panneaux de même, émaillés de bleu 
et semés de fleurs de lis. 

13. La sainte châsse (longueur 0",6T7, lar- 
geur 0-,271, hauteur 0-,569j, posée sur un 
brancart de vermeil doré, semé de fleurs de 
lis en bosse. Cette châsse pesée, avec son 
brancart, le 1" octobre 1706, fut trouvée de 
93 livres. 

Cette châsse est faite de bois de cèdre, 
couverte de grandes plaques d'or (1) et enri- 
chie d'une infinité de perles, diamants, rubis, 
émeraudes, saphirs, jacinthes, agates, tur- 
quoises, opales, topazes, onyx, « rysoliles, 
améthystes, grenats, girasols, sardoines, as- 
troïtes, cassidoines, calcédoines, héliotropes 
et autres joyaux et présents. 

L'inventaire présente la description de 105 

(I) Il ¥ avtit 60 marcs d*or ei 10 d'argent sur la 
sainte châsse, comme il parait par le procès-verbal 
d'estimation qu'on en iil en 15Uâ, par ordre du roi 
Charles IX, pour la vente des reliquaires* 



bijoux d'or, d'argent, de vermeil et de pier- 
reries diverses, voici les. principaux : 

1"* Une ceinture d'or (pesant 3 marcs 1 once, 
estimée 500 écus) environnant le bas de Ht 
châsse et enrichie de 15 rubis, iO saphirs et 
6&> perles. A l'un des bouts il y av«ii «me 
grosse agrafe en or, à l'autre an onyx ser- 
vant de bouton. Donnée par la reine Anne 
de Bretagne, qui y joignit deux bra^eti 
d'or, émaillés, attachés au-dessous de eattt 
ceinture. 

En 1563, elle consistait en 67 couplets et 
avait 68 perles et 30 pierres pnécieuses; le 
tout pesant 3 marcs 1 once, estimé SM 
écus. Portée è Paris pour être vendue k raî* 
son des besoins de l'État, elle fitt ren- 
voyée. Par un inventaire de 1687, il y avait 
16 rubisi 10 saphirs, 6k perles et aa boni m 
onyx. 

2** Une grande croix de pierreries, delroii 
ou quatre doigts de large et presoue de toute 
la hauteur de la chftsse, faite de M rubis ba- 
lais et grenats, 18 saphirs, 2i perles, 8 éoie» 
raudes, 18 onyx et 4jacintbest letoutdiaporf 
en trois ran^s et enchâssé en çros chatOM 
d'or. 11 y a plus de MO ans qu'elle est sur la 
sainte châsse, comme il parait oar un vieil 
inventaire de 1353. 

3* Au-dessus du bras de cette eroii, aofit 
deux grandes pièces d'orfèvrerie antiques 
(de plus de 400 ans), en manière de cor de 
chasse» représentant les quatre saisons^ et au 
milieu des tableaux la Vierge, Sarnsonécar-' 
tant la g;ueule d'un lion. Jésus à mi-eorps et 
un Christ accompagné de deux anges* Sor 
l'un des tableaux se lit : Rich. Wari. mê fk 
Ces deux beaux morceaux enrichis de beau* 
coup de perles et pierres précieuses. 

4« Une agate ovale, de près de 0*»03(de 
haut, représentant une Diane à la chasse. 

6* Sur le toit ou couverture de la sainte 
ciiâsse, trois gros saphirs en cabochons noo 
taillés, celui du milieu enchâssé dans un 
cercle plat de vermeil que l'on croit Tenirdu 
roi Robert. (Il y a plus de 400 ans qu'ils sont 
sur la sainte châsse, ainsi qu'on le voit par 
l'inventaire de 1353.) 

6** Deux aigles plats d'or ourrage de 

saint £loi, posés sur les deux bouts du loit. 
Donnés en 098 par Rotelinde, mère deOJon 
(Eude), évoque de Chartres. 

T Un diamant non taillé, de la longueur 
de 0",027 sur 0,020 tant de largeur que de 
hauteur, encastré dans un chaton d'or ovale 
de Gligrane, enrichi de petits rubis et tur- 
quoises ; il est d'une très-belle roche, et se- 
rait d'un prix considérable s'il était travaillé, 
étant plus gros que le tiers de celui du duc 
de Toscane, estimé plus de â millions» lequel 
passe pour le second des diamants taiilés^ le 
premier étant au grand Mogol. 

8** Sur le second côté de la sainte châsseï 
une manière de portique, au milieu une 
Vierge d'or tenant son iils ; pèse un marc, 
une once, deux gros. 

9° Un tableau d'or, ovale à deux faces : sur 
l'une sainte Hario-Madeleine, accom^iagnéê 
de Louis, comte de Vendôme ; sur l'autre se 
Ut : « Nous Louis de Bourbon, cumtê de 



CBA 



D*£PIGRAPII1E. 



GHA 



«4C 



iddme, avons donné ce tableau à l*église 
D. de Chartres, et y donnons par chacun 
à toujours* une once d or à prendre sur 
redil comté de Vendôme. Fait Tan 1404», 
mois d'août. » Et fut donné par lui au 
is d'octobre suivant. 

D^ Un autre tableau d*or, en manière de 

B ouTrant en haut du pignon est une 

ide agate ovale, sur laquelle est taillé un 
iter...,. Le cadre, qui est ovale, est 

au bas, un écusson couronné aux 

es de France. On lit sur la couronne : 
iroi Charles V, fils du roi Jean, donna 
» agate k Téglise, en 1367 » : estimée 

livres. 

est dans cette châsse qu*étnit conservée 
iiemise de la Vierge, donnée en 896 uar 
oi Charles le Chauve. 

beadon, Cfaartrain, la fit couvrir d'or, 
i qu'il est constaté par le nécrologe de 
ise de Chartres qui porte que, outre 
3 libéralité, il fit encore bâtir le froutis- 
de la porte royale, entre les deux clo- 
8, et qu'il contribua aussi beaucoup de 
moyens à la couverture de Téglise. Il 
rut en 911, et fut inhumé à Saint-Père. 
. Un grand reliquaire d'or ovale, posé 
6 haut d*une colonne de vermeil, semée 
eurs de lis, soutenu par deux anges à 
»ax sur une grande base à huit pans 
i de vermeil. Il y a entre autres reliques 
ois de la vraie croix. Hauteur de tout le 
[oaire, 9",6â3. L'or de Tovale et du ta- 
II de la vraie croix estimé 800 livres^ 
le et la colonne estimés 200 écus sol. 
anges et la base dorée pèsent 27 marcs 
ces ; au-dessous de l'ovale est un rubis 
très-grand prix, dans un chaton d'or, 
fté en 1562, par ordre du roi, à 80 écus. 

1 beau reliquaire fut donné par le duc 
de Berry, en U06. 

. Une ceinture de 0*,&61 de long sur 
re doiçts de large, faite de grains de 
elaine blancs et noirs, bordée de soie de 
-épie rouge. Il s'y lit : Virgini pariturœ 
m Huronum. Elle fut envoyée par les 
>QS en 1678. 
. Une autre ceinture de l",9/k9 de long 

e 0*,162 de large Le fond est de 

is de porcelaine couleur violet foncé, 

cette inscription : Virgini Matri Abna- 
i D. D., en grains blancs, tous lesquels 
au nombre dé onze milliers. Envoyée 
les Abnaquiers, sauvages de la Nbu- 
H-France, en 1695, et reçus en septembre 
• 

• Une médaille d'or ayant d'un cdté 
; Louis et de Tautre deux mains de ius- 

sur le revers une couronne de lau- 
i avec ces mots : A V immortalité l et 
ar, prix d'éloquence^ 1673. Donnée en 
y par l'abbé Matthieu de Melun de Mau- 
uis, chanoine de Chartres, qui Tavait 
e pour le prix par lui obtenu de TAca- 
ie française. (Pèse h^ onces, 2 deniers, 
Dt 900 hv.) 

I. Un ange d'argent tenant une main d*or 
\ laquelle est une partie de celle de saint 



Thomas. (Hauteur 0"650.j La main pèse 1 
marc, 5 onces. 

19. Un soleil de vermeil ou porte-dieu 
(hauteur 0»,iih33, longueur 0»650, largeur 
0»9l62), porté par deux anges ; au-dessus 

un dais de vermeil porté par quatre 

Le tout orné de pierreries. 

20. Un saint Georges à cheval (hauteur 
0»,M7, longueur 0»",325|, en vermeil, le- 

Suel se démonte en plusieurs endroits, 
onné en 1634 par Nicole, duchesse de Lor- 
raine. 

21; Une grande croix de vermeil, enrichie 
de nierreries, servant aux processions solen- 
nelles (hauteur 0«,921); 

92. une autre croix en vermeil qui se met 
sur l'autel aux jours solennels (hauteur 
0«,623, pèse 3 marcs 3 onces). Donnée par 
MM. de la ville dlssoudun. le 15 mars 1630. 

23. Un bflton de brésil (hauteur de 1",705), 
virole d^argent en plusieurs endroits; au 
haut, une grosse fleur de lis en vermeil 
C'est le bourdon que le roi Jean portait en 
ses pèlerinages. Il sert de bAton cantoral aux 
petits solennels. 

24. Un autre bâton cantoral (hauteur de 
1°',786, pesant 15 marcs, 5 onces). Donné le 
13 mai 1559, par M. Thiersant chanoine ; sert 
aux grands solennels. 

25. Un missel couvert de vermeil (hauteur 
0»,460, largeur 0»»,298). 

26. Un textuaire d'évangiles, aussi de ver- 
meil, dont les deux couvercles pèsent 11 
marcs, 2 onces. 

27. Un textuaire d'épltres, aussi couvert 
de vermeil. 

28. Une châsse de bois doré (longueur 
1°*,056, hauteur 0»,569}, contenant deux sacs 
renfermant des reliques. 

29. Un reliquaire de vermeil doré (hauteur 
0B,i06), contenant un morceïiu d'une cein- 
ture de la Vierge et un morceau d'une côte 
de saint Louis. Donné en \Wî par le comte 
de Vendôme. 

30. Une châsse de vermeil (longueur 
0-,623, largeur 0«»,379, hauteur 0«,812). 

31. Le chef de sainte Anne (hauteur 
0"',542), dans un buste de vermeil doré. 
Donné en 1204 par Louis, comte de BIdis 
et de Chartres, qui l'avait envoyé de Con- 
stantinople. 

32. Un buste de vermeil doré, représen- 
tant un évêque (hauteur 0",704), lequel ren- 
ferme le chef de sairil Lubih, évoque do 
Chartres, mort en 551. 

33. Un petit tableau de vermeil , fermant 
à volets, dans lequel il y a du bois de la vraie 
croix, apporté de la Terre sainte par Huré, 
chanoinedeChartres (hauteur 0",135à0*,162, 
largeur 0-,108 à 0-,l35). 

3*. Uta calice en vermeit avec sa patène, de 
0*,162 ; c'est celui de saint Yves. 

35. Le chef de saint Matthieu, renfehné en 
un buste de vermeil (nailteur V*,460). On a 
scié au bas du crâne, par derrière, plusieurs 
morceaux pour donner è des personnes de 
grande qualité. Apporté de Constantinople 
en 1205, par Gervais, comte de Châteauneuf» 
qui le donna à l'église de Chartres en 1853, 



Ul 



CIIA 



DICTIONNAIRE 



CHA 



M 



Le Chapitre fit faire ce busle par Jean Du- 
han, orlévre, et donna 54- marcs, 9 onces, en 
deniers d'argent, et 25 écus d'or. 

36. Une main de vermeil renfermant des 
reliques de saint Etienne, pa[)e, premier de 
ce nom. Elle porte les armes de Jacques Fouré 
de Mainvilliers, évêque de Châlons. (Lon- 
fçueur 0*480, largeur I0",13o, hauteur 
0~,2W). 

37. Un grand calice d'argent avec sa pa- 
tène, pesant 12 marcs et demi. Donné par 
le maréchal d'Ornano, le jour de la Chande- 
leur, 1602. 

38. Le chef de saint Théodore, donné en 
1120, par Geoffroy de Lèves, évoque de 
Chartres, enfermé dans une châsse à 6 faces 
(hauteur O-'WO, largeur 0~,2W). 

il y avait dans cette châsse deux écrits sur 
parchemin ; l'un, des commis de l'œuvre, 
certifiait que le chef de Théodore était autre- 
fois dans une châsse d'argent doré qui fut 
prise sous Charles IX et qu'il fut remis en 
celle-ci sous Henri III, laquelle fut bénie par 
M. deThou, évoque; l'autre était un ci^rti- 
licat de M. Mahon, orfèvre, attestant avoir 
refait cette châsse en 1576. Le chef qui était 
dedans avait été dépouillé de sa première 
châsse, qui pesait 19 marcs d'argent doré, 
du temps de Charles IX. Il fut pris en même 
temps, en ladite église, 120 marcs d'or et 6 
à 700 marcs d'argent de toutes sortes d'ou- 
vrages de reliquaires de l'église, par ordre 
(lu roi, à cause des nécessites du rovaume, 

f>our écarter les hérétiaues ; on enleva de 
a sainte châsse ki) belles pièces d'or de 
Plusieurs histoires. Il y avait de beaux ru- 
is balais, témeraudes et belles perles, qui 
furent vendues en 1562 et par lui estimées 
à 10,000 livres. La sainte châsse ne sortit 
point de l' église, les habitants de la ville s'y 
opposèrent et donnèrent des otages pour la 
représenter. 

39. Un reliauaire composé de deux cylin- 
dres de cristal en croix, ayant des reliques 
de saint Luc, évangéliste, et de saint Vin- 
cent, martyr; il est porté par un chérubin. 
Sur le haut du second cylindre on lit sur un 
vélin : De S. Marci evangelistœ corpore, Deus 
S. Sixti primi Remorum episcop. 

M). Un reliquaire appelé des Marées, fait 
d'un cylindre de cristal; sur deux morceaux 
de vélin on lit : 

Hic sufU i$tœ reliquiœ : V de lacté beaiœ 
Virginis^ de ligne crucis B, Pétri apostoli 

2* Ceeiliœ^ Vincentiiy Nicasii.... 

ki. Une vierge d'argent tenant son fils 

S hauteur 0~,352), proche d'elle est une femme 
i genoux, représentant Madame Marie de 
Luxembourg, veuve de Philippe-Emmanuel 
de Lorraine, duc de Mercosur, laquelle fit 
don de cette figure, en reconnaissance de la 
guérisoD qu'elle obtint, en 1618, par l'inter- 
cession de la sainte Vierge, pour Madame la 
duchesse de Vendôme, sa fuie. 

42. Deux grands chandeliers d'argent d'en- 
viron 1*,624 de hauteur, pesant chacun 
80 marcs. Présent du roi Louis XIII, en 1637, 
lequel donna en outre 500 livres de rentes à 
prendre sur sa généralité d'Orléans , pour y 



entretenir des cierges de cire blanche au 
jour des grandes fêtes 

43. Une châsse de bois doré (longueur 
0-,596, largeur 0- ,217, hauteur 0-,MO), ren- 
fermant les reliques de sainte Thècle. Il s'y 
trouve des reliques de saint Gôme et dei 
morceaux d'une grande botte d'ivoire, sur 
lesquels est représenté le martyre de sainte 
Thècle. Ces reliques étaient autrefois dans 
une châsse d'argent pesant 17 marcs, qui fat 
vendue en 1562. 

kk. Une châsse couverte d'argent doré 
(longueur 0~,650, largeur 0^,325, hauteur 
0'',623), renfermant le corps de saint Tog« .; 
dual, évoque de Tréguier. Il vivait en SU. 

45. Une châsse d'un bois tout uni, de U 
longueur d'un corps entier (longueur 1*,HS, 
largeur 0*,514, hauteur 0",623); celai de 
saint Piat, martyr, était dedans. 

46. Une châsse (longueur 0~,731, largeur 
0'',352, hauteur 0*^,650), contenant des re- 
liques de saint Caltri, évéque de Chartres, 
mort en 557. 

kl. Le bénitier de l'église de Chartres pèse 
10 marcs, 3 onces, avec l'anse; le goupillon 
pèse 7 onces et demie. 

k8. Une châsse (longueur 0*,M8, largeur 
0*,W)6, hauteur 0'',731), couverte de laroei 
de cuivre, renfermant le corps de saiol Tau- 
rin, évèque de Chartres. 

h9. Une châsse (longueur 0"',758, largeur 
0",352, hauteur 0*,623), contenant partie du 
corps et le chef de saint Bohaire alioê Bé- 
thaire, vingtième évèque de Chartres, qd 
fut élevé à l'épiscopat en 5%. 

50. Une châsse (longueur O'^yGSS, laqgnr 
0*,325, hauteur 0",569), contenant dirers os- 
sements de sainte... 

51. Deux grands tableaux en broderies 
(l'un de 4" ,223, sur 2"',599 de hauteur), re- 
présentent l'Assomption delà sainte Vierge. 
Au bas, d'un côté, est le roi Jean avec ses 
deux fils, Charles V et Louis d'Anjou; de 
l'autre côté, la reine Bonne de Luxembourg, 
sa femme, accompagnée de ses deux filles. 
L'ouvrage est une broderie extrômement re- 
levée : les vêtements sont d'or nui^ enrichis 

V de pierreries et de perles. Les carnations 
sont d'un point refendu plus fin que le satin. 
Le duc de Berri en fit présent en 1146, pour 
servir de retable au grand autel ; il a coûté 
100,000 écus. 

L'autre, ayant aussi (*,223 de long sur 
2-,274 à 2-,599, représente l'histoire de la 
passion et de la résurrection de Jésus-Christ. 
Cet ouvrage est admirable; dessin beaucoup 
plus moderne que celui du roi Jean. Il 
est d'or nué en broderie mêlé de différents 
points. Les contours et les bords des drape- 
ries sont enrichis de perles fines; il y en a 
trois extraordinairement grosses formant la 
tête des clous avec lesquels le Sauveur est 
attaché à la croix. Le cadre, qui est d'archi- 
tecture faite de point traîné, est aussi rempli 
de perles. Il fut donné le 12 avril 1SIS6, oai 
M. François Bohier, évéque deSaint-Malo, 
chanoine et dévot de Normandie, en l'églisf 
de Chartres ; était estimé 50,000 écjift 



t49 



CHA 



DT.PIGRAPIIIE. 



CHA 



250 



Proeès-Yerbil àt dépoolllemeot do It stiote cbâne. 

Aujourd'hui mardi» 17 septcml)re 1793 , 
Tan II de la République, en présence des 
citoyens administrateurs du département 
dTure-et-Loir et des officiers municipaux 
de cette rilie, a été enlerés par le citoyen 
Sergent (1), représentant du peuple, et du 
citoyen Lemonnier, cintre {êic)^ tous deux 
membres de la commission des monuments, 
en yertn des pouvoirs qui leur ont été don- 
nés par la loi au 27 juillet, de la ch&sse de la 
Vieràe qoi était dans le trésor de la ci-devant 
cathédrale de Chartres, 

Les bycux et objets qui suivent... (Suit 
Tém Êm é raiian de ces objets.) 

IV. 

IfiKee tur le vêtement dit chemise de la 
Vierge conservé autrefois dans le tré- 
de la cathédrale de Chartres. 
ffMmiflUoa de M. Doublet de Boisibibault (S). 

Ce voile aurait été donné à Téglise de 
Chartres en 876 par Charles le Chauve. Ce 
voile s'appelait supparum (Voir Gall. Christ. 
U VIII, col. 1008). Willemin, qui en a pu- 
blié un dessin dans ses Monuments français 
méiiiê (pi. 16), donne à ce voile 0-,488 de 
lineeur. 

Ce qui attribuerait à ce voile une haute 
antiquité, ce serait le témoignage de M. A- 
drien de Longpérier, lequel trouve dans le 
tissu une ressemblance frappante avec la 
toile qui enveloppait les momies trouvées en 
B^rpto. ' 

Nous donnons ici la copie du procès- 
veHnU (3) dressé et renferme par M. de Lu- 
bersac, ancien évèque de Chartres, dans le 
reliquaire où il a déposé la portion par lui 
recouvrée du voile de la très-sainte Vierge. 

« Nous, Jean-Baptiste-Joseph de Lubersac, 
ancien évoque de Chartres, premier aumô- 
nier de feu madame Sophie de France, etc. 

c Au retour d*un long exil que nous avons 
subi ainsi que la plupart des ministres de 
Franco âdèies à la religion catholique ro- 
maine et au gouvernement qui avait fait le 
bonheur de nos pères depuis tant de siècles, 
noas avions à peine pose le pied sur le sol 
de notre patrie, où nous avions laissé de si 
tristes souvenirs et des regrets si chers, que 
BOUS nous sommes enquis avec empresse- 
ment et inquiétude de Tétat présent de notre 
troupeau et de notre église, autrefois, hélas I 
si illustre et si florissante; motif suffisant 
pour la supposer plus maltraitée par la horde 
impie et sacrilège qui avait promené la dé- 
vastation sur tout le territoire envahi par 
elle. 

« Ce triste présage, trop bien fondé, ne se 
trouva aussi que trop réalisé par la spoliation 
générale des églises de France, en particu- 
lier du riche trésor de notre église cathé- 
drale; mais ce qui a excité le plus éminem- 
ment notre indignation et la vivacité de nos 

(1) Mort à Nice, le 24 juillet 1847. 

BuUetin det Comitéi, déccmb. 4850, p. 280. 
Celte pièce appartient au cabinet de M. Dou« 
Mtde»Bpistliibaiat, 



regrets, c'est Tenlèvement et la profanation 
de la précieuse relique dite la Cnemise de la 
três-sainte Vierge (présent d'un empereur 
d'Orient à Charlemagne), donnée h l'église 
de Chartres par Charles le Chauve, son petit- 
fils et arrière-successeur, en 876, d'après les 
chroniques de ladite église, et conservée, 
depuis cette époque, dans une magnifique 
chAsse ou arche couverte en totalité d'une 
feuille d'or, sur laquelle étaient représentés 
les douze apôtres, soutenue aux quatre an- 
gles par autant d'anges d'or massif, et sur- 
chargée d' ornements en pierreries, perles, 
pierres gravées et autres bijoux précieux, 

{presque tous dons de la piété des souverains 
rançais et étrangers envers la mère de Dieu, 
le plus grand nombre par reconnaissance des 
bienfaits miraculeux en leur faveur de la 
puissance infinie et de son insigne pro- 
tection. 

« Quelques renseignements à nous parve- 
nus par 1 effet de nos recherches, recueillis 
avec soin et poursuivis avec autant de cons- 
tance que d'ardeur, nous ont conduit aux 
découvertes suivantes : 

« Au mois de décembre 1793, des commis- 
saires des trois corps constitués de la ville 
de Chartres s'étant réunis dans la sacristie 
de notre église cathédrale, se firent représen- 
ter par les sacristains la sainte chAsse, qui 
était confiée à leur carde , ainsi que tous les 
objets précieux renlermés dans le trésor. 

« A l'aspect de cette vénérable relique, ils 
furent saisis d'un sentiment religieux, et ils 
arrêtèrent que la sainte châsse ne serait ou- 
verte que par des ecclésiastiques. En consé- 
quence de cette décision, M. l'abbé Jumen- 
tico, ci-devant curé de Saint-Hilaire de 
Chartres et ancien promoteur de notre dio- 
cèse, fut requis, avec un autre ecclésiastique, 
de se transporter à la sacristie. Lorsqu'ils y 
furent arrivés, M. Guillard, le jeune, en sa 
qualité de procureur svndic de fa commune, 
les invita de procédera l'ouverture de ladite 
chAsse, et d'en extraire eux-mêmes toutes 

les reliques qui y étaient enfermées 

Cette ouverture fut faite en présence au 
moins de cinquante personnes, toutes péné- 
trées de respect pour les objets qui avaient 
été depuis si Ipngtemps exposés à la véné- 
ration des peuples. Ce resoect redoubla 
lorsqu'on retira d'une petite cnAsse d'argent 
le précieux voile appelé la Sainte chemise: 
cette antique relique, qui consistait en deux 
voiles, dont l'un servait d'enveloppe à l'au- 
tre, fut présentée à tous les assistants. 

« Sur la réquisition des commissaires, il 
fut dressé un procès-verbal contenant la dé- 
signation des deux voiles, la nature de l'é- 
toffe, leur longueur, leur largeur, et la des- 
cription des animaux et oiseaux qui bor- 
daient celui qui servait d'enveloppe; ensuite 
les deux voiles furent repliés et allaient être 
replacés dans la petite cnAsse qui les conte- 
nait, lorsque plusieurs personnes, dirigées 
par un sentiment que nous ne pouvons qua- 
lifier, en demandèrent quelques fragments; 
malgré les observations religieuses des deux 
eccl]^siastiques, qui firent tous leurs e^orti 



Mi 



CHA 



DICTIONNAIRE 



CflA 



pour les conserver dans leur intégrité, les* 
deax voiles furent coupés et divisés en plu- 
sieurs morceaux, et lurent donnés à ceux 
qui en demandèrent. 

« Par le mdme procès-verbal , il fut arrêté 
que ce qui restait des deux voiles serait en- 
voyé à M. l'abbé Barthélémy, célèbre anti- 
9 uaire orientaliste, et membre de TAcadémie 
es sciences et belles-lettres de l'Institut de 
Paris, pour le soumettre à son jugement et à 
ses observations, sans l'informer sur son 
origine, sa qualité et son mérite. Les com- 
missaires reçurent pour réponse que c'était 
une étoffe en soie qui devait avoir plus 
de mille ans, et semblable à celle qui servait 
de voile aux femmes dans les pays orietH 
taux. 

« Ce n'était donc pas ce que l'on nomme 
de nos jours une chemise, comme on l'avait 
cru constamment, mais un vêlement qui, 
ayant appartenu à la plus pure de toutes les 
créatures, et servi fidèlement à lui couvrir la 
tête et à revêtir toute sa personne sacrée, 
n*en était pas moins digne de Tenquête que 
nous faisions pour le recouvrer et le réinté- 
grer dans ce haut degré de respect et de vé- 
nération dont il avait joui jusqu'à l'époque 
de son extraction en 1793. 

c D'après ces données, nous sommes par- 
venu à recouvrer quelques-uns des irag- 
menls qui, comme nous avons dit, en avaient 
été séparés et livrés ensuite à différentes 
mains, et par divers motifs de dévotion ou 
de curiosité. Il ne nous a pas été difficile d'en 
obtenir la restitution, en exposant aux dé- 
tenteurs qu'en outre de l'affreuse profanation 
dont ils se rendaient journellement cou- 
pables, ils annulaient jusqu'à l'existence de 
l'objet sollicité de notre part, s'ils laissaient 
s'écouler un temps suffisant après lequel 
toutes les preuves de sa qualité originelle 
seraient su périmées. Ce malheur, leur avons- 
nous dit, doit être empêché par un person- 
nage ayant caractère pour constater son 
identité avec la célèbre relique remise, au 
u' siècle, par un de nos rois aans le trésor de 
l'insigne église de Chartres, où elle avait 
été vénérée depuis par tous les fidèles. L'éclat 
des miracles, témoignages si authentiques , 
opérés à presque toutes ses ostensions et 
expositions, si souvent répétées dans les oc- 
casions les plus critiques, a maintenu la 
sainteté et la célébrité de ce précieux gage 
de la protection de la mère de Dieu, envers 
un peuple tput dévoué à son culte, et jusqu'à 
l'époque de la révolution si fatale à la religion 
elle-même. 

« Nous avons d'abord réussi à nous eu 
procurer deux portions notables de la mri 
de deux diocésains, M. Loret et M. Guittard 
l'atoé, le premier, juge au tribunal de pre- 
mière instance à Paris, le second, homme 
de lettres et frère de M. Guillard, susnommé, 

Erocureur syndic de la commune de Chartres, 
l'un et l'autre décédés depuis peu, et aux- 
quels nous avons concédé deux petits reli- 
Juaires ovales, d'argent, ornés d'un cercle 
'or| contenant uu ^chanlillQO dQ U pré^ 



cieuse relique, dont nous en avons ti 
un autre pour notre croix de cérémoni 

« Sur l'avis que nous avons fait pas 
Chartres de cette intéressante conqo 
M. l'abbé Costé, prêtre... ci-devant dha 
de Saint-André cfe Chartres, notre anci< 
crétaire et celui de notre évftché, il 
empressé de seconder notre zèle e' 
efforts par des informations scniDulf 
mais discrètes, sur les suites de la 8 
tion du trésor de notre église, et paru 
rement de la sainte châsse... 

« 11 nous a appris que M. GuiUl 
jeune avait retenu et conservé les 
des deux voiles que M. l'abbé Barth 
lui avait renvoyés en sa qualité, à cett 
que, de procureur syndic de la comi 
avec la réponse adressée aux commis 
qui l'avaient consulté; que ledit M. Gu 
avant sa mort, les lui avait confiés pot 

Rar lui remis à M. Maillard, alors ci 
otre-Dame de Chartres; et que mad 
selle Maillard , sa sœur et unique héri 
en était restée nantie... 

« Il nous a même ajouté que M. 
Jumentico, susnommé, auquel il les 
fait voir avant de nous les envoy^er, lei 
reconnus pour être de ceux remis à M. 
lard, après l'extraction de la sainte chl 
laquelle il avait assisté el coopéré. 

« La pieuse et respectable deoM 
Maillard, instruite de tous les moure 
que nous nous donnions pour retron 
qui devait contribuer aussi essentielle! 
relever la gloire de la très-sainte Vier 
ranimant son culte dans notre cité 6l 
une église qui lui sont consacrées c 
l'origine du christianisme, s'est fait u 
voir de s'en dessaisir et de nous les fai 
mettre. 

(t Fen M. de Mérinville, celui de oa 
décesseurs qui, le dernier, avait fait l'c 
ture de la sainte arche, y avait renfen 
procès-verbal constatant l'état où il 
trouvée et celui où il l'avait mise, 
mars 1712. Celte pièce essentielle à l'i 
tion de notre dessein est due aux^sc 
aux recherches do M. l'abbé Jumei 
précité, comme nous ayant déjà four 
détails de faits et d'autres circons 
dont il a été le témoin, et va être joii 
présent. 

« Ayant perdu l'espoir de recouvi 
surplus des morceaux dispersés du vo 
la très-sainte Vierge, lequel, d'après 1 
ces -verbal de 1712, devait avoir c 
aunes et demie de largeur, et dont la p 
pale pièce qui nous reste est réduite 
aune trois quarts environ » à laquelle 
avons réuni un des fragments à nous 
par MM. Loret et Guillard l'aîné, d'en 
sept à huit |>ouoes carrés, à quoi nous 
ajouté quatre autres fragments, savoir : 
petits représentant chacun un petit li 
i)roderie d'or, et terminés d'un côté pi 
franges de soie rouge; un troisième» di 
pouces de long sur cin^ de I: rge; et iii 
Irième, d'une dimension assez considé 
mais difficile à estimer el à décrire^ ap 



CB4 



DEPIGHAPHIE. 



GflA 



iM 



eUqBeié par les ciseaux en différents 
d âisant tous quatre, éyideni aient, 
le la pièee ^ui servait d'enveloppe. 
rteavoir plié le plus décemment |H)s- 
s etijels que nous venons de désigner, 
rons enveloppé la relique, c*est-à-dire 
CMD ijoi nous en reste, dfans ce qui nous 
asm de TétoiTe qui semble avoir été 
à la préserver des piqûres du temps. 
is avons ensuite inséré le tout dans 
1 Bac d'étoffe en soio.jauncclos et 
«r ttti ruban de soie jaune,. entrelacé 
a œillets pratiqués autour dudit sac, 
de recevoir le ruban, sur lequel nous 
pposé le sceau de nos armes ancien* 
ravoDs déposé dans une châsse de 
en forme a'arche, surmontée d'une 
ornée extérieurement de quelques 
. en relief> portée sur quatre petits 
a mdme métal, et surmontée d'autant 
ide chérubins, ladite arche ayant dix 
im longueur et cinq de largeur; les 
inaces opposées au couvercle garnies 
t glaces ae quatre à cinq |K)uces de 
ir à peu près deux de large; les sur- 
iérales supérieures oirrent aussi cha- 
mx petites glaces, et les deux fonds 
une, lescjuelles laissent entrevoir 
enents et inscriptions de saints. 
IIS devons supposer, sans oser Taflir- 
ae ces ossements méritent respect et 
lion, comme ayant fait partie d'une 
on considérable de la môme espèce, 
LU M. de Fleurj^, notre prédécesseur 
iat, avait extrait des reliques intro- 
par lui dans les autels p(»rtatifs et 
destinés au culte public, te surplus 
lar lui dans des bottes scellées et trou- 
ir nous dans notre habitation. 
afant de clore ladite chftsse et d'y aç« 
notre sceau, nous avons cru devoir 
3rer l'autorité de notre témoignage et 
iaent écrit par le témoignage et la si- 
9 de ceux qui sont par nous désignés 
ette relation, ainsi que de plusieurs 
tous résidant à Chartres, et que nous 
connus particulièrement , les uns 
i commensaux, les autres comme cou- 
vains et ayant vécu sous nos yeux. 
ivent les noms des signataires : 
Lesage, curé de Saint-Pierre et mem- 
conseil épiscopal; 
Chasics, curé de Notre-Dame; 
Billard, maire de Chartres ; 
Masson, ancien président de l'élection, 
lier de préfecture et marguillier de 
Dame; 

Hache, conseiller de préfecture; 
le marquis de Ligneris, chevalier de 
rojal et militaire de Saint-Louis; 
Foreau, ancien conseiller au bailliaue 
;eprésidial de Chartres, puis maire de 
ville ; 

Verchères, chanoine de la cathédrale 
rtres; 

. Texier, chanoine Je Chartres et an- 
iat)elain de la feue reine; 
!. Jumentico, ancien (-uré de Saint-Hi- 
|e Chartres et promoteur du diocèse; 



« M. Lesage, ancien chanoine et syndic du 
chapitre de Saint-André de Chartres; 

« M. Hérisson, ancien avocat; 

« M. Costé, prôtre, ancien chanoine de 
Saint-André de Chartres, ancien secrétaire 
de Mgr l'évéque de Chartres et de l'évôché. 

« Ledit procès-verbal nous ayant été ren* 
voyé revêtu des signatures par nous désirées, 
*nous y avons joint l'original de celui drçssé 
par M. de Mérinville en 1712, écrit en latin 
sur une feuille de |)archemin, revêtu de la 
signature de M. de Mérinville et de celle des 
témoins par lui appelés, scellé du sceau de 
M. de Mérinville, et contresigné Langlais,par 
mandement de Monseigneur l'évéque de 
Chartres, et nous l'avons déposé dans ladite 
châsse, sur laquelle nous avons apposé le 
sceau de nos armes anciennes, en présence 
de M. de Fontenav, cindevant chanoine de 
notre église cathédrale de Chartres, notre 
ancien vicaire général et évoque de Nevers ; 
de M Verguin, prêtre, ancien supérieur de 
notre séminaire à Chartres, chanoine et vi- 
caire général de Versailles et supérieur ac^ 
tuel du grand séminaire de Versailles; de 
M. l'abbé Feutrier, |)rêtrei secrétaire général 
de la grande aumonerie do France ; et de 
M. Taboé Latour, prêtre, vicaire de l'église 
paroissiale de la Madeleine de Paris, lesquels 
ont signé avec nous le présent, à Paris, eu 
notre demeure, rue Duphot, n* 18, le 8 
mars 1830, ainsi signé : 

a Joannes Henricusde Fontenay, olim ca- 
nonicus vicarius generalis Carnotensis, epis- 
copus Nivernensis. 

« Verçiuin, vicarius generalis, superior 
seminarii Versaliensis. 
« F. J. H. FauTaiEE. i\. J. F. S. DaLATOua. 

a Le comte de Courtarvel de Pezé, cheva- 
lier des ordres militaires de Saint-Louis et 
de Saint-Jean de Jérusalem, ex-député du 
département d'Eure-et-Loir. 

« S Jean-Baptiste-Joseph , ancien évêque 
de Chartres. » 

CHAUVIUNY, dans le département de la 
Vienne, en France. 

Notice sur une fresque du xv* siMe et une ins- 
cription du xyV découvertes à Chauvignv, 
par M. f abbé Auber^ président de la Société 
df Antiquaires de V Ouest (1). 

Les amis du moyen Age apprendront avec 
intérêt qu'une découverte récente vient 
d'ajouter une belle fresque à la collection de 
celles qu'on a retrouvées depuis quelque 
temps , en assez grand nombre, dans certai- 
nes églises où pendant plusieurs siècles le 
badigeon les avait soustraites aux regards. 

Cette fresque appartient à l'église Notre- 
Dame deChauvigny, joli petit édifice du 
Xi' siècle, décoré de tout le luxe du roman 
fleuri, et qu'on s'afllige de ne voir pas mieux 
apprécié par la commission des monumenis 
historiques. Personne ne se souvient d'avoir 
vu la moindre trace de cette |:»einture. Plu- 
sieurs couches de chaux l'avaient cachée de 
temps immémorial, il a fallu qu'une de ces 

(i) finW^tii ic ia Société, 1849. p. 3M. 



tS5 



CHA 



DICTIONNAIRE 



CHA 



circonstaDces insignifiantes en elles-mêmes, 
et qui presque toujours ont amené les décou- 
vertes de ce genre > révélftt son existence 
ignorée. Au mois de mars 1849, une échelle 
appuyée le long du mur en écailla la sur- 
face, et laissa à nu quelques traits diverse- 
ment colorés qui donnèrent l'éveil. On 
chercha donc, et M. Dubost , curé de cette 
paroisse, voulut, en amateur éclairé , pren- 
dre tous les soins que méritait un objet 
peut-être d'une grande valeur artistique. 
Son jugement ne T'avait pas trompé. Appelé 
par lui, je me rendis à Cnauviçny , et nous 

Procédâmes ensemble audébadigeonnage. Je 
s faire des lames de bois blanc , avec les- 
quelles, aidés que nous fûmes de deux ou 
trois personnes intelligentes, et en mouillant 
au préalable notre sunace avec de l'eau tié- 
die qui pénétrait la chaux et facilitait sa 
chute, nous pûmes en moins d'un jour dé- 
barrasser du voile épais qui l'obstruait une 
immense page tenant toute la largeur du 
croisillon sud de l'église ; c'est dire qu'elle 
n'ajpas moins de 5 mètres 60 cent, d'étendue 
sur une hauteur de 2 mètres 60 centimètres. 
€eux qui se sont occupés une seule fois 
d'une telle œuvre comprennent seuls quelle 
anxiété éprouve l'archéologue quand, livré 
à son travail qu'efiTectue tour à tour l'éponge 
ou le couteau de bois , il voit apparaître 
successivement les parties d'abord inexpli- 
cables, énigmatiques, de ce tout qui bientôt 
se déroule tout entier et vient réaliser ses 
conjectures ou déconcerter ses prévisions. 
Ainsi vîmes-nous se dégager d'abord de 
leur nuage trois tiares , des visages , des 
pieds et des mains , des draperies et mille 
détails inexplicables, mais oui ne lardèrent 
pas à prendre un sens et ennn à se complé- 
ter; car j'avais fait attaquer sur quatre ou 
cinq points à la fois , pendant qu'au bord 
inférieur du tableau , a 2 mètres du sol , 
j'employais toute mon industrie à délivrer 
une longue inscription dont les caractères 

Sothiques se déroulaient dans toute reten- 
ue de ma muraille. 

Eniin se montra à nos yeux un vaste por- 
tement de croix, mais avec de tels accessoi- 
res , qu'ici le sujet s'est adjoint un épisode 
spécial que je ne lui ai vu nulle autre part, 
et qui lui donne un précieux caractère d'ori- 
ginalité. Le Sauveur, courbé sous une croix 
longue et pesante, la soutient sur ses épau- 
les, et marche péniblement. Cette croix n'a 
pas moins de longueur que le mur lui-même : 
c'est qu'elle devait être partagée par un 
grand nombre de personnages. En effet, à la 
suite de la Victime sainte ({ui s'en chargea 
pour sauver le monde, voici ce même monde 
représenté par les différents ordres de la 
hiérarchie catholique. Et d'abord une femme 
et un pape également coiffés de la tiare : 
ce dernier, d*un âge avancé, porte sous sa 
triple couronne une espèce de capuce qui 
lui enveloppe les côtés et le derrière de la 
tête ; il est revêtu d'une longue robe qui 
semble bordée d'hermine; elle est fournie 
de manches pendantes comme celles de 
certains k^ligieux. L'autre, ^^nt le sexe S9 



reconnaît parfaitement à ses traits j 
licats, à ses cheveux lisses et éei 
chaque côté du front, ne laisse voir 
qu'elle est par le pontife qui ehc 
côté d'elle, que son épaule droit 
main qui passe par-dessous la croix, 
le raccourci est, par parenthèse, ass 
vais , comme deux ou trois aatr 
troisième tête les suit; c'est cell 
homme dont tout le reste demeu 
perçu, mais qu'on ne devine guè 
toque ronde et plate , à qui il ne 

3ue des perles pour en faire une c< 
e baron , que quelques dentelur 
devenir une couronne royale. La 
postérieure de cette tête est couverl 
d'une draperie qui descend jusque 
poitrine. En quatrième lieu , un 
femme se présente encore, coiffée , 
la première, d'une tiare posée sur i 
qui descend de sa tête à ses épaule 
mêle à sa longue robe plissée, d( 

Î guimpe cache le haut. Ses traits, prêt 
acés, laissent bien distinguer cepenc 
sa figure ovale, le caractère féminin, 
deux mains elle soutient la croix ; i 
taine inclinaison de son corps et la 
de ses mains, dont l'une encore e 
mal réussie , font bien supposer q 
efforts; de même que la première, i 
regard plein de sollicitude fixé sur l 
elle parait vouloir alléger le fardeau 

Ï[ui en prend la plus grande part et 
e premier. De ces deux femmes » 
est l'Église marchant de concert ave< 
verain Pontife; Tautre est la Religic 
bolisée par une religieuse; et tout 
se distinguent de la foule par la tri 
ronne, marque vénérée de la suj 
spirituelle. On voit venir, après cei 
chefs, des prêtres et des religieux re< 
sables à leurs têtes tonsurées, et ai 
desquelles s'élève une double croix 
puis un évêque et un abbé , que s 
une croix et une crosse. Le derniei 
fiuet, dégagé par le vide ménagé dei 
est couvert d'une chape dont la fo 
curieuse, et qui semblerait, n'ayant 
échancrure, aucun fermoir sur la j 
se prendre, comme une chasuble, eu 
la tête par une ouverture supériei 
prêtres suivent encore, dont la robee 
vue d'un large collet de fourrure; j 
foule de personnages laïques qui, la t 
qui en plus grand nombre boiffésd'ui 
ou d'un chaperon ; leurs cheveux plats 
dent sur le cou. Des femmes aussi p 
part à l'action commune ; la seule qi 
raisse très-distinctement est jeune 
d'une longue robe fendue médio< 
au-dessous du cou ; elle porte une coiff 
sur la tête, et dont la forme carrée en 
la figure et vient se confondre sur k 
les avec le corsage de la robe. Toun 
elle, est un jeune homme portant 
tume de la bourgeoisie : on dirait q 
parlent avec une sorte de recueilleo 
semblent deux époux personnifiant j 
du mariage au milieu de }a ^ur( 



CBk 



D*EnGRAPHl£. 



GHA 



258 



ils occupent les rangs/Un valet arrive 
eux, avec sa cotte aux manches ou- 
I descendant jusqu'à mi-cuisses , et 
laé de bottines retroussées au-dessous 
«rets. Derrière lui , le populaire est 
aenlé par deux ou trois tètes nues 
lee à moitié dans une large éraillure 
Umu» et devant lui, un jeune enfant , 
BOa 'fille, en jaquette et debout , s'ef- 
d*atteindre è la croix pour en soute- 
■uesi une part qui lui revient comme 
te humaine créature, 
ite cette compagnie se range de suite 

Cupe du câte de la croix opposé à 
spectateurs y sauf le pape, qui 
le de notre côté, et s'avance suivi d'un 
Ml et d'une religieuse également espa- 
pris loi. Aux pieds du cardinal est un 
Hris gravement, et qui fait probable- 
ilasion aux armoines de ce haut di- 
de l'Église. 
bien tous les ordres du monde ca- 



pu représentés par les différentes con- 
te sociales. L'action est ici bien cara- 
ie dans son ensemble. Mais les détails 
ta plus haut intérêt, et méritent d'être 
Si arec attention. 

ese connue aujourd'hui à Cbauvigny 
vocable de Notre-Dame ne l'a reçu 
Mt récemment. Elle portait encore en 
eeloi de Saint-Just, et, à son origine, 




que soit l'époqi 
raly une scène de la passion était bien 
ie pour ^;amir une des principales por- 
de l'édifice sacré. Mais le peintre ne 
il pas se contenter de la donnée ordi- 
. Arec le Dieu-Homme portant le bois 
oit servir à son immolation, il nepou- 
Vtee remplir le large espace qu'il avait 
ementer ; il a donc amplifié sa pensée 
joatant au fait historique l'enseigne- 
qni en découle , l'interprétation mys* 

Ïi'en a donnée le Sauveur. « Il disait 
monde : Si quelqu'un veut être mon 
lie, qu'il renonce à soi-même; qu'il 
sa croix tous les jours et qu'il me 
u » {Lue. IX, 23.) £1 encore et plus ex- 
ement : « Celui qui ne prend pas sa 
à ma suite n'est pas digne de moi. » 
IL Tf 38.) De là, évidente nécessité 
imU le monde de combattre ses pas- 
f de supporter avec la résig[nation et 
tieace du divin modèle les peines de la 
têtf d'où qu'elles viennent et quelles 
les soient, c'est Dieu qui les permet et 
iéoage, pour rendre méritoire la car- 
du chrétien, et lui donner part à une 
Hme acquise par l'effusion de son sang. 
est l'idée-mère du tableau, où nous 
DS diacun, à quelgue rang qu'il appar- 
e de l'échelle sociale, sans distinction 
t» de sexe, de condition et de forces, 
presser à partager avec le Maître un 
sa que personne ne peut décliner. La 
lé wétienne, bien comprise, est toute 
ce mystère de son existence terrestre. 
liacoQ a sa portion de la charge ; tous se 



soulagent en s'aidant : fraternité véritable, 
communisme divin qu'une indiçne parodie 
de ces mots sacrés ne profane jamais sans 
altérer profondément l'existence du monde. 

Eu comparant par un examen attentif .ce 
que je viens de décrire, avec la planche fort 
exacte que l'habile crajon de M. l'abbé Du- 
bost a mise sous nos yeux, on reconnaît 
clairement que les trois personnages à tiare 
ne sont point réellement trois papes, mais 
que deux d'entre eux sont allégoriques, 
comme je l'ai dit, puisqu'un seul des trois 
peut être regardé comme un homme à ses 
traits et à son costume. Quant à ce costume 
et aux autres, ils me paraissent être ceux 
qui se portaient par les différentes classes 
peintes ici, sous les reçues de Charles VIII 
et de Louis XII. Les tnples couronnes pon- 
tificales, qui ne dataient guère alors que 
d'une centaine d'années, ont bien la forme 
qu'on leur retrouve à la fin du moyen &ge(i) ; 
les mitres seules pourraient donner quelque 
doute sur une époque aussi éloignée, par 
leur hauteur, qui surpasse de beaucoup 
celles des xiv* et xv* siècles, et no diffèrent 
que très-peu dans leur ensemble de celles 
qu'on voit déjà au xvii* jusqu'à présent : 
mais, en considérant que tout le reste indi- 
que bien le temps que j'assigne à notre pein- 
ture (de 1U3 à 1S0\), il faudrait plutôt con- 
clure qu'alors les mitres étaient faites déjà 
sur ce modèle, quoiqu'il ne fût pas' adopté 
généralement et que les preuves en soient 
rares.Onvoit aussique latêteduChrisl, ceinte 
delacouronned'épines,estentouréed*uneau- 
réole formée derayons etfleuronnée. M.Du- 
sommerard, dans son Album des arts au moyen 
dae^ a reproduit un tableau sur bois du xv' siè- 
cle, conservé à Amiens, et dans lequel onre- 
marque ce nimbe donné à la tête du Christ, 
comme une particularité antérieure à l'inva- 
sion des artistes italiens en France. 

On croit reconnaître d'ailleurs quelque 
chose du profil de Louis XII dans le person- 
nage coiffé d'une toque placé à côté de la 
femme tiarée^ que je prends pour la figure 
de la Religion. Pourquoi n'a-t-il pas sa cou- 
ronne? Pourquoi aussi la draperie qui enve- 
loppe la tête et descend sur le cou ? L'expli- 
que qui pourra ; toujours est-il que la place 
assignée à ce personnage lui suppose quelque 
importance. Éntin la grosseur des traits et la 
rondeur de la figure du pape rappellent assez 
Alexandre VI, qui régna de ikm à 1S03. 

L'œuvre, dans son ensemble, a été assez 
heureusement conservée, sauf deux ou trois 
mutilations, occasionnées par des récrépis- 
sements plus modernes. Le mur a gardé sa 
surface unie ; la peinture, dans une obscu- 
rité de plus de trois siècles, a échappé aux 
atteintes qui auraient pu nous en priver. 

(i) Marenffoni, cité par D. Glémencet et ses colla- 
borateurs (Art de vénfier let datet^ t. 111 , p. 595, 
in-8»), auribuc à Boniface IX, de 1389 à U04, 
Tadjonclion de la 5« couronne à la liare ; on en a 
cependant des exemples plus anciens dans la sculpr 
turc du XIV* siècle, iu>lamment au portail de Saint- 
André de Bordeaux. 



Î59 



CUE 



DICTtONNAIRE 



cm 



QoAnt au dessin, il n'a certes ni trop de sé- 
cheresse ni trop de maniéré. Si quelques fi- 
Sures sont à peu près effacées, ce n'est pas au 
étriment de toute expression. Un senti- 
ment de piété grave règne sur toutes les 
autres ; les poses sont très-convenables, les 
draj[)erie& amples et bien traitées. 'La tête et 
Tattitude du Christ méritent surtout, à ces 
divers titres, d'ouvrir cette série de trente-et- 
uo personnages groupés avec beaucoup d'en- 
tente et de perspective. 

J'ai parlé d'une inscription oui règne au 
bas du tableau dans toute la longueur du 
mur. Cette découverte me persuada, dès 
1 apparition des premières lettres, que nous 
aurions une date certaine et une eiplica* 
tion du sujet dont je ne voyais d'abord que 
des portions inexplicables. le fus bientôt 
détrompé, quand je m'aperçus que la date, 
écrite en toutes lettres, et les caractères gé- 
néraux qui se dépouillaient enfin de leur en* 
veloppe calcaire, ne pouvaient s'accorder. 
Voici le texte, sauf aeux ou trois des der- 
niers mots qu'on ne j^eut lire, vu le mau- 
vais état de conservation : 

t'an mille quatre et cinq cens : Jean Fransçois 
Morin de céans : prieur fist faire cest hospice et 

le$ aultiers de cest oratoire : blanclûr 

marqueter : TégUse de céans et paver : Prion 

Dieu quaeux et • . pdon leurs 

face. Amen. 

Pour comprendre ces souvenirs épigra- 
phiaues, il faut se rappeler que 1 église 
du Saint-Sépulcre était un prieuré, dont la 
maison prieurale existait déjà au xv* siècle,* 
sous les murs du sud, et qu'une porte en en- 
corbellement était ouverte dans le mur occi- 
dental du transept, à la suite de l'inscrip- 
tion. C'est là sans doute que Jean-François 
Morin avait fait construire un hospice, par 
quoi il faut bien entendre, non point la 
maison même, mais sans doute un hôpital 
destiné aux lépreux, aux pestiférés ou à 
ceux des malades attaqués par quelqu'une 
des épidémies si nombreuses à cette époque, 
et pour lesquelles se signala en tant de 
lieux la charité du clergé. J'entends par les 
aultieri de cest oratoire^ les autels auxquels 
étaient attachés quelques titres de la cba- 
pellenie, dans cette portion du transse])t qui 
pouvait former un oratoire particulier. — Je 
regarde lo mot suivant comme à peu près il- 
lisible, tant les syllabes en sont confondues. 
Blanchir et marqueter s'expliquent par ce 
cjue nous voyons encore au-dessus de notre 
fresque. La même nappe de chaux qui 
l'a recouverte cachait encore un autre en- 
duit blanc coupé en carreaux oblongs, tra- 
cés à la sanguine et garnis chacun d'une 
étoile à huit branches. C'était là probable- 
ment la décoration de toute Téglise, et nous 
avons rendu à ce croisillon sud toute celle 
qu'il avait eue autrefois. Quant au blanchis- 
sage de la fresque même, notre prieur n'en 
est certainement pas coupable ; il doit être 
de beaucoup postérieur, puisque cette pein- 



ture conservait si bien dès ce temp9-là sa 
fratcheur et son intégrité. Nous voyons eofio 
que le pavé de l'église fut alors renouveléi 
ce qui explioue suffisamment pourquoi hê 
pierres tombales qu'on y voit sont en si pe- 
tit nombre , et toutes plus récentes que le 
commencement du xvi* siècle. 

Après tout, on ne comprend guère me, h 
prieur figurant seul ici, on parle de loi a^ 
pluriel : <k Prion Dieu qu'à eux pardon lews 
lace. » Le premier moi altéré ae la 5* ligne 
ne serait-il pas un nom propre? 

L'inscription de François Morin est ma 
page de sa vie oubliée ; c est aussi un fbojl» 
let de registre où l'église trouve des rensei^ 
gnements perdus pour son histoire. Les to* 
niers mots en sont disparus, je m'emprass» 
de le dire, antérieurement à notre tnvA 
Au reste, il nous a fallu beaucoup de pié* 
cautions et de soins pour conserver eeNe 
longue ligne de beaux caractères gothiqaei^ 
adossés presque toujours deux à deux par 
des doubles lettres, d'une exécnUoD CnraNy 
correcte, et n'ayant rien de ces ornement 
parasites qui, aès le milieu du xn* siède^ 
tourmentèrent cette charmante écriture elk 
rendirent si capricieuse et si biz&rre. Las 
jambages de nos lettres ont deTèSceuCiiiiè- 
tres de haut sur 6 ou 7 millimètres de larg». 
Ecrites avec une simple couche de neir éi 
fumée, autre preuve qu'elles ne se np|ior> 
tënt pas à la fresque et lui sont pos(ériewei| 
elles s^effacent sous la moindre approche 4| 
l'eau. Quelques «unes même ont cédé à Fto' 
tion de la brosse qui badigeonna ee V#' 
cieux spécimen. Il sera facile et très-ittftt^ 
tant de repasser l'ensemble de PinsepipasB 
avec un pinceau qiii en respecte tous les 
traits, et de la reconstituer à l'aide d^une 
tière plus solide, que l'air et le 
frottement ne puissent pas altérer. 

Une question importante se préseate na- 
turellement ici. Cette ligne historique, que 
nous avons été forcé de diviser en six pov 
la reproduire, est-elle postérieure au ta- 
bleau qui la domine? Je n'en doute pas. 
Parfaitement étrangère à la peinture exécu- 
tée peu d'années avant elle, sans doute, elle 
n'en fait aucune mention, et si nous la 
voyons placée aussi bas, c'est que déjà ea 
150&-, dont elle porte la date, notre tableaa 
occupait l'espace supérieur sur une haateor 
de huit pieds. 

Mais ne pourrait-on pas croire aussi que 
le tableau servait aussi de retable aux eii(- 
tiers dont il est ici question, et qu'avait ftit 
faire le prieur? — Sans doute ; mais nous 
demanderions toujours comment l'inscrip- 
tion se tairait sur une œuvre plus remarqua- 
ble que toutes celles qu'elle signale? 

Les couleurs de la fresque ont souffert 
dans leur éclat du contact prolongé de la 
chanx, dont le principe caustique ne s'ao* 
nihile jamais. Beaucoup d'égrati(^ures aussi 
répandent à sa surface des points Uancf 
plus ou moins considérables qui en déjta- 
rent. l'ensemble. Je pense qu'il ne faudrait 
entreprendre de les effacer qu'après s'être 
assuré, par des essais réitérés, que la teinte 






Ui 



Gffl 



D^EPIGRAPBIE. 



GHR 



2é* 



générale n'en souffrirait pas. Ce n*est po^lt 
un beau tableau, jugé au point 4^ vue 4q 
Fart actuel» que nous avons là ; c'est une 
OHiffe qui a sa nature propre et exception- 
nelle, et à laquelle il lauî conserver avant 
tout son allure sociale,, son â^e, sa physio- 
oômie. L*essentiel » n*est point que notre 
Fortement de croix paraiss^e joli aux yeux 
du vulgaire, qui le ferait yolôntiérs refaire 
pour Vembellir; le point important, c*est 
qaéTartiste y retrouve les souyenirs d'tine 
époque qui oonuoença à Cimabué et se pro- 
1mm l>ar ^iotto et l'angélique peintre de 
nasole, jusqu!à André dei Sarte, et Jes quel- 
les, huîtres qui,, avec eux^ firent école. Si ce 
n*eif pas là, à beaucoup près, leur touche 
gradinse et leur ravissante délicatesse, c'est 
BénBOins du sentiment chrétien, et )'exé- 
eutio» n^ pas trop mal servi oe qu'il y a de 
pèîloiophie catholique dans la pensée géné- 
i^lpiee. La planche qui en a été publiée, 
nprésente bien le caractère de Fœuvre, et 
ILTatAié Dubost en a rendu Tensemble et 
kis oâails avec une remarquable fidélité. Il 
Mréeie donc à sa juste valeur ce morceau 
Mr peinture du moyen Age, l'un des meil- 
iNn, dea plus considérables et des mieux 
feiMs de notre diocèse. |La petite ville si 
nminmandable aux antiquaires par ses ma- 
pMunm ruines et ses deux belles églises 
iMBioeSy le devient plus. encore par cette 
iMTelle richesse archéologique , et nul 
fomgeur» cherchant les traces de Ticonogra- 
imb du moyen Age, n'y viendra désormais 

ris inscrire sur ses tablettes (e PorttmeiU 
croix de Chau/vigny. 
CHSMNITZ, en Saxe. 

D. 0. M. 
hiiTini Hbvio Chemnicenn^ Doctorl pnecel- 
kill, doclrina, et magoa in arte experientia 
pg GenDaniam eeleberr. ob eamquo a Rom. 
Gmaie Ferdinando iu valeUidioe periculosis- 
ûn aeeersilo, duoin Seplemviruiii linperii 
Priacipû Saxonîae Maaritii et Âuaiiati fralnim 
ftt amios XXX. Medico Ûdelissimo : in sludiosos 
ft pauperes eiiam perliberali ac publ. optima- 
nuB arUû sludia munifico : propter pietaiem 
VKO et iotegritatem, coiniiatem, et graliûcandi 
isgolarem promptiludinem omnibus cliaro , 
vocante Dso ex bac vita et fmictione ad fi- 
nsq ; Uboriosiss. cum luctù bonorum magno 
wk éesiderio relicto exces^i > conjux, firalres, 
fatriiq; liberi haeredes marilo amantiss. fratri 
cbrisB. patruo observando praeclare de singulis 
■erito hoc monumenlum gratiludinis el sempi- 
tas aiemoriae ergo coosecrarunt. 

fUHaimM Lzxiv. m, x. d. fi. 
Ikrkur aonon. ». lxxiv. m. Jul. d. tii. 

(Gao8,5upp/. aux imcr. deBàUf p. 37i.) 

CHEST£RF1£LD, dans le Derbysbire en 
Angleterre. 

Eglise de Cheslerfield» 

Hic sobter humantur ossa Domini Johannis de 
^erdon qaondam Recloris de Lyndeby in comi- 



tatu Notygamie Eboracensis diocesis. Ei Capel- 

laoi CanUrie sancti Michaelis Archangeli in 

Ecclesia parrochiali Omniam Sanctorum de 

Chesterftld Qi obiit secundo die menais maii 

anno Dominr if<> v« : pro cigns anima sic quaesc 

orate prout pro vesiris animabos orare voluerat. 

{Sépulcral Monum. of the gréai Britain. 
t. IL) 

CHEVRY, près Paris. Village connu depuis 
le XII' siècle. Il est bAti dana une grande 
plaine de labourages, où l'oa ne voit au- 
cunes vignes. Sa distance de Paris est de six 
lieues, vers l'orient, au nord-est de Brie- 
Comle-Robert. L'église est un grand vais- 
seau carré oblong, sans ailes, simplement 
lambrissé, supporté, du côté du septentrion, 

Sar une grosse tour qui s'aperçoit de loin, 
ans le bas de laquelle, par le dedans, il y a 
des piliers du xu* siècle. La sainte Vierge est 
la patronne. 

On lit sur la grosse clocbe cette inscrip- 
tion : 

Je fuê faite pour Chewry. Noblb -homme Anlhotne 
de Villeblanche^ Seigneur de Chevry, Can 1534. 

(HoRTAUT etMAGNY. Dict. de Paris, ei 
des environs.) 

CHIAVES, l'ancien Àqum FUmus^ en 
Portugal, dans la province Tra I03 Montes. 
Dom. N. Constantin. NB. Ca^. 

{Cardinal Màï, 2<h3, 2;' Mumt., VtOky 9.) 

GHIDDIBAL, en Afrique, probablement 
dans les limites de la régence de Tunis. 

Ruines du municipe de Chiddibal. 

T. FI 

Conslan • . 

nobilib. . .- 

Caçsaribus nomi- 

ni eorum 

....«•■ 

Sua pecunia 

MujDÎcijifi Cl^îdibb. 

{Cardinal Mai, 2ill, 6; Sha.w, Voyages, 
t. I, p. 217; DoNAT., p. 348, 6.) 
Voy. Seluquia. 

CHIESI, dans la campagne de Brescia 

Inscripiion antique dans Véglise de Saint- 

Laurent. 

Thomas tribunus 

pro voto dédit. 

(MuRATORi, p. 1949 ; Mai, p. 15. n* 4.) 

GHIUSI, l'ancien C/ttWum , en Toscane. 

Eglise de Saint^Mustiola. 

L 

f Ego Hanastasius diac. obtuli 

t Marlire XPI. 

Hic dilecta Deo recubans MusUola quiescit 

Clara parenUlum clarîor et merito. 

Deo gratias. 



tes 



CHR 



II. 

Dans U 'coar. 
f Sparge rosas lector et lilia candida pone, 
Et rite sacnim sic benerare locum. 
Virtutom gemmis et inorum flore \eDusta 
Hanc imiure velis, si bonus esse cupis (1). 

C t XPB fabe yoUs Gregorio et Austreconde docis 

L Qaod Mastioie optulerunt martire xpi 

V Hoc t^;men ciburii sublata betustas 

S Que melioTe cultu noviliore rediu 

I Gedat Dovitati diruti autiquius ligni, 

Polcrius ecce inicat nitenti marmoris decus 
D Domus Mustiole meritu benerandaque fedis 

1 Roseis virgineis crocis amore paralus. ] 

G Mo¥ÎUor prosapia qui et de Glaudii prolein : 
I Cuius aule mœnia a fundamentis dicayit 
I Gregorius armipoteus et robustissimus Dô. 

m. 

Autre pierre, U U sacristie. 
Nobilis vasia nilensrediviva an fabrica templi 
Regia progenies ornarunt culmina puicre 
FolgidusYita pius Gregorius aptus ubique 
Hoc opus patrarunt Lîusprandi tempore régis 
Tramîtes ut recto Arcadi poiiet in alto 
MuBliola praeveat tu post gaudia iliis 
Gelsus ubique suis concédât prospéra votis 
Mox dabltur placide si non dubitarit oberrans 
Martyra Sisebuti sis memor aima miselli 
XPB fabe votis Gregorio et Austreconde docis 
Quod Mustiole optulerunt martyre xpi 
Hoc tegmen ciburii sublaia betustas 
Que meliore cultu noviliore redit 
Cedat novitati diruti antiquitas ligni 
Pulchrius ecce micat nitenti marmore decus 
Quod cucumen cuhnenis faciendum curavit 
Mustiole meritum veneravili poUet 
Roseis virgineum croces amore paratum 
Guius aule mœnia a fundamentis dicavit 
Pristina sublata innovavit potestas 
Temporibus D. N. Liutprandi catholico régis 
Exactis tribus lustribus et aristis duobus 
Arcadi praeoli tempore restituta est aula 
Multa per innomerus complexa modico vorsu 
Gregorio cristicole complevit iussa mon. 

IV. 

Eglise cathédrale. 

fable de marbre fixée au mor. Ancieiue ioseriplioD en 

letures rooges. 

t Hanc ecclesiam una cum pavimento 

Arjaldus ëps Ûeri jussit. A. D. M 

B. hoc tectum novatum. 

{Cardinal Mai, p. 83; Gori, t. II, p. 401, 
n.3.) 

( I ) Hi sunt versus S. Ensenii lU, episcopi Toletani, 
Oxsuntque in 1. 1. PP. ToUt.f p. 28« A. M« 



DIGTlOMMAmE CHR Î64 

CHRONOGRAPHES. (1) Espèces de rébuê, 
dont l'art consiste à marquer la date de 
quelque événement , ou de la constractioii 



(îe quelque édifice en chiffres romains, dési- 
gnés jpar des lettres mfljuscules , que Pod 
plaçait dans les mots. 

On voyait autrefois à Paris le chronogn- 

phe suivant sur la i)orte d'entrée de l'hôtel 

de Daupbiné, ayant issue dans les rues des 

Boucheries et des Quatre-Vents. 

BIetà Dejb Gârmji skCsul este paXqYe sIt bmi. 

(Ces leures désignent raimée 17.17.) 

Sur la maison attenant, appelée 1*^^ 
royale : 
os MaDeàt bâCGho : thoraX bXhaVeUt IgMi. 

(Anoée i7«7.) 
Dans l'intérieur du susdit hôtel : 
EN MuTATA DoMus, CandesGit PiX VbldtI m* 

(Année 1716.) 

Du côté de la rue des Quatre-Vents , oo 
lisait celui-ci : 
oMnes poeta DbGbt : neG obeX eXaspebat AtÉaL 

(Année 1730.) 

(HuRTAUT et Hagnt, Diciionn. de Paru.) 

On trouvera quelques chronographes his- 
toriques à différents articles de noire DicHmi^ 
naire. Nous en grouperons ici quelques au- 
tres empruntés, comme la plupart des pre- 
miers, au Trésor des inscriptions du P. Labbe. 

I. 

Epitaphe d'Adrien Tumêbe. 

QVYM soL aesaVI LYstrat GanGrI IgoeVS oriW 
TYrnebVS exhaYsto Ck)rpore fraGtuS ohlU 

M. CCCC. LL. X. VV. W. W. W. W. MU. 

(Année 1565.) 

II. 

Epitaphe duprince CharleSffi%s de PUUppeli 
FILIYS ante DIeM patries InqYlif t In annos. 
M. D. L. w. nui. uu Ex libre L Mttemer 
plioseon Ouidij. (Année 1518.) 

III. 

CATHEBUfiE BARATONIiB. 

D. Claudij Le Begue^ apud Biturigas Âduoemi 
Regijt charissmœ coniugiSf quœ Penteco^es [em 
teriia^ die Maij 13, Aim 4636, cum annes mm 
80 expleuisset féliciter migrauit ad Superes. 
LVstra bis oGto eXpLens Gatbaris Baratooh Mal* 
Yno aG bis seXto soLe reCiepta poLo est 

M. CCCC. LL. LL. XX, W. IIU IIU 

IV. 

Chronographe de Christophe de Thau 
par Etienne Robert. 

FAtls €k)nC;essit quYa noGle ThYanVs, apaCo. 

Tros pYer e Gœlo Mane rYebat aq Yas. 

M. ccccc. L. w. w. w. n. 

(1) Vou.f aux noms d*ORLÉANS et de Ukvaaif 
d'autres epitaphes et épigrapbes avec *caiF de lettrei 
et jeux de mots* 



ŒK 



V. 



Bbodn liesse^ poète. 

bYS qVinla oGtobrIs sVa fala pereglt 
liessVs gralVs Casla LloqVc Clioro. 

U CCCC. LL. VV. VV. VV. V. lllll. 

VI. 

onographes de la composition 
du P. Jean Henri Aubry, 

Il , GALL1JE ET :iAVARR£ REGIS CHRISTIAN. 

Ihronologicus, quo dies mentis et annu$ 
ejus ortus âesignantur. 

I feUciss. au5piciisi7 Sept. 1601. 
i 6 ! qVanlls regiio eXoplale loi annos 
blls palrlas dlgiiVs obire VlGels. 
^Ve iVosLodoICe slbl aiTOgal, orlYs 
d Vl VIQes lerqVe qValcrqVc dles. 
Aêtrœamque inter^ ne Castior uUus , 
, tê loto luêtior Orbe foret. 
ironologici. m. cccc. ll. xx. \v. v\\ w. 
w. nui. nui. uni. i. 

VII. 

nCI BORBONII DYGIS d'aKGHIEN 

"IkronotogieuSf quo dies menus et annus 

ejus ortus designantur. 
iciss. auspiciis 8 die , qui sacer B. Y. 

Daiali mense Sept; 16il. 
s orerls slgno LoduICe, dleqYe 
orllla orlYs lessca Yirgo sYos. 
Ills orerls bliiae qVI Ylrglnls aslrls 
^Mlna PRhCEPS aVsplCk; qVanlYs cris ! 
fres Chronologici. M. ccccc. l. vv. vv. \v. 
u nin. uni. uni. i. 

VIII. 

(ANDl BORBOMI PRINGIPIS COT^TII 

ïronologicus. Natus est fel. ausp, undec. 
• Octob. 16SD. Die Jouis, horaquinla, 
YiideCles soL ora ostcndcral : hora 
A eral : atqVc lo VI rite slalVla dics. 
ilhereas Ycult genllrlCe sYb a Vras 
Ts he?(rICo MargarItaqVe satVs. 
, Chronol. m. ccccc. l. x. vv. vv. vv. yv. 
. nni. nii. 

IX. 



DEP1GR.VPU1I:;. Cll.\ ^ii6 

'' FrVslra. Ipso sponsa est dlgnlor Viia loYe. 
Ckar. Chron. u. cccc. ll. xx. vv. vv. vv. vv. vv. 
vv. w. vv. iiiii. nui. nui. lui. 

A propos des chidres romains quifiguriMit 
seuls dans les ehronographcs nous croyons 
devoir rapiieler les résultats auxquels est 
arrivé M.CnasIes, professeur.d'astronomii; à 
racole polytechnique, au sujet des cliifVrcs 
arabes (1). Par lîi se trouve résolue Tuiit^ 
des plus importantes questions qui aient 
été discutées parmi les savants. On enseigne 
généralement que nos chiiFres et notre sys- 
tème de numération nous sont venus \le 
l'Inde par les Arabes , et Tlionncur de les 
avoir importés en Europe a été attribua' , 
par les uns à Gerbert , qui les aurait appris 
des Sarrasins d'Espagne , par les autres à 
Fibonacci, mathématicien de Pise, qui , an 
commencement du xiir siècle , aurait étudié 
les sciences chez les Arabes d'Afrique. En 
expliquant le traité de VAbacus de Gerbert ; 
m montrant que les règles de calcul don- 
nées par cet homme célèbre reposent toutes 
sur le principe de la valeur de position des 
chiffres, qu'il opérait sur un tableau à co- 
lonnes, avec des caractères mobiles ressem- 
blant à nos chiO'res arabes, entln, en faisant 
connaître plusieurs traités do r^6acu«, com- 
posés par uivers auteurs, dans la période de 
temps qui s'est écoulée entre Gerbert et 
Fibonacci, M.Chaslesa complélementanéanti 
les titres du mathématicien pisan à la gloire 
d'avoir importé en Europe les chiffres et hi 
numération arabes. 

Quand à Gerbert, il a certainement connu 
et enseigné ces éléments du calcul arithmé- 
tique; M. Chasles le démontre jusquàTévi- 
dence. Mais avail-il pris cette doctrine chez 
les Sarrasins d'Espagne , comme rniririno 
Guillaume de Malmesbury, chroniqueur 
anglais du xiv siècle? Uicher, contemporain 
et ami de Gerbert, ne parle pas de cet em - 
prunt ; il se borne h dire nue Gerbert s'était 
livré à l'élude de la géométrie, qu'il se ser- 
vait, pour ses calculs, d'un tabeau divisé en 
vingt-sept colonnes et de chiffres mobiles , et 
que ses théories sont exposées dans le traité 
uu'il a adressé à l'écolâlre G. C'est l'ouvrage 
dont M. Chasles vient de donner le texte, la 
traduction et le commentaire, et qu'il a fait 
précéder, pour en rendre l'interprétation plus 
facile, de 1 analyse, du texte etde la traduction 
d'un autre traite de l^Abacus, écrit par un ano- 
nyme après répoque où vivait Gerbert, mais 
antérieurement au xiir siècle. Nous allons 
donner en peu de mots les résultats les plus 

mportants du travail de M. Chasles. 
Le mot Abacus désiirnait h la fois In 



: BORBONIjE DVCIS L0NGAVILLAN£. 

féliciter 27 Augusti memis die, an. 1619. 
i ol qYanlo deCorarls honore, Yl Cenae 
DXqYe dies Yi nllVere tibl. 
dYM DEA regaLl de sangYIne nata 
llYr, dio qY» pr.e II ore deas. 
pater, aLCLIcs, phœbYs pro Yli-frine 

[CcriaiK. 
DiCTiQ>N. D'Epiï;R\rnii:. 



science de Tarithmétique et une espèce de 
table avec laquelle on exécutait les calculs , 
soit sur la poussière, soit au moyen d m 
chiffres mobiles. Celte table était divisée 
en un certain nombre de colonnes vertica- 
les, terminées, à leur extrémité supérieure, 
par un arc de cercle , sous lequel était fixé 
un chiffre romain. C'était Tunité I dans la 

(1) Voy. les Comptes rendus des travaux de /Mc%' 
demie des sdenres, i^^ô. 

9 



Î67 



CHR 



DIGTlONNAlRt; 



CHY 



première colonne , X dans la seconde co- 
lonne (en allant de droite à gauche), C dans 
la troisième, M dans lu quatrième, XM dans 
la cinquième, CM dans la sixième, et ainsi 
de suite ; en un mot le chilfre romain ins- 
crit dans le haut de chaque colonne était 
précisément lu décuple du chitfre inscrit 
dans la coloyinc |>récédcnlc. Ces colonnes 
avaient clles-mômes des noms particuliers. 
La première se nommait 5m(;ii/an>, colonne 
des unités ; la seconde deccnusy colonne des 
dizaines; la troisième centenus^ colonne des 
centaines ; la quatrième millenns , colonne 
des mille, cl ainsi de suite. Les neuf carac- 
tères qu*on traçait dans ces colonnes, après 
les avoir remplies de poudre , ou qu'on y 
pinçait sous la IVtrnie des dés mobiles , res- 
semblaient presque tous à nos chiffres ac- 
tuels. La valeur de ces caractères variait 
suivant la colonne où ils étaient placés; elle 
était égale au produit de la valeur propre et 
naturf^lle du chiffre, par le nombre romain 
inscrit au haut de la colonne. Ainsi 1, 2, 
3 9, placés dans la première colorme mar- 
quée I, n'avaient que leur valeur absolue; 

1, 2, 3 9, pla'jés dans la seconde colonne 

mar((uéc X, signifiaient 10, 20, 30.... 90; 
la première colonne, restée vide , tenait la 
place du zéro. Dans la troisième colonne 
marquée C, ils auraient valu 100, 200, 300.... 
900 ; les deux colonnes restées vides h droite 
finsant roflice de deux zéros. Pour écrire 
400U9, par exemjjle, deuxcaractères auraient 
suili : 9 placé dans la colonne des unités 
marquée I , et ii- dans la colonne des dix 
mille marquée XM ; entre ces deux colonnes 
il y en avait trois autres, cilles des dizaines, 
des centaines et des unités , qui restaient 
vides, et qui remplaçaient les trois zéros, 

11 est imi)Ossible do ne pas reconnaître, 
dans ces combinaisons , le principe fonda- 
mental de notre arithmétique, d*après lequel 
la valeur des chillres s'accroit dans une pro- 
gression décu[)le, à mesure ({u'ils avancent 
d'un rang vers la gauclie. Mais Gerbcrt , en 
donnant des règles qui supposent ce prin- 
cipe, en nommant plusieurs fois par leurs 
noms de singularis , deccnus , cetUenus , les 
colonnes de VAbacus , s'est dispensé de dé- 
crire VAbacus lui-môme , et d'erposer le 
système de numération. N'est-ce ]ias une 
preuve qu'il n'avait inventé ni l'un ni l'au- 
tre , et que l'un et l'autre étaient parfaite- 
ment connus de ses conten^porains? 

D'un autre côté, on trouve les règles de la 
numération, telles que nous venons de les 
reproduire, formukes dans le premier livre 
de la géométrie de Boèce , et expliquées à 
l'aide d'une table ({u'il appelle aussi Abacus. 
Malheureusement, lescooistes de Boèce, au 
lieu de cet Abacus , qu'il avait figuré dans 
soi traité de Céoméirie , ont placé la table 
de multiplicalion comme sous le nom de 
2'able de Pythagore , parce que Boèce donne 
aussi ce nom «^ VAbacus, et qu'il en attribue 
l'invention à des pythagoriciens. Il y a six 
ans que M. Chasles avait aperçu cette er- 
reur, et que , remplaçant la table de multi- 
plication par un tableau h colonnes vertica- 



les, il était parvenu à comprendre le pas- 
sage, jusqu'alors inexpliqué, de Boèce» et k 
prouver que le mode de numération dont ce 
|)hilosophe fait honneur aux pythagoriciens» 
est identique avec le système de numéra- 
tion actuel. Nos chiffres arabes mêmes, ou 
du moins des caractères extrêmement ana- 
logues à nos chiffres , existaient du temps 
de Boèce, et il les a décrits lui-même. 

Kn faisant cette découverte, M • Chasles 
affirmait a priori que le traité de VAbacui 
par (jerbcrt devait se rapporter ou système 
de numération exposé par Boèce , et cette 
nroposition a été liiise hors de doute par le . 
Mémoire dont nous rendons compte. 
^ Il résulte donc des recherches de M. Chas- 
les que les expressions de chiffres arabes^ 
numération arabe, sont inexactes, erronées ; 
que nous tenons des Romains et nos chîf> 
fres et notre manière d'écrire les nombres; 
et que les Romains eux-mêmes les leuaieat 
peut-être des Grecs , puisque Boèce en at- 
tribue l'invention h des disciples de Pytha- 
gore. 

Voyez encore dans notre Dictioimmrs 
Liège , Orléaiss. 

CHYPRE , île de la Méditerranée , dépeu-.. 
danl de l'empire olloman. 

Le recueil de Mgr le cardinal Mai ne ren- 
ferme qu'une seule inscription provenant 
de celte lie. Elle se trouve dans un iiot près 
de Paphos ou Baifo, gravée sur un rocher à 
côté d'une image de ^aint. En voici le texte: 
sic sic 

'ïircp t^xïç TMÏ aoTt/)(aff Ftopyiov vxooûcx. itml x&t^ 
vi&)v aÙToO TTO.. Muç ÏTwniifijtvtv rèv^cov d.. ri x.< 



XOYTC. 



(CiiANDLEB. Voyages 9 p. 18, n*15; Cardi' 
nul Mai , p. 19.) 
Les inscri|>tions du moveuâgesout très- 
nombreuses dans cette île , ainsi que les 
églises qu'y ont laissées les Français. Nous 
ferons connaître ces monuments en repro*' 
duisant les rap[)orts où M. de Mas Latrie les 
a décrits. Ces rapports adressés à M. le mi- 
nistre de riustruclion publique ont paru les 
uns dans le recueil des Archives des miuions 
scienlifiaues et les autres dans la bibhothè- 
que de l'Ecole des chartes. 

Publier rapport à AI. le Ministre de Tiiu- 
Iruclion publique, par M, de Mas Lairie, 
chargé en IS'itG d'une mission en Chypre {\). 

Monsieur le iuini5tro, 
En me rendant dans l'île de Chypre pour 
continuer une étude que j'avais cômmeucéa^ 
en France sur Tllistoire des Croisades , j(f 
ne pouvais croire que tous les monuments 
élevés par les Français en ce nays, au moyen 
âge, eussent unticM-emeut disparu du ko1i 
mais j'étais loin d'espérer qu'il en restât dei 
ruines aussi nombreuses et aussi belles que 
celles que je reconnus dès mes premières 
excursions. A mesure que j'avançai dans le 
pays , j'appréciai mieux ses richesses mo- 
numentales et j'acquis bicntùl la conviction 

(1) Archives dei riirssrfrs seicnhfiques, t. I, p. 80Î 
rt stiiv. 



cm 



'D^EPIGRAPIIIE. 



CHY 



ttO 



de Chypre seule, malgré les ravages 
s dont elle a souffert depuis quatre 
reoferme encore nulanl de monu- 
ntéressanls pour riiistoirc de nos 
amants d'outre-iner qu(' la Syrie, et 
s que Rhodes, Constantinopic et les 
rArchipel réunis. J*ai retrouvé, en 
IDS toutes les provinces de l'Ile , à 

à Famagouste , h Limassol , h Ca- 
, h Poli , etc., dans les montagnes 
; de Cérines et du Car)>as , comme 
1 pays de Paphos , du mont Olympe 
i Ikssôrée, des édilires de la plus 
chitecturo gothique , des églises , 
selles , des couvents , des chAteaux 
irnos anciens croisés tixés en Orient. 
tribuant ces constructions aux Fran- 

ne donne rien aux conjectures ni 
habilités. Lors môme que le style de 
litecture et le mode de leur exécu- 
iseraient quelque incertitude sur le 
li les a vus s*élover ou la nation qui 
lifiés, les armoiries, les tombeaux, 
îptions en français qui décorent leurs 

qu'on retrouve dans leur enceinte, 
ent , sans discussion , leur nationa- 
;elquefois môme elles précisent la 
leur fondation. 

rirai ailleurs , plus au complet , ces 
mts divers en stiivant Tordre de 
néraire ; je crois préférable , pour 
r un aperçu général de leurs formes 
rie de leur architecture, de les réu- 
Jeux classes , afin do les examiner 
e suivant la nature de leur destina- 

d'entrer seulement dans quelques 
ur les plus importants ou sur ceux 
ervenl le mieux les cnractères ori» 
les tem|»s de leur construction, 
linerai donc aujourd'hui les édifices 
s élevés par les Français dans Tile, 
t pour d'autres nolicus la description 
uments religieux , des tombeaux et 
)iries. Je ne rai)|>ellprai pas les évé- 

Sui ont rendu célèbres dans This- 
hypre quelques-uns des châteaux 
jrai à parler , les sièges qu'ils ont 
;, les légendes populaires ou les 
us certains que les temps nous ont 
is sur leur londation , ou les évé- 

dignes de mémoire dont ils ont été 
e. Les notions de ce genre appar- 

à l'histoire, et je me propose seu- 
le donner ici une description ar- 
que de ces châteaux. 
it me borner aux monuments édi- 
dant le règne dus princes français , 
rai même qu'un mot des enceintes 
ie et de Famagouste, les seules villes 
sment fortifiées de Tilc, parce que 
Dparts sont d'une date postérieure à 
de Tartillerie ou d'une construction 

B. 

inte de Nicosie , élevée en 1507 par 
tiens, forme une étoile régulière du 
itions triangulaires , dont les angles 
■s sont arrondis. Le mur est bâti 
système particulier qui mérite d'être 
arrivé à peu près à moitié do sa 



hauteur, il est brusquement incliné vers 
l'intérieur du la ville, sur les terre-pleins 
qui le soutiennent , do nianiùre à présenter 
aux projectihis ennemis un angle obtus, dis- 
position peut-ùtre habile, mais qui n'a pu 
sauver la plaou lors du siège dos Turcs. Il 
est vrai que les ingénieurs vénitiens avaient 
laissé en dehors des ouvrages , et à une pe- 
tite dislance des fossés une suite de rollines 
d'où l'on domine toute rencuinte. Ce liou, si 
bien disposé pour laltaquo , fut occupé par 
les batteries de .Mustaptia , en 1370 , et la 
ville fut réduite après un siège de quarante^ 
cinq jours , malgré sa résistance opiniâ- 
tre. Au temiis des Lusignans , une partie 
des hauteurs méridionales était renfermée 
dans rinlérieur des rem))arts , qui compre- 
naient un espace triple de l'étendue actuelle 
de la ville. Un contemporain a constaté que 
les Vénitiens , pour effectuer leur malheu- 
reux projet d'enceinte, avaient détruit, outre 
le château royal , quatre-vingts églises ou 
couvents, parmi lesquels était le monastère 
de Saint- Dominique, de Saint-Denis des 
Lusignans. 

Les fortifications de Famagouste sont in- 
tactes et d'une construction remarquable par 
le choix, la taille et l'assemblage des pierres. 
Les murs de l'enceinte sont droits et lisses; 
ils sont couronnés de créneaux rectangu- 
laires et protégeai à leurs angles par des 
tours d'une construction semblable h celle 
du rempart. Deux portes seulement donnent 
accès à l'intérieur : le port de mer, s ouvrant 
au sud, et la porte de terre défendue [)ar un 
large fossé, un pont-levis, une herse et une 
double clôture. Le rempart méridional arrive 
au rivage môme , comme dans la ville ac- 
tuelle de Gênes , enveloppe complètement la 
place de tous cotés et se termine à l'est par 
un grand bastion carré. Ces travaux doivent 
être de différentes époques. L'histoire de 
Chypre nous api^rond (jue Jacques H de 
Lusignan répara les anciennes fortifications 
de Famagouste ; il est certain aussi que les 
Vénitiens y ont élevé ou reAiit quelques ou- 
vrages, car on trouve le lion de saint Marc 
et les noms des nrovéditeurs Foscarini et 
Priuli gravés en plusieurs endroits ; mais le 
plan général du renceinte actuelle et la plu- 
|)art des constructions existantes doivent 
ap)>artenir aux Génois , qui firent de Fama- 
gouste, pendant un siècle, leur boulevard 
commercial dans les mers de Syrie. Il faut 
remarquer, toutefois, que les remparts élevés 
dès la fin du xni* siècle par les Lusignans 
autour de la ville , avaient la môme dispo- 
sition qu'ils ont conservée sous les Génois , 
les Vénitiens et les Turcs , car en 1378, au 
rapport d'André Gataro, les galères cata- 
lanes ayant forcé la passe du port, arrivèrent 
jusqu'au pied de la courtine que baignait la 
mer. 

A rinlérieur, Famagouste, sauf quelques 
édiiices , n'est qu'un amas de ruines et do 
décombres ; à la fin du siège de 1571 , qui 
dura un an , et le lendemain de la prise , 
elle ne devait pas offrir un aspect plus dé- 
solé. Los Turcs n'ont songé qu'à faire quel- 



2^1 



CHÏ 



DICTIONNAIRE 



CHT 



ques réparations aux remparts, dont ils 
gardent rentrée avec une crainte supersti- 
tieuse. 

Le chAteau de Cérines , si célèbre dans 
]*lnstoire des Lusignans , n*esl pas encore un 
édifice qu'on puisse considérer comrae ap- 
partenant en entier au temps des Français ; 
de notables parties ont été reconstruites par 
les Vénitiens et appropriées au service de 
- l'artillerie. Dans son ensemble, il forme un 
grand quadri iatère entouré d*un fossé, flanqué 
de deux grosses tours rondes vers la mer et 
de» tours carrées vers la terre; le tout d'une 
construction aussi belle que celle de Fama- 
gouste. Le rempart, haut de plus de ÏO pieds 
et large de 12, est partout crénelé. II est percé 
au tiers de sa hauteur, et de distance en 
distance , de larges embrasures pour le jeu 
des canons. Les tours rondes ont plusieurs 
étages de bouches à feu , ou du moins de 
salies destinées h les recevoir ; il v reste 
encore quelques canons de fer rouilles, pro- 
venant de labriques turques , et quelques 
pi'èces de bronze vénitiennes. On lit sur 
Tune de ces dernières : Galeacius Albergeli 
me fecU j entre le lion ailé de la République 
et récusson du maître fondeur. Les pailies 
les plus anciennes de ce château me parais- 
sent être les constructions intérieures. Tout 
autour d'une esplanade qui occupe le bas 
do la forteresse, sont des pièces et des salles 
voûtéesservantautrefoisdemagasinsd'armes, 
de dépôts de provisions et de logements 
pour les soldats. Les fours existent encore : 
00 sont de petites constructions isolées et 
en forme de ruche. Les a[)partemeDts que 
devaient habiter les princes quand ils séjour- 
naient dans ce château sont à l'ouest ; quoi- 
qu'ils soient aujourd'hui ruinés , on recon- 
naît leur ancienne destination aux ornements 
des baies et de leurs moulures. Du même 
côté est la chapelle , petite nef en ogive , 
tournée vers l'Orient , et aujourd'hui déla- 
brée. Trois colonnes de marbre soutiennent 
encore la retombée des arcs de la voûte; 
leurs chapiteaux, dont le galbeest plus évasé 
que celui des chapiteaux antiques , sont or- 
nés de grenades et de feuilles de vigne. 

Limassol et Paphos possèdent aussi d'an- 
ciens châteaux élevés sur le rivage pour 
protéger leurs ports. Ils remontent au temps 
des Lusignans , ainsi que Tindiquent leurs 
baies en ogive ; on sait même que celui de 
Limassol a été réédifié par le roi Janus , au 
XV' siècle ; mais les créneaux dentelés que 
l'on remarque sur leurs murs ont été faus 
dans les premiers temps de la conquête otto- 
mane; aujourd'hui, tes Turcs les laissent 
tomber en ruine. Le consul de France se 
trouvant l'année dernière à Paphos avec le 
gouverneur, ou voulut tirer le canon du fort 
en leur honneur; au premier coup de f('u , 
une partie du rempart lut ébranlée et croula 
dans la mer avec sa batterie. 

Arrivons aux châteaux qui appartiennent 
en entier au temps des Lusignans, et qui 
n'ont pu être altérés par des constructions 
)>ostérieures, puisque leur démentèlement 
ou leur abandon date du commencement de 



la domination vénitienne. Les p«uif 
sont les châteaux de Dieu-d'Amour 
Saint-Hilarion , de Buffavenl ou de la B 
de Kantara et de Kolossi. 

Ce dernier est une grosse tour isoléf 
la campagne; quant aux autres, on n'c 
rait pas une idée exacte si on se les i 
sentait semblables pour l'ensemble et I 
position aux anciens châteaux de Fi 
avec leurs fossés , leurs ponts-levis et 
corps de liâtisses à grandes façades. 

Les Lusignans, en fondant ou plu 
reconstruisant les châteaux <le l'île , c 
hauteurs de S.'iint-Hitarion, de Buffavi 
de Kantara étaient défendues, dès le i 
des gouverneurs grecs, pardesfortîfica 
les Lusignans ne s'étaient pas proposé 
quement d'y construire des demeures i 
usage ; ils avaient déjà les palais de N 
et de Famagousle , les maisons de plai 
de Slrovilo, de Chili, de Cherokidi 
Bassilia , qu'ils habitaient quelquefois 
trois châteaux , de Saint-Hilarion, de 1 
vent et de Kantara, situés dans les mont 
du nord de l'Ile, le premier seul étaj 
fois un château fort et une résidence rc 
quant aux autres, les princes francs ai 
eu surtout l'intention d'en faire des 
I esses qui pussent leur servir de prisa 
dépôt d armes, et de refuge poureux-OD 
dans un cas extrême. 

On avait à cet effet saisi les poini 
plus escarpés de la chaîne de montagne 
traverse I île do l'ouest à l'est, entre 
machii et le cap Saint-André ; on les 
enveloppés de remparts , de pavillons 
nelés et d'autres moyens de défense ; 
sant et taillant le roc quand il pouvait 
lieu de muraille; profitant de toutes les 
lies pour y avancer une redoute, de toi 
endroits planes pour y asseoir une i 
une chapelle ou une lour.à meurtrière 
telle sorte que l'ensemble du ch&teau 
sentait une réunion de pièces et de cor 
logis séparés presque toujours , et ind^ 
danls les uns des autres , plutôt qu'un 
tènie de constructions continu coma 
offraient autrefois la Bastille , Coucy , oi 
nos jours encore , le château de Vincei 
construit dans le même siècle qui a r\ 
lever la plupart des châteaux de Cb 
Cette disposition était foin de nuire à I 
fense, car on communiquait d'un bftti 
h l'autre par les cours et les rempar 
l'aspect général n'en est pas augoui 
moins imposant que celui des vieux chà 
que nous venons de citer. On n'y reti 
pas , il est vrai , leurs belles façades et 
grands donjons , mais on est étonné d'j 
sélager, jusi^u'aux hauteurs les plusc 
pées , au milieu de cyprès et de genévi 
de magnifi|ues citernes, des galeries 
tenassHS crénelées, d'élégantes chapi 
I ou ne peut qu'y admirer l'art avec h 
I ingénieur a fait serpenter les rempart 
les rochers \es plus abruptes; l'on esK 
veillé de voir comment il a pu asseo; 
un plan aussi rapide des pavillons , dtt 
ridors et des voûtes superposi^es les 



CHY 



DEPIGRAPHIE. 



CHY 



Vil 



*es9 comment il o nu tHiili<'r de si 
)urelies au soiumel de nx'.Iiers h \nc. 
sport seul dos mnlériaux h ces élé- 
surprenantes a di\ coûter d(^s peines 
Un caractère qui distingue enion* 
aux de Chypre, et en ijénéral Inutt s 
Iructions de l*ile, des construclions 
mce, c'est qu^iu lieu des toits aitjus 
]ues qui de[»arent (lueliiuefois ces 
s , surtout dans* le Nord , elles sont 
)Sf en Chypre comme en Syrie, par 
asses dont les lignes horizontales 
D plus bel eiïet. Ajoutons que dans 
rs monuments, principalement dans 
lauY , i'oj^ive et lt> plein cintre sont 
it employés pour former les arcs des 
en que ces châteaux aient été cons- 
1 XIII* au XIV siècle, épociuc où To- 
miDait presque exclusivement en 

l'Amour, dont le nom me paraît être 
rupliun d*une autre dénomination 
ùenne, est le plus ^rand et le plus 
Meau de Chy[)re. C'était le seul des 
les Lusignails aimassent à séjourner, 
Acile de reconnaître, dans fintérieur 
jis enceintes, les piùces(iui servaient 
;ion aux princes quand ils venaient 
la saison des fortes chaleurs. 
est qu*après une marche de trois 
îur les flancs de la monlai^ne île Cé- 
qu'en fiartant de Fungi Chifllick, à 
1 de cette ville , on arrive à la pre- 
3rle du château. Klle est aujourd hui 
it il n*est pas possible de reconnaître 
lit son système de clôture; on voit 
m qu'elle n'était protégée à rexlé- 
par un fossé , ni par un pont-levis ; 
tle entrée , comme les créneaux et 
*s du petit )iorch(ï dans lequel elle 
iccès, n'était qu'un ouvrage avancé 
de défense ù une seconiie |)orte. 
îst au fond de ravaîit-LOur.à gauche, 
ice au midi ; elle est crénelée.Hsur- 
d'un moucharaby de six consoles 
re-lobes , construction doit le nom 
la forme siMuble avoir été emprunté 
France à TOrient, car on en voit de 
les aux minarets du Caire, à la for- 
de Damas et à Tenceinte de la ville 
nortes. La norte, |)eu élevée et en 
ntre, était défendue, comme je Tai 
les créneaux et les tours latérales; 
ersait le rempart et communiquait à 
ide cour inclinée sur le |)enchant de 
agne. Lors môme que Tennemi eût 
forçant ces premiers obstacles , pé- 
lans la cour, il n'eût surmonté (jue 
idres diiricultés de son entreprise. 
es construclions supérieures étaient 
:s de telle façon que les défenseurs 
3t lancer leurs traits sur lui pendant 
lit à gravir , par une montée ardue, 
la seconde enceinte, formée de tours 
aleries crénelées. Là, en retraite et 
se trouve un corridor étroit,défendn 
LX portes en o^^ive , qui seules lui 
lient d'arriver plus haut , et qui de- 
ui opposer une résistance d'aula:it 



plus longue, (]u il était oblige de combattre 
sur un terrain in^'i^al, pierreux et escarpé. 
Aussi voit-on r|ue h; château de Dieu-d A- 
mour n'a jamais été pris de vive force : Je 
vieux sire de Beyrouth lui-mémo, un des 
plus habiles ca|) laines de Chyi^re,* aidé de 
tous les hommes d'armes du nays , ne put 
en déloger les trouj^es de Frédéric 11 , et les 
impériaux l'assiégèrent vainement , après 
(qu'une capitulation Teut rendu aux Lhy- 
l)riotes. 

Quand on a passé le corridor en voûte d'o- 
give, on se trouve véritablement dans l'en- 
ceinte du château, et au milieu des corps do 
bâtiments destinés, soit h la défense, soit h 
l'habitation. 11 est impossible do suivre au- 
jourd'hui le plan de ces constructions, bou- 
leversées par la pioche et la mine, sur un 
sol jonché de débris informes ; mais on in- 
géra do leur imp<irtance et de leur étendue 
fiar ce fait, que j'ai remarqué, malgré les 
démolitions elfectuées dans les trois encein- 
tes, plus de soixante pièces de diiférente» 
dimensions, dont les quatre murs existent 
encore. Aussi les Turcs auraient-ils dû ré- 
server pour Ci<! seul château la dénomination 
|)oétiqne du Yuz bir n\ les cent et une mai- 
sons, qu'ils donnent également à Uutlavent 
et à K an tara. 

Les édifices renfermés dans la deuxième 
enceinte s'étendent sur les deux penchants 
de la montagne. On neut encore reconnaître 
la destination do quelques-unes de ces cons- 
tructions. Un grand pavillon h deux étages, 
placé hors de la portée des traiis et ouvert 
sur la merde Caramanie, devait être une des 
parties principales do ra{)j)artement royal. 
Il a deux salles de 80 pieds de long sur 20 
pieds de large, éclairées chacune |>ar six fe- 
nêtres. De son étage inférieur, cm passe sur 
une terrasse, d'où un escalier conduit dans 
une basse-cour, fermée au nord par un édi- 
fice crénelé, de vi'igt |)as do large et renfer- 
mant neuf chambres ou magasins. Ce fort 
termine ren\;einte vers le nord, côté qui 
était suflisamment proté^^é |)ar l'escarpement 
eifrayant de la montagne et des rochers sur 
le$((ùels il re[)Ose. 

A coté de la grande salle est une chapelle, 
autrefois probablement un oratoire, dont la 
façade olfro encore l'image d'un saint avec 
un nimbe peint à frescpie. Un prêtre vient 
chaque année, le jour de saint Hilariou, cé- 
léSrer la niesse dans ce lieu solitaire. La 
chapelle du château n'est pas éloignée et 
communique avec le pavillon, quoiqu'elle 
en soit détacliée. Des pilastres et des colon- 
nes engagées dans le mur soutenaient sa 
voûte, aujourd'hui écroulée. Le chevet, tour- 
né h l'orient, est terminé on concfuo ou 
voûte de four ; h côté sont deux petites ni- 
ches ou hémicycles où l'on retrouve, comme 
sur les murs, des restes de fresque roujjo et 
bleue. L'église était éclairée par deux lenè- 
tres gothiques encore intactes, ot par une 
troisième baie ouverte h l'instar des iirecsv 
au milieu du chevet, comme iiour éclairer le 
sanctuaire; elle était précédée d'un porche 



175 



CllY 



DICTIONNAIRE 



GHT 



m 



on pièce couverte qui semble avoir fait par- 
tie d'un corridor. 

Une troisième enceinte domine toutes les 
constructions dont je viens de parler et com- 
plète le système de défense du château. 
Avant dV arriver, on remarque à droite une 
citerne à ciel ouvert d'une construction très- 
hardie. Elle est comme scellée aux tlancs du 
rocher, qui la ceint de deux édités ; ses murs 
▼ers le nord et Test paraissent n'avoir pas 
moins de 30 pieds de haut ; ils ont 5 pieds 
«l'épaisseur et sont soutenus vers l'oui'Sl par 
quatre solides conlre-foits de 1 mètre de 
large. A Tintérieur, la citerne est longue de 
57 pieds, large de k2. Kn inohlant h la ))orte 
de l'enceinte, on aperçoit les traces d'un 
escalier qui, à travers les hlocs de pierres 
et les genévriers, conduit à un petit fortin 
en voûte d'ogive, détaché h l'extrémité des 
rochers vers le sud-outsl. Six grandes meur- 
trières, pratiquées dans l'épaisseur de ses 
xnurs, permettaient de lancer dss traits au 
delà des bâtiments et des enceintes jusqu'au 
fond des vallons du nord et du sud. Pour 
parvenir à la porte donlj*ai parlé, la pente est 
encore plus rapide que dans la première cour: 
ici le moindre taux pas ferait rouler un homme 
dans la citerne ou le précipiterait sur les 
rochers. Qu'on son^e a la position d'enne- 
mis placés sur ce terrain, et obligés de se 
couvrir des traits qui leur étaient lancés des 
terrasses supérieures I Biais les assiégeants 
n*0Jit dû jamais pénétrer jusqu'à cette hau- 
teur. 

L'entrée ogivale de l'enceinte est intacte ; 
elle a encore les trous par oii Ton passait les 
poutres pour consolider la clôture. La porte 
s'ouvre sur une grande cour plénière entou- 
rée de rochers ou de constructions crénelées, 
et fermée h l'ouest par une galerie de trois 
étages. Le milieu du bâtiment a été ouvert 
par la niine et a croulé au fond des préci- 
pices ; mais les grandes ruines qui en res- 
tent encore, appuyées sur les hauteurs de 
droite et. de gauche, laissent a))précier la 
bonne qualité des pierres emnloyées dans la 
c!onstruction, leur taille régulière, leur ajus- 
tement précis et le soin apporté dans l'orne- 
mentation générale de ce beau corps de lo- 
gis, qui a dû être habité souvent par les 
princes. Sa pièce principale a 20 mètres de 
long sur 8 mètres de large ; ses fenêtres sont 
divisées en deux baies à plein cintre, au- 
dessus desquelles s'ouvrent de petites ar- 
cades do trèfles et de quatre-feuilles à jour, 
qu'enveloppe me arcade supérieure en ogi- 
ve. Des bancs en pierre régnent autour de 
ces fenêtres élégantes, d'où la vue s'étend 
vers l'ouest sur les riches coteaux de Karava, 
de Lapithos, aux magnifiques Jardins de 
palmiers et d'orangers d'Acheropiti, de ïre- 
mithi, de Vassilia, où le roi Hugues IV<les- 
cendait souvent pour s'entretenir avec le 
savant Georges LapitIu'S de littérature et de 
philoso[)hie. 

Au-dessous de celte salle en est une autre 
d'égale dimension ; h côté, dans les deux 
étages se trouvent, d'autres pièces moins 
grandes, scrvanf probablement de chambres 



h coucher et dont quelques-unes» compan- 
bles aux chambres des maisons de Pompéi, 
n'ont pas plu<% de deux fois la grandeur aun 
lit. Du côté opposé, vers le sud-est cl sur le 
pic dominant toute la montagne, est encore 
un autre petit château complet, avec ses rem- 
parts, ses meurtrières et ses tourelles. C'é- 
tait comme un dernier donjon, un dernier 
refuge, ou plutôt ce n'était qu'un belvédère; 
car, à ces hauteurs inaccessibles, aue pou- 
vait-on craindre derennemi,s'il n'était d^à 
maître des cours et des galeries inférieures 
du château ? J'ai mesuré la hauteur de ee 
point, le plus élevé de la chaîne septentrio- 
nale de Tîle, ot jai trouvé, au moyen duba* 
romètre Bunten, 709", 7 ou 2,329 pieds. Ce 
sont à peu |)rès les deux tiers de la hsulevr 
du Vésuve et la moitié du Puy-de-Dôme. 

De ce point, la vue est encore nlus étcndoe 
que du rem[)art de l'ouest. Elle cmbfeane 
vers l'Orient toute la côte de Chypre jus- 
qu'au cap Saint-André, où d'abord les regards 
se portent sur Kicbini, sur le château delà 
Reine et le beau cloître de Lapais, dont je 
parFcrai |)lus tard. Vers le sud, une élévation 
cache Nicosie et ne laisse apercevoir qu'un 
coin de la Messôrée ; mais par-dessus la 
montagne, on voit briller la mer de Laraaca 
et de Limassol ; au nord, on suit toute II 
cdte de Caramanie, et l'on distingue aisé- 
ment, vis-à-vis du château de Saint-HilariOD, . 
les fortifications de la petite ville d'Anamour, - 
qui porta quelque temps, sous le règne des 
Lusignans, le pavillon chrétien. 

Le château de Buffavenl, appelé aussi cU- 
teau de la Reine, est situé à trois lieues nord- - 
est de Nicosie, à une heure au nord du con- ' 
vent de Saint-Jean Chrysoslome. Il est d'ua 
accès plus difficile encore que le château di 
Saiut-Hilarion, et, comme ce dernier, il n'i 
jamais été forcé par l'ennemi. On ne peut 
croire qu'il n'y ait eu autrefois une commu- 
nication praticable avec le bas de la monta- 
gne ; mais les Vénitiens ont dû détruire 
toute trace d*escalier, quand ils prirent le 
parti de diminuer le nombre des forteresses 
de l'Ile et de concentrer leurs garnisons dans 
les places maritimes. Aujourd'hui, pour par- 
venir à la première porte du château, il faot 
s'aider des mains autant nue des pieds dans 
un sentier escarpé entre l'es rochers, et as^ 
surer sa marche aux troncs des cyprès oui 
ont poussé dans le roc, si on ne veut rouler 
dans les précipices. 

En pénétrant dans l'intérieur, on voit que 
Bulfavent est construit d'après le même 
système queSaipt-Hilarion. Une double en- 
ceinte sé|)are le château en deux partiesassex 
éloignées l'une de l'autre, et formées chacune 
de chambres, do magasins et de forts, com- 
muni(piant entre eux ou isolés, suivant l'exi- 
gence du terrain. Les constructions princi* 
pales se trouvent dans la première enceinte 
et sont étngéos sur le penchant du rocher 
vers la plaine de Nicosie ; l'enceinte supé^ 
rieure renferme les derniers donjons, qui 
reposent sur les sommets les plus élevés et 
dominent au nord et au suJ, depuis Cériiies 
et Lapais d'un côlé, jusqu'au muni Olvmpa 



CHT 



DEPIGRAFHIE. 



CHY 



«18 



lessArée de l*autre. Comme du Laul 
rHilarioD cl do Kantara, on voit du 
Buffavent la mor et la côte de Cara- 
1 nord, la mor d'Egypte au sud. Aussi 
ion favorable uvait-clh^ tait choisir ce 
pour point d*obsiTvation parles Lu- 
qui y avaient établi un guet chargé 
ler, par des feux, ra[)prociie des oa- 
X gardes do Cérines et do Nicosie. 
lies du château lie la Heine, les iK)rtes 
en ty paraissent avoir été nrescfue tou- 
jive ; ou y reconnaît seulement quel- 
iDS cintres, autant (]u*il est possible 
er depuis que les pierres de taille qui 
it les arcnaes d'entrée ont été descel- 
» salles d'habitation ou de dépôt sont 
'andes et bien moins nombreuses qu'à 
larion ; il n'en reste |)lus que quinze 
deux enceintes. Elles sont entières, 
urs ont conservé leur toiture en voûte 
i rintérieur, en terrasse au dehors, 
lelques-unes s'ouvrent des citernes 
?eaux profonds, qui ont, à différentes 
«détenu des personnages importants. 
lit didiciie (le [iréciser la date de la 
n de ce cliâteau ; ce qui est certain, 
il y avait un fort sur la montagne 
ivent dès le xu' siècle, à Tarrivée 

de Lusi^nnn, et ce qui parait en- 
rs de doute, c'est que l'éilifice ac- 
»artieut en entier, sauf peut-être les 
ms, au temps des princes français. 

sa dénoniination do château de la 
il est possible ({u'elle n'ait pas plus 
îcle de date et qu'elle provienne de 

accréditée par l'ignorance des ca- 
le Saiut'JeanChrysustome,quicroient 
T l'antique portrait de la reine fonda- 
leur monastère et du château voisin. 
. lire dans Mnriti et Ali Bey les fabuleu- 
itures decette prétendue Veine, simple 
e Vénitienne de la noble famille Mo- 
! portrait, conservé avec soin derrière 
le Saint-Jean Chrvsostoine, est un ex- 
celte dame et du jeune Anlonin Moli- 
bablement son fils, ainsi que l'indique 
scriptioD (1) peinte sur le panneau : 



&CHCJC • TIC^. A8 

(^IALTTB?) MO lumo 
m 8 » MOAINO 



ibleau est point sur bois, h fond d'or, 
style grec suivi h Venise. 11 repré- 
aint Jean l'Aumônier recommandant 
erge Antonin et Marie Molino, agc- 
s devant elle. L'église du couvent de 

. Scuvic- Tnç» ooOXïîf. Tov. ©loO. ^\aùioLÇ^ xov. 
li.) HoXtvo. xaî. *Av?ovivov. tgO. ^i/ÎTrrou. Mo).ivo. 

^dela senanie de D.cu, Marie de , , , Molino, 
min (fils) de Philippe Molinn, 



Saint-Jeau-Chrysostomefut peut-étredotéeou 
restaurée au têm)is des Vénitiens nar Marit^ 
de Molino, et le souvenir de cette libéralité, 
imparfaitement conservé par le tableau que la 
donatrice ou rhégounn>ne fit exécuter à cette 
occasion, aura fait croire quelque temps après 
que ce portrait rappelait les traits de la fonda- 
trice du couvent et du château. Il ne faut pas 
plusdecent ans pour accréditer de semblables 
erreurs dans un pays où Ton n'écrit presque 
jamais, et od les moines ne savent pas lire. 
Le château de Kantara est situé à l'orient 
de la chaîne des montagnes, dans la province 
du Karpas, entre Daulo au nord, et Komake- 
bir au sud. Restauré et probablement agrandi 
par les premiers Lusignans, il fut rebâti en 
partie par Jacques, fils de Jean 11, au xiv* siè- 
cleetdémanleléauxv* par les Vénitiens. Quoi- 
que la montagne sur laciuello il est situé soit 
presque aussi élevée <pie relies de Saint-Hi- 
larion et de Bulfavent, ses pointes sont moins 
escarpées et le pied du château plus facile- 
ment accessible. C'est sans doute h ces con- 
ditions moins favorables que la forteresse du 
Karpas doit d'avoir été prise plusieurs fois 

[lar les ennemis, ({ui n'avaient [m emporter 
es châteaux do l'ouest. 

Kantara est moins étendu et plus com- 
pacte, si l'on peut dire, que ces cierniers. Il 
semble que les ingénieurs chargés d'assurer 
la défense de ce point, reconnaissant le dan- 
ger des pentes praticables qui pouvaient con- 
duire à ses pieds du côté du nord et de l'est, 
aient doublé la force des murs et les aient 
ramassés autour d'un plus petit espace. Deux 
grosses tours protègent la porte ouverte 
dans l'épaisseur du rempart, et qui commu- 
nique a une basse-cour qu'entourent les 
corps de bâtiments. Les tours et les courti- 
nes du nord ont sauté sous la mine ; les par- 
ties conservées enveloppent le haut de la 
montagne, en descendant de l'ouest au sud 
et à l'est. 11 y a là, comme dans les autres 
châteaux, une chapelle, des magasiiis, des ca- 
veaux, des citernes, des salles voûtées et pt»r- 
cées de meurtrières, (lui ne présentent rien 
de particulier après ce que nous avons dit 
des châteaux précédents ; j'ai remarqué seu- 
lement au rempart de Kantara une disposi- 
tion que je n'ai pas retrouvée dans les autres 
forts. Vers le sud, loin de la porte d'entrée 
et loin de la partie des murs où l'ennemi 
devait diriger ses attaques, s'ouvre une po- 
terne à l'extrémité d'un couloir étroit que 
(>rolége une voûte solide, en descendait vers 
les rochers. Cette petite porte, «u'on aurait 
pu laisser ou verte sans danger, même pendant 
un assaut, car elle donne sur des eswïrpements 
à pic, laissait communiquer avec la campagne 
quand l'entrée principale était bloquée, et 
permettait d'envoyer un émissaire au dehors 
dans un moment de danger ou de surprise. 
Je dois parler avec quelques détails do la 
tour de Kolossi ou du C'o/o*, comme on l'ap- 
pelait au tenq>s où elle était le chef-lieu do 
la commanderie des Hospitaliers de Chypre. 
Les Grecs et les Turcs la désignent sous h; 
nom de Coula y dénomination dérivée peut- 
être de Colos, et api)liquée aujourd'hui in- 



i79 



CHY 



DICTIONNAIRE 



CHY 



distincloineiit par les habitants de Tile à tous 
les châteaux isoles. 

Situe h une lieue de la mer et à égale dis- 
t.'ince h peu près de Piskopi et de Zagatzi, le 
t^olos domine toute la plame qui s*étend de- 
]'uis ces villes jusqu'à Liraassoi ; il peut ôtro 
classé, pour son architecture et sa conser- 
vation remarquables, parmi les plus beaux 
édiQccs français qui aient été construits au 
niojen âge et (]ui existent encore aujourd'hui 
danslllo. Cest une grosse tour carrée sans 
tourelles aux angles, de soixante-cinq pieds 
de côté et de quatre-vin|;ts pieds de hauteur 
environ, dont Tentréc, située à dix pieds aii- 
dessus du sol, est tournée vers la mer; un 
pont-levis s'abattait autrefois du seuil h la 
terre et livrait passage pour entrer dans la 
tour ou pour en sortir. On l'a remplacé de- 
puis longtemps par une rampe en maçon- 
nerie qui facilite le transport des cotons et 
des garances dans ses vastes salles, car le 
Goios est heureusement conservé et sert de 
magasin h l'une des {rlus riches fermes do 
Tile de Chypre. Sous la rampe, s'ouvre une 
petite porte voûtée donnant dans un étage 
souterrain de trois salles en ogive. Le mur 
est, h cet endroit, de neuf pieds d'épaisseur. 

Je n'ai pu retrouver les traces de l'ouvrage 
avancé qui protégeait sans doute cette fa- 
çade du château ; mais à quatre pas en avant 
du rempart oriental existe encore un mur 
crénelé de trois ou quatre mètres de haut 
sur quatre pieds d'épaisseur, relié à la tour 
des deux côtés. Ce mur semble aujourd'hui 
n'avoir d*autre destination que de protéger 
les fenêtres de l'étage inférieur éclairé par 
la petite cour; cependant il a, outre sa porto 
pnncipale, pratiquée en ogive vers la cam- 
pagne , une seconde porte latérale ouverte 
dans la clôture que je suppose avoir existé 
devant la façade du pont-levis. 

La façade méridionale de la tour où est le 
pont-levis n'est percée que de deux fenêtres 
éclairant le second étage; elle est défendue 
à la hauteur de la terrasse et dans l'axe de 
la porto qu'elle surmonte, d'un moucharaby 
è cinq consoles, assez semblable aux mou- 
charabys du château de Saint-Hilarion, mais 
d'un style moins sévère; ses consoles sont 
formées de trois contre-lobes en retraite, et 
les parties vides séparant les consoles sont 
découpées en lobes que surmonte une ar- 
cade ogivale. La façade orientale est décorée 
de quatre écussons en marbre blanc, incrus- 
tés dans une grande croix à branches égales, 
ancienne forme de la croix de l'ordre de 
l'Hôpital. Au centre de ces emblèmes est 
l'écu royal des Lusignans, car les propriétés 
des Hospitali(îrs, en Chypre, étaient toujours 
subordonnées au souverain domaine du roi. 
L'écu écartelé de la croix de Jérusalem, du 
lion sur champ burelé des Lusignans, du 
lion d'Arménie et du lion de (Chypre, ne peut 
être antérieur h Taniiée 1393, époque de la 
réunion des trois couronnes dans les armes 
de la maison de Chypre. Mais celte circons- 
tance ne préjuge en rien l'Age de la tour, qui 
est probablement bien plus ancienne que tes 
nrmoirirs dont elle est aujourd'hui décorée. 



Le bras gauche, le bras droit et le croisilloo 
inférieur de la grande croix Ggurée sur b 
façade renferment d'autres écussons de .plus 
))clite dimension que l'écu royal. Le premier 
écu est écartelé au premier et au quatrième 
quartier de la croix de l'ordre de l'Hôpital, 
disposition qui indique toujours les armoi- 
ries d'un grand maître ; au deuxième et au 
troisième d'une fasce, emblème héraldique 
d'Antoine Fluvian, élevé au magistère en 
1^21, et de Jean de Lastic, nommé pour le 
remplac:^rà sa mort, en 15^37. L'autre éca« 
écartelé comme le précédent au premier ei 
au quatrième canton de la. croix Je l'ordre, 
appartient h Jacjjnes de Mîlli, grand matlre 
de 1V5V à IVOl, dont il porte la flamme en 
chef des deuxième et troisième quartiers (IJ. 

Les façades du nord et de l'ouest sont per- 
cées de fenêtres au premier et au deuxième 
étage; aux mêmes plans, deux constructions 
saillantes servant de latrines s'avancent hors 
du mur par deux consoles en encorbelle- 
ment. Le côté nord est percé en outre, àboit 
pieds h peu près au-dessus du soi, de trois 
ouvertures étroites donnant jour dans l'étage 
souterrain. Un moucharaby de trois consoles^ 
desservi. par la terrasse, défend l'approche 
de ces fenêtres et de tout le rempart septen- 
trional. 

Entrons maintenant dans l'intérieur du 
chûteau. Il est divisé en deux étages, sans 
compter les basses fosses. L'aire du'premier 
est un peu inférieure au seuil de Ja porte 
d'entrée; le second est recouvert par la ter- 
rasse. 

Le premier étage, à la hauteur de la rampe, 
est divisé en deux grandes salles : celle de 
gauche est subdivisée en deux pièces voû- 
tées et en ogive. Dans celle de droite, une 
trappe mobile, ouverte sur les salles infé- 
rieures, permettait de communiquer avee 
elles quand la porte extérieure était marée. 
Ces salles , au nombre de trois, voûtées en 
ogive et moins hautes que les autres, étaient 
sans doute destinées aux mag^asins et an 
cuisines. Les chevaliersde service se tenaient 
sur la terrasse et dans les pièces du rez-de- 
chaussée ; l'appartement supérieur était ré- 
servé au capitaine de la tour ou au comman- 
deur de Chypre, quand il venait résider à 
Kolossi. Un escalier à vis de trente-quatre 
marches, pris en partie dans l'éjuiisseur de 
mur, en partie sur le pallier, conduit àxet 
étage ; il n'est compose que de deux gran- 
des salles de vingt mètres de long sur dix 
mètres de large ; le mur de refend qui sé- 
pare ces chaud)res est ouvert aux deux ex- 
trémités de deux portes en ogive ; au centrai 
deux larges cheminées, qui devaient servir 
rarement. Quatre fenêtres eu plein cintre 
surbaissé sont pratiquées dans Tépaisseor 
du mur, qui est ici de cinq ou six pieds ; leur 
embrasure retient des sièges en pierre sur 
ses trois côtés. 

L'escalier continue au-dessus de cet étage 

(1) J'ignore il quel digiiitaîre appirienaîi l*éca de 
rroisillon vertical dont les quatre caillons offrent niM 

flcui' d« li«. 



CHY 



D^EPICRAPHIE. 



cnv 



nduit sur la terrasse , en déboucnanl 
un lanlernon h toit plat. Arrivé )è, on 
mTesur une belle plntc-forme de vingt 
is carrés, autour de ]a(|uolle rùgne un 
et de deux pieds et demi de haut, garni 
»oeaux rectangulaires, qui doublent son 
ioo. Des, meurtrières vcrlicales et on 
isure sont ménagées au fonJ de chaque 

SIeine. Les merlons sont assez rnp- 
les uns des autres ; mais h certaines 
ces se trouvent des espaces plus grands 
rvaient sans doute à la manœuvre des 
s machines de guerre. Aux côtés ni» 
du nord, on voit les ouvoitures des 
moucharabys ; au contre, ini grand 
frculaire divisé par un mur est la dou- 
sue des cheminées de raf)partement 
pal. A l'angle nord-ouest, vis-è-vis l'es- 
devait s'élever aulrotbis un petit jm* 
dont on reconnaît rassietto, ot qui 
< soit de lion d'observation, soit d'abri 
me cloche. Ce signal était souvent em- 
dans les châteaux pour donner Tévoil 
>Idats des piècos inférieures, et peut- 
D existait-il un semblable au Colos ; 
es gardes de la tour avaient un autre 
1 de communication entre ses divers 
: cVst un conduit d*un j*ied de Jar- 
l de huit pouces d'ouverture, dont on 
qjue Torilice sur la façade ouest de la 
se, et qui se prolonge jusqu'au plan du 
evis, en s*ouvrant aussi sur Télage du 
audeur. Ce canal étroit n'avait, sans 
d*au(rc destination que de donner pas- 
la voix d'un étage a Tautre. Il a dû 
plus d'une fois à signaler rapproche 
isseaux catalans, génois ou égyptiens, 
nrent si souvent désoler do leurs in- 
DS les riches cami)agnes dos pays de 
sol et de Paphos, sous le règne dos 
seurs de Pierre J", le vainqueur d'A- 
Irie et de Salalieh. 

orne à ces détails ce que j*avais à dire 
âteaux francs, dont il reste de grandes 
en Chypre. Il en est plusieurs autres 
importants et moins bien conservés 
lax qui viennent de nous occuper. 11 
de les citer; ce sont : Castria , château 
impliers, sur un rocher peu élevé, au 
la c6te méridionale de Cnrpas, entiè- 
t ruiné ; Chity , maison de plaisance 
isignans, h deux lieues de Larnaca, où 
ivent des portes en ogive donnant ac- 
QS une cour, et de grandes citernes si- 
autrefois au milieu de jarJins ; Pota- 
hAteau royal dont il reste quelques 
18 près du village de ce nom et sur la 
I de Jalia, au nord-est de Dali ; Sigouri, 
]lbflteau-Franc , sur le Pidia, construit 
roi Jacques l" pour tenir les Génois 
lec dans Famagouste, ot démoli par 
aitiens; eMfin, Cherokidia, au bas du 
ainsi nommé, dans le Masoto. 
eroicr château, après avoir ap))artenu 
impliers, puis aux Hospitaliers, était 
riété des Lusignans dans le xv' siècle* 
narqué dans les ruines qui en restent 
ranues salles h doux étages dont les 
s inférieures sont en baies rectangu- 



laires et au second étage en plein cintre , 
tandis q[ue la porte d*entrée est gothique. 
L'emploi simultané de ces dilférentes formes 
de baies apparli(*nt généralement aux cons- 
tructions du XIII' siècle. 11 est certain d'ail- 
leurs par l'histoire que le chAteau de Che- 
rokidia remonte aux premiers Lusignans, 
puisqu'il existait di\jà au commencement du 
XIV* siècle et que, détruit au xv* par les 
Egyptiens, il fut laissé en ruine par les pro- 
véditenrs de Venise. 

A côté des trois salles, dont la toiture 
n]existe plus aujourd'hui, est une grande 
pièce voûtée en ogive, qui est peut-être la 
jirison où une partie des Templiers furent 
incarcérés Tan 1307, par suite des ordres 
venus de la cour d'Avignon, qui projetait, 
dès cette époque, la su|)pression de cet Or- 
dre ambitieux. Non loin du chÂtoau et dans 
les dépendances probables de ses anciens 
janHns, on voit encore une église, petit 
vaisseau latin, recouvert aujourd'hui de fres- 
ques grecques. Quoique éloignée du village 
et presque abandonnée, cell»' chapelle, an- 
pelée Panaia ton Kampou, Notre-Dame du 
Champ, est bien connue des paysans des en- 
virons, qui viennent souvent y brûler des 
cierges devant une image de la Vierge. Kam- 
po5 désigne en Chypre tout terrain plainier; 
mais serait-ce faire une conjecture trop ha- 
sardée que de voir conservé dans Ja déno- 
mination particul'ère de Toraloire de Chero- 
kidia le souvenir du sanglant combat de 
H:>6, qui coûta la vie h tant de seigneurs 
chypriotes, à tant de chevaliers français ve- 
nus pour combattre les Mameloucs , et qui 
se termina par la prise du roi Janus lui- 
môme? Kendu h la liberté et revenu du Caire, 
le roi n'aurnit-il |)as voulu honorer la mé- 
moire de ses fidèles compagnons d*armes, et 
marquer le lieu oi!i il avait été fait prison- 
nier, en y élevant une chanolle sous l'invo- 
cation de Notru-Dame du Champ de bataille? 

Les châteaux forts dont je viens de parler 
appartenaient tous au riomaine de la cou- 
ronne ou aux ordres religieux; on en cher- 
cherait vainement en Chypre qui eussent 
été la propriété particulière de simples feu- 
dataires, comme il y en avait au moyen âge 
un si grand nombre en Europe et même en 
Syrie. La diûérence de la situation et des 
institutions politiques de ces pays explique 
la différence que l'on remarque dans les 
usages féodaux. 

En France, comme dans le reste de l'Eu- 
rope, aux XI* et XII* siècles, les hommes no- 
bles transformèrent leurs habitations en for- 
teresses, non pas seulement dans des vues 
d'indéf-endance, mais par le besoin urgent 
d'assurer leur défense personnelle au milieu 
du trouble général et de l'aifaiblissement du 
pouvoir souverain. En Syrie l'action de la 
royauté, quoique plus forte qu'en Europe au 
xii« siècle, était cependant affaiblie encore 
par les privilèges des grands vassaux que les 
Assises avaient sanctionnés en môme temps 
et aussi expressément que les droits de la 
royauté; il y avait de plus en Syrie la né- 
cessité de fortifier sur tous les points un pays 



^B85 



CHV 



DICTION NAIKE 



CHT 



snns cesse ouvert aux adressions do Ten- 
nenii. De le, le grand nombre de forteresses 
ap|)artonai)i au roi , aux ordres religieux et 
aux .«cigneurs, qui se trouvaient dans les 
principautés de Jérusalem , de Tripoli et 
d'Antioche.Riendftsembl«l)len'existaenChy- 
pre sous les Lusignans, ni dans la condition 
sociale ni dans la léj^^islalion. La mor qui en- 
vironne le pays lui donna plus de sécurité; 
et dès Torigine de rétablissement qu'y fon- 
deront les Lfîlins au xir siècle, la royauté 
y fut plus puissante qu'elle no l'avait été en 
France et en Syrie defiuis deux siècles. 
Toute autorité individuelle autre que celle 
du roi fut anéantie par le consentement des 
hommes liges et par le contrat qui les liait 
au souverain, dont ils tenaient toutes leurs 
propriétés. Aussi n'y eut-il jamais dins le 
royaume des Lusignans ni grands fiefs de la 
couronne, ni seigneuries indépendantes, ni 
guerres privéï'S ; et par suite i-l n'y eut ja- 
mais d'autres fortifications, outre les chft- 
teaux des contoralions militaires, sur les- 
quelles le roi avait encore autorité, que 
celles qui appartenaient à la c(»mmunauté 
des hommes liges, ou plutôt au roi, seul 
chef et détenseur de cette communauté. Le 
chevalier chypriote ne pouvait élever de for- 
tifications sur sa seigneurie, comme le che- 
valier de Syrie, parce que, seule, la haute 
cour présidée par le roi ou son lieutenant, 
pourvoyait aux moyens de défense du 
royaume ; il n'avait pas à se prémunir con* 
tre les attaques de son voisin, comme le sei- 
f^neur de France, parce que le roi était tou- 
)Ours prêt et toujours assez fort pour le dé- 
lendre et punir son agresseur. 

Aussi, retrouve-t-on très-peu d'anciennes 
demeuresseigneuriales en Chypre, parce que, 
moins fortes que des châteaux, elles ont été 
plus facilement démolies par les habitants 
des villages voisins, qui s'y sont ai)provi- 
sionnés de matériaux nour bâtir leurs mai- 
sons. Les ruines de celles que j*ai reconnues 
à Pyrgos et dans le Karpas semblent avoir 
appartenu à des habitations élégantes , vas- 
tes, solides même, mais qui n'avaient au- 
cune ressemblance avec les forts châteaux 
élevés par les barons de la Bretagne, de la 
Bourgogne , de la Picardie ou de l'Ile-de 
France. • 

Je consacrerai un prochain rapport à la 
description des principales églises gothiques 

?ue possède encore Tile de Chypre. Cette 
tude me fournira l'occasion de signaler, 
plus à propos qu'il n'était possible de Te faire 
en traitant des constructions militaires, les 
caractères particuliers à l'architecture chy- 
priote pendant le règne dos princes français, 
leurs rapports et leurs difTérences avec les 
systèmes d'architecture suivis en France aux 
mêmes époques. 

J'ai l'honneur d'être avec un profond res- 
pect etc. L. DE Mis Latrie. 



Seoond m apport adrené à U, le minîjli 
rinstruction publique, par M, de M^t 
trie^ chargé en 18M d'une mî$sion en Chi 

Paris, le 30 juîllel 1841 

Monsieur le Ministre, 

Je vais décrire aussi exactement que 
sible, dans celte nouvelle lettre, les édi 
religieux élevés par les Français en Cbj 
sous le règne des Lusignans. Je ne par 
que des monuments conservés en entiei 
qu'«^ nous, ou dont il reste d'assez gra 
ruines pour que nous puissions en rc 
naître le plan général , en apprécier H 
mentntion, et déterminer, au moins app 
mativent, l'éimque de leur conslructio 
signalerai, h la fin de ma notice, les rap 
nombreux de ces édifices avec les e{ 
gothiques de France, et j'essaierai di 
trouver les causes qui ont amené quel 
diiférences caractéristiques entre leurs 
tèmes d'architecture. 

Pour mettre de l'ordre dans cette def 
tion, quelquefois minutieuse, et éviti 
même temps des longueurs ou des r^ 
tiens, j'indiquerai d'avance les division 
je vais suivre. Je m'occuperai d*aborc 
églises de Nicosie, puis de celles de F 

f;ouste, de Paphos, de Limassol, on de 
ieu de l'abbaye de Lapaïs. 

NICOSIE. 

Mosquée de Salnie-Sophlc. (Ancieooe cttliMn 

D'anciennes chroniques indiquent 
réglisedeSainte-Sophie, commencée en 
sous le règne de Henri P' de Lusignan 
l'archevêque Albert, fut terminée en 
sous Henri 1", par l'archevêque Eust 
Le plan de l'église, l'ensemble de son i 
lecture et de son ornementation répoi 
parfaitement à ces dates, car Sainte-St 
de Nicosie est une église gothique de 
ogival élancé; ses [)ortails, ses fenêtra 
meneaux, ses feuillages portent tous 
preinte do cette sévérité régulière et de 
simplicité élégante qui appartiennent er 

[)re aux monuments du xui* siècle. Tel 
a Sainte-Chapelle de Paris, à iaquel 
peut comparer la cathédrale de Nicosi 
tenant compte de l'élévation plus çraoi 
la première église et des autres diffén 
de détail que la description fera conn 
Sainte-Sophie de Nicosie ne ressembi 
rien ni à la basilique de Constantin, ni 
cune autre église de style grec. N'em| 
tant aucun des éléments de son pian i 
sa décoration au goût byzantin, elle es 
tée une église essentiellement franqi 
gothique. Semblable, par sa disposîtio 
nérale, aux églises de la première muil 
xiii* siècle, elle forme une belle nef c 
rallélogramme, terminée par un hém» 
à laquelle des transsepts construits an 
de sa longueur donnent la figure d'une 
latine. Elle a ^0 mètres à sa laçade et 7 
très ou 200 pieds de profondeur hors < 

vre. 

L'église est précédée d'une cour don 
trée gothique, décorée dans le slyle g< 
de l'édifice, mais construite peut-Atre 



CHY 



D£PiGRAi>Hl£. 



CHY 



186 



siècle, élail suniiontëe (]*écussons 

par les Tiirs ou par les Vénitiens. 
redela cour, est aujourd'hui lc«ffr(7« 
Qusulnians l'ont leurs nblulions avant 

dans la mosquée pour la prière. 
ataine est abritée d*un pavillon que 
lent des colonnes du marhre ; non 

Ik se trouvent des blocs en granit 
\ mètres de rirconfï^rence, i)rovenant 
sroent de Sainte-Sophie > peut-ôlre 
tl ou de la chaire. 

la cour et avant lo portail de Téglise, 
larvis formé, non pas du retrait en 
ire des baies du portail comme dans 
klrales de France, mais bien d'un 
e, ou plutôt d*un porche véritable, 

façade et ses portes fiar(iculières. 
s dés conciles de Nicosie fourniront 
9 quelque lumière sur la destination 
»rcne, que Ton retrouve dans la plu- 
églises franquesde Tlle. On ne peut 
i*il fût encore destiné, conune dans 
Live Eglise» à renfermer les pénilenis 
leuir séparés de l'assemblée des 11- 
3ut en les mettant h couvert des 
. de lair; mais il n*en mérite pas 
e Gxer notre attention, en raison de 
silion et de la rareté de construc- 
nblebles en France au xiii' siècle. 
é est divisé en trois aires d'inégale 
» les parties latérales qui correspon- 
X bas côtés s'élcvapt au-dessus de 

qui accède à la nef centrale. Cette 
:e de niveau existe aussi dans Tin* 
ie réglise. Aux trois aires corros- 

trois voûtes dont les nervures se 

séparément. Deux grandes tours 
terminent le porche au nord et au 
3S sont jierrées dn deux portes vis-à- 
îDtrées collatérales. Dans le milieu 
même un portail , qui répond de 

l'entrée priiicipale de la nef. 

cette façade est d'une grande sim- 
mais les arôles de ses tours et de ses 

sont si pures, les tores et les ner- 
) ses baies sont si nets, les rares 
s qui les décorent si vivement sculp- 
ta ne remarque pas trop la nudité 
smentalion, quand on n*a pas encore 
fade intérieure. 

rtail et les portes latérales du [lorcho 
mes de colonnettes en retraite les 
is les autres, surmontées d*un mince 
u réduit presque à un tailloir, et qui 
la hauteur des feuilh^s de rose ou 
chesde fougère qui le déer»rent. Des 
is, formant les arehivollcs, retom- 

nombre égal aux colonnettes sur 
dteaux. Les deux grandes fenêtres 
8 sont pareilles dans leur disposi- 
urs baies, o^^ivales coinine toutes les 
sont divisées en deux arcades par 
eaux à colonnettes ; les arcades sont 
ss par des découpuns trilobées; en- 
ympan de ces briies est formé de 
i ou de lobes, ciigendrés toujours 
arcs de cercle , autant de caractères 
k rarcbileclure du xin' siècle. Outre 

entrées de la façade, le porche a 



deux portes latérales ouvertes au nord et au 
sud, entre les tours carrées et les tours ron- 
des sur lesquelles sont les minarets, dont je 
parlerai plus loin. Los tours sont terminées 
a leurs angles par 6es tourelles carrées et 
saillantes, bordées elIes-mC^mes dans toute 
leur hauteur par une nervure prismatique^ 
le faîtage est d'un joli etl'el. C'est ur.e Irise 
de grosses feuilles rap[)rocht'es en bouquet 
qui se détachent au soumiel des tours et cou* 
ronnent très-élégamment chacune de leurs 
faces, en leur dormant h l'extrémité une 
forme légèrement évasée. 

Au-dessus des archivoltes s'élève un fron- 
ton dont les cotés sont décorés, jus(|u*au 
sommet, de bourgeons nettement détachés de 
la pierre. Dans ie tymfian des trois frontons 
et au-dessus des archivoltes, on distinguo 
encore la trace d*anciens écussons. 

Le haut de la tour du sud, le haut du 
fronton central, ainsi que le sommet d*un 
second fro'ilon en ogive qui surmontait le 
premier» n'existent plus. Celle partie de fé- 
dilico fut renversée par un tremblement do 
terre vers Tan 1V91, et Topinion publique, 
peu favorable en Chypre au sénat de Venise, 
ne manqua pas d'atiribuer cette fatalité aux 
voies criminelles qui avaient fait passer Tilo 
sous la domination de Saint-Marc, en mettant 
tin à la race des Lusignans. Les Turcs ont 
construit à côté, au-dessus des tours rondes, 
les minarets qui leur étaient indispensables 
pour faire une mosquée de Sainte-Sophie, 
mais ils n'ont eu souci de relever les fron- 
tons. 

A six mètres à fieuprès des portails est la 
façade intérieure de I église, construite en- 
tièrement en marbre blanc et d'une ornemen- 
tation plus riche que relie du dehors. Ses 
trois portes s'ouvrent en face des premières, 
en donnant accès dans la nef et les deux 
collatéraux. Celle du milieu, divisée en deux 
baies et d'une dimension double des autres, 
a été totalement endommagée dans le haut, 
j'ignore par quel accident et h quelle époque; 
on la restaurée depuis avec des [lierres et 
du plâtre, en conservant la forme ogivale de 
ses arcades primitives, mais sans reproduire 
leurs anciens ornements. Klle est reculée, 
comme les fiortes latérales, au fond d'une 
embrasure formée par la retraite des colon- 
nettes, et sa décoration ne devait pas différer 
des autres. £n décrivant un des portails laté- 
raux, nous les connaîtrons donc à peu près 
tous les trois. 

Les arcades su|)érieures des portes sont 
toutes ogivales, mais la baie centrale que 
ferment les battants est ouverte en plein 
cuitre surbaissé, dans une baie supérieure 
ligurant un carré long. Un cordon de roses 
en relief encadre ce parallélogramme. A ses 
côtés, de droite et de g.niche, au lieu des 
colonnettes en retraite qui supportent dans 
le porche la retombée des archivoltes, on a 
simulé, sans les prolonger jusqu'au sol, deux 
baies de plein cintre dont les arcs sont or- 
nés de feuilles. L'intrados des baies est 
découpé en trèiles, et semble former un dais 
sous lequel on |»ourrait croire qu'étaient pla* 



S87 



Cil Y 



DlGTlOxNiNAlRE 



CHY 



cées autrefois des statues de petite dimen- 
sion. Je ne pense pas toutefois que cet orne- 
ment y ait jamais figuré. Les arcades n'ont 
pas le relief d'une niche; leur base est incli- 
née et ne forme pas console. 

Au-d(*ssus de ce premier étage se déve- 
loppent le tympan et rarchivollc. Une arca- 
turc de neuf petites niches sans profondeur, 
couronnées de frontons aigus ornés de bour- 
geons, forme le linteau de la porte carrée, et 
occupe une grande partie du tympan. Le haut 
des niches est trilobé comme celles où l'on 
voit souvent des slatuos. Jci, cependant, ces 
arcatures notaient, sans doute qu un motif 
d'ornementation. L'archivolte qui recouvre 
tout ce travail est divisée en c|uatre cercles 
par des tores unis, pou volumineux et dis- 
posés en retraite régulière les uns au-dessous 
dés autres. Chacune de ces archivoltes secon- 
daires repose sur une large feuille détachée 
de la pierre qui la soutient comme une con- 
sole ou une conque. Ces feuilles, assez sem- 
blables aux grandes mauves, me paraissent 
a'p))artenir à la colocase , plante farineuse 
très-commune en Chypre. Los canaux et les 
bandeaux compris dans les arcades entre les 
tores sont décorés, h l'intérieur, de cordons 
de fleurs en relief. Mais Tart du xiii* siècle 
était sévère et n'admettait pas cette variété 
capricieuse qui amena la confusion des règles 
et du goût aux siècles postérieurs. Alors, 
tout était prévu, rien ne devait être hors de 
sa place; et l'aspect de Tensemble, raaljjré 
sa régularité symétrique, n'en étaitpas moms 
gracieux. La première arcade des portes est 
uniquement composée de filets prismatiques 
et de tores déliés (pii circonscrivent les au- 
tres arcs ; la deuxième est ornée de quatre 
feuilles ; la troisième est formée de corolles 
à pétales lancéolées, qu'on est convenu d'ap- 
peler des violellos; la quatrième est une 
tresse exclusivement composée de roses. 
L'ornementation va toujours en s'enrichis- 
sant de la circonférence au centre, qui oiTre 
le travail le plus recherché et le plus fini; 
dans la môme pensée, le portail intérieur 
est plus orné que celui du dehors. 

Trois seules statues paraissent avoir dé- 
coré celte façade. Elles étaient placées aux 
deux côtés. et au centre de la grande;porle, 
entre les deux ballants, sous des abris sculp- 
tés qui existent encore. Les deux premières 
niches pouvaient recevoir des statues de 
grandeur naturelle qui reposaient sur locha- 
j)ileau d'une demi-colonne formant piédes- 
tal; celle du milieu était plus grande que les 
autres et était adossée au pilier central dis- 
posé en niche et surmonté d'un dais. Il ne 
faut accuser que les Turcs d'avoir fait dis- 
paraître ces statues; car le Coran, ou ses 
commentateurs, ne permettent pas aux Sun- 
nites de conserver dans leurs mosquées des 
représentations humaines, que les Persans 
au contraire, et tous les musulmans, em- 
ploient aussi souvent que nous dans leur 
ornementation. C'est à cette interprétation 
fâcheuse du Coran chez les musulmans sun- 
nites #jue l'on doit attribuer la dégradation 
d'un 51 grand nombre de monuments do l'an- 



tiquité et du moyen Age, dans tous les 
où ont dominé les sectateurs d'Aboab 
depuis Constantinople et la Syrie josi 
Andalousie. 

Dans son ensemble, Sainte-Sophie d 
cosieprésente un long vaisseau ainsi dis| 
le porche, que termine en aviint la loa 
rée, en arrière de la tour ronde; le > 
central divisé en quatre travées à feu 
élancées, et coupé en deux étages par 
vation des murs de la nef du roiJiea 
transsepts peu saillants et arrêtés au pn 
étage; une cinquième travée au deil 
transsepts, et vis-à-vis du chœttr^ enfin, 
side, (pii est, comme la nef, éperonni 
contrc-forls et percée de longues fen< 
Au-dessus des collatéraux , tout auto 
l'église, règne une première terrasse 
de dix [)ieils: plus haut, une seconde | 
forme se prolonge sur toute la oef cer 
et termine l'édilice. 

Nous connaissons la tour carrée qui f 
dans la façade du porche. La tour n 
occupée dans toute sa hauteur par uU 
lier h vis, est h cinq étages dessinés i 
rieurement par de gros tores. Elle fait 
lie de l'ancienne construction de Yéd 
mais elle s'arrêtait autrefois à la hautec 
la tour carrée et de la grande terrasse. 1 
être les cloches étaient-elles dans ce dei 
tambour, qui dépasse de trois ou qi 
mètres la pIate-(orme, et qui, libre dm 
première destination du monument, est 
jourd'hui rempli par la* continuation de 
calier à vis. Au-dessus des tours rai 
déjà très-elevées, les Turcs ont bAti en 
deux minarets de quarante ou cinqu 
pieds de haut, qui dominent les minare 
toutes les autres mosquées et la ville eot 
ils ont une galerie aux deux tiers de 
élévation, et la flèche qui les termin 
surmontée d'un croissant. Ils sont en p 
lisse sans ornements : leur galerie mAo) 
porte aucune moulure. Les minaret 
Chypre sont tous dans le même style 
n'ont rien de remarquable que leur éti 
circonférence (six mètres h peu près] et 
élévation. Ils ne ressemblent pas aux le 
beffrois des mosquées de Ssyriet cb* 
d'un toit conique, où le muezzim trouv 
large abri contre l'ardeur du soleil ; ; 
aussi combien ils diffèrent de ces élégi 
tourelles des mosquées de Damas et 
Caire, dont les surfaces, ciselées coiDn 
fût d'une colonne byzantine » sont anm 
de gahrries , semblables à des corbeille 
feuillages. 

Entre la tour du minaret et la tour ci 
s'ouvre une porte ogivale surmontée 
fronton aigu, au-dessous duauel élaien) 
trefois trois écussons, probablement 
armes des Lusignans, comme ceux d 
façade principale et de la porte de la c 
Les fenêtres des travées sont semblab 
celles des tours dans leur réseau, leurfi 
générale est on ogive élancée. Les coi 
forts, épais pilastres comme ceuxdela S« 
Chapelle de Paris, adhèrent aux murs i 
rieurs de l'église, qu'ils soutiennent, c 



CHT 



DEPIGRAPIHi:. 



rilT 



S90 



en quatre étages par autant de lar- 
1 retraite. Arrivés à la hauteur de la 
e terrasse , ils s*appuient .sur les 
bris des murs e^lériours de ]a nef, 
luent à s*élever en dépassant un peu 
ude laplate-fornie supérieun»; leurs 
liants reposent sur la terrasse circu- 
r trois arcs d*iiiégole linuleur, sous 
; on peut faire le tour de l'église. 
ius s'élève un second éta:j;e d*arcades 
9-dG-bœuf, qui se termine souvent 
escalier de deux pieds, dan^'ereux 

pour arriver aux combles de Té- 

la troisième travée, à f)ou près à moi- 
;ueur de rédillce, s'ouvrent <leux 
onnant accès dans les bas cotés du 
du sud. Celle de la façade septou- 
parait avoir été refaite vers le corn- 
ent du XV* siècle ; elle est ornée do 
Lies supportant des chapiteaux de 
!S et d'animaux divers au milieu des- 
n reconnaît très-bien le caméléon, 
de lézard à grosse tète et à longue 
Tort répandu dans Tile. 
i de cette poite sont deux chapelles, 
e du XIV" siècle et en dehors du plan 
de Téglise. Leur exiguité, bien plus 
r éioignemenl du clidur, ne peut 
re de croire qu'elles aient servi de 
>, à moins, ce qui ne me [laraît pas 
e» que des dépenJances plus coiisi- 
Sy détruites aujourd'hui, n'aient été 
s rattachées à ces édicules. 11 serait 
» qu'une branche du transsept, sépa- 
a nef par un mur de refend que les 
uront fait disparaître, ait été ancien- 
destinée à la sacristie ; j^aimorais 
voir pourtant le sacrariuin dans une 
èce ué()endanle de la même fa(;ade, 
lus éloignée encore des tran:>septs 
porte d entréyfs quoique cette salle 
lisse toujours bien insudisante jKiur 
ise cathédrale où les rois étaient cou- 
où ofliciait un ar(*he\è(jue ({ui était 
légat né du Saint-Siège en Orient, et 
il la prérogative de porter les vèle- 
te pourpre comme les cardinaux. J*y 
:)urtant une cavité cachée [)ar la ma- 
e où Ton a, m'a:t-on dit, trouvé des 
irécieux depuis rétablissement des 
!ans le pays. 

ranssepts sont terminés à leur angle 

ir» c*est-h-dJre a celui (]ui est le plus 

hé du [>orchc par une tour en hexa- 

l'angle supérieur, par une tour carrée 

jp moins ornée (]ue celle du portail. 

a six faces servant de cage â un es- 

yis, est surmontée d'un lanternon, 

duquel commence la rampe en d(;grés 

des arcs-boutants qui atteignent la 

rme supérieure. Le milieu des trans- 

ait autrefois occupé pai une grande 

nt on ne distingue aujourdMiui que 

nférence. L'intérieur a été rempli de 

depuis que régiise est devenue une 

iOy et les Turcs ont pratiqué au mi- 

B baie en ogive dans le goût maures- 



Le chevet, tourné vers l'orient, est un 
hémicycle dont les extrémités s'apnuient sur 
d«îux gros contre-forts semi-circulaires. En- 
tre cesdeux demi-tours, l'abside est soutenue 
par six autres contre-forts (multiplicité qui 
nuit au cou|) d'œil) , divisés en étages par 
dos larmiers ornés do moulures. La frise qui 
termine carrément les conlre-forts h la hau- 
teur de la (uemière terrasse est découpée en 
oves de goût anti((ue. Vers le bas des pilas- 
tres, h la naissance «lu dernier ressaut, un 
bouquet de llcurs et de fruits se détricho de 
la pierre en |)lfin relief. Le contre-fort le 
plus voisin de la demi-tourrlle du midi est 
élnyé par un grand arc-boulant sous lequel 
passe une rue. 

Le système de la fenosiration est le mémo 
au chevet qu'aux travées latérales; la formo 
des baies est toujours l'ogive élam:ée, à jour 
ou figurée ; et dans ce dernier cas, son intra- 
dos est découpé en trèlles. Une ordonnance 
semblable règne dans les baies su[)érieures 
qui éclairent la nef prim'ipale, en prenant 
jour sur la terrasse circulaire. Moins haules 
et plus larges cpie les fenOlres du bas, elles 
sont néanmoins divisées par des meneaux 
délicats en ({uatre arcades élancées que sur- 
monte comme un tympan un (lualre-feuilles 
de grande dimension, l/ornement de faitago 
qui termine le nmr de la nef centrale, eu 
bordant la terrasse supérieure, se coni[ioso 
uniquement de chevrons é vidés par un œil- 
de-bœuf, placés symélricpiement au-dessus 
de chaque fenêtre.* Il semble qu'un couron- 
nement plus élevé (pji eût rappelé les clo- 
chetons et les |)ignons à jour de nos cathé- 
d rades gothiques , sans rejiroduire leurs 
toitures aiguës, eût mieux répondu an 5^tvlo 
général de Saiiite-So|)liie ((uo ce condjle trop 
nu, et eût ajouté beaucoup à l'apparence du 
monument. 

Je ne vois plus rien h décrire h l'exlérie«r 
de l'église, et nous pouvons nous occuper 
de l'intérieur, sur lequel il y aura moins à 
dire. 

11 est divisé en trois nefs par deux rangées 
de colonnes cylindriciues; au centre, le vais- 
seau principal est large de vingt mètres h 
peu près; autour les collatéraux, larges de 
dix, cernent le chœur sans former de cha- 
pelles. Les Ci donnes de séparation sont au 
nombre de seize : douze on pierre vis-à-vis 
des contre-forts et des transsepts, quatre en 
granit au pourtour du (-hœur. Les nervures 
des voûtes qui répondent sé[)arément aux 
trois nefs vieiment reposer en faisceau sur 
les chapitaux de ces colonnes. 

Il ne reste plus trace dans les nefs ni dos 
boiseries du chœur, ni de la chaire, ni des 
autels, ni des fonts baptismaux. Les Turcs 
ont balayé et peint tout fintérieur pour l'ap- 
proprier à leur culte. On n'y voit aujour- 
d'hui que Ja tribune où l'imam tatib annonce 
l'heure de la prière, la chaire dite monifrar, 
où il fait les prêches et les lectures; eniin, 
les estrades en bois établies pour les lidèles 
vers le sud-est, obliuuement h l'église, fai- 
sant face au temple de la Mecque, vers le- 
quel le musulman doit toujours porter ses 



S91 



CIIT 



DICTIONNAIRE 



GHt 



regards en faisant ses prières. Le morAa6, 
niche de Timain, qui règle celle direction ; 
est pratiquée au foîid du transscpt méridio- 
nal. Le reste de Tenceinle est couvert de 
nattes et de lapis. Au-(i':>ssous existe en par- 
tie l'ancien pavé de Téi^iise dos Lusignans, 
bien souvent remanié, l»ien maltraité par les 
Turcs, peut-ôlro par les Vénitiens aussi, mais 
conservant encore de nombreux fragments 
de dalles tumulaires et d'inscriptions fran- 
çaises. 

Les colonnes de granit élevées autour du 
chœur sont surmontées de cliajiitaux cylin- 
driques. De grandes feuilles assez semblables 
aux feuilles d'eau antiques se prolongent 
comme des volules en retenant des pampres 
et des lierres dans leur calice, et formant 
quatre angles élevés; lo tailloir (ju'elles sup- 
portent est carré. Assurément ce chapiteau 
est loin de rappeler par sa médiocre éleçanco 
la corbeille corinthienne; mais on doit re- 
connaître dans sa composition une intention 
certaine d'imiter l'antique. Les chapitaux 
des autres colonnes et généralement toutes 
les bases formées de seuls tores, Qlets ou 
gorges, sans moulures ni rinceaux, semblent 
aussi rappeler les ordres toscan ou dorigue ; 
et c'est une tendance vers le goût classique 
à noter dans Sainte-Sophie, car déjà en 
France, au xiii' siècle, les chapitaux s'étaient 
bien écartés de ces modèles. 

Tout autour de la nef centrale, h la hau- 
teur «les colonnes, règne une petite terrasse 
coupée de distance en distance par un double 
escalier montant et descendant. Celte cein- 
ture de rampes étroites, figurée dans un but 
d'ornementation plutôt ((ue d'utilité, quoi- 
qu'elle fasse le tour de Tégiise, rappelle l'an- 
cien triforiumy réservé aux femmes dans les 
basiliques primitives. Elle arrive, des deux 
côtés, à la façade intérieure de l'église. 

J'ai décrit les fcnôlres latérales en exami- 
nant ruxtérieur de Sainle-Soj)hie; je n'ai qu'à 
fiire connaître la fenestration de la façade. 
Contre l'usage suivi générali^mot en France, 
où celle partie du tem|)le est décorée d'une 
grande rjse, la façade entière de la nef cen- 
trale de Sainte-Sophie est occupée par une 
seuie et grande baie dans lo système do 
celles que l'on a nommées fenêtres composées: 
en raison des jo'.irs variés qui (igurent leur 
réseau. Celle-ci est divisée en trois zones ou 
étages qui s'étendent depuis la voiMe jusqu'à 
la ()orte. Six fenêtres géminées recouvertes 
d'une archivolte trilobée, occupent la pre- 
mière zone inférieure; elles sont détacliées 
du mur et forment une étroite galerie en ar- 
calure, où deux hommes ne pourraient pas- 
ser de front, et qui communicpie de plaiii- 



Meurs églises ue rniiicc, a aaini-i^cnis, a 
Reims, à Orléans, etc., ne s'arrêtent pas ainsi 
aux bas côtés, mais font le tour de l'église, 
qu'elles contribuenl beaucoup à embellir, 
aix fenûtres ogivales et géminées, inscrites 
sous une ogive supérieure, prciinent jour, 
au deuxième étage, sur la terrasse du por- 
ctiff. Enfin, le tympan ou dernier segment do 



cette vaste ogive est formé de triangle 
gendres par les combinaisons des cerci 
des lobes, si fréquents dans les roonuD 
du XIII' siècle. 

Tel est Tensemble de Sainte-Sophie d 
cosie. 

II faudrait maintenant pour se représ 
cette église plus conforme à son preroi 
véritable état, telle qu'elle était sous le 
signans et peut-être encore au temps 
Vénitiens, il faudrait remplacer par dea 
rières de couleurs les treillis de bois i 
menceaux de mortier que les Turcs on 
chassés dans ses baies. On ne peut d 
qu'à une époque où l'emploi de celle 
lanle décoration était si commune dan 
églises chrétiennes, la métropole du royi 
en fût privée; cl en effeltj'ai retrouvé > 
ques restes de vitraux verts et bleus d^ 
seconde zone de la grande fenêtre. A 
sont des vitraux blancs qu'on aura mis 
bablement dès un temps ancien après la 
truction des premiers, et quand déjà le 
pour ce genred'embellissement coûteux 
moins vif, ou l'art de les fabriquer peri 
Chypre, si du temps des Français on les 
entait dans le pays même, ce qui est il 
tain. 

Ceci m'amène à dire un mot, avant de 
ser à un autre édifice, des couleurs dor 
a peint l'es colonnes en pierre do Sa 
Sophie. Une leinte bianche recouvre en e 
les fûts jusqu'à naissance des chapit4 
qui sont rehaussés de vert, de jaune 
bleu. 11 est visible que ce badigeon àl* 
a été nouvell(>ment appliqué ou fraiche 
renouvelé; mais exisle-t-il sous ces coi 
une peinture plus ancienne, et cette | 
ture remonlerail-elle au temps où le 
chrétien s'exerçait dans l'église? Je n*os 
répondre affirmativement à cette sec 
question, lors même que j'aurais déco 
une ancienne couleur sur la pierre de; 
lonnes. Mais, pour m'assurer seulemei 
ce fait, il m'aurait fallu plus de loisir 
latitude <pie je n'en avais dans une mos 
qui m'ofl'rait tant d'objets intéressants à 
miner, et où je ne pouvais entrer qu'à 
laines heures. Au reste, ni le chœur, i 
voûtes ne m'ont otTert la moindre trai 
peinture. 

Mosquée de Saiote-Olherioe. 

Parmi les églises gothiques de Nicosii 
ont échappé à la deslruclion, une des 
complètes, après Sainle-Sophie, est i'é 
du monastère de Sainte-Catherine, avu 
d'hui mos(Tuée, sous la dénomination < 
tienne de Uata Katherina djami. Je la 
de la seconde moiiié du xiii* siècle. 

Elle n'a qu'une nef assez pelile, mais 
élevée, éclairée do neuf fenêtres en i 
élancée, trois ouvertes au nord, trois au 
et trois à l'abside, qui est tournée, co 
dans toutes les autres églises de Chj 
vers l'orient. 

Toutes ces baies sont remplies dans 
tympan d'un grand quatre-fcuillcs h ^ 
ornement devenu très-commun dès la h 



CMT 



DËMGHAPHIE. 



eut 



184 



^cle; leur longueur csl divisée eu 
Hêtres ogivales par une colonriotte ft 
lut de ieuilliiges. Les pairienni de 
chAssés dans ws fenOlres rajipeliont 
'S découpures grarii^uses les dessins 
iennes verrières. De fortes nervures 
mt la voûte, se croiMMit Sîins.foniier 
ODS, conime an xiv .siùi'l<s et viun- 
tposer sur des pilastres deini-c y lin- 
composés d*un faisceau de côlon- 
engagées dans la muraille. Le pavé 
èreiuent neuf. 

Irieur de l*égiise est reMiar(pi<ii>!e par 
saillie des conlre-t'urts. gros soutiens 
iques, coupés au niilicn de Icurhau- 
* un larmier et sY'Ievanl jusipi'à la 
du faite de iV^list*. Vers le snd, 
mx contre-forts, on voit un |)elit ler- 
ourré de |»ierres, que les Turcs révè- 
Qme la sépullun> de ^aintc^ Catherine. 
i tombeau cbréiien existait certaine- 
i ce lieu. 

portails, d'une ornonientation à peu 
iiblable, donnent accè^ dans l'église, 
»t, au sud, et an nord. Leur travail, 
cherché, plus varié ipie celui de 
ophie, me semble in>lii]uer une con- 
1 plus avancée vers le xiv* siècle. 
ujours uiu! baie rectaUr^nlaire, bor- 
roses sur les arêtes, ipn frirme 1» n- 
1 linteau seulpié l;i termine en liant, 
an, dont rintéricurolévieiéei Irèlles 
jatre-feuilles, refinse sur ce linteau; 
ide archivulle, formée «Je tores et de 
îs rangés encore avec bo!] ordre, en- 
le tout; mais on peut renianjuer déjà, 
Irados de ce dernier acie, di.*s Irèlles 
culplées dans les ari^^lcs d'une den- 
lievronnée, ornements rari-s au xiii' 
l sur son sonnnet ou sur ses cotés, 
iquets de feuiJIa^^es ouverts, tout à 
5 le goût du XIV' siècle, comme les 

IX ornés de ranu'e ou iranimanx (lui 
t ta pluie de la terrasse, l/arclii voile 
lil principal estdécoréi.* dedrux bon- 
»anouis. Les colonneiles «pii suf)por- 

arcs sont en marbre blanc; sa fiise, 
!nl en marbre, (*st formée d'anémones 
es corolles, alternant avec de petits 

X nommés kourkouta, espèce de sau- 
qui font annuellement sur les mois- 

! Chypre des ravages inouïs. A Ja 
lérale du sud, où sendjle avoir été de 
aps l'entrée la plus habituelle» les 
Qts du linteau sont remplacés par 
ussons dont lus armoiries otit été 

3. 

e du portail principal les Turcs on tbAti 
aret;à gauclic commence Tancien mur 
re du monastère, dans lequel on voit 
plusieurs portes gr»lhi(pics avec des 
s du temps des Lusignans. Les em- 
héraldi(]ues ont été elfacés (Mesque 
probablement (lar les Vénitiens, car 
es ne sont nullement oil'uscpiés du 
îrneiits, quand ils ne [lortent pas de 
nations humaines. 
livant le mur de la rue qui longe 
Je Sainte-Catherine, on arrive à Veni- 



Djand, la Mosquée-Neuve, nommée toujours 
ainsi, quoiipie Nicosie possède des mosquées 
plus modernes. MJh* l'ut biUio, il y a une cen- 
taine (raiiiiées, aux dépens (rnne église voi- 
sine, rpii devait être d'une riche architecture. 
Les Turcs 9 recherchant de préférence les 
pieri es unies et s.ins moulores , ont laissé 
sur le sol de beaux restes de r.incien édilice, 
des colonnes et des chapiteaux en marbro 
blanc, des claveaux et dis cli-fs de voûte, 
qui paraissent avoir été sculptés au xiv' ou 
XV' siè«;le. Une jolie frise de marbre blanc, 
formant sans doute le linteau d'une portis a 
été disposée en aicdetriom|)he sur des cha- 
piteaux et des vou>soirs snper|)Osés négli- 
gtnnment; elle représente d(?s lleurs et des 
caméléons auxquels se mêlent des dragons 
ailés, motifs qu on ne voit jias souvent sur 
les monuments chv4)riotes. Le clocher de 
rancienne église, tour carrée à sa base et 
cylindrique dlins le haut, est aujourd'hui le 
minaret delà mosiiuce nouvelle, dont il est 
éloigné de quehjues pas. 

Eijiise dt's Arméniens. 

L'église appartenant aux Arméniens de Ni- 
cosie me parait encore un ancien édilice de la 
tin du xui' siècle et de (onstruction franque. 
C'est une griinde nef, iliviséeen trois travées 
|»ar tUis colorni«>s eUr^a^^éesdansle mur, dont 
les cha()iteanx à feuillages retrtiivent la re- 
tond>ée des nervures de la voûte. Le jtorti- 
(iiHî en o.^ive (pji piéi.ède rég!i>e sur la façade 
(lu nonl, où est l'entrée actuelle ])our les 
Iminmes, a été construit ou ri fait sous les 
Vénitiens, si ce n'est [nèine ()ostérieurement> 
et sous les Turcs, coiunn.» on serait tenté do 
le croire en voyant rimilation négligée des 
armes de Jéru>alein exécutée sur les cha|n- 
teaux. Les tonlre-forts et 1«' haut de l'éuilice 
avec les gouttières cannelées, me paraissent 
dater de la p;'en]ièr(* conslruetion. Les an- 
cieinies fe;ièlres existent au.ssi au fond Je 
régiise: elles se composent d'un«' double baie 
ogivale surmontée d'un quatre-l'euilles, le 
tout inscrit dans une brie>upéri' ure en go~ 
Ihique élancé. Le comble de la troin^ième 
travée, séparée aujourd'hui du haut de 
l'église et réservée aux femmes, a été enfoncé 
]iar les boulets turcs au x\i* siècle et refait 
ensuite en berceau. On voit, dans cette (lartio 
de la nef, un tableau sur toile re))résentant 
le lion ailé de saint Marc avec la légende or- 
dinaire, inscrite sur le livre des Evangiles : 
Pax tibi, MfU'ce, cvangclisla mens. Mais c'est 
la moindre et la moins intéressante des anti- 
quités de cette église, autrefois lieu de sé- 
pulture de personriages éminents, et (|ui pos- 
sède encore lesdalles tumulaires de plusieurs 
abbesses, de chevaliers en grand nombre, 
d'un reïs des Syriens, d'un bouteiller de 
Chypre, d'un maréchal d'Arménie, do dllfé- 
renls mombr. s des familles de Tibériade, de 
Mimars, de Nevilies, de fiessan, de Thenouri, 
de Dampicrre, noms bien connus dans l'his- 
toire de Chypre au temps des Lusignans. 

On ne sait rien de positif sur l'ancienne 
destination de l'église liva Arméniens. D'a- 
près la tradition >|ue conservent les papas 



{t95 



CHY 



DICTIONNAIHE 



CHY 



elle dépendait d'un monastère de feinnios; 
mais la tradition ne dit pas que ce monastère 
appartînt aux Latins ou aux Arméniens : jo 
ne serais pas éloigné de croire qu'elle était 
la propriété de ces derniers, et je crois qu'il 
ne faut pas tirer une induction contraire des 
seules rormes latines de son architecture. 
Les Arméniens de Chypre bâtissaient proba- 
blement connue les Francs, puisque les 
Grecs eux-mêmes, bien [uoiîis portés vers 
notre discipline, ont imité notre style dans 
leurs églises de Plianéromeni à Nicosie, de 
Saint-Mama 5 Morj)lio, et ailleurs. La dilfé- 
ronce de rites était, au moyen âge, nioins 
sensible qu'aujourd'hui : plusieurs fois dans 
l'unnée, les communinns grecques, armé- 
niennes, maronites, syriennes et latines, fai- 
saient les processions en commun; elles 
ofliciaient ensemble dans les grandes solen- 
nités. L'autorité avait sans doute inihié sur 
ce rapprochement, mais les ell'ets n'en étaient 
pas'moins réels et satisfaisar^ts. 

Grand baio. 

Je ne connais pas de monument à Nicosie 

aue je puisse avec quelaue certitude classer 
ans les constructions du xiv* siècle, épo- 
que qui a vu s'élever à Famagouste une belle 
cathédrale, et à Lapais un riche monastère 
dont je parlerai plus loin. Peut-être le grand 
bain, ancienne église française, appartient* 
il h cette épotjue. On a tout changé à l'inté- 
rieur pour acconunoder l'édiiiceàsa nouvelle 
destination; mais sa belle porte est intacte 
et mérite de nous arrêter un moment. La 
double baie carrée de l'entrée est inscrite 
sous un grand ogive; l'archivolte multiple 
qui s'élève au-dessus est divisée par des lilets 
saillants en quatre tores : l'un uni et sans 
ornementyC'esl le plus rapproché du lyn)()an; 
le suivant en creux et orné de fleurons en 
relief dans la gorge; le troisième formé 
d'une triple arcade d'ondulations, de che- 
vrons et de méandres ; le quatrième entin, 
le plus grand, est un bandeau profondément 
t.'avaiil(ï et qui roprévvLte une tresse de 
grenades, de raisins, de ponnues do pin, de 
l(*uillages et d'oiseaux. L'archivolte repose 
sur un entablement que su()portent des co- 
lonneltes h chapiteaux d'un feuillage proba- 
blement indigène, mais dont je n'ai pu savoir 
le nom : ce sont des feuilles à trois et cin({ 
lobes, qui sont renflées au centre de chacune 
de ces divisions, comme le sont les cosses 
sous la graine. 

La forme générale des arcs de cette ftorte 
n*est nlus l'ogive élancée, elle est plus élar- 
gie, plus arrondie, et devient l'arcade î\ tiers- 
point. Les voûtes suivent à l'intérieur la 
même courbure; leurs nervures sont moins 
fortes que dans les précédentes églises; leur 
noint d intersection est quelquefois orné de 
fleurons. Les antitjuaires ont reconnu que 
ces caractères appartenaient h l'architecture 
du XIV' siècle. 

AncicDQe église de Saiot-NiGolas. 

Voici une belle église que je crois être 
du XV siècle, et qui, après avoir été long- 



tem|>s le besesiein ou la bourse d 
ciants grecs, arméniens et turcs, sei 
d'hiii de magasin à blé. Elle est 
l'extrémité des bazars et h c6lé d 
Sophie, dont um^ rue seulement la 

Un porche précède la nef à l'ouc 
de construction ou de rec ^nslruc 
derne, comme toute la faradc. L' 
plus ordinaire de l'éi^lise'paratt 
sur le côté sei»tentrional, vis-à-v 
méridionale de Sainte-Sophie, où 
encore trois belles f)ortes : la pli 
vers le chevet, a [)Our archivolte un 
de fleurs et de feuillages en ogive 
roses, les violettes, les bourgeons 
espèce sont multipliés et pressés 
tores. Le xiir siècle et même le x. 
juger par Saii.l-Nicolas de Famago 
rait été moins prodigue dans ses or 
Le fronton aigu c[ui recouvre l'a 
est doublement f(>stoniié, à i'intéri 
cordon de fleurons, à l'extérieur d'i 
de roses reposant sur leur tige; au 
un bouquet de f(>uillages s'éftanouis 
colonnette. Dans le tympan du fror 
dessus de l'arc de rarchivolte, est i 
dont les meneaux recourbés et r 
dessins curvilignes forment une r 
bayante, décoration si fréquente 
constructions du xv* siècle, que le 
cette époque en a reçu le nom de st 
boyant. Les tores de l'archivolte, 
en voussures profondes, reposent 
consoles (|ue soutiennent h droite 
quets de fleurs et de fruits, à gai 
tètes d'anges ailées, sculptées h pi 
la pierre. Deux niches ont été mena 
deux côtés de l'embrasure; leur ci 
branches de i)almiers et de frondes < 
forme un dais , au-dessous duqu 
mains supportent une couronne; qi 
tues sufflraient i>our com[>léter ces i 
le portail. 

L'église de Saint-Nicolas servai 
au culte pendant le xvi* siècle, Jj 
fi'i-e de maitiro que les Vénitiens 
castrée au-dessus de la porte dont 
nous de parler, en place d'un anciei 
portant probabienient des armoiri 
<;aises. La nouvelle frise, ornée ai 
de l'image de saint Nicolas, porte 
dans ses éc(is.^ons maniérés en f( 
cœur, ayant j)our emblèmes héraldi 
lion tenant une branche d'arbre, i 
élevant une palme, et un pont seu 
celui du Rialto. 

Les autres portes do Saint-Nicol 
niées aujourd'hui par un mur, coi 
encore de jolis détails de sculptu 
scène touchante est représentée sui 
teau de celle du milieu : un moine 
sur so'i lit de mort semble montr 
frères qui l'entourent le ciliée doni 
alUigé son corps pendant sa vie. Su 
de voûte de celte porte est détaché 
relief un saint, tenant le livre des E 
ouvert sur sa poitrine; les Turcs o 
la tête de cettejolie ligure. 

Le comble de l'église est en terrî 



GHY 



DEPIGRAPHIE. 



CHY 



298 



18 eitërieurs qui arrivent jusqu*au 

d'ane construction phis élégante 
de Sainte-Sophie ou ae Sainte-Ga- 
I tels que l'exigeait un siècle plus 
dans ses décorations. Leurs arêtes, 

les autres églises^ sont ornées, ici 
■es prismatiques; leur amortisse- 
nrramide est décoré de feuillages, 
I anges, de tètes humaines ; on y 
••rarement çà et là quelque figure 
e ou fantastique. Deux des anciens 

déyersant les eaux de la plate- 
18 la rue existent encore : Tun re- 
in lion, Tautre un lévrier portant 
• 

icolas est une des édises où Ton 
arqUer surtout la belle couleur 
) prennent à la longue les monu- 
Orient, rheureux etfet des lignes 
is horïzontaux qui les terminent, 
mbient donner aux constructions 

âge, aux bâtisses, môme les plus 
» l^pparence et la forme d'un mo- 
itique. 

nées et églises diverses de Nicosie. 

r et XIV* siècles, l'époque floris- 
a royauté des Lusignans, avaient 
r un grand nombre d'églises à Ni- 
PamaKOuste, à Paphos, à Limassol 
mtesles campagnes de Tile; Saint- 
st peut-être la seule que l'on ait 
Nicosie, au xv* siècle, sous Janus. 
malheurs de ce prince, au milieu 
9S et des révolutions intestines des 
"ègnes de sa famille, il est douteux 
hypriotes aient j)u entreprendre de 
instructions religieuses. Celles qui 
suffisant à tous les besoins reli- 
Vénitiens, comme les successeurs 
» durent se contenter de les cou- 
de les entretenir, obligés qu'ils 
porter pres(^ue exclusivement leurs 
les fortifications de l'île. On recon- 
ace des restaurations qu'ont faites 
iens à l'église occupée aujourd'hui 
rméniens, à celle de Tripiotissa, à 
ée d'Arab Achmet et à plusieurs 
ciennes églises dont je ne parlerai 
but n*est pas en effet de donner à 
cellence la nomenclature complète 
)S latines cmi existent encore dans 
iypre ou à Pîicosie : je cheixhe uni- 
, en étudiant les monuments go- 
es mieux conservés ou plutôt les 
raclérisés de Tile, quelle que soit 
lui leur destination, à reconnaître 
t été les principes particuliers de 
ture ogivale en Chypre et à suivre 
ppement qu'ils ont reçu durant les 
les de la domination des Français, 
^pendant deux mosquées de Nicosie 
us signaler en raison des souvenirs 
X de celte époque qu'elles conser- 
n que la rareté de leurs ornements 
armette pas d'émettre une opinion 
ur leur âge. La plus ancienne peut- 
la mosquée de ÏEmerghié ou /sm<f- 
efois église des Augusliiis ou des 

DlCTlONN. I>'ElMGRAPHIE. I. 



Hospitaliers, on ne sait; mais probablement, 

2uel que fût l'ordre do ses desservants, 
glise placée sous le vocable de Sainte-Marie : 
car son nom, dont les Turcs n'ont pu me 
donner.la signiflcation, parait dérivé de celui 
de Marie , en arabe meriem. C'est une nef 
élancée, longue de 55 mètres, large de 16, 
divisée en sept travées par des arcs-dou- 
bleaux tout lisses et appuyés sur des pilas- 
tres carrés. Le haut des arcs, comme la toi- 
ture en bois qu'ils soutiennent, parait mo- 
derne, mais l'église est ancienne et remonte 
au moins*au xiv' siècle, comme on peut le 
voir par la forme des ogives et les nervures . 
d'une chapelle latérale. Elle est précédée à '. 
l'ouest d'un porche de trois arcades gothi- 
ques, ornées de tores. Dans le cimetière qui 
1 environne et qui sert encore de champ de 
repos aux musulmans, on retrouve beaucoup 
de débris de croix de pierres sculptées et de 
clefs de. voûtes oui semblent un travail du 
xv* siècle. Non loin de là sont deux belles 
cuves funéraires en marbre blanc. L'inté- 
rieur de l'église conserve les dalles sépul- 
crales de grandes familles de Chypre, telles 
Îue les Cafran, les d'Arsur, les Nephin, les 
enouri et les Mimars. La plus ancienne 
date que j'ai lue sur ces tombeaux est celle 
de l'année 13&1, la plus récente de li35 

La mosquée d'Arab-Achmet, petite nei 
précédée dun porche, comme un grand 
nombre d'églises de Chypre, n'est pas moins 
intéressante que l'Ëmerghié pour son an- 
cienneté et les monuments qu'elle fournit à 
l'archéologie héraldique et généalogique. Les 
principaux personnages, dont j'aurai l'hon- 
neur de vous faire connaître ultérieurement 
les épitapfies, t^t qui ont été inhumés dans 
cette ancienne église, sont Antoine de Ber- 
game, camérier du royaume de Chypre ; Gas- 
pard Morosini, de l'illustre famille de Ve- 
nise ; messire Louis de Nores ; un membre 
de la famille de Navarre, et plusieurs sei- 
gneurs grecs. 

FAMAOOCSTE. ( 

Motqaôe et tndeiuie caUiédrale de Stint-Nioolts. 

L'évèque de Cérines, homme aussi aimé 
des Francs que vénéré des Grecs, et de plus 
un des rares prêtres chypriotes qui aient 
quelque instruction, me vantait beaucoup 
1 ancienne cathédrale de Famagouste. C'était, 
me disait-il, un des intéressants monuments 
de Chypre, et probablement une des plus 
belles églises que sainte Hélène eût bâties. 
Je savais quel compte il fallait faire de ces 
traditions grecques qui attribuent à la mère 
de Constantin la fondation de presque tous 
les édifices chrétiens d'Orient; et, d après ce 
qu'on m'avait déjà dit à Larnaca, j'étais cer- 
tain de trouver dans la principale mosquée 
de Famagouste une élégante construction de 
nos anciens architectes gothiques. Je ne fus 
pas trompé; mais mon attente se changea en 
surprise agréable, quand je découvris sur 
un des contre-foirts du sud cette inscription 
en beaux caractères gothiques , ponctuée 
comme une inscription antique : 

10 



t90 GHY 

L*an. de. mil. et. iroi. cens. et. xi. 

de. erist. a. un. jors. d'aoust. 

fu. despendue, ramonée, ordonnée. 

por. le. labour. dTiglise. de. Famag't 

et. comensa. le. labour, le. vcsq. 

Bauduin. ledit, an. le. premier. 

jor. de. septembre, douquel. lal)our. 

VI. fûtes. d\ deus. bêles, estoienl. 

faites, e. x. votes, des. helcs. aus. 

viii. vois. dire. 

Bt sur le revers du contre-fort : 

La nave. de Figlise. esloit feste. 

Les dernières lisnes de rinscription offrent 
quelques difficultés d*interprétalion. Lu sens 
lé plus vraiseuiblo est, je crois, qu'une partie 
(les. travées et la nef entière) de Tancienne 
église élevée par les évèques francs, prédé- 
cesseurs de Baudouin, car tout le travail est 
dans le style de l'ogive, fut conservée pour 

t'édiQcè iiouveau; quand l'évoque, trouvant 
^e produit des qiiêtes sufllsant, reprit la cons- 
truction, avec quelque solennité sans doute, 
le 1*' septembre 1311 , et termina Tédilice 
qui existe aujourd'hui. 

Là cathédrale d(> Fainagouste est plus pe- 
tite que celle de Nicosie; elle n'a pas de 
porche; elle manque de transsepts; au lieu 
de la fenêtre composée, elle a la grande rose 
ordinaire des portails de nos caliiédralcs; 
enfin le type de toutes ses baies est l'arc à 
tiers-point au lieu de l'arc gothique élancé 
du xiii* siècle. Après ers différences prin- 
cipales, je ne verrai 'plus que des ressem- 
blances à signaler dans la dis[)Osiiion et l'or- 
nementation des deux églises, et j'avoue que 
si l'inscription ci-dessus ne nous donnait une 
date précise qui reporte la construction de 
Saint-Nicolas à plus d'un demi-siècle au delà 
de celle de Sainte-Sophie , jp. l'aurais crue 
beaucoup plus rapprochée de la première. 

La façade de Saint-Nicolas, pareille encore 
en ceci à* la plupart des façades des églises 
gothiques de France, privées de porche, est 
forcdée de trois portails dont les voussures 
et les émbrasiires forment seules un abri 
au->devant des befs intérieures qui leur cor- 
respondent. Deux hautes tours carrées et à 
bordures prismatiques encadrent le mur et 
s'arrêtent à Talignement des portails. L'arc 



DICTIONNAIRE 



CH\ 



5M 



Deux trèfles de grandes dimensions, ouverU 
au-dessous, sont remplis aujourd'hui comme 
la rose, de boiseries h jour, remplaçant peuU 
être d'anciennes verrières coloriées. Lie pi- 
gnon qui surmonte et domine tout lé portail 
est terminé par un grand bouquet de fetiil- 
lages ouverts. 

Les faces latérales et l'abside ont k pea 
près la môme disposition que celles de la ca- 
thédrale de Nicosie. Sur la toiture des colla- 
téraux règne une première terrasse ; les murs 
de ia nef centrale, autour de laquelle elle 
tourne,.s'élèvent encore de plusieurs mètres 
au-dessus, et soutiennent une dernière plate- 
forme, qui occupe la longueur entière de la 
nef. Des contre-ibrts à larmiers s'appliquent 
aux murs extérieurs des bas-côtés, et» arrivés 
h la première terrasse, se changent en arcs- 
boutants percés d'œils-de-bœuf qui poitent 
sur les murs de la nef. 

La terrasse inférieure s'arrête des deux 
côtés de l'église à la naissance de l'hémi- 
cycle; mais on a ménagé autour des contré- 
forts du chevet un parapet en pierre giiî la 
continue, et permet le passage extérieur 
d'un collatéral à l'autre. Au nord et au uied 
de l'abside e$t un puits proîbnd d'une belle 
construction, qu'ombrage un Svcomore^ 

Chaque travée est éclairée a une fenêtro 
rayonnante, composée de l'assemblage, sous 
un seul tore en ogive, de deux fenêtres gé- 
minées. Chacune de ces dernières, forniée 
de deux longues baies trilobées, est terminée 
par un qualre-feuilles. Dans le tympan, qui 
résulte du rapprochement des deux fenêtres 
secondaires, est inscrit également un jour 
à quatre lobes, dont les intersectioùs sont 
ornées de fleurons. En général, la décort- 
tion de ces fenêtres, celle des pignons, des 
couronnements et du chevet est plus riche 
qu'à Sainte-Sophie de Nicosie, et annonce 
bien un style plus recherché que celui du 
xnr siècle. Du côté des travées méridio- 
nales et en dehors du plan de l'église, sont 
deux petites chapelles communiquant autre- 
fois avec l'intérieur des collatéraux. On voit 
encore sur leurs murs des traces de pein- 
tures à fresques et un écussou sculpte por- 
tant une fasce pour emblème héraldique, 
comme les sires de Tibériade en avaient dans 
leurs armes. C'est peut-être une fondation 
de cette maison puissante en Sj^rie et en 

- ^ . Chypre. Dans tous les cas, je crois que ces 

des portes et de leurs archivoltes est, comme' constructions exiguës annexées à fa nef. 



je l'ai dit, l'ogive entr'ouverte du xiv* siècle; 
maisleurs tores, leurs cordons do fleurs, leurs 
colonnes et leurs chapiteaux ressemblent 
à ceux du siècle précédent. Leurs ornements 
sont peut-être plus multipliés, mieux tra- 
vaillés et imitent plus fldèlement la nature. 
Au-dessus des arcnivoltes extérieures s'élè- 
vent trois frontons aigus qui recouvrent des 
roses : celle du milieu en lorme d'étoile, les 
deux autres en fenêtres circulaires divisées 
intérieurement par des meneaux. 

La grande rose éclaire le centre des nefs, 
au-dessus du portail du milieu. Elle est cir- 
culaire et forme par ses nervures, disposées 
en roue, le dessin jqu'on appelle une violette. 



n'ont pu jamais être la sacristie qui se trou- 
vait peut-être au nord de l'église, où Ton 
voit de nombreux débris d'architecture go- 
thique, bien que Ic:^ édilices dont ces ruinés 
faisaient nSirtie fussent séparés de Téglise. 

Quant a l'intérieur, la cathédrale de Famar 
gouste est privée, comme celle de Nicosie, 
de ses ornetnents chrétiens, et n'a plus que 
le mesquin mobilier d'une pauvre mosquée 
turque, bien digne de la misère imbécile des 
habitants de Famagouste. Les chrétiens 
grecs, auxquels il est interdit de demeurer 
dans celte ville, se sont retirés dans le joli 
village de Varoschia. Une grande nef et des 
collaléiaux sans transsepts occupent Tinté* 



CHY 



D*EP1GRAPH1E. 



CHY 



502 



te réglise; quatorze colonnes suppor- 
es voûtes ogivales des bas-côtés vers 
oentrale sur un tore épais qui reinpiace 
liteau. 11 n'y a ni faux triforium^ ni 

iserre pour une autre lettre les rares 
iliODS tumulaires de celle égîise, plus 
la, maismoins intéressante que Sainte- 
t de Nicosie. J'ajouterai seulement un 
rani de la quitter, à ce que j*ai dit des 

coDsidéraoles qui existent du côté 
trional et qui paraissent provenir d'an- 
diflces construits du temps des Francs, 
t emplacement. Les Turcs des pre- 
. années de la conquête n'ont eu qu'à 
r les pierres les mieux conservées 

en belles ruines, pour éditier sans 
, à eôté de la cathrédrale, un oratoire 
i^td à péristyle et à colonnes de 
îpdont Cassas a donné la vue dans son 
I en Orient. Au-dessus de Tune des 
«de cette riche construction, j ai re* 
6 un bloc de marbre portant un écus- 
initien et la date do 151^. Au milieu 
it cimetière, ménagé devant la mos- 
dt renfermé aussi dans Tenclos de 
Nicolas, existe un beau sarcophage an- 

omé de génies qui su|)portent^es 
ides de fleurs enlacées autour de la 

Autres églises de Famagouste. 

quittant la cathédrale et prenant à 
, je suis arrivé aux ruines d'une grande 
h toit plat, dont la façade large et nue, 

de trois fenêtres ogivales dans le 
si de trois portes ouvrant sur lus nefs, 
sente aucun ornemout. C'est, je pense» 
) de Sainte-Croix, dont Mariti parle 
leaucoup tro|> d'éloges, et qu'il a vue 
cle dernier quand elle servait encore 
squée aux Turcs. Elle est aujourd'hui 
^nnée, et |)0ur y pénétrer, il m'a fallu 

une brèche dans le mur en pierres 
» dont les Turcs ont fermé l'entrée. 
connu à l'intérieur tout ce qui annonce 
ipsquée : la niche de la Mecciue, le 
ir et quelques nattes servant de «ed- 
^ou^ la prière. C'est un grand vaisseau 
[ue divisé en trois nd's, par huit fortes 
les sans chapiiuaux. Le clocher, atle- 
. la façade, élait devenu le nÛMaret. 
s une autre parlie.de la ville, vers la 
de mer, j ai retrouvé les restes d'une 
église gothiijue qui passe pour être 
qu'un négociant franc lit élever h Fa~ 
iste« au xiV siècle, sous le règne de 
is IV, en consacrant à cette œuvre le 
'en seul voyage dans les Etats du sultan 
pie. L'importance du commerce de Fa- 
ute à l'enoque où se rapporte celle 
ion, ropulence et le faste de ses hal»i- 
rendent très-vraisemhlable la réalisa- 
esbénélices considérables que sup{)Ose 
riche fondation chez son auteur. 

PAPHOS ET LIMASSOL. 

ne puis omettre de nommer Paphos et 
jsol dans le nnmbrr dos localités do 



Chypre qui ont vu s'élever des églises go- 
thiques, non pas que leurs ruines nous of- 
frent encore les traits caractéristiques aux- 
quels nous nous arrêtons dans cette étude, 
mais parce que ces villes, après Nicosie et 
Famagouste» étaient les plus importantes du 
royaume de nos princes français. 

Je ne me pro|>ose pas de décrire ici ce que 
j'ai vu des grottes et des constructions anti- 
ques de Bail), la Paphos nova des anciens : 
je voudrais seulement me représenter à peu 
près entière une ues églises du Paphons des 
Lusignans, pour les comparer à celles que 
nous connaissons déjè; mais je n'ai vu dans 
Ces monuments que des^ ruines pres^fue in- 
formes. Rien ne peut donner une idée de 
l'aspect ravagé de cette ville que la plus for- 
midable artillerie n'aurait pas réduite en 
cet état après un long siège. 11 faut croire 

3u*eile a été secouée à diverses reprises par 
e violents tremblements de terre, fréquents 
dans rile, car on n y voit pas un édifice, pas 
un seul inur intact. Les Turcs ont relevé les 
pierres qui obstruaient les deux ou trois rues 
principales ^t en ont formé des murs de clô- 
ture, entre lesquels on circule assez facile- 
ment au milieu des décombres. Quelques 
musulmans pauvres se sont ménagé une ha- 
bitation dans ces tristes ruines. Tout ce qu'il 
y avait de population grecque et de Turcs 
aisés s'est établi au bourg voisin de Ktima. 

La plu)>art des nombreuses églises de Pa- 
phos étaient en style ogival à nervures; quel- 
ques-unes conservent encore leurs meneaux 
et leurs roses tlamboyantes. D'autres (peut- 
être celle des Grecs séparés de communion, 
mais soumis aux influences des arts latins) 
présentent comme un genre mixte composé 
des voûtes ogivales des édifices gothiques, 
et des coupoles de l'architecture byzantine. 
J'ai remarqué les restes d*une grande église 
construite dans ce svstème, auprès de la- 
quelle sont encore debout trois belles colon- 
nes de granit; trois autres, intactes comme 
les premières, mais renversées,' sont cou- 
vertes d'herbes. Près de la mer, à Terient du 
ch&teau, .se trouvait une église dont il no 
reste que les fondements. On y a découvert, 
en 1844, une belle dalle tumulaire française 
de la famille de Cherpigny. 

Ces églises ont presque toutes des cha- 
pelles ou des caveaux souterrains remontant 
au moyen ftge et à l'antiquité, car il y a, 
dans le sol de Paphos, comme deux ou trois 
générations de ruines. L'espoir de trouver 
des trésors dans cette ville souterraine y 
amène souvent des découvertes extraordinai- 
res. Quelques jours avant mon arrivée, on 
avait reconnu au-dessous d'une église go- 
thique assez élégante, l'entrée d'un caveau 
3ue me lit visiter M. Hadji Smith, auteur 
e la découverte. Nous parcourûmes plu- 
sieurs pièces, en parties taillées dans le roc, 
el nous suivîmes vers la mer un lona corri- 
dor dont nous ne pûmes atteindre l'extré- 
mité. 

Limassol est une jolie ville bien bâtie, pa- 
vée comme Nicosie, ce qui est une oxcop- 
lion l\ peine cro\ahle en pays turc, el quand 



303 



CHY 



DICTIONNAIRE 



CHY 



304 



on vient de Larnaca. Ëlleavait aussi plusieurs 
églises franques, qui ont perdu à peu près 
tous leurs caractères sous les restaurations 
des Turcs et des Grecs. Le Katholiki, au- 
jourd'hui église grecque, longue nef précédée 
d'un porche, et terminée par un anside en 
voûte de four 'dont le toit conigue n'arrive 
pas au faîte de la nef, me paraît remonter 
aux premiers temps de l'occupation d«^s 
Français, et peut-être au xii* siècle. La 
grande mosquée ne me semble pas moins 
ancienne. J'ai retrouvé dans ces deux égli- 
ses quelques mots d'inscriptions en français. 

Abbaye de Lapais. 

Je venais de passerja gorge de Cérines, 
en partant d'Agridi, et je traversais des four- 
rés de caroubiers, quand, arrivé au sommet 
d'une éminence, j aperçus la façade d'un 
grand monument, soutenue par six hauts pi- 
lastres, que les plis du terrain et les arbres 
nous avaient cachée jusque-là. C'étaient les 
ruines du monastère prémontré de Lapais , 
reconstruit, vers le milieu du xiv* siècle, 
par les Lusignans. Le couvent est situé près 
du penchant d'un plateau servant de contre- 
fort à la chaîne des montagnes de la Reine, 
qui le sépare complètement du sud de l'île, 
et fait face à la mer de Caramanie. Des bos- 

3uets d'orangers, des tallis de caroubiers, 
'oliviers, de lauriers-roses, d'acacias 'et de 
palmiers, entourent le couvent et le village 
voisin, nommé Cazzaphani Pano. Cette cam- 
pagne ombragée, ce site agreste et verdoyant, 
non loin des terres nues de la Messôrée, ces 
ruines de noble apparence, la vue de la mer, 
tout ce paysage est vraiment beau, et Ton 
ne doit être nullement étonné que les Euro- 
péens de Larnaca aient donné autrefois à la 
campagne et au couvent dans leur langue 
franque, le nom de Bellapaese^ sous lequel 
l'abbaye est aujourd'hui connue. Mais je crois 
que cette dénomination, étrangère au lan- 
gage français, ne remonte pas au delà du 
xvii" siècle, époque où les Occidentaux, 
moins effrayés des Turcs, revinrent en plus 
grand nombre dans les Echelles ; et certai- 
nement, ni le roi Hugues, ni les Français 
qui ont vécu sous les princes ses successeurs 
ne l'ont employée. Les noms du monastère 
que fournissent les monuments originaux, 
sont ceux de Lapais et LabaUy d'où sera venu 
1. BeltapaU et Bellapaese, par une inversion 
'*' bien naturelle chez ceux qui connaissaient 
ce beau canton. Quant à Lapais, quelle est 
l'origine de ce mot? je l'ignore. La seule 
conjecture à laquelle je puisse m'arréter, 
c'est qu'il provient peut-être du nom anti- 
que de la province où le couvent fut fondé, 
la province de Lapithos^ la Lapethia^ que les 
Grecs prononcent Lapesia^ racine possible 
de iMpesiSf Lapasis et Lapais. Remarquons 
pourtant que Lapithos ne donnait pas son 
nom au pays du temps des Lusignans, et 

Sue tout le revers des montagnes depuis 
ormacbiti jusqu'à Klebini et Trapeza, était 
compris sous la dénomination de contrée de 
Cérines. Lapais, au reste, ne devait être que 
la désignation vulgaire du monastère des 



Prémontrés, qui portait sans doute le titre 
du patron sous l'invocation duquel Je roi 
Hugues le plaça. 

En arrivant aux ruines, j'allai voir d'abord 
la pièce dont la belle façadfe m'avait frappén 
c'est une salle magnifique, longue de pm 
de trente mètres , très-éievée, éclairée par 
deux étages de fenêtres en ogive, vers la 
campagne et la mer. Le mur qui la temdDe 
de ce côté et qui semble soutenir tout l'édi- 
fice sur le bordde la montagne, n'a pas moins 
dans le haut de deux mètres d'épaisseur sans 
tenir compte des gros contre-forts oui le sup- 

Kortent. Les fenêtres sont pratiquées en em- 
rasure au fond de la muraille. A la hauteur 
' et en regard du second étage correspond un 
autre rang defenètres vers le sud^renaDtjoor 
au-dessusdelagaleriedu cloître, unejolierose 
intacte et découpée en quatre feuilles donne la 
lumière vers l'est; vis-à-vis, à l'ouest, est une 
double fenêtre gothique terminée en lobes. 
Six faisceaux de colonnettes prises dans le 
mur septentrional entre les fenêtres, soutien- 
nent les nervures de la voûte, dont elles ne 
sont séparées que par de petits chapiteaux 
à branches de fougère ou de myrte. Une 
chaire en pierre travaillée à jour adhère en- 
core entière au mur, entre les deux derniè- 
res croisées du nord ; ce sont les seuls or-- 
nements de cette salle, belle surtout de gran- 
deur, d'élévation, de simplicité, et qui était 
bien digne de recevoir le roi lorsqu'il venait 
visiter les religieux. La chaire indique pour- 
tant qu'elle était aussi à l'usage de la com- 
munauté, et la dimension de la pièce permet 
d'y placer la chambre capitulaire, le dortoir 
ou le réfectoire. 

La fontaine que je remarquai en sortant, 
vis-à-vis de la porte, dans le corridor du 
cloître, me ferait tenir plutôt à ce dernier 
avis. Elle est formée de deux cuves de mar- 
bre blanc; l'une, celle de dessons, sans dé- 
coration est moderne , c'est-à-dire du temps 
des Prémontrés; l'autre, antique : c'est un 
beau sarcophage orné de génies et de cou- 
ronnes de fleurs comme celui de Famagouste, 
que l'on a percé, dans le bas, de six robinets, 
d'où l'eau tombait dans la cuve inférieure. 
Cassas a publié un fidèle dessin de cette 
fontaine, vue de l'intérieur du cloître, et 
d'une partie de la galerie attenante. Le tym- 
pan de la porte devant laquelle en l'a placée 
est orné d une arcature en lobes, surmontée 
d'une archivolte de losanges et de chevrons 
d'un travail qui me semble bien précipité. 
Le linteau en marbre blanc sur lequel elle 
repose , porte les armes du roi fondateur 
dans trois écussons sculptés en relief. Ce 
lui du milieu a la croix potencée et recroi 
setée de quatre croisettes, armes de Jérusa- 
lem; celui de droite, le champ fascé char^ 
d'un lion (sans couronne), qui est 4e Losi- 
gnan et de Chypre ; le troisième est écartelé, 
au premier et au quatrième canton, de Jé- 
rusalem, au deuxième et au troisième, de 
Chypre. 

Un corridor longe cette pièce, fait le toui 
du cloître, dont Tes arceaux gothiques se 
dessinent sur le ciel et les orangers sauvages 



505 



CHT 



D1E316RÂPHIE. 



GHY 



SOC 



ooJrt/romtVa, qui ont poussé au milieu du 
jardin. Les courbes supérieures de ces arca- 
des sont en ogive à tiers*point, comme toutes 
celles du monastère, et leurs tympans for- 
ment des triangles équilatéraux où sont 
sculptés des trèQes et des quatre-feuilles à 
jour, ornements nécessaires des construc- 
tion du xiY* siècle. Le réseau de leurs me- 
neaux est presque partout brisé ; deux arca- 
des seulement ront encore entier. Du cloître 
long de quarante-cinq mètres, large de qua- 
rante, plusieurs escaliers en pierre conaui- 
sent à la terrasse qui règne au-dessus de la 
galerie du jardin, et qui communiquait è dif- 
lérentes pièces ou terrasses aujourd'hui 
écroulées; au nord, elle lon^c le deuxième 
ëlag^ des fenêtres du réfectoire. 

La porte de l'entrée particulière du cloître, 
située à Tangle sud-ouest, est en ogive cou- 
pée par une frise de marbre blanc, où se 
trouTent les mêmes armoiries qu'à la porto 
du réfectoire. Du porche à ciel ouvert dans 
lequel elle donne accès, on entre dans une 
cour plus grande, puis dans un vestibule 
couvert précédant Tèglise. Au-dessus de ce 
porche, qui permettait de communiquer avec 
les autres bâtiments de Tabbaye sans traver- 
ser les cours, se trouve le clor.her, fort sim- 
ple, composé de quatre arcades à jour que 
termine un petit pignon. Le tout remonte 
certainement à la construction primitive du 
monastère, car les Turcs ne permettent pas 
aux rayas d'élever des clochers ni d'avoir des 
cloches dans leurs églises. La chapelle de 
I^païs, petite comme toutes les autres piè- 
ces du couvent en les comparant Ix la salle 
septentrionale, est divisée en trois nefs étroi- 
tes par des piliers à courtes colonnes dont 
les chapiteaux, travaillés sans vigueur, sont 
loin de rappefer les nettes sculptures con- 
temporaines dos églises de Nicosie et de 
Famogouste, Le fond de la nef est terminé 
en hémicycle. Les Grecs de Cazzaphani ont 
fermé cette partie par un iconostase; ils 
ont peint une fresque sur la porte d'en- 
trée, et dédié la chapelle à la Panaia as- 
pro phorousa^ Notre-Dame aux vêtements 
blancs. J'y ai vainement cherché la tombe du 
roi Hugues IV, qui fut inhumé à Lapais, et 
sans doute dans cette chapelle. Je n'ose m'ar- 
rêter à la supposition, malgré tant d'exem- 
ples alialogues, que le sarcophage antique du 
cloître ait reçu en 1360 les restes du prince, 
parce qu'on ne peut croire que les lieutenants 
Ténitiens, bien qu'ils aient cherché par tous 
les moyens à faire oublier le souvenir des an- 
ciens maîtres de l'Ile, aient forcé les Prémon- 
trés restés à Lapais sous leur domination à 
violer le tombeau de leur bienfaiteur. 

Revenu dans le porche d'entrée, je me di- 
rigeai au couchant. Cette partie du monas- 
tère était encore considéraule au siècle der- 
nier, à en juger par les vues générales do 
Lapais qu'ont données Drummond, le Bniyn 
et Cassas ; elle est aujourd'hui tout en ruine, 
et dans quelques années peut-être il ne res- 
tera plus que des décombres de Tabbaye en- 
tière. Pano Cazzaphani garait s'être formé à 
les dépens, et les habitants du vieux village 



de Cato Cazzaphani viennent y prendre aussi 
les pierres qui leur sont nécessaires. Si l'u- 
sage n'était, en ces pays, de construire tout 
le haut des maisons eh "terre sèche, la des- 
truction irait plus vile encore. Un chrétien 
est devenu propriétaire des bâtiments et les 
a mis en exploitation réglée. A Tépoque où 
je les ai visités, au mois de janvier dernier, 
on ne voyait plus que quelques murs dos 
pièces de Touesl ; l'angle nord-ouestdu cloî- 
tre près de la fontaine de marbre était déjà 
renversé, et allait être prochainement débite. 

En examinant l'intérieur des murailles, je 
fis la remarque que la construction do Ln- 
païs, maigre l'étendue des bâtiments, avait 
dû être terminée assez prompteraent, pressé 
qu'était le roi, sans doute, tle jouir de son 
œuvre. A l'exception de la façade du nord, 
qui est un vrai rempart percé de fenêtres, la 
plupart des autres murs malgré leur belle 
et solide apparence sont formés uniquement 
de parements de pierre, moyen appareil, en- 
tre lesquels on ajeté un cailloutage mêlé de 
chaux et de boue. La pierre est en outre de 
mauvaise qualité et tres-friable. 

On descend, des pièces de l'ouest, à l'é- 
tage en partie souterrain qui reçoit le jour 
par six croisées au-dessous du réfectoire. 
Ces pièces sont d'une forte construction et 
communiauent, m'a-t-on dit, avec des ca- 
veaux profonds. Un corridor étroit ramène 
de cette aile au petit porche et au portail 
d'entrée. Sur les montants de la porte, on 
voit sculptés un oiseau et un quadrupède 
ailé. Dans le haut, de longues meurtrières et 
un balcon à mâchicoulis protègent l'entrée 
du monastère; à côté existent encore les 
rainures d'un pont-levis , bien qu'on arrive 
de plain-pied au seuil de la porte. Je ne puis 
comprendre l'utilité de cet appareil militaire 
dans un pays aussi sûr que Chypre l'a été de 
tout temps, dans un petit royaume fort uni 
qui ne sut jamais ce qu'étaient guerres sei- 
gneuriales ou révolte de commune, et je ne 
puis attribuer la conservation de ces moyens 
de défense qu*à l'influence des habitudes 
suivies par les architectes en Europe et en 
Syrie, où les abbayes ressemblaient à de 
vraies forteresses. 

J'ai signalé les principaux monuments éle- 
vés en Chypre pendant le moven ftge, depuis 
le temps ou le contre-coup des événements 
de Syrie détacha cette île de l'empire grec et 
la fit passer sous la domination de chevaliers 
français, jusqu'au siècle où nos princes en 
furent évincés par la république de Venise. 
J'espère que ces descriptions imparfaites suf- 
firont cependant à montrer quel style d'ar- 
chitecture nos compatriotes ont apporté et 
suivi dans ce pays. C'est, comme vous l'avez 
vu, le vrai style gothique de France; et, cir- 
constance remarquable dans une société où 
les hommes du midi de la France dominaient 
probablement en nombre, c'est l'ogive du 
Word plutôt que l'arcade arrondie des provin- 
ces méridionales que l'on trouve dans tou- 
tes leurs constructions. 

Nous avons reconnu en outre que les mo- 
numents français-chypriotes n'avaient rien 



507 



CHY 



DICTIONNiIRE 



CHY 



SUS 



pris aux idées et à raichitecture des Grecs 
de Conslanlinople : ni les croix à branches 
(''gales, ni les coupoles, ni les mosaïques, 
m les ornements à perles. Tous ceux que 
nous connaissons, les plus anciens, comme 
les derniers construits, nous ont offert tou- 
jours les éléments essentiels des édifices de 
TEglise liiline et du gothique; on peut môme 
considérer comme un fait certain, que les 
premiers rois francs de Tîle eux-mêmes, Guy, 
Amaury ou Hugues de Lusignan, s'ils ont 
fondé des églises nouvelles à leur arrivée 
en Chypre, ce (jui est très-possii)le, n'ont 
rien imité du goût byzantin. Les raisons qui 
avaient déterminé ces princes à donner à 
leurs monnaies l'aspect des monnaies de 
lempire de Constantinople , afin de les ac- 
créditer pius aisément au milieu des popu- 
lations grecques nouvellenjent soumises à 
leur autorité, ces raisons ne pouvaient in- 
fluer on aucune manière sur la forme ou la 
décoration des monuments qu'ils élevaient. 
Et en effet, nous voyons que Hugues et 
Henri I" élèvent Sainte-Sophie de Nicosie, 
église du pur gothique, en m^rae temps 
qu'ils imitent les coins impériaux sur leurs 
monnaies. Avant le milieu du :^}iV siècle, 
les Lusignans rénudièrent, au reste, ces lé- 
gers emprunts nécessités par les circonstan- 
ces, en même temps qu'ils rompaient poli- 
tiquement avec les empereurs grecs; et, dès 
cette époque, le type franc fut exclusivement 
adhérent a leurs monnaies comme il l'avait 
été toujours à leurs lois et h leurs habitudes, 
comme il avait dû l'être à leurs églises, à 
leurs tombeaux et à leurs costumes. 

Le caractère saillant, le principe constant 
de leur architecture, c'est l ogive dans toutes 
les baies, unie très-rarement au plein cintre 
dans les châteaux, jamais dans les églises : 
ce sont touiours les voûtes élevées et les pi- 
liers élances qui constituent en propre l'ar- 
chitecture gothique. Comme en France, les 
archivoltes des églises franques sont formées 
en Chypre d'archivoltes secondaires et en re- 
traite 'es unesau-dessousdesaulres; des roses 
ou des fenêtres comf)Osées s'ouvrent au-des- 
sus des portails; l'intérieurde l'église, long 
vaisseau latin, est divisé en plusieurs nefs par 
des colonnes ou des piliers d'où parlent enxii- 
vergeantles nervures de la voûte; son chevet 
est toujours dirigé vers l'orient, mais je 
n'ai [)oint remarqué que l'axe en fût incliné 
sur celui de la nef; comme en France, les 
travées et l'abside sont percéçs de fenêtres 
géminées et étroites ; comme en Fran:'e enfin, 
du xiir au xv* siècle, l'ornementnlion des 
baie>, des archivoltes et des tympans, est 
formée de diverses combinaisons du cercle, 
toujours en lobes, d'arcatures inscrites sous 
une baie supérieure simulée ou à jour, d'é- 
toiles, de rieurs, de feuilles isolées et en 
plein relief sur la pierre. 

Au milieu de cette similitude générale de 
foimes et do décorations, il y a plusieurs 
différences notables (}ui donnent à ce qu'on 
pourrait appeler le gothique deChyj)re, une 
l'iiysionomio particulière. Je voudrais eu 



2; 



rappeler ici les traits é]>ars dans les descri[»- 

fions précédentes. 

Celui qui frappe d'abord à la vue du mq- 
nument, c'est la fordie môme de rensembjç. 

|ui est 'd'un aspect différent de celui de nos 

églises. On ne louera jamais trop le style 
ogival, comme système d'architecture reli- 
gieuse ; mais, cependant, n'y a-t-il pas quel- 
que chose de disgracieux dans les toits aigus 
et les pignons à auvents qui écrasent ou 
masquent leurs statues et leurs flèches à jour? 
Qu'on se représente cette ornementation se 
dessinant en entier dans l'air, comme à la 
cathédrale de Milan, au lieu de s'effacer sur 
la teinte grise d'un toit escarpé, et Ton verra 
quelle différence d'effet elle produira. Dans 
aucun des monuments de Chypre on ne 
retrouve ces pyramides d'ardoises, néces- 
sitées par nos climats pluvieux; ils se ter- 
minent tous en terrasses horizontales ména- 
gées sur les bas côtés, sur les nefs et sqr les 
tours, ce qui leur donnerait, de loin, quelque 
apparence de constructions antiques. L'ab- 
sence de combles élevés ne produit pas 
cependant dans ces édifices le môme effet 
(lue dans les églises gothiques de Milan et 
de Pavie, parce que leurs couronnements 
manquent des statuettes, des flèches et des 
clochetons à iour des é^^lises lombardes. En 
Chypre, tout le bas de 1 église conserve bien 
les formes %veltes et la tendance ascendente 
de l'architecture gothique, dans le rétrécis- 
sement de ses voûtes, de ses fenêtres et de 
ses contre-forts, mais il semble que les ter- 
rasses y viennent arrêter trop brusquement 
cette direction verticale des lignes qui est le 
principe fondamental de l'art gothique. Il 
eût fallu, ce semble, au-dessus de leurç 
plates-formes, les acrotères sculptés, lés 
statues et les clochetons découpés, qui con- 
tinuent la disposition aérienne do la cons- 
truction gothique. 

Les architectes francs de Chypre et de 
Syrie ont été empêchés de suivre exclusive- 
ment le gothique par l'usage généralement 
établi dans leur patrie adoplive de construire 
en terrasses, usage de la plus haute antiquité 
en orient et auquel font allusion déjà ces 
mots des jproverbes : Je me suis assis soli- 
taire et affligé au bord de mon toit (t). 

On dirait aussi que le voisinage aes mo- 
numents grecs de l'ionie et de la Morée, 
qu'ils connaissaient , ceux de Chypre et do 
la Syrie, qui devaient les frapper davantage, 
ont influé en quelque chose sur leurs œu- 
vres. 

Dans le style gothique, ce sont les lignes 
perpendiculaires et les baies élancées qui 
dominent; dans les monuments antiques, co 
sont, au contraire, les formes car/ées ou 
ceintrées et les lignes horizontales^ Les ar- 



les toits aigus des cathédrales gothiques 
d'Europe; ils ont préféré terminer leurs 

(1) Vtqm. XXI, 25, etc. Le foin croU sur les toiis 
(Psaume cxxix). La Bible est pleine d'allusions sem- 
blables. 



CHY 



D*EP1GRAPHIK. 



CHT 



510 



indolents par los lignes droites ot les 
formes des ai)ci(>ns. Les chapiteaux h 
\ et à feuilles d*eau rpie nous avons 
[ués à Sainte-Sophie, h Saint-Nicolas» 
ipelle du château de Cérines, semblent 

inspirés par le goût antique, comme 
13 lisses et unis de leurs colonnes, 
\ les frises et les ornomenls en oves 
m trouve au faîtage des fours ot des 
-forts dé plusieurs églises de Tile, no- 
D( h Sainte-Sophie. L*»s bases drs co- 
sont certainement une imitation nn- 
On y trouve toujours les tores, lus 
t les réglets et les plinthes classiques : 

ou presque^ jamais, les juttles, les 
oiseaux, les feuilles, les masques des 
plhiques. 

saractère qu'on remarquera encore, 
aeîes anciennes formes de la basili(]ne 

modèle quant h la disposition inté- 
de la cathédrale gothique, paraissent 
lersisté plus longtemps en Chypre et 
le que dans la France septentnonale. 
on peut se le rappeler, dans aucune 
le Chypre nous n avons vu trace du 
|ui peut-être était remplacé, suivant 
) primitif, par un ambon construit 
eux colonnes. Toutes ces églises sont 
Ses en hémicycles, la plupart sont 
§es d'un porche comme SaintjB-So{)hic, 
îîcolas de Nicosie, TEmerghié, Aral> 
t, l'église du Sérail, le Kathoh'ki, la 
e de Lapais, etc. Dans aucune on ne 
de chapelles qui aient été com])rises 
i fondation première de Téglise; tan- 
en France, dès le xiir siècle, les ab- 
iolygonales n'étaioîit pas rares, les 
s étaient presrjue inusités, et les cha- 
Staient au contraire tellement multi- 
' qu'on a peine quelquefois à reconnaît 
ns ces extensions diverses le plan 
et imposant de la basili<|ue latine, 
principes <Ju véritable syàlôme gothi- 
est-à-îlire du st>le du xiir siècle, se 
orent aussi en (!hypro presque sans 
on, non-seulement dans les églises du 
k;le, mais môme dans celte du xv', 
) à là(]uelle nous ra|)i.>orlons Saint-Ni- 
e Nicosie. 

lementation s'embellit et se multiplie 
ire qu'on s'éloigne du type primitif 
Ue-Sophie, le plus ancien monument 
à date certaine que je connaisse en 
); mais elle reste toujours soumise à 
a, à la symétrie, à la décence. L'art 
ota emploie dans ses ornements , 
) l'art gothi(]ue d'Europe, les roses, 
irous, les oves, les pampres, les feuil- 
cboux, le lierre, les crosses, les che- 
les méandres; il y ajoute des motifs 
Dtés à la flore ou à la pomone du pays, 
eles anémones sauvages, des feuilles 
ôcases, des branches de myrte, de 
rs, de caroubiers, des pommes de 
is grenades, des oranges; au règne 
, il prend, pour ligurer ses chéneaux 
Iqueibis pour orner ses Irises, le lion, 
n, le caméléon et les kourkouta ou 
ïs, si funestes aux agriculteurs de 



1 



rtle. Quand il représente la nature humaine» 
c*est toujours l'homme dans ses formes no- 
bles el naturelles, ou des tètes d*anges ailés ; 
il ne prend jamais ni les feuilles bordées de 
perles, ni les galons brodés des by/antins^ 
ni les serpents» symt>oliquès, ni les figures 
bizarres, ni les masques hideux, si chers 
aux tailleurs de pierres de France, et il est 
douteux qu'il en fût jamais vomi, lors même 
que les révolutions eussent permis son dé- 
veloppement' complet, h placer dans ses mo- 
numents les traits licencieux que l'on 
retrouve jusque sur les portails de nos cathé- 
drales dès le XIV' siècle. Faudrait-il attribuer 
ces derniers faits à de fiures circonstances 
accidentelles? Ne nourrait-on voir, au con- 
traire, dans celte direction de l'art gothique 
en Chypre, la consétiuence de la condition 
élever» et très-honorée, mais complètement 
étrangère aux choses politiques, du clergé 
des Lusignans, qui, en s occupant surtout 
des intérêts religieux de ses fidèles, donna 
moins de prise h la critique ou à la médi- 
sance? 

L'art chypriote semb.e avoir suivi tou • 
jours des règles bévères qui n'excluaient pas 
élégance, la grâce, la richesse, mais qui 
n'aimaient pas les décorations fantastiques 
et tourmentées. Aussi voit-on, parles monu- 
ments mômes du xv* siècle, qu'il n'est jamais 
tombé dans les excès du gothique déjà sen- 
sibles en Europe au siècle précédent. Mais il 
n*a pas aussi les qualités de ces défauts, 
c'est-à-dire la hardiesse, la légèreté, l'élan- 
cement des constructions, l'abondance, la 
variété , l'expansion des sculptures. Toute 
son ornementation se concentre aux portes, 
aux fenêtres et aux archivoltes. Il n'a ni les 
If^gions de saints qui peuplent et embellis- 
sent nos églises, ni les clefs de voûte qui 
étaient devenues des tours de force com- 
muns en Euro()e. Ses murs, ses contre-forts, 
ses faîtages, restent souvent lisses ou sont 
ornés de rares sculptures ; et dans l'enseui- 
ble, ce qui frappe surtout, c'est moins l'élé- 
vation des bâtiments, la délicatesse et la 
multiplicité des sculptures, que la régularité 
et les proportions des parties, la symétrie, 
la pureté et la bonne exécution des orne- 
ments. 

Néanmoins c'est toujours l'ogive élancée, 
le gothique du nord de la France qui règne 
exclusivement dans ses constructions ; et 
c'est un point essentiel qui le distingue du 
gothique de Syrie , du moins de celui que 
f ai TU dans les constructions frauques de 
Beyrouth , de Sidon, de Saint-Jean d'Acre, 
d'Abou-CrOseh, de Ramla et de Jérusalem, où 
domine l'arcade large et arrondie du midi de 
la France. 

Le gothique chypriote ne manaue pas de 
richesse; le marbre y a été employé en grand 
bien plus fréquemment qu'en France. Les 
trois portails intérieurs * de Sainte-Sophie 
sont en marbre blanc, les polonnes du pour- 
tour du chœur sont en granit ; le portail de 
Sainte- Catherine est en marbre blanc, le 
couvent de Lapais, tes églises de Katboliki, 
de Saint-Nicolas, de Vassili , ont aussi des 



511 



CllY 



DICTIONNAIRE 



CHY 



Ml 



frises, des linteaax ou des colonnes de mar- 
bre. Près de Yeni-Djami , à Nicosie , j'ai vu 
des débris considérables d'une église go- 
thique au milieu desquels se trouvaient des 
frises, des voussoirs, des colonnes et des 
chapitaïux en beau marbre blanc. La qualité 
de la pierre ne répond pas toujours à la ri- 
chesse de cette décoration. Il est des parties 
de Sainle-Sopbie de Nicosie, de Saint-Nicolas 
de Famagouste,du château de Saint-Hilarion, 
et surtout de l'abbaye de Lapais, construites 
avec une sorte de lambourde que le temps a 
déjà prolondément rongée et qu'on pren- 
drait pour une pierre ponce. Je n'ai pas ob- 
servé qu'en ait employé la brique dans la 
construction des églises, mais j'ai trouvé 
quelquefois ces matériaux entremêlés à la 
pierre dans les cintres des châteaux. Le sol 
des plates formes est composé comme l'aire 
de beaucoup de maisons en Orient et à Ve- 
nise, d'un mélange épais de chaux, de terre, 
de cendre? et de gravier, qui acquiert à la 
longue la consistance de la nierre. L'appa- 
reil suivi généralement dans la construction 
des châteaux comme des églises, est l'appa- 
reil moyen régulier; et la taille des pierres 
semble avoir été très-étendue en Chypre. On 
remarque aux châteaux de Saint-Hilarion et 
de Kantara des combinaisons de voûtes et de 
corridors à escaliers qui ont nécessité de 
vrais chefs-d'œuvre de stéréotomie. 

Dans aucun ds ces monuments , pas plus 
que dans les édifices gothiques que j'ai pu 
examiner en Syrie, je n'ai vu la peinture 
employée à l'ornementation de l'architec- 
ture. Je ne parle pas des fresques ou des 
sujets hagiographiques dont on retrouve des 
vestiges dans les vieilles chapelles françiues 
de Saint-Hilarion, de Lapais, de Sainte- 
Sophie, d'Abou-Gosch, etc. , mais seulement 
de la simple alternance de couleur appliquée 
en larges bandes sur les assises des façades 
ou sur les claveaux des cintres, comme on 
le voit aux vieilles tours de Gênes, à Saint- 
Laurent de cette ville , aux églises de Ma- 
guelonne, de Saint-Gilles et de quelques 
autres villes du midi de l'Europe. 11 eût 
semblé que ce système de badigeonnage po- 
jychrome. emprunté aux Arabes, qui l'appli- 
quent encore à leurs mosquées et à leiirs 
maisons, à. Damas et au Caire, aurait dû se 
retrouver dans les monuments élevés par les 
Francs en Orient. Mais il n'en est pas ainsi. 
Du moins mes recherches ne m'ont rien fait 
découvrir de semblable dans les églises go- 
thiques ni en Chypre* ni en Syrie. 

Le temps seul a recouvert ces vieilles 
pierres de la belle teinte jaune* que l'on re- 
trouve sur les monuments de l'Egypte, delà 
Grèce, de (la Sicile et de toute la partie mé- 
ridionale de la Méditerranée. 11 semble diéià 
qu'à Constantinople et en Italie cette bril- 
lante nuance d'or se charge un peu du gris 
septentrionnal qui noircit nos monuments 
de France dans un demi-siècle. 

Je termine cette longue lettre , monsieur 
le Ministre, par un mot sur les églises grec- 
ques de l'ile de Chypre. Celles que j'ai visi- 
tées se rattachent à deux systèmes différents : 



ou elles conservent les formes anciennes des 
basiliques byzantines, c'est-à-dire la croii 
grecque et les coupoles sur pendentifs, 
comme Sainte-Sophie de Constantinople et 
Saint-Marc de Venise , où elles ont pris la 
longue nef et les voûtes en ogive des 
Latins. 

J'ai vu des églises du premier modèle à 
Nicosie, à Kieros-Kipos, à Jaillia, etc. J'en ai 
retrouvé du second dans tous les districts et 
presque dans tous les villages de l'Ile 

La forme générale de ces églises est à Hd- 
térieur : une longue nef sans transsepts, peu 
élevée, terminée en hémicycle à fenêtres. 
L'iconostase ferme ordinairement cette ab* 
side ; quelquefois , par une disposition gê- 
nante, il sépare la nef en deux dans le sens 
de sa longueur. A l'extérieur parait seula- 
ment une longue voûte en berceau » ayant 
des deux côtés d'étroits paraoets ména^pis 
sur l'épaisseur des murs, à l'occident on 
porche couvert, et à l'orient le tçit conique 
du chevet qui n'atteint pas souvent le hâûl 
de la voûte. Tels sont les couvents de Saint- 
Georges, près de Larnaca, les églises de 
Phanéromeni ,* de Tripiotissa , de Palingné- 
tissa, de Bibi, aujourd'hui église de l'arche- 
vêché ; de Pallurgiotissa , d'Omoloïtades , 
d'Haïa Paraskevi , a Nicosie ou dans les en- 
virons; celles de Saiut-Mama à Horpho 
d'Haïa Pantaleimona dans le district de lier- 

£ho, et en général toutes les églises de k 
[essorée, du Karpas et de l'ouest de l'Ue. 
Faut-il voir dans ces édifices d'anciennes 
églises çothiques latines , appropriées au- 

i'ourd'hui au culte grec ? Je ne le pense pas. 
e crois, au contraire, que la plupart ont été 
construites par les Grecs mêmes du temps 
des'Français. Nous en avons, ce semble, des 
preuves certaines dans les églises de Phané- 
romeni , de Saint-Mama et de Bibi , qui ont 
été de tout temps en possession des Grecs, 
et qui, cependant, sont édifiées dans le sys- 
tème latin. On ne peut s'étonner de voir les 
Grecs adopter l'architecture d'une nation 
qui les a gouvernés et protégés pendant trois 
siècles, alors surtout qu'on se rappelle que 
les cultes des deux peuples avaient autrefois 
bien plus de conformité qu'aujourd'hui, et 
que les offices se « célébraient souvent en 
commun. L'importation du style gothique a 
laissé en Chypre des habitudes qui ont duré 
plus que l'aliiance un peu forcée des deux 
rites. On a construit récemment une ^ise 

Îîrecque à Limassol, elle est en ogive; ona 
ait de^ réparations au couvent de Saint- 
Mama et de Saint-Georges, on a toujours 
suivi Tancien type des arcades aiguës. En- 
fin, ce style est passé tellement dans les ha- 
bitudes des architectes et des habitants de 
l'île, qu'ils n'en connaissent pour ainsi dire 
pas d'autre. J'ai vu plusieurs mais(»is en 
construction à Nicosie et à Larnaca, elles 
sont toutes en ogive. Je livre ces faits à l'ob- 
servation des savants qui se sont occupés de 
rechercher l'oricine et les vicissitudes de 
cette forme d'architecture que Ton est con- 
venu d'appeler ogivale* 



CHY 
Paris, août 1846 (1). 



DÏPKRAPHIE. 



CHY 



3i4 



llioanear de vous adresser la série 
criptions du moyen âge que j'ai re- 
»'en Chypre, et que j'ai classées ci- 
par ordre chronologique, sous le 
» localités et des édifices oui me les 
mies. 

inscriptions étaient, pour la plupart, 
I sur les pierres des églises que les 
ont remaniées, brisées presaue tou- 
i dessein , et dont ils ont dallé leurs 
ies. C'est sur ces débris du yieux 
|a*il m'a fallu rechercher les restes 
laphes de nos anciens Français-Chy- 
» pour ne trouver quelquefois qu'un 
1 im chiffre à demi effacé. Un tel 
r rarement fait à loisir, a besoin de 
otre indulgence ; car je ne doute pas 
collation ultérieure sur les monu- 
originaux, s'il m'est possible de la 
tn Chypre ou à Paris, ne m'oblige à 
rs corrections: j'espère toutefois 
\ ne porteront pas souvent sur les 
t les noms propres, auxquels je me 
rrôté avec une attention particu- 

raduit toujours par Crist l'abréviation 
UP; M'S, devant les noms de gentils- 
Sf par messire; CHR^ par chevalier, 
ppléé l'e, qui s'élide souvent, comme 
s mots : dVui, l'an d'M. CCC; V nobl\ 
9. Ce sont les seuls changements que 
devoir adopter dans mes transcrip- 
e me suis attaché, pour tout le reste, 
►duire fidèlement l'orthographe et la 
tîon de l'inscription. Vous remar- 
sans doute que, sur certains monu- 
la fin de l'épitaplie se termine ainsi : 
m ait s'ame, et sur d'autres de cette 
3 : Que Dieu ait Vame. Il n'y a point 
le lecture dans cette dernière phrase, 
pronom que a le sens immédiat du 
ii/iw. Souvent ce pronom est sous- 
1. 

cription est seule sur la pierre, sans 
I m effigie, lorsque je la donne sans 
lion. Quant aux inscriptions de fa- 
réunies, quoique différentes, sur les 
dalles, je les ai classées sous le m^me 
►, en les distinguant par des lettres 
ites. 

lotes étaient quelquefois nécessaires 
intelligence des inscriptions; je les 
5ées aussi succinctement que possi- 

§ 1. NICOSIE. 

■OSQUés Dl SAIMTE-IOPHIE. 
I. 

qui trépassa Tan . . . . ei git 

. • . qui trespassa Tan .... au mois 

vembre Tan m. ce. lv? de Crist 

60 la grâce de leurs armes 

• 1 4. « le paradis 

HtolHêqne de V Ecole des chartei, 2* série, 
105. 



Grande dalle de marbre bianc; eflSgies 
d'un chevalier et d'une dame représentées 
en relief, à la différence des efSgies des 
autres tombeaux, qui sont gravées en creux. 
Au-dessus de la tète de chacun des défunts, 
on reconnaît encore, malgré l'extrême usure 
de la dalle, deux couronnes ouvertes. A cdlé 
se trouve l'écu des armes. Celui du mari 
porte trois croix pâtées en chef; celui de la 
femme est parti, h droite, des trois croix 

Satées, à gauche de la croix potencée do 
érusalem. Ce monument, remarquable 
d'ailleurs par la beauté du marbre, l'exécu- 
tion très-soignée de ses bas-reliefs et de 
ses inscriptions, ne peut être le tombeau de 
l'un des rois Lusignans» comme on le croit 
à Nicosie; mais c'est probablement la dalle 
tumulaire d'une princesse de leur san^,N ma- 
riée à un seigneur de la famille de Nores, 
dont nous connaissons les armes. Cf. n** k^. 
— Je doute encore de l'exactitude de la date 
que j'ai écrite dans cette inscription; car la 
forme de ses lettres, en gros caractères go- 
thiques à jambages brises, me semble assi- 
gner positivement le monument au xv* 
siècle. Si l'écu du défunt était de Jérusalem 
au lieu d'être de Nores, j'hésiterais encore 
davantage, et serais disposé à voir dans 
cette vieille dalle le tombeau commun de 
Philippe de Lusignan, prince de Galilée, 
seigneur de Lapithos, petit-fils de Jacques 1" 
et d'Echive de Nores, sa femme. Mais, après 
un examen attentif de l'inscription originale, 
je n'ai trouvé place que pour deux C, entre 
l'M et. l'L, et je conserve la date de 1255, 
parce que le monument a pu très-bien être 
exécute au xv* siècle, pour recouvrir la 
tombe de personnages morts au trei- 
zième. 



II. 

•fCi git dame de Giblet, fillie? 

de Sire R de Gil)let, seignor de 

digne feme de Franses Camardas, 

qui trespassa Tan de m. ccc. m. a vi jours dV 
tovre ; Dieus ait Farme. 

Les Giblet descendaient de Hugues l'Em- 
briac, Génois, époux d'une dame Sanche, 
Provençale, qui fut le premier seigneur de 
Gibelet ou Djebaïl, l'ancien BiblioSy entre 
Bejrouth et Tripoli. — C'était une des 
principales familles de la noblesse syrienne 
et chypriote qui contracta plusieurs alliances 
avec les Ibelins et les Lusignans. L'une de 
ses nombreuses branches possédait en fief 
la seigneurie d'Avegore^ oue je crois être 
Ovgoros, petit village au N.-E. de Larnaca, 
et la seigneurie de Files^ probablement Pila, 
à l'O. dX>vgoros. (Lignages, ch. 21, 29, 30; 
Assises, t. Il, p. ^59, k&^.) Il est curieux de 
voir un de ses membres, Henri de Giblet, 
chancelier de Chypre, désigné au xiv* siècle 
sous Tantique nom de leur seigneurie de 
Syrie, tombé depuis longtemps en désué- 
tude : Henricus de Biblio^ cancellarius regni 
Cipri. Traité de 1328, entre la république 
de Venise et Hugues IV , roi de* Chypre. 



515 



ÇHY 



QjÇTIQflNAIRE 



CHY 



511 



(Archives de Venise, l^ibr. pactor, <, IV, 
fol. ^.) 11 était chancelier de Cfhyprè dès le 
règne de Henri II; et, dans lés privilèges 
commerciaux qu'il délivra au nom du roi, 
en 1291» aux Catalans et aux Pisans, il porte 
son vrai nôqi de Giblet. Capmany, Mem. 
sopra la martna de Barceïona^ Colec. diplo- 
mat.; Barcel., 1779, p. 56. FI. Dal Borgo, 
Scelii dipt. fi>ant ; Pisa, 1765, p. IW. — Je 
ne sais pour guel motif, si ce n'est à cause 
de sa célébrité, le sénateur vénitien Loré- 
dano a choisi le nom de Gt7>/e/pour publier, 
à Bologne, sous le pseudonyme, son nistoire 
des Lusîgnans :' jyf5/orte de' re Lusignani 
publicaie da Henrico Giblet cavalier. Çn sou- 
venir sanelant est attaché au prénom de 
Henri, qu il a pris: c'est Henri de Giblet, 
vicomte de Nicosie, dont la femme avait 
vertueusement résisté à Pierre V% qui con- 
duisit les meurtriers dans la chambre du 
roi, et porta les premiers coups au prince. 
— Les Camardas ou ïTammeraas, nom que 
l*on prononce en Orient Cammerdas^ étaient, 
comme les Giblet, des chevaliers de la haute 
cour. Un François Cammerdas, différent de 
celui de notre inscription, fut grand trico- 

Blièr de Chypre sous le règne de Janus, et 
gure, en cette qualité, dans les traitas 
conclus avec la république de Gènes de 1W3 
et lilO. (Archives de la banque Saint-George, 
vol.X.) • 

IIL 

A. Ici gît Sire Johan de Isamelle qui trespassa 
lejeasdi a xxv jors de jenvier Tan de m. ccc. xxx 
de Grist; que Des ait Tanne. Amen. 

B. Et git 

Au lion (le Isamelle, nom inconnu pour 
moi en Chypre, peut-être faut-il lire de la 
Remelle, famille qui a donné un vicomte de 
Nicosie en 1286. {Assises de Jérusalem, t. II, 
p. 367.) 

IV. 

A. [Ici git ] espouse jadis de maistre 

Nicole de Mantoua le M [qui 

trespassa Tan . . . •] vf de Grist. 

B. Et git soun fis Berteli (Barthélémy) Fardin 
(lui trespassa .... 

G . . . . Fardin qui trespassa Pan de m. ccc. lui. 

V. 

A. + qi git 

B. [ . . . . Que Die]u ait leurs arme?. Amen. 

Fragment de dalle représentaîU lo buste 
d'un joune chevalier depuis les yoni jus- 
qu'aux genoux. Armes : un(^cu traversé (j'unè 
bande. 

VI. 

e de ... - arsi .... d*G!blet 

.... et Jorge de Brie?... [qui trejspassa le 
d3r[nier jour] de seienbre à m. ccc. lxxiu de 
Grist. ; que Des ait T^rme^ 



Fraçnpept d'inscription. Sur les Giblett 
voy. ci-dessus, n* 2. Les de Brie, originaires 
probablement de la province de France de 
ce pom, n'étaient pas moii)$ (^leyé3 en Chy. 
pre que les seigneurs de (jiblçt 

VII. 

[Ici git ] D .... es jadis Alitî de 

[Pii^re fie f ]afran , très noble amirail doii 
roiaume de Chipre, qui trespassa le meny 
Il jours d'avril Tan de m. ccc. xcni. de Gnst 

Frap;ment d'une effigie de femme sans 
armoiries. Les Cafran étaient une des plus 
anciennes et des plus nobles familles de 
Chypre: ils comptaient dans la noblesse de 
Syrie [Lignages d'outre mer, ch. 12 et 38; 
Assises, t. Il, p. 4.51, 470), et, dès le com- 
mencement du XIII' siècle, ils étaient Mablis 
dans l'île. Traité d'alliance entre les Chi^ 
priotes et les Génois, de 1233. Arr.hiv. de II 
Cour, à Turin. Carte sparse. Genoù. — 
Sanùfo le jeune a défiguré le nom natronj- 
mique de l'amiral Pierre, cité dans l'inscnp- 
tibn précédente. Vite de' dogi di Venet. 
Script, rer. italic, tora. XXII, col. T78. 

VIII. 

A. -f Ici git ipessire Felipe de Veibe qui tres- 
passa [ Tan de ] m. ccc (cccc? )... 

B. -{• Ici git S : (sire) Thoumas de Deveibe 

fils de Phelipe d*Deveibe. 

Entre les deux inscriptions sont les armes 
des défunfs : un écu divisé » erpendiculaire- 
ment par Irois pals en relief. On remarquera 
une différence dans la m^nn^ère dont le nom 
de famille est écrit aux deux épitaphes. 

IX. 

•f Ci git messire Johan de Joselin.. 

Effigie entière, sauf la tête, d'un chevaiier 
en costume de guerre. Armes : un éru tra- 
vorsr'' d'une fasce. M. le marquis de Josselin, 
de Turin, a peut-être des documents qui 
établissent sa parenté avec les anciens sires 
de losselin de Chypre. 

X. 

^ Ici git le très noble baroun messire Pierre 

L[eU..e], le grand amirail, [qui trépassa Tan 

de que Dieu] ailTarme. Amen. • 

Fragment de pierre conservant les jambes 
d'un chevalier armé. A gaucho, un écu dont 
le champ est occupé par une figure triangu- 
laire. Il n'est pas probable que ce soit 
Pierre Leqnunus, Cypriœ classis prœfectus, 
cité dans les Mss de Du Gange, sous la date 
dé 1316, d'après un document dont je n'ai 
pas connaissance, attendu que le titre de 
Cypriœ classis prœfectns indique un office 
irifériepr à celui de grand amical du 
royaume ; ce serait plulAt Pierre le Jeune, 
garant d'un privilège royal do 1411 {Arch. de 
MaUe, lib. Bull. XXIV ,' fol. iSSt)\ e\ CQiupa- 



1! 
I 

i 



CHT 



DTPIGRAPHIE. 



ppmme amiral de Chypre dans le 
i $ dâpçmbre lU^. Sperone, Real 
'^'^ella reptibbl. di Genovaj p. US. 
iprès Arab-Achraet, n** 4-5. 

XI. 

I |(î très exeleqt et 1res révèrent 

Amen. 
anl de dalle représentant le bas 
ume d*évêque ou d'arche vôquo. A 
it un écussoii vide, indiquant peut- 
le défunt était noble. 



XU. 

(ire Simon De la Tour arme. 

Amen. 
(Bit. Jambes d'un chevalier éne- 
09 De la Tour, qui ont figuré plii- 
\s dans Thisloire de Chypre, avniont 
;^ïnblablenïer|t leur fier dans une 
t Masoto qwe j'ai entendu appeler 
a Doura, altération probable de la 



XIIl. 
3t 1 chanoine de Faip'g|is(^. 

îDt. Bas d*un costume clérical. 



XIV. 

i gît le noble valet Perrot de Gtirri 7 

înl. Ïambes d'un chevalier. Armes : 
d'uQ griifon et d'un» étoile ou d'un 
jrri est un village du distrjp^ cen- 

XV. 

il jesir S. Hugue de Labre quant Dien 
[fera de lui] son comandenient. 

inscription, un écusson |>ortnnt au 
lô sorte de créquier on fofrne de 
renversée, et surmonté d'un asfre 
) l'écu au haut d'une haste. 

XVI. 

ficole Lasic qui trcspassa le mardi a 
11 jors.... 

pi. Tête de femme. La famille 
Jettît encore au grand conseil de 
u temps des Vénilieris. 



XVIÏ. 

[Agn]es, jadis fille Cafran. 



CHT 
XIX. 



Sll 



XVII J. 

I 

le veneral)le chapolcn Messîrc Sî- 
ois asisde Dia du chapitre de 



-|- Ci git le noble chevalier Messirc Hodra [de j 

Provane le très noble... [qui irespassa Tan ] 

de Crist, Qae Dieus ait Tarme. Amen. 

Fragment inférieur d'une très-belle dalle 
de marbre gris bleu. Armure de fer et cotte 
d'armes riches d'ornements, genouillères 
étoilées; au bas, deux animaux fantastiques. 
Ecti héraldique portant des feuilles de vigne 
et des grappes de raisin. 

Nous avons probablement ici Tépitaphe e 
Técusson (VOudard de Provane, qui figure, 
comme chambellan de Chypre, dans les 
manuscrits de Du Cange, en 1399, et dans la 
procuration du 16 aoOt 1395, donnée à Ni- 
cosie par le roi Jacques I" au sire de Bey- 
routh, son neveu, pour conclure un traité 
d'amitié avec le roi de France. (Paris, Archïw 
du Boy,^ J. 433, n" 7.) J'ignore à qiuelle 
époque une branche des Provane, de la 
noble famille piémontaise des Provana, 
s'établit en Chypre; mais nous voyons, d'a- 
près les dates ci-dessus, qu'elle y occupait 
déjà un rang considérable longtemps avant 
le mariage de Charlotte de Lusignan avec 
Louis de Savoie, circonstance où plusieurs 
familles piémontaises vinrent pour quelque 
temps senxer dans l'île. ' 

Les Provano demeurés on Piémont s'ipte- 
ressaient aussi aux événements de Chypre. 
En 1381, Johannin et Pierre de Provane 
sont chargés, par le comte Amédée de Savoie, 
de pleins pouvoirs pour traiter, en son 
nom, de la paii^ entre le roj de Chypre et la 
république de Gènes, (limn, 4vçhiv.diCorte, 
Cipro, ipazzQ 1**, pièce n"* 4.) Pendant les 
troubles qui suivirent le n^ariage de Louis 
de Savoie, et qui avancèrent la rqine du 
royaume de Chypre, les Provane, comme 
presque toute l'ancienne noblesse (\e l'tlp, 
restèrent attachés au parti de Charlotte, et 
ne furent pas en faveur auprès du roj, son 
frère. 

Nous apprenons du livre des ordonnances 
et mandements royaux de Chypre, dont le 
rnanuscrit existe aii Vaticnn, que les Prpvane 
possédaient le fief de Comy^ dans la contrée 
de Paphos, et que Jacques II, après avoir 
probablement confisqué cette terre sur Tblin 
Provane^ la donna, en li68, à l'évéque latin 
de Paphos. (Ms. ottob. 28-21, tbl 80.) Comy 
est, je crois, le village actuel de Coni ou 
Conici, h deux ou trois lieues de Bafo, et sa 
position au milieu 4*un canton abondant en 
vin estimé, guoique ce ne sqit pas du vin de 
Commanderie, lournit un rapprochement 
curieux avec les armes d'Hodrade de Pro- 
vane, composées de pam|)res, sur la dalle de 
Sainle-Sopnie. Nous voyons des épis, des 
noyers, des oliviers, sur quelques écus 
héraldiques, comme symboles d'un nom de 
famille ou de la production principal d'une 
seigneurie; pourquoi les Provane de Chypre 
n'auraient-ils pas placé dans le leur l em- 
blème le plus significatif de la fertilité de 
leur fief t 



819 



CHT 



DICTIONNAIRE 



cm 



XX. 

0. M. 

[Subis] ta lapide dormit... 
cornilla di blanchi 

QUONDAM BeBNARDI ME AnTONI \E!ŒRI DXOR 

nXO[ RI ] CARIs[SIMiE] 

Les Venier ont donné des doges à la ré- 
ubliaue de Venise. 

XXI. 

Morale stadiosoque juveni Francisco D. R. de 

Meggio nobili cretensî, letali vulnere K. januarii 

'nnocenter affecte qui xiii K. febraarii corpus 

hic, animam vero cœlo reddidit, Mater 

mœstissima posuit 

A. MDXLIX. 

François de Meggio appartenait probable- 
ment à l'une des familles du dogat établies 
par ordre du sénat dans l'Ile de Crète, où 
elles jouissaient de titres et de droits égaux 
à ceux de la noblesse vénitienne. Cf. Dan- 
dolo et Sanuto. 

XXII. 

Eglise des Arméoiens. Rglise golhiqae. 

-f Ci gil seur Sebilie de . . • . ob. . . ser souprioure 

de Notre Dame de Tourtose qui trespassa a 

M.cGc.xYiii a XXIII jors de mars. 

11 ne me paraît pas possible qu'il j eût mi 
couvent de religieuses latines à Tortose, sur 
la côte de Syrie, en 1318; il ne devait pas y 
en avoir même à Jérusalem, où les religieux 
franciscains, tolérés par les sultans d'Egypte, 
pouvaient seuls être utiles aux pèlerins des 
saints lieux; et je crois que le couvent de 
Notre-Dame de Tortosef dont il est question 
dans cette inscription, se trouvait en Chy- 

fre, à Nicosie, où il avait dû être transféré 
la fin du dernier siècle, lors de la perte de 
la terre sainte, comme la Croix (VAniioche 
voy. ci-après, n" ^3), comme Notre-Dame de 
lana^ monastère que l'on sait avoir existé 
aux portes de Nicosie. (Wauding, Annales 
minorum^ t. X, p. 66.) Nous ajouterons, 
mais ceci seulement avec réserve, gue la 
présente église des Arméniens pourrait bien 
être l'église même des religieuses de Tor- 
tose. 

XXIII. 

4* Ici glt dame Isabiau fille de dame Marguerite 

de feme qui fut de sire johan Gras, qui 

trespassa Tan m.ggg (x?) xvui a vn Jours de 
juin; que Des ait Tarme. 

XXIV. 

# Ici gît damoizelle Marie de Bessao fille qui 
fu de messirc Gautier de Bessaii laquelle tres- 
passa en rage -de xviii ans Tan de m . occ . xxii 
de Crîst, a v jors de jun ; que Licus aitTarme. 
Amen. 



ë 



Dalle entière représentant une femi 
un livre ouvert sur la poitrine; ses i 
sont appliqués en bandeaux et retei 
rière la tête, sa robe est à double jv 
manches plates. Pas d'écusson ; ce q 
regretter, car nous connaîtrions lai 
d'une ancienne et noble famille or 
de Béthune en France, passée en S; 
elle obtint la seigneurie de Betssan,* 
Saint-Jean d'Acre, et fixée 'de bonm 
en Chypre, où elle eut toujours i 
élevé. (Voy. Lignages^ cb. xxvn; 1 
de Bessan, Assises, t. II, p. 463.) Le c 
Gautier de Bessan, père de Mariet 
comme témoin, avec les grands offi 
la couronne, au traité conclu à Nioo: 
septembre 1328, entre le roi Hugut 
la république de Venise. (Archiv. d 
Lib. pact.^ m.) C'est un membre < 
famille qui souleva la noblesse de 
contre le prince de Tyr, pour rappel 
Henri, exilé par son frère en A 
Diom. Strambaldi. Ms. Vatic. Cre 
Cipro. 

XXV. 

B. -(- Ci git Madame Marie de Tabarie c 
dou noble chevalier messire Robert de Bi 
trespassa Tan de m . ccc . xxx de Crist. 
Ci git le noble chevalier messire Barlhek 
Tabarie qui trespassa lelundi àxm joarEd" 
Tan de m . ccc. i:xxxv de Crist. Que Dieu a 

armes. Amen. C. -f Ci git Madame 

espouze dou noble chevalier messire Bei 
de Tabarie qui trespassa Tan de m .ggc • 
de Crist. 

Ces trois inscriptions de famille se 
vées sur les bords d'une seule et 
, dalle, au centre de laquelle figure, i 
' Barthélémy de Tibériade, couvert 
armure en fer plat et à genouillj 
chevalier est nu-tête, comme la plu| 
personnages représentés sur les di 
Chypre, et ses cheveux se mêtei 
barbe, qu'il porte assez longue; o< 
singularisait sans doute de son vivi 
au XIV* siècle les Francs rasaient 
leur barbe. (Cf. Nicéph. Grégoris 
Byzant., VII, 5, IX, 1; t. I, p. 2U 
Son bouclier, qui est en même teu 
héraldique, a une fasce au milieu du 
Voy. d'autres inscriptions de l'illw 
mille des Tibériade, issue des Ibe 
après, n°- 37, 39, 66. 

XXVI 

A. -f Ici git Messire BalianLanbert qui Ire 
a XVI jors de i. Tan m . ccc • xxxvn 

B. [ bien oches e 

qui trespassa a xi jors de mars de Tan ■•oc 
Di[eu ait leurs âmes]. 

Dalle entière, avec deux mscriptic 
centre, un chevalier armé et cnaii 
souliers recourbés. L*écu est cott{ 



CHY 



D*EPIGRAPH1E. 



cm 



t étaient d'ancieDoe chevalerie d'O* 
Lignages d^outre-mery ch. xxix ; il«- 

rine C!ornaro, redevenue sujette de 
lUque de Venise, s'était formé une 
mr ^dans son joli domaine d'Asolo, 
TréVise. Le spirituel Pierre Bambo, 
rdinal, son chambellan, y composa 
1mʀs: David Lambert, chypriote, 
orétaire de la reine. (Compendio 
(■ di Cai. Comaroj da ÀfUonto Col" 
di Aêolo. Venise, bibl. S.-Marc, 

». TI COd. VIII.) 

XXVU. 

jadaiiie Marguerite Ëscaface, fille de S. 
Dl^F^ Escarace, espouse de S. Simon 
\ fit trespassa a ix jors de juing Tao de 
[, de Grist ; Dîeus ait Tame. Amen. 



I entière, sans armoiries, de Mar- 
bcaface, représentée sous le cos- 
religieuse qu'elle avait revêtu pro- 
til à son ht de mort, suivant un 
^suivi au moyen âge par la piété 
lus comme des Grecs. (Nicéph. 
IX, 10, t. I, p. 439.) La famille 
, originaire ae Gènes, avait en 
ine position considérée. Ser Henri- 
fbf fut un des négociateurs de la 
génoise qui concmt à Nicosie le 
i Si février 1338, avec les délégués 
Engues IV. Ser Franciscus Scafas 
armi les témoins génois du même 
rdk. di Corte^ à Turin. ) Quelques- 
ses membres (TOrigue de notre 
on devait être de ce nombre ) parais- 
re coinpiétement identifiés avec les 
des Français « Chypriotes, et les 
itenus même contre la mère patrie. 
my Scafas , chanoine de Nicosie , 
it, comme témoin, à l'adhésion que 
srre 11 donna à la ligiie conclue par 
Visconti, son beau-père, avec la 
ue de Venise. (Arch. de Venise, 
4W. VUl, fol. 28. 6 mars 1378. ) — 
^lais ou Langlès, auxquels Margue- 
it alliée, sont aussi connus. Un des 
irit fidèlement la mauvaise fortune 
otte de Lusignan, et fut député par 
vers le duc de Savoie, son beau- 
ireh. dej[7urm, doc. du 7 mars 



XXVIIl. 

t dame Marguerite Menagier, espouse de 
johan Nardes, qui trespassa le mardi a 
d*avrîl Tan de m • ccc . xl.... de Grist; 
I ait Tanne. 

) Marguerite Ëscaface, dame Mena- 
It probablement inhumer avec les 
s de religieuse, dont elle porte le 
sur son tombeau. Cette pratique 
tombée partout en désuétude : on 
s les catacombes des capucins do 
les corps de plusieurs habitants de 



la ville» déposés ^epuis peu, et oui ont été 
recouverts avant leur mort du cuice ou du 
cucule. 

XXIX. 

•f Ici gît s. (Sire) André Âmbroise^qui trespassa 
a X jors de seiembre Pan de m . cgg . xlv, de 
Grisi; que Dieu ait Tarme. Amen. 

XXX. 

A. + Id git dame [Is] abiau fille de dame 

de qui irespassa Tan iicccx(l?) 

VIII a vn jors de juing ; que Des ait Tarme. 

B. -(- Ici git dame Marie de Gras, espouse de 
Messire Pierre Lengles qui|trespassa{a xtui jors 
d'avril Fan m . ccc. xlviii de Grist; Dieu ait 
rarme. Amen. 

XXXI. 

A. •(- Icigitseur Isabelle d'Aguller qui trespassa 
a n jors de feuvrier Tan de m . ccc . xLviii/de 
Grist 

B. 4* Ici git seur Sabine d*Agulier qui trespassa 
a VUl jors d'avrill Tan de m . ccc . xlviii, de 
Grist. 

L'auteur des Lignages d^outre^merf qui 
écrivait en Chvpre au xiv* siècle, cite la 
famille d'Aauillter parmi les alliances des 
Mimars. ( Cn. xxxix. Assises de Jérusalem, 
t. II, p. 471. ) 



) 



XXXII. 

Ici git suer [Eu] femie Ëscaface qui trespassa a 
XV jors d^avril Tan m . ccc . xlyiii. de Grist; 
Dieu ait Tarme. Amen. 

XXXIII. 

[Gi] git senr Anne de Moniolif qui trespassa le 
mercredi a xvi jors d*avrill Tan dCM . ccc . xlvui. 
de Grist; Dieu ait Parme. Amen. 

Voilà probablement des victimes de la 
cruelle peste de 13^8, qui ne sévit pas 
moins en Chypre qu'en Europe. {Chron, di 
Diom. Strambal. Ms. biblioth. Vatic. Chron. 
di Franc. Amadi, Ms. bibl. S.-Marc, ann. 
139^8. ) — On remarquera les trois derniè- 
res épitaphes concernant toutes des reli- 
gieuses, comme celles des n"> 22, 3Vet 35 ; 
ce qui me ferait penser que l'église actuelle 
des Arméniens, où se trouvent ces épitaphes;, 
était, au temps des Français, un couvent 
de femmes. Peut-être môme la première 
inscription n* 22 nous donne-t-elle le nom 
de ce couvent. 

Sur les Ëscaface, voy. ci-dessus, n* 27. 

Les Montolîf étaient une famille extrô- 
mement nombreuse, ancienne en Chypre, 
trôs-noble et des mieux en cour. Sous tous 
les règnes, ils ont occupé de grands offices ; 
on trouve parmi eux des maréchaux» des 



A9 



Cttf 



DIQTIOMNAIRE 



GHT 



chambellans, des auditeurs, des bouteillers, 
dies tricoi>!iters, etc. 

En 1310, un de leurs chevaliers, Sinaonde 
Montolif, poignarda le -prince de Tyr, A- 
mauri de Lusignan, qui avait fait exiler 
Henri 11, son frère, en Arménie, de concert 
avec le rdi Oschin, dont il avait épousé la 
sœur. Quelques historiens de Chypre ont 
pensé que Simon était seigneur du Mont- 
Olympe, et ont cru cjue les autres membres 
de sa famille portaient aussi ce titre. Mais 
la véritable orthographe du mot patronymi- 
que des Montolif est constatée par un trop 
grand nombre de documents origihaui^ potir 
qu'il puisse rester la moindre incertitude à 
cet égard. ( Areh. de Venise, Gênes et Turin, 
doc. de 1328, 1329, etc., U73, etc. ) Il faut 
donc raver le beau nom de Mont-Olympe 
de la liste des seigneuries françaises de 
Chypre, bien qu'il y eût des fiefs et des sei- 
gneuries autour de cette montagne; mais 
ces terres portaient des noms moins impo- 
sants et beaucoup moins connus. Marethasse 
qui fut donné en nef, d'après les Lignages 
aoutre^ner [Assises, t. 11, p. 236), au frèfe 
de Laurent au Plessie, aux premiers temps 
de rétablissement des Français en Chypre, 
est certainement la belle vallée de Marathas- 
sa, au pied du Troodos, qiie les Grecs ap- 
pellent ént^ord M^rianthousa, le canton aux 
mille fleurs, et que Ton peut comparer aux 
sites les plus nittoresçiues de la Suisse et du 
Tyrol. Le village principal de cette longue 
vallée se nomme Kalapanaïoti, et c'est ce 
lieu qu'il faut, je crois, reconnaître dans les 
textes, quand Marethasse se trouve cité 
comme localité précise et non comme une 
étendue de pays ou un district. 

XXXIV. 

-|- Ci gii Suer Marie .... 



XXXV. 

A. -|- Ci git Suer Aunes de De qui tresj).1ëtô a 
IX jors «ravrlil Tan de mcccxlvui de Crisi. Dieus 
ait Tanne. Amen. 

B. [^ Ci gil ] espoUze Jadis Messire 

Johàn Gorap, laquelle irespassa le j*eudi a xxi 
^ors de mars Tan m . ccc. lxui de Crist. 

Grand fragment de dalle oÎji sont réunies 
ces deux inscriptions, et au centre l'efligie 
de Marie de Gorap, les cheveux retombant 
sur les épaules, vêtue d'une robe juste, qui 
dessine la taille, comme en portaient les dames 
françaises des xiir et xiv* siècles. Les robes 
des Françaises de Chypre ont en outre deux 
poches ouvertes sur les lés de devant. ( Voy. 
n' 58. ) Un Beltram de Dé, partisan du prin- 
ce Amaury, reçut sa grâce du roi revenu de 
l'pxil. Diom. Strambaldi, Ms. du Vat., et 
Frànç. Amadî, Ms. de S.-Marc, à Venise. 

Les Gorap ou Gorab sont plus cQuriUs ; 
ils appartenaient à la haute noblesse, et Jean, 
répoux de la dame morte en 1363, est pro 
bànlefnenl le chevalier Jean Gorap, cou 



damné, sans connùissance de courf k ! 
son, par le roi Pierre I", et Qui tira i 
odieuse vengeance de cet acte arbitra 
1369. Aux cris du prince renversé p 
premiers coups de poignard, Gorap l 
lui trancha la tôte et foula aul pieds a 
davre. Les successeurs dfe Pierre I*' y 
rent faire oublier ce crfme^ auquel a 
pris part les princes du sang eui-oQ 
et les meurtriers conservèrent leurs 
tés ou en reçurent de nouvelles, leail 
reparait comme auditeur de Chypn 
1376 et 1391. Dans divers traités il pc 
titre de seigneur de Césarée. (Gènes, 
de la Banque de Saint-Georgey an. 139 
nise, Lib. pact. 1391. ) 



XXXVL 

-f I<^i Bit Messire Johan Pousân , chevalier, 
des Suriens de Nicosie qui [ tréspassa le; 
Tan de mccclvi de Crist; que Dieu ail ha 
Ameo. 

La dalle est entière, mais rimà|ë 
fort endommagée par le frottemeof, 
que les Arméniens, qui ont tant d'i 
communs avec les Turcs, ne Teussenj 
servée de leurs tapis. Le chevalier F 
est représenté couvert d'un heaume ôi 
(jue fermé, portant Tépée, une cotte d* 

i'usqu'aux genoux, et par-dessous m 
)ert à épaulières et genouillères. 

L'écu de ses armes a une croix seul 
dans le champ. 

L'inscription qui entoure la dalle 
téressante, et nous fournit quelques in 
nouvelles sur la nature des privilégei 
cédés aux Syriens par les français li 
leur occupation de tile, comme les n 
Jérusalem leur eu avaient accordé en 
tiue. ( Voy. les Assises et les obsenr; 
de M. le comte Beu^not, tom. I, pagi 
XXI, 25, 2T7. ) On voit que leur cnef 
que, le reïs ou raïs, qui se trouvait eh 
temps leur juge particuHer, leur prot 
et le gardien de leurs franchises, était 
si j^armi la noblesse des conquérants^ 
gré le nom arabe ou syriaque de sa cl 
Et Tadditiou des mots de Nicosie me 
blerait établir suflisammeiil, à déîaut 
très preuves, que la nation syrienne, i 
essenliellemenl commerçante, et aul 
très-nombreuse en Chypre, avait ru 
deux reïs dans le royaurfae des Lusi'gi 
Tun à Nico.^ie, la capitale; l'autre, à 1 
gouste,.le marché principal de l'île. 



XXXVIL 

A. Ci git dame Isâbiau de l4evilés qui Ireaj 
Fan de m . ccc . xcui de Crist. 

B. Et git dame Marie de Milraars espouu 
noble chevalier messire de Neviles InniU 
dou roiauroe de Chypre, qui trespissa 
MGGCxcui de Crist. 



CHY 



D*EPtbkAPHIE. 



CHt 



S)0 



Ci fit dameÂlis, ûllie dou noble chevalier 
■frJobaB Bedui. espoa|e de noble chevalier 
ê Johan de Thabaris, noble marechau dou 
H irEhnimie qni trespassa le samedi a 
MUS de setenbre Tan de m . ccc . lvii dé 
Qoe Diea ait leurs armes. Âmen. 

fenlles, les Milmars ou Mioiars, les 
ou Bédouin, comme les Tibériade, 
[tilit probablement parents ou alliés, 
î leurs noms se trouvent sur la mè- 
e, comptaient parmi les principales 
I françaises de Tile. La lamille Bé- 
ttuien Chypre dès le commencement 
' siècle. Deux de ses membres fi^u- 
TÙïi les chevaliers chypriotes qui fi- 
nance, en 1233, avec les Génois pour 
r lès Impériaux de Chyi)re et de Sy- 
Irôl. de Turin. Genoa, Carie sparse. ) 
m de Mevilles de l'inscription B. pa- 
"0 le Joannes de ïfivillis^ nobiïis et 
i dominus de Azolo^ aujourd'hui Ez- 
enlre JaOa et Askalon, témoin dans 
(tration donnée & Nicosie, le l2 no- 
I 1330, par le roi Pierre I'' à Tamiral 
île Cafran, pour aller en son nom a 
( Arch. de Saini-Georgei^ vol. x. } 
îr du Lignage d'outre-merf écrit leur 
n^viles et Neviles. 

; peut-être Marie de Mimars, sa fem- 
I plus probablement Alix Bédouin, 
! de Jean de Tibériade, dont les armes 
tiiivent ici, qui est représentée sur la 
vêtue d'une robe élevante À double 
boutonnée par-devant jusqu'au cou, 
anches boulFantes. Ses cheveux flot- 
ir ses épaules. Aux côtés de la tête 
eux écussons ; Tun porte la l'asce des 
ftde ( voy. n** 25 ), Tautre six tleurs de 
ois en chef, trois au bas placées deux 
I, et séparées des premières par une 
£asce ou un réglet. Ce dernier écus- 
^partient peut-être aux Bédouin. Nous 
les épitaphes d'autres membres de la 
3 des Mimars, aux articles kk, 73, et 
élément leurs armes sous ce dernier 
ro. 



XXXVIII. 

û gil le noble chevalier incssii*e Johan 
mri qai trespassa le luiid^ a x . . . jors 
É rân db M . ccc . lxih de Crisl ; que D[iett 
arille.] Âiiien. 

e intacte, costume de chevalier corn- 
-'écu ou bouclier est écarlelé au 1 et 4 
fasce, au 2 ut 3 d un lion. Les The- 

dont le nom s'écrivait aussi Tenouris 
Dedans les Assises), et que je crois 
es mêmes que les Tinori ou Thinaly^ 
mi partie de la haute cour, et ont eu 

eux des chambellans et autres grands 
rs. tJn parent du chevalier Jean, ayant 
me prénom, et mort deux ans avant 
fté inhumé à TÉmerghié. ( Voy, n* 59. ) 



XXXIX. 

-|- Ci git le noble chevalier monseigneur Johan 
de Tabarie, fis dou noble chevalier messire 
Bartelemi ne Tabarie, noble marechau dou 
roiaume d'krmenie qui trespassa le mercredi a 
xxH jours d^ahoust Tan de 11 . cbdc . 11 de Crist 
Que Dîeaft lAi Tarme. Amen. 

Dalle entière et belle encore , quoique 
un peu fbUste. Le maréchal lean de Tibé- 
riade tenant son épée de la main droite, son 
bouclier de la main gauche, est représenté 
vêtu d'une cotte d'armes oui recouvre une 
armure de fer à genouillères. Les mains 
sont protégées par des gantelets de fer; les 
grèves ne couvrent que la partie antérieure 
des jambes, et Tarmure en écaille se pro- 
longe sur les pieds, qui se terminent en 
pointe effilée. 

Les armes des Tibériade nons sont déjà 
connues par la dalle de Tinscription n° 25. 
La fasce, qui en est Tunique emblème héraldi- 
que, se retrouve ici avec une addition remar- 
quable: c'est le trident m Atp, signe et nom de 
Dieu ou de la Trinité chez les Arméniens, que 
Jean de Tibériade avait probablement ajouté 
à ses armes, comme une brisure, eu rece- 
vant le maréchalat d'Arménie. Cet office 
honoriflque, auquel étaient attachés des re- 
venus en Chypre, avait été conservé à lia 
cour de Nicosie, avec les autres grandes 
charges du royaume d'Arménie, par les 
héritiers de Léon VI, dernier roi chrétien 
de Cilicié. Les Lusignans avaient continué 
de même à nommer aux offices de la cou* 
ronne de Jérusalem, depuis la prise de la 
terre sainte par les Sarrasins. Nous verrons 
des maréchaux de Jérusalem au quatorziè- 
me siècle comme il y en a eu au quinzième. 
Il y avait aussi dans le clergé de Chjrpre un 
patriarche de Jérusalem, qui résidait habi- 
tuellement au monastère royal de Saint-Do- 
minique de Nicosie. 

XL. 

4* Ci git Nicole Paris cha xlîi de 

Grisl; que Dieu ail 1 arme. 

Fragment de dalle représentant le bas 
d'un costume clérical. 

XLI. 

gil Dame Agnes [de Carcasso]nne fille de 

Messire de Garcussonne [espouse] de 

Messire Raiiuon qui irespassa a • 

mai; Fan de ... . 

XLII. 

ave de MIrabiàu tost 

la pris la mort, dont fu damage êtes. 

Amen. 

Fragment d'un beau tombeau en marbre 
blanc encastré sur le devant de l'autel. La 
dalle est ornée d'une areature sculptée eu 
relief. Sous chaque arc est un écusson por- 
tant une croix dans le champ, comme celle 



3t7 



GHY 



DICTIONNAIRE 



CHT 



des Ponsan ( n*» 36 ) L'inscription est tout 
autour du marbre. 

XLIIL 

Ci gît la très noble dame Madame seur £8[ci]ve 
De Daopierre digne abaesse de la Croix d*An- 

lioche eide Notre Dame des lr[oisRoi]8, qui 

trespassa .... 

Et venerunt fettinantes et invenerunt Mariam et 

Josephum et infaniem pontum in prœsepio. 

Beau cippe carré en marbre blanc, placé 
sous le porche latéral de Téglise. Eschive 
( nom fort en usage en Chypre ) de Dam- 
pierre y est représentée dans le costume 
et tenant à la main la crosse d*abbesse. La 
sentence pieuse, dont le texte a un rapport 
direct au titre du couvent de N.-D. des Trois 
Rois, est inscrite au-dessus de la tète de la 
noble abbesse; Tinscription française est 
tout autour. Sur les deux bases parallèles 
sont détachés en relief deux écus, portant 
chacun deux poissons ou bards adossés, k 
peu près comme dans les armes parlantes 
de la maison des comtes de Bar. Les Dam- 
pierre étaient fixés en Chypre dès le xiii* siè- 
cle. { Innocen't III, Epist. lib.XIYy ep. 105, 
t. Ily p. 555, éd. Bal. Florio Bustron. Ama- 
di, etc. ) 

Ce tombeau, à la différence des précé- 
dents, qui tous sont renfermés dans Tinté- 
rieur de réglise arménienne et scellés dans 
son pavé, se trouve comme nous avons dit, 
en dehors de Téglise, où il nous semble 
avoir été transporté d'un autre édifice, à une 
époque inconnue. Ce fut peut-être au qua- 
torzième siècle, quand les Vénitiens détrui- 
sirent 80 églises, en supprimant les fau- 
bourgs de Nicosie pour fortifier la ville. La 
Croix d'Antioche et les Trois Rois étaient 
probablement, comme Notre-Dame de Tortose 
(ci-dessusy n"* 23), des abbayes de Nicosie ou 
des environs. 



V 



XLIV. 

Mosquée d'Arab-Achmet. 

-(- Ici gît Messire Hugue di Mimars qui trespassa 
dimanche à xv jors d^avril Tan de m . ccc . xxni de 
Crist ; Des ait Farmc. 

Inscription. Le bas de la pierre est cassé. 
( Voy.y sur les Mimars, n*' 37 et 73. ) 

XLV. 

-(- Ici git Messire Pierre Leiaune qui trespassa 
a IX jors d'avril Ta [n] de m. ccc. e xlih de 
Crisl. Dieus ait Tarme de lui. Amen. 

Faut-il lire Le Jaune et voir ici le Pierre 
Legaunus dont il a été question ci-dessus 
( n* 10 ), ou bien Pierre Le Jeune, et comp- 
ter ce nouveau Pierre dans la noble famille 
des Le Jeune de Chypre? Je pencherai plu- 
tôt pour la première supposition, car le 
mot Leiaune est très-lisible sur Tinscription. 
La dille sur laoaelle le chevalier se trouve 



dans son costume de guerre est tr 
L'écu malheureusement vide ne n 
pas connaître ses firmes, car on i 
croire que la lettre A, gravée par ei 
par hasard dans un des coins du h 
en fit partie. 

XLVI. 

4- Ici gît le noble chevalier : Messire : 
d^Nores. q* f passa : V verredi a xn 
d'huiouvr*.ran d* m. ggg. lxix. d* x. q* 1 
Tarme'de [lui]. 

Dalle entière, mais fruste. L'ioscrj 
l'écu sont seuls bien conservés. L'éc 
croix dans le chef ; le bas est vide, 
dans les armesdela dallen" t. J'ai con 
toutes les abréviations de l'inscriptii 
montrer dans quel système elles so 
nairement exprimées sur les autres 
Après les Ibelin, le royaume de Ch 
comptait pas de famille plus élevée 
De Nores, qui ont occupé les grande 
qui ont contracté des alliances ayet 
blet, les Ibelin, et même avec les pr 
sang. J'ai retrouvé en Chypre les 
dants de cette noble maison, auy 
bien déchue, et qui n'a conservé de 
cienne position que son attachemei 
tholicisme. Elle a fait la faute d' 
elle-même et d'employer, comme s 
habituel, le sobriquet de Calitm 
les habitants de Larnaca donnèrent 
une cinquantaine d'années à son che 
par sa manie de souhaiter le bonjou 
venant. — Une branche passée e 
après la conquête de l'île par les T 
fit un nom dans les lettres. Jason, s 
occupa une chaire de philosophie 
d'Aristote à Padoue, et laissa pîusic 
vrages. 

XLVII. 

-f- Hic jacet nobilis vir dominus Fra 

Go quiobiitannoDominiii.GGC.L] 

die xxYgenuarii, cujus anima requiescati 

Amen. 

Dalle entière, efSgie. François 
probablement quelque riche etrani 
ou passager en Chypre; s'il eût ao 
à la noblesse chypriote, son épitapl 
en français. H est vêtu d'une robe 
ses cheveux, tombants et roulés à 
teur du menton, sont retenus sur 
par une toque ronde, assez semblab 
plus basse que les bonnets de nos ji 

XLVIII. 

[Hic jacet nobilis vir] ac famosus migisl 
Dominus Antonias de Perguamo, regM 
camerarius, qui obiit anno m. ccc. xcm» 
mensis aprilis ; ciqus [anima reqoîescit i 
Amen]. 

Marbre blanc. La dalle est pre* 
tière; les Turcs, la trouvant trop 



cnn 



D'EPIGRAPIIIE. 



CHY 



330 



faire lo seuil de la mosquée, ont 
ci une des eitrémités où étaient les 
) relRgie, le commencement et la tin 
oription. Cette épitaphc est la seule 
minaisse où Ton ait employé le la- 
rappelant la mémoire d un homme 
it nécessairemont rang parmi la uo- 
Brançaise de rile, puisqu'il était ca- 
iu royaume. Remarquons toutefois^ 
ipliqaer celte exception à un usage 
I consacré, que messire Antoine était 
r, natif probablement do Bergame, 
^ plutôt que de l'ancienne Pergame, 
ï cette ville comptât toujours au 
Ige parmi les principales de la Mvsie. 
• AcropoLj § 15, p. 30. Bonn. ) Re« 
DS en outre que sa charge n'était pas 
offices qu'on peut appeler politi- 
aune la sénéchaussée, la connéta- 
naréchalat, qui ne sont jamais sortis 
Hles françaises avant les désordres 
lièicle; qu'entln, sa qualité de /amo- 
iêier indique chez lui queli]ue docte 
wr, auquel le latin devait être plus 
ti*aux vrais chcvaliors de la race 
«nte de l'ile. £n effet, nous retrou- 
Dtoine parmi les témoins des actes 
des rois Lusignans avec ces titres : 
rAntanius de Pergamo^arti$ medicinœ 
fTf canonicui Paphensis (Privilège de 
IrcA. de Venue). Nobilis et teneran- 
\gîiier,.. artium et medicinœ doctor 
I de 138D, Arch, de Venise). Magis- 
'tium et medicinœ doctor ^ regni Cipri 
r (Procurât, du 12 nov. 1390, Arch. 
U-Georges à Gênes). On voit (mil 
BYeou camérier de Ch^rpre que dans 
oières années de sa vie. 
ne François C. dans le tombeau pré- 
Antoine de Bergame porte la simarre 
ongs cheveux, h l'instar des riches 
s de Venise et d'Italie au xiv* siècle. 
té» de sa tôte sont deux écussons ))a- 
yanl un chevron à côtés très-étroits 
angle, inscrit dans la partie iufé^ 
et trois roses dans le haut. 



XLIX. 

ora nobilis y\n domini Gasparis Mauro- 
filii quondam domini B*leli de Veiieciis, 
Mil die prima mensis julii anno Domini 
i* Al* ; cujus anima requiescal in pacc. 

e commencement du xiv* siècle, les 
na eurent des franchises commercia- 
Ihypre et y établirent des factoreries; 
ant nombreux à Famagouste, à Pa- 
Limassol, où ils avaient des agents 
ires; à Nicosie, où résidait leur baile 
ai. Gaspard Morosini, dont nous 
n répitaphe, appartenait à la famille 
iale de ce nom, qui avait déjà plu- 
ie ses membres fixés en Chynre pour 
ires commerciales, comme les Cor- 
es Venier, les Dandolo, etc. — Il 
7 avoir eu, à la fin du même siècle, 
au milieu des Vénitiens et jouissant 
•9 privilèges, une petite colonie ber- 

DiCTIONN. D*EPIGn\PHIE. l. 



gamasque, d'où était sorti peut-être le ca- 
mérier Antoine de l'inscription précédente 
(n* W). Cf. le privilège d'Amaury aux Véni- 
tiens, du 23 juin 1305. {Arch. de Venise, 
Lib. pact., m, fol. 71 V.) 

L. 
.... irele qui Irespassa [de] ce ciecle Tan de 
r[inca]malion Jhesu Crist m. ce. . . , en viii 

jors d*avril. 

LI. 

Ave Maria gracia picna doniinus lociim, 
bcnedicta lu in mulieribus. 

Cette sentence pieuse est gravée autour 
d'une dalle bien conservée , représentant 
une jeune femme dont le nom n'est pas 
indiqué. Ses cheveux flottent sur ses épau- 
les; son vêtement se compose d'une robe 
juste-au-corps, avec deux longues ouver- 
tures de poches sur le devant, pareilles à 
celles que les dames de Chypre portaient 
encore au dernier siècle. J'ai vu à Lamaca 
plusieurs costumes de ce temps qui ont 
plus d'analogie avec celui-ci que les cos- 
tumes actuels des dames chypriotes (Cf. 
n* 58) Le dessin du monument est correct; 
il ne mangue même pas d'une certaine 
grftce ; qualité non moins rare que la pre- 
mière dans les œuvres des maîtres graveurs 
de Nicosie, et surtout chez leurs confrères 
de Famagouste et de Limassol. Il fnut ajou- 
ter, pour l'honneur de Tari chypriote, que 
ses architectes et ses sculpteurs ont en 
revanche laissé dans l'Ile des monuments 
qui soutiendraient sans désavantage la com- 
paraison avec nos plus élégants édifices 
des XIII* et xiv* siècles. 

LU. 



•f Ici gît Messire Reimoni don Four. 



Fragment d'un chevalier vêtu d'une cotte 
de mailles. Les du Four contractèrent des 
alliances, au xiii* et xiv* siècles, avec les 
de Brie, les sires de Beyrouth et la descen • 
dance de Léonard de Paphos. (Lignages d'où* 
Ire-mer, ch. 21,22, 38; Assises de Jérusalem, 
t. II, p. 459, 4G0, Wl.) 

LIU. 

-|- Ici gît le noble chevalier messire Eade de 
NaTarre, qui irespassa. . • . 

Fragment. Jambes d'un chevalier épe- 
ronné et portant une armure en cotte de 
mailles. Il est bien à regretter que le haut 
de cette dalle, placée aujourd'hui dans lo 
jardin de la mosquée, ait été brisé par les 
Turcs; elle nous ferait connaître sans doute 
les armes de la noble famille des Navarre, 
illustrée, dès les premiers temps de l'éta- 
blissement des Français en Chypre, par la 
bravoure, l'éloqiience et la science féodale 
de Philipoe de rïavarre. Yoy. la vie de cet 

11 



551 



CllY 



DICTIONNAIRE 



CllY 



55S 



liommo remarquable , publiée par M. ^ le 
romle Bongnol, dans la Bibliothèque de VE- 
cole de» Chartes, l" série, tom. II. 

LIV. 

+ Ici «il Dame [Echiv]e de Rivet, femc qui 

fil. . . de. . . . Rabin? 

Les Rivel étaient de la haute cour et ont 
eu de grands ofTiciers dès le xiii* siècle. 
Les Babil, aussi nobles qu'eux, ont occupé 
las hautes charges du royaume aux xiv* et 
XV' siècles. C'est dans la maison de Raymond 
Rabin, grand bouteiller, que les seigneurs 
conjurés contre Pierre de Lusigaan tinrent 
leurs dernières conférences. 

LV. 

+ EKOIIVH0H. HA[»AH T8 ©8j 
MAPlATttKOM.(KMPON) 
4)IM [PP6J TB. XP€P 



» » • • 



Traduction. 
f Fut inhumée la servante de Dieu, Marie, fille 



du seigneur Philippe, fils de. 



LVI. 
EKHfvH©H ... (AbAOC T«) 

©8X(H?)>Nb(HAN0Y?) 
NA KIP. NIKOAAAttC 

XS^IVHMAeiC.... 
iù Nf. 

Traduclion. 
f Fut inhumé le semieiir? de Dieu, Jean... fils? 
du seignear Nicolas... l'an... 855. » - 

Cette date ne peut être que celle de Fan- 
née 6853 de l'ère de Conslantino[)le ou de 
la création, suivie alors par l'Eglise d'Orient; 
elle répond à Tannée de l'incarnation 13^5. 
Les autres inscriptions grecques de la mos- 
quée d'Achmet le Noir, connue les inscrip- 
tions françaises, paraissent aussi du xiv* ou 
du XV* siècle. 

LVU. 

+ [EKO|MH0HHAOYAH 
TOY] ©8. /m<:, 0YrAT€ PA. 
KYPS^.TO NOCMBPIO NHH N€ 
CTOiKB. exPONI*^. 

Traduetàott. 

< Fui inhumée la servante de Dieu , Anne, fitti; du 
seigneur Pb., au mois de novembre l'an tMii. > 
- — Jîii de l'ère vulgaire. 

LVUI. 
•f EKHyH9I.O.AtiA0C(poar HABAH)Taev. 

IH...Ttt.rA...H ENMfH.r€«!APlOY.H..J^ 
eNX».NAC> 

TnaducHon. 

« Fut inhumé le serviu»ur de Dieu au mois 

«e Janvier. ...» 



Bien qu'on lise distinctement o.aotaox 
sur la dalle, c'est une femme qui s*jr troiiTe 
représentée, les mains croisées sur la poi- 
trine, les cheveux tressés, chaussée de petits 
souliers à rubans flottants, et revêtue a*uoe 
robe à poches, à doubles mauches et h dou- 
ble jupe, qui serre la taille comme celle des 
tombeaux de Marie de Bessan (n* 24) de la 
femme de Jean Gorap (n" 35), d'Alix Bé- 
douin, maréchale d'Arménie (n* 37), et de 
la dalle (n" 51). Les robes montent jusqu*aa 
cou ; les bras sont couverts par la tuniaue 
de dessous, et je ne vois rien dans cet habil* 
lement adopté, on en a ici la preuve, pir 
Quelques dames grecques, comme les dames 
françaises le portaient au xiv* siècle, eo 
France et en Chypre, rien qui pût blesser 
la décence. Il faut croire qu'on avait voulu 
respecter la sainteté des tombeaux, et qos 
les dames chypriotes avaient quelquefbu, 
en leur vivant, des costumes moins discrets 
que ceux dont elles sont ici vôtues, car un 
chroniqueur d'Italie se plaint de Timports^ 
tion des modes de Chypre dans la ville de 
Plaisance, sa patrie, et il blâme surtout la 
passion de ses concitoyennes pour la ry- 
priana^ vêtement charge de broderies en or 
et taillé de façon à couvrir le moins pos- 
sible le haut du corps. (Joann, Mut$i. ap. 
Muralori, Script, rer. tla/tc, tom. XVI, et 
Anliquil, italic, tom. II, col. 319. Cf. Boc- 
ciCE, Décamér. VIH ; or. nov. X.) C'est bien 
là le sarka que Ton porte encore à Nicosie, 
à Limassol et à Larnaca; mais il est à re- 
marquer que les dames franques de m 
villes négligent aujourd'hui de plus en pi» 
ce costume, pour prendre les vètetneali 
européens, et il se pourrait bien que Fh»- 
billement immodeste dont se plaignait Jeas 
Mussi eût été seulement à Tusage de II 
population indigène de Chypre, qui D'avait 
pas de rapport avecla société franque. 

Mosquée de rEnerghié. 

' On n'a pu me donner la signification da 
mot Emerghié. Ne serait-ce pas, comme le 
pense M. Cerutti, une corruption de Marim 
ou Meriem^ nom de Marie en arabe et en 
turc, et ne pouvons-nous voir dans celle 
mosquée une ancienne église dédiée à. Il 
Vierge ? C'est une grande nef ogivale, dont 
la construction me Semble dater du xin* ou 
XIV' siècle. 

LIX. 

Ci gît [le Doble chevalier messire ^]obaa Te- 

nouri fils de • . i • . c n (Simoa?) • . c . • . 
110 » • . qui trespassa [le mar f)di a ii jon de 
novembre, Tan m. cccxli de Crist. 

Dalle et effigie entières, sauf la têle, que 
les Turcs ont brisée, en haine des repré- 
sentations humaines, proscrites par leurs 
commentateurs du Coran. C'est de préférenee 
contre la tôte et le buste que les iconoclas- 
tes musulmans se sont acharnés dans leurs 
destructions ; ce qui explique le grand nom- 
bre de fragments de dalle ayant seulement 
la partie inférieure de l'enigie, que Ton 
retrouve dans les mosquées de Chypre* 



CHY 



D^EIiGRAPHIE. 



CHY 



534 



xles, les Turcs ont ainsi délruit, à 
de marteau, les tètes des statuettes 
bas-reliefs qui se trouvent sur quel- 

lorles. 

I qu'endommagé, le tombeau de Jean 
on est encore beau; ie défunt y est 
enté armé, éperonné, tenant un bou- 
BD ogive et échancré, sur. lequel est 
906 seulement, tandis que Jean Tlie- 
du n* 38 porte un écu écartelé d'une 
ît d'unlioh. Jeanne peut être le grand 
de la secrète royale de Chypre (Jo- 
i Tktnuri) qui fut présent à la conclu- 
Q traité de 13G0, entre la république 
lise et le roi Pierre 1", à Nicosie. (Arch. 
ùse^ Lib. pactor.j t. 111, fol. 37.) Un 
i Thinoly, de la môme famille, était 
Ad de Jérusalem ; il accompagna 
fhen Europe dans seà voyages (Arch» 
km et de Vetiise. Doc. rie 1363, 1368), 
m reipéiiition (fAlexandrie, en 1365. 
^ de Macualt, Ms. B. Roy. de Paris, 
fol. 323.) 



LX. 

il messire Pierre de NeHn qui fu ch[ani- 
d]? qui trespassa en nu jors d'uitouvre, 
■• Gcc LH de Grisl ; que Dieu ail Parme. 

le pierre, complète en deux fragments, 
ayani quatre rangées d'ondulations 
le champ. Pierre de Nclîn avait été 
être chambellan du roi, charge diffé- 
de celle de chambellan du royaume. 
lom de famille venait de la seigneurie 
iphin, sur la côte de Syrie, entre Giblet 
ipoli. 

LXI. 

Marie Aniianme, espose jadis 

yre R de Carpass, qui trespassa 

jors de juniet Tan de m ccg lxxxviii de 

Carpas est la partie orientale de Tllo, 
te en comté au xv*^ siècle par Jacques 
tard à une famille d*Aragon. Mais il y 
en Chypre une famille française qui 
U ce nom, et oui possédait peut-être 
f, dès le XIV' siècle. (Voy. les Lignages 
re-mer^ chap. 29; Assisei de Jérusalem f 
U, p. h6&.) 

.•••..•• noble messire Johan An- 

iflie qui trespassa le mecr. • . . 

2 git le noble cbevalier Jaques de Mont- 

ird? • . . 1 un . • e . . • . arg .... Alt 

bme Marie Antiaume. 

m ail leur arme o lui en paradis. 

i^eot de dalle autour de laquel sont 
"ois inscriptions; au centre est TefOgie, 
8 la tète et les pieds, d'un personnage 
\ pour armes une croix tréQée. Les 
lume étaient une des familles franques 
us anciennes et les plus honorablement 



connues en Orient. En Syrie, ils étaient 
cependant encore dans la bourgeoisie, oL 
Raoul de Tibériade disait dédaigneusement 
de l'un d'eux, en causant de jurisprudence 
féodale avec le roi Amaury, qu'il ne feroil 
pas son pareil Remont Antiaume ne autrô 
soutil borgeis, {Assises de Jérusalem, tom. 1, 
p. 523.) Les Lusi^nans, plus éclairés et plus 
sages, admirent les Antiaume au rang de 
la noblesse, dès les premiers temps de leur 
établissement en Chypre. (Cf. Assises, p. 220, 
525.)— Les Montçesard étaient fixés en Chy- 
I)re dès le xiii* siècle (Arch, de Turin, piècô 
citée du 2 déc. 1233). Ils figurèrent toujours 

r»armi les chevaliers de la haute cour. Au 
ieu de Montgesard peut-être fmt-il lire 
Montbéliard, autre noble famille française 
passée de Syrie en Chypre avec les premiers 
Lusignans, et qui eut un baile du royaume 
pendant la minorité de Hugues 1" "(Inno- 
CENT 111, Episl, lib. XIV, eu. 10^, tom. U^ 
p. 555, édit. Bal.). 

LXll. 

. • . andi. . . le noble seignor d*Arsuf qui 
irespass«i le mercredi à xi joi-s de janvier 
Tau de m. ccg. xc. de Grist ; que Dieu ail Tamc 
Amen. 

Dalle entière, mais un peu fruste. Belle 
armure forgée de chevalier portant cuirasse, 
brassards, cuissards, pommeaux aux épaules, 
aux coudes et aux genoux. Armes : un écu 
losançé. Les d'Arsui ou d'Arsur étaient une 
branche de la grande et puissante famille 
des Ibelin, dont les tombeaux étaient la 
plupart dans l'église détruite de Saint-Do- 
minique, avec ceux des Lusignans. Arsur, 
que les Francs appelaient Arsuf, Tancienne 
Antipatris, était dans la Syrie méridionale 
entre Jaffa et Césarée. Ce nom est aujour- 
d'hui inconnu sur la côte de Syrie 



LXIII. 

A . . -1- Ci git le noble cbevalier Thomas J^Pro- 

vosi] que Dieu ail Tarme. 

Amen. 

B . . -f Ci gisi le très noble escuer sire Ramon 

Provost qui irespassa a ix jours de mai /au 

de M. cccG. XXXV. de Grist ; que Dies ait Tarme. 
Amen. 

Grand fragment. Chevalier éperonné, por- 
tant une épée et une armure avec genouil- 
lères. L*écu est fascé ou divisé horizontale- 
ment en 6 parties égales ; la 2% la h' et la 
6* ont 3, 3 et 1 croix. Les Provost étaient 
encore en Chypre au temps des Vénitiens, 
et avaient place au grand conseil. [Voy. Et. 
DE Lusio., Descriptions de Chypre, fol. 83^) 
Thomas Provost, du n" 63 A, est probable- 
ment le vicomte de Nicosie de ce nom, qui 
intervint comme témoin dans le traité de 
ik\k, conclu à Nicosie entre le roi Jauus et 
la république de Gènes. (Sperone, Real gran^ 
dezza, p. 1(^2). 11 avait négocié, en lii^lO, au 
nom du roi et de concert avec Thomas de 



53.^ 



cnY 



DlCTIONNAmE 



ciiir 



356 



Zenières, Je traité de Faraagouste, du 9 dé- Fragment portant Teffigie d*un personnage 
cerobre. (Gênes, Arch. de la banaue de Saint- en costume ecclésiastique. Le haut de la tète 
George^ vol. X). a été brisé. 



LXIV. 

4- Ci ipl le noble chevalier inessire Eude de Vis 
qui [trespassa Tau de m. ccc?] cl. Amen. 

Belle dalle, complète en deux fragments. 
Au cenfre est un chevalier, aux cheveux 
flottants sur les é[)aules, portant Tépée et les 
éperons, vêtu d'une robe courte qui laisse 
voir autour du cou, aux bras et aux jambes, 
la cotte de mailles dont il était recouvert en 
dessous. Il a les pommeaux aux coudes 
et aux épaules. Armes : un écu coupé par 
une fasce étroite en deux parties, qui sont 
subdivisées chacune en 7 pals. J'ignore 
entièrement ce qu'était la famille de Vis, 
dont peut-être j*ai mai lu le nom. 

LXV. 

[CI] gît messire Erberi de Novicrs? seignor 
de Monfor. . . [fis?] qui |fu? ...]... . 
nronn qui trespassa a xui jours de aust Tao 
de M. ccc[c? x?)xv. 

Je ne connais pas de fief de Moutfort en 
Chypre, et ne sais si Erbert de Noviers 
appartient à la famille de Montfort, issue 
des Ibelin de Beyrouth par Echive, dame de 
Lapithos en Chyi^re, et femme d^Humphroi 
de Montfort, seigneur du Toron près de 
Tyr; famille puissante, dans laquelle le roi 
Pierre 1" prit sa première femme. L'église 
de Montfort, où fut inhumé, au xui* siècle, 
Jean de Montfort, ne peut être la mosquée 
de TEmerghié; car on sait, par le P. Etienne 
de Lusignan (fol. 90], que la première était 
située hors de i^encemte actuelle de Nicosie, 
et qu'elle fut démdie par les Vénitiens. La 
dalie d'Erbert entière, sauf le haut de la 
tète, est extrêmement fruste; elle ne porte 
l»as d'écusson. 

LXVI. 

A llci gît ] fille dou noble chevalier. 

B [Ici git ] chevalier Pierre de Tabarie, 

(]ui trespassa 

C [Ici gil] cccui de Orist. 

Que Bieus ait [leurs âmes]. 

Fragment de dalle et d'inscriptions de 
famille. Au milieu, deux jambes recouvertes 
d'une armure. (Voy, n" 25.) 

Lxvn. 

Ci git le noble escuier Gresien de Gras. . . 

Fragment de dalle sur lequel on reconnaît 
le bas d'une tunique. 



Lxvm. 

[Ci gît] . . . noble cbapelein du roi, 
ac, qiiî Ircspnssa le jeusdi 



LXIX. 

[Ici git] Eschive, filie dou noble chevalier 

sire Thomas de Cafr[an], espouse ' 

m de Crist; que Bieu ait Tarme. Amen. 

Fragment; bas d'une robe. Nous avoiii 
vu déjà l'inscription d'une autre Gafrio^ 
ci-dessus fn" 7). 

LXX. 

[Hic] jacet nobîlis Georgius doctor 

tarsus ra. . • . condam d. . . • honorabUis 
medicus seri 

Fragment représentant le buste et la tête 
du personnage. A côté, un écusson sur le- 
quel est une fleur de lis. 

LXXL 

-f Ci git le noble et sage docteur des lois ec 
decres messire Joban de Sarasins, de Padmift' 

honorable juge de. xxvii; que 

Bieu ait Tarme. 

Il y a des exceptions à toutes les règleset 
à tous les usages. Voici un étranger, un Pa- 
douan, un docteur et probablement un bomioa 
vivant à la fin du xiv% si ce n'est au xv'siècle, 
dont on rédige Tépilaphe en français^ comme 
si on eût été au xiir siècle, ou que le dé> 
funt eût appartenu à quelque famille Doble 
et française. (Cf. ci-dessus n*»» (^7-49, et d- 
après n* 100.) Cette circonstance, au rester 
doit nous donner une idée très-favofable 
du mérite de Jean Sarrasin et de la position 
de ses héritiers. Puisqu'ils parlaient français, 
ils fréquentaient la société franque ; le doc- 
teur Jeau plaidait sans doute devant les 
tribunaux royaux, où l'on plaida en français 
jusqu'au nw siècle; il allait peut-être a la 
cour. Les Lusignans du xiv* siècle ont tout 
aimé les sciences et la littérature. (Bogcaci, 
Dédie. Geneal. Deor. ; Gbog. Lapitb., iVa^H; 
ces tt extraits des mss.j t. XU, p. 6, 7JÛ 
haut du tombeau do Jean Sarrasin est brisée 
on voit dans ce qui reste le bas de sa rolM 
de docteur. 

LXXIL 

[Ici gil] ... . dame Bienvei^ie de Cacaldier. •> 
Fragment. Armes : une aigle à sénestre. 

LXXUL 

[Ci git] noble chevalier messire Phelipe de 
Milm[ars] Bious ait Vi 



Il ne me parait pas possible de voir lia, 
autre nom que celui des Miîmars daas' 
Tabrévintion de Milm, ; et dès lors la dalle 
sur laquelle elle se trouve a beaucoup d'im- 



CHY 



D*EPIGRÂPH1E. 



CIIT 



338 



ie, puisquVIle nous fait connaître les 
M de eette famille considérable, 
t» et b«ut placée en Chypre. Les 
louts ont été brisés par les Turcs ^ 
milieu conserve encore Timage d*un 
er, du cou aux genoux, portant un 
r sur lequel sont ses aru)es : une 
liblement pa ée et alezéo. (Voy, n°« 37 
Les Hilmars étaient de la noblesse 
le de Syrie; établis en Chypre, ils 
iBt seigneurs d'Asquiêy nrobable- 
jBcbia, au sud de Cythrea, oe Trais- 
[*Awa à l'est d*Aschia. Ils conlractè- 
I alliances avec les Giblet, seigneurs 
wm (Ovgoros) et de Pila, avec la 
Je Morfo, etc. (Vov. Lignages d'outre- 
L 39. De ceaus ae Uimars; Assises^ 
,P. Wl.) 

LXXIV. 

Ml Teligiosas frater Michael Montegnido, 
\ Erenritanim beatr AugnstinK qai obîit 
■o DoiDîni M ensis jullL 

losquée do TEmerghié aurait-elle été 
ise des Augustins» dédiée à Notre- 



i de Sâinte-Cilherine; Haia-Katherloa-Djami. 

et élégante architecture duxiv* siècle. 

LXXr. 

gic le très honoral>le bourgeois . . . • 
atx qui trespassa à xii jours d*ao9st Tan 
DOC. Lxxui de Crist ; que Dieu ail Tariue. 

inscription est gravée sur une pierre 
trouve près de la porte latérale de la 
le, où arrivait probablement le cime- 
) l'église. 

Mosquée du Serait. 

e Ogivale qui me paratt du xiv« siècle. 
i est neuf. Les fragments conservés des 
; tombeaux ont servi à daller le porche 
cède la nef. Je n'y ai remarqué qu'une 
erre portant une date, celledeM.cccGir, 
le l'effigie d*une femme ou d'un jeune 
à cheveux flottants. C'est la seule 0- 
Dservée, mais non respectée, car elle 
eurtrie de coups de marteau. Toutes 
es ont été brisées par les musulmans, 
; voulu utiliser seulement la partie 
ire des pierres, en défigurant au- 
i*ils ont pu leurs ornements profa- 
I y roCiUinatt pourtant encoie nombre 
ons ettaces, de clisvaliers éperonnés 
\8f d'autres personnages chaus^s de 
tf f vêtus de longues robes bouton- 
isqu'au bas, et marquées de croix en 
maroits. Cette mosquée, qu'on appelle 
Se du Séfail, parce qu'elle est voisine 
il ou palais du gouverneur, apparte- 
ut-4tre au couvent de la Merci. Dans 
[Q qui précède le porche, se trouvent 
irs écussons vénitiens, et une Ijtlle 



colonne antique avec une inscription grec- 
que oubliée par Bœck et Engel. Sur le pié- 
destal de Fa colonne sont deux écussons de 
marbre dans le style un peu maniéré des ar- 
moiries vénitiennes, Tun portant quatre 
flammes renversées cousue^ au chef, I autre 
une fasce seule. Ce dernier appartiendrait-il 
h quelque ascendant de M. le comte Augustin 
Sai^redo, de Venise, éditeur des Annales de 
AliUipieri^ dans la collection le Florence , 
dont la famille a eu des provéditeurs h Modon 
en Crète et dans quelques autres colonies 
vénitiennes? 

Les mosquées dites Tourounchlou, Tuka- 
nar Eunu, Iblik Bazar, Yéni Djami, sont peu 
anciennes. 

Tekké ou lombeau d'un aanlon lurc, près de la porle de 

Cérines. 

On y voit un sarcophage de marbre blanc, 
peut-être antique, sur lequel est gravée Fin- 
scriptioo suivante i. 



LXXVf 

Augustîno. Canaîl. clariss. senalori. summae.. 
in. Deum. et. patriam. reliji;ionis. et. piciatis 
viro. in. adminislrandisque. Reipubl. Yencue. 
negoliîs. doiiii. foiisque. pluribus. niagistra- 
tibus. integerrime. fnncto. ac. demum. regni. 
Cypri. consiliar. Marieta. uxor. castis. et. Ga- 
briel, fltius ail.posteriialis.memoriam. posuere. 
obiil. xYi* oclobris. m. d. l. iik 

Les Da Canale sont une de? pln5 anciennes 
lamilles sénatoriales de Venise. La collection 

3ue publie M. Vieussenx à Florence viont 
e s'enrichir d'une curieusiî histoire de Ve- 
nise écrite en français au xiir siècle, par un 
auteur de ce nom, Martin de Canale^ qui ne 
peut être pourtant do cette famille, car il 
n'aurait pas omis de le dire dans les nom- 
breuses occasions qu'il a eues de nommer 
avec éloge les Canale. Martin, quoique habi- 
tant Venise, n'était peut-être pas môme 
sujet de la république; on peut le croire 

3uand ou voit qu'il uarle ainsi de Venise et 
es Vénitiens : En Venor de Noslre Seignor 
Jesu Crist et par Venor de messire Renier li 
noble dus de Venise et por henor decsle noble 
cité que l'on appelle Venise, je Martin da Ca- 
nal, sui entremis de translater de latin en 
franceis les henorées victoires que ont eues les 
Vénitiens; et parce que hngue franceise cort 
parmi U monde et est la plus délitable à lire 
et à oir quenule autre, etc., chap. 1. En Van 
de rincarnation mcclwii, au tens de mon- 
seignor Retiirr Gcn, tant me sui travaille que 
je ai trové l'anciene estoire des Veneciens, 
chap. 2. Saint Marc celé bêle iy Use que les 
Vénitiens firent et feront, cha\K î219. Tant ai 
dcmoré en celé bêle Venise, que je ai veues 
les processions que monseigncttr li dus fait 
a hautes festes, chap. 237. Et le nom de 
celui que fu ocis veut je mètre en escril.., que 
noSf que somes orenaroit en Venise le veis- 
mes as iaus, chap. 31. [Archivio slorico iVu- 
lianOf tome Vlll, Fireuze 18W.) 



88» 



CHY 

§ II. EN?IROI«S DE NICOSIE. 



DICTIONNAIRE 



CHY 



EgliM de Pallurgioiissa, non loiD de la porte de 

Famagousie. 



ont entièrement disparu. Aa-dessu«, c 
écusson contourné portant en chef une 
de lis» et à la pointe une aiie ou demi 
d*oiseau. 



LXXVII. 

•{- Ici git dsine Isabiau fille de Sire GuiII[aniiie 

de] Plesi[e bail]li dou coamerc 

q[ui très] pas [sa] a xyu jours [de jea]Tier [de 
l'an ] 

Du temps des Français on appelait en Chy- 
pre coumtre ou eommeraue les droits de 
douane, et Toflice comme l'hôtel préposé à la 
perception de ces droits. 

... En tout le profil dou commerque 

Que marchandise paie et nierque. 

Commerque est imposition. 

(G. DE Machaut , Prise tT Alexandrie, ms. 7609, 

fol. 344, V.) 

Actum Nimolii in logia ante comerchium réa- 
gis, (Pièces diverses des arch. de M. le chev. 
Koncioni è Pise). Quod nuHus Venetus per 
totum regnum Cipri uUam dationem vel co- 
merchium solvat. (Priv. de 1306. Arch. de 
Venise), Le mol était passé avec le même 
sens chez les Grecs : lôilw.... Aarivov? icp6ç 

T«v T&h» 'P*)/xai&)v TsXcty «/»;^riv fapî^a fxiv ziiv è» 

Tov xofifupxioxj aùTûVf elc. (Georg. Acropolit. 
s 78. p. 174). C'était ce qu'on appelait da- 
zio à Venise, gabella en Toscane, doanna 
è Ndples.'*(BALDUG. Pegollotti, p. xx.) 

Guillaume Plesie était bailli de cet of- 
fice, è Nicosie ou dans l'un des ports de l'île; 
Quoique venus en Chypre avec le roi Gui de 
Lusignan {voy. ci -dessus n. 33, noie) et 
ayant eu part à la première et b la plus gé- 
néreuse repartition des Qefs (Cf. le continuai. 
deGuill. de Tyr, édit. Guizot, p. 198; Ii- 
gnagesy chap. 4-0; Assises^ tora. 1J> P* ^72], 
les du Plessie (nom de leur ûef de Chypre) 
n'ont pas autant marqué dans Thistoire de 
Chypre que les chevaliers de Morfo, comtes de 
Ronais ou d'Edesse, leurs proches parents, 
£n 1329, le seigneur Jean de Plessia, bailivus 
talie^ probablement préposé à la perception 
des impôts, mais non bailli de la secrèle, est 
témoin du traité avec Gênes. (Arch, de Turin, 
Lib. jurium, fol. &63.)£n 1639, Sire Mathe de 
Plessie^ bouleiller de Jérusalem, fut l'un des 
commissaires désignés pour rechercher le 
meilleur exemplaire du livre du comte de 
Jaffa, auquel on donna force de loi, au début 
du règne de Pierre II. (Assisesy tom. I, pag. 6.) 



LXXVIII. 

[Hic j] ac [et] nobilis [dom] in [us] ven 

• • a . . le . . • . . q I 

o[b]iit n 

LCCC V 

Cette inscription, qui est certainement du 
temps des Vénitiens , a été gravée sur un 
marbre inégal, taillé en ondulations ; les let- 
tres et les dessins sur les parties saillantes 



LXXIX. 
+ EKOIIMOH... 

Au-dessous, effigie d'un homme ipMi»i 
longue robe portant une fraise aofc 
cou, et sur la tète une toque serobh 
celle de nos juges ou des papas srees^ 

Cette pierre, comme la précraeRle 
l'intérieur de l'église ; les autres se tro 
dans le cloître avec de nombreux firag 
de dallos tumulaires françaises ou grei 
et les débris gothiques de l'ancienne i 
que les Grecs ont presque enlièreBie 
nouvelée. Sur la porte septentrionale 
deux écussons dont on a enlevé les a 
non loin de là est un bel écu en marbre 
portant dans le champ un moufflouqu'i 
pelle en Chypre Agrino. Un marbre ' 
orné élégamment sur la tranche d'un c 
de roses et sur sa partie horizontale de 
écussons, recouvrait peut-être, coû» 
dalle n° 1 de Sainte-Sophie, le tomt>e 
famille d'un de Nores, allié à une prii 
du sang des Lusignans. Le premier éci 
est coupé, et. porte trois croix dans le 
Tautre est écartelé de la croix de Jéni 
recroisetlée de quatre croiselles et d'ui 
couronné. 

Pmoloiiades, église à une demi-lieue de Nicosie^ d 

lie b porie de Pa|)hos. 



LXXX. 

-f- Ci git le très noble baron ii roonseîgneil 
Brcsvic 1res noble amirail dou roiaume 
Chipre qui irespassa le lundi a n jours de jli 
Tan de m. cccc. xiv de Crist. Que D[ieu ail] 
et miséricorde de Tanne de lui. Amen. 

Grande dalle, parfaitement conservée, 
d'un dessin très- incorrect. Elle n'en eî 
moins intéressante, car elle nous fait 
naître un amiral de Chypre, el nous d 
une nouvelle preuve qu'une branche » 
famille de Brunswick, dont on conna 
l'alliance avec la mère du roi Pierre I" 
tait fixée en Chypre. Philippe de Bru 
avait la dignité de coiinéfablo de Jérusj 
qu'il avait reçue sans ctonle depuis peu, 
que le roi Pierre confirma les privilège 
Vénitiens el des Génois en Chypre, w 
traités de 1360, 1363 et 1365. (Arch. deY 
Lib. paclor. 111, fol. 50; Gênes, Bibl.del 
vers. MS. du Liber jurium de la rép 
fol. 331 v^) 

L'amiral, fils peut-être du connétable, 
sur son tombeau une riche armure d< 
ornée de ciselures et de moulures, qui 
rêle à la hauteur dos épaules. La gorâe 
cou sont protégés d'une cotte de maille 
tachée h un casque pointu et bizarre. II 
des gantelets de fer, et sa chaussure, n 
verte aussi de fer, se prolonge en deui.g 



CllY 



D*EriGRAPHIEL 



GUY 



549 



ées. Il lève le ginive hors du fourreau» 
main gaucho il tient un bouclier en 
ï sont ses armes : deux lions léop/ir- 
Llle supérieur semble tenir un hesant 

Sueule. Le champ est traversé, peut- 
euteilement, d^uneraie. 
façade septentrionale de Téijlise est 
UD écussou de marbre avec (leurs de 
I Tescalier qui monte à la tribune, 
tlérieur de la nef et dans la cour fer- 
enTÎronne Téglise, on trouve encore 
lireax fragments de tombeaux avec 
Iges d'inscriptions françaises ou la- 
: n*ai vu sur ces débris ni noms de 
M armoiries, et il est inutile de les 
nais je signalerai d'une manière 
ticulière un beau marbre blanc, orné 
écu^sons en relief, qui me parait 
iéemuient fait partie d'un tombeau 
fieut-ètre du tombeau de Janus, qui 
OÎr été fort riche. L*écusson du mi- 
• les armes propres des Lusignans 
re: champ burelé au lion à dexlre. 
gauche est écartolé au 1 et k de la 
^encée et recroisetlée de k c. oiseltes, 
reçu de Jérusalem; au 2 et 3 du 
arelé des Lusignans. Les lions n'ont 
mronnes et sont en tout semblables 
^armoiries du roi Hugues IV,((u-on 
ipaïs, près deCérines. Le troisième 
3 un lion dans le champ, emblème 
le du royaume chrétien d*Armé- 

cette frise est postérieure è Tan 
le de la réunion fictive des royauuies 
"e et d'Arménie, et peut appartenir 
)eaux de Jacques P% de Janus ou 
11, derniers rois de Chypre inhumés 
ni de Saint-Dominique. Ce riclie et 
>nastërc, démoli malheureusement 
V^énitiens, était situé précisément 
artie de Nicosie qui s'élend.iil vers 
i'Omoloilades ; il devait môme se 
er beaucoup de cette église, par s'.'s 
ices. 

h cœur de sauver ce fragment, le 
l-étre échappé à la destruction au 
$ tant de richesses liislorirpies et. 
jiques accumulées pendant trois 

baint -Domini(]ue , le seul que 
croire avec quelque certitude avoir 
a sépulture «l'un de nos rois Lusi- 
. Goëpp, notre consul en Chyfîre , 
li^eance extrême m'a tout fr'jcililé 
mission, s'est aussi intéressé à la 
ion de ce débris, et la pierre, qui 
issitôt donnée par rarchevéoue de 
i été transoortée au consulat de Lar- 

§ in. Famagouste. 

qiiée, ancienne Cithédraie. CousirucUoa du 
XIV* siècle. 

eur de cette belle église a été bou- 
I ny reste qu'un petit nombre de 
Qulairi« peu intéressantes, remar- 

Bibliothèipie ae l'Ecole des Chartes , t. V, 



quables seulement par l'extrême incorrection 
ne leurs ornements et de leurs inscriptions. 
Je signalerai les moins insignifiantes. 



LXXXI. 

A 4- Ici git dame Dimenche fillie de sii*e Johan 
de Lion espoiise de sire Guillaume Belax qui 
irespassa le dernier de novembre Taii de 
M. CGC xLix de Crist. 
Dieu ait Tarme. Amen. 

B -f Ici git dame Eslefenie j>dis espouse de 
Johan de Lion qui trcspassa le mercredi a xxii 
jours de mars Pan de m. ccg. lxiii de Crist* 
que Dieu ait Tanne. Amen. 

Dalle de marbre gris. L'inscription A est 
surmontée d'un écusson nortant un lion, 
armes parlantes de la famille peii connue, et 
vénitienne, je crois, de Lion. Au-dessus était 
une première inscription aujourd'hui effacée. 

LXXXIl. 

A -f SalToIns filins domini Habramini de [Qui- 
bellanicis] deCrem.ona, sub boc marniore sepe- 
litur, qui infra xlalis xvi aiinornm obiil, die u 
nieiisis aprîlis anuo Domini m. ccc. lxui. Cnjns 
anima requiescat in pace. 

B Oclavlanus filius domini Ahramini Quibella 
nicis de [Crcniona] snb islo lapide rcqnie[ni 
babuil?] anno [Dumini] m. ccc. lxiii, die prima 
mensis jnlii. Cnjns anima in pace rcqulescaL 

Longue dalle do pierre. Au-dessus dfs 
inscriptions sont les effigies des deux jeuiws 
chevaliers, casqués, éneronnés et portant 
répée. Plus bas est lecu de leurs armes : 
deux B en chef séparés de la pointe par une 
fasce mince. La famille de ces deux enfanls 
était italienne , mais probablement fixée en 
Chypre, comme celles dont nous avons pré- 
cédemment vu des épitaphes latines. C'était 
la polilinue des Lusignans de favoriser 
toujours l'émigration des étrangers de tous 
pays dans leur royaume, où ifs lonr accor- 
daient protection et privilèges : Quia regnum 
Chinri populatur ah antiqno et continue a f (luit 
ibidem gens advena omnium et variarum ge- 
nerationum el lirtquarum tam orientalium 
quam occidentalium^ et mutuo matrimonia 
contndiunt^ protem procréant et continuam 
faciunt residentiam in patria (dans le pays, 
dans rile) et sunl per hoc subjecti domini ré- 
gis,.,, vocati et pro Chiprienses habit i sinf, 
(Projet de traiiô de 1367, entre Pierre 1" de 
Lusignan el le sultan d'Egypte; document 
de 1368, Arch. de Venise, Commemor. VU, 
foi. 02.) 



LXXXUL 

Hic jacel nobilis venus Rubeus 

aiino Domini m • . . . lx, die junii. . 



513 



CHY 



DICTIONNAIRE 



CllY 



LXXXIV. 

Hic jacet. . . Venerius?. • m. d. xxxiiii. 

LXXXV. 



A -[- Ici git 

B + Ici gît 

Dalle près du seuil de la mosquée. Entre 
les deux inscriptions, un écusson avec un 
château représenté par une courtine aj^ant 
une porte et trois créneaux. 

On voit encore, dans l'intérieur ou dans la 
cour de la mosquée, d'autres dalles entière- 
ment frustes, conservantdesvestiges en creux 
ou en relief de costumes de dames et de che- 
valiers. J'ai vu un écusson avec un aigle à sé- 
nestre, comme portent les Mdrtinengi de Ve- 
nise; un autre contourné, évidemment de style 
Ténitien, et orné de cotices,qui sembleappar- 
tenir à un membre de la famille des Conta- 
rini, nombreux et puissants dans l'Ile dès le 
rèçne de Catherine Cornaro, leur parente, 
qui les investit, en H75, des titres de comtes 
de JafTa et de seigneurs d'Àskalon, auxquels 
étaient attachés des revenus en Chypre. (Doc. 
publié par Rrinard , Geschichte des k&nigl. 
Cyp.^ 799, t. I, p. 116, etc.) On reconnaît 
aussi des monuments du xiV et du xvi' siè- 
cle. Il est très-surprenant de n'y rien trouver 
qui se rapporte au temps intermédiaire mar- 
qué par la longue domination des Génois à 
Famagouste. Les Vénitiens ou les Lusignans 
aaraient-ils fait disparaître ce qui rappelait 
le séjour de leurs rivaux dans cette ville? 

A* droite de la fontaine des ablutions est 
une belle dalle en marbre d<? six pieds de long 
sur un mètre de large , qui semble avoir 
formé le couvercle d'une cuve funéraire ; elle 
a été longtemps à Thumidité, et la mousse a 
rongé toute l'inscription. J'ai pu y lire seule- 
ment obiitannoM....^ et plusieurs fois le titre 
de damOf nom qui du français était passé dans 
l'italien et le latin. Au-dessous, un écu avec 
une bande chargée peut-être de quelque or- 
nement. 

PâlaU. 

Le pal. is royal occupé et restauré successi- 
vement par les Lusignans, les Génois et les 
Vénitiens, est en face de Sainte-Sophie. A 
l'intérieur tout est ruiné ; la façade du péris- 
tyle seule est debout et presque intacte. Elle 
est formée de quatre arcades gothiques, dé- 
corées (le quatre belles colonnes de granit 
(provenant, je suis porté à le croire, des rui- 
nes de Salamine où j'en ai vu de semblables)» 
surmontées de chapiteaux de marbre » ou- 
vrage probable des Génois. Au-dessus de 
l'arcade centrale est un bel écusson de mar- 
bre, entouré de moulures bien sculptées, et 
dont le champ ovale et bombé est parti d*un 
côté de marbre blanc, de l'autre (le marbre 
noir. Un chevron va de l'un à l'autre ; noir 
sur le aiarbre blanc, et réciproquement. Cet 
écusson est génois ou vénitien. 

A quelques pieds en arrière, ne cette fa- 
çade, s'élève le mur même du palais, éclairé 
de plusieurs rangs de fenêtres; le tout d'une 



construction ancienne. Une des fenMre 
bouchée, probablement après te tem; 
Lusignans et avant celui des Turcs. I 
panneau friable qui la remplit est grai 
aigle à deux têtes et tout autour une b 
tion^ déjà fruste quoique peu ancienoe. 
puis lire que ces mots écrits en ieltref 
taies : 

Si ROMINIBU^PIACUIS SENEC... FIDII 
nim NEC GHARITATIVO FROXIMO FUIiSI 

L'aigle retient une banderolle où est 

MISER 

Ces inscriptions anonymes cachent 

3 ue allusion et quelque souvenir douk 
ont je n'ai pas le sens. Elles se rapc 
peut-êlro à un Justiniani ou à un Marti 
deux familles italiennes en relatioi 
Chypre, et portant dans leurs armes 
impériale. Frédéric Justiniani fut lien 
de la république de Venise en Chvpr 
colas, son fils et les descendants de ( 
nier furent comtes de la province d 
nommée Le Carpas, que la fille de Pei 
brice apporta en dot à Nicolas. Les 
nengi coopérèrent énergiquomenl à 
fense de Chypre contre les Turcs. Hi 
comte de Barco, après avoir été au i 
de notre François I", comme colonel d 
terie, revint dans les armées de Veni 
envoyé en Chypre, avec le grade de g) 
neur général des forces de terre , et n 
à Famagouste. Jérôme, Nestor et Jean '. 
ses parents, ont eu tous des commande] 
supérieurs dans l'île. { Voy. Il Campi 
veneio j fatica di Girolam(i Alo5sandr 
pellari Vivaro, k vol. in-fnl.; Bibl. de S. 
Mss. class. VU cod. XV v' Ju$tm 
Martinengi,) 

Mosquée abandonnée et ancienne église pris di 

LXXXVL 

-|- Ici git damoizcle Mer ie qui f 

dis S. Gui des Petis, liome 

scne, qui Irespassa Tan de rin[cania 
M. cl ccc. e xLUi a vi jours d*aoust; que 
ait l'arme. Amen. 

Dalle presque intacte. EfTigie d'une ( 
croisant ses mains sur sa poitrine, 
droile de la tête est l'écu de ses armes 
croix chargée de cinq croissants. Il n'e 
probable que cette demoiselle M., fille 
être de sire Gui des Petits, qui n'a d 
qualité que celle d'homme sage et d( 
appartînt à la famille des Le Petit, sit 
avec les chevaliers de la haute cour c 
cosie. 

LXXXVIL 

•f Ici git (lamoizelle Loze fille de S. TodK 

ronea, qui Irespassa le jeusdi, a n jours de 

Tan de m. ccc. liui de Grist; que Diei 

Tarme. Amen. 

Dalle entière. Effigie d*une femme 
ses tnnins rapprochées sur sa poitrine 
écussons auprès de sa tête : Vun por 



m 



an 



DXPKRAPfllE. 



CHT 



S46 



croix a««d6mit d*un sntoir ; Fautre» ud lion 
MtMMK dans le cbef et deux cotiees vers la 
maie. B 7 a» ee me semble, quelque chose 
nliaiige dans ces inscriptions qui ne rap- 
■allant paa nos bonnes épitaphes françaises 
da Nièosia ; et je serais porté è croire que 
laa fiuniUes de ces deux dames étaient ori- 
ginaires dltalie ou d'Espagne. C'est peut-être, 
^*0D me permette cette expression, par bon 
tpùà que leurs parents écrivirent leur épi- 
laphe -60 français , car notre langue était au 
■1%* siècle, surtout en Chypre, comme elle 
bM redeTeoue aujourd'hui en Europe et en 
Omnty la langue de la bonne compagnie. 
} .Vamagouste, à l'exception des monuments 
Tenons de citer, et des remparts 
très-beaux, n'offre qu'un amas ini- 
e de ruines et de décombres habités 
qiNlqoes misérables Turcs» On dit ce- 
« et cela est très-possible, qu'il y 
inii dans cette riche ville, au temps des 
lioHicaia et des Génois, autant d'églises que 
têjùon dans l'année. 

I IV. UMISSOL OU LIM1SS0. 
Eg}\Me greoqoe de KaiboUkl. 

^ Le nom de cette église annonce seul qu*e1le 
a afipartenu aux Latins ; elle dépendait en 
effet du couvent que les Franciscains de terre 
sainte avaient à Limassol. 

LXXXVIIL 

-f Ici gîsl Johaii le Diaque, que Dieu ait [merci 
àt son ame] Tsin de m ; ce • lx . . • . 

C'est la plus ancienne inscription française 
que j'aie vue en Chypre, après celle du n" 1. 



LXXXIX. 

•j- Ici gîst sire Joban Corear chevalier qui très- 
jassa de ce ciecle a xv jours dou mois de liui- 
lorre Fan de m. ccc • et xviii • de Crist. Que 
IKeu ail merci de Tarme de lui. 



XC. 

f Ici gist frère Bernard dou Cbeniid jadis 
trésorier de la maison de TOspital qui trespassa 
a xiu jors dou mois d'avril Tan de Tincamation 
[iiot]re seignor [Jbesu Crist] mil 

Cette pierre, retirée de l'église de Katho- 
liki, a été transportée à Larnaca, il y a une 
Tiogtaine d'années, par M. de Panin, envoyé 
extraordinaire de Suède à Constantinople. 
leo dois la connaissance , comme de tant 
daatres monuments, à M. Cerutti, consul do 
Sardaigne. 



XCI. 

-|- Id gist dame feme de sire 

<pii trespassa a ivi jors de jttn [l'an ] de 

Crtst; [que INeu ait merci | de l'arme. Amcu. 



Grand fragment. ElOgie de femme toute 

fruste. 

XCil. 

-f Ici gist [F?] Raois . . . cbantre de Tere ssê 
/sainte^. 

XCllI. 
Ici gist 

Armes : deux lions. 

Beaucoup d'autres fragments d'inscrip- 
tions, d'écussons, et d'efBgies ; le tout d'un 
dessin bien plus négligé que celui des dalles 
de Famagouste, et d'une exécution vraiment 
barbare. 

Au-dessus de la porte de l'église, à l'inté- 
rieur du porche moderne qui la précède, on 
lit cette inscription, qui n'est pas la seule 
de son genre en Chypre. 

XCIV. 

a f xpovvc Tou Xoxi a<fo ^X^X^V^ coflcyyovOowftii. 
Tradvmion, 
c Ce divin temple fut commencé le i" du mois 
de janvier de Tan du Cbrist 1579, par la main 
de Jean Tbomas. > 

Gomment n'a-t-on pas rappelé l'existence 
de l'ancienne église des Latins, dont vous 
avez conservé tant de débris ? dis-je au 
papas de Kalholiki. Ils étaient idolâtres, me 
répondit 'il fort poliment, car il savait que 
j'étais Latin. Voilà le degré général de bonne 
foi des papas ou des caloiers en Orient, et 
le degré d'instruction d'une grande partie du 
leurs laïques, auxquels ils s'efforcent d*in- 
culquer la haine de tout ce qui est ou a été 
Franc. Quelle différence chez les Arméniens 
dissidents 1 

Grande mosquée. 

XCV. 

-f Ici git 

Dalle au-devant de la porte d'entrée. Les 
deux mots français qu'on y lit encore, et 
quelques détails de l'architecture ancienne 
conservés dans la réédiûcation , snOisent 
pour montrer que cette mosquée fut aussi 
une église latine. 

S V. KlVIDES, 

TiUage et ancienne teignenrie française an sod du mont 
Olympe, près de Piscupi. 

XCVL 

+ Ici : gist : Messire : Nicole Ca des Dra- 

- piers : qui : Irespassa mardi : a le : xxi : jour : 
de jugnet : Tan : de Tincarnacion ihesu crist 
M : Gccvi : Seignor : pries : por : lui. 

Au-dessous, un écusson écartelé au 1 et 
au k canton de cotiees chargées d'ornements 



Hic jacei. 



CUV 
LXXXIV. 

. Veucrius?. . : 

LXXXV. 



DICTIONNAIRE CH*" 

consiructîon ancienne. V m 
bduchée, -probablement ■- 
"'■ Lusignans et nvanl ccl ^ 

panneau friable qui I ■ 
aigle à deus tôle» e* 
tioi> dé\k fruste qr 

A + ici eu puis^lirequece- 

B + '" 6» Si BOmn- 

Dalle prf'S rfu seuil de la mosquée. Entre tris me - 

les deux inscriptions, un écusson avec UQ L'aigle r 

château représenté par une courtine ajant msn.. 

une porle et trois cpiJneaux. Ce' 

On voit encore, dans l'intérieur ou dans la qup 

cour de la mosquée, d'autres dalles entière- jr 

mentfrustcs,conservanldesyestige8en(!reui ■ 

ou en relief de costumes de dames et de che- 

Taliers. J'ai vu un écusson avec un ai^lob se- " 

neslre, comme portent tes Martinengi de V '^ 

Dise; un autre coDlourné.évidemmenlder' , 

vénitien, etoraédecotices,qui sembler 

tenir à un membre de la famille der 
, nombreux et puissants dans 1" 



règne de Catherine Cornarot 1er 

3ui les investit, en U7S, des titr 
e Jaffa et de seigneurs d'AsV . >i 

étaient attachésdes revenus -ul ut 

publié par Rrinud, Gmt 
Cyp., 799, t. i, p. lie, ,1, 

aussi des monuments ' u^^n«. 
Ole. Il est tiès-surppe' ..^"^ 
qui se rapiiorte au * 

Ïué par la longu' -ml 
amagousle. L' J^gpiS HMCPA 

sur u- i^'l^ HOC {toi pour wat.) 

iT /j'S»-eMrAM.AArieb... 

rr f<. f"'^ TradnctiM. 

j^temlirc, jour «le ilimaiichc, l'iiii 
• " '*"ïri*'. '"' '"''""'^ '"^ serviteur île 
/A*"' * ', Kariotis , fiU Je Marc Einbali, de 



>:iée ; iJi* 
.aller BrocarOJ 
jer comme à pe^ 
.)Ue <'la\\. né avant la (f 
,a fiirnilte de Clmriiiijnjr n 
lie du royaume do Cn;t'pre ; ' 
nuit îi la noblesse française de It- 
nvions alors des dues d'Atbènes ^■ 
siri'S deïlièbes, des martiuis f^ > 
I rineps tt des clievaliers françï^ -> 
elio, îi Paplios, il Idalic, !i Salami '^ 
lit)rds de l'Orontc, du iEui-otas £> 



% 1\. IVTIMA, fBÈS BaFO. 



ifune 



' ''"'^«.riiilion est gravée autour il 
*''''V''Iarl<i-fi Wnnc, laisant partie du , _ . 
,/.///«' lit'.'" giie représente César Kariolis, 
' ^>'" ,.;..cei.« Iniizues. d'une cotte bar- 



Ici gîsl ilainc Ails [fll^lie Je sire Says Ir j<^ 
que fu fi-iiic de sire Mcolosc Saoïicis, (Je 
vonc) laciiiclc arme \ivc en Crisl. I.'aii de 
cartinrioii de iinHlre M^igitor lliesu Cri^l ii 
Lx\j\. a XXII ? \an de décembre. Ta 
iioï] 1er. 

Cippe en marbre de 5 pieds dp liant 
sur un lombcau niusuiuian dans le ciii 
turc do Ktima. 

AprèslesProvençausetlesLnnguedi 
les Ciénois sont les premiers navigalo 

j,.,„ .^, -, in Méditerranée qui aient reçu des pri' 

,ft" ' Y Ljijusscs longues, d'une cotte bar- des rois de Cliypre, en reconnaissai 

v«*(*» ''*^i^, au-dessus des genoux, d'un sur- Icurcoopératioiï constante contre les 

X 'lenv t'"-' broderies, et (inr-dossus le tout riaiix. Leurs frniicliiscs, qui s'étendaie 

ri«a> iiianleiiu c*»""'- l-fs souliers sont ronds habitants des doux rivières depuis Vin 

rt t» <i verts sur le devant. La tûle, à cheveux et Savone jusqu'à la Spezia, sont hiei 

- K..-1.-. ■>.>r>ncn u..- .... r.»..c..in ricufes BUX prlvilégM obtenus en < 

Kir les Vénitiens, les Pisans et les Ca 
Es le XIII* st(:cle, les Liguriens avai( 
liisluiro consuls dans l'Ile ; ils étaient élablis i 
sic, à Famngousie, ii Limassol, à P 
où leurs principales familles avaient 
la langue et les habitudes franeaisj'S. 
Le xiii* siècle a peut-être été l'éjK 
plus brillante du moyen d^e pour nos 
et assurément la plus satisfaisante pi 
tre amour-proprc national. On iiarla 
français on Syrie, on Chypre, h Consl. 
^it•i\r^^ln ot belle tlalle do marbre blanc pie, en Horée, h Païenne, à Na|iles. 
Iroii v<îe aumoisdavril 18VV, dansTiritéiieur Muntancr [chap. 126) remarque mèi 



nui ris cl sans barbe, repose sur un coussin. 
Aii^ rOlés, lieux écussonsseinlilables portant 
iini.^ croixauchef et trois givres VOIS 1» pointe. 
I.C-S Kariotisu'ontj'asiuarquédans l'iiisluiro 

g '^'III. pAruos (itf/ourt/'Aiii Bapoo. 

XCIX. 
flrocanliis : de Charpigny : mili-s : pater : Pa- 
pli leiisis : eplscopi : cujiis ; niiiiua : i'ei|uicscul : 
iit : fiacc : Amen. 



S^^kS 



ITEPIGRÂPHIE. 



QY 



ZS& 



%^ 



\k 



i \ Athènes qu*à 

< écrivait en flran- 

spectes» comme le 

voyages conscîen- 

Florence son Tré- 

* roman de lle|ia« 

^ue, Martin da 

ils écrivaient 

": dit Canale 

'e à lire et 

^si était- 

Himmi 

'le a 



K 



'• , 



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.et 



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er«'„, "^1V»\ 



îr>^ 



^.1J Chy- 

. liaient tou- 

iC nombre , les 

4S leurs langiies ma- 

* V «lient plus généralement 

^l.^'en latin. 11 est curieux 

''liui en Orient le mouve- 

se manifeste partout, et 



'^\eO v\\'*^w^ gluant à la langue, par des 
{v" uos<î^ ^^*^^rents des anciens le môme 
J^ ^{oO<l^\ VW^^^n remarquait au xiir siè- 
^ JcK^c^^^ des écoles françaises de 



•t^^:^ t\^ ^^lantinople, d'Athènes, d'A- 

^0^* ips ^^^x Chypre et du mont Liban 

oO^ dOV^^\*^ats aussi efficaces, et peut- 

plO^ Ço\î^^* Q"® *^^ conquêtes de Go- 

5^ (L. DE Mas-Latrie.) 

f\C^ ^^ diocèse de Novare, en Pié- 

^^^ ipl*^^ ^^^ l^' reliques venant des cata- 
Ifis^^ ^ combes de Rome. 

Apro bcncmereiili 

qui vixit annis xxxni. 

{Cardinal Mai, p. 3G4.) 

-€ t»^» en Styrie, district de Gràtz, Tau 
ne ^*'^û> dans Tempire d'Autriche. 

^ efip^^^ ^^^' ^*^^^^^^^^ ^^ monastère des 
jpi^ Frères Mineurs, 

D. N. Fi. CoDstanlino 

clementissimo alq. vict. aiig. 

Mariieianus V. P. praeses 

provinc. Norici Medilerr. 

D. N. M. ejus. 

[Cardinal }Aki, 243, 5; Gbut., 283,5; 
Hansiz., Germ. Sacra, t. 1, p. kk.) 

ClNGOLl, dans les Etats pontificaux. 
goelt au portique du Palais des décurions, 

FI. Fortunio 

vîro divotlssimo 

palatifio patrono 

dignissimo ob insi- 



f[nia ejus mérita or- 
do Cingulanorum 
ponendam décriv- 
it die VI. idus oc- 
tobres Mamertino 
et Nivitla conss. 

(Cardinal Mai. 284, 2; Muratori, 383, 1 ; 
Ughelli, t. X,59.) 

GIRESA, en Espagne. 

Eglise de Saint-Pierre. 
lussu doinioi et principis nosld 
magni maxiini victor. . . . 

semper aiigu&ti 
Antonius Maximiis . . . 
nova proviiicix ma . . . 
primus consularis et . • . 
praeses viam ab . . • 
rupibus faiiiosani • . • 
con ... a Navisso . . . opac • . • 
perdomilo a verso . . • 
inuiidaliones o . . . 

[Card. Mai, p. 331 ; Muratori, p. 465, 6.) 

CITEACX, déparlement de la Côte-d'Or, 
en France. 

Douzième siècle, — Eglise de V ancien 

monastère. 

Omnis qui nc8cil, discal quoniam reqiiiescit 

Hoc in sarcopbago Cœcilia vera virago, 

Ipsa nionasleriiiin fecil rciiquasqiie doinonim, 

Ciilta vel inculla, dans fratribiis liic bona niiilta 

Ergo présentes orent parilerqiic se(|iicnles 

Et pro defiincla qui!>iis sic prresiila ciinrta. 

(àlém, de la Soc. archéol. du Midi t. III, 

p. 97.) 

CITTA-NUOVA, Tnncienne JEmonia, en 
Islrie, Etals-Aulrichirns , dépendant du 
cercle de Triesle. 

B'.ipiisleriiim digno marmore 
Mauritiiis episcopiis iOmoii. 



[Card. Maï, p. 174 ; Ughelli, t. V, p. 229.) 

GlVIDALEou Cividale deFriuli, en Istrie 
(provinces Illyriennes), empire d'Autriche. 

Sur une plaque d'ivoire conservée dans le 
reliquaire des chanoines, on voit une croix 
dont la traverse porte deux globes repré- 
sentant le soleil et la lune ; au-dessous 
rinscription : 

I. 

1B8. NAZA. REX. JUDE (orUni) 
URSUS. 0UX FECIT. 

Ici U figure du Christ crocitié. 



A gaiiclie 

M. EN. FIL. TLX'S. 

Maria, en fiJius Iuh$, 

(AU'dt-ssca^, i:i siiiile 

Yierge ) 



A droite : 

AP. ECCE. M. TUA. 

Apostolat eccc mater tua • 

(Au-dessous l*iniagede 

sailli Jcau t'évangéliste.) 



Au-dessous ' 

UR&US DUX. FIERI TREP. 

Ursuz dux (teri prccceint. 



DICTIONNAIRE 



jèrèconnaissables ; au 2 et 3, d'uno croix 

alésée. ,^, ,, 

§ VI. Kyka, 

Village enire Nicosie el Morfo. 

xcvn. 

'ExofjL«Oïj tuBtuùJtuxoç 

âpy^f^v '^ui 5oû).off Toû OîoO 

'AXî5av5jD0« ♦>«Tpoc : Xou 1503 

tv fiijvi avyoûoTTw itaraff 5. 
c Fui inhume le Irès-noble seigneur cl servileur 
de Dieu Alexandre Flalros, Tan du Seigneur 15()5, 
le 5* Jour du mois d*aoùl. » 

Les Flaire ou Fiatri étaienl une des fa- 
milles grecques admises dans la noblesse 
française de l'île, au xv* siècle, après le ma- 
riage d'Hélène Paléologue avec le roi Jean H. 
Ils obtinrent faveur auprès des Lusignans, 
el contraclèrenl même des alliances matri- 
moniales avec la branche de leur famille à 
laquelle appartient le P. Etienne, auteur de 
rinstoire de Chypre. Hector Flaire, cousin 
de la mère d'Etienne, était seigneur de 
Tera, l'ancienne Treta, et dePisouti, qui 

teul répondre à Bootura^ enlre Limassol el 
aphos. 

§ Vil. ACHEROPITI, 

Couveol grec, k Touesl de Cérioes. 
XCVllI 

TI.IB.2€PT€MBPI8 HMCPA 
KIPIAKl X<t>MA. XU.EKI/V\I0I 
O.A8A0C rS. ©6tt/T3€CAP0C 
KAPIOTIC. HOC (ioçpourmos) 
T8. MAPKS^ CMPAAK AAriOb..- 

Traduclwn. 
c Au 12* de septembre, jour de dimanche, Tan 
1546 du Chrisl, fui inhumé le servileur de 
Dieu , César Kariotis , fils de Marc Embali, de 
Lapilhos... i 

Cette inscription est gravée autour d'une 
dalle de marbre blanc, faisant partie du pavé 
de l'église. Elle représente César Kariotis, 
vêtu de chausses longues , d'une cotte har- 
die arrêtée au-dessus des genoux, d'un sur- 
col orné de broderies, el par-dessus le tout 
d'un manteau court. Les souliers sont ronds 
el ouverts sur le devant. La tôle, à cheveux 
courts et sans barbe, repose sur un coussin. 
Aux côtés, deux écussons semblables portant 
unecroixauchef el trois givres vers la pointe. 
Les Kariotis n'ont pas marqué dans l'histoire 
de Chypre. 

§ VUL Paphos aujourd'hui Bapho. 

XCIX. 

Brocardns : de Charpigiiy : miles : pater : Pa- 

phiensîs : episcopi : cujns : anima : requiescal : 
in : pacc : Amen. 

(Grande et belle dalle de marbre blanc 
Irouvée au mois d'avril 18U, dans l'intérieur 



cm 



M 



d'un jardin près de la mor, sur Tomplace- 
ment probable d'une église latine. Brocard 
<le Charpigny y est rcprésciHé dans son eos* 
lume de guerre, armé d'un casque bizane H 
du haubert à cotte de mailles qui le oouvrf 
en entier de la tôle aux pieds. Par^iess«$ 
celte armure est sa courte tunique ou eoUi 
d'armes, arrêtée aux genoux. Salànceeslàfli 
droite ; son épée est rattachée au ceintoran 
avec le bouclier, dont le champ tpoinliUé 
comme pour indiquer la couleur d*or, noHi 
pour armes trois losanges mises en iasoe. 
Les mains du défunt sont rapprochée» aor il 
poitrine ; ses pieds reposent sur deux pcris^ 
sons, enlre lesquels se trouve une masse 
d'armes surmontée d'un chien. — Noos m 
pouvons reconnaître, parmi les év6ques la- 
tins de Paphos cités par Leauien dans !'©• 
riens christianusy quel est celui dont la mé- 
moire est ici rappelée ; mais d'après le 
costume du chevalier Brocard» son pèrei oo 
peut considérer comme à peu près certain 
que l'évèque était né avant la fin du xiirçiè» 
de. La famille de Charnigny n'élait pas aa 
reste du rovaume de Chypre; elle apparte- 
nait à la noblesse française de Morée. Nous 
avions alors des ducs d'Athènes, des grands 
sires deXhèbes, des marquis de Tyr, des 
I rinces et des chevaliers français à Anli<H 
che, à Paphos, h Idalie, à Salamine, sur les 
bords de l'Oronte, de l'Eurotas et de IX-r 
Ivssus. 

§ IX. Ktima, près Bafo. 

C. 

Ici gîsl dame Alis [ril]lie Je sire Says le jenoeis 
que fu feme de sire Nicolose Saoncis, (de Sa- 
vone) laquele arme vive en Crisl. L'an de l'in- 
carnncion de noslre seigiior Ihesu Crisl a. ce. 
Lxxix. a XXII? jors de décembre. Pal[er 
nos] 1er. 

Cippe en marbre de 5 pieds de haut, placé 
sur un tombeau musulman dans le cimelière 
turc de Ktima. 

Après les Provençauxet les Languedociens, 
les Génois sont les premiers navigateurs do 
la Méditerranée qui aient reçu des privilèges 
des rois de Chypre, en reconnaissance de 
leur coopération constante contre les irapé- 
riaux. Leurs franchises, qui s'étendaient aux 
habitants des deux rivières depuis Vintimille 
el Savone jusqu'à la Spezia, sont bien anté- 
rieures aux privilèges obtenus en Chypre 
1)ar les Vénitiens, les Pisans el les Catalans. 
)ès le xiir siècle, les Liguriens avaient des 
consuls dans l'île ; ils étaient établis à Nico- 
sie, à Famagouste, à Limassol, à Paphos, 
où leurs principales familles avaient adopté 
la langue cl les habitudes françaises. 

Le \iir siècle a peut-être été l'époque la 
plus brillante du moyen âge pour nos armes, 
et assurément la plus satisfaisante pour no- 
tre amour-propre national. On parlait alors 
français en Syrie, en Chypre, à Coiistantiuo- 
pie, en Morée, è Palerme, à lïaples. Hamun 
Muntaner (chap. 126) remarque môme que 



cm 



D^EPIGRÂPHIE. 



QY 



ZS& 



kngÊgd était aussi correct h Athènes qu'à 
iris. I/angiais Mandeyille écrivait en flran- 
îi Ms péfegrimiious suspectes» comme le 
iqilieii Marc Paul ses voyages conscien- 
fvk, Braoetto Latioi de Florence son Tré- 
\ Busliden de Pise son roman de Melia* 
l^te Monile^sa Chcooique, Martin da 
aile aoD histoire de Venise ; ils écrivaient 
NI -an Irançais, taiotie, nous dit Canale 
■■lo BronettOy la plus délUtable à lire et 
àr fM Fan parlé par h mande. Aussi était- 
an livre français que lisaient à Rimini 
; loAuiunés ieunes gens dont le Dante a 
■ottalisé la faute et le cb&timent par ces 
WDL vers: 

■ lepgiavamo un giorno^ per diletto» 
Lanciolotlo, coine amor lo strinse. 
Meravamoy etc. 

{Infern,^ eant, v, v. 127.) 

A Jilfo du IV* siècle, Tusage de notre lan^ 
s Hou moins général au dehors ; en Chy- 
I pAme, où les Français dominaient tou- 
rs par le droit et par le nombre , les 
ingers revenaient vers leurs langues ma- 
neiles et n'écrivaient plus céoéraicment 
irs épitaphes qu'en latin. 11 est curaeux 
bserver aujourd'hui en Orient le mouve- 
nt inverse qui se manifeste partout, et 
i va amentr, quant à la langue, par des 
>yens bien différents des anciens le môme 
\l tie choses qu'on remarquait au \uV siè- 
î. La fondation des écoles françaises de 
uyrnp, de Constanlinople, d'Athènes, d'A- 
land.ie , de Chypre et du mont Liban 
iront des résultats aussi eflicaces, et peut- 
Ire plus durables que les conquêtes de Go- 
efroj (le Bouillon, de Gui de Lusignan et 
le Geoffroy de Villehardouin. 

(L. DE Mas-Latrie.) 

CICERA, au diocèse de Novare, en Pié- 

nonl. 

nicription sur les reliques venant des cata- 
combes de Rome. 

Âpro bcneinerenti 

qui vixit annis xxxni. 

{Cardinal Mai, p. 3C4.) 

CILLY, en Styrie, district de Gratz, l'an 
eane Celeia^ dans l'empire d'Autriche. 

^scription dans renceinle du monastère des 
Frères Mineurs. 

D. N. FI. Gonslantino 

clemenlissimo alq. viol. aiig. 

MarUnlanus V. P. praeses 

provinc. Norici Medilcrr. 

D. N. M. ejus. 

{Cardinal M Ai, 2i3, 5; G h ut., 283,5; 
Uansiz., Germ. Sacra, t. 1, p. 4V.) 

:ING0LI, dans lesElals pontiticaux. 
}cle au portique du Palais des décurions. 

FI. Forlunio 

vire divotissiroo 

palatine patrono 

dîgnissiiuo ob insi- 



f[nia cjus mérita or* 
do Cingulanorum 
ponendam décriv- 
it die VI. Idus oc- 
tobres Mamerlino 
et Niviua conss. 
(Cardinal Mai. 284, 2; Muratori, 383, 1 ; 

UfiHBLLI, t. X,59.) 

CIRESA, en Espagne. 

Eglise de Saint-Pierre. 
lossa doinini el principis nosld 
magni maxiini victor. . . . 

semper aiiga&ti 
Antonius Maiimus . . . 
nova proviiiciae ma . . . 
primus consularis el . . . 
prsses yiaro ab . . . 
ropîbus faiiiosani • . . 
con ... a Navisso . . . opac • . • 
perdomilo a verso . . . 
Inandationes o . . . 
{Card. Mai, p. 331 ; Mcratori, p. ik65, 5.) 

CITEACX, département de la Côtc-d'Or, 
en France. 

Douzième siècle. — Eglise de Vancien 

monastère. 

Omnis qui ncscil, disent quoniam requiescit 
Hoc in sarcopbago Cœcilia vcra virago, 
Ipsa monaslcriiim fecit rcllquasqiie doinonim, 
Gnlla vel inculla, dans fralribiis hic bona niulla 
Ergo présentes orcnl parilcrque seipienles 
El pro deftincta qiiilms sic prresiila cuncta. 
(Uém. de la Soc. archéol. du Midi t. III, 
p. 97.) 

CITTA-NUOVA, l'ancienne JEmonia, en 
Istrie, Etats-Autrichiens, dépendant du 
cercle de Trieste. 

Baplislerium digno marmorc 
Maurilius episcopus ^nion. 



[Card. Mai, p. 174 ; Ughelli, t. V, p. 229.) 

ClVIDALEou Cividale deFriuli, en Istrie 
(provinces lilyriennes), empire d'Autriche. 

Sur une plaque d'ivoire conservée dans le 
reliquaire des chanoines, on voit une croix 
dont la traverse porte deux globes repré- 
sentant le soleil et la lune; au-dessous 
l'inscription : 

I. 

IBS. NAZA. REX. JUDE (oniiu) 
URSUS. 0UX FECIT. 

Ici U figure du Christ crociGé. 
A gaticiie A droite : 

M. EN. FIL. TLU8. AP. ECCE. M. TUA. 

Maria, en fiJius luus. Apostole, eccc mater tua. 
(Au-dtssoa^, l:i siiiile (Au-dessous Tintagede 

Vierge ) saiiil Jcau t*évangéli«te.) 

Au-dessous * 

URSUS DUX. FIERI TREP. 

Vrsui dux fieri pra'cepu. 



551 



OY 



Le reliquaire sur lequel se trouvait celte 
p.aque d*ivoire était probablement un don 
du doge Orso, élevé au trône ducal de Ve- 
nise en 726. 

{Cardinal Mai, p. 5; De Rossi, Momim. 
éTAquilée^ p. 326; Muratori, p. 1961, 
10;BoNAnQTTi, VUr. u. 207.) 



U. 

Dans fattium du baptistère. 
-f Hoc lîbi restittiit Sig|fia!d (I) Bnptesln Jol^nnnes. 

(I. i les i animaux des E^ansréHstes ienaiil des livrer ou- 
verts sur lesquels M>ni é«-iiis ces vers de Sedulias, 
lib. I. Op. Paschate. In fioe») 



More volans aqnîlse vorbo petit nstra Joliannes. 
Jura sacerdolis Lucas lenet orc juvenci. 
Hoc Maltheus agens hominem generaliter implet* 
Marcus ut alla fremens vox per déserta leonis. 

Nisi qtiis ex aqua et Spiritu renatus fiierit, non 
videbit vilam aetemam, testante Deo ciiin 
* Christo. Yeniens in iordanem hoc sncravlt mys- 
tico baptismale. Nitens pîonini regnuro pattu't. 
Cemile tegurium, beati €allisti quod omavlt 
vibrante roarmorum scerna. Quos regat trinîlas 
vera. 

{Card, Mai, 171, 1; Bbrtolius^p* 440.) 

IIL 

Dans la grande église du côté du cimetière. 

• • • . tere Florolentos Pemonem Ratcbisum atq. 

progrès. . . 
{Cardinal Mai, 340, 5 ; Muratori, p. 1922, 

CIVITACASTELLANA, dans les Etats de 
l*Eglise en Italie. 

Au portique de la cathédrale. 

-f Beata D5 genetrix semper Yirgo Maria 
De tua tivi dona Léo, indîgnus «pc. te 
largiente reparavît. Et si quis ex successo- 
rib. nostrisqui pos (sic) nosbenturi sont epcôpi, et 
ex ea quod hic scripta sunt alienare voluertt, ana- 
tema sit. Et de tribunib. velcomitib. cleroaul po- 
pulo qui consenserit, anatema sit. A. DCGCLXXl 
Fund. Gassianum in inlegrum. 
Fund. Slatilianum in integrum. 

Fund. MaccUmone ut sitscmp. iii sciii Gratilîam. 
Glusura Pomata in Tampiana sub balneum, 
cum mola et ortum qp. ad funtesmoniu in integr. 

Olivitil in fund. Agellû. Nucito av. in Falarî 
Fund. Terrani uncias oclo. 
Fund. Tibilianû une. octo. Fund. Maria une. 
oclo. Fund. Agellû in integr. Fund. Mitilianû in 
integr. Domucella qp'ante scîn Clémente ciim or- 

[tua sua, et domu- 

(1) Il y a eu un Signait us évèque de Spolcfe, cl 
un SIginaldus patriarche d'Aquilcc en ^74. 



DICTIONNAIRE CIY 

ceila eam orUi» et eurle «bi miiiel ASànem p 

[ot sit ta 

ambaç de manstonarii. Fond Bassani une III 

{Cardinal, Mai, p. 234; liAFFBi,J 
cer., p. 359,^ 

civiTA-VECCHIA* dans les Etats 
trflcHUi 

L 

Benedicto XIY 
Pont. Opt. Max. 

Quod 

Yècligalia portus^ 

remiserit 

Immvnilales ab Innocenlio XO. eollatas- 

restilverit atqve adavxerit 

cvrantibvs 

Annibale S. R. E. card. Albano camertrk 

Sylvio S. R. E. card. Yalenti SS. D; N. a se 

el 

Mario Bologneltl xrarii pontificîl praelL 

Di*golialores Centvmcelienses 

L. D. D. D. 

benemerenli posvere 

aono Sal. mbccxui 



II. 

A la fontaine. 

Benodictvs KIY* 

Ponlifex Maximvs 

porlvm antiqvitate 

el opporlvnitate clarvin 

libervm dixit 

et salvbrivm aqvarvm 

fonle ditavît 

anno DominI 

MDCCXUII 

ponliflcatvs m. 

IIL 

A Varsenal. 

Bénédicte XIY. Ponlif. Max. 

qvod 

expvrgato alveo 

appvlsvm navibvs faciliorem 

slrvclvris adieclis 

aream 

mercibvs exponendis amplioreni 

reddtderil 

anno MoccxLvr. 

IV. 

A r Hôpital des Galères. 

Benedirtvs XIY. Pont. Max* 

damnatorvm ad trirèmes 

valelvdini et commodo 

an. MbccxiAi. 



K3 CTT 

V. 

Au Pàhdi deê Magisirais. 

Beaedieto XIV. Pont Max. 

qTiid 

SMxiàib el immoiiaKbTS merilis 

Trbem sibi devincum 

idyenlT et pnpseittia sva 

A. D. ?i. kal. maiî 

pontifie, anno vn 

ingenti deniqve gavdio compl<rverit 

CeDUm cellenses II. M. P. P. 

anno hdccxlvii 



VL 

A Saint e-Praxide. 

Benedicio XIV. P. 0. M. 
fmU pootifida praesenlia liospUivm lioc iHvs- 

traveril el animanrin salTii prospicicns 
opeUanis el triremivm adJictis e vila migran- 

tibTs pleaariam îndvlgeiitiam concesseril 
I.cap.p.anttoI>oniini MDCCXLviipridiekal. uiay. 



VII. 
A rhospice de Sainl'Jetm-de-Dieu. 

Ben^dlclo XIV. 
P. 0. M. 

(pod notocomivm hoc m. kalendas maias 

GeniTmcelias advenerit invisent 

et perennis aqT» digitvfn 

a fori Leandri fonte deilvctvm 

id xgrotantivm solamen et coinmodvm 

brgilTS everit 

cantate in pavperes 

eximia in ordinero S. loannis de Deo 

rovniGcentia 

principi incoroparabili 

Fr. LeopoIdTsPivs Sormann. 

prior generalis 
mémorise et honoris cavssa 

A. D. HDCCXLVII. 



Vin. 

A la cour de V Inquisition. 

Bénédicte XIV. Pont. M. 

^od bas aedes an. hdccxlvii. iv. kal. maias 

pnesentia sva décora ri i 

ia eisq. caiida svscepla potio"* 

Domenicanos Fratres 

ad osevivni pedis 

hvmanissime admiserit 

F. Kaimvndvs Zolla vic»^» 

giis S. FF. oOicii 



D*EnGRAPHIE. 



CLA 354 

IX. 

A la maison délia Sanita. 

Benediclvs XIV. Pont. Opl. Max. 

Ccntvm cellas accedens 

dvm ab flexa elo navale triremivm expellebatvr 

domvm Iianc 

presentia sva specialiier decoravit 

sicqve livivs domi ramiliam 

ad oscvliim svorvm pedvm libenier admisit 

Iftbentissime spiritvaliler cvmvlavit el graliis 

Avgvslînvs Donali et Leonilda conivges 

in perpetuae devotionis argumentvm 

posvere pridie kal. maii 

reparationis noslrae 

anno mdccxlyii. 

X. 

Au palais des Magistrats. 

Sytvio Valent! 

S. R. E. cardinali Cammerario 

Benedicti XIV. svpremo administre» 

qvod ad avgendvm commercivm 

porloriorvm immvnitatem reslitui 

constitvique trivnvirorvm magistratvm 

impetraverit 

vetera privilégia reviviscere 

novis corroborari avgoriqve 

cvraverit 

palrono svo 

grali animi monvmentvm 

décrète pvblico 

Centvm cellenses posvere 

anno yvlgaris acrx hdccxlvii. 

XI. 

Aux greniers publics. 

Beiiedicto XIV. P. If. 

qvod 

optimi principis providentia 

pvblicis horreis ad navaiia amplificatis 

maritimvm rei frvmentariae commercivm 

avxeril 

Xaverivs Canale annona; prxfectvs 

ex avloritate 

Silvii cardinalis Valentis S. R. E. canierarii 

cvrator operis 
M. P. 
pontiflcatvs anno xvi. 
(Galetti, Inscript. Bonon.^ p. 203.) 

CLAIRVAUX, dans le dé[)arteroent de 
TAube, en France. 

I. 

Epitaphe de saint Bernard^ abbé de Clairvaux. 
Par PhiUppe de Bonne-Espérance, abbé de Prémontré* 
Clarœ sunl Vallesy sed claris vallibus abbas 

Clarior, bis Glaruro nomen in orbe dédit. 
Clams auis, Clarus meritis, et Glaras honore 

Claruit ingénie, rclltgione magis. ^ 



355 eu DlCTiOJSNAiRE CLE 

Mors est Clara, cinis Clarus, Glarumque sepulcrum ^ dans, se trouve Tinscription suivante sur le 
Clarior exsuilat Spirilus ante Deuin. 



(Labbe, Thés. Epitaph.f p. 86). 



II. 

EpUaphe d^ Isabelle fille de saint Louis, femme 
de Thibault de Champagne, 

Si quemquam forlunaTauens a morte tucri 

Posset, habellis haud morilura foret, 
Filia Francorum Hegis, Regina Nauarrœ, 

Viidiquc Fortune cincta faiiore fuit. 
Forma decens, illustre genuSy florensque juucnlus, 

Virtus qu% mortts damoa lucrosa facil, 
Mens deuola, plus aOeclus, vita pudica, 

Post mortcm melius viuere praeslat ei. 
Félix qu» potuil blando specie tenus \ti 

Mundo, mente colens seduliore Deum. 

Autre j au même lieu. 
Ilaec quicumque legis, scilo quod filia Uogis 
liiclyla Franconnn digiiissinia laude bonorum, 
Istum corde chorum proprio facit esse décorum. 
Hic cor Hogiuse Nauarrœ fragrat odore, 
Quod dedil in fine, Conuenlus liuius amore, 
Régis Nauarrœ Theobaldi sponsa secundi, 
Hic cor liabel, quod non decepit gloria mundi 
Huic Campania parui, et Bria, nam Comitissa 
Clara, Palutina, diues quondam fuit ipsa. 
Sed tamen hic mores adjunxit nobiliores, 
Nam pietas,.afrabiUlas, banc intilularunt 
Simplicilas et sobrielas in ea radiarunt : 
Munditiai spéculum fuit et liiulus probilatis, 
lUuslrans populum fama proprio bonitatis. 
llsec sapiens, humilis, formosa, diserta, pudica, 
\ix est huic similis cui virtus tam sit arnica. 
Quidquid fortuna, natura vel ars meditari 
Sciuit in bac vna \oIuit Deus accumulari. 
His margaritis fuit adoraala decenter 
Insuper et mitis aduersa lulit patienter, 
Cum Fatre, cum spouso, cum Fratribus optât adiré 
llierusalem, sed mors banc fecit rétro redire. 
Mors Patris et Fratris cor pnesens valde grauauit» 
Sed Sponsi dulcis amor illud plus cruciauiL 
Nomen si quaeris fuit habella vocata, 
Regalis generis flos, gloria, laug celebrata. 
Hac cor in Ecclesia libi misit virgo Mariai 
Vl sibi propitia sit per te vera Sophia, 
Haoc tibi commendet deuotus grex Monachorum 
Insnper emendet operum forefacta suorum. 
Dam carmnt annf sub Christo mille ducenli 
Septuaginta monos, tumulalur honore decentl. 
Has res qui legitis, Isabellam, queso, iuuate 
Yt vestris meritis possit régna re béate. 

Voy. quelques épitaphes relatives à Claîr- 
vaux, h la suite des articles de CLUNYeld'OR- 

LÉANS. 

CLARENTZA, en Morée,ro}'aumede Grèce. 

Au couvent de Blacheines, près de Cla- 

rentza, près de la porte de Téglise et au de- 



pavé. __ 

Anno Dni. m ccclviii. die xx 

mensis septembris. Hic jacet Seine- 

iiilius sancti Viridi - Mileti de Lucinia 

qui habitat Yeneciis. 

^BuGHON, Atlas des nouv.recherc. sur la 
Morée. Descript. de la pi. xl}. 

CLERMONT en Auvergne, aujourd'hui 
chef-lieu du déparlement du Puy-de-Dôme, 
en France, 

I. 

Vers de Sidoine Apollinaire^ gravés sur les 

bains de sa villa. 

Si quis Avitacum dignaris visere nostram. 

Non tibi displiceat, si quod habes placeat. 
Aemula baiano lolluntur culmina cono. 

Parque colhurnalo vertice fulget apex. 
Garrula gauranis plus munnurat unda fluentîs, 

Coutigui coUis lapsa supercilio. 
Lucrinum dives slagnum Campania noilet, 

Aequora si nostri cerneret illa lacus. 
Illuc puniccis ornatnr lilUis echinis, 

Piscibus in noslris hospes utrumque vides. 
Si libet, et piacido parliris gaudia corde, 

Quisquis ades, Baias tu facis hic animo. 

H. 

Sur la pfrcuie* 

Inlrale algentes post balnea torrida fliictus. 
Ut solidet calidam frigore lympha cateni. 
• Et licet hoc solo mergalis membra liqnore, 
Per stagnum nostrum lumina vcstra nataot (1). 

'Cardinal Miî, p. 351). 

III. 

Inscriptions sur trois châsses. 
vin* siècle. 



In nomine Di sumi et in honore scor- 
roartir* Agriculi et Yitalis Arvemorum civitalis 
(sic) [banc 

capsa ex elimonia Garolo regeann* xvui. regni (i) 
sui; nec non Hicterio comité Vel reliquis chri- 
(sic) fstianis 

qui hune auro Tel gémis congregavërT per animas 
eor* Haddebertus eps fieri rogavit. Et vos do- 
mini epi successores nostri cum clero veslro in 

mercide vestra 
orate pro nobis* Deoddlgas fecit. 



IV. 

Hic habes reliquias de caput ici AgriciU (3) et de 
SCI Yitalis schina. Haddebertus e^ in Bononia 
civitate iubente Garolo rege recipil fesio eomm 

un. id decembria. 

(1) SiRMOND, 1. 1, p. 770; Sioox. Savar.^ 164. 

(2) Gclle année répond à l'a» 786 de iéa 
Ghrist. 

(5) Sic et non Agriculi. 



CXE 
V. 



In nomine Ci sumi in honore scF Mariae sci 
Feiri el scî HarciaJis, vel quorum reliquiae 
hic coudile sunt. Haddcbertus eps fieri iussil. (I) 

(Cardinal Mai, p. 52 53). 

VI. 

Sur Veglise construite en Vhonnenr de saint 
lUidiuM^ étéque d Auvergne, par l'évégue 
Bemou)inus^ au coiuujenetmeiU du ix* 
siècle. 

Onnipotan DomÎDus qui celsa rel ima gnbemas 
MajesUle potens scmper ubique Dcu»; 
fte&^iee de solio sancloruin gloria sumnio 

ÀoiUiooMiue tuis rex bone da ramiilis. 
himpilns pacem, subjeclis adde salulem, 

Hostis pelle rainas et fera bella preme. 
Bw qnoque quœ stalui fulgeniia culmina lempli 

Berhowlnus ego, sinl tibi graia Deo. 
ÂQgtistoet Karoio, cuius viriute peregi. 

Concède imperii gaudia magna sui. 
Quisquis el hinc suminas precibus pulsaverii aures, 

Effectum Iribual scmper babere Dens. 
floc conslruxil opus leclor quod ceniis bonesluip 

Bernowinus ovans duclus amore Dei. 
lllius nec non magni pro palris amore, 

Corpore qui sanctac pausal in arce domus. 
lu qoa Diuila Deus iam iam miracula mllis 

Saepius oslendil iliius ob meriium. 
Si Teniel quisquis fidei de munere dives, 

Qood peiit invenit, quod cupit ecce lenei. 
^08 fraires veniae pelilores obsecro vobis 

Poscile faclori dona superna domus. 
fiïciibi consliiui, llijdi magne sacerdos, 

Qiw iiilei hic Domini . . . clara domus, 
Bernowbius ego sancloruro parvus amalor 

Qui libi pwecipue vola precesque fero. 
îe rogo suppiiciier pro me prece posée tonanlem 

Ulpnrgel venia crimina cuncu niea. 

El Carolo augu>lo, cuius pieiale fovemur, 

Praebeal aclberci prxniia larga soli (2). 

Qoi cnpial reruro sludiosus forlc viator 

Aociorem scire carminis ani operis; 
loni redit quaeso modicum subsistai eundo. 

El légal hune litulum qui sibi cuncia refert. 
Semowinus ego nam dicor humillimus êpû? 
Culmina quae feci carmiiia quae cecini. 
oi Teniet ?eniara scelerum deposcere flelu, 
Transeat has portas ad loca sancla silus. 



667, Nouveau traité de diplomatique, l. II, p. GUG, 

(2) Mabillo:*, Ann. Ben., l. Il, p. 37i, 668, ex 
dice Ouoboniano, ad an. 8M ; et in Sœc. Ben 
V,p. iOo. Voy. BoLLAND., t. III, febr., p. 91 • t. vj' 
.i.,p. 15 * 



D'EPIGRAPIIIE. CLO 

Corpore lllidius ces» qu. pausal in aula 
Kximius merilis el pieiale polens. 

lllic inveniel solaiia certa salulis. 

El quam cuui lacrymis poscct, habet veniam. 

(Cardinal Mai, p. 130). 



ZSS 



Vil 

Vers gravés par Bernowinus, évéqm de Cler- 
mont, sur sa patène et son calice 

fiemowtnus bumilis sua redOit vota tonanti 

Hoc corpore humilis praesial vita beala. 

[Cardinal Mai, p. lî)7 ; Mabillon, An- 
nat. Bened., t. Il, p. 609). 

CLUNY, département de Saône-et-Loire , 
en France^ 

1. 

Epitaphe du prieur Bernard^ 

Paf Pierre le Vénérable. 
Egregius senior, cui nil iunenikîcohx'sil, 

Bernardus prier b:»c pansai humains buroo. 
Hic p«»sl mililiam ea*lestia castra subinlrans, 

Consenuil ccriaiis hoc in agone diu. 
Istesibi pro le'nnmqnam, Clunace, pcpcrcil, 

lluic sibi nulla dios absque labore fuit. 
Sic l)ene lolius pondus tolerando diei, 

Numnium prjcieritum sero reportai ouans, 
Huins vos fralres memoresestofesopulti, 

^ec cadal ex animo quod légat ossa solum. 

(Labbe, Thess. Epitiiph.y p. 86). 

II. 

Epitaphe du comte Eustache^ 
Par Pierre I3 Vénérable. 
Principis Eusiaehii, quo Gallia floruil olim 

Exuuiis pncsens nobililatur humus. 
Isiius arma viri Ireumerunl Persica régna, 

El Babylon limuit, qux timor orbis eraU 
jEthiopum proprio rubult nigi-edo cruore, 

Quem fudil Chrislo dextera sacra ducis, 
Pallet adbuc OrkM siupefaclus caede suorum, 

Dum pauel Occiduo rursus ab hosle premi. 
Regia lerusalem Christi veneranda tropli»is 

Hoc duce eapliuum lollil ad nslra caput. 
Spem Cluuiace sux tibi credidit isle salulis. 

Vt sibi placarel le mediante Deum. 
Hac spe longînquis veniens peregrinus ab oris. 

Hic iacet, el pro se supplical ecce libi. 
Aurea crox, geminœ cellae, piscesque marini 

Clamant, quod nihil huic lure negare potes* 
Huins tu membris sicul tua claustra parasti. 

Sic prece spiritui régna superna para. 
Ilaec qnoque Telici quaî contegis ossa sepulcro, 

Posl hoc hospitium redde sua% palriœ. 

(Labbe, p. 94). 

III. 

Hugues I" duc de Bourgogne. 

Hic requiescil celebrandae mémorise, magnu»^ 

que sxculiconlemplor, Hugo, olim Dux Burqun- 



559 CLO DICTIONNAIRE 

diœ^ posiea'Sacerdos et Monachiis halus sancue 
Ecclesiae Clu$Mcensis. ÂDÎiua eius requie$c;U in 

pacc. Âmen* ^^, ^ 

(LàBBE, p. 59«.) 



au 

VII. 

Conradj évéque de Wurtzbourg. 

Hoc procuinbo iolo, sceleri quia parcere nolo, 
Viilnera facta dolo dant habilare poto. 



IV. 

Epitaphe en vers léonins, de Vabbé Pierre 

Maurice^ 

Dans l'église de l'ancienne abbaye de Cluny, près de 

raïucl de Saint-Jacqaes. 

Paret in bac «rna, quod non sil vila dîtima 

Qiiaiescumque sumus morie coaxfual bumus. 
Duin Pelrus roori/tir'pius Abbas, Jus scpelilnr 

Pat cadil, ordo jzcel, flerc, moriqne pUicet? 
lllc salus palrifT, mundi decus, arca sopht(^, 

Nescius invldt(F, vena fuit vent(F. 
In iiaiale hei solemnis mane i'iei 

Mortuus, oblinutf piurima qiiae meruH. 

.(Labbe, Thess. épitaph., p. 172). 

Nous citerons ici quelques-unes des épi- 
taphes en vers léonins que Lnbhe a insé- 
rées dans son recueil, p. 156 et suiv. 

V. 

Albert de RoyeSy évéque de Laon» 

A Tabbaye de Saiot-Yioceot de Léoo. 

Pi-rcsulis Alberti cineres sunt bic cooperti 
ÏMrïhus exptrli, virlutum lande referii, 
Prudeniis^ituff, litulo probilatis onusii, 
i.i spe robusii, piet;ile, fldeque venusti, 
Nubililas generis, probat bunc, et gloria morum 
Coiitcmptiis scelerisy ac subsidium miserorum : 
Ëxposuil non se tantuin, sed opes manifeste, 
lura suae sponsœ^ causasqiie tueiido modeste. 
Aniio milteno C. ter, bis 1er duodeno 
Decessit Festo Marci. Pius liuic Deus etto, (1) 

VI. 

Balduini régis lerosol. 

Ejus sepnlcro inscripuim, ut refert YillamoQtiiis, lib. u 

cap. 21, aliique. 

Rex Balduinus, aller ludas Machabaus, 

Spes patrlœ^ vigor Ecclesiœ, virliis utrinsqne, 

Quem rormida^anf, cui doua, iributa fere^anl 

Cedar et jEgyptus, Edon, ac bomicida Damascus 

Prob dolor ! in modico clauditiir hoc tumulo. 

(1) Labbe ajoute ici : Quani vero antiqua sint 
ejusinodi rhytbmica cannina docent, quae nubentur 
cap. 78 YilâB ms. S. Faroiiis, ep. Meldeiisis. Ex 
qua Victoria, inquil auctor ille anonpmus, carmen 

Ïiiililicuinjuxta rusiiciiatem per omnium pêne vo- 
itabatora, ita cancntium, feniinxque choros inde 
plaudendo componebaut. 

De Clotario est caoere Rege Francornn), 

Oui iuil |»uy;nare in genlem Saxounm, 

V>ii.-<in );raiitier pruuenissei Misain Ssixonum, 

Si uvti fuissel inclyius Faro de génère Iturguadioautn ! 

Et in fine liujns carmin is 

Ouaiido f euiunt Missi Saxoniim in icrr.im Prancorum^ 
l''i«ro iilii eral (Mrinc'e|>s ir«. seuni per urheni Heliionim, 
Inaiiuctu Dei, ne imerUciautur a Itege Fraucoruin. 



VllI. 

Evrardy évéque d" Amiens. 

A Amiens. 
Qui popuhim pauit, qui fundamenta locomt 
Uiiins ilruclurœy cuius fuit Yrbs data curœ 
Yir redolens nardus fama, requiescit Euntém^ 
Yir pius affUctis, vidu» tutela^ reiièiis 
Gnsios, quos polerat, recreabat munere, verbk: 
Mitibus agnus erat, lumidis leo, Wmsi ntperhiê. 

IX. 

Geoffroy y évéque d* Amiens. 

Daaif rég'ise cailiéJrale de Sainte-Marie. 

Ecce prémuni humile Gaufridi membra cmbiU 
Seu minus aut simile nobis parât omnilMis îlle^ 
Quem laurus gemina decorauerat in medicitw 
Legequo diuina dccuerunt cornua bina, 
Clare vir Augensis quo sedes Ambianensis 
Creuit in immensis in cœlis auctus, Amen^ su. 

X. 

Geoffroy f évéque du Mans, 

Dans la chartreuse de Sainte-Marie. 

Hic iacet humains Cenomanis Praîsul amaius 
Caufridus gratus Domino, vilaquc probattu^ 
Moribus orna^tis, humiiis, castus, moderatus, 
Cuius iure status bene creditur esse beatus. 

XL 

Gazon, évéque de Laon. 

Abbaye de Saiot-Yiocent de Laon. 

Dux Laudunensis et Prxsul Gazo vocalus, 
Laudibus immensis dignus iacet hic tumulatus, 
Parisiensis ex Campnnia Yilla dat ortum 
Cui lucis porium tribtiat Deus et requiei. 
Hic Decretorum Doclor fuit, et generosus, 
CaslQS, formosuSy promotor eratque bonorum^ 
Largtis, munificus bumilisfuil, aique^ttielMp 
Facundus, lœtus, sapiens, inbonesta perosus» 
C ter eum mt//e, septemque decem sociatis^ 
Danl praescirc salis, dum vivere desiil ilU. 
Ambrosii festo migrauit fine dieî^ 
Cnm pielale Dei sint cœli gaudia prœsto. 

XII. 

Gérard Le Blanc, cardinal de Sainte-Sab 

A Rome, église de Saint- Jean de Latran. 

Qiiisquis ad altare vcnies hoc sacri/icare. 
Qui vel adorare mi Gerardi memorare, 
Ortu Parmensis, et Ponlilicis Sabinemis. 
Hoc altendat homo, per Tunus qnid sibi promo»' 



GLU D*EPIGRAPHiE. 

niide stitfitM, el transiiuus quasi fumui, 
I dëèunt Ciaecomus, Auberiuêf aiiique Car- 
Rwrj^œ iUuêiratores,) 



au 



ses 



XIII. 

GerberQf reine de France. 

n^BOined'Aiirillic, depuis souTeraia pontife. 
iipe 9aia rebua specieque beata^ 
<nMl«9 fidei pieuie probata, 
lista FraneU Gerberga vocala^ 
n fflto, sed carne satis decorata. 

XIV. 
GmUhierf évique de Langret. 
JLTégliaedesQiartreax de Logoi. 

m§mieu% sapiens ac mente pwiicui^ 
i GaUheruêf patiens, humilis quoque, 
iltaiCAnsltmanet hicque sepultus. [veruêf 
waimuit, templum pariter dedieauU^ 
ifctfMly Miindum stercas refmlauU. 
Inde fuit factas; terrestria sprent/, 
im ienmiit in qoo cum pace quieuit^ 
Umo cenieno ieptuageno 
kmo migranit corde sereno 
erOy octavo pleno, id est complelo atque 
atqoe adeo currente jam 1179, ut inani 
ixentar qui epitaphium publicis quibusdam 
itis et chronico Benigniano adversari eii- 



XV. 

\ CJholetf cardinal de Sainte-Cicile. 

A Saint-Laden de Bauvais. 

18 êiitef et pensa quantus fuit iste^ 
n fmlcruM cernis fulgere ieputcrum. 
sob petra^ quam signant subdita metr'' 
fiori» vis se diffundit odom, 
lioc tnmnUo venerabiiis ossa loannig 
Mtdo decorati pioribus annis. 
e§atmM fuit indytus atque probatus. 
ni Cordiit cuius mens nescia sordis^ 
ramcorum^ decus orbis, formaque morum^ 
tMlomniy constans ultor vitiorum, 
et Legum professer erat generalis. 
tm Regum consui bonus et specialU. 
l ad fietum pietas recolendo Choleium 
a delitum fontem pietate repletutn, 
id feàiti f y'ïisB reserans iter isii 
egi Christi cbarismata subripuisti, 
et munduSf verax fuit atque fidelii 
in c€bU$^ quia nunc sibi nemo secundus 
epromoi octo de mîHe treceiuii 
Nimoi quarto lux est morienti$. 

XVI. 

(Antre.) 
UipuUa latet orbis fulgida Stella, 
l^are régie haec fuit aucta in honore. 
DicnoNN. d'Epioraphie. I. 



Francîa LêffotuM sascepit, eum sibi gratum^ 
Formam olrfiiliftfi, Francorum nobile êciUum : 
Hic Tir compoêitui. Tir verax» Tirqne perittu, 
lustuSy magni/icuê, Regum specialis amietu 
Ergo ïïèeem plores praedari Patris, et oreê 
Ut post bos Flores fructus capiat meliores. 

XVII. 
Jean de Dormans^ cardinal. 

é Aox Chartreox de Paris. 

Dormit bic I. de Dormano : 
Gbristo felix est oblatus; 
Corpus linqnens *mtHu/o vano^ 
Sob marmore lumulaïus. 
Tu dcTOti Patris huiui 
^ Rex gloriœ lES V Chrisle 
Animam suscipe : eujus 
Corpus tegit lapis i$te. 

XVUI. 

HugueSf archevêque de Lyon. 
EpiUpbe par Baodry, archevdqne de Dole. 

Post Lugdinensis Praesnl, prius Hugo Diensi*, 

Magnus Romanœ filins Ecclesiœ. 
Quem sibi Legatum Romanus Papa royauii^ 

Ad Synodum Teniens proh dolor! occubuii. 
Virtutum cellamt diuini nectaris aulam^ 

Hac tomulauit humo SegusiemU homo 

XIX. 

Epitaphe du pape Jean XV. 

A régllse Saint-Pierre à Rome. 

Clanditor bec tumule venerabiiis ille loannes. 

Qui Legis sacrae diffundere nouerai amnes^ 

I':gregiu8 Doctor Tcrbo quaecumque docebat, 

Moribus et Tita tribuens exempla gerebat. 

llunc a Canonid destriclo iure rigorii 

Non timor» aat locruro» non gratia flexit amoris. 

Det Deus aetemus cœlorum lu mine pa$ci 

Gui dat Roma mori, dederat bene gaudia nasei. 

€um Tir iste obiit, si tîs agnoscere verum : 

Septima lox Jfat; fuit illi meta dierum, 

XX. 

Jean de Sacroboeco. 

Aux Mathorins de Paris. 

De Saerodosco qui Compittista loannes 
Tempora discernit, iaeet bic a tcmpore raptus. 
Tempore qui tequerisy roemor este quod tnorieriê. 
Si miser es, plora ! miserans pro me precor ora. 

XXI. 

Abbé Naialis. 

Par Baudry* abbé de Bourgeoil. 

Abbas Natalh bas JSdes amptifieitrêt. 
Et nouiter factas Urbanus Papa sacrarat^ 

12 



W5 CLU 

Cum Mcotae tuum Deus accersiuit alumnum. 
Cui dedh seiernam solemnî ninere somnum. 
Hic modo Ndtalii pro câtne iacel cineratus 
Cui noceat noUas pro carnis sorde reatu$. 



XXII. 

(Aotre.) 

Abbas Nataliiy flos Âbbalum specialis. 

Signal quid sit homo factus humus sub humo. 
Tir capilis cant, meriti vir sanclus opimi, 

litiic viuens late praefuit Eecleriœ. 
Defuncius vero sacris banc ossibus ornai, 

Quae lamquam nolrix confouet isle lapis 
Hic Nieolai libi seruus dénotas adhssft, 

Idcirco $erui duuc memor esio tui, 
Chriito coramenda, qncm mundo Chriitus ademil 

Huncque palrocinn iure tuere tui. 

XXIII 

Nicolas f cardinal de Prato. 
Aqx Dominicains d*Avigoon. 
Eloquinm^ bona vila virerUf discrelio fulta^ 
Coniiliunif doclrina vigens, prudenlia tnit/la, 
Isia $Uent; hic illa docent, sunl cuncla tepulta. 
Tirginis a parlu in numeratis roilfe treeentis 
Annis hiidenk uno quartisque Katendhf 
Qucm genuil Pralum, Spoletum Pontificalum, 
0$tia ouem dédit Romano Cardîue produit. 

XXIV. 

Nieol€u, évéque de Troffes. 

A Notre-Dame. 

Anno milletio bîs centenoque noueno 
Cum sexageno sub AprUis lempore pleno 
Prae Marci feêto^ ta qui legts haec memor e$to» 
Quod iinquens miiiiifiim, miserom nimis, et mori^ 

Praesol TrecensU Ntcolaus, sede Briensis [bundum 
Fons Decretorum, patri» lux, forma bonorum 
Annis terdems numéro iunciis sibi unis 
Mobilis Artiua^ patria praefulsil influa; 
Yos qui transitiez totiesque tenilii, et itis 
Id prece tos sitis, quod Chri$tu$ sit sibi mitis. 

XXV. 

Eudes de Sully^ évéque de Paris. 
Dêds le chceur de la sainie Vierge. 

QQemCitliednedecorauiilH>uor,qaem sanguisontfiif, 

Quem niorum gnuiUs, hic iacel Odo mUm. 
Praesulis huius eral, quod habenl haec tempera rare. 

Mens sincera, manus munda, pudica caro. 
Lenibus hic tenis, loga nudis, vicias egenis 

Vila fuit /«ufiiii Clara, pudica senis. 
Bis Sexcenteno Chriai qiiarloque bis aimo, 

Tredecimo UH transyi Odo die. 



DlCTlOMNAmE 



GLU 

XXVI. 
M. Pierre. 

Par Philippe de Bonne-EspéraDce. 

Lucifer occubuil slellse radiale minores, 
Cuius vos radius hebetabgt ut inferiores, 
Ulius occasu tandem venislis ad ortufn, 
Maufragioque lulii vestr» ratis anchorft pofHÊÊ. 
Maiurus, docilis, pius» egil, praMulit, emic, 
Cursum, ius, cœlum, lempore, Icge, fide 

XXVII. 

Pierre de Saint-Victor. 

Au cloître de Saint-Tidor, k Paris. 

Hac iacet in tumba simplex, humilisque co/iiiitl«| 
Utque fluens unda sua mors fuit hic gemehunéa. 
Salicibus natus Abbas Petrus est vodlaius, 
Moribus ornaius, pius, omnibus et bene gratus, 
Petrus erai petra, lacrymosaque dia pharelta. 
Tu super hune plora, frater, Domînam simul or 
Omnibus absque mora det vt alria fellciora. 
Mille trecenteno, tribus auciis, octuù^o 
Papa Peirum^ Marce, cœli liM îùngîs iii arce. 

xxvm. 

Pierre architecte. 

A Saint-Germain des Prés^k Pans. 

Flos plenus morum yiueus Doclor lAttomomm^ 
Musterolo natus iacel hic Petrus tumulatus : 
Quem Rex cœlorum perducat in alla polorum. 
Ghrisli milleno bis centeno duodeno 
Cum quinquageno quarto decessit in anno. 

XXIX. 

Pierrcj évique d*Ancône. 

Au chœur de Notre-Dame de Paris. 

Hic iacet in cella Petrus cognomioe BeUa 
Pertica, perplacidus Tcrfois factis, quoqfle /ItffS, 
Miiis, veridicus, prudens, humilisque, pfàditÊS, 
Legalis, ptanus, Telut aller Justinianks. 
Summus Doctorum, ceriissima re^fOdâ lilortiii. 
Parisinorum Decanus Canonieorum. 
Auiisiodorica digne sumpla sibi sede 
Tempera post modica carus secesslt ab mde 
Annis sub mille ter C. septem simol ittê 
Sulpiiij festo migrauit ab orbe motèsto 
Del sibi solamen Spiritos almu€. Amen. 



XXX. 

Epitapke d'wn nommé Piefre. 

A Saint-MÉHin Sn Champs de Paris. 

Qvi legis hoc metii cognoscas quod pelra Petrum, 
isia legil iuuenem tempoi^, mente senem. 
Hic mundi fœcem eonteknpsif àmore scolarum, 
Susiinuitque meem fados sectatof earum. 



OLO 
XXXI. 

Epiiaphe du cardinal Pierre Damien, 

Par lui-même.. 

Qvod nunc es, fuimui : es qiiod sumus îpse futurm 

Hit sit uuUa fiàeê qu» periMira ttdes. 
¥niiola sineerh pnrcurront, somnia veri$, 
Saccedanl kreuibus saecula temporibus, 
Ime niemor morfît, qoo seroper viuere po$$ù, 

Qoidqiiid adest irantU : quod manet, ecce venU : 
Qoain Jbeiie j^ramiUi^ qui te, maie Munde, reiiquH, 

Mente prios cantiquam tibi carne mon. 
Gofica tmreniê praefer, mansura caducU, 

McDS répétât proprium libéra pnncfpttim. 
Sfuîm afia |»0laly qao prodit fonle recurral : 

S«b aedcqndol quidquid id îma grauai, 
Sk iieaar» oro, mei, dneres pius aspice Pétrie 
Cam fntz com gonita die ; sibi parce Deu$. 

XXXII. 

Pierre, étique de Noyon. 

Eglise Notre-Dame. 

Mmiom Praisol Peines iaoet hic lomulatus, 
^ QBODdam Franeorum Philippo Rege creatu$, 
: * Citios, fonnosics, fustus, mlUs, generotm. 

Trans mare deuote fuii hic cum Rege nepote 
i Lvœ tua remeans, Dionyst, transijl anno 
^^ Bb sexcenteno quinquageiiô minus vno. 
^ ftû legis eadeniis, intrînsecus aspice, flùra 



D'EPIGEAPUIE. CLU 

At tua magna /ides centum Rainaide Calories 
Longe praecessit, iustiiiaeqiie teuor 

*n faclis a/acer, in verbis promptus, et acer; 
Tu decus in clerOf lu pecus in populo. 

Ecce iaces madico Eainalde solulus in amro: 
Omnipotens veniam det tibi, cuius eges. 



S6a 



Soiiis aut eUiuê Teoiet iUm 



kora. 



XXXIH. 

Philippe de Maisières. 

Aux Célestins de Paria. 

QtI bella êeeuius pbgas nondi perluitramâp^ 
ElTanis alUeimê aitas aedes frequentando, 
IhMus induiui, detîcijs mhœrendOt 
Nooc pukûs efecluê aub tomba tubam expecio. 

. XXXIV. 

Raoul, évéque d*Arrùs 

dvem sculpta ra premit Praèsul Regale redemtl, 
Hon facit AniUtes discretos Oiors tua tristeSf 
Ikm cceli ciuU meriiorum pondère vt'uti. 

XXXV. 

Rançon f évéque de Clermonl. 

Gioliiiet hic tumulus Ranconiê Praesulis ariu$; 
FnefuU Aruemis annis fere bis duodems, 
Tenpore et Henriei Régis sibi semper amiei 
TnoÈiûii Octobri* ter quinis nempe Calendie, 

XXXVI. 

Clerc, nommé Reginald. 
Scripta soient veterum mores eflerre Catonum, 
Mirandos noslris temporibusque $ui$. 



XXXVll. 

5. Regnobert, évêque de BayeUx. 
(InChasoe, tom. IIlHistor. pag. Ils.) 
Hic Reynobertus sanctus nrcet inlumulalus 
Baioeenns onus qui rexit Ponlifieatuê. 
Hugo bonus Praesul praesens J'uit ad releuamem. 
Qui dormitat ibi, reperit de febre leuamen, 

XXXVIII. 

Etienne, chancelier et cardinei. 

A Saiot-Jean de Laon. 

De Suisy natus Slephanus hic est tumulaiuSf 
Qui se gessii iia viuen'do, quod ArchileuUa 
Brugemis pridem, mox Gancellarius idem 
Aolae Regalis fuit, inde Cardiquenalis. 
M. semel et G. 1er, V. bis, semel L. nece teter 
Fftctns, decesêit Decembri, cuf refuieêck. * 

XXXIX. 

Vgolin, jurisconsulte. 
A Saint-Yietor, près de Bologne. 

Transiit, vt viuat, mundans Legis alumimu, 
Mors sit ei requies, vltlma Viia Deus. 

Vrbis honor, mundi spéculum, iacet hic Ugolimu 
Spiritus astra tenet, corpora signât humus. 

Mors voluit Mundnm sob certa lege teneri : 
Nam cinis est hodie, qui fuit ignis heri. 

XL. 

Hugues de Saint-Thierry. 

DansfégUse de Lyon, auparaTant dans la cathétfrile 

d'Orviôle. 

Ecclipsin paiitur sapientia, Sol sepelUur 
Felici fine, sanctœ quoque Cardo Sabinœ 
Iste fuil, per quem paluil doctrina Sophiœ 
Praeco Dei, doctor fidei, citharista Mariœ. 
Hugo sibi nomen et Cardo Presbyter omen, 

hio alia solula oralione vide apud Auberium 
aliosque.) 

XLI 

Héloise. 

Hoc tûmulo Abbafissa iacet prudens Heloissa 
Paraclilum statuit, cum Paraclito requiescit. 
Gaudia Sanctorum sua èunt super alla polorum. 
Nos merilis precibusque suis exaltet ab imis. 



M7 



COI 



DICTIONNAIRE 



COU 



S6(. 



XLII. 
Le cardinal Henriy abbé de CUeaux. 

1163, 17 May. 

Au monastère de Clainraux. 

S^iacet huic lapidû quondam notissimus Orbif 
Abbas Henricus Romano Cardine dignus, 
Lubrica qui vani conlemnens gaudia mundi 
Terris membra dedit^ cœlis animamque remisit. 

COBHAM, près Rochester, en Angleterre. 

I. 

Epitaphes de VEglise. 

Jean de Cobbam. 

Vous qe passez îcy entour 

Priez pour Talme le corlays \iandour 

Qe Johan de Cobbam a voit a noun 

Dieux lui face (e) octray pardoun. 

Que trespassa lendemain deseint Matbi (eu) 

Le puissauDt otrie a demanoir ove (u) 

Luy en Tan de grâce mil cccl qalre 

Ces enànis mortels fest abalre. 

IL 

Kpitilfae de sa première femme, Jeanne de Beauchamp 

Dame Jone de Cobbam gist Icy 
Dieu de sa ailme ayt mercy 
Qi pur Talme priera 
XI jours de pardon avéra. 
(Sépulcral monuments^ I, pages 105, 106.) 

Eglise du collège. 

III. 

Tbomas de Cobbam (frère de Jobn) enterré dans l'église 
du ooUége qu'il avait fondé à Cobbam, mort en 1367. 

Yous qe par ici passetz 

Pour lalme Tbomas de Cobbam prietz 

Qc trépassa la seynt Tbom le aposire 

(Le) Tout (puissant) lui oltrie a demeurer en com- 

En Tan de grâce mil • [panie le vostre 

Le baut Trinité lui soit defender d'inferne abisme : 
Et icy gist Dame Maud de Cobbam qe fust le 
femme de Sire Tbomas Cobebam que delly a ix 
four de averil Tan de grâce m. ccc... m Rie. ii. 
{Sépulcral monuments^ I, 123.) 

COIRE, en Suisse. 

Inscription trouvée en 1530. 

Divx Helenœ 

Nobilissimœ ac venerabili 

matri D. N. FI. Yal. 

Constantlni pii Felicis 

victoris semper 

Augusti 

M. Avidius Priscus 

proc. bered. in. Dalmatia 

D. N. M. Q. ejus. 

{Cardinal M A\, 239, 2. 



COLOGNE, sur le Rhin, au royaume d^ 
Prusse. 

I. 

Sur le mur de Viglise paroissiale de Smnt^ 

Pierre, 

. « T. F. imperaUiribus nostris 

. . sio FI. Arcadio et FI. Eugenio 

. • 1. conlapsam justu Tiri d. 

• • fis comitis et Instantia V. C. 

• • mitis domestioorum et 

gus ex integro opère faclund. 

• . it magisier Praelins. 

{Cardinal Mai, SS», h) 



• • 



n. 



.> 



Chapelle Satnt-Eratmsn - 

S. Evardus me fecit. 

Quicumque 

bunc locum 

destruere voluerit, 

ira bel feriatur. 

Et nemldgsul iaoeat 

{Cardinal Mai, 122, l.y 

Gelenius, deAdm. fnagn,^ Col. Agripp.f p. 
2T7, lit œtemœ maledictionis subjaceai. 

m. 

Eglise de Saint-Cunibert. 

Epiuphe de Jean Fitzer. 

Hospes sta pauUum, quod deico pellege, quoius 

Ossua sont isteic maistissima consita, raptom 

Veitae ejus moltum doctae fleuere Camœns. 

Heicce touam erodiit Praeses Moutane inueutam 

Et sacra Tboulogis nactus diademata clerom. 

Atque gregem Cuniberle tuum rexit, docuitque. 

Sceiius erat, nûquam leuis , baut malu, dodo, I- 

Commodu, loustiliae custos, amhter honesti. [deii, 

Ingenium, quoi nulla roalum ienTeotia suant. 

Sarcophage boc illum Collegae deposierunt. 

Mens Diuom endo domu perpes hdtatur in coois« 

Tbomanae exequias memores iuere Camœnae 

Carminis bas olli. Hoc volul, ne nescius esses. 

(Labbe, Thés, epist.^ p. i03.) 

COLONIOLA, dans le territoire de Vé- 
rone, royaume Lombardo-Vénitien. 

DD. m, FI. Yalen- 

tiniano et FI. Vaieo- 

ti divinis fratribus 

semper augg. 

{Cardinal Mai, 264, t; Grctbr, 285, lOr 
Maff., Ver. ///., t. IV, n" W ; Pantih.! 
AA. Ver., p. 226.) 

COMACCHIO, en latin Cymachum, dans 
les Etats-Pontificaux, près de l'Adriatique. 

Inscription du clocher de la grande églises 

^ Tëm. dn. FeK. T. RTb. ari$. sce eccl. 
Kar. cdf. Yiiiceniius prima 



CON 

^ tSS. sci Cassianici cum 
primû édifie, per indic. YI. ^ 



DtlPIGRAPHIR. 



\ 



\ 



felid. 
(Cardinal Haï, p. 207. 

CONDÉ, département du Nord, en France. 
Les journaux du Nord ont annoncé, à la date 
du 8 octobre 18UI, la translation qui a eu 
lien de Wiers (Belgique) à Condé (Nord) de 
dii-fanit cercueils renfermant les restes de 
dirers membres de la famille de Crov. Ces 
restes, enlevés en 1791 d*une cbapeile se- 

Sierale de la même église de Condé, avaient 
I conduits en Belgique, et déposés dans 
me saUe du château de Wrers par des per- 
ioaaes désireuses de les soustraire à la pro- 
fublîoii. M. le duc actuel de Croy a obtenu 
qM eatle précieuse partie de sou héritage 
fid DM rendue. Le transport a eu lieu avec 
il pfcis grande solennité. L'un des cercueils 

j mement excité la curiosité publique. 

Cest une botte en bois de 1 mètre 2b de 

toogueur, sur laquelle était attachée cette 

insaBiption : 

• • • Tsabiaiis.«.]adis dame deMoriamez, feme 

de sir Robiers de Condet, seigneur de Marches 

et de Bailleul, laquelle irespassa Tan mgccxlvii, 

Uderrenier jour dou mois d^aouts. Priez pour 

rame de li. 

Ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'une 
ouverture qui se fermait par une trappe à 
coulisse permettait de voir dans l'intérieur 
le cr&nc de la dame, encore garni de longs 
cheveux roux. 

CONDOM, en France. 

Offrande d^Algasius ou AgalfiuSf duc (TX^ut- 

taine. 

GriTée aar «ne plaque da cvprès , près de l*autel de Té- 
glise abbatiale de Goadom. 

Templum Chrisle luis famulator Agalsius offert, 

bqao se socias mater et uxor agunt 
Toooali e solio Mrfanum illabere niysteii, 

Et puram puro irade fldcm populo. 
Hic mera perpétue recinunt aliaria Christo, 

Et calet arcanis nox vigilanda saciis. 
fflc el juatorum gaudent componier (?) urna 

E transalpinis quae veniunt tumulis. 
AadHtos hic tempio est, atque ambitus iste sépulcre 

Qoîaquia sanctus adi, quisque profanns abî. 

(Plus bas.) 

Ego Agalsius Aquitanorum dux et mater mea Isam* 
borgis et uxor mea Agnes hune locum dedimus 
dommo nostro J. G. Salvatori ob peccatorum 
oostrorum indulgentiam parentumque nostrorum 

lablem. 

[Cardinal Haï, 360, 1.) 

CONÉGLIANO, dans le royaume Lom- 
birdo-Vénitien. 

Eglise collégiale, 

M afee le corps de sainte Victorioe , du cimetière 
de Calliste, en 1661. 

Fia* Vicioriiia 
que vixit an, xxu. 



CON 570 

et meses viii. et dies xv. 

servandus iSinite in pace 
patir bene merenti fecit 

felie en pace 

s. inn. v. Ninita. 

[CardinanUU 433, 6.) 

CONFLANS, près Paris, sur le bord de la 
Marne et delà Seine. 
L'église de Saint-Pierre de Contlans, de la 

Earoisse de laquelle est le bourg du pont de 
harenton, est un b'âtiment du xvi* siècle. 
Il est tout voûté, et a un collatéral de chaque 
cdté, mais sans abside ou sans fond en forme 
de rond-point. Cette église est, dans le 
pouillé Parisien du xni* siècle, au rang de 
celles dont la nomination appartient an 
prieur de Saint-Martin, et tous les pouillés 
imprimés y sont conformes. Il a existé cer- 
tainement une léproserie au pont de Charen- 
ton, et il paraît qu'il y a eu aussi un hôpital. 

Dans le dernier siècle, il s'est formé sur 
le territoire de la paroisse de Conflans deux 
communautés, l'une d'hommes et l'autre de 
filles. 

La communauté de femmes est un prieuré 
de Bénédictines, sous le titre de la Concep- 
tion et de Saint-Joseph. Il reconnaît pour son 
institutrice Charlotte Le Bret, qui , de re}i- 

fieuse de Farmoutiers étant devenue pneure 
e Saint-Thomas de la Val, au diocèse de 
Sens, jeta les fondements d'un nouveau mo- 
nastère de son ordre à Lagny, Tan 1641. 
C'est ce même couvent qui, au bout de douze 
ou treize ans , . fut rapproché de Paris, k 
cause des guerres, et placé à Conflans dans 
l'hdtèl ou palais de Bourgogne, c'est-à-dire 
l'ancien séjour des ducs, que la duchesse 
d'Angouléme lui vendit. Depuis ce temps, 
ce monastère a fourni plusieurs abbesses à 
diverses maisons de Bénédictines. 

Près de la balustrade du maître-autel, du 
côté de l'Evançile, on voit un monument de 
marbre orné de dorure, où repose le cœur 
de Guy de Duras, duc de Quintin, que l'on 
appelait le maréchal de Lorges. Ce monu- 
ment est couronné de ses armes. Il avait 
deux filles religieuses à Conflans, savoir, 
Élisabeth-Gahrielle de Durfort , oui a été 
ensuite abbesse d'Andeceis, et Claude-Su- 
sanne de Durfort, morte abbesse de Saint- 
Amand de Rouen. 

François de Harlay, archevêque de Paris, 
souhaitant avoir une maison de plaisance 
dans le voisinage de Paris, en acheta, l'an 
1672, de M. le duc de Richelieu, une en ro- 
ture à Conflans, accompagnée d'une île sur 
la rivière, et la fit rebâtir à neuf, puis la lé- 
gua à ses successeurs. M. de Harlay y mou- 
rut d'apoplexie, le 6 août 1695. Elle est si- 
tuée sur la pente d*un coteau, qui donne 
une vue charmante sur la rivière et sur une 
vaste plaine. Les bâtiments sont très-irrégu- 
liers, et d'un goût assez bizarre. 

Le savant Antoine Loisel, avocat au par- 
lement de Paris, nous apprend, dans la qua- 
trième partie de ses opuscules, que ce que 
nous api)elons aujourd'hui le château de 
Conflans, était, au commencement du xvi* 



m 



CON 



CON 



171 



sMcIt-, la inaison <Je rampagne d'un célèbre 
avocat, nommé Dii-Horames, « qu'on disait, 
ajoute-t-i1 , être celui qui avait .ipporlô le 
premier les bonnes lettres au barreau. » Il 
arail fait mettre sur la porte de derrière de 
cette maison, par laquelle il entrait, lorsqu'il - 
Tenait h Conflans par le côté de la rivière, 
ce distique latin, imilé de Térence : 
Consequnr ei boc rare senei quod comitus olJm 

Ut ne<|ue agri ajt urbis me saliis capiaL 

Il y a dans Térence : 
^ nieo propinquo nire hoc capio commodi 
NeqDeagri, neque urbisodiumme unquam perdpil; 
Vbi Mlias Oeri cœpit, conimulo locuni. 

{Eunuch., acl. v, lec. vi.) 

Celle inscription a subsisté longtemps, et 
on la voyait encore dans les commence- 
ments daxvn* siècle, lorsque MM. de Ville- 
roi étaient propriétaires de cette maison. 

Ce fut au bourg 'de Charenton, territoire 
de Carrières et Conflan.<t , que Charles V, 
régent de France, campa, lo 30 juin 13S8, 
avec trente raille chevaui, pendant que Pa- 
ris ne le reconnaissait pas, mais le roi de 
Navarre : « Et étoit le corps dudit régent 
logé en l'hôtel du Séjour ès-Carrières. Et de 
là il vint au pavillon , qui fut fait vers le 
moulin à vent, pour parlementer avec le roi 
de Navarre, le Siuillet. » Des Drsins, en son 
BUtoire de Charles TI, parlant de Charenton, 
dit qu'en 1403, ■■ le tonnerre y abattit huit 
cheminées, rencontra un compagnon auquel 
il ôta le chaperon et la manche Hextre de sa 
robe, et passa sans lui mal faire : et par un 
trou entra en la maison du Dau&n, et en 
une chambre rencontra un jeune homme, le- 
quel il tua, lui consumant les chairs et les 
os et tout. 

Le couvent des Carmes Déchaussés se 
trouve sur le territoire de la paroisse de 
Gonflans, et assez éloigné de cette paroisse. 
Il est situé à l'extrémité du village des Car- 
rières, prés du bourg de Charenton. Les 
religieux qui forment ce couvent furent éta- 
blis dans cet endroit en 1615, nar Charles 
Bailly, président en la chambre des comptes 
et par Chrétienne ou Christine Le Clerc, son 
épouse. A côté du mallre-aulel, est une 
cnapelle, dans laquelle est le mausolée des 
fondateurs de celte maison. On voit sur une 
base ornée de marbre et garnie d'une ins- 
cription, une plale-t'orme a la hauteur de 
six h sent pietis, sur laquelle sont les statues 
de Charles Bailly et de Christine Le Clerc, 
son épouse. Ils sont h genoux l'un et l'autre 
sur un prie-dieu. Le tout est d'un Irès-beau 
marbre blanc, et d'une très-bonne exécution. 
C'est bien dommage qu'un morceau si digne 
d'être vu soit, pour ainsi dire, enseveli dans 
les ténèbres. La chapelle qui le contient, 
est, |)ar elle-même, assez obscure, et elle est 
d'ailleurs placée de manière qu'on ne peut 
y aborder facilement. 

(Hdbtaut et Magmt, Dict. de Paris tt 
de» tnvirons.) 

CONFLANS-SAINTE-HONORINE, h la 
jonction de l'Oise et de la Seine, nomma 



Sainti^Honorine, \ cause cte la translation 
<lu corps de celte sainie dans ce lieu, où elle 
avait été apportée de tîraritle, sons le rè^ 
de Charles le Simple. L'église a d'abord âtf 
titrée de Notre-Daeae : on veut qu'elle aitéU 
surnoraméo des Ardents, peut-être k ctosa 
de quelque concours du peupla daos U 
temps que ta maladie des ardents rtoia, 
c'est-à-dire au x" siècle. Ce n'était alon 

Îu'une chapelle; mais les seigneun da 
eaumont-sur-Oise ayant eu la ddvolioQ di 
bâlir une église plus spacieuse au \i' siècle, 
et de faire venir à Conflans des moines de 
l'abbaye du Bec, pour y demiMirer, il se Bt 
alors une seconde translation du corps de 
sainte Honorine, de la vieille chapelle enta 
nouvelle église, à laquelle assista saint Au- 
selme, abbé du Bec, et depuis arclievâquede 
Cantorbéry, avec Geoffroy, évéque de Pa- 
ris, c'est-à-dire, entre les années 1079*1 
1087. Il se Qt un grand nombre de inira^Jes, 
et l'on réclamait particulièrement CPlte saisie 
au sujet des captifs ouprisonnlurs. Sa chisse 
est élevée derrière 1 autel de l'i^jjlise du 
prieuré : elle est couverte de plusit-urs pla- 
ques de cuivre, et autres de bas argent. 

(Hdrtaut et MiGNT, Dictn de Psrû et ém 
environs.) 
CONQUES, département de l'ATeyron,*aa 
France. 
Vers 1060. — Eglise de Sainte-Fou à Vabbam 

de Conques {Ordre de Saint-BenoU). 
Hic eal abbas silus «liviaa lege peritui 
Vir domino graïus de noniine Bego vooiDS 
Hoc peragens clausirum quod versus iMdil i 
Sollerti cura cessil el aliera plura [ausinn 

IIiC£St laudandus per secla vir venerandus 
Tivat io xternum rcgcm lauilandn sapernnm. 

(Mém. de la Soc. archéol. du Midi, t. IV, 
p. 278.) 
Extrait d'un Rapport adressé au Miniêtrfdi 

Vlntéritur, sur l'abbai/a d» Conqtut , 
Par M. P. Mi^nmÉE, 



L'abbaye de Conques, de l'ordre de Saiafr- 
Benoit, fut fondée, dit-on, vers la fin ia 
Ht* siècle dans une espèce de désert, BU ait 
lieu des plus âpres montagnes du Bouei^iie. 
Si l'on en croit ses historiens, elle fut suc- 
cessivement ruinée par les Ariens, puis par 
lesSarrazjns (730), et rétablie autant de foie, 
d'abord par Clovis, puis par Pépin, roi d'A- 
quitaine. .Mais ce nesl pas l'histoire delà 
communauté dont i'ai à m'occuper ici, je n'é- 
tudie que celle ou monument, pI il parait 
bien constaté que l'édifice que nous voyons 
aujourd'hui fut construit jjresque en entier 
au coinmeneement du xr siècle par las soins 
de l'abbé Oldaric (1030-1060). 

Le bourg de Conques, pre^^que inaoces- 
sible pendant une partie de l'hiver en raison 
de la diflicullé des chemins, s'est élcTé m»* 
tour et sur l'emplacement de l'ancienne ab- 
baye, dont toutes les dépendances ont dis- 



GON 



D^EPItiRAPHIE. 



CON 



874 



De après Tautre , quelques-unes fort 
ent. L'église seule s'est conservée 
paroisse; elle est située sur un ver- 
rémement roide, ayant sa façade oo 
e tournée vers une vallée étroite , 
ofonde, qui sépare deux murailles 
ers presque verticales. On ne pou- 
isir un^ retraite plus mélancolique, 
convenable à des âmes pieuses qui 
it fuir le monde. 

le de Conques paraissant avoir servi 
èle à un certain nombre de monu- 
ont j^aurai bientôt occasion de vous 
ir, son architecture mérited'élre étu- 
nme un tvpe. En offet, si Ton se 

les grandes richesses de cette ab- 
ts vastes connaissances et les rela- 
■Mtaes de ses moines , on peut pen- 
^ la système qui présida à sa cons- 
Itat comme Texpression complète de 
I une certaine époque et dans une 
province : ce dut être le dernier mot 
itedes de la France centrale dans la 
I moitié du xr siècle. 
an Oçure une croix latine terminée 
ir trois absides semi-ciiculaires (1). 
rges que la nef, les transsepts sont 
f comme celle-ci et comme le chœur, 
divisions longitudinales par des ar- 
irmontées de vastes galeries qui 
t toute rétendue des bas-côtés. Deux 
s s'ouvrent sur chacun des croisil- 
transsept; toutes les deux tournées 

l'une très-grande s'appuyant au 
'autre d'un diamètre moitié moindre 
mité du croisillon. Trois portes dou- 
és dans l'église : la première à TOc- 
livisée en deux vantaux; les autres 
dans le mur occidental des trans- 
fort rapprochées de la nef. A l'inter- 
ies transsepts s'élève une coupole 
e tour octogone ; deux autres tours 
lauquent la façade occidentale. 
n, les piliers de la nef représentent 
Ss flanaués alternativomont surtou- 
faces, les uns par des colonnes, les 
ir des pilastres. Ceux des transsepts 

partie occidentale du chœur n'ont 
colonnes, et, suivant une pratique 
nérale , tout l'hémicycle du chœur 
ur des colonnes isolées (2). On ob- 
que les piliers qui supportent la 
au centre de l'église sont beaucoup 
is que les autres, et de plus, renfor- 
ce point , par le rapprochement des 
le la nef et du chœur. En eifet, In 
les collatéraux des transsepts est 

que celle des arcades de la nef et 
VTf et l'alignement des piliers du 
t a déterminé celui des piliers qui 
ent ia coupole. Telle est, je crois, 
>Ie raison de ce rapprochement des 

e expression n'est pas exacte pour Tabside 
iont ia courbe décril presque les deux 
cercle; elle a la forme d'un fer à cheval 
ses extrëmiics. 

ot faire une exception pour le pilier qui 
H hémicycle ; il est carré et flanqué sur ses 
minces colonnetiès engagées. 



piliers au centre do l'église. D'abord j étais 
tenté de supposer à l'architecte l'intention 
de donner ainsi une plus grande résistance 
aux bases de la tour; mais après un examen 
plus attentif, je n'y vois plus qu'une espèce 
de hasard, résultat forcé de la différence de 
largeur entre les collatéraux de la nef et ceux 
de la croisée. 

Nulle part dans l'église on ne voit d'ogi- 
ves, et toutes les arcades, bien que très-re- 
marquablement élevées, sont en plein-cintre. 
Dans la nef et le chœur les voûtes sont en 
berceau : elles sont d'arêtes dans les bas 
côtés, partout renforcées d'arcs-doubleaux 
très-épais. Les voûtes des galeries supé- 
rieures décrivant un quart de cercle servent 
en quelque sorte d'arc-boutant aux voûtes 
de la grande nef, car leur sommet aboutit 
nrécisément à la naissance de ces dernières. 
Isolée et accidentelle pour ainsi dire dans le 
Rouerjgue, cette disposition va devenir ca- 
ractéristique dans toutes les églises romanes 
de l'Auvergne. Je n'ai pas besoin d'ajouter 
que ces voûtes n'ont subi aucune répara- 
tion. Construites avec le plus grand soin, de 
schistes fort durs noyés dans un excellent 
béton, et épaisses à /a clef de plus de 0* 50, 
malgré le délabrement de la toiture, elles 
m'ont paru avoir très-peu souffert jusqu'à ce 
jour. 

Les galeries s'éclairent par des fenêtres 

f)ercéesdans les murs latéraux. Du côté de 
a nef elles présentent de grandes arcades 
géminées (1). Point de fenêtres au-dessous» 
et les arcs-doubleaux de la voûte s'appuient 
aux colonnes engagées qui séparent ces ar- 
cades. Aujourd'hui les fenêtres de la gale- 
rie étant bouchées , la nef est un peu obs- 
cure, car elle ne reçoit de jour latéralement 
que par les fenêtres basses et étroites des 
collatéraux. Mêmedisposition danslechœur, 
mais elle se modifie pour la ()artie semi- 
circulaire du chevet. La galerie s'abaisse 
brusquement de moitié de sa hauteur : au- 
dessus il y a trois fenêtres séparées par qua- 
tre arcades aveugles, répondant les unes et 
les autres aux arcades inférieures du chevet 
et à celles de la galerie (2). 

Au lieu d'une galerie pour réunir l'étage 
supérieur du chœur à celui de la nef, il n y 
a au sud et au nord des transsepts qu'un 
passage étroit, une espèce de corniche sou- 
tenue par une rangée de consoles historiées 
comme celles que j'avais observées dans 
l'église de Figeac. A l'occident de la nef on 
trouve une disposition pareille, en sorte 
qu'oiupeut faire le tour de l'église sans des- 

(1) La séparation entre ces arcades est marquée 
par des piliers sur lesquels se prolongent des colon- 
nes partant de Paire de la nef et montant jusqu*aux 
retombées des arcs-doubleaux. Là ou entre les ar- 
cades inférieures il y a des pilastres , ils sont sjur- 
montés par des colonnes encagées, dont la base est à 
la hauteur du plancher de la galerie. Rien de plus 
gauche que T^gustement de ces pilastres avec les co- 
lonnes qui les surmontent. 

(2) Les arcades de la galerie sont simples dans le 
chevet : partout ailleurs elles sont génnnées, divi- 
sées par des colonnes accouplées suivant une ligna 
perpendiculaire à l'axe des galeries. 



S79 



CON 



DICTIONNAIRE 



CON 



3 



ranceque personne ne saurait être mal reçu 
en sa compagnie. Rien de plus naïvement* 
comique que ces deux figures. 

Les personnages qui composent les diffé« 
renls groupes n'occupent pas tout l'espace 
de la seconde zone. Ils sont placés sous 
deux espèces de frontons, et les intervalles 
du fond (entre les frontons et le haut de la 
zone) sont remplis par des anges de propor- 
tion plus petite et dans différentes attitudes, 
la plupart tenant des banderoles qui portent 
les noms de Vertus Théologales : fides. 

SPES. GARITAS. CONSTANCIA. VMILITAS (sic). 

Sur la môme zone, mais de l'autre côté, c'est- 
à-dire à la gauche du Christ, paraissent les 
damnés, séparés du Sauveur par des anges 
(lui les repoussent. Un séraphin tient le livre 
de vie qui se ferme au Jugement dernier, 
et pour plus de clarté le livre porte l'ins- 
cription suivante : hic signatvr liber tite. 
Les damnés, ainsi que.les diables mêlés avec 
eux, sont rangés sur deux lignes l'une au- 
dessus de l'autre. En preuve de l'impartia- 
lité des fondateurs de l'abbaye , trois moi- 
nes, dont un abbé, flgurent parmi les réprou- 
vés, pris tous les trois dans un filet que 
tient un démon. J'observe ensuite un groupe 
ui aurait pu insnirerau Dante la description 
u supplice de l'évoque Ruggiero, c'est un 
diable rongeant le cr&ne d'un damné 

Deux vers au-dessus de cette zone expli- 
auent la double composition. Le premier au- 
dessus des bienheureux : Sanclorvm cetv$ 
stat Xpo ivdice /e/t?^; l'autre, du côté opposé : 
Homnes (sic) perversi sic svnt in maria rapti. 
Le mot maria n'est justifié que par le lilet 
dont je viens de parler. 

La zone inférieure représente encore le 
contraste des supplices de l'enfer avec* les 
joies du paradis. Deux frontons parta- 
gent ce compartiment. D*un côté les élus 
sous des arcades par ^ groupes de deux ou 
de trois , se dirigent vers la porte du para- 
dis toute garnie de ferrures avec un énorme 
verrou et une serrure de sûreté s'il en fut. 
Sur le fond au-dessus du fronton, on voit un 
autel avec le calice, puis des morts sortant 
de leurs tombeaux, enfin une sainte attirée 
par une main gigantesque. C'est encore 
sainte Foy, à ce que je suppose. Deux légen- 
des expliquent cette partie du bas-relief, 
l'une tracée sur le cordon qui sépare la se- 
conde zone de la troisième , l'autre sur les 
rampants du fronton. Les voici : Sic datvr 
electiê ad ceii gavdia cxxuctis — Gloria pax 
re(fvit8. perpelvvs que dies — Casti pacifici 
mttes pietatts amici — Sic stant gavdentes se^ 
cvri nit metventei. 

Au centre de celte zone, précisément sous 
les pieds du Christ, un an^e et un diable pè- 
sent lésâmes ; le diable a l'air très-fripon et 
cherche évidemment h rendre sa part meil- 
leure. 

En opposition h la porte du paradis , le 
sculpteur a placé celle de l'enfer; c'est une 
gueule monstrueuse, où un diable nousso 
les damnés. On voit ensuite, sous un fronton 
correspondaût h celui des élus, un diable 



énorme : c esi, je crois, Satan en personne^ 
assis sur son trône, tenant un damné soos 
ses pieds en guise de tabouret. Il est entouré 
de ses ministres et des réprouvés, qui expient 
leurs crimes par différents genres de suppli- 
ces. On remarque englouti par la gueule 
diabolique un chevalier tout armé, préci- 
pité avec son cheval, qui s'abat et le renverse 
la tête la première ; puis un diable tenant 
une harpe, qui entonne quelque chose dans 
la bouche d'un malheureux pécheur (l);iiii 
gourmand, reconnaissable à un gros ventrei 
obligé d'avaler quelques plats de la oisine 
infernale ; un homme et une femme, deux 
amants coupables, je crois, étranglés de la 
même corde et trouvant, comme il semble, 
quelque consolation, ainsi que Francescael 
Paulo, à soufi*rir le même supplice; un avare 
pendu, sa bourse au col, pendant qu'un ser- 
pent lui ronge les yeux; enfin un damné k 
la broche, entouré de démons, dont les mis 
officient comme cuisiniers et les autres sei^ 
vent de chenets. -^ Tels sont les principaux 
groupes de cette partie de la compositioD. 
Au-dessus on lit les vers suivants : 

Pénis inîvsti crvciatvr in ignibvg vsti 
Demonas atq tremvnl perpelvoq. gemvnt 
Fvres mendaces falsi cvpidiq rapaces 
Sic svnt dampnati cvnctî simvl et sceleraii 

Enfin sur le linteau de la porte est tracée 
cette inscription : 

peccatores transmvteds nisi mores 
Ivdicivm dvrvm vobis scilote fvivrvm 

• 

II faut noter une particularité assez bizarre 
dans ces inscriptions. Les lettres sont en 
général sculptées en creux , mais il y en a 

auelgues-unes seulement peintes^ et de ces 
ernières, la plupart sont enacées. Pareiem- 
ple, h la suite du dernier vers, il y a une 
vingtaine de lettres que le temps a rendues 
illisibles. On en doit inférer que rinscriptiori 
a été augmentée aorès coun ; peut-âtre, h 
peinture du bas-relief est-elle fort posté- 
rieure à la sculpture. J'aurais dû remarquer 
plutôt que toutes les figures sont peintes, et 
quoique les couleurs semblent assez moder- 
nes, elles sont appli(]uées sur une couche 
ancienne de même teinte et bien visible en- 
core en quelques points. 

Si je ne me trompe, dans cette variété 
immense de personnages accumulés sur ce 
bas-relief, il y a plus d'imagination que n'en 
montrent d*ordinaire les compositions de 
cette époque, et les amnnls étranglés delà 
même corde, l'abbé protecteur qu roi, le 
chanteur et le gourmand punis par où ils 
ont péché, annoncent une certaine recher- 
che d'idées qu'on ne s'attend pas à rencon- 
trer dans les ouvrages d'une époque de bar- 
barie. Je remarque encore, malgré l'incor- 
rection du travail, une tentative constante 

(1) On a voulu, je pense, moiurer le supplice 4ei 
Jongleurs" dout la bouclie u'a lait eniciuljre que du 
chants proranes. 



GOM 



river à rexpression y teDtative quel- 
suivie d^ succès^ 

\ée derrière on a pratiqué une large 
e le long de la muraille nord de U 
lulour de l'abside « qui , enterrées à 
aioDdeur notable 9 souffraient sensi- 
t de l'hucoidité. Dans cette fouille on 
vert un grand nombre de tombeaux 
re' appliqués contre les murs de Té- 
eoipilés les uns au-dessus des autres. 
Mruns de ces tombeaux sont en grès, 
rt en pierre calcaire. Dans presque 
place de la tète est marquée. On en 
eieursqui ont sur le cûle une espèce 
a mobile qui s'ouvre au moyen de 
I 4^ fer» mais les couvercles du plus 
ombre sont scellés avec un mastic 
*. Les plus grands de ces sarcophages 
W9ÊL un gril en fer sur lequel le cada- 
t étendu. Aujourd'hui beaucoup de 
beaux renferment encore des osse- 
t pièmo des squelettes entiers, mais 
4S entendu dire qu'on v ait trouvé 
IX ou des ustensiles quelconques. Il 
)rt peu qui se distinguent par quel- 
trationy et dans ce cas elle se réduit 
»ubassement ou bien à une niche 
I colonnes et une arcature figurée. 
e tomt>eau de Tabbé Bé^on, placé à 
ur de la nef, du c6té sud. L'inscrip- 
5 je vais rapporter est gravée sur 
blettes de marbre noir, et les creux 
es sont remplis de plomb. Entre les 
blettes se trouve un bas-relief de 
zantin sculpté dans un calcaire gri- 
qui représente le Christ ayant à sa 
ainte foy, à sa gauche un abbé» 
deux couronnés par un ange. 

abbas sitvs sollerti cvra gess 

eue perilvs it ci altéra plvra: hi 

gniYs c est lavdandvs per se 
incQego vocalvs cvla Yir venerandvs 

igens clavstr wival iii eternvm 

d Tersvs gem lavdarido svpemvm 
davstnrm 

vraisemblable que cette inscription 
ibeau ne sont pas fort [)0slérieurs au 
cernent du xu* siècle. 
[ de l'église attenant au transsept, on 
î un arceau j)orté sur dos colonnes 
I fort basses. Voilà tout ce qui reste 
e bâti vers la iin du xi' siècle par 
gon, et que Ton vient d'iibaltre tout 
nt. Le style des colonnes ne per- 
le douter qu'il no fût presque con- 
D de la construction de l'éi^iise. 
scris les vers suivants (ju^oîi lit au- 
jne porte en ruine qui dormait dans 
, mais je ne sais à quelle partie du 
)t elle conduisait. 

sdk valvas qvi — mvndvm rex bone salvas 

t portîssifaTl — omnes eripe morlis. 

je citerai une dernière inscription 

I vers léonins, car il paraît que les 

de Conques faisaient grand cas de 

. Elle est gravée sur un linteau do 

nt la forme d'un fronton obtus, 



deph;raphi£. con sai 

Ule inagifttrorvm ocvs est simvl et pverorvm 
Mittviit qvando volvni hic {iic) re» qvas perdere 

[nolvBt 

- Je me suis demandé vainement quel pou- 
vait être ce lieu. Le dernier vers donnerait à 
penser qu'il s'agit d'un trésor ou d'un tronc 

f)Our. les pauvres, mais alors je ne sais que 
aire des maîtres et des enfants. 

LTglise de Sainle-Foy est du petit nom- 
bre de celles, qui, au milieu de nos discor- 
dres civiles, ont conservé des vases et des 
reliquaires précieux , soit par leur matière,- 
soit par leurjDrigine. Pendant la révolution, 
on distribua entre les habitants du bourg 
tous ces reliquaires, et, la tempête passée, 
chacun s'empressa de les rapporter. Cet 
exemple, je ne dirai pas de probité, mais de 
respect pour ces nobles et curieuses reliques, 
est malheureusement bien rare en France et 
j'éprouve un vif plaisir à le rapporter. 

voici les objets les plus remarquables que 
renferme le trésor de l'église : 

r Le reliquaire le plus ancien est nommé 
TA de Chartemagne , et si la tradition est 
vraie, ce prince en aurait fait don à l'abbaye 
de Conques. Son nom lui vient de sa forme 
qui se rapproche en effet de la lettre A. C'est 
un triangle dont la pointe est surmontée 
d'une boule en cristal. Les côtés sont cou- 
verts de cabochons et de quelques intailles 
antiques^ parmi lesquelles j ai remarqué une 
victoire écrivant sur un bouclier, morceau 
d'un très-beau travail. Sur la base du trian- 
le s'élèvent deux statuettes en bronze doré 



9^ 

(ou peut-être en vermeil). Ou reconnaît que 

cette base, doublée d'une lame de cuivre do- 
ré, a été raccommodée maladroitement avec 
des plaques qui ne proviennent pas du mê- 
me reliquaire , comme le font croire quel- 
ques lambeaux d'inscription qu'on lit sur 
ces fragments. La forme des lettres et le nom 
de l'abbé Bégon donnent lieu de croire que 
ces fragments remontent au xn* siècle. Peut- 
être à cette époque ajouta-t-on une base à l'A 
de Chartemagne, car cette base, sans en ex- 
cepter les statuettes, parait moins ancienne 
que les côtés du triangle. Quoi ({u'il en soit, 
voilà ce qu'on lit sur ces lames de cuivre 
dorétSvm dominus (j[ve crvx... puis... Abbas 
formavil Bego teliqvtasque locavit.,, 

2» Une statuette du Sainte-Foy en vermeil, 
haute d'environ dix-huit pouces et d'un tra- 
vail qui me paraît remonter au xi" siècle. La 
tête de la sainte , fort disproportionnée avec 
le corps, est peut-être une restauration re- 
lativement moderne, en tout cas fort infé- 
rieure au reste, quant è l'exéculion. On voit 
répandues à profusion sur toutes ces statuet- 
tes des pierres précieuses , des intailles et 
des camées antiques, quelques-uns assez 
grands et d'un fort beau caractère. J'ai sur- 
tout remarqué un ciimée représentant la tête 
d'un empereur dont les traits m'ont paru oU 
frir de la ressemblance avec ceux de Titus. 
N'étant nullement préparé à trouver tant de 
richesses dans un pareil désert, je ne m'é- 
tais pas pourvu de terre glaise ni de plâtre 
pour prendre des empreintes, et dans le ca^ 



58$ 



CON 



talogue des pierres antiques, je ne puis que 
citer mes souvenirs. 

3* Un émail byzantin, que je crois de tra- 
vail grec et fort ancien. L'exécution en est 
singulière. La figure du saint a d*abôrd été 
gravée en creux sur une plaque de cuivre, à 
peu près comme on fait aujourd'hui fpour 
une gravure sur bois, puis les creux ont «été 
remplis d'un émail coloré, enfin toute la pla- 
que a été polie. Le cuivre réservé autour des 
parties émaillées en masque les couleurs. 
Sous ce rapport, ce morceau curieux ressem- 
*ble plut6t à une incrustation qu'à un émail 
à proprement parler. 

4' Une plaque de porphyre rouge carrée, 
enchâssée dans de l'argent niellé. Celte pièce 
est curieuse en ce qu'elle porte une date et 
peut servir ainsi à l'histoire de l'art du nielle. 
A en juger par la perfection du travail, il 
devait être aéjà très-avancé au commence- 
ment du XII* siècle. Sur la tranche de ce re- 
liquaire, on voit gravés et niellés avec beau- 
coup de soin et d'adresse dix-huit petits bus- 
tes représentant le Christ , la Vierge , sainte 
Foy, sainte Cécile, saint Capraise, saint Vin- 
cent et les douze apôtres. Voici l'inscription 
également niellée : 

Anne ab Uicamacione Domini millesimo : c 
sexto, k. ivlii DodiIdvs Poncivs Barbaslrensis 
episcopus etSancle Fidis virginis monachus 
hoc altare Begonis abbatis dedieavit 
et de Xpi etsepvlcro eivs mvltasqve 
alias sanctas reliqvias hic reposvit 

On conserve encore à Conques quelques 
curieuses tapisseries du xvr siècle , repré- 
sentant la légende de sainte Foy et de saint 
Capraise (1). 

CONSTANCE, sur le Rhin, dans le grand- 
duché de Bade. 

I 

Dana la crypte de la basilique du monaslire de 
Saint-Grégoire près Constance^ sur la rive 
du Rhin. 

A Taulel élevé ea 985 par Gebehard, évèqaa de 

GoosUDce. 

Hoc opus exiguum diversis artibus aclum 

Fert tibi Gregori supplex devotio servi 

Prabsulis indigni ; qucm tu cum piebe fideii 

Coiijungas tu r mis precibus pater aime supemis. 
{Cardinal Maï, 186, 1 ; Mabillon, Annal. 
Bened.y i. IV, p. H.) 

II 

Epitaphe du chroniqueur byzantin Manuel 

Chrysoloras. 

Manvel Chrysoloras miles Constantiuopolitanus 
ex vetusto geoereRomanorum qui cum Constan- 
tantino Imp. migrarunt, vir doctissimus, pruden- 
tissimus, optimus, qui tempore generalis Gonci- 

(I) M. le ministre de Tintérieur a décidé que Té- 
glise de Conques serait complètement réparée. Les 
travaux sont diriges avec beaucoup d'intelligence par 
M. Boissonnade, architecte du département de FA- 
veyron ; cette r^aration lui fait le plus grand^hon- 
neur 



DICTIONNAIRE CON 

lij Gonatantiensts diem obijt ea exîstimaUoiK 
ab omnibus Sacerdotio digaos baberetar, 
XY. Aprllis conditus est anno M. CCGCXY. 

lUe ego qui Latium priscas imitarier artei 
Explosis docui sermone ambagibus, et qaî 
Eloquium magni Demostbenis et deerooit 
In lucem retuli Chrysoloras nomine notos 
Hic situs, emoriens peregrina sede quieso 
Hue me Concilij deduxit cura trium dura 
Pontificum Ecclesiam vexaret schisma péri 
Roma meos genuit majores, me boaa telhi 
Byzanlina tuiit, cineres Constanlia semât 
Quo moriare loco nil refert : vndiqoe cœi 
Pœnarumque locus mensura distat eadem. 

(Labbe, Thés. Epit., p 



CONSTANTINOPLE, capitale do YB 
Ottoman. 

I. 

Inscription gravée sur le piédestal iTii 
lonne antique conservée aujouréThui 
une maison particulière. 

IC. XC. (lH£OTS xpcn 
NI KA. 

D'un autre côté du piédestal. 

Fortunae redud 

Ob devictos Gothos 

{Appendix a Gud. prœf. , n. 10 ; < 
nal Maï, p. 8.) 

II. 

Sur la châsse des reliques de saint AoeSt 
tyr et saint Alexandre^ prêtre, 

Mâprvpoc *Axaxtoco 'JÙt^M^ $' cijb4»C 

{Cardinal Mil, f 

III. 

Sur une grande colonne. 

'Ayaôîî Tvx? 

KuyoTocyTivou 

fAcyôXov JSoro'rXiuc 



TOV 



vcxirrou 
T^ BcvctÛv 

sic 
cvya>tfuTAiy. 

{Cardinal Maï, 254, 4 ; Murât., p. tt 
Autre leçon^ 1995, 1.) 

• ^— " 

IV. 

Temple de saint Procope^ mart^. 

iQtcripttoa de la statue de TeoDoque PlatoSi M 
sous Templrede BasUisem» 

*0 ftcTOTcOclc vcfiarr« 

(Cardinal Mai, 295, 3 ; SuméS, an 
JIpQxÔYrcop») 



CON 



V. 



D*EP1GRAPH1£. 



CON 



58e 



Rue des Janissairef. 

i kanc slatnam Marcîani cerne loniinque 
iTOvil qood Tatianus opus. 
-Unal Mil, 3ii^2, 3 ; Spon., Voy. t. h 
•) 

VI. 

Sur la porte d'Or. 

Tbeudosias decoratpost fa(a lyranni. 
aada geril qui porlam construit aaro. 

ndÎMl Haï, p. 3k0 ; Bandlri, Antiq. 
mMani.f p. 156, lib. vu ; Du Cangb, 
ImsI. Christ.^ p. 52; Burman., An- 
hàL, 1. 1, p. 245.) 

VII. 

A la Porte Neuve. 
lotti ivssis gemino nec mense peraclo 
mtinus ovans haec mœnia firma ioeavit 
lam stabilem . . . \ix conderet arcem. 
trdinal Mai, p. 328; Muratori, p. 
011, 8.) 

suppléé ainsi aux lacunes do la der- 
gDe [tam cito] tam stabilem [Pallas] 
ierei areem. 

otices suivantes font connaître quel- 
les des inscriptions du moyen ftge 
Uaotinople. 

2*tm voyage archéologique en Orient, 

I noport adressé UM. le Miaislre de rinstrueUon 
lÉMiqoe par M. L. de Ma»-Latrie (1). 

Constantinoplc, le 18 nov. 1845. 
9 devais, avant de me rendre en 
f venir à Constantinople demander 
seports qui m'étaient indispensables 
Isiter le pays avec fruit et sécurité. 
Bourqueney a secondé mes projets 
ouïe bienveillance, et j'ai reçu par 
DS du gouvernement turc, outre le 
irdou donné aux voyageurs, un tir- 
)écial qui m'ouvrira, je l'espère, les 
&es et les autres lieux souvent inter- 
X chrétiens. 

irotité de mon séjour à Constantinople 
ludier les monuments du moyen âge 
(tte ville conserve encore en grand 
B, et je serais heureux si vous trou- 
uelque intérêt aux renseignements 
i rbonoeur de vous adresser aujour- 
8ur une des parties de la ville dont 
oiogie est le moins connue, 
itantiûople se compose, entre autres 
)rs bien distincts, de Stamboul, la 
ville bizantine , à l'occident du port, 
tilles de Galata et de Fera, à l'est de 
le d'Or. Sainte-Sophie, Sainte-Irène, 
(drome, les ruines du palais de Bia- 
is, les aqueducs, les citernes, les rem- 
uccessivement enlevés et réparés par 

xtrait de la Bibliothèque de l'Ecole de$ Char' 
leviv, !• 11. 



les croisés français et les Turcs de Mahomet II, 
ont été souvent décrits, et je u'en dirai rien. 
11 n'en est pas de même. de Galata, ville 
franque, qui existe en entier avec son don- 
jon, ses tours, ses églises, ses créneaux por- 
tant encore plusieurs inscriptions, et à la- 
quelle les voyageurs, justement captivés par 
la renommée des monuments de l'autre rive, 
n'accordent qu'une faible attention. Quoique 
ville essentiellement génoise par ses sou- 
venirs, mais non plus par son commerce, 
Galata mérite cependant notre intérêt comme 
l'un des établissements principaux des La- 
tins- en Orient. 

Galata fut, dès le xi* siècle, et peut-être 
avant cette époque, occupé par les Génois, 
qui fondèrent en ce lieu des comptoirs, et 
qui purent , à la faveur des concessions im- 
périales, s'j régir sous une administration 
indépendante. A mesure que la colonie s'ac- 
crut en richesses et en population, elle sentit 
la nécessité d'assurer sa sécurité, que la pro- 
tection lointaine de la métropole ne suffisait 
pas toujours à garantir. La prise de Constan- 
tinople par les Français et les Vénitiens ne 
nuisit que momentanément au commerce de 
la république ligurienne dans l'empire grec; 
et une fois rétablis à Galata, à la un du xiii' 
siècle, les Génois dominèrent bientôt tout le 
commerce du Bosphore et de la mer Noire, 
où les Vénitiens ne furent jamais qu'au se- 
cond rang. C'est vers cette époque que la co- 
lonie génoise dut protéger ses étabhssements 
et ses demeures par des fortifications qui 
furent, en des temps divers, augmentées ou 
refaites en entier. 

Aujourd'hui l'enceinte de Galata forme un 
grand triangle irrégulier dont la base longe 
le port, depuis Top-Hanna, à l'est, jusqu'au 
bas des cimetières du Tekké, à Touest, et 
fait face à Stamboul, depuis le sérail jusqu'à 
la hauteur de la mosauée du sultan Achmet. 
Au sommet du triangle est le donjon, grande 
tour ronde, d'où l'on jouit d'une vue magni- 
fique. £n examinant l'ensemble de Galata du 
haut de ce monument, on distingue très- 
bien la ligne de ses remparts, qu'on ne |)eut 
suivre toujours dans l'intérieur de la ville, 
où des constructions particulières en ont 
envahi plusieurs parties. Je vais décrire 
cette enceinte aussi exactement qu'il me sera 
possible. Je donnerai les inscriptions que 
j'y ai remarquées, quoiqu'elles ne soient j>as 
d une grande ancienneté ni d'un grand inté- 
rêt, parce qu'elles ne se trouvent, à ma con- 
naissance, dans aucun ouvrage, pas même 
dans l'histoire de Galata qu'a récemment pu- 
bliée à Turin M. Sauli, héritier d'une famille 
non moins illustre à Gênes que dans les co- 
lonies génoises de l'empire grec. 

En descendant du donjon, vers l'ouest, 
pour longer les cimetières et arriver au pont 
de bois, on voit l'enceinte presque intacte, 
avec ses tours, ses courtines et ses fossés. A 
l'intérieur, un chemin de ceinture encore 
praticable isole le rempart et en laisse voir 
fa disposition. A trois ou quatre pieds au- 
dessous des créneaux règne une terrasse de 
trois pieds de large, qui est soutenue en 



S87 



CON 



DICTIONNAIRE 



CON 



partie sur Tépaisseur du parapet, en partie 
sur une suite de petites arcades extérieures. 
Les combattants avaient accès sur la terrasse 
par les tours et probablement aussi par'des 
escaliers de bois aujourd'hui détruits. Les 
tours et les courtines qui les relient sont 
crénelées dans le même système que celles 
d'Avignon ; mais elles ne sont pas, comme 
ces dernières, couronnées de mâchicoulis, et 
leurs créneaux n'ont pas de meurtrières. Leur 
construction est en pierres de petit appareil, 
auxquelles se mêle quelquefois la brique. 

Huit tours flanquent le rempart depuis le 
donjon jusqu'à la mer. La première est car- 
rée et n'offre rien de remarquable à l'exté- 
rieur. Du côté de la ville, on distingue une 
plaque de marbre dont la partie inférieure, 
brisée depuis longtemps , devait porter une 
inscription, et dont le haut offre deux écus- 
sons. Dans l'un est la croix, semblable à celle 
de la maison de Savoie , que l'on trouve sui 
tous les monuments de Galata ; dans l'autre 
est un aigle. Entre les deux est Timage d'un 
personnage ailé, tenant le glaive hors du 
iburreau, qui représente sans doute saint 
George, patron de Gènes. 

La deuxième est carrée et n'offre rien de 
particulier. 

La troisième est ronde. Sur le côté occi- 
dental on a encastré une plaque de marbre 
portant trois écussons. Au-dessous est une 
inscription raopelant que cette tour fut ter- 
minée en ikSSf sous l'administration d'un 
membre de la famille Grimaldi. L'écu du 
centre porte la croix, celui de gauche une 
bande échiquetée, celui de droite un champ 
fuselé. L'inscription est ainsi conçue : 

f Hec. larris fuit perfecta. te 

mpore spectabilis dni fiorudi 
de Grimaldis, m.cccc. xxxin. 

Elle est gravée en caractères gothiques, 
ainsi que toutes les suivantes, à l'exception 
d'une seule que je signalerai. 

La Quatrième tour, carrée comme les deux 
premières, offre dans sa construction plu- 
sieurs fragments de monuments et d*inscrip- 
tions antiques. Sur le côté, et à une grande 
hauteur, se voit une plaque de marbre 
blanc où sont sculptés quatre écussons , les 
deux du haut ayant la croix en relief, les 
deax du bas portant en chefs de triangles 
enlacés et trois fascettes traversées oblique- 
ment par quatre bandes. J'ignore à quelle 
famille appartiennent ces armes. Au centre 
de la pierre est une image qu'on prendrait 
pour celle d'ua magistrat, si sa tôte n'était 
environnée d'un nimbe. 

La cinquième tour est ronde, la sixième est 
en pentagone, la septième est carrée. Je n'y 
vois rien à remarquer, 

La huitaine, voisine du pont et formant la 
tète du rempart méridional qui borde le ri- 
vage, est engagée dans les maisons. Je n'ai 
pu y reconnaître ni armoiries ni inscrip- 
tions. 

Sur toute l'étendue du rempart du midi, 
depuis le pont jusqu'à l'arsenal de Top- 



Hanna, le mur est aujourd'hui sepan 
mer par des maisons et même des rui 
ont dû progressivement empiéter sur h 
à mesure que la population a débordé k 
la première enceinte; ce qui a dA avoi 
postérieurement à la prise de CoosUdI: 
par .les Turcs. A peu de distanœ du 
part, dans l'intérieur, i'ai remarqué di 
gasins bas et voûtés, d une constructio 
logue à celle des murailles. Il dépen 
sans doute de la douane, qui devait et 
éloignée. Huit portes, dont quelque) 
s<5nt aujourd'hui murées» étaient prat 
dans le rempart et donnaient on accfe 
de la mer à l'intérieur de la Tille. Une 
tour ronde, attenante à la première pi 
voisine de la mosquée d'tlas8ad-Ka|) 
protégeait la partie ouverte sur la cao 
ef se rattachait par une courtine à 1 
tième tour, dont ii a été parlé. Au h 
la tour ronde est une inscription brisé 
laquelle on lit cependant : 

\ 1432. Tempore Spectab. 

L'inscription de la deuxième porte. < 
Moum Khané-Kapoussi, est en grande 
cachée par une maison adossée au rie 
J'ai pu y lire ces mots : 

IHS (?) (Jehsas) m. cccc. xxx. vl 
Erexit praetor Mamifus Baldasantt. 
Mœnia plus aliis. Nobile fecit ofw 

Aspeetu formoso... 

Hec sibi servabit.... 
Cunque diis... 

Les armoiries sculptées sur cette 
devaient être les mômes que celles de 
cription suivante, dans laquelle les cil 
de Galata se sont inspirés des usages d 
tiquité pour témoigner leur recooiMiJ 
au podestat Balthazar Harufo. 

La troisième porte, ouverte enoor 
celle d'Egri-Kapoussi. Une belle plaq 
marbre intacte en décore le haut. On 
trois écussons, dont l'un, celui du a 

Korte la croix latine; celui de gauch 
ande chargée de dentelures; le troii 
un besant ou un tourteau traversé 
bande. Au-dessous est cette inscriptii 
lettres capitales : 

ATAeHI. TTXH. 

Balusari. B. F. Marufo. Galat». hajus Byu 

tiaiiae. Perx Bosphori. darissimâe. 

Genuensinm. colonise. B, M. (bene meien 

praîlori. 

Qui. magistratum. quem. saseoperat. digi 

gerendo. 

Suburbanis. hac. in. parte. ftnJBnibifê. ai 

plialis. et. ad. 

Ghristearo. turrim... prise»» altudlnis 

Daplo. coUatis. col. (coloniam) ipsain. tati 

rem. eximie. propagatam. exornataniq. 1^ 

curavit. 

Genuenses. ac. saburbani. Galalei. dvea. i 

Ionique dcdere. 



CON 



DEHGRAPHIE. 



GOÏN 




rat dont il est question dans ces deux 
lions existe encore presque en entier, 
eption des créneaux, qui ont été la 
t renversés. Sa belle construction jus- 
I éloges des Génois. Les arcades qui 
tedl la terrasse destinée aux combat- 
MMil en briques et reposent sur de 
s pierres de taille engagées dans la 
Miie. De distance en distance, des 
forts augpaentent la solidité du mur, 
B lequel il n*y avait pas de terrasse- 
luis le bas, on voit encore des em- 
tÊi aujourd'hui fermées, qui ont dû 
I jiMer des nièces d'artillerie. Marufo 
IBM pas seul ce travail; les podestats 
Oeaseurs s*y intéressèrent également 
iplétèrent, comme on le voit par 
I suivante, placée sur une des plus 
[es du rempart, et dédiée à Lu- 
Fazio : 

t Spectabilis. dns. Luchioas. 

de Facio. poteslas coloniae 

flec. mœnia. compleri. fecii. 

anno Dni. m. cccc. xxxx. vu. 

ste de l'enceinte, rattachée d'un côté 
Tte de Top-Uanna, et joignant de 
le- mur oriental de Galata» est beau- 
os ancien que la partie précédente, 
t d'un travail moins soigné; au lieu 
ides qui soutiennent le parapet, il y 
nent des avances en pierres sur les- 

on établissait peut-être dans l'occa- 
i plancher de bois pour le service des 
LX. L'inscription suivante, encastrée 

mur près de la porte de Keretch- 
aif fixe la date de sa construction à 
9S emblèmes de trois écussons qui la 
itent ont été enlevés au ciseau : 

■Vaacis. Galatae. Ftlip. digne. poUs. 
iamoenia. hiirgi. coloni». urbi. gjuncsit. 
sait. miUe. labenlibus. annis. 
ladrigentis. que. XRS. nos repara vil. 

réparations ou réédiiications .que fit 
i cette partie de l'enceinte, Nicolas- 
B Splnola, Tan Ij^&l, sont rappelées 
te inscription, placée sur le rempart 
§ de la mer, aprj's la porte de Ke- 

Spectabilis. nobilis. Dns. 
Nicolaus. Antonius. Spinuhi. 
Potestas Père boc opus (ieri. 
(Jtnait) ■. cccc. xxxxi. die x... 

Scii conservé sur cette inscription 
ine face écliiquetée, qui forme, je 
as armes de Spinola. 
uivi le mur occidental et le mur mé- 
1; il me reste à dire quelques mots 
part oriental qui, partant ciu donjon 
itay descend jusqu'à la porte de Top- 
Du côté de la ville , les courtines et 
rs sont engagées, en grande partie, 
ds dépendances de rétablissement 
» des lazaristes et de quelques maisons 
iidres. Les tours sont habitées ; quel- 
les ont perdu leurs créneaux et sont 



couvertes d'un toit. A l'extérieur, le fossé 
existe presque en entier et permet d'exami- 
ner le mur et les tours. La construction est 
la même que celle du reste de l'enceinte; 
mais il est à remarquer c|ue les créneaux 
sont ici percés de meurtrières; toutes les 
tours sont carrées. 

La première, près de la tour deTo|)-Hanna, 
a été terminée par Ballhazar Marufo, le 
même qui a fait exécuter les travaux du 
cdté de la mer. Ses armes, semblables à 
celles oui sont sculptées sur les portes de 
Moum-Khalé et d'£gri-Ka[)0U$si , se voient 
sur la tour avec cette inscription, gravée en 
lettres gothiques comme toutes les autres : 

t K". cccc«. xxxx V*. Compléta est 

Hec turris. tenipore. potestad 

ie. Spectabilis. Dnu Baldasari. 

Marmfi. de mense. Maii. 

Je n'ai vu rien à remarquer sur la deuxième 
tour, qui est carrée et crénelée. La troisième 
est voisine de la porte de Barma-Kapoussi. 
Elle fut terminée sous l'administration de 
Jean Sauli , ainsi que l'atteste cette inscrip- 
tion : 

Tarris. ista. fuit, flnita. tem 

pore, rcgimlnis. egregii vin. 

Dni. Johanis. Sauli. honorabilis. 

Potestatis. Peyre. mcccciui. 

Die. prima. Novembris. 

Au-dessous, trois écussons : le premier porte 
une aigle à senestre, pour me servir des 
termes néraldiques; le deuxième la croix, et 
le troisième une aigle àdextre. 

La quatrième tour tombe en ruine. Entre 
la troisième et la quatrième tour, la courtine 
est intacte. 

La cinquième, plus haute et plus forte que 
les autres, est située près de la porte et dans 
l'axe de la grande rue de Péra. Des armoi- 
ries et une inscription mutilées s'aperçoivent 

dans le haut. Il me semble y lire IH Ces 

fondations, ou du moins la réédiflcation gé- 
nérale de l'enceinte de Galata, se rapportent, 
comme l'on voit, à la première moitié du xv* 
siècle. Les Génois, elrrayés des progrès des 
Turcs, qui pressaient déjà Constantinople de 
toutes parts, se hâtaient de relever leurs 
remparts, mais ne songeaient guère à porter 
un secours efficace aux empereurs grecs. 

L'enceinte remonte à Test de la porte de 
Péra et va se relier sur le haut de la mon- 
tagne au mur septentrional, derrière le don- 
jon. Ce donjon est une haute tour ronde iso- 
lée, percée dans le haut de deux rangs de fe- 
nêtres et couverte d'un toit conique, qui 
semble de construction moderne. La tour, 
pas plus que les remparts et les courtines, 
n'a de mâchicoulis. Du sol au premier étage, 
elle est partagée par cinq planchers en bois 
qui occupent la moitié du plan circulaire, 
1 autre moitié restant vide pour permettre de 
hisser plus facilement dans le haut les maté- 
riaux et les provisions dont on pouvait avoir 
l)esoiDdans un siège. On communique d'un 
plancher à lautre par des oscaliers en belles 



s^ 



COiN 



DICTIONNAIRE 



COR 



3W 



pierres de taille pratiqués dans l'épaisseur 
du mur. L'escalier s'arrête au premier étage, 
et Ton ne parvient au secoua qu'au moyen 
d'une échelle ou escalier mobile. Cette dis- 
position, dont le but était de rendre plus 
difficile l'accès de la plate-forme ou de la 
saUe qui terminait le donjon , est semblable 
à celle qu'on remarque au chftteau des Papes 
à Avignon. 

Ainsi défendu, le faubourg de Galata était 
une véritable ville indépendante. La douane 
était située au bord de la mer; le palais où se 
réunissait le conseil était une belle maison 
en pierre, comme le sont la plupart des mai- 
sons de Galata, qui servent encore de maga- 
sins aux négociants francs ; on y remarque 
un.bas-relief représentant saint George vain- 
queur du dragon. L'éelise cathédrale de la 
colonie était Ta chapelle de Saint-George , 
dans la rue de l'ancienne Poste française. 
Saint-George avait sans doute autrefois de 
riches ornements et une belle paroisse; ce 
n'est plus aujourd'hui qu'une des plus pe- 
tites églises protégées par la France h Cons- 
tantinople. Détruite en 1676, elle fut, peu 
après, réédifiée par les soins du marquis de 
Nointel, ambassadeur de Louis XIV, comme 
l'atteste cette inscription latine, gravée sur 
une plaque de marbre qui surmonte la porte 
d'entrée, 

D. 0. M. 

Anno reparatae saloiis. 1676. 

Templum hoc jampridem D. Géorgie Marlyri 

Dicalam incendii generalis ex parte superstes 

Excitavit inclylum nomen Ludovici 14 {arobe) 

Semper augasti. 

dévastâtes flammarum vi parietes 

erexit régis christianissimi suprema maiestas 

Prislinae struclurae novum decus addidit 

ingenita pietas régis ecclesia; primogeniti 

Die vocation! gentium sacro, ob régis regvm 

Adorationem a regibus expurgarunt manus 

poDlibcrae anno 1677 

Regio patrocinio régis a Deodali 

suffalsit et corroboravit 

occulata pradentia excellentissimi domini 

Garoli Francisci Olier marchionis le Nointel 

régis oratoris, innovatione initi fœderis 

capilum jaminde a 55 annis interrupta 

Egregiam pignus pietatis régi» nec non et 

religionis avitae 

ab ipso palribus capacinis provincial 

Parisiensis missionariis apostolicis 

restitutum. 

Sur l'église de Pigi, près Conslantînople, 
Voy. une observation dans l'article Gênes. 

CONTIGLIANO. Diocèse de] Rieti, Etats 
de l'Eglise. 

Venant ^des catacombes de Saint-Calixtt à 

Rome. 

Secuudino bcne merenli qui vivit sic annos xlii 
B. N. F. praest. praet. quiescit in pace vi. idus 
aug. 

IÇafdinal Mai, kQk, 6; Mua. 7fc3, 1.) 



COPENHAGUE, capitale du Danemark. 

L 

D. 0. M. S. 
Dn. Jacobo Bordingo, Ântvverpiano, vîro ia omm 
Philologia et Philosophia bene et déganter irer- 
sato : et propterea Sadoleti quoq ; alionunque 
exlerorum doctiss. monumentig poblioe ode- 
braio, primum Patrîâe, dein Duce. Megapp. et 
Sereniss. Daniae Kegg Ghristiani IIL et Frid»- ' 
rici II. Arcbiatro : Academiarum Rostochiam 
et flafniensis oruamento : ob verae pietatis» enh 
ditionis, sapientiae, et omnium virtntam landes, 
memoriam perennem jam pridem adqito : grali 
hoc animi memoraculum, Patri optimo, siUfH^ 
et omnibus bonis desideraiiss. in beatae repaia» 
lionis spem, Jacobus Bordingus F. J. U. Doetor, 
Professor et Cancellarius Megapol. P. C 

Pie obiil Hafai» aooo Ctaristi 1560. Sept S. 
hora 4. vesp. anno «tau 80. 

(Gros, suppL aux Epit. de Bdle, p. 3M.) 

IL 

Epitaphe de Jean de Rantzau. 
Johann! Ranzovio, Equili auralo, Assertori liber» 
talis, Danorum irium Reguni a consiliis, eomm^ 
que duci bellorum summo, hoc loco rem difi- 
nam facere soiito, uxor et filii moestissimi loea- 
vere. Obiit cura vixissel annos 73. Anno €%iM 
1565. l^Decembr. 

(Gros, p^. 301] 
Voy. BREDEifBERG, daos notre Dictim'. 
naire. 

CORBEIL, département de Seine-et-Oise, 
en France. 

L'Eglise de Saint-Spire, — Elle est la pre- 
mière qui fut construite lors de la formatioD 
du nouveau Corbeil, et où le fondateur mit 
des chanoines. L'édiQce qui subsiste de nos 
jours porte des marques de différents siëcIeSf 
et n*a rien que d'assez simple. 

Eglise Satnt-Guenaut. — Le comte Hay- 
moud ayant fait bfttir Téglisede Saint-Spire» 
près de son chftteau» fit pareillement cons- 
truire celle de Saint-Guenaut dans ce chl- 
teau môme» proche l'embouchure delaJuioe 
dans la Seine. 

Eglise de Saint-Jean de VHermitage. Cette 
église, qui est renfermée dans la viJle, a élé 
fondée avant le milieu du xV siècle, et seu- 
lement quatre-vingts ou soixante-quinze ans 
après celles de Saint-Spire et de Saint-Gue- 
naul. Son fondateur est Nanterus ou Nan- 
tier, vicomte de Corbeil sous le roi Henri. 
Ltf prieur de ce lieu jouissait autrefois d'un 
droit fort singulier. Le curé de Saint-Port, 
au diocèse de Sens, lui devait, le jour de 
Saint-Jean-Baptiste, trois chapeaux oe roses 
vermeilles et trois paires de gants rouges* 
pour une terre assise à Saint-Port, nommée 
la Terre des Chapeaux, et il devait les ap- 
porter en dînant, sous peine de cinq sols d> 
mende. 

Eglise de Notre-Dame. — On ignore ea 



S95 



COR 



DEPIGRAPlliE. 



COR 



594 



Siuel temps, et par qui celte collégiale a été 
ondée, à en juger par la tournure des cin- 
tres d'un pilier à l'autre, on trouve l'indica- 
tion des commencements de l'architecture 
gothique : ainsi son établissement serait, au 
plus tôt» du temps des comtes Bouchard II, 
ou d'Eudes, son tils, et sous le règne de Phi- 
lippe I'% qui commença en 1060. Quel qu'en 
ait été le fondateur, on voit qu'il voulut 
imiter le comte Haymon dans le nombre des 
chanoines qu'il avait fondé en l'église de 
Saint-Spire. Ces douze chanoines avaient 
aussi à leur tête un abbé. £n 1125, Berne- 
ras ou Bernier jouissait de cette dignité. Ces 
prébendes n'étaient point monastiques. Par 
la suite, ces chanoines n'eurent plus d'abbé 
tiré de leur corps. Dans une sentence arbi- 
. Ualederan 122^, le roi Louis YllI s'en dit 
être abbé. Enfin, cette dignité fut supprimée, 
pour éviter les débats. £n 1297, le curé 
dXssonnes, sur le territoire duc[uel Corbeil 
est bâti, était quelquefois qualifié curé de 
Notre-Dame de Corbeil, ou bien il avait con- 
senti que le desservant de la succursale qui 
y était fO^t appelé curé. L'Ëglise est d'une 
structure fort massive, et avec une aile de 
chaque côté et des paieries. La tour est plus 
délicatement travaillée, quant aux parties 
extérieures et élevées. Au portail se voient 
de chaque côté trois statues longues et 
étroites, dont celle du milieu représente une 
i reine. La chapelle de Saint-Yon servait de 
r paroisse au xv* siècle (1). 

f (1) L*églisc de Noire-Dame de Corbeil a été dc- 
traite de ÏS20 à 18i5. Les déiails suivants sont ox- 
iftHs d^une monographie de celte église que M. T. 
Maard a publiée dans la Revue archéologique de 
ILLdeux. 

c Corbeil occidental dut ses commencements a une 
forteresse qui fut élevée pour arrêter les incursions 
dei Normands, sur une partie du territoire d^Es- 
Mone, là où la Juisne se perd dans la Seine. Celle 
dié naissante n'avait pas encore enlevé au Vieux- 
Corbeil, assis k la rive droite de ce fleuve, son nom 
et lOB commerce, que déjà elle avait été dotée de 
deax églises collégiales, par Héinon, premier comte 
de Corbeil, pour recevoir les reliques de deux suints, 
objets de la vénération des peuples du Bessin ei de 
ràrmorique (a), apportées dans nos contrées pour 
les soustraire à la fureur des hommes du Nord, et 
devenues le butin de la guerre durant la lutte in- 
cessante que ce pieux guerrier soutint contre eux. 
I Les translations de ces corps saints se firent 
avec une |iompe éclatanle et digne des bie.dieureux 
qui eu étaient Tobjet : la première, Tan 943, la se- 
conde. Tan i<J07, et Corbeil a toujours eu depuis Ta- 
pôlre du Dessin pour patron. 

c Là ne devait pas s*arrôter Télan religieux de la 
dié'.ran 1U00 arriva ; nul cataclysme n'ayant ébranlé 
le globe, 1 apathie et le découragement dans lesquels 
son alterne avait tenu les esprits, se dissipèrent et 
firent place à cette prodigieuse aclivilé qui éleva 
tant de magoiûques basiliques. 

< Cest à la première moitié de ce siècle qu'il faut 
apporter la fondation de Notre-Dame de Corbeil, 
<ltti» par le luxe de son architecture, éclipsa les deux 
^ofliîêgiales dont nous venons de parler, et put se 

(t) Saint Einpère ou Spire, premier évoque de Uayeux 
cl